Les jardins d'Hélène

Augustin Mal n'est pas un assassin - Julie Douard

14 Avril 2020, 10:30am

Publié par Laure

Augustin Mal est un homme ordinaire qui a pour lui d’être bien éduqué, courtois, poli et propre sur lui. Du moins le croit-il, car son comportement est loin de le montrer. Il s’exprime sans filtre et ne s’embarrasse pas de codes sociaux ni de politesse bienveillante. Il est en manque d’amour et un peu de sexe ne lui déplairait pas. Il envie les femmes, car elles n’ont qu’à se laisser séduire, se servir et consommer !

 

Tout est simple finalement dans son monde, sauf que… tout ne se déroule pas comme il le croit. Il va rencontrer Gigi dans un groupe de parole, dont il ignore jusqu’au sujet des rencontres, sinon qu’elle dit beaucoup de mal de son mari, et que tous les gens qui sont là doivent être malades, sauf lui.

 

Et la situation va devenir… singulière, c’est le moins qu’on puisse dire. Quel curieux roman que ce petit ouvrage aussi bref que surprenant ! C’en est férocement drôle, la perception qu’a le héros de lui-même et celle qu’en a le lecteur étant diamétralement opposée. Un bonhomme sacrément dérangé, pour un roman qui ne laisse pas indifférent.

 

 

 

P.O.L, février 2020, 102 pages, prix : 13,90 €, ISBN : 978-2-8180-4932-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © éditions P.O.L

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Le jour où j’ai adopté un trou noir – Michelle Cuevas

8 Avril 2020, 06:11am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Lilas Nord

 

Stella Rodriguez a 11 ans, elle est passionnée de physique et d’astronomie, passion qu’elle partageait avec son père récemment décédé. C’est dans ces circonstances, en revenant d’une visite à la NASA, qu’elle rencontre un trou noir, un vrai, qui la suit partout et s’installe chez elle. Le problème c’est qu’il avale tout ce qu’il trouve et grossit un peu vite. C’est bien pratique quand on a la flemme de sortir les poubelles, qu’on ne veut pas porter les pulls qui grattent de la tata, et pour planquer quelques souvenirs, mais quand il avale leur jeune chien (sans nom), c’est plus délicat. C’est avec son petit frère Cosmo qu’elle va se faire avaler par le trou noir pour sauver Chien-sans-Nom…

 

Ce roman surprend par son originalité dans la façon de traiter le sujet du deuil. Au premier degré, c’est un roman fantastique, plein d’humour, de blagues et de fantaisie, mais à bien y regarder, c’est une jolie métaphore de la façon de vivre la perte d’un être cher. Cette façon de sombrer, de se laisser envahir par la tristesse, et puis la nécessité d’accepter, de poursuivre sa vie en acceptant que le défunt sera toujours dans votre cœur et vos pensées. Une jolie réussite.

 

(Même si personnellement, j’ai eu un peu de mal avec le fantastique, et n’ai plus trop l’âge des nombreuses blagues imaginées. Mais j’ai aimé l’idée que pour une fois ce soit une fille qui soit passionnée de sciences !)

 

 

Dès 10 ans

 

 

Nathan, février 2020, 217 pages, prix : 12,95 €, ISBN : 978-2-09-258226-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Cécile Becq et éd. Nathan

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Taches rousses – Morgane Montoriol

7 Avril 2020, 12:35pm

Publié par Laure

Taches rousses est un premier roman qui frappe fort en s’ouvrant sur des chapitres très crus mais voyons où ils nous mènent… D’un côté, Wes, un peintre torturé qui signe des tableaux d’une rare violence où les femmes sont mutilées, de l’autre, Beck, jeune comédienne qui vit aux crochets d’un senior qu’elle semble détester, et qui n’a de cesse de cacher ses taches de rousseur qui lui sont insupportables. Le sexe est partout mais il est malsain, en tous les cas ne véhicule rien de positif. En trame de fond la violence paternelle subie dans l’enfance de Beck, et la disparition de sa petite sœur Leah à l’âge de quatorze ans. Quand des meurtres en série mutilant des femmes surviennent dans le quartier de Los Angeles où vit Beck, quel lien faire entre Wes et le passé de la jeune femme ?

 

D’ordinaire, je suis incapable de dire « c’est bien écrit, ou c’est mal écrit » Pour moi, l’écriture coule toute seule et se fait invisible au profit de l’histoire, ou un style particulier émerge qui contribue à la beauté de l’œuvre, mais là, l’écriture accroche, me dérange. Ça manque de fluidité. Pour la première fois il me vient à l’esprit « c’est mal écrit ». L’usage abusif et inapproprié des virgules rendent les phrases incorrectes. Les descriptions nombreuses alourdissent inutilement le texte.

