Les jardins d'Hélène

La fabrication d'un mensonge - Audrey Diwan

26 Avril 2007, 11:15am

Publié par Laure

Elle a la plume alerte et vive, le verbe haut et franc, un style moderne et percutant, une maîtrise parfaite pour un premier roman. Mais Audrey Diwan n’a rien d’une débutante puisqu’elle est déjà bien connue dans le domaine de l’écrit : éditrice free lance, journaliste, le Buzz littéraire nous la présente ici.

A la demande de ses parents, Raphaëlle Kanahan, 25 ans, étudiante, cherche un job pour les vacances. Elle pousse la porte de Mariage 2000, où elle est aussitôt embauchée pour vendre des robes de mariée, et des accessoires chers pas forcément chics censés faire rêver. Vite prise sous l’aile de Lola, une employée qui n’a pas la langue dans sa poche mais une vision précise sur le mariage : « le mariage est une machine à bousiller les gens. Je veux bien croire à une amitié entre nanas, je veux bien parier toute la fortune du monde sur l’amour entre mère et fille, je veux bien même accepter les flirts passagers, mais le mariage, c’est un truc qui aurait dû disparaître en même temps que l’esclavage, la traite des Noirs et la peine de mort. » J’ai lu les 117 premières pages d’une traite (sur 201) et puis tout à coup, je me suis demandé ce que je faisais dans ce roman … la boutique qui a tout du kitsch n’a qu’un rôle d’arrière plan dans l’histoire, et cette amitié entre filles, où l’une modèle l’autre à son image, à grands coups de considérations fortes en gueule, oui, bof et après… Au moment de reprendre ma lecture (allez, plus que 80 pages), à un moment charnière pourtant, où Lola va expliquer à Raphaëlle comment elle convainc les clientes d'acheter tout en leur expliquant comment garder leur liberté, je me suis dit que non, ce militantisme moderne, ce road movie plus abonné au bistrot du coin qu’à la réflexion intérieure, non, ça ne m’apportait rien, et ça m’ennuyait même plutôt. J’abandonne.

 

Flammarion, janvier 2007, 201 pages, prix : 15 €

Crédit photo de couverture : éd. Flammarion et Amazon.fr

 

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F
personnellement, j'ai prefere confessions d'un salaud le premier livre de audrey diwan et de fatou biramah, c'est surment mon cote social, je prefere la realite
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A
PS pour Cathulu : oui, il peut arriver que l'on discute avec un journaliste d'un mauvais article. Je veux dire, si le journaliste le veut bien. Parfois, quand on passe des mois à écrire seule chez soi, qu'on est aveuglé par le texte, c'est important de pouvoir en discuter avec d'autres, de le voir sous d'autres angles, d'en percevoir les faiblesses aussi.
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A
Absolument sans rancune, Hélène. Merci d'avoir pris le temps de me répondre.
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C
Comme  toi, je ne pense  pas au fait que l'auteur puisse venir et laisser un commentaire et quand ça arrive, bizarrement,  c'est lors  d'une critique "vacharde"...font-ils la  même  chose avec les  critiques des professionnels ?
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C
Merci pour les  économies, j'étais tentée par ce roman tant vanté !
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A
C'est difficile de découvrir ces lignes sans ciller mais c'est intéressant de recueillir directement l'avis de lecteurs. L'appellation même de "premier roman" induit l'idée qu'il risque d'y en avoir un second. Donc ça m'intéresse de savoir ce qui, dans mon texte, peut décevoir le lecteur. Mon ambition était de créer une pure fiction (en tant que lectrice, je suis un peu lassée par l'introspection et l'auto-ficiton forcenée) et de mettre en scène deux personnages féminins qui incarne chacun une étape de la construction d'une femme. Celle où l'on a du mal à trouver sa place, et celle où l'on s'affirme. La démarche va peut être vous paraître maso mais je serais intéressée par des avis plus détaillés, si vous avez le temps... Mon mail : audrey.diwan@gmail.com
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L
Audrey, <br /> D’abord merci de votre passage ici, et je comprends tout à fait votre envie d’en savoir plus. Il est vrai que lorsque j’écris mes notes de lectures, je ne pense jamais au fait que l’auteur pourrait venir les lire. C'est ce qui me permet d'ailleurs de garder une spontanéité et une honnêteté dans mes propos. Après, lorsque je découvre un mot de l'auteur, oups, je me sens "toute con". En matière de lecture, je fonctionne beaucoup sur le ressenti (à tort peut-être), mais je lis avant tout pour me faire plaisir. Vous parlez de second roman et j'en suis curieuse, car si j'ai peu aimé la fabrication... cela ne veut pas dire que je ne vous lirai plus ! je renonce rarement au premier essai, car soyons claires, s'il y a une chose que j'ai aimé dans votre livre, c'est votre écriture, votre style que je trouve vif, moderne et percutant. Cela me plaît bien. Ce qui ne m'a pas accrochée, c'est l'histoire (et ça arrive à des milliers de lecteurs avec des milliers d'histoires !)<br /> Je crois savoir ce qui m'a déçue : les critiques presse (ce sont les seules que je suis, j'écoute peu radios et télé) m'ont induite en erreur. Je m'attendais à une histoire plus en relation avec les couples et le mariage, puisqu'elle se passe dans une boutique de robes de mariées, une histoire dans le genre de celle de Blandine Le Callet, une pièce montée, si vous voyez... J'aime les trifouillages psychologiques sur les histoires de couple, les faux-semblants qui volent en éclat. Or votre histoire est tout autre, plus proche d'un road movie à la Thelma et Louise comme l'écrit Le Buzz, et là je ne me suis pas retrouvée. Aucune affinité avec les personnages féminins, et une histoire qui du coup m'intéressait beaucoup moins. Aux deux tiers du livre, j'ai eu l'impression de tourner à vide... Je ne sais pas quels choix de vie feront Raphaëlle et Lola, tant pis pour moi, mais l'arrogance de l'une et l'acceptation un peu rapide de l'autre (comme si Lola avait toute puissance sur Raphaëlle qui lui dirait oui à tout) m'ont un peu énervée. Désolée. Mais sans rancune !
C
Euh moi non plus je ne la connaissais pas ! Je te rassure ... C'est fini pour moi, la presse féminine. Je n'ai pas renouvellé mon abonnement à Elle, en passant. Je compte sur toi pour les bons titres ! ;o)
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L
Oh moi j'ai été longtemps une très grosse consommatrice de presse, un peu moins depuis que je travaille mais quand même encore au point d'en avoir des piles à lire un peu partout. Je veille au grain pour toi pour les pages livres de Elle ;-)
S
Pas envie de le lire, parce que quand je vois les dbilités qu'elle publie dans Glamour, non, je me dis que je ne peux pas lire un roman d'elle.  
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L
ah ben apparemment je suis la seule à ne pas la connaître, mais je ne suis pas sûre pour autant d'aller acheter Glamour (connais pas, jamais lu), d'après ce que tu en dis !
F
Je ne voudrais pas faire de mauvais esprit mais c'est un peu normal que la presse en parle tant puisque c'est une consoeur (elle publie dans Cosmo ou Glamour, je ne sais plus) et je n'ai jamais vu un magazine dire du mal d'un journaliste écrivain...
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L
Oui c'est vrai, mais c'est énervant aussi tant d'articles quand il y a une grosse déception à la lecture ensuite ...
G
un de moins a noter ! Youpiiiiii !!!!
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