Les jardins d'Hélène

romans etrangers

L'amour comme par hasard - Eva Rice

10 Mars 2009, 16:40pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Martine Leroy-Battistelli

Titre original : the lost art of keeping secrets

 

Si vous cherchez un roman distrayant, pétillant, léger mais pas bêta, pour un long voyage en train ou une semaine de vacances, ne cherchez plus, l’amour comme par hasard s’y prête parfaitement !

Angleterre, 1954. C’est l’histoire d’une amitié entre deux jeunes filles de 18 ans, une rencontre née du hasard entre la pétulante Charlotte et la bien plus sage et réservée Pénélope. Vivant dans un grand manoir délabré, Pénélope cherche un peu de gaieté entre sa mère veuve de guerre bien trop jeune, et son frère Inigo, fan d’Elvis. Jeux de l’amour et du hasard, soirées arrosées, émancipation de la jeunesse, cœurs à prendre et machinations diverses, rassurez-vous, le sentiment l’emporte malgré les chemins de traverse tortueux. Quelques secrets de famille, une ambiance très musicale, la timidité de l’Angleterre face à tout ce qui vient d’Amérique, et l’assurance de la belle Charlotte achèveront de vous convaincre de découvrir ce très sympathique roman, aux personnages secondaires tout aussi intéressants que ses deux héroïnes fantasques et rêveuses.

 

Un extrait pour sourire : p. 291 « les garçons ne valent pas tous les soucis qu’ils nous causent, pensai-je. Il était bien plus sage de se contenter de lire des romans, dans lesquels on voit le héros arriver à des kilomètres. »

 

Lu dans le cadre d’une offre du Livre de Poche.

 

Le Livre de poche n°31252, février 2009, 530 pages, prix : 6,95 €

Ma note :


Crédit photo couverture : © Condé Nast Archive / Corbis et éd. LGF

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Histoire de l'oubli - Stefan Merrill Block

3 Février 2009, 15:47pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Valérie Malfoy.

 

On connaissait une histoire de l’amour, il faudra désormais compter avec cette histoire de l’oubli. Il n’y a pas à dire, les auteurs américains sont vraiment doués quand il s’agit de construire et de raconter une histoire, et quand on sait que ce jeune auteur-là n’a que 26 ans, on peut bien admettre que son premier roman tient du prodige.

Une construction alternative comme il faut, du tragique et de l’humour, une fable étrange qui se mêle à l’ensemble et sert de passerelle, du romanesque fantasque, du drôle et du sérieux, c’est un roman ambitieux qui tient toutes ses promesses.

Ecrire sur une variante de la maladie d’Alzheimer qui touche précocement les membres d’une famille, en remonter le fil historique et en élaborer une histoire parfois aussi sérieuse que fantaisiste, voilà qui a de quoi vous souffler quand vous avez un tel résultat entre les mains.

Abel est un vieil ermite bossu qui a vu mourir son frère de cette maladie, et qui n’a jamais revu sa fille depuis plus de vingt ans. Seth est un adolescent de 15 ans qui n’accepte pas la maladie de sa mère et souffre terriblement de ne rien savoir de son passé. Elève solitaire et surdoué, il va se plonger dans toutes sortes de lectures sur la dégénérescence neurocognitive, et tenter de reconstruire le passé de sa mère. Bien évidemment les personnages vont se rejoindre, se mêler à d’autres longues histoires au travers desquelles S. Merrill Block démontre tout son talent de conteur ! Prodigieux, vraiment.

 

Albin Michel, janvier 2009, 361 pages, prix : 20 euros

Ma note :



Crédit photo couverture : © Jo McRyan / Getty Images, et éd. Albin Michel

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La vie en sourdine - David Lodge

13 Janvier 2009, 17:22pm

Publié par Laure

Desmond est un éminent professeur de linguistique à la retraite. Veuf (sa première épouse est décédée d’un cancer), il s’est remarié avec (Wini)fred, qui dirige un petit magasin de déco. Leurs enfants respectifs sont adultes et indépendants, tout va bien, sauf que Desmond s’ennuie sérieusement chez lui, et que l’âge aidant, il devient de plus en plus sourd. Autobiographique sur deux points : la surdité et le père âgé qui perd peu à peu son autonomie, David Lodge nous offre un nouveau roman dans le milieu universitaire qui lui est cher, drôle, ironique, plus personnel aussi, mais tendre et enlevé.

