Les jardins d'Hélène

perles de vie

20 ans

17 Février 2026, 08:06am

Publié par Laure

17 février 2006 – 17 février 2026

Ce blog a aujourd’hui 20 ans, ce qui en âge d’internet, en vaut bien une éternité.

 

Image générée par l'IA, vous ne croyez quand même pas que j'allais acheter des cupcakes et des tulipes en plastique :-D

 

Il est un peu à l’abandon depuis quelques années, les échanges entre lecteurs passionnés ont disparu, mon temps consacré aux billets est devenu peau de chagrin.

Il y a 20 ans nous étions une poignée, et nous avions fini par bien nous connaître, sans même nous rencontrer. Nous étions libres de nos écrits et nous étions enthousiastes et sincères.

Ces dix dernières années, j’ai souvent été interrogée, en tant que bibliothécaire, par des étudiant.e.s en métiers du livre qui avaient choisi pour sujet de mémoire la prescription littéraire sur les réseaux.

J’ai toujours ces mêmes réponses critiques qui les surprennent. (Ceux qui m’interrogent aujourd’hui sont plus jeunes que mes propres enfants, et n’ont rien connu des blogs littéraires, un truc de boomer à leurs yeux).

Les sites participatifs se font de l’argent sur le dos de leurs lecteurs rédacteurs, si par exemple nous souhaitons enrichir nos catalogues de bibliothèques publiques des avis de tel grand site, ledit site nous facture (cher) son service, pour diffuser sur la requête d’un titre ces critiques que vous lecteurs y mettez gratuitement.

A titre personnel, je consomme beaucoup de contenu littéraire sur Instagram et YouTube. Enfin je consommais, car aujourd’hui je m’en détache, et aux lecteurs lambdas je préfère quelques auteurs, ou quelques rares comptes audacieux.

Les influenceurs littéraires sont des outils marketing qui montrent bien plus qu’ils ne présentent. Combien de bookhauls, de mises en scène, d’annonces de futures sorties, pour combien de retours de lecture riches et intéressants parce qu’argumentés ?

Quel intérêt ai-je à regarder quelqu’un me déballer les colis du jour, me montrer des couvertures, et pire, me lire des quatrièmes de couverture ? Ne faites-vous même plus l’effort de la lire avant pour me la résumer en 2 phrases à votre manière ? ça demande trop d’effort ? Quel intérêt – et quel ennui ! – que cette lecture en direct et à voix haute d’une 4e de couv forcément commerciale, quand je peux en quelques minutes la découvrir dans n’importe quelle librairie, en ville ou sur le net ?

Ce qui semble toujours surprendre ces étudiants des métiers du livre biberonnés aux réseaux sociaux, c’est que je conclus toujours que ces « influenceurs » n’influencent en rien mes achats en tant que professionnelle. A la quantité je préfère la qualité, j’en reviens toujours aux vraies critiques littéraires dans la presse, qu’elle soit professionnelle (Livres Hebdo, Page des Libraires, Kibookin, Lecture Jeune, etc.) ou non (Le Monde, Télérama, etc.). Sans oublier la radio. (Je pourrais citer la télé mais je ne l’allume jamais).

Quant aux sorties, tous les éditeurs sont sur le web aujourd’hui, et les libraires font bien leur job, ce ne sont pas les influenceurs qui m’informent d’une parution.

J’ai découvert en ce début d’année une blogueuse vraiment intéressante, tant ses chroniques sont nourries, argumentées, intelligentes. Elle a d’ailleurs écrit d’excellents billets sur ce que sont les réseaux sociaux du livre aujourd’hui.

Je ne peux que vous rediriger vers elle : Aude bouquine, blog littéraire. Et elle assume – et mérite amplement – le complément de « blog littéraire ». Elle ne vous vend pas le montage photo d’un bouquin perdu entre des fleurs en plastique made in China et des tasses fleuries achetées pour l’occasion, mais elle vous parle de de ses lectures. Vraiment. Et si elle annonce des sorties littéraires, elle a changé son prisme. Tout comme elle se réinterroge dans son bilan annuel de lectures.

