Plus tard je serai moi - Martin Page
Séléna est en pleine adolescence : elle se cherche un look, pour commencer, et n'a pour le moment aucune idée de ce qu'elle veut faire plus tard dans la vie. Elle est amie avec Vérane, qui est handicapée en fauteuil et dont les parents sont assez exigeants sur les résultats scolaires. Les parents de Séléna lui suggèrent un jour que si elle veut être artiste, aucun problème, ils ne l'en dissuaderont pas, ils l'encourageront même, et ils vont commencer dès à présent, en lui offrant de quoi écrire, dessiner, peindre, modeler, photographier, et même, un piano avec des cours chez un professeur. Mais rien de tout cela ne l'intéresse particulièrement. Ses parents vont pousser très loin leur logique : il est bien connu que les artistes ont rarement eu une enfance heureuse, alors il faut conditionner Séléna à la rudesse de la vie : ils coupent le chauffage, ne mangent plus que du riz et des pommes de terre, … jusqu'à l'extrême. Jusqu'à ce que Séléna finisse par réagir et se prononcer …
C'est un petit roman très court (72 pages à peine) qui m'a laissée sur ma faim, car j'attendais je crois d'en savoir plus sur les motivations des parents et leur comédie déjantée. Mais non, c'est juste une histoire pour grandir, sur l'affirmation de soi, sa capacité à décider soi-même de sa vie, à affirmer ses choix, une réflexion sur l'éducation donnée par les parents, leur capacité à écouter ou leur ténacité à imposer leur propre volonté.
Sympathique, étonnant (car à contre-courant), mais j'en aurais aimé davantage pour apprécier ce roman à sa juste valeur.
Rouergue, coll. DoAdo, mars 2013, 72 pages, prix : 8,70 €
Etoiles : 
Crédit photo couverture : © Théo Gosselin et éd. du Rouergue.
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Le roman s’ouvre sur un enterrement, le 24 juin 1987. Beatrice raconte…

Regardez son gros ventre dodu et son air étonné sur la couverture : ben qu’est-ce qui ne va pas, loup ?



Béatrice est auxiliaire de puériculture dans une maternité. Elle livre son regard sur ce premier rapport à la maternité, ce lien mère-enfant qui se noue dans l’intimité des chambres, et sur la réalité que renferment ces pièces. C’est parfois violent, mais toujours juste. « Chambre 2 », c’est une histoire terrible, celle d’une mère devenue folle parce qu’elle a perdu à la naissance une des jumelles qu’elle portait. Cette chambre 2 ouvre et clôt le roman, et permet à la narratrice de se révéler à elle-même. En parallèle de ces histoires de vie et de mort (oui il y a des morts en maternité, beaucoup plus qu’on ne l’imagine), Béatrice narre son parcours de danseuse nue au Cabaret de l’amour, un spectacle monté avec son compagnon Gabor, leur ami Paolo, et les deux Pierre, amants dans la vie et travestis à la scène. Vie de bohème et naissances singulières de ses enfants, récit du corps qui s’impose à travers la danse (et la naissance), quelque chose de profond s’entremêle dans ces parcours successifs d’artiste et de puéricultrice après un nouveau drame de la vie.
Jill, 16 ans, est une adolescente comme les autres à la différence près qu’elle est aveugle depuis l’enfance, suite à une grave maladie. Mais elle entend bien vivre comme les autres et va jusqu’à tenter des expériences dangereuses pour se convaincre qu’elle peut y arriver, comme la scène d’ouverture où elle se rend au lycée en prenant le métro sans sa canne blanche. Un brin obstinée, elle n’en fait qu’à sa tête pour défendre sa liberté et son autonomie, et se retrouve témoin auditif d’une agression sauvage nocturne dans un parc de Paris. Mais la police appelée sur les lieux ne trouvera aucune trace de victime blessée ni d’agression.


Première phrase :