Les jardins d'Hélène

18 ans, l'âge de ...

28 Octobre 2012, 22:17pm

Publié par Laure

l'âge de quoi déjà ? raison, sagesse, droit de vote, permis de conduire, envol, carnet de chèques et découvert, beuveries, prépa, colles (les oraux bi-hedmodadaires des taupins), et potacheries quand ils vont piquer les portes des douches du dortoir du dessus ?

 

18 ans déjà...

 

Des tartelettes aux Speculoos

 

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Une blague de sa petite soeur Mosquito : le gâteau de ses 3 ans ? On voit qu'on a perdu la main, il a la patte cassée ce pauvr'ours

 

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Et comme il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait (mais qu'il savait ce qu'il ne voulait pas, à savoir un ordi portable ou une tablette, ç'eût été trop facile), on a improvisé :

 

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le roman de Yannick Grannec, la déesse des petites victoires, chez Anne Carrière. ça lui apprendra à me causer de Gödel tout le temps

le grand paquet rouge contient de quoi affronter les couloirs venteux de l'internat : pull en cachemire (je connais ses goûts de luxe ), un autre pull de chez Mise au Green (je ne suis pas strasbourgeoise pour rien et on adore leurs vaches), une belle ceinture, etc.

des (bons) chocolats parce que j'ai découvert une boutique magique récemment, plaisir des yeux et du palais !

des trucs pour s'amuser : des sous (des vrais au milieu de plein de faux et autres moins bons chocolats, que lui pique Mosquito)

 

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Publique ou privée : quelle école pour nos enfants ? - Bruno Poucet et al.

25 Octobre 2012, 07:54am

Publié par Laure

 

Médiateur : Bruno Poucet

Contradicteurs : Gérard Aschieri (FSU), Patrick Roux (FNEP)

 

Egalité des chances ou liberté de choix ?

 

publique-ou-privee-quelle-ecole.jpgJe mesure combien il est difficile de parler d'un ouvrage documentaire (sans en recopier la moitié) alors que je l'ai pourtant trouvé bien conçu et intéressant. Lu dans le cadre de l'opération la Voie des Indés proposée par Libfly, j'avais pris le soin de choisir un thème qui m'intéressait vraiment. Vivant dans l'ouest de la France où l'enseignement privé est particulièrement répandu (c'est bien simple dans mon petit village de 2000 habitants, nous avons tout en double : deux maternelles, deux primaires et deux collèges avec à chaque fois le choix privé ou public. Choix qui va de pair avec des querelles de parents aussi passionnées que virulentes, chacun expliquant son choix avec bien souvent des arguments de mauvaise foi. Cela va même parfois jusqu'à des gens qui ne se côtoient pas dans la rue, persuadés que l'autre est dans l'erreur !), je suis parfois prise à parti, travaillant régulièrement avec les deux types d'établissement.

 

L'intérêt de ce petit ouvrage est de dépassionner le débat, et de confronter deux contradicteurs spécialistes du sujet, tout en rappelant quelques notions historiques et chiffrées.

Le modérateur introduit notamment le sujet par un rappel historique et législatif. On trouvera aussi une bibliographie pour aller plus loin.

Les deux contradicteurs ne m'ont pas convaincue de la même manière, les arguments de Gérard Aschieri (FSU) sont clairs et bien étayés : est-il normal que l'Etat finance à près de 80 % un enseignement privé alors que ce dernier n'a pas les mêmes obligations, notamment en matière d'égalité sociale ? L'entre-soi et le communautarisme qui ne vont pas dans le sens de la réussite contrairement à ce que l'on pourrait croire, la concurrence privé-public souvent véhiculée par un bouche à oreille fondé sur de mauvais critères sont bien expliquées. En face, Patrick Roux, défenseur de l'enseignement privé indépendant (c'est-à-dire hors contrat, faiblement représenté et touchant essentiellement le supérieur) m'a semblé user d'arguments parfois clichés et peu démontrables (comment peut-on éduquer des enfants dans le public alors qu'on a affaire à des profs peu impliqués qui ne sont là que pour la sécurité de l'emploi et les vacances, alors que dans le privé la menace d'être viré – tant pour les élèves que pour les profs - accroitraient la motivation), et se situer sur un domaine difficilement comparable (celui de la formation professionnelle privée).

