Les jardins d'Hélène

Rivage de la colère - Caroline Laurent

26 Mai 2020, 13:54pm

Publié par Laure

En 1967, l’île Maurice devient indépendante mais les Britanniques vendent l’île de Diego Garcia, dans l’archipel des Chagos tout proche, aux Américains pour y installer une base militaire. Les Chagossiens sont contraints à l’exil et perdent tous leurs biens, leurs terres, et jusqu’au droit de revenir un jour sur leur île.

 

Cet épisode historique que j’ignorais totalement est narré à travers l’histoire d’amour entre Marie-Pierre Ladouceur et Gabriel Neymorin, ainsi que l’histoire de leurs familles respectives, pleine de rebondissements. Le récit est bien mené, use d’une chronologie éclatée qui malgré tout ne perd pas le lecteur, sauf peut-être au départ avec les nombreux prénoms de tous les personnages.

 

Le côté romanesque est peut-être un peu poussé, mais il fait aussi le charme de cette famille, et de ce couple auquel on s’attache très vite. Un très beau roman.

 

 

 

 

Les escales, janvier 2020, 412 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-36569-402-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Les Escales

Voir les commentaires

Le point sublime – Manu Causse

18 Mai 2020, 13:41pm

Publié par Laure

Autant j’avais apprécié le premier titre de cette nouvelle collection chez Thierry Magnier, (voir le goût du baiser de Camille Emmanuelle), autant je suis un peu plus mitigée sur celui-ci.

A trop vouloir en faire, on se rapproche plus du catalogue quasi exhaustif que du roman qui laisse libre cours aux fantasmes, même si reconnais volontiers que le roman est bien construit. Même si la première partie, inventaire chronologique de la masturbation infantile et adolescente de 6 à 23 ans, peut dérouter.

 

Mina Fouché se rend dans le Tarn en covoiturage, dans la maison de sa grand-mère, pour répandre ses cendres au Point sublime, ce lieu-dit au cœur de la nature, qui fut le paradis de son enfance. On pensera évidemment aux sens multiples de ce point sublime.

 

Histoire de la masturbation féminine à tout âge d’une seule et même personne (Mina), hypersexualité exacerbée de la copine Audrey, viol (qui repose la question du consentement), désir, triolisme, homo et bisexualité, histoire de la sexualité des années 1970 à nos jours, j’ai souvent eu l’impression qu’on chargeait un peu la barque, même si cet historique sexuel et familial permet de comprendre la construction de Mina.

 

Il y a de belles trouvailles, comme le métier à travers lequel Mina a choisi de s’exprimer. Le slogan de la collection est « Lire. Oser. Fantasmer ». Pour moi seul le verbe Lire s’est pleinement réalisé aussi. J’ai trop souvent eu l’impression de lire un manuel romancé d’éducation sexuelle. Mais je n’ai plus 16 ans non plus.

 

 

 

Ed. Thierry Magnier, coll. l’Ardeur, janvier 2020, 446 pages, prix : 15,90 €, ISBN : 979-10-352-0309-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Cha Gonzalez et éd. Th. Magnier

Voir les commentaires

Echo, un film de Rúnar Rúnarsson (01/01/2020)

2 Mai 2020, 13:05pm

Publié par Laure

Curieux petit film islandais découvert au hasard de ma médiathèque numérique, mais qui a su me charmer. De nombreuses saynètes s’enchainent, à la façon de microfictions, sans lien apparent les unes avec les autres, retraçant une période qui va de quelques jours avant Noël jusqu’à Nouvel An, au cœur de l’intimité des familles. Petites scènes de la vie ordinaire, qui montrent souvent une profonde solitude, que l’on soit seul ou pas d’ailleurs.

 

Le film est court (1h19), surprenant dans sa forme, mais j’ai trouvé très belles certaines images, et l’impression dramatique un peu triste qu’il en ressort. Chouette découverte !

 

 

 

 

Disponible en VOD, sortie du DVD le 31/05/2020. Islandais sous-titré en français ou anglais.

 

Voir les commentaires

La crêperie des petits miracles – Emily Blaine

2 Mai 2020, 12:38pm

Publié par Laure

Je ne suis pas une lectrice habituée des romances, ceci peut expliquer cela.

 

Adèle a tout quitté pour un poste de serveuse dans une crêperie à Saint-Malo. Elle ne supportait plus les faux-semblants du grand restaurant parisien où elle était sous-cheffe, et où les hommes s’attribuaient son mérite. A Saint-Malo, dans le restaurant de Joséphine, elle se reconstruit. Elle a quelques amis, dont Élisa, hospitalisée dans l’attente d’une greffe, avec qui elle écrit des lettres aux réalisateurs pour changer la fin des films. Lorsque Joséphine, qui prend de l’âge, va lui annoncer qu’elle lui cède son restaurant à part égale avec Arnaud Langlois, petit-fils d’un homme qu’elle a aimé plus jeune, un investisseur patron d’une grande multinationale qu’elle va devoir convaincre, tout va basculer.