 

Quant au scénario, de même je suis d’ordinaire incapable de dénouer l’intrigue avant d’avoir fini de la lire, là elle est évidente, et se confirme au fil du texte. Point de surprise donc. Et cette noirceur, cette violence extrême, même si j’en entends la raison romanesque, je peine à l’accepter dans cette lecture. Est-ce le but, de montrer qu’un premier roman féminin peut aussi rivaliser dans le registre de la surenchère dans la violence ? Juste pour démontrer que la violence entraine la violence ? Ce qui n’est pas nouveau et un peu rapide ?

 

Bref, j’espérais autre chose de ce thriller.

 

 

Albin Michel, février 2020, 365 pages, prix : 21,90 €, ISBN : 978-2-226-44682-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Jovana Rikalo / Stocksy.com / et éd. Albin Michel

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Le patient – Timothé Le Boucher

4 Avril 2020, 14:58pm

Publié par Laure

J’avais été plutôt déstabilisée par le précédent album de l’auteur, ces jours qui disparaissent, trop surnaturel à mon goût, or celui-ci est un vrai thriller psychologique dessiné : fond et forme constituent un ensemble réussi.

 

L’histoire s’ouvre sur une jeune fille ensanglantée qui erre dans la nuit, un couteau à la main. Repérée et connue de la police comme étant « débile », ils la ramènent chez elle, découvrant alors une tuerie familiale dans toute son horreur. Elle est une coupable toute désignée. Pierre Grimaud, son frère âgé de quinze ans, est le seul survivant.

Hospitalisé, il sort du coma six ans plus tard. C’est Anna Kieffer, la psychologue qui avait déjà travaillé avec sa sœur au moment de l’enquête, qui revient le prendre en charge, bien qu’elle soit éloignée géographiquement. Une longue rééducation et bon nombre de cauchemars attendent encore la victime. Comment se souvenir de cet homme en noir qui revient hanter ses nuits, pourra-t-il se souvenir du coupable ?

 

Sur près de 300 pages, le lecteur est happé, le scénario est riche de personnages secondaires un peu mystérieux (insuffisamment exploités je trouve, mais leurs failles servent l’intrigue et sèment le doute) pour arriver à une résolution machiavélique de l’enquête.

Fascinante psychopathologie criminelle, servie par un dessin clair et léger, au découpage classique. Un bel album.

 

 

 

Glénat, coll. 1000 feuilles, janvier 2019, 292 pages, prix : 25 €, ISBN : 978-2-344-02807-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Timothé Le Boucher

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Tueurs de mamans (2 tomes) – Zidrou / Ers / Borecki

3 Avril 2020, 14:27pm

Publié par Laure

Scénario : Zidrou

Dessins : Benoît Ers et Ludo Borecki

 

 

Curieux diptyque que cette histoire signée Zidrou au scénario. Le dessin peut paraître enfantin, l’âge et le contexte des personnages faire pense à une série pour ados, mais c’est bien d’une série d’horreur dont il s’agit…

 

Les pages liminaires sont éclaboussées de sang, vous entrez de suite dans l’ambiance. Elles sont cinq ados, qui ont pour point commun de ne pas avoir de père dans leur foyer. Elles représentent bien la diversité ethnique et culturelle - surnommées les nonnettes car elles se réunissent dans la chapelle désaffectée de leur lycée - Béatriz, Marie, Valentine, Kom Piu et Toronto se racontent les misères qui les opposent à leur mère, des contrariétés d’ados rebelles, le plus souvent.

 

Elles ont repéré un site internet qui moyennant finances, propose de châtier ces mères marâtres. La vengeance est terrible, accomplie par un personnage déguisé, aussi burlesque que redoutable.

 

Mais jusqu’où le châtiment va-t-il aller ? Peut-il aller jusqu’au meurtre ? C’est sur ce doute que nous laisse la fin du tome 1.

 

 

 

Le tome 2 s’ouvre sur le point de vue du vengeur masqué, qui œuvre pour Castigo, cette entreprise qui achève toute mission qui lui est confiée, et toute mission commencée ne peut être annulée, même si le sang doit couler. Il y a un S à tueurs et un S à mamans, les rebondissements sont donc possibles. On bascule dans le film d’horreur.

 

 

Impression mitigée que ce scénario qui mêle propos adolescents et solutions ultimes, dans l’outrance d’une fiction volontairement amorale ou risible ? Le propos laisse une impression de malaise.  