Les annexes chiffrées et les repères chronologiques en fin d'ouvrage sont intéressants à rappeler.


Une collection à surveiller, qui propose d'autres titres (nos retraites : répartition ou capitalisation ?, les réseaux sociaux sont-ils nos amis ?, agriculture biologique, espoir ou chimère ?, faut-il renoncer au nucléaire ? - ces deux derniers annoncés pour février 2013) où l'abondance d'informations peut nécessiter parfois de revenir à des documents synthétiques et surtout, objectifs.

 

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éd. Le Muscadier, collection le choc des idées, juin 2012, prix : 9,90 €

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Crédit photo couverture : © Espelette et éd . Le Muscadier

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Le vase où meurt cette verveine - Frédérique Martin

24 Octobre 2012, 06:37am

Publié par Laure

 

le-vase-ou-meurt-cette-verveine.jpgJoseph et Zika ont 77 ans chacun ou presque, et 56 ans de mariage. Ils s'aiment comme au premier jour, malgré les difficultés de la vie. Gens de peu, ils ne peuvent faire face quand la maladie vient frapper Zika, et sont contraints de laisser leurs enfants prendre les choses en main. Faute de place et par commodité, Zika sera hébergée par sa fille Isabelle, dans son minuscule appartement parisien, qui a l'avantage d'être proche d'un hôpital et de médecins spécialistes qui pourront soigner son cœur ; Joseph lui rejoindra son fils Gauthier et sa belle-fille, ainsi que leurs enfants dans le sud-ouest. C'est leur première séparation, qu'ils espèrent brève. Ils s'écrivent de tendres lettres, belle correspondance à l'ancienne où ils se disent tout leur amour, mais aussi leur rage d'être séparés, et ils observent peu à peu les failles de leurs enfants.

Quels propos justes et touchants dans cette correspondance ! J'y aurais bien vu mes grands-parents, et j'ai souvent été émue (chut, j'ai parfois pleuré comme une madeleine). Pourtant, j'ai eu énormément de mal à adhérer à ce postulat de départ, sur lequel tient le roman : la séparation. Qu'importe qu'ils soient un ou deux dans une chambre qui contient un lit double, ça ne tient pas tout cela ! Mais il faut continuer sa lecture, pour voir le roman prendre des tournures totalement inattendues, un revers glaçant qui vient figer le lecteur, et une fois les personnalités des enfants approfondies, la relation frère-soeur, réaliser que tout se tient, et que c'est d'une perversité et d'une violence inouïe.

Ce roman offre de nombreuses pistes de réflexion, sur la vieillesse, la perte d'autonomie, la connaissance que l'on croit avoir de ses enfants, sur l'amour maternel et le rapport mère-fille, la famille recomposée à travers l'histoire de Gauthier, le fils (plus attendu, un indice laissant deviner assez tôt le ressort, mais offrant néanmoins de très beaux passages sur le lien qui unit une belle-fille et son beau-père), réflexions sur le rapport grands-parents / petits-enfants, notamment quand l'un n'est pas du même sang, et j'en oublie sans doute.

Un très beau roman épistolaire qui, s'il commence comme une belle histoire d'amour douce et surannée, prend au fil du temps qui s'égrène (les saisons rythment la correspondance du couple) une tournure dérangeante et saisissante. Il faut tourner la dernière page pour réaliser combien la construction était habile. Le lecteur n'en sort pas indemne, et c'est tant mieux.

 

 

Belfond, août 2012, 220 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : © éd. Belfond

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Maxi quiz junior – Cécile Jugla (texte) et nombreux illustrateurs

23 Octobre 2012, 18:12pm

Publié par Laure

 

maxi-quiz-junior.jpgVoici un livre-jeu fort sympathique quand on a un voyage en train à faire avec des enfants, ou comme cela sans raison à la maison, juste pour s'amuser – et apprendre plein de choses au passage !


