Les jardins d'Hélène

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Café sans filtre - Jean-Philippe Blondel

11 Mai 2022, 17:04pm

Publié par Laure

C’est sans doute le premier roman post covid que je lis qui aborde de biais la période des confinements et leurs sorties par la réouverture des cafés, réouverture sur la vie, le monde, les interactions sociales comme on dit.

Dans ce café de province, le Tom’s, en intérieur ou en terrasse, se succèdent quelques personnages, de passage ou habitués comme Chloé qui vient désormais y dessiner toute la journée, mais aussi le patron, son employé, la propriétaire précédente.

On retrouve avec bonheur ces tranches de vie dans lesquelles Blondel excelle quand il s’agit d’aborder l’intime ; certains personnages sont plus touchants que d’autres, chacun y verra une résonance personnelle avec l’un plus qu’un autre, mais tous sont à un moment de croisement, de changement dans leur vie, amoureuse, professionnelle, tous nous ouvrent leurs souvenirs ou le pourquoi de leur état présent.

J’ai aimé Chloé, Guillaume et surtout sa mère Françoise, Thibault et Pierre (doubles de l’auteur ?), quand Jocelyne, Fabrice et José m’ont laissée indifférente.

Que vous avaliez ce café en terrasse ou le dégustiez sur une chaise longue au soleil, ou encore sous un plaid avec une tasse de thé au fond du canapé, vous y retrouverez le Blondel des bons moments (il s’était un peu égaré à mon goût ces dernières années), celui des petits riens et des amours passées, une douce nostalgie et un sourire au coin des lèvres aujourd’hui.

 

Et je ne peux que citer ce passage :

p. 150 « C’est toujours difficile de donner un avis sur l’œuvre de quelqu’un quand on le connaît. Tout est biaisé (…) »  

****

p. 19/20 : "Je faisais défiler les photos de la vie des autres sur Instagram et sur Facebook. J'ai de la tendresse pour Facebook, ce réseau pour vieux qui se persuadent qu'ils peuvent rivaliser avec la jeunesse. Tous ces gens qui prennent en photo les plats qu'ils ont commandés et qui écrivent "miam" suivis de quatre points d'exclamation. Toutes ces citations, dont la moitié sont fausses, accompagnées de réflexions sur le sens de l'existence. C'est à peu près l'équivalent des romans-photos en noir et blanc que lisait ma grand-mère dans Modes de Paris"

 

L'Iconoclaste, avril 2022, 283 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-37880-284-4

Crédit photo couverture : Quintin Leeds - illustration Pierre-Emmanuel Lyet - et éd. L'Iconoclaste

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Les lumières d’Oujda – Marc Alexandre Oho Bambe

2 Mai 2022, 17:44pm

Publié par Laure

Il était amoureux, à Rome, quand il a été emprisonné puis expulsé dans son pays natal, le Cameroun. Mais c’est à Oujda, au Maroc, qu’il a rencontré la femme de sa vie, Imane, et sa sœur jumelle Leila, qui vit à Lille, en France. Le narrateur, dans une prose poétique proche du slam, dans une langue qui mêle quelques mots d’anglais au français et parfois d’un dialecte africain, raconte le sort des réfugiés, ces migrants qui trop souvent encore croisent la mort sur leur route maritime.

Réflexion poétique sur l’humanité, l’accueil, la liberté, la fraternité, la résilience, les lumières d’Oujda est aussi un beau roman d’amour. L’amour d’une mère morte trop tôt, d’une grand-mère, Sita, et d’une femme auprès de qui l’apaisement pourra éclore, enfin.

L’écriture, séduisante, hypnotique, entraine vers quelque chose de novateur dans la narration, c’est beau et triste, beau et lumineux, « car personne ne fuit le bonheur ». A découvrir, vraiment.

 

 

p.85/86 : « Bonjour mon frère, comment va ta douleur ?

Ainsi commençait le texte de rap offert par Yaguine et Fodé lors de notre première rencontre.

J’ai décidé de m’appuyer sur cette phrase pour commencer mes ateliers avec les fugees.

Mon idée est d’instaurer un silence en eux, autour d’eux, pendant chaque séance de poésie-thérapie.

Réapprendre à faire silence.

Et écouter ce qu’on entend de soi.

Choisir de le partager ou non.

Poser un regard sur son être.

Se parler.

S’écrire.

S’ouvrir.

Se demander comment on va.

Et où on est.

De son chemin.

Intérieur.

Son parcours, sa traversée.

De toutes les frontières, qui nous rapprochent ou nous éloignent. De nous. Du monde.

Je crois au pouvoir de la parole. Je crois à la résilience.

Par les mots.

Les nôtres.

Et ceux d’autres, aussi.

