Les jardins d'Hélène

romans etrangers

Professeur d'abstinence - Tom Perrotta

3 Novembre 2008, 19:17pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Madeleine Nasalik

 

Ah l’Amérique puritaine et bien-pensante, ses démons et son hypocrisie : tout un roman !

 

Ruth Ramsay est professeur d'éducation sexuelle dans un lycée et c'est une malheureuse réponse faite à une élève sur la fellation ("certains y prennent plaisir") qui va la livrer à la vindicte bien-pensante des puritains de l'Eglise du Tabernacle. Pour calmer le jeu, le directeur va faire appel à Joan Marlow, une "consultante virginité" qui va prôner tous les avantages de l'abstinence avant mariage, et ce dans une tenue ultrasexy, évidemment.

Mais Ruth ne s'en laisse pas conter si facilement, surtout quand Tim Mason, l'entraîneur de l'équipe de foot de ses filles, adepte du Tabernacle, fait une prière en plein milieu de terrain pour remercier Dieu de la victoire. Tim, un personnage complexe, divorcé, remarié, ex alcoolo et toxico, rangé car touché par la grâce de Dieu, du moins en apparence. Et ces deux-là que tout oppose, bien sûr, vont s'attirer malgré eux...

Longs portraits des personnages, c'est une description virulente (mais sans aucune surprise) de l'Amérique puritaine et hypocrite. Tous les clichés y passent, et malgré quelques scènes drôles, tout est couru d'avance dans ce roman... C’est bien dommage, car au final cela donne du déjà lu déjà vu, jusqu’au happy end cucul.

J'attendais davantage de joutes entre la divorcée battante et laïque et le puritain hypocrite, et surtout que les scènes soient davantage mêlées plutôt que successives (alternance de longs passages sur Tim, puis sur Ruth, et ainsi de suite...), le héros est bien davantage Tim que Ruth, et je m’attendais à l’inverse.

 

Merci à Cuné pour le prêt, qui ne s’était guère trompée en en abandonnant la lecture.

 

Ed. de l’Olivier, mai 2008, 395 pages, prix :22 €

Ma note :


Crédit photo couverture : © Mark Velasquez Photography et éd. de l’Olivier

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Les armées - Evelio Rosero

25 Octobre 2008, 08:56am

Publié par Laure

Ismael est un vieil instituteur à la retraite, qui vit des jours paisibles avec son épouse Otilia dans le petit village colombien de San José. Ismael a un plaisir simple dans la vie : regarder tous les jours sa belle voisine qui bronze nue dans son jardin en prenant pour prétexte de cueillir ses oranges. Et tant qu’il y a du désir, il y a de la vie. Sa femme le réprimande gentiment chaque jour, c’est leur petit rituel.

Mais ces plaisirs idylliques seront de courte durée, le village se retrouve vite dans un chaos sanglant : partout des hommes armés qui kidnappent, torturent, tuent. On ne les différencie pas bien : paramilitaires, guérilleros, narcotrafiquants… en tout cas ils font régner la violence et la peur. C’est dans ce nouveau contexte que sombre peu à peu Ismael : parti à la recherche d’Otilia disparue (qui elle-même le cherche), il erre dans la misère de sa propre déchéance dans ce village dévasté, voyant mourir ou disparaître peu à peu ses voisins et amis.

Un très beau roman qui parle de la violence colombienne par de jolis moyens détournés : on s’attache à ce vieil Ismael qui perd la mémoire, sa vigueur, et peu à peu sa raison.

Une mention toute particulière pour les début et dernière partie du roman qui sont excellents, cet art de dire sans avoir l’air d’y toucher. Remarquable.


 

Elles l’ont répéré également :

Essel, Papillon, Clarabel, ... 

