Les jardins d'Hélène

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La fille que ma mère imaginait - Isabelle Boissard

10 Septembre 2021, 10:59am

Publié par Laure

C’est l’histoire d’une femme qui déménage tous les trois ans pour suivre son mari aux quatre coins du monde. Cette fois ce sera Taïwan.  Une femme à qui on a offert un atelier d’écriture en ligne comme cadeau. Qui remplit son Moleskine (littéralement son cher « peau de taupe »), qui nous fait rire et nous émeut.

Ce premier roman se scinde en deux grandes parties, celle de l’arrivée à Taipei où la vie d’expat est décrite de manière drôle et cynique, et celle du retour impromptu en France pour les derniers jours de vie de sa mère, plus introspective. L’histoire d’une femme « de » qui dénonce sans gêne cette vie confortable et d’entre soi où l’on oublie trop souvent le soi justement.

Si j’ai préféré le ton enjoué de la première partie qui tire à boulets rouges sur tout le monde, j’ai trouvé la seconde partie touchante également, celle d’une femme qui retrouve son identité profonde.

 

 

 

Les Avrils, mai 2021, 219 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-491521-67-7

 

 

Crédit photo couverture : © Les Avrils

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Que sur toi se lamente le Tigre – Emilienne Malfatto

24 Juillet 2021, 14:25pm

Publié par Laure

« Le médecin venait de Bagdad, ça s’entendait à son accent. Il était très jeune, cuivré sous sa blouse bleu ciel. Il a palpé mon ventre, doucement. Il avait les mains légères. Les coups lui ont répondu. Il n’a pas eu besoin de me poser de questions. Il s’est redressé, a retiré ses lunettes, les a essuyées longtemps sur un coin de sa blouse. Il a eu l’air beaucoup plus vieux, infiniment las. Il a remis ses lunettes, m’a regardée. Cinq mois, peut-être plus. L’infirmière ne bougeait pas. Ma fiche indiquait que je n’étais pas mariée. Alors c’était comme une sentence de mort. En une phrase, le médecin avait placé ma tête sur le billot. J’ai écouté ma sentence comme à travers du coton. Mon corps n’était plus que ventre. » (p. 20)

On ne connaîtra pas son prénom, seulement ceux de ses frères, de ses sœurs, le nom du fleuve qui coule près de chez elle, quelque part en Irak. Chacun prend part au récit, menant à la mort annoncée de la jeune mère qui a aimé hors mariage. Son amoureux est mort à la guerre. Son père est mort également, c’est donc son frère aîné qui se doit de sauver l’honneur de la famille.

En moins de quatre-vingts pages, Emilienne Malfatto livre un premier roman fort, à l’écriture économe et somptueuse, qui dénonce le poids du patriarcat : (p.72) « Les femmes de la famille doivent rester propres. Pures. Intouchées. Au prix du sang. Notre corps ni notre honneur ne nous appartiennent. Ils sont la propriété familiale. La propriété de nos pères et de nos frères. »

Une tension magnifiquement écrite vers une fin qu’on aimerait autre. Très beau premier roman.

 

 

Elyzad, septembre 2020, 77 pages, prix : 13,90 €, ISBN : 978-9973-58-122-8

 

 

Crédit photo couverture : © Emilienne Malfatto / design © Héla Chelli / et éd. Elyzad

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L’expérience du vide – Anne-France Larivière

13 Juillet 2021, 18:30pm

Publié par Laure

Louise est chanteuse dans un groupe, mais aux prises avec une situation familiale compliquée – elle paie les dettes de sa mère – elle se trouve contrainte de passer des concours et d’entrer dans la fonction publique territoriale, sur un poste de chargée de mission Culture et Territoires.

Dédale nébuleux et ubuesque, Louise découvre qu’elle remplace un agent qui s’est suicidé en se jetant du toit. Comme elle peine à récupérer ses dossiers, quelle vérité lui cache-t-on ?