Tuteurs.

Professeurs

D’espérance.

Qui peuvent.

Nous aider, nous soigner, nous accompagner.

Sur la route de nous-mêmes. »

 

 

p.88 : « C’est pas l’homme qui prend la mer

C’est la mer qui prend l’homme [Dès que le vent soufflera, Renaud, 1983]

Les mots du chanteur ont une autre résonance en moi depuis que je travaille à l’asso. J’ai les images. De chaque naufrage. De chaque sauvetage. En mer. J’ai les images. De femmes, d’enfants et d’hommes. Elles et Ils. En ballottage. Toujours défavorable. Non définitivement, c’est pas l’homme qui prend la mer… »

 

p. 310/311 : « Depuis 2000, on estime à plus de trente cinq mille le nombre de femmes, d’enfants et d’hommes morts en Méditerranée, en essayant de passer. Les chiffres sonnent creux manifestement, pourtant ils sont implacables. Et on ne parle que de corps retrouvés. D’autres gisent pour toujours, sans sépulture, au fond de la mer qui meurt elle aussi.

D’un trop-plein de cadavres.

L’inaction des gouvernements du Nord et du Sud est à dénoncer, mais tant d’autres choses aussi, en question ici énoncée : pourquoi on part ?

Oui pourquoi ?

Pourquoi on prend tous ces risques ?

Pourquoi on s’en fout la mort à ce point ?

Pourquoi rien ne change, à part les saisons ? »

 

 

Calmann-Lévy, août 2020, 326 pages, prix : 19,50€, ISBN : 978-2-7021-6323-8

 

 

Crédit photo couverture : © tableau, série « Partir » / © Olga Yameogo / et éd. Calmann-Lévy

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Le Mal-épris – Bénédicte Soymier

25 Mars 2022, 21:43pm

Publié par Laure

Paul, terne, laid, frustré, s’éprend d’une voisine de palier, Mylène. Mais lorsqu’elle l’éconduit il ne s’en remet pas et jette son dévolu sur une nouvelle proie : Angélique, discrète collègue de travail qui élève seule son enfant. Elle emménage chez lui et l’engrenage de la violence conjugale s’enclenche. Pervers narcissique, les coups pleuvent. Angélique tente de fuir…

Le mécanisme de l’emprise sur la femme est finement décrit. C’est précis, effroyable. Fallait-il pour autant justifier par un cercle peut-être trop évident mais pas systématique : l’enfance battue auprès de parents mal-aimants ?

Ce premier roman frappe indéniablement par son style sec, précis, saccadé, qui plait ou rebute selon le lecteur. Après un début que j’ai trouvé ennuyeux à l’image du personnage principal, le récit prend une tournure peut-être trop attendue, celle du schéma aux exemples classiques des documentaires sur le sujet. Trop scolaire peut-être. Sur le même thème j’ai préféré La deuxième femme de Louise Mey.

 

 

Calmann-Lévy, janvier 2021, 244 pages, prix : 18,50 €, ISBN : 978-2-7021-8077-8

 

 

Crédit photo couverture : © Longing, 2012 © Julia Moniewski : et éd. Calmann-Lévy

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Ubasute – Isabel Gutierrez

10 Novembre 2021, 11:58am

Publié par Laure

L’ubasute est une tradition ancestrale au Japon, qui consiste à amener en montagne dans un endroit isolé une personne âgée et malade pour l’y laisser mourir. C’est cette demande que fait Marie à son fils.

L’occasion pour elle - et pour lui - de revenir sur sa vie, sur son jumeau mort in utero, sur la lutte de son grand-père contre Franco, sur la mort de son mari. C’est un texte empreint de délicatesse, de poésie, de pudeur, un petit moment hors du temps alors même que le temps chemine vers la fin de vie, un de ces petits livres qu’on aura envie de relire un jour, parce qu’il demeure intemporel.

Un très beau texte sur l’amour maternel et le lien parfois taiseux qui unit une mère à ses enfants.

 

 

La fosse aux ours, août 2021, 124 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-35707-166-7

 

 

Crédit photo couverture : © Marc Chilliet d’après Geo Dorival

 

 

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Le rapport chinois – Pierre Darkanian

1 Novembre 2021, 17:51pm

Publié par Laure

Tugdual Laugier est embauché chez Michard & Associés où pour un salaire mensuel net de 7000 €, il taille des crayons, enroule des cravates, et tente de battre le record du nombre de bûchettes de sucre qu’il peut s’enfiler dans la bouche. Le maître mot de l’entreprise, c’est la confidentialité, personne ne semble donc s’offusquer de ce que font (ou ne font pas) les collaborateurs.