Il existait déjà une version à partir de 9 ans, voici celle destinée aux 4-8 ans. 620 questions regroupées par thèmes (les animaux, les plantes, notre corps, le monde, sciences et inventions, l'histoire, et sports et loisirs). Plusieurs doubles pages par thème, chacune comportant 2 niveaux : la page de gauche comprend les questions pour les 4-6 ans, celle de droite pour les 7-8 ans, et sur chaque page, une question adultes, pour mettre les parents à contribution.

Personnellement je ne me suis pas intéressée du tout au côté gadget du jeu (les petits curseurs à faire monter, la roue à tourner), c'est le genre de détail qui pour moi n'apporte rien (et risque de ne pas résister bien longtemps à la manipulation des petites mains), mais pourquoi pas si ça plait aux enfants. (Les différentes règles du jeu possibles sont expliquées en début d'ouvrage.)

Ma fille y a passé des heures, picorant des questions au hasard, au fil des pages et du feuilletage, et on a passé de bons moments ensemble (elle a réussi à me coller sur quelques questions adulte!)

La réponse aux questions apparaît dans une bulle rouge magique, à déchiffrer avec une pastille révélatrice, accrochée à un ruban (bonne idée, sinon ce serait vite perdu!)


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Les illustrations sont toutes très sympas, pleines de petits détails amusants, et la mise en page est bien vue. Bref, un bon investissement ou une bonne idée cadeau.

 

Nathan, octobre 2012, 127 pages, prix : 14,90 €

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Crédit photo couverture : © Nathan

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Bonbek (revue trimestrielle – automne 2012)

19 Octobre 2012, 18:32pm

Publié par Laure

 

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Bonbek est une revue trimestrielle haut de gamme (un peu comme les revues littéraires ou d'infos générales qu'on trouve en librairies pour les parents) qui a le mérite d'être originale et de qualité. Mosquito, ma teste-tout en jeunesse, a été séduite d'emblée.

Le dernier Bonbek sorti, publié par les éditions Mango, a pour thématique les Monstres. Histoire courte sans texte, histoire longue bilingue (texte en français ET en anglais), découpages, coloriages, jeu des différences, pages déco, recettes de cuisine, le tout dans des couleurs vives, des illustrations qui sortent des sentiers battus, c'est bien vu.

 

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Si le contenu mérite le détour, j'ai des doutes néanmoins sur le public cible et le concept un peu « bobo » : 11,90 €, c'est pas donné, même si le papier épais, le format, le contenu sont de qualité (possibilité d'abonnement pour 47,80 € , 4 numéros par an), mais surtout, c'est un peu réservé aux gens de la ville, et de préférence la grande ville : je ne me vois pas expliquer à mes jeunes lecteurs de bibliothèque rurale que ce truc-là s'achète dans les « concept stores », musées, magasins de mode, librairies (quand même) quand déjà ici on peine à trouver à autre chose que la PQR (le journal local, PQR pour presse quotidienne régionale) et que les parents pensent que les livres s'achètent à Super U, la première librairie étant de toute façon à plus de 30 km. Enfin on peut l'acheter sur Internet aussi. Alors oui le « truc » est sympa, mais la diffusion « conceptuelle » en fait un produit de niche, du moins c'est mon avis. (Je sais, les prix élevés en presse jeunesse s' expliquent par l'absence de publicité (on s'interrogera sur les marques citées en page rédactionnelle déco) mais je pense que c'est un frein important pour l'achat d'une revue, même si le prix est justifié qualitativement). Un abonnement peut être une bonne idée cadeau pour votre neveu ou nièce, histoire de montrer qu'il n'y a pas que Dora dans la vie hein

 

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Dans le même esprit mais plus abordable (6 €, mais diffusion sélective idem) un premier hors-série « coloriages », avec de grandes pages qui se déplient, 4 planches thématiques recto-verso avec une multitude de détails, un petit plus façon où est Charlie avec le petit détail à trouver, Mosquito pourtant déjà grande a beaucoup aimé aussi. De quoi occuper les enfants pendant des heures, dans un esprit artistique certain (des illustrateurs variés et audacieux). A suivre, car je suis curieuse sur la pérennité du titre.

