Laisse les hommes pleurer - Eugène Durif
Léonard est un ancien « populart », un pupille de l’Etat, à ne pas confondre avec un pupille de la nation qui, lui, a mérité de la patrie, précise-t-il. Père de 4 enfants
d’un premier mariage, il vit à présent avec une nouvelle compagne, Hélène. Gardien de prison, il est blâmé pour éprouver un peu trop de compassion pour un détenu. Il se sent déprimé dans sa vie
comme dans son couple. Il ressent alors le besoin profond de partir à la recherche de celui qui fut son quasi frère, un enfant placé comme lui, Sammy, un petit gamin tout droit arrivé dans la
Creuse depuis l’île de la Réunion, comme c’était fréquent dans les années 60 de faire venir ces enfants en Creuse et de promettre à leurs familles une meilleure vie. Meilleure vie, tu parles.
Larbins à la ferme, traités comme des chiens, mais dans l’adversité, le soutien moral et l’amitié de ces deux gamins se forgeront à toute épreuve.
Léonard remonte ses souvenirs d’enfance en même temps que la route qui lui permettra de retrouver Sammy, à qui la vie n’a pas tellement réussi. Rudesse d’une famille d’accueil au comportement inhumain, un environnement qui fait penser à ceux de Patrice Juiff ; réconfort d’une famille des environs avec qui ils auront sympathisé, l’espoir se mêle à la détresse, et la vie continue, malgré tout.
Un voyage intérieur autant que réel pour tenter de finir de se reconstruire, si c’est encore possible, une belle quête de cette amitié inoubliée. Même si la fin est un peu trop ouverte à mon goût, Eugène Durif offre là un roman humain et chaleureux, une histoire tout à la fois simple et forte.
Actes Sud, août 2008, 138 pages, prix : 16 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : © Johann Fournier et éd. Actes Sud
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Edmond a 12 ans, jeune garçon arménien qui vit simplement dans sa famille, entre l’école et l’église. Il s’émerveille de choses simples, comme une coccinelle qui passe et qu’il
capture. Il est très ami avec la petite Tahereh, la fille du concierge de l’école, mais celle-ci est musulmane, et les relations entre adultes des deux communautés ne sont pas faciles. Puis un
jour avant Pâques à nouveau, mais après un grand saut dans le temps. Edmond est devenu directeur de l’école dans laquelle il allait étant enfant. Il est marié avec Marta et il a une fille,
Alenouche, laquelle leur annonce son mariage avec Behzad, un non-arménien, c’est toujours aussi contrariant. Nouveau saut dans le temps, nouvelle veille de Pâques, fête des œufs peints, cela n’a
pas changé. Edmond est seul, il ne reste plus que Danik, la surveillante du collège, une femme « déshonnête » parce qu’elle était amoureuse d’un musulman, chassée de son village elle
est venue vivre à Téhéran.
J’ai offert ce roman à une adolescente de mon entourage parce qu’elle l’avait repéré et qu’il la tentait, et comme on l’avait à la bibliothèque, je l’ai lu {après}
pour en avoir une idée. L’alchimie n’a pas fonctionné avec moi. J’ai d’abord trouvé ce roman très mal écrit, brouillon, ouvrant beaucoup de pistes intéressantes mais n’allant au bout
d’aucune…
Si je ne devais retenir qu’un seul livre de l’année 2008, ce serait
probablement celui-ci.
Ce recueil de quatorze nouvelles variées vous embarque en voyage : de l’Inde à la Thaïlande en passant par Cabourg ou Méribel, quand ce n’est pas Séville ou Venise, mais le plus
souvent quand même en Amérique du Sud, vous voyagerez … au cœur de l’être humain et parfois de ses noirceurs.
Le
livre déjà est un bel objet, s’ouvre un peu comme un coffret, avec un rabat sur la 4ème de couv qui se replie sur la totalité des pages. Un peu cher hélas (15 €, une soixantaine de
pages) mais le travail d’artiste, de composition de l’ouvrage le justifie.
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Il est écrivain, il y travaille depuis longtemps, mais n’a toujours rien
publié. La générosité de Mère le fait vivre. Dès qu’il s’astreint à un peu de régularité et de réveil matinal, est-ce sa faute s’il est tout de suite fatigué ? Il engloutit du Nutella et
retourne se coucher, c’est quand même plus facile. Imbu de lui-même, égoïste, il est bien le seul à ne pas douter de son talent. Par ailleurs, il revendique sa liberté et consomme les femmes au
gré de ses désirs (quoi, Françoise, on n’est pas mariés que je sache, dit-il à son officielle). Il est souvent victime de crises d’angoisses, trouve toujours la vie épuisante et finit par
s’acheter un poisson rouge. Un qui tourne bêtement dans son bocal, comme tous les poissons rouges. Et le cri de l’auteur en détresse fait autant de bruit que celui de son poisson rouge…
Joël Egloff est un auteur que j’aime bien, pour ses romans déroutants hors du
commun. Celui-ci (le troisième après Edmond Ganglion & fils et
La société de consommation et le métier de caissière sont à la mode en littérature
en ce moment, puisque après