 

Bien sûr ces deux-là vont tomber amoureux, et bien sûr cela ne va pas toujours être simple.

 

J’ai aimé le côté feel-good du roman avec parfois une verve bien sentie dans les dialogues et pensées des personnages, Adèle est fragile côté sentiments mais ne se laisse pas marcher sur les pieds et sait ce qu’elle veut, j’ai regretté toutefois que certaines pistes ne soient pas plus creusées, et j’ai regretté la bascule vers la fin dans le trop dégoulinant. Des bons sentiments, oui, mais l’équilibre entre le feel-good et le niais est délicat et là c’est un peu le pas de trop pour que j’adhère totalement.

 

Le genre bien codifié de la romance est ici respecté, si bien que le lecteur a toujours une longueur d’avance sur les personnages (bien sûr que l’on imagine ce qui va se passer), les amatrices du genre y trouveront sans doute leur compte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HarperCollins France / Harlequin, coll. &H, juin 2020 (déjà sorti en numérique), 396 pages, prix : 16,90 €, ISBN : 978-2-2804-1097-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ed. HarperCollins

Voir les commentaires

Avril 2020 en couvertures ...

30 Avril 2020, 18:33pm

Publié par Laure

En avril, j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En avril j'ai vu :

 

 

très belle adaptation du roman éponyme de Marlen Haushofer, toutefois en période de confinement, on en ressort un peu déprimé !

 

 

 

 

 

un bon mix entre Grey's Anatomy et Dr House... ça détend ;-)

 

Voir les commentaires

La tentation - Luc Lang

22 Avril 2020, 15:06pm

Publié par Laure

François Rey est un chirurgien aguerri, il quitte sa clinique lyonnaise pour un week-end de Toussaint dans son relais de chasse familial en Savoie. Il blesse un magnifique cerf à six cors, et au moment de l’achever, hésite, le charge dans son pick-up et l’opère pour le soigner et le rendre à la vie dans la nature. Au cours de sa chasse, il croit apercevoir sa fille apeurée sur le siège d’une voiture qui roule à vivre allure et fait une embardée pour éviter le cerf. Il s’inquiète quand il ne parvient à la joindre au téléphone.

 

Ses enfants sont grands, son fils est devenu trader à New-York et passe en coup de  vent, et sa fille fait médecine (longue tradition familiale) mais plus pour très longtemps, prise malgré elle dans le grand banditisme par son compagnon. Sa femme a sombré dans un mysticisme égoïste, elle s’absente régulièrement pour des retraites dans des couvents.

 

François est donc un homme solitaire, qui vit pour son travail et la nature, la chasse, la beauté animale. Il a un rapport très sensoriel à ce qui l’entoure. C’est un homme de l’art aussi, épris de musique sacrée et de peinture.

 

La construction de ce roman est très surprenante, réécrivant les scènes, mêlant les temps passé et présent, emportant le lecteur dans une sorte de roman noir haletant, mystérieux jusqu’à la dernière ligne. Où est la réalité ?

 

Regard de désillusion sur le monde financier d’aujourd’hui, où le travail ne vaut que par et pour l’argent, d’autant plus que cette désillusion vient de ses propres enfants, à qui il n’a pas réussi à transmettre ses valeurs.

 

J'ai beaucoup aimé, malgré mon peu d'appétence pour la chasse et la montagne !

 

 

 

 

Prix Médicis 2019

 

 

 

Stock, août 2019, 352 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-234-08738-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Stock

Voir les commentaires

PLS – Joanne Richoux

21 Avril 2020, 08:50am

Publié par Laure

« T’es beau, mon rein ». Ainsi s’ouvre ce roman destiné aux ados à partir de 15 ans (âge précisé sur la 4ème de couverture). C’est ainsi qu’Angélique (Angie) a toujours appelé son frère jumeau Sacha.

 

Ce soir, Sacha prépare une fête chez lui pour Halloween, il va revoir ses potes pour la première fois. Il est sous Xanax à haute dose, que s’est-il donc passé dans sa vie pour qu’il soit aussi mal ?

 

La soirée se déroule, entre alcool, shit, désirs adolescents. Ça m’a rappelé Tifenn : 1 – Punk : 0, de Vincent Mondiot, lu récemment. Trop de vomi et de bad trip, malgré le désir d’amour maladroit bien présent. Le mal-être de Sacha se dévoilera d’un twist, totalement inattendu, un uppercut dans l’œil du lecteur, qui revient une page en arrière pour être sûr d’avoir bien compris.

