Les jardins d'Hélène

romans etrangers

C'est ici que l'on se quitte – Jonathan Tropper

23 Mars 2010, 07:33am

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Carine Chichereau


c-ets-ici-que-l-on-se-quitte.jpgPrésentation de l'éditeur : Qu'y a-t-il de pire que d'enterrer son père ? Réponse : passer la semaine qui suit enfermé avec sa propre famille de dingues... Morton Foxman s'en est allé. Mais avant de mourir, il a exprimé une dernière volonté : que sa famille célèbre la shiv'ah. Sept jours de deuil, ensemble, sous le même toit. Une perspective peu réjouissante pour ce clan qui ne s'est pas retrouvé ainsi réuni depuis... depuis quand déjà? Judd, qui nage en pleine déprime après avoir découvert sa femme en flagrant délit d'adultère, s'apprête à vivre ce qui pourrait être la pire semaine de sa vie. Il rejoint sa mère, aux talons et décolleté vertigineux; sa soeur Wendy accompagnée de ses gosses hyperactifs et de son mari continuellement scotché à son BlackBerry; son frère aîné, Paul, atrabilaire, et sa charmante épouse, avec qui Judd a pris un peu de bon temps par le passé; et enfin Phillip, le vilain petit canard, qui se fait aussi rare que discret sur ses activités... Des caractères diamétralement opposés contraints de cohabiter pendant sept jours et sept nuits. Les non-dits, les rancoeurs couvent. Et chacun de prendre sur lui pour ne pas péter les plombs. Famille, je vous hais! Heureusement, il y en a au moins un qui n'est plus là pour voir ça...


C'est une histoire de deuil et pourtant c'est drôle du début à la fin... ou presque, car il y a aussi quelques séquences émotions... C'est bien souvent complètement déjanté aussi, comme seuls peut-être les Américains savent le faire, dans une extravagance qui évacue tout complexe.

J'avais beaucoup entendu parler de cet auteur sans jamais l'avoir lu (le livre de Joe, Perte et fracas, ...), j'ai donc fait un essai avec son dernier titre paru. Et j'avoue que le début est saisissant, la scène où Judd surprend sa femme au lit avec son patron à lui est à mourir de rire, interminable et pourtant très très forte dans l'humour. Et là je me suis dit : il est très fort ce type. Hélas, j'ai un peu déchanté par la suite, car j'ai trouvé trop de longueurs au roman, ça me paraît assez inévitable au vu de le construction choisie : 7 jours enfermés dans une maison, avec des couples complètement barges, en égrenant les chapitres jour après jour et parfois presque heure par heure... même si l'on fait le tour des histoires folledingues de chacun, pas facile de se renouveler.

Ce n'est sans doute pas un roman inoubliable mais c'est roman divertissant et amusant, un roman de vacances ou de plage, un roman détente. Assez cru par moments, vous êtes prévenus. (mais ça fait partie des personnages décomplexés !)

p. 304 : "Je ne me sentirais pas à l'aise si j'essayais d'emballer une fille devant les frères de la femme mariée avec qui je viens de passer une nuit. Il faut un bon GPS pour suivre la vie sexuelle des membres de cette famille. Je me demande si les relations amoureuses sont aussi tordues chez les autres, ou si notre famille possède un don particulier pour tout compliquer".

p. 354 : "Noyer l'émotion sous la logistique. Voilà ce que nous faisons. Papa vit en chacun de nous. Eh oui, les parents peuvent continuer à vous emmerder même après leur mort : en ce sens, ils ne disparaissent jamais tout à fait. Mes frères, ma soeur et moi aurons toujours du mal à faire face à nos vrais sentiments. Avec les autres, nous arrivons à gérer jusqu'à un certain point, mais entre nous, ce sont des échecs à répétition - parfois spectaculaires. Nos connexions profondes sont trop chaotiques, c'est comme au coeur des murs de cette maison : les plombs sautent pour un oui, pour un non."