Je vous invite à lire ces trois billets :

Quant au bilan annuel de lectures, vous aurez remarqué (ou pas) que je n’en ai pas fait cette année.

Quel sens cela a-t-il encore de vous dire que j’ai lu tant de livres ? Le seul détail qui me distinguait des autres, et seul Laurent (In cold blog pour les anciens, the autist reading ensuite, qui semble avoir basculé tous ses comptes en privé) l’avait remarqué et l’attendait, c’est le prix de mes lectures.

Si j’avais acheté les 99 romans et BD que j’ai lus en 2025, j’aurais dépensé 1816,69 €.

Mais parce que je fréquente les bibliothèques et achète finalement assez peu à titre personnel autrement que pour des cadeaux, je n’ai dépensé pour mes lectures que 86,90 €.

Je ne reçois pas de services de presse, mais j’ai accès aux plateformes professionnelles d’épreuves. Elles ne me sont finalement que peu utiles, car je n’éprouve pas de plaisir particulier à lire en avant-première, et je lutte de plus en plus contre la péremption d’un roman 3 semaines après sa sortie. Oui, 3 semaines, c’est souvent sa durée de vie en librairie, s’il ne décolle pas immédiatement, il sera dans les retours, les cartons de nouveautés arrivant tous les jours. En bibliothèque, nous sommes moins soumis à cette pression, et encore, les lecteurs savent bien nous la mettre, quand ils nous réclament leur Mélissa da Costa ou leur Michel Bussi le jour de leur sortie. Ça, ce n’est pas notre boulot. Bien sûr que nous les achèterons, mais nous ne sommes pas des librairies gratuites. Lisez nos chartes des collections et nos politiques documentaires, et la loi Robert. Pas de pression, ni politique, ni idéologique, ni commerciale. Si vous êtes impatients, allez voir les libraires, ils ont besoin de vous.

Alors oui j’ai lu en 2025, à peu près comme d’habitude, peut-être un peu moins, quelle importance, et 2026 commence loin de la lecture, pour toutes sortes de raisons, le travail ayant trop envahi ma vie ces derniers mois.

J’aimerais revenir au blog, aux lectures choisies indépendamment de leur actualité, retrouver un échange simple et sincère avec les lecteurs du web.

En 2025, j’ai découvert, grâce à ma libraire, Madeline Roth, que je ne connaissais qu’en littérature ados, et que j’ai savouré en littérature générale. Je la suis depuis sur Instagram. Elle y parle de ses lectures et de cinéma comme j’aime à la lire, et ses romans me parlent plus que de raison.

Je suis restée fidèle aussi à Alice Ferney, à Blondel et Jérôme Attal, (curieusement je ne les ai pas chroniqués), et pour les autres, il ne m’en reste pas grand-chose.

Consommer moins pour consommer mieux ?

 

En 2025, j’ai aimé, j’ai souffert, j’ai pleuré

J’ai rêvé, j’ai fait des cauchemars

J’ai lu, j’ai écrit (ailleurs qu’ici), j’ai rêvé

J’ai hésité, je n’ai pas osé, j’ai regretté.

J’ai mis des roses sur des cercueils, j’ai pleuré (Estelle, 52 ans ;  Georges, 65 ans)

J’ai pris un mois de vacances, ça ne m’était jamais arrivé, je n’ai pas bougé

J’ai passé 48h à Belle-Ile en mer, un peu plus à Karlsruhe, et des poignées d’heures à Paris.

Je me suis adaptée à tout, toujours, tous les jours, avec fatigue et rage parfois.

J’ai hésité encore, je n’ai pas regretté.

J’ai tenu un nouveau-né dans mes bras,

Je suis devenue grand-mère,

J’ai pleuré, de joie et d’amour.