 

 

 

Empruntées en bibliothèque

 

 

Dupuis, mai et juin 2013, 48 pages chaque, prix : 12,50 € chaque, ISBN : 978-2-8001-5266-0 et 978-2-8001-5421-3

 

 

 

Crédit photo couvertures : ©  Ers et Borecki / éd. Dupuis

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Le fantôme de la chambre 612 (Boule à zéro tome 8) – Ernst / Zidrou

2 Avril 2020, 14:00pm

Publié par Laure

L’hôpital Le Goff est comme un bateau de croisière où chaque chambre est une cabine plus ou moins long séjour. Et chaque jour, chaque semaine, le week-end surtout, arrive son lot de visiteurs, parfois contraints pour certains, comme ce grand-frère qui ne voit pas cette visite comme une sortie très agréable. Il y a aussi les fantômes, ceux qui ne sont jamais venus, par peur. Alors c’est difficile quand ils franchissent le seuil pour la première fois.

 

La petite Zita voit le départ de son compagnon de chambre, le petit Moïse, adopté par une famille à qui la leucémie ne fait pas peur, et dans le même temps, l’arrivée de son père qu’elle n’a jamais vraiment connu. C’est donc une tempête d’émotions qui se soulève. Mais le pardon, la patience et l’amour gagnent toutes les batailles, à commencer par celle de l’appréhension et de la peur de la maladie.

 

Un joli tome sensible, comme toujours, peut-être un peu plus sage et poétique.

 

 

 

Bamboo éd., mars 2020, 48 pages, prix : 10,95 €, ISBN : 978-2-8189-6836-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ernst et éd. Bamboo

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Mars 2020 en couvertures ...

31 Mars 2020, 17:27pm

Publié par Laure

En mars, j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

en mars, j'ai vu ...

 

- Paris-Brest, le film sur Arte adapté du roman de Tanguy Viel (éd. de Minuit, 2009)  : beaucoup aimé !

 

 

 

oui, bon, l'excuse du confinement, sortir un peu des chaines d'info en continu

 

 

 

 

 

 

 

sur le conseil de fiston, bien aimé, malgré une fin qui laisse le doute un temps....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

autant j'avais apprécié le livre, autant là bof, c'est très caricatural et excessif, le rôle est sur mesure pour Benoît Poelvoorde ceci dit....

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Les fleurs de l’ombre – Tatiana de Rosnay

30 Mars 2020, 17:59pm

Publié par Laure

Paris, dans un futur proche : la tour Eiffel a été détruite lors d’un attentat, le quartier a été entièrement reconstruit. C’est dans une résidence moderne entièrement neuve et sécurisée que s’installe Clarissa, qui a quitté son compagnon lorsqu’elle a découvert qu’il avait une liaison. Elle qui est ultrasensible à l’histoire des bâtiments, à la mémoire et à l’atmosphère qu’ils dégagent, pense pouvoir commencer une nouvelle vie dans cette résidence sans passé, appartenant au programme CASA réservé aux artistes.

 

Clarissa est écrivain, et tout dans son univers, rend hommage à Virginia Woolf et à Romain Gary, à commencer par son pseudo, « Clarissa Katsef », Clarissa pour Mrs Dalloway et Katsef pour le vrai nom de Gary : Kacev. Dans son appartement ultraconnecté, elle a d’ailleurs nommé son assistant domestique numérique Mrs Dalloway. Tout se commande de la voix. Mais très vite Clarissa se sent épiée et le malaise monte, jusqu’à sombrer dans la paranoïa ? A moins que tout ceci ne soit réel ?

 

Je retrouve Tatiana de Rosnay là où je ne l’attendais absolument pas : la dystopie. Mais une dystopie légère, crédible, qui sème le doute… et où la réflexion sur la création et l’amour reste présente.

 

L'héroïne est attachante, les personnages secondaires sont bien travaillés, et leur histoire donne à imaginer facilement ce que pourrait être le monde dans quelques années, et ce qu’il est déjà en partie d’ailleurs. Sans avoir lu le dernier Ian McEwan (Une machine comme moi, Gallimard 2020) auquel ces Fleurs de l’ombre m’ont fait penser, nul doute que l’intelligence artificielle inspire les écrivains !

 

Un titre plaisant, où l’imaginaire sème le doute : manipulation ou paranoïa ? Et dans quel but ? Qu’ont en commun tous ces résidents hormis d’être des artistes ? Et si même le chat Chablis y est sensible, alors c’est que c’est vrai ? Laissez-vous happer par ces fleurs de l’ombre !

