Les jardins d'Hélène

romans etrangers

Rose - Tatiana de Rosnay

2 Mars 2011, 16:01pm

Publié par Laure

 Traduit de l'anglais par Raymond Clarinard

 

rose-tdr.jpg1868 à Paris. Rose prend la plume pour écrire une longue lettre à son époux Armand, décédé dix ans auparavant. Elle se terre dans leur maison tant aimée de la rue Childebert, maison vouée à la destruction du fait des travaux d'embellissement de Paris par le baron Haussmann, préfet de la ville sous Napoléon III, qui a la folie des grandeurs et des grands boulevards. Les actes d'expropriation et les dédommagements financiers n'y changeront rien : Rose ne veut pas quitter sa maison.

Mais avant que les travaux de destruction ne commencent, elle doit se confier à Armand, lui confesser ce lourd secret qu'elle n'a pas eu la force de lui révéler de son vivant. Mais sa longue lettre est aussi l'occasion de revisiter leur bonheur, leur rencontre, la naissance de leurs enfants, la difficulté que Rose a à aimer de manière égale ses deux enfants, sa belle-mère Odette qui l'aime comme sa fille, les amis qui lui sont chers et qui l'ont soutenue à la mort d'Armand : Alexandrine, la fleuriste, M. Zamaretti le libraire, la comtesse de Vresse ; et de découvrir une page méconnue de l'histoire sur l'évolution de Paris. 

Si j'avais des doutes sur ma capacité à apprécier un roman historique (ce n'est pas ma tasse de thé), j'ai vite oublié mes craintes pour me laisser emporter par ce roman à l'écart de la frénésie moderne, au charme légèrement suranné, où la lenteur de la plume conduit le rythme. Tatiana de Rosnay sait à merveille raconter une histoire et vous faire vivre avec ses personnages. On croirait sentir le parfum des roses et des fleurs de la boutique d'Alexandrine, revivre l'amitié de ces deux femmes si différentes, balayer la poussière des travaux incessants et démesurés, qui ont fait de Paris ce qu'elle est aujourd'hui. 



p. 52 « Comment pourrais-je jamais quitter cette maison, mon amour ? Cette haute maison carrée, c'est ma vie. Chaque pièce a une histoire à raconter. Retranscrire l'histoire de ce lieu sur le papier est devenu un besoin terrible, irrépressible. Je veux écrire afin que nous ne soyons pas oubliés. Oui, nous les Bazelet de la rue Childebert. Nous avons vécu ici, et en dépit des embûches que le sort nous a réservées, nous y avons été heureux. Et personne, écoutez-moi bien, personne ne pourra jamais nous l'ôter. »  

p. 88 : « Le préfet et l'empereur rêvaient d'une cité moderne. Une très grande cité. Et nous le peuple de Paris, n'étions que des pions dans cette gigantesque partie d'échecs. »

 

 J'ai aimé :

- le roman épistolaire au long cours

- la parenthèse hors du temps, j'ai vécu dans une bulle quelques heures avec les personnages

- la fin, assumée et sans équivoque (j'ai horreur des fins ouvertes où le lecteur doit imaginer ce qu'il veut et de préférence le meilleur), je me demandais sincèrement jusqu'où irait l'auteur, si il y aurait un revirement ou pas. La tension allait croissant, vraiment ! Non seulement j'ai eu la réponse que j'imaginais, mais avec une surprise en plus.

 

J'ai un doute :

- sur le secret confessé, enfin pas tant sur le secret lui-même que sur les conséquences qu'il a eu sur la vie de Rose, j'ai un peu de mal à y adhérer, même si elle s'en justifie au détour d'une phrase. (C'est énigmatique mais je ne veux pas trop en dévoiler)

 Nul doute que Rose séduira son lectorat !

 

A lire : l'article de Véronique B. sur le blog de Cultura   

A voir : la vidéo de Tatiana qui présente son roman :

 

 

 

Ed. Héloïse d’Ormesson, mars 2011, 247 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : © Cédric Porchez et éd. Héloïse d'Ormesson.

 

 

 

  

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Le catalogue des adieux - Marina Mander (texte), Beppe Giacobbe (illustrations)

14 Février 2011, 15:42pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'italien par Marc Voline

 

catalogue des adieuxVéro m'en avait parlé lors de notre rencontre au salon du livre jeunesse de Montreuil, et j'ai dû mal comprendre, car je croyais qu'il s'agissait d'un album jeunesse. Suite à son billet très enthousiaste, je me suis mise en quête du Graal, et je confirme toute la beauté de ce livre !

