Les jardins d'Hélène

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Les lopins du lapin (Le loup en slip t.9) – Lupano / Itoïz

16 Janvier 2026, 10:44am

Publié par Laure

On ne présente plus le loup en slip (9e tome déjà !), ce personnage du petit théâtre de Sophie dans les vieux fourneaux de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet.

Dessinée par Mayana Itoïz dans sa version destinée à la jeunesse, nul doute que cette série humoristique du loup en slip est tout autant (si ce n’est plus !) aimée des adultes que des enfants. C’est le propre des bons albums de plaire à tout âge et d’avoir plusieurs niveaux de lecture.

Dans les lopins du lapin, il est question d’accès à la propriété. Maître Garenne, notaire forestier, s’en vient délimiter les parcelles de chacun des animaux et leur délivre un acte de propriété. La mesure se calcule en lopin, qui lui-même se calcule en bonds. Et bien sûr l’acte est payant.

Bien. Mais très vite il est question de barrières, de péages, de droits de passage, et de circulation bien difficile dans la forêt pour notre loup ! Manquerait plus qu’à devoir payer l’air qu’on respire ! Vous imaginez bien que certains y ont pensé. On ne peut que sourire (et même rire de bon cœur !) à cet absurde poussé à l’excès, et l’on peut initier une discussion philo avec les enfants sur les notions d’espace public, de bien collectif, … et d’(anti)-capitalisme  

Un 9eme tome savoureux au possible, drôle, intelligent, inventif, graphiquement excellent, bref, foncez !

 

« Pas de pognon, pas de plongeon. Pas de pépettes, pas de trempette.

Mais bondiou ! »

« Archi-privé. Interdit aux gens. Interdit aux slips »

 

Dargaud, octobre 2025, 40 pages, prix : 11.95 €, ISBN : 978-2-5051-3275-2

 

 

Crédit photo couverture : © Mayana Itoïz et éd. Dargaud

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Moi d’abord – Véro Cazot et Lou Zago (ill.)

26 Décembre 2025, 15:48pm

Publié par Laure

D’après le roman de Katherine Pancol

J’ai lu (et aimé) les romans de Katherine Pancol quand j’étais jeune adulte, au début des années 1990. Moi d’abord, son premier publié en 1979, puis Vu de l’extérieur, mon préféré peut-être, Scarlett si possible, et quelques autres d’avant les années 2000. Je ne l’ai jamais lue depuis, jamais découvert sa famille Cortès (les crocodiles et autres tortues - écureuils)

Cette adaptation graphique de son tout premier roman m’a attirée, et l’on peut dire que 45 ans après, le texte est toujours d’actualité. Le début décoiffe un peu (parler sexualité au petit déj en famille et tout raconter à sa mère !) mais pour le reste, rien n’a changé : la femme de 2025 lutte toujours autant contre un patriarcat historique pour s’affirmer et vivre libre. Exister pour soi avant d’exister pour l’autre, apprendre à vivre seule pour mieux vivre à deux, ne rien tolérer qui ne serait pas pleinement consenti et choisi.

La découverte du plaisir, l’autonomie financière et intellectuelle, le courage d’assumer ses choix et son indépendance, ces grandes questions féminines étaient peut-être encore audacieuses à l’époque, elles sont aujourd’hui si évidentes et toujours aussi fragiles à la fois. On (re)découvre aussi les débuts professionnels de Katherine Pancol dans cette partie autobiographique du scénario.

Les couleurs douces, le dessin frais et léger dans un décor encore dénué de portable et d’ordinateurs font de cette BD une tranche de vie dynamique et volontaire malgré le temps qui a passé.

Une lecture détente au message toujours actuel pour toutes les femmes d’aujourd’hui.

 

Éditions Points, septembre 2025, 133 pages, prix : 20.95 €, ISBN : 979-10-414-1847-3

 

 

Crédit photo couverture : © Lou Zago et éd. Points

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L’amourante – Pierre Alexandrine

27 Octobre 2025, 08:00am

Publié par Laure

Louise est née au XVe siècle. Tant qu’elle est aimée, elle ne vieillit pas. Elle survit sans problème aux armes et aux épidémies. Une amourante, c’est ainsi qu’on appelle une femme comme elle, à la jeunesse inaltérée. Mais pour que dure cette singularité, elle ne doit jamais tomber amoureuse, seulement être aimée. Voilà pourquoi elle fait du mal à beaucoup d’hommes, jusqu’à Zayn, de nos jours à Paris, qui a du mal à l’admettre et à qui elle confie son histoire, qui se dévoile ainsi sous nos yeux de lecteurs.