 

 

Métailié, août 2008, 155 pages, prix : 17 €

Ma note : 


Crédit photo couverture : © Getty Images et éd. Métailié

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Une semaine en octobre - Elizabeth Subercaseaux

29 Septembre 2008, 15:03pm

Publié par Laure

 

Traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Plantagenet

 

Clara est atteinte d’un cancer du sein qu’elle sait en phase terminale malgré les traitements et l’ablation du sein. Elle écrit son journal dans un cahier, ses derniers jours et un retour sur sa vie de couple, journal intime que va lire en cachette son mari Clemente. Elle démarre par le récit d’une liaison, interrompue par le décès de son amant, ami du couple. Clemente tombe des nues : est-ce fiction ou réalité ? Car bien des passages qu’il découvre sur des scènes communes sont vrais, mais enjolivés, modifiés, transformés. Et il n’y a pas toujours le beau rôle. S’est-elle donc tant ennuyée avec lui ? Il est encore plus surpris de découvrir que Clara sait depuis toujours pour son adultère à lui, sa relation avec Eliana depuis 7 ans. Pourquoi n’a-t-elle jamais rien dit ? Veut-elle se venger avec ce cahier ?

Ce roman me laisse perplexe car tous les éléments y étaient pour faire quelque chose de grand, et s’il se lit tout seul, il reste hélas au niveau tracé plat. Alternance des chapitres : journal de Clara, pensées de Clemente, le lecteur a tendance a s’identifier davantage à ce personnage du mari, plus actif, en quête de vérité. Alors, fiction ou réalité ce journal ? On aura la réponse à la fin du roman, mais l’épouse étant décédée et la réponse donnée, on ne sait pas trop bien quoi faire du résultat. Qu’a-t-elle voulu faire au juste ?

Les sujets graves et classiques y sont (le cancer, les secrets d’un couple), le ressort littéraire y est (l’insertion d’un journal intime vrai ou fantasmé), alors pourquoi on n’arrive pas à savoir quoi faire de tout ce matériau livré ? Le personnage de Clara restera pour moi incompréhensible, et donc, le roman n’aura pas réussi à m’atteindre.

 

Les lectures de Cuné, …..

 

Flammarion, août 2008, 179 pages, prix : 18 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : © Andrew Davis / Trevillion Images  - et éd. Flammarion

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Choisie - Susan Richards

15 Septembre 2008, 14:32pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Bernardine Cheviron

 

Choisie est un livre étonnamment apaisant, doux et triste à la fois, mais d’une beauté délicate.


Susan a connu une enfance maltraitée, où après le décès de sa mère à l’âge de 5 ans, elle a été baladée d’accueils en accueils peu aimants. De même son mariage a été un gros échec. A 44 ans, elle s’est donc repliée seule avec 3 chevaux, dans une ferme à la campagne. Mais de ses malheurs ou de ses douleurs il est assez peu fait étalage, ou du moins assez maladroitement. Non, le propre du roman, c’est l’histoire magnifique d’un attachement à l’animal, d’une confiance réciproque entre la femme et un cheval. En effet, le livre s’ouvre ainsi : des chevaux maltraités sont saisis à leur propriétaire et confiés temporairement à la SPA, en attendant d’être placés ou adoptés auprès de personnes attentionnées. Lorsque Susan arrive, le cheval qu’elle souhaite adopter ne veut pas la suivre, mais c’est une autre jument, Lay Me Down, et sa pouliche, qui l’a choisie. Entre l’animal blessé et la femme elle-même malmenée par la vie va naître une belle histoire, de douceur et de confiance, de résilience, pour employer un mot à la mode. Trop triste de par la fin, mais tous les passages parlant des chevaux et de leur comportement sont beaux, justes, touchants. Une belle découverte qui plaira d’autant plus à tous ceux qui aiment les chevaux.

 


Sur le site de l’éditeur 
 

 

 

Editions du Rocher, août 2008, 271 pages, prix : 18 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. du Rocher / Atelier Didier Thimonier

 

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Un jour avant Pâques – Zoyâ Pirzâd

29 Août 2008, 07:54am

Publié par Laure

 

Traduit du persan (Iran) par Christophe Balaÿ

 

Edmond a 12 ans, jeune garçon arménien qui vit simplement dans sa famille, entre l’école et l’église. Il s’émerveille de choses simples, comme une coccinelle qui passe et qu’il capture. Il est très ami avec la petite Tahereh, la fille du concierge de l’école, mais celle-ci est musulmane, et les relations entre adultes des deux communautés ne sont pas faciles. Puis un jour avant Pâques à nouveau, mais après un grand saut dans le temps. Edmond est devenu directeur de l’école dans laquelle il allait étant enfant. Il est marié avec Marta et il a une fille, Alenouche, laquelle leur annonce son mariage avec Behzad, un non-arménien, c’est toujours aussi contrariant. Nouveau saut dans le temps, nouvelle veille de Pâques, fête des œufs peints, cela n’a pas changé. Edmond est seul, il ne reste plus que Danik, la surveillante du collège, une femme « déshonnête » parce qu’elle était amoureuse d’un musulman, chassée de son village elle est venue vivre à Téhéran.  Sa fille Alenouche est partie vivre au loin.

