Les jardins d'Hélène

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Tête de pioche tome 1 : les bébêtes du Bayou – Brrémaud / Rigano

3 Juin 2022, 11:28am

Publié par Laure

Tête de pioche est une nouvelle héroïne qui plaira aux enfants autour de 8-10 ans.  Elle vit chez sa grand-mère dans les alpages, en montagne. Quand elle reçoit une lettre de sa grande sœur Milady, elle se met en tête de la rejoindre. Mais celle-ci se trouve à la Nouvelle-Orléans, où elle s’apprête à donner son premier spectacle de claquettes.

En route pour l’aventure avec Tête de pioche qui porte bien son surnom tant elle est têtue comme une mule et littéralement armée de sa pioche qui lui rendra bien des services dans son long voyage.

Elle ne manque pas d’imagination et de courage pour surmonter les difficultés mais surtout elle fait des animaux ses alliés, elle les respecte et les protège, et ils le lui rendent bien.

Ne cherchez pas une histoire réaliste, mais osez partir à l’aventure avec Tête de pioche qui ne pourra que vous charmer !

 

 

 

 

 

 

Dargaud, juin 2022, 48 pages, prix : 10,50€, ISBN : 9782505113911

 

 

Crédit photo couverture : © Giovanni Rigano / et éd. Dargaud

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Mon bourreau de père est enfin mort - Piroyo Arai

27 Mai 2022, 07:48am

Publié par Laure

Traduit du japonais par Damien Guinois

 

La violence familiale est le thème de ce manga, celle du père sur sa femme et sur sa fille.
Le sujet aurait pu être intéressant et bienvenu mais le scénario n'en fait pas grand-chose, de même que le dessin assez répétitif.  
Quelques poncifs du genre les gens violents ont été victimes de violences dans leur enfance, comment ne pas répéter le schéma avec son propre enfant, comment être aimé ensuite...
Il s'agit vraisemblablement d'un manga autobiographique, mais qui reste trop personnel pour être représentatif de ces situations, et qui parfois s'enferme dans une certaine complaisance.

(lectorat : à partir de 15 ans?)

 

Ed. Meian, septembre 2021, 144 pages, prix : 6,95 €, ISBN : 978-2-38275-183-1

 

 

Crédit photo couverture : Piroyo Arai et éd. Meian

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Amalia - Aude Picault

18 Mai 2022, 09:10am

Publié par Laure

Amalia est une mère de famille ordinaire : entre son job, son mari, ses enfants (une fillette en bas âge et une belle-fille adolescente en garde alternée), elle n’a pas beaucoup de temps pour elle. Sans compter la pression au travail, tant pour elle que pour son conjoint.

Amalia est un album moderne et réaliste qui met en avant la charge mentale des femmes, le stress au travail jusqu’au burn-out (Amalia est arrêtée pour intolérance au rendement, jolie formule tristement vraie) mais aussi des questions environnementales d’actualité avec le métier du père de famille, avec la rentabilité à tout prix une fois encore.

Les enfants sont attachants, l’on sent bien toute la bienveillance de la mère et sa difficulté à ne pas s’énerver mais son épuisement qui finit par l’emporter.

Un joli portrait sociétal où l’espoir est permis dans son choix final.

 

 

Dargaud, janvier 2022, 145 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-205-08716-1

 

 

 

Crédit photo couverture : Aude Picault et éd. Dargaud

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Grand silence – Théa Rojzman et Sandrine Revel (ill.)

21 Mars 2022, 19:06pm

Publié par Laure

C’est un sujet grave et délicat que celui abordé dans cette BD : celui de l’inceste et des violences sexuelles faites aux enfants. Ça commence par un oncle sur un enfant de onze ans dans un mariage, ça se poursuit dans le cercle familial et ça s’étend à la population de cette île non nommée. Jusqu’à qu’une enseignante elle-même victime dans son enfance fasse exploser « grand silence », l’usine qui avale les mots des enfants.

Si le sujet est sérieux et le traitement réussi, notamment dans le choix des couleurs (et du rôle donné à ces couleurs), l’expression par le conte fantastique, trop allégorique et imaginaire à mon goût, m’a dérangée. Les symptômes induits par le viol par exemple sont par exemple des piquants qui poussent sur le dos ou une enfant qui rapetisse. Si tout fait sens et se comprend, je ne suis pas fan. Mais je salue bien évidemment le fait que ce thème soit traité, car seule la parole libérée – et la condamnation du coupable – peut faire avancer.

 

 

Glénat, juin 2021, 120 pages, prix : 23 €, ISBN : 978-2-344-04105-5

 

 

Crédit photo couverture : © Sandrine Revel et éd. Glénat

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Comme un murmure – Morten Dürr, Sofie Louise Dam (ill.)