 

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Aimer lire : une passion à partager - Emmanuel Pierrat

15 Octobre 2012, 07:49am

Publié par Laure

 

aimer-lire.jpgEt c'est bien ce que fait Emmanuel Pierrat dans ce livre : partager sa passion. Très grand lecteur (il n'aurait besoin que de très peu d'heures de sommeil), Emmanuel Pierrat est multicasquette : avocat spécialiste du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle, romancier, essayiste, spécialiste et auteur de littérature érotique, éditeur, bibliophile, tout cela ne découle-t-il pas de sa passion première : la lecture ?

Découpé en 10 chapitres assez brefs, l'auteur rappelle comment il a grandi en dévorant les ouvrages de la bibliothèque Elsa Triolet de Pantin (très beau chapitre sur les bibliothèques!) , mais il aborde aussi la relecture, la bibliophilie, les librairies, le numérique, le partage de ses lectures (l'importance de l'acte d'offrir un livre), la lecture à voix haute, etc.

Certes on pourra dire qu'un grand lecteur passionné n'apprendrait pas énormément de choses à la lecture de cet ouvrage, mais il est à prendre comme une gourmandise à déguster, en tout cas c'est ainsi que je l'ai savouré. Et comme tout ouvrage sur les livres et la lecture, vous rebondirez inévitablement sur un titre ou un autre, noterez telle idée de lecture ou relecture, c'est un puits sans fond, mais ô combien enrichissant.

 

Editions DuMesnil, mai 2012, 138 pages, prix : 14,50 € 

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Crédit photo couverture : © Fotolia.com et éd. Dumesnil

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L'enfer au collège - Arthur Ténor

14 Octobre 2012, 15:11pm

Publié par Laure

 

enfer-au-colleg.jpgGaspard entre en 6ème dans un nouveau collège, il vit avec sa mère depuis le divorce de ses parents. C'est un élève plutôt solitaire et réservé, il aime les jeux de société classiques, la lecture et les coquillages. Un élève un peu modèle, à l'ancienne (presque trop cliché). D'emblée, il devient la tête de turc d'Anthony, un caïd du collège qui n'a pas du tout les mêmes loisirs, qui ne pense pas à mal, juste à s'amuser.

Le roman décrit le processus de descente aux enfers de Gaspard, victime du harcèlement d'Anthony. La construction du livre fait alterner deux voix, celle d'Anthony, qui répond à l'interrogatoire d'un adulte, dont on ne sait pas au départ qui c'est, est-il dans le bureau d'un policier ?, car on pressent qu'il est mis en cause dans une affaire grave, et celle d'un narrateur externe qui raconte la vie de Gaspard.

Ce roman ne peut laisser indifférent de par son réalisme saisissant, ce n'est plus de l'ordre du probable, on est dans la description d'une réalité tangible, bien qu'elle soit ici fictive, l'émotion et la violence psychologique bousculent le lecteur. Le mécanisme du harcèlement est très bien démonté, et l'on voit Gaspard basculer de la peur à la haine, et on le voit devenir victime deux fois : victime de son harceleur, victime de l'administration et de tous ceux qui ne veulent pas ou ne savent pas voir.

L'issue s'annonce dramatique, et même si tout s'achève dans un happy end, on en a froid dans le dos.

Le réalisme de ce roman est son principal atout, et l'on ne peut que souhaiter que ce livre soit lu par tous les collégiens, leurs parents, leurs enseignants, et soit le point de départ d'un débat.