Fleuve noir, octobre 2009, 370 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : Bec Parsons / Getty Images / et éd. Fleuve Noir

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Julius Winsome - Gerard Donovan

30 Janvier 2010, 20:12pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte


julius winsomeJulius Winsome, la cinquantaine, vit seul dans un châlet au fin fond de la forêt du Maine (USA), entouré de plus de 3000 livres légués par son père, et de son chien Hobbes. Il mène une vie tranquille faite de lectures au coin du feu, de balades dans la nature, et de passion pour un glossaire typiquement shakespearien qu'il cultive avec dévotion.

De son père et de son grand-père, il a gardé une haine viscérale pour la violence et les armes à feu. Alors quand Hobbes disparaît, vraisemblablement abattu sciemment par un chasseur, Julius entre dans un engrenage infernal....

Surprenant roman qui démontre combien on ne connaît ni ne maîtrise jamais la nature humaine ! Même quand elle se veut lettrée et sage. Personnage solitaire et sauvage dans ses rares relations, Julius bascule dans une violence aussi inattendue que disproportionnée, froide et terriblement raisonnée. Les paysages, le froid, la neige, le vent, occupent une place importante dans le récit. Shakespeare aussi, élément étonnant qui vient contrebalancer dans son étude posée la tension croissante. Comment tout cela va-t-il finir ? Je vous laisse le découvrir ! Superbement écrit, et traduit.


p. 89 : « On combat l'hiver en lisant toute la nuit, tournant les pages cent fois plus vite que tournent les aiguilles, de petites roues en actionnant une plus grande pendant tous ces mois. Un hiver dure cinquante livres et vous fixe au silence tel un insecte épinglé, vos phrases se replient en un seul mot, le temps suspend son vol, midi ou minuit, c'est bonnet blanc ou blanc bonnet. Chaque coup d'oeil rencontre de la neige. Chaque pas s'enfonce vers le nord. Voilà l'heure du Maine, l'heure blanche. »


Seuil, février 2009, 244 pages, prix : 19,50 €

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Crédit photo couverture : © Stephen Strathdee / iStockphoto, et Seuil éd.

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La route - Cormac McCarthy

15 Novembre 2009, 07:36am

Publié par Laure

Traduit de l’américain par François Hirsch

 

Un homme et son enfant avancent seuls sur une route, dans un paysage dévasté, de cendres et de pluie. Ils ont pour seul bien un caddie qu’ils poussent, contenant quelques vieilles couvertures et quelques vivres qui s’épuisent trop vite. Ils luttent contre la pluie, le froid, la neige, la faim, mais aussi la barbarie et la haine des rares rescapés qu’ils rencontrent. Où est-on ? A quelle époque ? Que s’est-il passé ? On ne le sait pas. L’apocalypse a eu lieu, nous dit la quatrième de couverture. C’est tout. Roman d’anticipation ? De science-fiction ? Roman d’un monde possible où notre folie nous mène ? Roman de l’après 11 septembre ? Eruption volcanique qui a enseveli les hommes ? Guerre ? Bombe atomique ?

Il ne se passe rien d’autre dans ce roman, ou pas grand-chose, toujours cette avancée sur la route, dans le froid, la peur, la violence, la faim. Pourtant quel roman intrigant dès le départ ! Etrange, fascinant, sombre, noir mais percé par cet éclat lumineux de l’amour entre un père et son petit garçon.

J’ai craint passé les cinquante premières pages que le roman soit répétitif et lassant, mais non, un fil ténu vous tire pour savoir ce que ces deux font là et où ils vont. La réponse, on ne l’aura pas. On ne peut qu’imaginer, supposer, penser que. C’est peut-être ma frustration dans cette lecture, parce que si je me laisse embarquer dans une histoire, j’aime aussi en avoir toutes les clés, c’est donc ce qui mitige mon avis, sur ce qui est quand même un grand roman.

 

Plein d’avis de lecteurs sur BOB

 

Editions de l’Olivier, février 2008, 244 pages, prix : 21 €

Existe en poche.

Etoiles :

Crédit photo couverture : © scandella@IDSland.com et l’Olivier éd.