Comme Zoé Shepard en son temps, Anne-France Larivière dresse un portrait au vitriol de la FPT, de ses nombreux process idiots et de son jargon incompréhensible qui brassent surtout du vide. Bien que l’action semble se dérouler dans une gigantesque collectivité (un Ministère de la FPE ou une région ou a minima un département dans la FPT), tout fonctionnaire retrouvera ici ou là des situations ridicules et chronophages auxquelles il est confronté. Les jours s’égrènent lentement pour Louise, comme le roman finit par tourner un peu à vide passé la moitié – on a compris le principe – la fin choisie n’étant guère réaliste, le soufflé retombe en cours de lecture. Dommage, ça faisait du bien de ruer dans les brancards.

 

 

Editions de L’Aube, mai 2021, 278 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-8159-4226-3

 

 

Crédit photo couverture : © Editions de l’Aube

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Le ciel sans boussole – Watson Charles

7 Juillet 2021, 08:57am

Publié par Laure

Découvert au hasard d’un présentoir de bibliothèque, ce premier roman de l’auteur haïtien Watson Charles est d’une grande beauté.

Jackson et Rodrigue forment un duo des rues, vivant de peu au fil de leurs pérégrinations avec leur table de jeu sur l’épaule. Mais un jour Rodrigue meurt, et Jackson se retrouve seul, sans abri et sans ressources.

Ce texte traduit à merveille la chaleur écrasante de Port-au-Prince, la moiteur, la pauvreté, la corruption omniprésente, les inégalités, la misère du système de santé, mais il apporte aussi une lumière à travers la famille et l’amour, des liens distendus qui se renouent et l’éclat d’un amour inespéré. Le travail est rude, les conditions de vie difficiles mais la langue chaleureuse et poétique de Watson Charles nous rend son personnage très attachant. Une belle découverte.

 

 

p. 75 : « Jackson tergiverse, ne sachant que répondre.

- Tout le monde est malade dans ce pays. On vit avec la mort quotidiennement. Si on ne meurt pas en prison ou fusillé par le régime, alors on crève de faim. »

 

P. 115 : « Bien qu’âgé, Jackson continue de soutenir la fronde qui monte dans le pays. Il voit tout cela comme la seule chose qui peut lui rendre sa dignité et sa liberté trop longtemps menacées. Il sait qu’il n’est plus l’homme qu’il a été, celui qui errait à l’intérieur du pays dans le seul but du plaisir. Il regarde désormais la réalité avec beaucoup plus de hargne. Une autre vie naît en lui. Il se demande d’où venait cette énergie qui lui a permis de mener toutes ces luttes durant ces années. Il se souvient aussi des trafiquants de drogue qui pullulaient dans les campagnes du pays, bastonnant les petits paysans à coups de fusils et des camions remplis d’hommes en tenue militaire parcourant les plaines, pourchassant tous ceux qui refusaient de s’enrôler dans la milice. Il avait été témoin d’une époque où le populisme avait remplacé la dictature. »

 

Les éditions Moires, collection Lachésis, février 2021, 127 pages, prix : 15 €, ISBN : 979-10-91998-50-5

 

 

Crédit photo couverture : © Les éditions Moires

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S’aimer, malgré tout – Nicole Bordeleau

12 Mai 2021, 07:44am

Publié par Laure

Édith Lebeau Davis est PDG d’une grande entreprise, elle a trente-six ans et tout semble lui réussir, mais ce n’est qu’apparence. Un collègue envieux de sa place va la trahir en montant un mauvais plan, et chaque soir Édith, en souffrance, cache bien des secrets.

La première partie est vraiment prenante, et laisse le lecteur extrêmement frustré, car l’autrice a choisi une construction temporelle qui remonte les générations. On abandonne totalement Édith pour passer à la génération antérieure. Chacune des grandes parties dévoile l’histoire de la famille, à travers maladies et frustrations, et la boucle sera bouclée à la fin. L’insertion des journaux intimes du père apportent un côté encore plus romanesque à l’histoire, car ils sont un peu trop « écrits » pour être naturels. Mais qu’importe, on s’y laisse porter.