 

En 2006, à la création de ce blog qui prenait le relais de mes notes sur Zazieweb et Critiques Libres, Mosquito, ma petite dernière, fêtait ses 5 ans. Dimanche, dans quelques jours, Constance de son vrai prénom, fêtera ses 25 ans.

En 2026, j’aimerais retrouver la littérature, le choix de mes lectures, m’éloigner du travail et me protéger de sa toxicité, revenir au cinéma, dormir, écrire, prendre soin – d’abord – de moi.

Belles lectures, ici ou ailleurs, bande de lecteurs 😊

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Une très belle année 2025 à tous !

1 Janvier 2025, 16:19pm

Publié par Laure

Qu'elle vous soit la plus douce possible et riche de ce que vous souhaitez 🤗

Mon bilan lectures 2024 arrivera bientôt, (peut-être, je pars d'abord quelques jours en vacances, dans le froid de l'autre côté de la frontière 😉)
Un aperçu en images sur insta ou facebook en attendant !

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La nouvelle Aure

18 Avril 2024, 18:06pm

Publié par Laure

Il a 4 ans et son petit rituel quand il vient à la médiathèque avec sa maman.

Il vient chercher le chat cale-porte dans mon bureau, l'emporte avec lui sur le petit canapé de l'espace jeunesse, lui fait des câlins et lui raconte des histoires, et il vient le remettre à sa place contre la porte ouverte de mon bureau avant de me dire au revoir.

Mardi, il montre un album à sa maman, "c'est lui que la nouvelle Aure elle nous a lu" 

Je m'appelle Laure. Depuis quelques semaines j'ai une nouvelle collègue qui s'appelle Aurore. Laure et Aurore, Aurore et Laure, c'est facile, ça rime. C'est tellement facile que parfois les bénévoles s'embrouillent et nous appellent Laurore. 

Mais cet album là, c'est la nouvelle Laure qui l'a lu en accueil de classe, Aurore est la nouvellaure. 

Elle était absente quand ce petit bonhomme a emprunté ce/son livre, mais moi j'ai fondu. 🧡

On fait un beau métier. Gardons-en les beaux moments !

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15 ans et quelques pages ....

12 Mars 2021, 15:47pm

Publié par Laure

Louis Wiart, Presses de l'Enssib, 2017

 

Le 17 février 2006, je commençais ce blog, après quelques années de billets partagés sur des sites participatifs type feu Zazieweb. Mon fils aîné avait alors 11 ans et demi, et ma petite dernière 5 ans.  

Le 17 février 2021, ce blog a donc fêté ses 15 ans, tout seul dans l’oubli le plus total car en février 2021, j’étais un peu ailleurs… j’ai marié mon fils ainé (en jauge covid-19), j’ai assisté en visio (#Covid-19 toujours) à sa thèse une semaine plus tard,  je l’ai serré dans mes bras (tant pis pour le # Covid-19) une dernière fois dans les derniers jours du mois avant son départ professionnel pour Boston, Massachusetts, USA ; les frontières s’ouvrent sur dérogation pour quelques-uns (#Covid-19 toujours et encore). En même temps, on a fêté les 20 ans de sa petite sœur. Celle qui avait 5 ans au début du blog, vous suivez ? Les bougies n’étaient pas sur le gâteau, « c’est pas très Covid » étant devenu le gimmick de 2020-2021.  

Bon vent les gens ! Ici plus que jamais on lit, mes grands et moi. 📚 C'est une belle liberté.

 

 

15 ans et quelques pages ....15 ans et quelques pages ....
15 ans et quelques pages ....15 ans et quelques pages ....

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Un regard sur 2020...

1 Janvier 2021, 13:59pm

Publié par Laure

Photo Anne Nygard / Unsplash.com (libre de droits)

Une année particulière, comme on le lit partout, qui nous rappelle combien tout peut toujours basculer. J'ai eu la chance de toujours continuer à travailler, ce qui m'a sans doute sauvée, mentalement du moins...

Je suis passée entre les gouttes du virus jusqu'à présent, et n'ai pas connu de proches atteints. Chance encore.