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L’amour est à la lettre A – Paola Calvetti

6 Octobre 2009, 11:54am

Publié par Laure

Traduit de l’italien par Françoise Brun

Emma, divorcée et quinquagénaire, tient une librairie milanaise spécialisée en romans d’amour : Rêves&Sortilèges. Elle se passionne pour son travail, le classement des différents genres amoureux, et le décor de ses vitrines. Un beau jour surgit au magasin un ex petit ami connu trente ans plus tôt, Federico, son grand amour de jeunesse resté pourtant toujours platonique. Marié et père de famille, il est architecte et part travailler sur un grand projet à New York. Ils décident toutefois de renouer une conversation secrète, par le biais de lettres envoyées poste restante, leur plaisir de se retrouver ne saurait faire bon ménage avec leur vie publique et les nouvelles technologies. Pas d’e-mails donc, mais de bonnes et longues lettres à l’ancienne. Et une fois par an, quelques jours de retrouvailles à Belle-Ile en Mer, île bretonne.

Voilà typiquement le genre de roman léger et agréable qui file tout seul, idéal pour la plage ou la chaise longue au soleil. On y trouve finalement ce qu’on y attend, sans grande surprise, tout s’y déroule toujours bien, un rebondissement contrariant (quand même) avant une fin heureuse, parfois un peu longuet ou répétitif mais on est là pour ça : le plaisir des lettres des amants qui se racontent leur quotidien, les collègues environnants qui évoluent dans leurs histoires d’amour, la librairie idéale, Mattia le grand fils adolescent qui vole vers l’indépendance et fait un beau cadeau à sa maman : quand la littérature contemporaine est souvent noire et triste, voici un roman qu’on peut conseiller aisément aux lecteurs en quête de légèreté et d’histoire pas déprimante, mais pas complètement guimauve non plus.

Ed. Presses de la Cité, avril 2009, 381 pages, prix : 20 €
Etoiles :
Crédit photo couverture : © Leptosome et éd. Presses de la Cité

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Tipperary - Frank Delaney

30 Août 2009, 19:54pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Irlande) par Pascal Loubet

 

Charles O’Brien, jeune guérisseur itinérant dans le comté de Tipperary en Irlande rencontre la jeune April Burke, de vingt ans sa cadette, au chevet d’Oscar Wilde qu’il ne parviendra pas à sauver. Mais il tombe alors amoureux de la jeune femme, qui elle, ne partage pas du tout son enthousiasme ! Il apprend aussi qu’elle pourrait être l’héritière du château de Tipperary, riche propriété tombée à l’abandon qui attise bien des convoitises. A travers le périple amoureux fort contrarié de Charles, c’est l’histoire de l’Irlande dans les années 1900-1920 qui nous est narrée, ses mouvements d’Indépendance notamment.

Ce qui surprend au départ, mais on s’y habitue vite, c’est l’alternance des narrateurs, mêlés sans distinction de chapitres. Un narrateur contemporain (Michael Nugent) intervient en commentant régulièrement, car il se fait le porte-parole d’écrits retrouvés dans une malle : récit de Charles, extraits de journaux de sa mère, etc.

Véritable fresque historique, j’avoue avoir quand même trouvé le temps un peu long dans cette lecture. Les rencontres avec des personnages célèbres (Wilde, Yeats, Georges Bernard Shaw) sont hélas trop brèves, les passages historiques et politiques sont intéressants mais on finit par s’y perdre un peu, l’histoire d’amour à rebondissements peine à prendre sa place, et malgré les péripéties nouvelles de la fin (elles arrivent un peu tard), il manque un ressort dynamique à ce roman. Une impression mitigée donc.

 

Michel Lafon, juin 2009, 430 pages, prix : 22 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Courtesy of the library of Congress et éd. Michel Lafon

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La mère des chagrins - Richard McCann

16 Juillet 2009, 06:52am

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Anne Damour


Neuf nouvelles parues séparément au fil des ans et qui se trouvent ici réunies pour former un roman, le roman d'une famille dont un fils se porte le dernier héritier du souvenir.

