L'amour comme par hasard - Eva Rice
Traduit de l’anglais par Martine Leroy-Battistelli
Titre original : the lost art of keeping secrets
Si vous cherchez un roman distrayant, pétillant, léger mais pas bêta, pour un long voyage en train ou une semaine de vacances, ne cherchez plus, l’amour comme par hasard s’y prête parfaitement !
Angleterre, 1954. C’est l’histoire d’une amitié entre deux jeunes filles de 18 ans, une rencontre née du hasard entre la pétulante Charlotte et la bien plus sage et réservée Pénélope. Vivant dans un grand manoir délabré, Pénélope cherche un peu de gaieté entre sa mère veuve de guerre bien trop jeune, et son frère Inigo, fan d’Elvis. Jeux de l’amour et du hasard, soirées arrosées, émancipation de la jeunesse, cœurs à prendre et machinations diverses, rassurez-vous, le sentiment l’emporte malgré les chemins de traverse tortueux. Quelques secrets de famille, une ambiance très musicale, la timidité de l’Angleterre face à tout ce qui vient d’Amérique, et l’assurance de la belle Charlotte achèveront de vous convaincre de découvrir ce très sympathique roman, aux personnages secondaires tout aussi intéressants que ses deux héroïnes fantasques et rêveuses.
Un extrait pour sourire : p. 291 « les garçons ne valent pas tous les soucis qu’ils nous causent, pensai-je. Il était bien plus sage de se contenter de lire des romans, dans lesquels on voit le héros arriver à des kilomètres. »
Lu dans le cadre d’une offre du Livre de Poche.
Le Livre de poche n°31252, février 2009, 530 pages, prix : 6,95 €
Ma note :
Crédit photo couverture : © Condé Nast Archive / Corbis et éd. LGF
/image%2F0683481%2F20161028%2Fob_56b2ff_chaussette.jpg)
On connaissait
Desmond est un éminent professeur de linguistique à la retraite. Veuf (sa première épouse est décédée d’un cancer), il s’est remarié avec (Wini)fred, qui dirige un petit magasin de
déco. Leurs enfants respectifs sont adultes et indépendants, tout va bien, sauf que Desmond s’ennuie sérieusement chez lui, et que l’âge aidant, il devient de plus en plus sourd. Autobiographique
sur deux points : la surdité et le père âgé qui perd peu à peu son autonomie, David Lodge nous offre un nouveau roman dans le milieu universitaire qui lui est cher, drôle, ironique, plus
personnel aussi, mais tendre et enlevé.
C’est l’histoire d’une longue amitié qui a souvent été très mal perçue, et pour cause : c’était le temps de l’apartheid en Afrique du Sud. Catherine King est la fille du
propriétaire de la ferme à Hebron, au nord-est de Johannesburg, et Maria est la fille de la cuisinière noire qui travaille pour eux. Elles n’ont pas la même couleur de peau, mais elles ont grandi
ensemble et sont inséparables, même si Catherine est obligée de partir avec sa mère après la découverte par celle-ci que son mari la trompe, elles savent qu’elles se reverront.
Rafael est un pauvre type, alcoolique, illettré, qui vit dans une sorte de
bidonville entre l’autoroute et la décharge publique. Père de 3 très jeunes enfants, il vit là en communauté avec sa femme, le reste de sa famille et d’autres gens comme eux. Impossible de
trouver un job pour des gens comme eux, et le peu de ferraille qu’ils récupèrent à la décharge ne suffit pas à faire vivre tout le monde. Mais Rafael est content, il vient de trouver un
job : 300 dollars payés d’avance, le solde (30 000 $ en tout) le contrat rempli. Le contrat ? Tourner dans un snuff movie, ces films
où la torture et la mort ne sont pas simulées mais bien réelles, pour le plaisir de quelques déséquilibrés fans du genre. Sa vie contre une heure de torture et 30 000 $. D’emblée l’auteur
prévient, en préambule du roman, que le chapitre 3 sera difficile à lire, éprouvant, difficilement soutenable, mais qu’il sert le propos général du livre. En effet dans ce chapitre, le producteur
du film décrit par le menu toutes les tortures qui seront infligées à Rafael. Et Rafael signe.
Ruth Ramsay est professeur d'éducation sexuelle dans un lycée et c'est une
malheureuse réponse faite à une élève sur la fellation ("certains y prennent plaisir") qui va la livrer à la vindicte bien-pensante des puritains de l'Eglise du Tabernacle. Pour calmer le jeu, le
directeur va faire appel à Joan Marlow, une "consultante virginité" qui va prôner tous les avantages de l'abstinence avant mariage, et ce dans une tenue ultrasexy, évidemment.
Ismael est un vieil instituteur à la retraite, qui vit des jours paisibles avec son épouse Otilia dans le petit village colombien de San José. Ismael a un plaisir
simple dans la vie : regarder tous les jours sa belle voisine qui bronze nue dans son jardin en prenant pour prétexte de cueillir ses oranges. Et tant qu’il y a du désir, il y a de la vie.
Sa femme le réprimande gentiment chaque jour, c’est leur petit rituel.
Clara est atteinte d’un cancer du sein qu’elle sait en phase terminale malgré
les traitements et l’ablation du sein. Elle écrit son journal dans un cahier, ses derniers jours et un retour sur sa vie de couple, journal intime que va lire en cachette son mari Clemente. Elle
démarre par le récit d’une liaison, interrompue par le décès de son amant, ami du couple. Clemente tombe des nues : est-ce fiction ou réalité ? Car bien des passages qu’il découvre sur
des scènes communes sont vrais, mais enjolivés, modifiés, transformés. Et il n’y a pas toujours le beau rôle. S’est-elle donc tant ennuyée avec lui ? Il est encore plus surpris de découvrir
que Clara sait depuis toujours pour son adultère à lui, sa relation avec Eliana depuis 7 ans. Pourquoi n’a-t-elle jamais rien dit ? Veut-elle se venger avec ce cahier ?
Choisie
Edmond a 12 ans, jeune garçon arménien qui vit simplement dans sa famille, entre l’école et l’église. Il s’émerveille de choses simples, comme une coccinelle qui passe et qu’il
capture. Il est très ami avec la petite Tahereh, la fille du concierge de l’école, mais celle-ci est musulmane, et les relations entre adultes des deux communautés ne sont pas faciles. Puis un
jour avant Pâques à nouveau, mais après un grand saut dans le temps. Edmond est devenu directeur de l’école dans laquelle il allait étant enfant. Il est marié avec Marta et il a une fille,
Alenouche, laquelle leur annonce son mariage avec Behzad, un non-arménien, c’est toujours aussi contrariant. Nouveau saut dans le temps, nouvelle veille de Pâques, fête des œufs peints, cela n’a
pas changé. Edmond est seul, il ne reste plus que Danik, la surveillante du collège, une femme « déshonnête » parce qu’elle était amoureuse d’un musulman, chassée de son village elle
est venue vivre à Téhéran.