Les téléphonistes anonymes – Agnès Desarthe
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Prudence est en classe de 5e, elle n’a pas de téléphone portable et le vit très bien. Ses parents lui font une entière confiance et elle n’a pas à justifier de ses allers et venues tant qu’elle respecte les règles de base. Ils ont eux-mêmes des portables mais n’y sont pas accro. Pour ses camarades, qu’elle connaît bien depuis la 6e, elle passe pour une marginale.
Alors quand Georges, l’élève charismatique de la classe, puni de téléphone et d’objets connectés par ses parents, vient la trouver pour lui demander de l’aide, elle ne voit pas bien ce qu’elle va pouvoir faire pour lui. Il s’interroge : comment fait-elle pour vivre sans ? Pour ne pas avouer sa punition, il suggère qu’ils pourraient, en groupe, tenter de réduire leur utilisation des écrans et des réseaux, voire s’en passer. C’est ainsi qu’à la manière des alcooliques anonymes naît le groupe des téléphonistes anonymes. Les portables sont écartés, et les débats fusent. C’est qu’on peut en faire des choses, quand on n’est plus scotché à son écran.
Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est que tous les points de vue sont abordés, de la prise de conscience de l’addiction à la capacité (ou non) de la mettre à distance, et qu’à bien y réfléchir, les seuls « coupables » dans l’histoire, ce sont bien les parents. Ceux qui se plaignent du temps passé par leurs enfants sur ce doudou électronique, qu’ils leur ont eux-mêmes offert ! Se rassurer ou espionner, surveiller ? Quel est leur but ? et ne sont-ils pas les premiers le nez sur leur écran ?
Les caractères des personnages sont bien troussés, le portrait du prof d’histoire est intéressant, l’histoire personnelle des parents de Prudence apporte un petit plus à l’intrigue, l’amitié et le groupe sont mis en avant, ce roman jeunesse est un vrai plaisir de lecture, tout aussi intelligent que distrayant. Une évidence sous la plume d’Agnès Desarthe qu’on ne présente plus, tant en jeunesse qu’en littérature générale.
Conseillé par l’éditeur dès 11 ans, il pourra être lu sans souci par des élèves de CM2 curieux et bons lecteurs. La police de caractère est large et l’ensemble bien chapitré, les chapitres sont courts et l’équilibre récit – dialogues facilitent la lecture.
Une réussite !
Gallimard jeunesse, novembre 2024, 172 pages, prix : 11.90 €, ISBN : 978-2-07-521573-2
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Crédit photo couverture : © éd. Gallimard jeunesse
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