L'ennemi des fourmis - Stephan Valentin
Encore un livre terrible dont il est difficile de se remettre. Tant de violences étouffées qui explosent. Une force littéraire qui me bouscule de plein fouet, au rythme des mots et de la tension dramatique qui va crescendo. Pfiou, KO à la fin du livre, la lectrice que je suis.
Le petit Jonas part à la campagne habiter la maison de sa grand-mère maternelle, avec sa mère enceinte et pas loin d’accoucher. Pourquoi quittent-ils la ville, l’école, aussi soudainement ? Peut-être parce que sa mère porte au visage les traces d’une violence masculine ?
Jonas est un petit tortionnaire dans son genre : il terrorise le chat, ne se gêne pas pour brutaliser tout ce qui est sur son passage : fourmis, escargots, sa grand-mère qui ne l’aime pas (« le sale petit bâtard), et il joue sans cesse avec le feu, au sens propre du terme. Pour passer le temps il accepte aussi de jouer avec la petite Sarah, une fillette qui n’a pas sa langue dans sa poche et va l’entraîner dans une bien sinistre aventure. Jonas regarde aussi d’un mauvais œil les hommes avec lesquels sa mère sympathise, ceux qu’il appelle les « oncles », il ne tolère pas leur présence. Avec des mots simples mais ô combien efficaces, l’auteur nous mène peu à peu vers la tragédie, et des drames en 3 jours, il y en a ! Une fin terrible aussi, injuste mais était-il vraiment possible d’en écrire une autre ?
C’est pas ma faute si les meilleurs livres sont aussi les plus noirs !
Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni.
Actes Sud, coll. Lettres allemandes, avril 2003, 142 p., ISBN 2-7427-4248-4, prix : 13 €
Ma note : 4,5/5
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s de maternité ! Euh je n'ai jamais investi là-dedans et nous nous portons très bien merci.
Lorsqu’elle croit reconnaître un homme sur un pont à Londres, Stella quitte tout, son emploi, son appartement, et sa sœur envahissante, Nina, pour s’enfuir complètement paniquée dans un village d’Ecosse où elle trouvera un job de réceptionniste femme de chambre dans un hôtel. De son côté, à Hong Kong, Jake participe à la fête du Nouvel An chinois quand soudain c’est la bousculade et le drame : Mel, sa petite amie est écrasée par la foule et grièvement blessée, tandis que la meilleure amie de celle-ci meurt sous les piétinements. Sur son lit d’hôpital, Mel ne veut pas mourir sans être mariée à Jake. Ainsi ils se marient, les médecins prédisant la mort de Mel avant le petit matin. Mais elle survivra et Jake la ramènera auprès de ses parents en Ecosse. Comment lui faire comprendre qu’il ne l’a jamais aimée et qu’il ne veut pas de ce mariage ? Partant à la recherche des traces de son père qu’il n’a jamais connu, il se retrouvera dans le même hôtel que Stella, où l’on s’en doute, naîtra une grande passion fortement contrariée.
Ce dernier roman de Douglas Kennedy est un bon cru, malgré quelques longueurs, offrant deux parties distinctes qui sont dans l’idée et dans le rythme proches à la fois d’A la poursuite du bonheur et de l’homme qui voulait vivre sa vie. (Pour ceux qui connaissent un peu les précédents romans de D. Kennedy !)
Si vous aimez l’atmosphère étrange et fascinante des romans d’Ogawa, alors celui-ci remplit bien son contrat. L’héroïne change de travail après avoir perdu une partie de son annulaire dans une usine d’embouteillage de sodas. Elle postule dans un laboratoire un peu particulier, dirigé par un certain M. Deshimaru, taxidermiste de son état. Les objets qu’il naturalise sont un peu particuliers : des ossements d’oiseau, des champignons, un air de musique, des choses déroutantes mais qui pour leurs propriétaires sont essentielles. Ils viennent les déposer dans ce laboratoire de « spécimens » pour s’en libérer. Peu à peu se noue une relation charnelle entre la jeune employée et son patron, par le biais notamment d’une paire de chaussures qu’il lui offre. Là encore, ces chaussures ont un pouvoir étrange. Fétichisme, trouble, on retrouve dans ce récit cette atmosphère légèrement morbide et inquiétante qui fait le style si particulier d’Ogawa. La fin est surprenante, car le spécimen que souhaite déposer la jeune femme n’est pas forcément celui qu’on attend, entre titre de l’ouvrage et prégnance des chaussures, tous les doutes sont permis. Un bon récit, à l’épurement japonais parfait.
Je ne saurais faire de comparaison de ce dernier opus d'Auster avec les précédents car il y a bien longtemps que je n'avais rien lu de lui, depuis la trilogie new-yorkaise, c'est dire ! J'ai trouvé un bonheur simple dans la lecture de brooklyn follies, des personnages attachants qui savent à présent où est l'essentiel dans leur vie, d'autres plus loufoques ou moins rangés, ou encore un peu cabossés par la vie, mais tous débordent d'un optimisme contagieux quand il s'agit de nous embarquer dans leurs aventures et leurs rêves d'hôtel Existence où vivre loin du tourbillon new-yorkais et du monde devenu fou. On peut regretter peut-être une fin un peu facile, comme l'impression pour moi que ce 11 septembre 2001 sert bien de prétexte à ceux qui ne veulent pas que leur livre se finisse bien. En même temps j'aime bien les fins où justement, ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants, parce que vie et contes de fées, c'est pas tout à fait la même chose.