Les prothèses auditives tombant toujours en panne de piles quand il ne faut pas, il arrive que Desmond soit coupé des conversations et se mette dans des situations mal à propos. Ainsi il se retrouve à aider sans le vouloir une doctorante un brin mythomane et perverse sur sa thèse portant sur les lettres de suicidés.

Joyeuse concupiscence, troubles de l’âge, préoccupations décalées du couple, gravité de la vieillesse du père qu’il faut accompagner, c’est un roman tantôt touchant tantôt drôle qui se lit tout seul. Peut-être pas le meilleur de Lodge, mais bien agréable quand même.

Une mention particulière pour la description du week-end à Center Parcs (Gladeworld, en Angleterre, mais concept identique) avec un couple d’amis : si vous connaissez ce genre d’endroit, le récit est à mourir de rire, car c’est tout à fait ça ! A souligner de même les moments graves comme la visite d’Auschwitz et l’hospitalisation du père.

Ecrit sous forme de journal intime à la première et à la troisième personne, émaillé de théories linguistiques auxquelles il faut parfois s’accrocher, je n’ai pas vraiment perçu l’aspect « journal », même si les dates ponctuent le récit, la forme s’effaçant, j’ai vraiment plongé dans le roman, une fiction mêlant les thèmes chers à Lodge avec beaucoup de dérision. Plaisant, vraiment.

Ma note :


Crédit photo couverture : éd. Rivages et Amazon.fr

 

 

Les lectures de Calepin, Clochette , Cuné, Kathel, Keisha, et bien d’autres sans doute …


 

Ed. Payot-Rivages, août 2008, 413 pages, prix : 21,50 €

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L'Eglise des pas perdus - Rosamund Haden

10 Janvier 2009, 11:08am

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Judith Roze

 

C’est l’histoire d’une longue amitié qui a souvent été très mal perçue, et pour cause : c’était le temps de l’apartheid en Afrique du Sud. Catherine King est la fille du propriétaire de la ferme à Hebron, au nord-est de Johannesburg, et Maria est la fille de la cuisinière noire qui travaille pour eux. Elles n’ont pas la même couleur de peau, mais elles ont grandi ensemble et sont inséparables, même si Catherine est obligée de partir avec sa mère après la découverte par celle-ci que son mari la trompe, elles savent qu’elles se reverront.

Quelques années plus tard, Catherine revient à Hebron. Maria est toujours là, mais la ferme a été reprise par un couple, Tom et Isobel Fyncham. Entre Katie et Tom, l’attirance est forte…

 

Un roman à la construction souvent habile, parfois un peu confuse, qui mêle constamment époques et personnages, retour en arrière et temps présent,  avec pour point central toujours la petite église où se retrouvent les deux amies. S’il se déroule pendant l’apartheid, le sujet reste néanmoins discret et évoqué de façon subtile, jamais ostentatoire. J’ai aimé le caractère affirmé des personnages et bien développé par l’auteur, jusque dans les personnages secondaires, ainsi que l’intrigue étonnante qui révèlera le secret de famille. Jusque dans les histoires d’amour qui s’entremêlent, tout est bien mené, jamais mièvre. Mais ce qui est à retenir de ce livre, c’est d’abord une grande et indéfectible amitié que tout alentour aurait voulu briser. Un roman très agréable.

Lu en janvier 2009 dans le cadre d’une opération promotionnelle du Livre de poche.



Le livre de poche n°31165, novembre 2008, 280 pages, prix : 6,95 €

(Première publication chez Sabine Wespieser)
Ma note :


Crédit photo couverture : © Lucien Aigner / Corbis et éd. LGF

 

 

 

 

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Rafael, derniers jours - Gregory Mcdonald

8 Décembre 2008, 14:17pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Jean-François Merle

 

Repéré sur le site de Jean-Marc Laherrèreson article m’a laissé croire qu’il ne fallait pas passer à côté de ce livre, et ouachh, quel coup de poing dans la figure !