D’abord déçue de ce choix d’écriture surprenant qui semble rompre le rythme, j’ai finalement beaucoup aimé l’ensemble, pour les histoires de famille et de maladies qu’il raconte.

Je suis moins sensible à l’aspect « développement personnel » qui se déploie ici et là par des phrases que je trouve « clichés », à l’emporte-pièce et un peu faciles, comme s’il fallait ajouter un utilitaire à la fiction, mais si vous aimez ce type de roman, alors il vous apportera ce petit plus qui enrichit l’intrigue.

 

Roman québécois (canadien de langue française).

 

Flammarion, mai 2021, 397 pages, prix : 22 €, ISBN : 978-2-0815-1947-3

⭐⭐⭐⭐

Crédit photo couverture : © Pavel Abramov / iStock / et éd. Flammarion

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Ma grande – Claire Castillon

5 Mai 2021, 17:13pm

Publié par Laure

Il a tué sa femme. Il a sûrement eu tort, mais c’est ainsi. Il n’a pas de prénom, elle non plus, il raconte, parfois à la première personne, le plus souvent à la deuxième du singulier : « Ailleurs, t’étais ma femme. Ma grande, c’était la nuit. Et la nuit était rare. Sauf le jour, ça oui. Avec toi, il faisait noir. » Pourquoi et comment il en est arrivé là, c’est l’objet de ces 145 pages pleines de souffrance et de venin.

L’histoire pourrait être banale, une femme dominante, jalouse, langue de vipère, méchante, ça existe certainement, un mari soumis, un peu lâche, mais qui veut protéger son enfant, ça peut se comprendre aussi, si ce n’était que le style travaillé au cordeau de Claire Castillon fait mouche : c’est acide, piquant, violent, et brillant. Mais où va-t-elle chercher tout cela ?

Le narrateur rêvait d’écrire, mais sa femme avait toujours tué sa fibre créatrice, il s’est bien rattrapé avec ce roman qui fait partie des meilleurs de Castillon. Enfin moi j’ai aimé. Parce que ça sort de l’ordinaire, qu’il y a une histoire, et du style.

 

Fini sur la plage ensoleillée et balayée par le vent de Préfailles, Loire-Atlantique, en gros pull et écharpe mais avec la musique intarissable du ressac le 05 mai 2021. Un vieux roman, 2018 pensez-donc, emprunté par hasard dans une médiathèque qui n’est pas la mienne. Parce que chez les voisins, c’est bien aussi.

 

Gallimard, avril 2018, 145 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-07-278625-9

⭐⭐⭐⭐⭐

Crédit photo couverture : © éd. Gallimard

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Roses de sang, roses d’Ouessant – Janine Boissard

5 Avril 2021, 17:31pm

Publié par Laure

Je crois que je n’avais jamais lu Janine Boissard, pourtant ses romans sont très populaires, nombreux et très appréciés de nos lecteurs à la bibliothèque.

C’est la couverture et le titre qui m’ont attirée ici, qui ne rêve d’un moment d’évasion sur l’île d’Ouessant ? Après une séparation amoureuse, Astrid revient vivre sur l’île de son enfance, dans la maison que lui a léguée son grand-père. Dessinatrice, elle a cette liberté de travailler d’où elle veut. Erwan, le propriétaire du manoir voisin, se souvient d’elle et du dessin qu’elle lui a offert il y a longtemps. Il en faut peu pour replonger dans une histoire d’amour moderne et romantique, au charme légèrement surannée, et bien sûr contrariée par un ex jaloux et envahissant mais surtout un Erwan qui semble cacher de lourds secrets… Janine Boissard revisite ici l’histoire de Rebecca de Daphné du Maurier.

Le roman est plaisant, les pages se tournent toutes seules et il est presque frustrant tant on aimerait passer bien davantage de temps avec Astrid. Tout va un peu trop vite, comme si l’on n’avait que la trame, mais cela fonctionne tout de même très bien, idéal pour les lecteurs (trices) qui veulent une histoire d’amour mais qui fuient devant les pavés.