Par des allers-retours constants entre passé et présent, on reconstitue l’histoire d’une vie, celle d’un amour et de petits riens, celle d’une communauté faite de traditions, celle d’un pays cosmopolite, c’est un récit fin et délicat qui aborde aussi la liberté d’aimer qui l’on veut face au poids des traditions. Des regrets quand même, face aux ellipses, trop grandes et trop nombreuses : même si l’on comprend bien l’histoire, il y a des manques : qu’est devenue Tahereh ? Pourquoi si peu sur la fin de Marta ? Les personnages sont attachants, on aimerait en savoir plus sur eux, et on les quitte à regrets. Quelques jours avant Pâques, à trois époques différentes, et un flacon d’encre verte qui fait entre autres, le lien entre les trois pour nous livrer l’histoire d’Edmond et des siens. Une auteur à suivre, ou à rattraper, si comme moi, l’on n’a pas encore lu ses précédents titres : On s’y fera, ou Comme tous les après-midi.

 


La présentation de l’éditeur : ici
D’autres lectures : shyankarClarabel, Cuné ...
 

Zulma, août 2008, 136 pages, prix : 16,50 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © David Pearson et éd. Zulma

Crédit tout court : merci à Cuné pour le prêt

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Le requiem de Terezin – Josef Bor

18 Août 2008, 07:09am

Publié par Laure

Roman traduit du tchèque par Zdenka et Raymond Datheil.

 

Extraits (résumé) de l’avant-propos de l’éditeur : « en 1935, Goebbels annonce que la participation à la culture allemande est interdite aux Juifs. Exclusion, ségrégation et ghettoïsation sont les étapes qui précèdent la solution finale. En 1942, les acteurs de l’Union culturelle juive se retrouvent au camp de Terezin, à 60 km au Nord de Prague. Le juriste tchèque Josef Bor y est interné en juin 1942, il a 36 ans. Il a écrit le Requiem de Terezin en 1963, rescapé d’Auschwitz et Buchenwald. Son roman est inspiré d’une histoire vraie : le pianiste et chef d’orchestre Raphaël Schächter est arrivé au camp en 1941. Il a réussi, au bout de dix-huit mois d’efforts acharnés, à donner en concert le requiem de Verdi avec quatre solistes, cent cinquante choristes et deux pianos qui remplaçaient l’orchestre. On estime que cinq cents détenus environ participèrent aux répétitions, les effectifs étant constamment minés par les convois pour Auschwitz. »

 

Voici essentiellement ce qu’il faut savoir de ce roman. Tout le reste, c’est-à-dire le roman lui-même, ne m’a que très peu touchée. Ce n’est pas le roman des camps, c’est le roman de la ténacité d’un homme pour mener à bien son projet fou, luttant seul ou presque pour garder un espoir et se battre pour l’idée que la musique rend libre. On lira les difficultés des répétitions, l’acharnement de Schächter, et la représentation finale devant les nazis, avant la déportation.

C’est un récit froid et factuel, un récit sur la musique, dont l’objet n’est pas l’horreur du ghetto lui-même. Cette distance m’a gênée, et je n’ai pas réussi à apprécier ce récit, ni le personnage de Schächter, qui se sent trahi quand ses recrues préfèrent suivre leur famille en déportation plutôt que d’en être séparées et rester avec lui pour monter le requiem. Une force de caractère inouïe pour un homme qui ne m’a pas émue le moins du monde, et pourtant, sur ce sujet difficile, il est rare de rester impassible. C’est donc davantage un document historique sur ce fait réel plutôt qu’un roman sur cette période, et on ne peut le considérer de la même manière : un document est fait pour relater des faits. Même si c’est écrit roman sur la page de titre…

 

Le livre de poche n°3451, collection Biblio roman, juin 2008, 123 pages, prix : 5,50 €

Ma note : 2/5

Crédit photo couverture : Petit garçon juif jouant du violon pour subvenir à ses besoins, Photographie de février 1941, Joe J. Heydecker. © Roger-Viollet, et éd. LGF.