Décors et costumes s’adaptent au fil des siècles, même si parfois le vocabulaire reste un peu trop moderne, Louise est une héroïne qui n’a pas sa langue dans sa poche. Récit d’aventure, histoire d’amour(s) et d’amitié, tout à tour manipulation sur le désir masculin et drame de l’amour sincère, c’est un scénario vraiment bien ficelé que nous offre Pierre Alexandrine, dans des couleurs chatoyantes et travaillées, à travers les grands épisodes de l’Histoire.

Un premier album impressionnant de maîtrise.

Et j’ai beaucoup apprécié la trouvaille du titre, avec ce a privatif, l’amourante, celle qui ne peut être mourante (du moins je l’interprète comme cela), que l’on peut lire aussi en déclinaison de amoureuse.

Une BD qui n’est pas sans rappeler aussi celle de Yannick Corboz, le voleur d’amour. (Glénat, 2024)

 

Extraits :

p. 72 : « Une chose importante à retenir, c’est qu’à chaque variété d’homme correspond une approche bien précise. Avec les jeunes, il suffit d’être entreprenante, les types mûrs, il faut les flatter. Les riches, ne pas avoir l’air impressionnée par leur argent. »

p. 103 : « Je suis seule, vous ne pouvez pas imaginer à quel point. En fait, je suis tellement seule que vous êtes la première personne à qui j’avoue que je suis seule. »

 

Lire un extrait : ici

 

 

Glénat, juin 2025, 232 pages, prix : 26,00 €, ISBN : 978-2-344-05969-2

 

 

Crédit photo couverture : © Pierre Alexandrine et éd. Glénat

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Pillow man, l’homme de nos rêves - Stéphane Grodet, Théo Calméjane (ill.)

17 Juin 2025, 12:46pm

Publié par Laure

Jean, franco-québécois, la quarantaine, est au chômage depuis trois ans. Souffrant de sévères maux de dos, il ne peut plus exercer son métier de chauffeur-routier. Insomniaque, il passe un entretien suite à une annonce transmise par un ami : devenir pillow man. Le job consiste à servir d’oreiller humain ou de doudou à des adultes esseulés qui ne parviennent plus à trouver le sommeil. Toute relation intime est strictement interdite, ce serait le licenciement immédiat.
Bien sûr il n’ose pas expliquer la nature de son nouveau job à sa femme, à qui il dit qu’il est veilleur de nuit pour un grand groupe de luxe. 

Les situations cocasses ou touchantes s’enchaînent, il réussit dans son job et goûte enfin à une vie matérielle plus confortable. Jusqu’au jour où, bien sûr, sa compagne découvre le pot aux roses. 

Une BD rafraîchissante, originale de par son sujet, qui soulève aussi de vrais sujets comme le marché du sommeil en France (à coup de potions magiques et de somnifère, business et santé publique, mais aussi la solitude. 

Le dessin est clair, classique, très coloré, avec une collection sympa de pyjamas.

Une BD doudou comme son héros, avec une fin un poil rapide et sèche qui m’a un peu déçue par sa facilité. 

A lire pour sourire !



 

Glénat, coll. 1000feuilles, septembre 2024, 224 pages, prix : 26 €, ISBN : 978-2-344-04849-8

 

 

Crédit photo couverture : © Théo Calméjane et éd. Glénat

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Le dernier costume n’a pas de poche – Laurent Galandon et Paolo Castaldi

4 Juin 2025, 10:16am

Publié par Laure

A Zarzis, en Tunisie, Chamesddine Marzoug aide les migrants comme il peut, et surtout hélas, il leur a créé un cimetière, pour offrir aux anonymes morts en Méditerranée un dernier lieu où reposer en paix.

Un matin il est appelé par son cousin pour un jeune garçon qui erre seul. Abdoulaye est le seul survivant d’une embarcation qui a coulé, il dit avoir été sauvé par une tortue géante qui l’a pris sur son dos. Il espère retrouver sa mère arrivée à Zarzis depuis quelques mois déjà.