 

 

Fayard, mars 2021, 186 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-213-71834-7

Crédit photo couverture : © Benoît Stichelbaut / Nuit de Chine / Librairie Arthème Fayard

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La chaleur – Victor Jestin

26 Mars 2021, 11:16am

Publié par Laure

 

Léonard a 17 ans, et passe des vacances caniculaires dans un camping des Landes. Le roman s’ouvre sur le décès d’un jeune, qui s’étrangle dans les cordes d’une balançoire. Il est témoin, il ne fait rien. Pire, il enterrera le corps. Ne dira rien. Dès lors monte une tension dramatique qui dure un peu plus de 24h, parlera-t-il ?

Le roman donne à voir le mal-être de l’adolescent, la chaleur écrasante, la difficulté d’être soi quand on ne partage pas l’attitude du groupe, la violence des actes et des envies, la première relation sexuelle, la difficulté des relations familiales.

Un premier roman tendu à l’extrême, raconté à la première personne, qui distille une attente angoissante, et une certaine empathie pour ce jeune garçon qui ne goûte pas à l’insouciance générale qu’impose la jeunesse en vacances.

Une écriture très maitrisée, un roman bref mais efficace.

 

 

Premier roman – Prix Femina des Lycéens 2019

 

Flammarion, août 2019, 138 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-0814-7896-1

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Flammarion

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Un si petit monde – Jean-Philippe Blondel

13 Mars 2021, 11:48am

Publié par Laure

Ce titre fait suite à la grande escapade, publié en août 2019 (qui sort en poche chez Folio en même temps que ce tome 2), c’est donc un tome central, avant le dernier d’une trilogie annoncée.

On retrouve les personnages de la grande escapade, après un saut dans le temps de 1975 à 1989, c’est la chute du Mur de Berlin, puis le début de la guerre du Golfe, le démantèlement des pays de l’Est, etc. Philippe Goubert est devenu prof d’anglais, il semble doué dans cette vocation, hésite à suivre Annette en Allemagne, et l’on n’en saura guère plus sur lui. On l’avait quitté à la fin du tome 1 en se doutant qu’il deviendrait écrivain, ce n’est pas encore pour cette fois.

L’inconvénient d’une lecture numérique, c’est que je n’ai découvert qu’à la toute fin la page récapitulative des noms des personnages, leurs liens familiaux, et j’en aurais eu bien besoin au début de l’ouvrage ! En édition papier, je l’aurais peut-être feuilleté et trouvé plus tôt ! Difficile de se souvenir presque deux ans après des interactions entre les uns et les autres. J’ai fini par conclure que tout le monde couchait avec tout le monde, tout le monde trompait tout le monde, tout le monde mourait, se suicidait ou en avait envie, et les vivants n’ont qu’une envie, se sortir de ce petit monde aux faux-semblants qui sauvent les apparences. Forcément, des secrets de famille éclatent, et au final, il ne se passe pas grand-chose.

« L’ensemble distille un ennui poli », dit une blogueuse aussi vieille que moi dans ce tout petit monde.

Je ne peux que vous conseiller de lire les deux tomes dans la foulée, car pour moi, le hic, c’est que ce tome 2 lu séparément ne fonctionne pas. On ne sait pas qui est qui, et on reste grandement sur sa faim. On touche là à une stratégie éditoriale qui n’a rien à voir avec la qualité du roman [Blondel sait écrire, je ne remets pas cela en cause], mais qui pour moi soulève ces questions-là :