 

Le roman, qui temporellement se déroule en une nuit, de 21h03 à 03h03, joue sur ce renversement, évidemment. Et permet de le reconsidérer autrement.

 

Un roman fort sur le mal-être adolescent, le lien fusionnel avec un jumeau, le suicide.

 

Mon avis mitigé n’est dû qu’à toute la partie somme toute banale d’avant le twist….

 

 

 

Actes Sud junior, février 2020, 92 pages, prix : 13 €, ISBN : 978-2-330-13099-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © gettyimages/Kristina Voznesenskaya/EyeEm  et éd. Actes Sud junior

Voir les commentaires

Les esprits de l'escalier - Clémentine Beauvais et Gérald Guerlais (ill.)

17 Avril 2020, 08:46am

Publié par Laure

Avoir l'esprit d'escalier (ou de l'escalier), c'est tout le contraire d'avoir le sens de la repartie. C'est se dire longtemps après qu'on aurait dû dire ceci plutôt que cela sur le moment, et c'est tout aussi vérifiable quand on est un esprit de l'escalier au sens propre.


Un bon vieux dandy mort il y a 118 ans, qui hante les coins et recoins d'un bel immeuble haussmannien et qui tombe amoureux d'une jeune tout juste décédée, pas du tout de la même époque. L'écart de langage est grand quand on a plus d'un siècle de différence, mais les émois de l'amour sont les mêmes et l'amour toujours triomphe.


Un superbe album dont j'ai adoré les illustrations de Gérald Guerlais, mises en valeur dans le grand format et les doubles pages, et le texte plein d'humour et de jeux de langage de Caroline Beauvais.
On relèvera au passage les allusions graphiques aux précédents livres de l'autrice, et les amoureux des chats seront gâtés.

 

 

 

(à partir de 7/8 ans)

 

 

Éditions Sarbacane, janvier 2020, 32 pages, prix : 16,50€, ISBN : 978-2-37731-373-0

 

 

 

Crédit photos : © Gérald Guerlais et éd. Sarbacane

 

 

Voir les commentaires

Tous sur le chantier ! – Tomoko Ohmura

16 Avril 2020, 11:42am

Publié par Laure

Traduit du japonais par Corinne Atlan

 

Monsieur Souris est chef de chantier et s’apprête aujourd’hui à diriger ses engins pour une opération : pas de problème, l’équipe est habituée à respecter les consignes de sécurité et chacun remplit son rôle. On verra donc successivement la foreuse, la pelleteuse, la bétonnière, la grue, le rouleau compresseur.

Tous œuvrent de concert et le chantier prend fin quand soudain le sol tremble et le vent se lève… le sol ? Vraiment ? Je vous laisse découvrir la chute, adorable et totalement inattendue, qui d’une histoire sur les engins de chantier, vous emmènera complètement ailleurs !

 

La métaphore est bien vue et la surprise réussie. La présentation classique, texte à gauche sur aplat de couleur vive, dessin en pleine page à droite est simple mais efficace, la fin fait reconsidérer le détail de l’illustration.

 

 

Dès 3 ans.

 

 

 

L’école des loisirs, février 2020, 28 pages, prix : 12,20 €, ISBN : 978-2-211-30197-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Tomoko Ohmura et éd. L’école des loisirs

Voir les commentaires

Esperluette - Anne Vantal

15 Avril 2020, 11:04am

Publié par Laure

Esperluette, c’est ce signe typographique qui signifie le mot « et ». Ici, L & J, J pour Jordan, L pour la narratrice, qui écrit une lettre à son ami disparu, des années après le drame qu’ils ont traversé. Esperluette pour ce pseudo qu’elle adoptera à un tournant de sa vie.

 

Ils ont grandi ensemble, amis d’enfance, lui moins doué à l’école, lui qui tourne mal, des petits larcins d’ado sans grande conséquence, jusqu’à ce plan dans lequel il embarque L, pour se faire de l’argent. Mais le plan tourne court, drame survient, et à jamais l’insouciance de la vie pour la jeune qui revient sur les faits des années plus tard.

 

Glaçant, beau, triste, dur, terrible, réaliste, ce roman bref (c’est la collection qui le veut : 92 pages à la première personne, d’un texte qui pourrait être lu à voix haute, c’est le format de tous les titres de cette collection, et sur la couverture, toujours un objet qui symbolise au mieux l’histoire), ce roman bref donc, touche et pose la question de la culpabilité et de la vie après, de la vie avec.

 

 

 

Actes Sud junior, mars 2020, 96 pages, prix : 9,80 €, ISBN : 978-2-330-13345-0

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Actes Sud junior.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>