 

 

 

Extraits :

P. 20 (numérique) : « La plupart des gens ne lisaient plus. Elle l’avait remarqué depuis un moment déjà. Ils étaient rivés à leur téléphone, à leur tablette. Les librairies fermaient les unes après les autres. Géomètre de l’intime, son plus grand succès, avait été tellement piraté depuis sa publication qu’il ne lui rapportait presque plus de droits d’auteur. D’un clic, on pouvait le télécharger, dans n’importe quelle langue. Au début, Clarissa avait tenté d’alerter son éditeur, mais elle s’était rendu compte que les éditeurs étaient démunis contre le piratage. Ils avaient d’autres angoisses. Ils faisaient face à ce problème encore plus inquiétant qu’elle voyait se propager comme une tumeur sournoise : la désaffection à l’égard de la lecture. Non, les livres ne faisaient plus rêver. On les achetait de moins en moins. La place phénoménale qu’avaient grignotée les réseaux sociaux dans la vie quotidienne de tout un chacun était certainement une des causes de cet abandon. »

 

 

p. 118 (numérique) : « Vos livres, leur réception, c’est chouette.

- Merci. Sauf que le public boude la lecture.

- Je sais, dit-il. Les gens prennent des jolies photos de livres, balancent ça sur les réseaux sociaux avec les bons hashtags, mais personne ne lit. Ou très peu. Les livres sont devenus des objets de décoration. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ed. Robert Laffont / Héloïse d’Ormesson, mars 2020, 329 pages, prix : 21,50 €

 

 

 

Crédit photo couverture : © Helen Crawford et éd. Robert Laffont / Héloïse d’Ormesson

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Un été sans maman – Grégory Panaccione

30 Mars 2020, 16:40pm

Publié par Laure

Une petite fille passe un été chez des amis de sa mère, elle ne les connaît pas et ils ne parlent pas sa langue. Mais sur cette côte italienne, elle va néanmoins apprivoiser le père bourru au premier abord, jouer avec le chien, et faire la connaissance d'un petit garçon sur la plage, qui va devenir son copain de jeux et d'aventure. Car des choses étranges se produisent : des poissons qui marchent, un visage sur pieds apparaît, un univers fantastique se mêle au quotidien jusque là ordinaire de la petite fille.

 

L'album entièrement en noir et blanc est quasi sans texte (rappelez-vous, Grégory Panaccione est le dessinateur d'Un océan d'amour, sans texte mais avec Lupano au scénario), mystérieux et un peu opaque. J'ai eu du mal à entrer dans cet univers fantaisiste dont seules les quelques phrases finales, à l'issue de la BD, donnent une explication historique.

 

Le dessin est plaisant, mais je n'ai pas trop accroché au scénario, trop imaginaire à mon goût …

 

 

 

Delcourt, coll. Shampooing, janvier 2019, 276 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-413-01347-1

 

 

 

 

Crédit photo couverture : © Grégory Panaccione et éd. Delcourt

 

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Le manteau de neige – Nicolas Leclerc

24 Mars 2020, 10:15am

Publié par Laure

Katia, 16 ans, est haptophobe du plus loin qu’elle s’en souvienne, c’est-à-dire qu’elle ne peut supporter aucun contact physique, ce qui complique bien évidemment ses relations sociales et familiales, particulièrement avec sa mère, avec qui elle est en conflit permanent.

 

La situation s’aggrave après les funérailles de son grand-père, qui a succombé à une mort violente, poignardé par sa femme qui était pourtant dans un état catatonique depuis trente ans. Katia est en proie à deux fantômes qui la conduisent à des actes violents envers ses camarades et envers elle-même, elle est comme possédée. Humiliée, elle quitte son établissement scolaire. Ses parents sont partagés sur l’aide à lui apporter, dès lors qu’on a affaire au paranormal, passion et raison se déchainent.

 

Je suis dès lors sortie de ma zone de confort, le spiritisme et le paranormal n’étant pas du tout dans mes habitudes de lecture ni même dans mes centres d’intérêt. La violence qui en ressort peut déranger, surtout dans la première moitié du roman. Mais les points de vue abordés et le respect de chaque approche font que ça fonctionne, on est hameçonné jusqu’au bout de ce thriller qui joue avec l’horreur jusqu’à la fin. Sans doute parlera-t-il davantage aux habitués des romans fantastiques et aux fans de Stephen King, néanmoins il faut reconnaitre que l’intrigue tient en haleine, même si on peut regretter une surenchère dans la violence et les atrocités commises ainsi que dans le dénouement choisi, surprenant mais en forme de pirouette facile ?

 

Le manteau de neige est un premier roman parfaitement maitrisé.  

 

 

Seuil, février 2020, 349 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-02-142690-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. du Seuil

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