 

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Spellman & Associés – Lisa Lutz

17 Août 2008, 21:51pm

Publié par Laure

Dans la famille Spellman, on est détective privé de père en fils et de mère en fille, et on commence très tôt, presque au berceau. Et comme ce ne serait pas drôle sinon, on a le vilain défaut d’épier surtout les membres de sa propre famille. Izzy en sait quelque chose, elle vit toujours chez papa-maman à 28 ans, fait le même travail qu’eux, et surtout, subit sans cesse leur surveillance, courses poursuites en voiture ou micros dans la chambre.

La couverture annonçait ceci : « le livre le plus drôle que j’aie lu depuis des années », Lauren Weisberger, auteur du Diable s’habille en Prada. Drôle, ah bon ?? Pathétique, plutôt.

A un moment dans l’histoire, quelqu’un dit à Izzy qu’à 28 ans il serait temps qu’elle grandisse : exactement, on passe les 450 pages de ce livre à vouloir lui botter les fesses à cette folle dingue. L’intrigue policière est minime et prétexte, l’objet du roman étant surtout la description de cette famille de timbrés, qui serait peut-être drôle si on sortait un peu des poursuites en voiture, à la longue ce n’est pas très varié !

Un roman puéril et peu consistant.

Il y a une suite : les Spellman se déchaînent…

Pourrait plaire néanmoins à des lectrices de 17 - 25 ans ?

 

Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2008 

 

Le livre de poche n°31021, juin 2008, 444 pages, prix : 6,95 €

Ma note : 11/20

Crédit photo couverture : ©  Alice Tait  / Synergy et éd. LGF.

 

 

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J'ai envie de toi - Federico Moccia

28 Juillet 2008, 09:31am

Publié par Laure

Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza

 

Mon Dieu, quel calvaire ce bouquin ! Il n’aurait pas fait partie de la sélection 2008 du Prix des Lecteurs du Livre de Poche  (auquel je participe), je ne l’aurais 1) jamais lu : avec un titre aussi tarte, franchement ! (je précise qu’il est littéralement traduit de l’italien, d’ailleurs l’auteur semble en faire une marque de fabrique, son précédent roman s’appelait trois mètres au-dessus du ciel, et son tout dernier s’intitule J’ai failli te dire je t’aime ; 2) je ne l’aurais jamais fini parce que bon… ma patience a des limites, mais au final j’ai triomphé ! Youpi, par acquit de conscience, je suis venue à bout des 570 pages ! Pour vous dire que vous ne m’y reprendrez pas de sitôt à lire du Moccia !

Alors… de quoi ça cause… d’abord, c’est la suite d’un précédent roman : trois mètres au-dessus du ciel, dans lequel Step vivait un grand amour avec Babi mais la perdait, et pour s’en remettre, partait étudier aux Etats-Unis. Dans J’ai envie de toi, le voici donc de retour à Rome après 2 ans d’absence, il reprend vite ses habitudes : la moto, les bagarres, le squat chez le frère, trouver un boulot, voir sa mère mourir, apprendre un peu tard que Babi se marie, mais entre temps vivre une histoire d’amour avec une fille un peu barge : Gin. Etre follement épris, de son corps, de ses lubies. La quatrième de couv nous dit « follement romantique, l’histoire de l’amour  impossible entre Step et Gin est devenue le roman culte de toute une génération en Italie » Ah bon ? Romantique, oui, par tartines de clichés qui reviennent régulièrement, mais tellement éculés qu’on en baille… roman culte d’une génération ? Elle doit avoir moins de 20 ans alors cette génération ! Parce que trouver un mec séduisant juste parce qu’il gagne toutes les bagarres, crier au génie parce qu’une pauv’ fille se fait violer suite à une blague entre potes, et qu’elle garde avec amour le môme qui en résulte, mouais…

Inégal, long (beaucoup trop), mais tenant la route sur la construction, y compris dans son raccord au roman précédent (les deux titres sont des phrases écrites l’une sur un pont l’autre sur un immeuble par Step amoureux), j’ai toutefois trouvé ce roman vraiment sans intérêt. Même pas à la plage. Non.