Rafael est un pauvre type, alcoolique, illettré, qui vit dans une sorte de bidonville entre l’autoroute et la décharge publique. Père de 3 très jeunes enfants, il vit là en communauté avec sa femme, le reste de sa famille et d’autres gens comme eux. Impossible de trouver un job pour des gens comme eux, et le peu de ferraille qu’ils récupèrent à la décharge ne suffit pas à faire vivre tout le monde. Mais Rafael est content, il vient de trouver un job : 300 dollars payés d’avance, le solde (30 000 $ en tout) le contrat rempli. Le contrat ? Tourner dans un snuff movie, ces films où la torture et la mort ne sont pas simulées mais bien réelles, pour le plaisir de quelques déséquilibrés fans du genre. Sa vie contre une heure de torture et 30 000 $. D’emblée l’auteur prévient, en préambule du roman, que le chapitre 3 sera difficile à lire, éprouvant, difficilement soutenable, mais qu’il sert le propos général du livre. En effet dans ce chapitre, le producteur du film décrit par le menu toutes les tortures qui seront infligées à Rafael. Et Rafael signe.

Mais le plus insoutenable dans ce livre, c’est l’impuissance du lecteur face à la manipulation des uns, la complicité tacite des autres, et la naïveté de Rafaël. Bien sûr que sa femme ne touchera jamais les 30 000 $, mais seul le lecteur le comprend, et il faut le suivre dans sa fierté toute neuve dépenser son avance en cadeaux symboliques pour ses enfants, robes pour sa femme et une risible dinde. Il faut encaisser la pauvreté de ces familles et la dignité de Rafael, et les tripes qui se nouent au fil des pages.

Court roman (190 pages), il se lit d’une traite, et d’ailleurs il faut le lire d’une traite, pour en accuser toute la force.

 

Titre original : The Brave, © Gregory McDonald, 1991, © 1996 pour la traduction française chez Fleuve Noir.

 

10-18, 190 pages, juin 2005, prix :6,50 €

Ma note :


Crédit photo couverture : © Karnil Vojnar / photonica et éd. 10-18

(PS : et contrairement à ce que je disais en marge (blog-it), ce 10-18 là est lisible sans arracher les pages, même si les marges sont petites, elles existent et la typographie est correcte. Il semble que seuls les pavés classique souffrent d’une densité maximale).

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Professeur d'abstinence - Tom Perrotta

3 Novembre 2008, 19:17pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Madeleine Nasalik

 

Ah l’Amérique puritaine et bien-pensante, ses démons et son hypocrisie : tout un roman !

 

Ruth Ramsay est professeur d'éducation sexuelle dans un lycée et c'est une malheureuse réponse faite à une élève sur la fellation ("certains y prennent plaisir") qui va la livrer à la vindicte bien-pensante des puritains de l'Eglise du Tabernacle. Pour calmer le jeu, le directeur va faire appel à Joan Marlow, une "consultante virginité" qui va prôner tous les avantages de l'abstinence avant mariage, et ce dans une tenue ultrasexy, évidemment.

Mais Ruth ne s'en laisse pas conter si facilement, surtout quand Tim Mason, l'entraîneur de l'équipe de foot de ses filles, adepte du Tabernacle, fait une prière en plein milieu de terrain pour remercier Dieu de la victoire. Tim, un personnage complexe, divorcé, remarié, ex alcoolo et toxico, rangé car touché par la grâce de Dieu, du moins en apparence. Et ces deux-là que tout oppose, bien sûr, vont s'attirer malgré eux...

Longs portraits des personnages, c'est une description virulente (mais sans aucune surprise) de l'Amérique puritaine et hypocrite. Tous les clichés y passent, et malgré quelques scènes drôles, tout est couru d'avance dans ce roman... C’est bien dommage, car au final cela donne du déjà lu déjà vu, jusqu’au happy end cucul.

J'attendais davantage de joutes entre la divorcée battante et laïque et le puritain hypocrite, et surtout que les scènes soient davantage mêlées plutôt que successives (alternance de longs passages sur Tim, puis sur Ruth, et ainsi de suite...), le héros est bien davantage Tim que Ruth, et je m’attendais à l’inverse.