Multiplicité des points de vue, beauté de l’illustration, parallèle avec les réfugiés ukrainiens que l’Europe a accueillis sur des modalités spéciales, sans jamais porter de jugement l’auteur et l’illustrateur donnent à voir une lueur d’humanité dans un monde inhumain, c’est à la fois triste et beau de justesse. 

Chamesddine Marzoug existe vraiment, l’album s’achève par des photos prises par Laurent Galandon lors de leur rencontre.

 

Lire un extrait : ici

 

éd. Futuropolis, février 2025, 145 pages, prix : 23,00 €, ISBN : 978-2-7548-3581-7

 

 

Crédit photo couverture : © Paolo Castaldi et éd. Futuropolis

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Marcie, le point de bascule – Cati Baur

10 Mai 2025, 10:48am

Publié par Laure

Caroline, dite Marcie, en CDD depuis des lustres, se fait licencier sans vraie raison, parce qu’elle n’est plus vraiment dans le mood. La cinquantaine, mère célibataire et en préménopause (bouffées de chaleur et surpoids), elle ne sait trop vers quoi se tourner, et puisque son âge l’invisibilise et qu’elle se fond à merveille dans le décor, elle propose ses services à une agence de détectives, pour retrouver des chiens volés. Un soir, elle est témoin de la chute d’une femme par la fenêtre d’un immeuble, et voit s’enfuir un fantôme. Ainsi démarre l’enquête qui la mènera à New-York. Le début d’une nouvelle vie, et d’une nouvelle expression de soi.

Si j’ai aimé le dessin, j’ai trouvé le scénario un peu trop décousu et fantasque, et pas assez aboutie la thématique de l’âge qui n’est au final qu’esquissée.

p. 28 « Je me fonds dans le décor. Je suis la femme invisible. C’est le super-pouvoir des femmes de cinquante ans… »

 

 

Dargaud, janvier 2025, 137 pages, prix : 20.50 €, ISBN : 978-2-205-21243-3

 

Crédit photo couverture : Cati Baur et éd. Dargaud

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Deux filles nues - Luz

19 Avril 2025, 13:22pm

Publié par Laure

C’était sans doute le risque avec cette BD multi primée (dont le Fauve d’Or à Angoulême en 2025), ce ne fut pas le coup de cœur attendu.

C’est néanmoins un excellent album, original, intelligent, intéressant. Il est d’ailleurs toujours difficile d’être critique sur une œuvre réussie, qui vous apprend des choses, sur l’art et par le biais de l’art.

Un siècle d’histoire allemande vue par un tableau, de sa création par son artiste, Otto Mueller, à ses ventes, pendant la montée et l’arrivée du nazisme au pouvoir. Spoliation, art dégénéré, bûchers d’œuvres d’art, sauvetages, jusqu’à l’exposition au musée Ludwig à Cologne (Köln), c'est riche et documenté. L’ouvrage s’enrichit d’ailleurs d’une postface de la directrice adjointe du musée, de courtes biographies, d’une chronologie, etc.

 

L’originalité vient bien sûr du point de vue choisi : l’œil du lecteur est celui du tableau : c’est un peu déroutant au départ, surtout dans les premières pages, ce n’est parfois pas droit, parfois dans le noir, parfois en mouvement, Luz a fait très fort sur ce point.

 

 

Albin Michel, octobre 2024, 196 pages, prix : 24.90 €, ISBN : 978-2-226-48957-9

 

 

Crédit photo couverture : © Luz et éd. Albin Michel

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La parenthèse d’oubli (Les carnets de Cerise #tome6) – Joris Chamblain, Aurélie Neyret (ill.)

16 Avril 2025, 09:32am

Publié par Laure

Quelle joie de retrouver Cerise après quelques années, dans un si bel album, réussi tant du point de vue du scénario que des dessins, vraiment sublimes !

Cerise va sur ses 13 ans, et c’est une année particulière dans sa vie : celle d’un voyage d’un an autour du monde, en minimisant au maximum son empreinte carbone (pas d’avion sauf nécessité absolue), en famille avec sa maman, Stéphane son compagnon, et Valentin, le fils de ce dernier.