23 Février 2022, 19:59pm

Publié par Laure

Traduit du danois par Catherine Renaud

 

Au collège, les filles jouent au jeu des murmures : la première chuchote une phrase à l’oreille de la deuxième qui la chuchote à la troisième et ainsi de suite ; le bon vieux téléphone arabe qui déforme les propos et lorsque la dernière de la boucle énonce la phrase à voix haute, il ne reste pas grand-chose de la version originale et tout le monde rit.

Mais quand Anna murmure à l’oreille de Véra « Ma mère me frappe », le jeu prend une autre tournure. Que personne ne veut entendre, croire, voir. Elle a l’air si bien cette maman, Anna fabule, ce n’est pas possible. Il faudra de nombreuses absences d’Anna et le courage de Véra pour prendre les choses à bras le corps et oser dénoncer ces violences.

Une BD délicate sur ce sujet qu’est la violence parentale, avec en fin d’ouvrage deux pages de conseils, l’une pour la France et le 119 Enfance en danger, l’autre pour le Québec.

Les différentes étapes, du doute à la dénonciation et à l’aide en passant par le fou rire et la moquerie due à l’incrédulité, sont bien traduites.

Un album graphique salutaire qui s’il peut aider ne serait-ce qu’un seul enfant ou ado, ou adulte à ouvrir les yeux, mérite toute sa place et sa médiation dans les milieux scolaires ou publics.

Dès 12 ans.

 

 

 

 

Éditions Jungle, juin 2021, 73 pages, prix : 13,95€, ISBN : 978-2-822-23441-2

 

Crédit photo couverture : © Sofie Louise Dam et éd. Jungle

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Entre les lignes – Dominique Mermoux

31 Janvier 2022, 19:46pm

Publié par Laure

Adaptation en bande dessinée du roman de Baptiste Beaulieu, Toutes les histoires d’amour du monde (éd. Mazarine, 2018)

Denis, le père de Baptiste Beaulieu, se rend au cabinet médical de son fils pour lui présenter des carnets retrouvés, dans lesquels son propre père écrivait à une inconnue : Anne-Lise Schmidt.

Dévoilant un secret de famille qui l’obsède, Denis en a oublié de prendre son traitement pour son cœur et fait un malaise dans le bureau de son fils. Hospitalisé, c’est Baptiste qui se chargera de partir enquêter sur le passé de son grand-père Moïse.

Construit en alternant les périodes de l’histoire passée et présente, de larges pages de textes et d’illustrations bleu et brun sépia traitent d’une histoire d’amour exceptionnelle en temps de guerre, sous formes de lettres écrites chaque 3 avril (on comprendra pourquoi ce jour-là) tandis que des pages de BD plus classiques (avec des cases présentes et des couleurs plus contemporaines) racontent le parcours de Baptiste dans son enquête mais surtout dans sa façon de renouer avec son père, celui-ci ayant plus ou moins coupé les ponts à l’annonce de son homosexualité.

C’est une histoire riche et touchante dans sa partie historique, joliment menée pour reconstruire la biographie familiale de l’auteur du roman et de son grand-père. Avec une fin qui serre le cœur, malgré tout l’amour du monde.

 

 

Rue de Sèvres, mai 2021, 169 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-81020-250-8

 

 

Crédit photo couverture : © Dominique Mermoux et éditions Rue de Sèvres

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Je suis Sofia – Céline Gandner et Maël Nahon (ill.)

18 Janvier 2022, 18:11pm

Publié par Laure

Un récit graphique documentaire et biographique, écrit par Céline Gandner, qui fut la jeune fille au pair de deux petits garçons : Edoardo, 5 ans et Amedeo, 18 mois, 21 ans plus tôt en Italie. Alors qu’elle a changé de voie professionnelle en passant de l’audiovisuel documentaire pour France 5 au storyboarding de BD, elle retourne en Italie leur rendre visite. Personne ne l’a prévenue qu’Edoardo s’appelait désormais Sofia. Accueillie en amie de toujours, elle devient la confidente de Sofia, qui lui explique sa transidentité et les aléas de son opération de réassignation sexuelle.

Très vite l’ancienne jeune fille au pair songe à en faire une BD pour informer, lever le tabou du sujet, le rendre plus accessible. Mais elle craint d’être maladroite et de blesser sans le vouloir. Elle s’associe alors à Maël Nahon, dessinateur qui s’est formé dans la même école qu’elle, militant LGBTI, et qui a lui-même fait une transition de genre.