Je me donc suis fourvoyée en pensant que c'était un album pour les enfants au vu de la couverture seule et du nom de l'éditeur. Non, ce n'est pas un album jeunesse, mais comme l'indique le sous-titre « un roman pour images », un roman épistolaire au charme poétique qui vient illustrer à son tour par les mots les belles illustrations de la page qui fait face.
Une éditrice est en quête d'un auteur particulier : "recherche rédacteur de sexe masculin pour catalogue de lettres d'adieu (ruptures amoureuses, excuses en belle prose et autres aménités)", un ouvrage de référence pour ceux qui veulent quitter. Peter Faraway, riche d'expériences dans le domaine des départs, lui répond. Entre eux débute une correspondance pas loin d'être amoureuse, mais qui face à l'intransigeance de Nina, reste platonique. Le travail de Peter nourrit le catalogue de Nina...
On se surprend à le lire à voix haute, pour savourer cette prose poétique absolument parfaite. Tout est travaillé jusque dans la pagination qui joue aussi des lettres archivées par les dates référencées, les illustrations (dont je ne suis pas toujours fan) sont en belle adéquation avec le texte (ce qui m'amène à les reconsidérer), on a envie d'en recopier grand nombre de pages...

Quelques extraits :
« Le contraire de l'amour, ce n'est pas la haine, c'est l'adieu ».

p. 109 : « Mon amour,
Je comprends l'état d'âme qui est le tien,
je le comprends, excuse-moi encore de t'avoir déçue.
Mais je ne suis qu'un homme, comme tant d'autres.
Adieu »

p. 113 : « Mon amour,
Je ne suis qu'un homme comme tant d'autres,
léger et superficiel,
Si léger que je me volatilise toujours.
Adieu ».

p. 115 : « Editions Plaisance, 34, rue de Plaisance, 75014 Paris
Paris, le 2 juin 1993
Cher Peter,
Nous ne voudrions pas assommer les lecteurs
avec toutes ces excuses.
Et l'histoire de l'homme comme tant d'autres...
tant de sincérité n'est pas crédible !
N'avez-vous donc jamais aimé
une « femme comme tant d'autres » ?
Sincèrement,
Nina

p. 137 : « En amour, il n'existe pas de formule infaillible,
nous procédons toujours par essais et erreurs.
Toi l'essai, moi l'erreur.
Adieu. »

p. 125 : « Ne m'attends pas cette nuit.
J'ai pris le large une fois de plus.
Adieu »

Et la fin remet le tout en perspective... Un bien riche et bel album pour les grands que nous sommes !
Un bémol sur le prix (26 € quand même), mais il les vaut largement. A garder en idée cadeau !

 

Editions du Rouergue, mars 2008, 221 pages, prix : 26 €

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Crédit photo couverture : © Beppe Giacobbe et éd. du Rouergue

 

 

 

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Ce livre va vous sauver la vie – A.M. Homes

4 Janvier 2011, 16:49pm

Publié par Laure

 

Traduit de l’américain par Yoann Gentric

 

ce livre va vous sauver la vieRichard Novak, la cinquantaine, a tout pour lui : une splendide villa à Los Angeles, beaucoup d’argent qu’il se contente de gérer chaque jour sur Internet, une vie réglée comme du papier à musique que d’autres organisent pour lui : ménage, coach, diététicienne, …. Il n’a plus besoin de travailler et observe la vie depuis sa baie vitrée. Il n’a pas tout réussi puisqu’il est séparé de sa femme et de son fils Ben, un grand adolescent qu’il n’a pas revu depuis longtemps. Alors quand il croit mourir lors d’un malaise qui le conduit aux urgences, il se décide enfin à regarder sa vie autrement, et à sortir de son petit monde aseptisé.

Des événements tous plus étonnants les uns que les autres vont lui arriver, il va se retrouver héros malgré lui, et rendre bien des services à des gens aussi différents qu’un vendeur de donuts, une mère de famille déprimée en révolte, un acteur de cinéma…

Ce roman est réellement étonnant, original, surprenant, touchant, on n’est jamais loin de l’absurde et tout prend des airs assez loufoques. On observe le changement de cet homme le sourire au coin des lèvres et on applaudit l’imagination fertile de l’auteur qui ne ménage pas les scènes cocasses. (Le stage de retraite silencieuse est un morceau d’anthologie !)

J’ai peut-être trouvé le dernier quart du livre un peu ronronnant, car si tout suit son chemin, on se demande où il va finir par conduire. La fin est une queue de poisson déstabilisante, à moins qu’elle ne soit à la hauteur de l’ironie portée sur les extravagances de l’Amérique ici décrite.

 

Une interrogation sur le titre également, qui est le même en anglais (this book will save your life), ce n’est donc pas affaire de traduction : on ne voit pas bien le rapport sinon que ce livre peut vous amener à reconsidérer à tout moment votre façon de voir votre vie ? (ou faut-il voir un lien avec l’histoire du manuscrit final ?)