J'ai lu cette année un peu plus que les précédentes. Beaucoup de livres mais les BD gonflent artificiellement le nombre, elles se lisent plus vite qu'un roman.

Au tableau de 2020 donc, 152 livres lus, qui ont représenté un total de 31661 pages (la bibliothécaire relève le nombre indiqué sur la dernière page numérotée, quel que soit le nombre de pages après) et qui m'auraient couté 2554,31 € si je les avais achetés. Mais cette année encore, j'ai fréquenté assidûment les bibliothèques.

 

Pour ceux qui aiment le détail, j'ai donc lu :

- 38 BD adultes

- 22 romans français ou francophones

- 22 romans pour ados

- 19 essais ou non-fiction

- 14 romans étrangers

- 12 BD jeunesse

- 9 romans jeunesse

- 7 mangas pour ados

- 5 romans policiers

- 3 BD pour ados

- 1 seul recueil de nouvelles

- et je n'ai pas compté les (nombreux) albums jeunesse, lus le plus souvent pour le travail.

 

Je n'ai mis 5 étoiles qu'à 9 de ces 152 titres :

Liens vers mes billets sur ces titres :

- Il est des hommes qui se perdront toujours, de Rebecca Lighieri

- Une photo de vacances, de Jo Witek

- Coltan Song, Collectif Black bone t.1 (Causse/Urien/Mazas/Jean-Préau)

- Une histoire de France, de Joffrine Donnadieu

- Peau d'homme, de Hubert et Zanzim

 

J'ai beaucoup aimé également (4,5 étoiles) les romans suivants, par ordre chronologique de lecture :

- Marche blanche, de Claire Castillon

- Sauf que cétaient des enfants, de Gabrielle Tuloup

- La tentation, de Luc Lang

- Rivage de la colère, de Caroline Laurent

- Une cosmologie de monstres, de Shaun Hamill

- La deuxième femme, de Louise Mey

- Mothercloud, de Rob Hart

 

Eh oui je n'ai au final que peu chroniqué mes lectures, 57% seulement ont été suivies d'un billet, pour les oubliées du traitement de texte, c'est juste une question de paresse. La lecture et son univers ne doivent jamais devenir contraintes.📑

 

 

 

Et l'année s'est achevée dans la douceur, avec l'annonce d'un mariage dans 6 semaines (plus que 5 à présent), comment trouve-t-on une robe en si peu de temps pour marier son enfant ?😉

 

 

 

 

 

 

à tous, qui passez ici, une bonne et heureuse année 2021 !

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13 ans et des poussières de pages...

25 Février 2019, 17:51pm

Publié par Laure

Il y a 13 ans et quelques jours, je commençais ce blog, après des années d'échanges sur Zazieweb et Critiques Libres...

 

Souvenez-vous, Mosquito avait 5 ans...

 

Elle vient de fêter ses 18 ans. Voilà mes trois enfants majeurs à présent !

 

 

 

Quant à ce blog, je le maintiens en (sur)vie, mais je ne m'y retrouve plus vraiment. Je comprends toutes celles qui ont arrêté ces dernières années.

 

Le billet le plus lu, celui qui explose les stats depuis toujours, c'est celui sur le roman de Xavier-Laurent Petit, Be safe. Il date du 11 juin 2009, mais chaque jour, il est consulté par des dizaines de collégiens (j'imagine) qui cherchent la réponse à leur devoir, et ça explose en fin de vacances scolaires. On trouve ensuite d'autres romans ados, pour les mêmes raisons.

 

Dans le temps, comme disent les vieux dont je suis, on lisait des livres pas encore vus partout, on s'enthousiasmait, on partageait, on avait un appétit sans fin, sans autre objectif que la passion conductrice.

 

Aujourd'hui, il faut gérer l'obésité. Celle de la production, celle des réseaux sociaux, du trop et plus vite tout le temps. Inutile de parler d'un livre un mois après sa sortie, il est déjà dans les cartons de retour du libraire.