J’ai beaucoup aimé ce récit graphique, dans son dessin clair et aéré aux couleurs faites uniquement de bleu et d’orange, ainsi qu’à la large place faite à la ville de Rome. J’ai apprécié le scénario, explicatif, sincère, qui n’oublie pas la place des parents et la difficulté pour tous, tant psychologique que la douleur physique. Même si j’ai trouvé maladroite la comparaison de la scénariste qui fait un parallèle entre cette transformation identitaire et son changement de vie professionnelle – on n’est pas sur le même sujet ni la même incidence – j’approuve tout ce qui peut informer, briser le tabou de la dysphorie de genre et de la transition. Un sujet délicat poussé assez loin dans ses détails physiques notamment (l’opération), mais dont l’aboutissement en un peu moins de 200 pages me semble réussi.

 

 

Marabulles, avril 2021, 173 pages, prix : 18,95 €, ISBN : 978-2-501-14674-6

 

 

Crédit photo couverture : © Maël Nahon et éd. Marabulles

 

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Moon river – Fabcaro

10 Janvier 2022, 16:37pm

Publié par Laure

Polar des années 50 à Hollywood. La célèbre actrice Betty Pennyway se réveille outragée au lendemain d’un tournage de western dans le désert : quelqu’un lui a dessiné une bite sur la joue. L’affaire est très sérieuse et c’est au Lieutenant Hernie Baxter qu’elle est confiée.

Rassurez-vous, c’est du Fabcaro, en pleine forme : humour absurde et déjanté au possible, mélange des genres et des temporalités : on passe du dessin classique noir et bleu en six cases au roman photo en passant par le western colorisé et le dessin au crayon gras des petites bêtes, je vous laisse découvrir le prénom de la libellule. L’auteur se moque de lui-même par le biais de ses filles qui trouvent son projet complètement nul, ses tentatives médicales et paramédicales pour soigner sa hernie qui l’empêche de dessiner en bonne position valent le détour et on ne compte plus les nombreuses références présentes ou passées qui pour certaines déclenchent un franc éclat de rire.

Du grand Fabcaro pour ceux qui aiment, dans la même veine que Zaï Zaï Zaï Zaï, sous une classieuse couverture rembourrée et vendue sous film.

 

 

Ed.6 pieds sous terre, septembre 2021, 80 pages, prix : 16 €, ISBN : 978-2-35212-164-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Fabcaro et éd. 6 pieds sous terre

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Dessiner encore - Coco

9 Novembre 2021, 10:02am

Publié par Laure

Le 07 janvier 2015, Coco s’apprête à quitter les locaux de Charlie Hebdo un peu avant la fin d’une réunion pour aller chercher sa fille à la crèche. Elle croise le chemin des terroristes qui la forcent à les conduire à Charb et l’équipe. Ils tueront sept des collaborateurs de Charlie et en blesseront grièvement quatre.

Coco raconte en texte et en images, d’une belle manière fluide et expressive, l’après. Mais aussi l’avant, le pourquoi, l’histoire des caricatures et ce qui a précédé (et suivi) ce jour.

« Je dois dessiner, dessiner encore ». pour surmonter cette vague qui l’a emportée et l’emporte encore, pour lutter pour la liberté de pensée et d’expression, pour survivre, pour vivre.

Un très bel ouvrage qui marque tant par le dessin que par le récit.

 

 

Les Arènes BD, mars 2021, 345 pages, prix : 28 € ; ISBN : 979-10-375-0283-4

 

 

Crédit photo couverture : © Coco et éd. Les Arènes

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Le spectateur – Théo Grosjean

4 Octobre 2021, 15:39pm

Publié par Laure

Cette BD est aussi fascinante que mystérieuse. Entièrement vue par les yeux de Samuel, tout au long de sa vie depuis l’accouchement. Ses parents pensent qu’il est muet, pourtant ses cordes vocales sont intactes, mais jamais il n’interagira avec les autres, spectateur du monde et de sa vie. Il s’exprime par le dessin et quels dessins !

Le scénario est particulièrement riche de thèmes abordés, tant dans la relation aux parents qu’aux copains, dans cette fascination pour la mort via le corbeau de la couverture notamment, dans la maladie, dans les personnages secondaires, etc. Le choix des couleurs, tout en vert et noir, est frappant, et correspond parfaitement à l’atmosphère du récit. De même que la page liminaire avec sa phrase ton sur ton en caractères embossés montre la qualité et l’innovation du travail.

Un vrai bel album !

 

 

Ed. Soleil coll. Noctambule, avril 2021, 165 pages, prix : 18,95€, ISBN : 978-2-302-09044-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Théo Grosjean et éd. Soleil

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