On remonte ainsi dans les années 50 à Washington DC, une maison de banlieue, une mère belle et fantasque, qui fait rêver son plus jeune fils qui lui voue une adoration sans faille, à cette Maria Dolorosa, « la mère des chagrins ». On revisite avec le narrateur devenu adulte la mort du père, la mort du frère ainé d'une overdose à 35 ans, le placement de la mère qui a sombré dans la démence, les errances du jeune homme qui cherche à installer son identité homosexuelle sans peiner ni suivre le drame de son frère, la maladie qui s'insinue dans les liens intimes de l'amitié ou de l'amour...

Un très très beau récit, qui bien qu'il s'ancre dans les années 50, paraît tout à fait actuel. Une histoire familiale qui se reconstruit d'une manière littéraire inédite, à découvrir sans hésiter.

 

Un premier roman paru sous une très belle couverture également aux éditions des Deux Terres en 2006

 


Points n°1909, avril 2008, 245 pages, prix : 6,50€

Etoiles :

Crédit photo couverture :  © Nicolas Descottes, collection su musée Christian Dior, Granville, et éd. Points/Seuil.

Crédit tout court : merci Cuné !

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Les boîtes de ma femme - Eun Hee-Kyung

14 Juillet 2009, 13:56pm

Publié par Laure

Traduit du coréen par Lee Hye-Young et Pierrick Micottis


Recueil de 5 nouvelles coréennes, dans le Séoul américanisé des années 90, nouvelles à mon avis assez inégales, mais toutes dérangeantes, surprenantes, un brin déroutantes.

La première, les boîtes de ma femme, donne le titre au recueil. Alors qu'il a dû faire placer sa femme en hôpital psychiatrique, un homme regarde les petites bricoles entassées par sa femme dans des boîtes et peine à la comprendre. Devenue stérile après un avortement, cela semble l'avoir rendue folle.

Ma femme évanescente est un peu dans le même ton : un homme lit le journal intime de sa femme, qu'elle laisse trainer dans la maison. Il découvre une tout autre vie que celle qu'il croyait voir.

Je n'ai pas aimé du tout la troisième nouvelle, les deux amants, je m'y suis tant ennuyée que je ne suis pas même capable de la résumer.

On n'avait pas pensé à l'imprévu... Un homme sombre dans l'alcoolisme car sa femme ne semble guère l'aimer. Elle ne songe qu'à mettre de l'argent de côté. C'est quand elle songe au divorce qu'il meurt dans un accident de voiture. Alors que plus tard elle est semble amoureuse d'un autre homme, elle en épouse un autre.. là encore, déroutant !

Ma préférence va à la dernière nouvelle, Yeonmi et Youmi, l'histoire de deux sœurs. Yeonmi étudie à Newcastle, elle est plutôt solitaire. Elle vit chichement avec l'argent de sa mère, mais voyage beaucoup avec l'argent de lui envoie sa sœur, un modèle de réussite pour elle. Un jour un colis arrive, et elle découvre le journal de cette soeur finalement bien mal connue, puisqu'elle a aimé follement aimé un homme, mais préférant se soumettre au mariage arrangé par ses parents, pour mieux vivre sa solitude dans le mariage !


C'est un sentiment de malaise qui m'a accompagnée tout au long de cette lecture, un choc des cultures sans doute, des personnages étranges (on pense à Ogawa mais c'est différent encore), la folie quasi omniprésente ou planant comme une ombre, l'alcoolisme, la solitude, l'idée de solitude dans le mariage répétée sur quasi toutes les nouvelles, c'est sombre et un peu glaçant !

Je suis sans doute passée à côté, mais je n'ai pas su apprécier cette première intrusion dans la littérature coréenne (en dehors du manwha).




Zulma, avril 2009, 221 pages, prix : 18 euros

Etoiles : 

Crédit photo couverture : © David Pearson et éd. Zulma

 

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La Reine des lectrices - Alan Bennett

9 Juin 2009, 14:45pm

Publié par Laure

Roman traduit de l’anglais par Pierre Ménard

 

Quand la Reine d’Angleterre découvre (par hasard !) le goût et le plaisir de la lecture, le protocole en prend un sacré coup ! Ses tâches habituelles l’ennuient, car elles la détournent de l’essentiel : cette nouvelle soif de littérature découverte sur le tard. Sa ponctualité légendaire va dès lors se transformer en retards non moins légendaires pour cause de récits trop prenants …

C’est une farce bien sûr, mais c’est assez amusant ! Peut-on passer son temps à lire quand on est Altesse Royale ? Petit roman distrayant que je trouve néanmoins vite éventé : la substance de l’intrigue est dite en quelques lignes dans les premières pages, et les 170 qui suivent ne me semblent être qu’un délayage citant au passage quelques titres de référence et quelques idées éculées sur « le pouvoir » de la lecture. Le joyeux soufflé retombe un peu vite.