 

"Dans le temps", quand un éditeur ou un auteur vous envoyait un message, c'est qu'il était sincèrement ravi de découvrir au hasard du net que son livre ait pu vous plaire. Ou il tentait alors de le défendre si vous aviez eu la dent dure. Et le débat devenait riche, souvent.

 

Aujourd'hui, peu importe que vous le lisiez (faites-le si vous voulez mais c'est une option qui compte peu), on vous demande surtout de le mettre en photo sur Insta, avec le p'tit thé et la fleurette qui vont bien. Les bibliothécaires à chat et à lunettes glisseront le livre entre les pattes de Félix et les binocles bien posées à côté.

 

On vous demandera juste les chiffres. Le nombre d'abonnés, de vues, et une photo pas trop moche. C'est tout ce qu'on attend de vous : montrer le produit. Dans une société de l'image où il faut aller vite.

Le livre est un produit comme un autre.

 

 

Je caricature un peu.

A peine.

 

 

Ce n'est pas moi, je ne m'y retrouve pas.

Je retourne à la vie, celle qui me ressemble, que je fais mienne.

 

bisous les gens. heart heart

 

 

 

 

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Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)

1 Janvier 2017, 14:16pm

Publié par Laure

 

Dans les familles décomposées, Noël et Nouvel An n'ont pas toujours lieu aux fatidiques dates imposées par la société de (sur)consommation et feue la religion, une année sur deux, en mère de famille divorcée et célibataire, je suis seule soit à Noël soit à Nouvel An.

 

Et vous savez quoi ? Ce n'est pas un drame. Je ne suis pas malade (ou alors juste un petit virus hivernal pénible mais pas grave), j'ai un toit sur la tête, et des enfants qui auront plaisir à venir fêter Noël tous ensemble avec leur (pas encore trop vieille) mère. Que demander de plus ?

 

Noël, chez nous, ce fut donc le 28 décembre. Le 24, j'avais invité des amis pour une soirée raclette, ce qui m'a permis de passer un agréable réveillon et de paresser tranquille le 25 sans être obligée de faire à manger pour dix, après m'être couchée à 2h30 du matin.

 

Entre temps il y a eu des dizaines de trains en retard, des allers-retours à la gare, et plein d'enfants qui sont revenus (enfin, juste trois), avec des vilains virus de saison et des heures de fièvre.

 

Le 28 donc, nous avons mangé des bonnes choses et échangé des cadeaux, plein de jolis paquets que les enfants grandissants ont fierté à offrir avec leurs propres deniers.

 

Le 30, petite dernière devait passer son code de la route à 18h30 au Mans. A 14h30 elle vient me voir un peu affolée : « maman je ne vois plus du côté droit de mon corps ». Même si j'ai immédiatement pensé urgences ophtalmologiques, un coup au cœur ou au ventre ou je ne sais où m'a juste empêchée de bouger. Je lui ai dit : « Assieds-toi, ferme les yeux, repose-toi, on va voir si ça passe. » Trouver le temps de me reprendre, je ne suis pas en état de conduire, là, tout de suite. Je vais chercher le courrier (sans doute pour rester vivante), il y a une lettre pour sa grande sœur, je la lui monte dans sa chambre et lui décris ce qu'a sa petite sœur. Elle vient lui faire quelques tests et lui examine les pupilles avec l'appli lampe torche de son smartphone et me dit : va aux urgences.

 

Au bout de 20 à 30 minutes, Petite Dernière a retrouvé la vue, et c'est un mal de tête qui a pris le relais. Pendant que nous étions en voiture, sa sœur lui posait des questions par SMS auxquelles elle répondait toujours oui, laissant entendre qu'elle souffrait d'une migraine ophtalmique et augmentant son état de stress. Sur mon portable elle laissait ceci :

dis au médecin : pas d'anomalie des réflexes photomoteurs directs et consensuels, pas de paralysie oculomotrice, juste une héminapsie latérale homonyme droite, bah retiens juste HLH droite.