 

Merci à Cuné pour le prêt, qui ne s’était guère trompée en en abandonnant la lecture.

 

Ed. de l’Olivier, mai 2008, 395 pages, prix :22 €

Ma note :


Crédit photo couverture : © Mark Velasquez Photography et éd. de l’Olivier

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Les armées - Evelio Rosero

25 Octobre 2008, 08:56am

Publié par Laure

Ismael est un vieil instituteur à la retraite, qui vit des jours paisibles avec son épouse Otilia dans le petit village colombien de San José. Ismael a un plaisir simple dans la vie : regarder tous les jours sa belle voisine qui bronze nue dans son jardin en prenant pour prétexte de cueillir ses oranges. Et tant qu’il y a du désir, il y a de la vie. Sa femme le réprimande gentiment chaque jour, c’est leur petit rituel.

Mais ces plaisirs idylliques seront de courte durée, le village se retrouve vite dans un chaos sanglant : partout des hommes armés qui kidnappent, torturent, tuent. On ne les différencie pas bien : paramilitaires, guérilleros, narcotrafiquants… en tout cas ils font régner la violence et la peur. C’est dans ce nouveau contexte que sombre peu à peu Ismael : parti à la recherche d’Otilia disparue (qui elle-même le cherche), il erre dans la misère de sa propre déchéance dans ce village dévasté, voyant mourir ou disparaître peu à peu ses voisins et amis.

Un très beau roman qui parle de la violence colombienne par de jolis moyens détournés : on s’attache à ce vieil Ismael qui perd la mémoire, sa vigueur, et peu à peu sa raison.

Une mention toute particulière pour les début et dernière partie du roman qui sont excellents, cet art de dire sans avoir l’air d’y toucher. Remarquable.


 

Elles l’ont répéré également :

Essel, Papillon, Clarabel, ... 

 

 

Métailié, août 2008, 155 pages, prix : 17 €

Ma note : 


Crédit photo couverture : © Getty Images et éd. Métailié

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Une semaine en octobre - Elizabeth Subercaseaux

29 Septembre 2008, 15:03pm

Publié par Laure

 

Traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Plantagenet

 

Clara est atteinte d’un cancer du sein qu’elle sait en phase terminale malgré les traitements et l’ablation du sein. Elle écrit son journal dans un cahier, ses derniers jours et un retour sur sa vie de couple, journal intime que va lire en cachette son mari Clemente. Elle démarre par le récit d’une liaison, interrompue par le décès de son amant, ami du couple. Clemente tombe des nues : est-ce fiction ou réalité ? Car bien des passages qu’il découvre sur des scènes communes sont vrais, mais enjolivés, modifiés, transformés. Et il n’y a pas toujours le beau rôle. S’est-elle donc tant ennuyée avec lui ? Il est encore plus surpris de découvrir que Clara sait depuis toujours pour son adultère à lui, sa relation avec Eliana depuis 7 ans. Pourquoi n’a-t-elle jamais rien dit ? Veut-elle se venger avec ce cahier ?

Ce roman me laisse perplexe car tous les éléments y étaient pour faire quelque chose de grand, et s’il se lit tout seul, il reste hélas au niveau tracé plat. Alternance des chapitres : journal de Clara, pensées de Clemente, le lecteur a tendance a s’identifier davantage à ce personnage du mari, plus actif, en quête de vérité. Alors, fiction ou réalité ce journal ? On aura la réponse à la fin du roman, mais l’épouse étant décédée et la réponse donnée, on ne sait pas trop bien quoi faire du résultat. Qu’a-t-elle voulu faire au juste ?

Les sujets graves et classiques y sont (le cancer, les secrets d’un couple), le ressort littéraire y est (l’insertion d’un journal intime vrai ou fantasmé), alors pourquoi on n’arrive pas à savoir quoi faire de tout ce matériau livré ? Le personnage de Clara restera pour moi incompréhensible, et donc, le roman n’aura pas réussi à m’atteindre.

 

Les lectures de Cuné, …..