 

Le livre de poche n°31038, mai 2008, 570 pages, prix : 7.50 €

Ma note : 1,5/5

Crédit photo couverture : © MP / Leemage

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Ces petites choses - Deborah Moggach

10 Juillet 2008, 08:53am

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Jean Bourdier

Voici un roman qui m’était passé totalement inaperçu lors de sa première édition en broché, et que l’offre du Livre de Poche m’aura agréablement permis de découvrir.

Quel début truculent ! Ravi Kapoor, médecin londonien d’origine indienne et sa femme Pauline hébergent le père de celle-ci : Norman Purse, un spécimen particulièrement agaçant, rustre et quelque peu obsédé sexuel, qui a réussi à se faire exclure de toutes les maisons de retraite.

Ajoutez à cela la décadence du système de santé, où l’on oublie aisément une vieille dame sur un brancard d’hôpital pendant 48h, les enfants qui ne s’occupent plus de leurs parents vieillissants, et le coût de la vie qui augmente plus vite que vos maigres pensions de retraités, et vous aurez une trouvaille originale : et si l’on exportait nos vieux ? Si on les délocalisait ? C’est l’idée de Sonny, cousin indien de Ravi : monter à Bangalore (Inde) une maison de retraite à moindre coût, où les personnes âgées finiraient leur vie dans un climat doux et amical. Imaginez que l’infirmière recrutée n’est qu’une assistante de pédicure, que le médecin appelé à la rescousse est en réalité un sexologue, et vous avez une partie de l’ambiance…

Très vite, on s’attache à tous ces personnages, dans leur solitude, leur vie en commun, leur adaptation rapide dans cette Inde plutôt pauvre mais où la maison Dunroamin est une parenthèse délicieusement surannée façon vieille Angleterre.

L’auteur ne manque pas d’humour pour nous décrire la vie de ce petit monde, ces petites choses anodines qui conduisent sans façon à une renaissance, chacun réussissant à trouver le chemin d’une nouvelle vie, et réconfort parmi d’autres, concluant qu’il n’y pas d’âge pour cela !

Une agréable découverte donc que ce roman !

 

Elles l'ont lu également à ce jour (liens trouvés par le moteur de recherche de Camille) :
Clarabel
, Lily, Tamara, Yueyin, Joëlle, Praline, Sylire, Anne, ....


Le Livre de Poche n°31024, juin 2008, 406 pages, prix : 6,95 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : Studio et éd. LGF

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Ne t'inquiète pas pour moi - Alice Kuipers

7 Juin 2008, 21:46pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec

 

Ce premier roman d’Alice Kuipers a pour lui son originalité : sur chaque page se succèdent les brefs échanges d’une mère et sa fille qui se voient peu, et communiquent par post-it collés sur le frigo. Claire a 15 ans, et une vie bien remplie d’adolescente normale : les cours, les copines, les premiers petits copains et le baby-sitting pour gagner un peu de sous. Sa mère vit seule avec elle, divorcée. Médecin, elle est souvent retenue à l’hôpital.  Le roman n’est donc construit qu’à travers les petits mots échangés sur ce frigo : listes de courses, petites remontrances d’ado ou de mère, petits mots affectueux. Et sur un an à peu près, on suivra la découverte de la maladie de la mère, un cancer du sein, et son évolution.

Pudique, le récit épistolaire effleure tout doux les sentiments douloureux. C’est un texte léger, trop sans doute (dans le sens de court et vite lu, quelques phrases ou mots seulement sur chaque page) pour un sujet grave, mais qui dit néanmoins très joliment l’amour d’une fille pour sa mère et réciproquement.

Parfois surréaliste (la mère continue de travailler malgré opération et radiothérapie) et superficiel (la difficulté de la maladie est à peine esquissée), on sent bien que ce n’est pas là l’essentiel du propos. L’essentiel, du moins tel que je le perçois, est bien d’avoir su aborder avec légèreté et de façon inédite le basculement d’une vie, un basculement toujours imprévisible, et qui presse à chuchoter tout l’amour pour l’autre tant qu’il est encore temps.

Un joli roman.

 

Merci à l’encreuse qui me l’a offert !

 

Albin Michel, avril 2008, 242 pages, prix : 10 €

Existe avec une couverture différente pour la jeunesse (sans doute un stratagème marketing que je trouve sans intérêt, mais bon…)

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © Marc Boutavant et Albin Michel.

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