 

Mouais. Par chance une collègue m'avait expliqué un jour qu'il suffit de se présenter aux consultations d'ophtalmo à l'hôpital ; il y a toujours un service d'urgence plus rapide et forcément plus direct que les urgences générales, le délai de rendez-vous normal chez un opthalmo étant chez nous de 1 an, ça peut être utile.

 

L’infirmière m'écoute, me dit qu'il y a beaucoup de monde mais que ma fille sera vue, que je dois aller faire les papiers en bas. Je laisse Petite Dernière sur une chaise, descends faire les papiers et remonte le tout à l'infirmière en demandant si elle n'aurait pas un Doliprane pour son mal de tête. Elle me dit que seul le médecin peut le lui prescrire, courage.

 

Je ne sais pas pourquoi je lui parle du code de la route, qui est désormais dans 2h30, je ne sais pas si elle sera en état de le passer (elle y tient!) mais ça semble mort côté attente, et si elle n'est pas en mesure de le passer, l'hôpital peut-il me faire un papier attestant notre présence, pour qu'éventuellement je n'aie pas à repayer le deuxième passage. L'infirmière me dit qu'il y aura sûrement des examens complémentaires au vu des symptômes, mais bien sûr pour le papier, aucun souci.

 

Je lui parle de la HLH droite évoquée par la grande sœur, elle me répond : « une quoi ? » Non rien, étudiante, 3ème année, rien. Elle ricane gentiment et je me dis que j'ai été stupide, ça doit être super relou les patients qui croient tout savoir. Je dis à Grande Sœur que l'infirmière ne connaît pas la HLH. « Et bien maintenant tu sais ce que je vis au quotidien à l'hôpital ». Les infirmières ont la plupart beaucoup de mépris pour les externes et étudiants de 3ème année assimilés, ce ne sont quand même pas des jeunes blancs-becs pétris de théorie qui vont jouer les docteurs face à leur expérience de plusieurs lustres. Mais personne ne remet en cause la pratique et expérience des infirmières, mais les externes et étudiants de 3ème année assimilés ne disent pas forcément que des conneries ?!

 

L'infirmière entre dans un bureau marqué « interne », j'entends à travers la porte, « code de la route, première fois ». Elle ressort, nous appelle pour donner un Doliprane à Petite Dernière en précisant qu'elle a l'accord de l'interne, et nous dirige en salle d'attente. Pleine à craquer, de gens qui râlent d'être là depuis des heures, retards dans les rdv de consultations ; baladés par des examens divers à différents étages, les urgences qui s'ajoutent, etc. Le ton monte, on reste zen. On ne vient pas pour changer de lunettes mais pour comprendre pourquoi pendant 20 minutes Petite Dernière ne voyait plus tout ce qui était à droite de son corps, que ce soit avec un oeil, le gauche, le droit ou les deux.

À peine un quart d'heure plus tard, l'interne nous appelle. Questionne, examine, sort son smartphone, utilise l'appli lampe torche pour examiner les pupilles, je ne dis rien, je le laisse faire son boulot.

 

Il va prendre l'avis de son chef, nous dit que vu les circonstances, il faudrait aller aux urgences pédiatriques qui vont sûrement lui faire passer une IRM. On discute code de la route, je tente de négocier : on va au code et on revient aux urgences tout de suite après. « - J'aimerais bien mais s'il arrive quelque chose, l'hôpital est responsable, donc ce n'est pas possible ». - « Je comprends ».

 

En même temps on est bien convaincus tous les trois à ce moment-là, lui, elle et moi, qu'elle va bien, qu'il ne semble pas y avoir de risque vital. Il penche pour une première migraine ophtalmique avec aura. Mais c'est le protocole, il faut écarter tout autre cause à l'IRM.

Grande Sœur m'expliquera qu'en effet pour confirmer ce diagnostic il faut : 1) qu'il n'y ait rien à l'IRM, 2) qu'elle fasse au moins 2 épisodes. Protocole, encore.