 

Flammarion, août 2008, 179 pages, prix : 18 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : © Andrew Davis / Trevillion Images  - et éd. Flammarion

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Choisie - Susan Richards

15 Septembre 2008, 14:32pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Bernardine Cheviron

 

Choisie est un livre étonnamment apaisant, doux et triste à la fois, mais d’une beauté délicate.


Susan a connu une enfance maltraitée, où après le décès de sa mère à l’âge de 5 ans, elle a été baladée d’accueils en accueils peu aimants. De même son mariage a été un gros échec. A 44 ans, elle s’est donc repliée seule avec 3 chevaux, dans une ferme à la campagne. Mais de ses malheurs ou de ses douleurs il est assez peu fait étalage, ou du moins assez maladroitement. Non, le propre du roman, c’est l’histoire magnifique d’un attachement à l’animal, d’une confiance réciproque entre la femme et un cheval. En effet, le livre s’ouvre ainsi : des chevaux maltraités sont saisis à leur propriétaire et confiés temporairement à la SPA, en attendant d’être placés ou adoptés auprès de personnes attentionnées. Lorsque Susan arrive, le cheval qu’elle souhaite adopter ne veut pas la suivre, mais c’est une autre jument, Lay Me Down, et sa pouliche, qui l’a choisie. Entre l’animal blessé et la femme elle-même malmenée par la vie va naître une belle histoire, de douceur et de confiance, de résilience, pour employer un mot à la mode. Trop triste de par la fin, mais tous les passages parlant des chevaux et de leur comportement sont beaux, justes, touchants. Une belle découverte qui plaira d’autant plus à tous ceux qui aiment les chevaux.

 


Sur le site de l’éditeur 
 

 

 

Editions du Rocher, août 2008, 271 pages, prix : 18 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. du Rocher / Atelier Didier Thimonier

 

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Un jour avant Pâques – Zoyâ Pirzâd

29 Août 2008, 07:54am

Publié par Laure

 

Traduit du persan (Iran) par Christophe Balaÿ

 

Edmond a 12 ans, jeune garçon arménien qui vit simplement dans sa famille, entre l’école et l’église. Il s’émerveille de choses simples, comme une coccinelle qui passe et qu’il capture. Il est très ami avec la petite Tahereh, la fille du concierge de l’école, mais celle-ci est musulmane, et les relations entre adultes des deux communautés ne sont pas faciles. Puis un jour avant Pâques à nouveau, mais après un grand saut dans le temps. Edmond est devenu directeur de l’école dans laquelle il allait étant enfant. Il est marié avec Marta et il a une fille, Alenouche, laquelle leur annonce son mariage avec Behzad, un non-arménien, c’est toujours aussi contrariant. Nouveau saut dans le temps, nouvelle veille de Pâques, fête des œufs peints, cela n’a pas changé. Edmond est seul, il ne reste plus que Danik, la surveillante du collège, une femme « déshonnête » parce qu’elle était amoureuse d’un musulman, chassée de son village elle est venue vivre à Téhéran.  Sa fille Alenouche est partie vivre au loin.

Par des allers-retours constants entre passé et présent, on reconstitue l’histoire d’une vie, celle d’un amour et de petits riens, celle d’une communauté faite de traditions, celle d’un pays cosmopolite, c’est un récit fin et délicat qui aborde aussi la liberté d’aimer qui l’on veut face au poids des traditions. Des regrets quand même, face aux ellipses, trop grandes et trop nombreuses : même si l’on comprend bien l’histoire, il y a des manques : qu’est devenue Tahereh ? Pourquoi si peu sur la fin de Marta ? Les personnages sont attachants, on aimerait en savoir plus sur eux, et on les quitte à regrets. Quelques jours avant Pâques, à trois époques différentes, et un flacon d’encre verte qui fait entre autres, le lien entre les trois pour nous livrer l’histoire d’Edmond et des siens. Une auteur à suivre, ou à rattraper, si comme moi, l’on n’a pas encore lu ses précédents titres : On s’y fera, ou Comme tous les après-midi.

 


La présentation de l’éditeur : ici
D’autres lectures : shyankarClarabel, Cuné ...
 

Zulma, août 2008, 136 pages, prix : 16,50 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © David Pearson et éd. Zulma

Crédit tout court : merci à Cuné pour le prêt

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