Sympathique donc, mais sans plus…

 

Denoël & d’Ailleurs, janvier 2009, 173 pages, prix : 12 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Rota / Camera Press / Gamma et éd. Denoël

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La locataire - Hilary Mantel

6 Mai 2009, 16:38pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Catherine Richard

 

Sylvia et Colin Sydney forment un couple un peu dépassé par les événements (leurs enfants grandissant !) et un peu affaibli par un adultère passé : Colin garde le souvenir mélancolique d’ une liaison avec une assistante sociale rencontrée par hasard dans le quartier : Isabel Fields. Même si elle n’en a jamais rien dit, Sylvia a toujours su au plus profond d’elle-même. Isabel intervenait dans une famille quand tout a basculé : séquestrée par la propriétaire, elle en est restée fragile, et Muriel, la fille de la maison, jeune mère infanticide, ne lui a jamais pardonné son intervention, qui a entraîné son internement en psychiatrie. Dix ans plus tard, Muriel Axon revient pour se venger. Sous les traits d’une femme de ménage dans la famille de Sylvia et Colin ou sous ceux d’une aide-soignante dans un hospice, elle est passée maître dans l’art du déguisement et de la manipulation pour récupérer son bien : sa maison habitée par les Sydney, et pour se venger de ceux par qui elle estime avoir été lésée.

Dit comme ça, on se sent vite embarqué dans un imbroglio impossible, alors que l’ensemble se veut un puzzle parfaitement maîtrisé où chaque pièce s’imbrique par le biais de rebondissements surprenants, sur fond d’humour très noir. Chaque détail a son importance qui rejaillira d’ici la fin. Une fin étonnante d’ailleurs, qui laisse un peu dans le doute quant à la noirceur du dénouement qu’elle suggère sans toutefois l’énoncer.

Un roman prenant, qui tient surtout par la force de ses personnages bien campés, ses rebondissements retors d’une violence psychologique sourde, plus latente que réellement décrite, mais tout aussi efficace.

 

Les lectures de Clarabel, Calepin, Cathulu,

 

Editions Joëlle Losfeld, février 2009, 294 pages, prix : 25 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Ouka Leele / Agence Vu (détail) et éd. J. Losfeld

Crédit tout court : merci à Clarabel pour le prêt !

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Mon voisin - Milena Agus

6 Avril 2009, 10:59am

Publié par Laure

 

Traduit de l'italien par Françoise Brun


Courte nouvelle de 51 pages, mon voisin nous plonge dans la moiteur lourde de Cagliari, village sarde, et la déprime languissante d'une mère : elle vit seule avec son petit garçon de deux ans qui ne marche toujours pas, pas plus qu'il ne parle d'ailleurs. Elle rêve au suicide parfait qui ferait croire à l'accident, ne la condamnant pas ainsi aux yeux du voisinage. Mais son voisin apparaît, ainsi que son fils turbulent, de l'autre côté du mur mitoyen surmonté de tessons de bouteilles. Peu à peu, les tessons disparaissent et la vie réapparaît...

D'emblée, je n'ai pas aimé ce personnage féminin, son attitude, et du coup n'ai pas su apprécier ce court texte, pesant, lourd, même s'il s'éclaircit sur la fin. Je n'y ai pas été sensible, c'est tout !

A moins que ce ne soit la forme trop courte ? Donc non, tant pis.


Merci quand même à Cathulu pour le prêt surprise !


Liana Levi, coll. Piccolo, janvier 2009, 51 pages, prix : 3 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Denis Hoch et éd. Liana Levi

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