 

L'interne me dit : « je vais voir un deuxième chef ». Il revient, ne dit rien. Appelle les urgences pédiatriques, décrit le cas de Petite Dernière à 2 personnes différentes. Raccroche. Me donne tous les signes qui doivent nous faire venir aux urgences immédiatement (en gros tout ce qui évoque un AVC) et fait une ordonnance pour une IRM cérébrale pour un premier épisode d'héminapsie latérale homonyme droite (comme quoi sa Grande Sœur n'était pas si idiote), à faire sous 30 jours. Et bonne chance pour le code !

 

Parce que jamais on n'a râlé, parce que toujours on a souri et parlé poliment, écouté, discuté calmement, remercié, parce que le cas était sérieux, parce que les circonstances étaient exceptionnelles, on a été reçus et entendus avec gentillesse et professionnalisme. Les autres aussi, mais c'est usant pour les infirmières d'expliquer qu'elles ne sont en rien responsables de l'attente et de calmer les énervés.

 

Comme on a finalement du temps à tuer avant d'aller au centre d'examen du code de la route, on passe au service d'IRM demander un RDV sous 30 jours. Hum, va falloir rajouter des jours en plus nous dit la secrétaire. Elle part avec notre ordonnance, revient : « J'ai un deal à vous proposer ». - « Pas ce soir, y a code ! » - « Non pas ce soir mais lundi à 18h45, en téléconsultation » - « Parfait. »

On discute, on sourit, on explique. Après 18h il n'y a pas plus de médecin, l'IRM est pratiquée par les manipulateurs comme toujours, l'examen est enregistré, envoyé à l'hôpital Ste-Anne à Paris, lu par des médecins, qui envoient le résultat à votre médecin traitant. En fait ça ne change rien, même en journée les médecins ne sont pas toujours là pendant l'examen »

 

 

Une IRM sous 3 jours, c'est une telle aubaine (un désistement peut-être dû.. à un décès), que j'ai accepté sans trop réfléchir. Je m'en veux un peu, en l'absence de médecin pendant l'examen, il ne pourra pas demander à mieux voir telle ou telle zone. Grande fifille m'explique que l'IRM balaye toutes les zones systématiquement et que de toute façon, là ou pas là, ils verront tout et la même chose.

 

A 18h30 vendredi Petite Dernière a passé son code de la route. Résultats par mail probablement le lendemain matin. A 21h elle faisait la danse de la joie dans l'escalier : favorable, reçue avec 39 points sur 40. « Je vais peut-être devenir aveugle, mais j'ai mon code! » . On mange des bonbons pour fêter ça ^^

 

Depuis je me retiens de lui demander toutes les demi heures si elle voit normalement, je l'ai laissée aller à une soirée du Nouvel An chez des copines, et demain, juste avant la rentrée, elle passera cette IRM cérébrale. J'essaie de me convaincre qu'il n'y aura bien, que c'était juste une première migraine ophtalmique.

 

Après cela (et maximum 10 jours d'attente pour les résultats), la nouvelle année sera bonne, ou pas.

 

Quoi qu'il en soit on la souhaite bonne et heureuse, douce et légère, à tous, pour tous, parce que c'est aussi un jeu social, mais c'est comme pour le Noël des familles décomposées, recomposées, ou juste éparpillées géographiquement, on ne devrait pas le faire que le 1er janvier. Ou tout le mois par tolérance, façon « C'est bon, j'ai jusqu'au 31 pour envoyer mes vœux ».

 

Il n'y a pas de calendrier pour prendre soin des siens et des autres, allez, bisous bisous.

 

Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)
Passe ton code avec une HLH droite et bonne année :-)

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5/10/15...allez, on va jusqu'à 20 ?

22 Février 2016, 18:11pm

Publié par Laure

Il y a quelques jours, je notifiais les 10 ans de ce blog.