Quelques points toutefois m'ont gênée. L'auteur parle des élèves de 12 ans en 6ème : beaucoup n'en ont encore que 10, le plus souvent 11. De mêmes les propos, les actes, les réflexions me semblent plus appropriés à des élèves de 4ème-3ème qu'à des élèves de 6ème. Si je comprends la volonté de prévenir le plus tôt possible, je trouve le décalage important. De même conseiller ce roman à partir de 9 ans comme le fait l'éditeur sur la 4ème de couv me semble un peu jeune, il est quand même psychologiquement très violent. Je le conseillerais davantage à des élèves de 6ème (11 ans donc) et au-delà, même si l'on sait bien que chaque enfant est différent et que certains seront capables de le lire plus jeunes.

 

L'auteur fait suivre son texte du témoignage d'une mère dont l'enfant a vécu les mêmes brimades que Gaspard, et comment elle n'a pas vu, au départ le mal-être de son fils. Un récit aussi frappant et dramatique que le roman.

 

Milan jeunesse, coll. Milan poche Junior Tranche de Vie n° 157, septembre 2012, 85 pages, prix : 5,50 €

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Crédit photo couverture : ©Olivier Latyk et éd. Milan

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C'est qui Catherine Deneuve ? - Dominique Resch

9 Octobre 2012, 14:01pm

Publié par Laure

c-est-qui-catherine-deneuve.jpgGrande déception pour moi à la lecture de ce livre que je voyais encensé un peu partout comme un bon titre de la rentrée littéraire. Recueil de chroniques (et non roman comme je l’avais à tort compris) d’un professeur de français et histoire-géo dans un lycée professionnel des quartiers nord de Marseille, l’auteur essaie de montrer avec humour que si enseigner n’est pas toujours simple, ces élèves-là sont aussi attachants, curieux et méritent qu’on leur accorde attention et énergie (mais en douterait-on d’ailleurs ?)

J’ai été gênée par un petit côté donneur de leçons, « voyez comme je fais moi et comme ça marche », alors que j’imagine que ce n’était pas l’objectif premier de l’auteur. Plus que sur les élèves, j’ai trouvé que le récit se recentrait systématiquement et un peu trop sur le professeur. Sans compter de longues et ennuyeuses digressions (j’ai fini par sauter des paragraphes), notamment sur le GPS, sans intérêt aucun. Quelques rappels à un ouvrage précédent (Mots de tête, 2011, même éditeur) qui j’imagine était de la même veine, et l’on pourrait penser sans peine que ces « perles » de métier continueront de se multiplier. Hormis une logique temporelle (1ère chronique en début d’année, dernière en fin d’année), je n’ai pas trouvé de fil non plus entre les textes, sinon le retour – toujours -  sur le professeur.

Le seul passage que j’aie vraiment trouvé pertinent est celui sur le parallèle entre ce que l’on attend des élèves et les débordements de ceux qui nous gouvernent : comment rester crédible ? des réactions intéressantes de la part de ses élèves !

Un récit très personnel, un peu trop bavard en détails hors sujet, qui n’a pas réussi à me séduire.

 

p. 142 « Il ne me reste plus qu’une solution pour sauver le monde envahi par la bêtise : devenir Zorro pour massacrer les imbéciles.

Prof, quoi. »

 

Hum.

 

Merci à Solenn qui en a fait un livre voyageur.

 

Autrement Littératures – août 2012 – 184 pages – prix : 15 €

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Crédit photo couverture : © Flore-Aël Surun / tendance floue / éd. Autrement.

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Version originale ! - Fabienne Betting

7 Octobre 2012, 17:16pm

Publié par Laure

 

version-originale.jpgThomas, vingt-cinq ans, est serveur chez MacDo, heureusement que sa compagne Sandrine est patiente et assure le gite et le couvert. Alors qu'il daigne enfin se bouger pour trouver un job plus stable, il tombe sur cette petite annonce du journal 20 Minutes : « Recherche traducteur pour le mesmène vers le français. Rémunération très bien. » Le mesmène, cette langue balte qu'il a apprise à la fac, plus pour le beau sourire et les jambes parfaites de sa prof que pour la langue elle-même... Et s'il tentait sa chance ? C'est plutôt bien payé, les délais sont un peu courts, mais il se lance... et le moins qu'on puisse dire, c'est que comme traducteur, Thomas est plutôt... imaginatif ! Le bon plan va se révéler assez vite foireux, d'autant qu'il va entrer malgré lui dans la lumière car la Mesménie, ce minuscule pays méconnu fait soudain l'actualité, des terres rares (ou plutôt des minerais rares) y ont été découvertes, et voilà qui agite toute l'Europe. L'aventure n'est pas près de s'achever !