Jusqu’à la rédaction du rapport chinois, 1084 pages de copiés-collés du web, qualifié d’excellent par son supérieur, mais oublié sur une table de restaurant où il sera récupéré par une flic un peu curieuse.

Le rapport chinois, ou l’empire du vide : l’auteur va loin dans l’absurde et la caricature, laissant le lecteur sidéré et amusé, et nul doute que vous ne resterez pas insensible au personnage hors norme de Tugdual Laugier !  Archétype de la médiocrité ? La satire de la bêtise cache un roman bien plus construit qu’il n’en a l’air, expliquant et dénonçant les affaires des subprimes, la domination du capitalisme et des placements fondés sur du vent.  Réjouissant jusqu’au bout.

 

Prix Transfuge du meilleur premier roman français 2021

 

 

Anne Carrière, août 2021, 299 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-38082-154-3

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Anne Carrière

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La maison de Bretagne - Marie Sizun

19 Septembre 2021, 17:33pm

Publié par Laure

Claire se résout à prendre une semaine de congés pour régler la vente de la maison de Bretagne, héritée de sa mère et dont sa sœur n’a pas voulu, elle en est seule gestionnaire. Tous les étés elle la loue par l’intermédiaire d’une agence immobilière mais faute de travaux de rénovation, les vacanciers se font rares.

En arrivant quelle n’est pas sa surprise de trouver… un mort sur le canapé ! L’enquête sera secondaire et vite menée (ce n’est pas le point essentiel du roman ni le plus crédible), mais permettra à Claire de remettre de l’ordre dans ses souvenirs et les liens qui l’ont unie à son père trop tôt disparu, à sa mère, à sa sœur avec qui elle a perdu le contact. Les odeurs, les couleurs de l’océan et du ciel breton prennent une large place, plongeant le lecteur dans l’atmosphère douce et apaisée des émotions et des souvenirs de Claire. Quelques personnages secondaires concourent à reconstruire l’histoire de leur mère et à donner envie à Claire de poursuivre son chemin en Finistère.

On retrouve le thème de la famille cher à Marie Sizun, et une atmosphère empreinte de calme et de douceur, c’est un roman simple qui fait un bien fou.

 

Arléa, coll. 1er/mille, février 2021, 256 pages, prix : 20€, ISBN : 978-2-3630-8242-8

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Arléa

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La fille que ma mère imaginait - Isabelle Boissard

10 Septembre 2021, 10:59am

Publié par Laure

C’est l’histoire d’une femme qui déménage tous les trois ans pour suivre son mari aux quatre coins du monde. Cette fois ce sera Taïwan.  Une femme à qui on a offert un atelier d’écriture en ligne comme cadeau. Qui remplit son Moleskine (littéralement son cher « peau de taupe »), qui nous fait rire et nous émeut.

Ce premier roman se scinde en deux grandes parties, celle de l’arrivée à Taipei où la vie d’expat est décrite de manière drôle et cynique, et celle du retour impromptu en France pour les derniers jours de vie de sa mère, plus introspective. L’histoire d’une femme « de » qui dénonce sans gêne cette vie confortable et d’entre soi où l’on oublie trop souvent le soi justement.

Si j’ai préféré le ton enjoué de la première partie qui tire à boulets rouges sur tout le monde, j’ai trouvé la seconde partie touchante également, celle d’une femme qui retrouve son identité profonde.

 

 

 

Les Avrils, mai 2021, 219 pages, prix : 19 €, ISBN : 978-2-491521-67-7

 

 

Crédit photo couverture : © Les Avrils

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Que sur toi se lamente le Tigre – Emilienne Malfatto

24 Juillet 2021, 14:25pm

Publié par Laure

« Le médecin venait de Bagdad, ça s’entendait à son accent. Il était très jeune, cuivré sous sa blouse bleu ciel. Il a palpé mon ventre, doucement. Il avait les mains légères. Les coups lui ont répondu. Il n’a pas eu besoin de me poser de questions. Il s’est redressé, a retiré ses lunettes, les a essuyées longtemps sur un coin de sa blouse. Il a eu l’air beaucoup plus vieux, infiniment las. Il a remis ses lunettes, m’a regardée. Cinq mois, peut-être plus. L’infirmière ne bougeait pas. Ma fiche indiquait que je n’étais pas mariée. Alors c’était comme une sentence de mort. En une phrase, le médecin avait placé ma tête sur le billot. J’ai écouté ma sentence comme à travers du coton. Mon corps n’était plus que ventre. » (p. 20)

On ne connaîtra pas son prénom, seulement ceux de ses frères, de ses sœurs, le nom du fleuve qui coule près de chez elle, quelque part en Irak. Chacun prend part au récit, menant à la mort annoncée de la jeune mère qui a aimé hors mariage. Son amoureux est mort à la guerre. Son père est mort également, c’est donc son frère aîné qui se doit de sauver l’honneur de la famille.