 

Mosquito, alias petite dernière, avait 5 ans lorsque je l'ai commencé. Un ou deux disques durs perdus dans les limbes des défunts ordis de la maison, finalement, c'est encore en ligne qu'on retrouve le mieux ses photos.

 

 

 

 

Stikmou, alias toujours petite dernière, fête donc aujourd'hui ses 15 ans, c'est logique....

 

Bon anniversaire Constance ! (il est temps qu'on te rende ton prénom !)

Voici un montage fait par ses copines et que j'ai piqué sur sa page FB :

 

 

5/10/15...allez, on va jusqu'à 20 ?

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18 ans, l'âge de ...

28 Octobre 2012, 22:17pm

Publié par Laure

l'âge de quoi déjà ? raison, sagesse, droit de vote, permis de conduire, envol, carnet de chèques et découvert, beuveries, prépa, colles (les oraux bi-hedmodadaires des taupins), et potacheries quand ils vont piquer les portes des douches du dortoir du dessus ?

 

18 ans déjà...

 

Des tartelettes aux Speculoos

 

tartelettes-speculoos.JPG

 

Une blague de sa petite soeur Mosquito : le gâteau de ses 3 ans ? On voit qu'on a perdu la main, il a la patte cassée ce pauvr'ours

 

nounours-18-ans.JPG

Et comme il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait (mais qu'il savait ce qu'il ne voulait pas, à savoir un ordi portable ou une tablette, ç'eût été trop facile), on a improvisé :

 

JB-18-ans.JPG

le roman de Yannick Grannec, la déesse des petites victoires, chez Anne Carrière. ça lui apprendra à me causer de Gödel tout le temps

le grand paquet rouge contient de quoi affronter les couloirs venteux de l'internat : pull en cachemire (je connais ses goûts de luxe ), un autre pull de chez Mise au Green (je ne suis pas strasbourgeoise pour rien et on adore leurs vaches), une belle ceinture, etc.

des (bons) chocolats parce que j'ai découvert une boutique magique récemment, plaisir des yeux et du palais !

des trucs pour s'amuser : des sous (des vrais au milieu de plein de faux et autres moins bons chocolats, que lui pique Mosquito)

 

chocolats.JPG

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Il l'a fait...

6 Juillet 2012, 09:08am

Publié par Laure

Bon, ce ne sera pas la journée de l'humilité, mais celle des sourires grands jusqu'aux oreilles...

 

Il l'a fait : Bac S SI (sciences de l'ingénieur) mention Très Bien

 

(On attend un peu pour les notes, les serveurs de l'académie de Nantes sont saturés , impossible de s'y reconnecter depuis 9h15 !)

 

Edit : on n'est plus à cela près : 19 en maths coeff 9, 17 en physique-chimie coeff 6, 19 en sciences de l'ingénieur  coeff 9 (20 à l'écrit coeff 4, 17 à la partie technique coeff 5), 16 en Histoire-Géo coeff 3, 15 en anglais LV1 coeff 3, 18 en allemand LV2 coeff 2, 15 en philo coeff 3, 14 en sport coeff 2, et les épreuves de l'an dernier en français : 19 en français (dissert) et 11 à l'oral, sa grande déception !, et TPE : 20. Ce qui d'après le courrier reçu de l'académie ce midi fait une moyenne de 17.70. ouch.

 

Il part donc à la rentrée, CPGE MPSI (dans notre vieux langage à nous : prépa maths sup) au lycée Clémenceau à Nantes.

 

Le concert des pianistes le 30 juin à l'école de musique, c'était donc le dernier aussi, du moins ici.

à défaut de vidéo, quelques photos (cliquables) :

 

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   Jean-Baptiste sur l'orgue de l'église pour le concert des pianistes, avec le directeur de l'école de musique

 

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     JB et Renata, la prof de piano de l'école, répétitions avant concert

 

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  Anne-Claire, sa soeurette, 1ère découverte de l'orgue également pour cette journée spéciale pianistes.

 

Crédits photos : © Cristina Zanetti.

 

 

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