 

D'emblée le ton est donné, c'est vif, frais, léger, et drôle ! Et vraiment original. Les pages sur la traduction en cours et les libertés prises par Thomas sont délirants, voyez plutôt :

« [Encore une scène de sexe complètement indécente alors je la remplace par des considérations géopolitiques sur la Mesménie. J'estime que c'est mon devoir d'écrivain.] »

La scène de l'enregistrement au Masque et la Plume est très réaliste, c'est savoureux ! Les rebondissements, les déceptions amoureuses, le voyage avec les vieilles, …, l'auteur ne manque pas d'imagination et sait garder son ton enjoué du début à la fin.

 

Je suis d'ordinaire très sceptique face à l'autoédition qui déborde le plus souvent de textes mal écrits, sans intérêt et bourrés de fautes, rien de tout cela ici : l'auteur sait construire une histoire, sait écrire (il reste une demi douzaine de coquilles mais qui sont des fautes de frappe, lettres inversées ou qui manquent – mais pas de doute, elle maîtrise très bien syntaxe et orthographe), et propose avec Version originale ! un texte tout à fait original ! Quelques maladresses encore peut-être (et je ne commenterai pas les clichés à l'emporte-pièce sur le concours d'assistant territorial de conservation du patrimoine et des bibliothèques qui n'a rien à voir avec la réalité - pas de bol, c'est mon métier), quelques réflexions - parfois faciles et attendues venant de l'auto-édition - sur les notions de best-sellers mais justes aussi sur la fabrication du succès (le récit le démontre bien !) néanmoins Fabienne Betting mérite vraiment d'être encouragée à poursuivre.

 

Je ne peux que lui suggérer aussi de proposer son ebook en format ouvert epub (il ne l'est qu'en format Kindle pour Amazon), elle gagnerait ainsi une ouverture de son lectorat, j'ai déjà expliqué maintes fois mon refus des formats propriétaires fermés comme l'est celui d'Amazon. (L'auteur m'a proposé son ouvrage en PDF que j'ai converti sans problème en epub pour le lire sur une liseuse Sony, mais à ma connaissance il n'est pas à la vente en epub).

 

Lire le premier chapitre : ici 

 

Auto-édition numérique format Kindle en vente sur Amazon, 137 pages,  prix : 4,37 €

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Crédit photo couverture : © Fabienne Betting (ou certainement son frère Pascal !)

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Barbe bleue - Amélie Nothomb

4 Octobre 2012, 19:03pm

Publié par Laure

barbe-bleue.jpgLe cru 2012 d’Amélie Nothomb serait-il sponsorisé par le groupement des grandes marques de vins de Champagne ? En tout cas, avec autant de name dropping au décimètre carré imprimé, on finit par s’en agacer. Il démarrait bien pourtant, ce conte de Barbe Bleue revisité avec une Saturnine locataire aussi sûre d’elle-même qu’intelligente et cultivée. Les dialogues avec son logeur Don Elemirio Nibal y Milcar, alliant les plaisirs gustatifs au répondant et à la provocation oratoire, j’y ai goûté bien volontiers. Dommage que le dernier tiers bascule un peu trop dans le grand n’importe quoi, même si l’ensemble se tient dans un triomphe intellectuel qui ne finit par plaire qu’aux héros eux-mêmes, laissons Saturnine et Don Elemirio à leur délire, et le lecteur passer à autre chose.

Meilleur que les années précédentes, sans jamais rattraper les splendeurs des débuts.

 

Albin Michel, août 2012, 169 pages, prix : 16,50 €

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Crédit photo couverture : © Pablo Zamora / S Moda éd Conelpa  / et éd. Albin Michel

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