L’album fait une large place à l’écriture, par le biais des carnets de Cerise, mêlant journal de bord et aquarelles, qui alternent avec des planches de BD classiques. La beauté de l’illustration ne peut que séduire d’emblée. C’est splendide.

De l’Angleterre au nord de l’Amérique du Sud en passant par l’Europe et l’Afrique du Nord, le périple loin du quotidien permet l’éveil, au monde, à la famille recomposée, à l’avenir de ces deux thématiques, sans oublier la difficulté d’être loin de ses amis. Hormis le message écologique un peu trop convenu (et vu comme un message obligé) c’est un tome qui donne envie de saisir les petits bonheurs du quotidien, et pourquoi pas, de les écrire. Peut-être fera-t-il même naître des vocations auprès des jeunes lecteurs.

Un très beau 6e tome.

 

Les autres tomes dans les jardins :

Les carnets de Cerise #tome5

Les carnets de Cerise #tome3

Oxymore éditions, collection métamorphose, décembre 2024, 75 pages, prix : 16,50 €, ISBN : 9782385610722

 

 

Crédit photo couverture : © Aurélie Neyret et Oxymore éditions.

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Le jardin, Paris - Gaëlle Geniller

6 Avril 2025, 14:53pm

Publié par Laure

De Gaëlle Geniller j’avais beaucoup aimé les fleurs de grand frère et Minuit passé, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers sa précédente BD.

Le jardin est un cabaret parisien où toutes les danseuses y portent un nom de fleur, y compris Rose qui est un jeune garçon qui a grandi là et qui s’essaie à la scène, vêtu en femme, avec talent et y prenant un tel plaisir qu’il devient vite la star du lieu.

Le charme androgyne du personnage opère, et le dessin, dans un décor années 1920 est sublime. 

J’ai regretté peut-être que la relation de Rose et d’Aimé ne soit pas plus aboutie dans le désir qui transparaît, et le choix fait dans son devenir, mais la beauté de l’ensemble me laisse indulgente !

 

 

Delcourt, coll. Mirages, janvier 2021, 224 pages, prix : 25,95 €, ISBN : 978-2-413-02253-4

 

 

Crédit photo couverture : Gaëlle Geniller et éd. Delcourt

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Minuit passé - Gaëlle Geniller

27 Décembre 2024, 10:40am

Publié par Laure

Guerlain Drosera, la trentaine, papa d’un petit garçon de 7 ans prénommé Nisse, retourne vivre dans le manoir abandonné de son enfance, où il installe son atelier de restaurateur d’art. Sa femme est absente mais leur téléphone souvent, de même que ses trois sœurs qui ont occupé une place centrale dans son enfance.

Passé minuit, l’insomnie le prend, rêves et cauchemars, à moins que la maison ne soit réellement hantée. Que ou qui représentent ces trois corneilles noires qui ne quittent pas la maison ? Et ces bruits, ces fantômes ou hallucinations ? Pourquoi Nisse est-il si serein et s’intéresse-t-il tant au spiritisme ?

Dans un décor magnifique, le scénario oscille entre présent et passé, jusqu’à la libération finale. L’ensemble est somptueux, tant dans le scénario minutieusement travaillé que dans le dessin exceptionnel, dans le détail des costumes, le choix des couleurs, jusqu’au jaspage de la tranche du livre qui contribue à la beauté et à la cohérence de l’objet, dans un esprit Art déco.

L’autrice-illustratrice intercale des pages documentaires avant l’épilogue, expliquant ses choix de couleurs, la genèse du scénario et son attention portée sur les costumes. Cet extra est vraiment intéressant.

Si d’un premier abord j’avais des doutes sur la fin (que l’on pourrait interpréter de différentes façons), la relecture de quelques pages m’a fait trancher pour une réponse, car je fais partie de ceux qui détestent les fins ouvertes en littérature.

 

Autre titre de Gaëlle Geniller : les fleurs de grand frère

 

 

Éditions Delcourt, coll. Mirages, octobre 2024, 206 pages, prix : 25,50 €, ISBN : 978-2-413-07894-4

 

 

Crédit photo couverture : © Gaëlle Geniller et éd. Delcourt

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