En moins de quatre-vingts pages, Emilienne Malfatto livre un premier roman fort, à l’écriture économe et somptueuse, qui dénonce le poids du patriarcat : (p.72) « Les femmes de la famille doivent rester propres. Pures. Intouchées. Au prix du sang. Notre corps ni notre honneur ne nous appartiennent. Ils sont la propriété familiale. La propriété de nos pères et de nos frères. »

Une tension magnifiquement écrite vers une fin qu’on aimerait autre. Très beau premier roman.

 

 

Elyzad, septembre 2020, 77 pages, prix : 13,90 €, ISBN : 978-9973-58-122-8

 

 

Crédit photo couverture : © Emilienne Malfatto / design © Héla Chelli / et éd. Elyzad

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L’expérience du vide – Anne-France Larivière

13 Juillet 2021, 18:30pm

Publié par Laure

Louise est chanteuse dans un groupe, mais aux prises avec une situation familiale compliquée – elle paie les dettes de sa mère – elle se trouve contrainte de passer des concours et d’entrer dans la fonction publique territoriale, sur un poste de chargée de mission Culture et Territoires.

Dédale nébuleux et ubuesque, Louise découvre qu’elle remplace un agent qui s’est suicidé en se jetant du toit. Comme elle peine à récupérer ses dossiers, quelle vérité lui cache-t-on ?

Comme Zoé Shepard en son temps, Anne-France Larivière dresse un portrait au vitriol de la FPT, de ses nombreux process idiots et de son jargon incompréhensible qui brassent surtout du vide. Bien que l’action semble se dérouler dans une gigantesque collectivité (un Ministère de la FPE ou une région ou a minima un département dans la FPT), tout fonctionnaire retrouvera ici ou là des situations ridicules et chronophages auxquelles il est confronté. Les jours s’égrènent lentement pour Louise, comme le roman finit par tourner un peu à vide passé la moitié – on a compris le principe – la fin choisie n’étant guère réaliste, le soufflé retombe en cours de lecture. Dommage, ça faisait du bien de ruer dans les brancards.

 

 

Editions de L’Aube, mai 2021, 278 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-8159-4226-3

 

 

Crédit photo couverture : © Editions de l’Aube

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Le ciel sans boussole – Watson Charles

7 Juillet 2021, 08:57am

Publié par Laure

Découvert au hasard d’un présentoir de bibliothèque, ce premier roman de l’auteur haïtien Watson Charles est d’une grande beauté.

Jackson et Rodrigue forment un duo des rues, vivant de peu au fil de leurs pérégrinations avec leur table de jeu sur l’épaule. Mais un jour Rodrigue meurt, et Jackson se retrouve seul, sans abri et sans ressources.

Ce texte traduit à merveille la chaleur écrasante de Port-au-Prince, la moiteur, la pauvreté, la corruption omniprésente, les inégalités, la misère du système de santé, mais il apporte aussi une lumière à travers la famille et l’amour, des liens distendus qui se renouent et l’éclat d’un amour inespéré. Le travail est rude, les conditions de vie difficiles mais la langue chaleureuse et poétique de Watson Charles nous rend son personnage très attachant. Une belle découverte.

 

 

p. 75 : « Jackson tergiverse, ne sachant que répondre.

- Tout le monde est malade dans ce pays. On vit avec la mort quotidiennement. Si on ne meurt pas en prison ou fusillé par le régime, alors on crève de faim. »

 

P. 115 : « Bien qu’âgé, Jackson continue de soutenir la fronde qui monte dans le pays. Il voit tout cela comme la seule chose qui peut lui rendre sa dignité et sa liberté trop longtemps menacées. Il sait qu’il n’est plus l’homme qu’il a été, celui qui errait à l’intérieur du pays dans le seul but du plaisir. Il regarde désormais la réalité avec beaucoup plus de hargne. Une autre vie naît en lui. Il se demande d’où venait cette énergie qui lui a permis de mener toutes ces luttes durant ces années. Il se souvient aussi des trafiquants de drogue qui pullulaient dans les campagnes du pays, bastonnant les petits paysans à coups de fusils et des camions remplis d’hommes en tenue militaire parcourant les plaines, pourchassant tous ceux qui refusaient de s’enrôler dans la milice. Il avait été témoin d’une époque où le populisme avait remplacé la dictature. »

 

Les éditions Moires, collection Lachésis, février 2021, 127 pages, prix : 15 €, ISBN : 979-10-91998-50-5

 

 

Crédit photo couverture : © Les éditions Moires

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