  • Un auteur tombe-t-il dans l’oubli s’il ne publie pas comme un métronome, tous les ans, ou deux ans grand maximum ?
  • N’eut-il pas mieux valu attendre 5 ans et avoir un bon gros pavé comprenant la trilogie comme une seule œuvre, certes un peu plus chère qu’un volume à l’unité, mais dans laquelle le lecteur se plonge avec bonheur et en ressort heureux ?
  • Faut-il absolument coller à l’air du temps qui veut qu’aujourd’hui, un livre doit faire 250 pages max (le lecteur n’a pas le temps et veut du vite lu, ça se confirme tous les jours dans mon travail) et coûter 20€ max, au-delà c’est trop cher ? [On hésite plus pour un pavé à 25 € ? – pas pour un auteur qu’on suit !]
  • On le sait, les tomes 1 se vendent plus que les tomes 2, et ainsi de suite decrescendo. On perd du monde en route. Toujours. Parce que tout le monde ne suit pas l’actualité littéraire, parce qu’on oublie, parce qu’on n’a pas compris qu’il s’agissait d’une trilogie. Ou parce qu’on n’a pas aimé.
  • Le roman dans son entier nous aura coûté presque 60 €, on en pense quoi, de cette stratégie de vente ?
  • Les volumes peuvent-ils se lire indépendamment ? En théorie oui. En réalité dans ce cas précis je ne trouve pas.

Je lirai le tome 3 parce que c’est JPB, mais pour moi ce choix de publication échelonnée est une erreur. Désolée.

 

 

 

 

 

 

Buchet Chastel, mars 2021, 256 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-283-03407-1

 

 

Crédit photo couverture : © Hinterhaus Productions / Getty Images / et éd. Buchet Chastel

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Elle, la mère – Emmanuel Chaussade

9 Mars 2021, 11:27am

Publié par Laure

Ce premier roman singulier, s’il aborde un thème assez classique, le fait avec une originalité dans l’écriture, des phrases courtes, souvent nominales. C’est l’histoire d’une mère racontée par son fils, Gabriel, troisième enfant d’une fratrie de quatre, deuxième et avant dernier garçon. Le seul à être présent à l’enterrement qui ouvre le roman.

Il remonte la vie rude et violente de cette mère, dont on ne connaitra jamais le prénom, délaissée et rejetée de tous, car elle n’est pas de la même classe sociale que sa belle-famille. Pourtant elle ne manquera pas de courage et de force, mais sera souvent perdue et mal aimée.

Il y a des passages très durs, mais aussi toute la beauté de l’amour filial, qui redonne vie à cette femme.

Peut-être y verra-t-on une accumulation d’abus malheureux, qui font perdre un peu de force à l’ensemble, mais il y a aussi de somptueux passages, ceux sur l’alzheimère notamment. Et cette fin en boucle, qui donne envie de revenir immédiatement au début, ce cercle qui permet de se réapproprier davantage par une relecture ce texte vraiment intéressant dans son verbe.

A relire, indéniablement.

« Elle est la mère mais elle est restée une petite fille. Une petite mère à protéger et à gâter. Pour ses cinquante ans, le fils lui a dessiné et fait réaliser un bracelet en or gravé des prénoms entrelacés des êtres qui lui sont chers. Plus de trois cents grammes d’amour, trop lourds pour elle toute seule. Insupportable. Menottes d’amour impossible. Bijou jamais porté. Elle ne le mérite pas. La mère indine donne à sa fille tous ces noms gravés dans l’or. Le fils en est blessé, non pour le prix du cadeau mais parce qu’il comprend qu’il s’est trompé. Ce symbole de la famille est illusoire. La mère l’a compris bien avant lui. Elle sait que cette famille n’existe pas."

« La mère n’a aucune aversion. La mère aime d’instinct. Elle aime comme un animal. Sans réfléchir. Tout de suite, jamais ou pour la vie. Elle aime d’un amour vrai, d’un amour pur. Elle aime sans distinction. A vie. Elle aime sans différence. Enfants et amis aimés de la même façon. Aimés sans avantage. Elle est incapable d’aimer autrement. Elle écarte les gens toxiques. Des gens nuisibles lui sont imposés. (…) »

Ed. de Minuit, janvier 2021, 96 pages, prix : 12 €, ISBN : 978-2-7073-4671-1

 

Crédit photo couverture : éd. De Minuit.

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