 

Actes Sud, septembre 2008, 445 pages, prix : 23 €

Existe en Babel poche, août 2010, prix : 9,50 €

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Crédit photo couverture : © 8 :30 pm, 2008 © Tom McKinley et éd. Actes Sud.

 

 

 

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Frères de sang - Richard Price

5 Décembre 2010, 08:27am

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Jacques Martinache

 

freres-de-sang.jpgEcrit dans les années 1970, ce roman de Richard Price, connu notamment pour être le scénariste de La couleur de l’argent de Martin Scorsese, n’a été traduit en France que cette année. Extrêmement cru et violent, il est difficile de passer les cent premières pages, tant les hommes de cette famille d’origine italienne, les De Coco, ne semblent vivre que pour l’alcool et le sexe dans sa toute vulgarité. Les femmes n’y sont que des objets. Pourtant, on ose imaginer que tout cela n’est pas gratuit, et dès lors qu’on a le courage de s’accrocher, on finit le livre un peu sonné, mais conscient d’être indéniablement face à un grand roman.

 

Stony De Coco, 17 ans, semble un avoir un avenir tout tracé comme électricien, comme son père, Tommy. Comme lui, alcool, drogues et femmes sont son quotidien. Il est très proche également de son oncle Chubby. Tous vivent à Co-op City, vaste cité du Bronx. Stony a un lien très fort avec son petit frère Albert, anorexique et souffre-douleur de sa mère.

Mais peut-on jamais échapper à son milieu social et au destin promis par sa famille ? Stony est confronté à un difficile dilemme entre la voie toute tracée par son père et faire ce qui lui plairait vraiment, mais le couperait un peu de cette famille tentaculaire.

 

Richard Price est un sacré raconteur d’histoires, au réalisme noir et brutal, mais avec une force qui rendent les personnages terriblement présents et attachants. Jusqu’à la fin on accompagne le jeune Stony dans son cheminement à travers famille et amis (tous les personnages secondaires ont leur importance et une présence forte), avec l’espoir fragile que la raison l’emportera. Un livre dont on ne sort pas complètement indemne.

 

 

Presses de la Cité, août 2010, 390 pages, prix : 21 €

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Crédit photo couverture : éditions Presses de la Cité

 

 

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Le paradis perdu de Mercury - Brad Watson

14 Novembre 2010, 07:05am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Tournier

 

paradis-perdu-de-mercury.jpgPrésentation de l’éditeur : « Finus Bates est tombé amoureux de l'élégante Birdie Wells, un jour de 1917 où il l'a vue faire la roue, toute nue au milieu des arbres, aux environs de Mercury, petite ville endormie du Mississippi. Il a continué de l'aimer pendant près de quatre-vingts ans : pendant leurs mariages respectifs avec d'autres partenaires, au moment de la mort mystérieuse et prématurée de Earl, le mari volage de Birdie, et face aux insinuations de l'atroce famille de Earl, accusant Birdie de l'avoir empoisonné. Somptueuse peinture d'une amitié qui aura duré toute une vie, d'une passion toujours enflammée, d'affrontements conjugaux et de compromis, de l'âge qui vient, du souvenir, de la mort, de la vie au-delà de la mort. Le Paradis perdu de Mercury dépeint brillamment les bonheurs de l'existence. »

 

Voilà une quatrième de couv qui donne envie ! (en même temps c’est son rôle, on est bien d’accord) : quel roman foisonnant, drôle, curieux, horrible aussi, long, très long, (trop long). Le ton est donné dès la première scène : alors qu’il est accroupi le pantalon baissé derrière un buisson pour un besoin urgent, Finus tombe amoureux de Birdie, en train de faire la roue dans la clairière. La scène est cocasse, car elle ne s’arrête pas là, mais hélas pour Finus, ce n’est pas lui que Birdie épousera….

Ce roman, je l’ai traîné pendant des mois, mais sans perdre l’envie d’y revenir régulièrement. Pas mal de longueurs, beaucoup de redites et de quasi résumés (ce qui permet de s’y retrouver quand on a arrêté un temps sa lecture !), mais le plaisir de personnages hauts en couleur, avec une mention particulière pour le personnage de la servante noire, qui a un rôle crucial et difficile tout au long du roman : Creasie.

Une imagination comme on n’en fait plus beaucoup, une saga au long cours avec ses revirements, qui aurait gagné toutefois à être un peu allégée. En revanche, ne croyez pas le commentaire du Los Angeles Times Book Review : « Brûlant d’érotisme, un roman extraordinaire qui déchire le cœur »… pas d’érotisme, et pas de cœur de lecteur déchiré, mais une voix singulière, un décor bien planté, un rapport blancs-noirs bien décrit, une riche intrigue, oui.

 

Existe en poche (Le livre de poche, 2007, prix : 6,95 €)

 

Editions des 2 terres, avril 2005, 485 pages, prix : 22 €

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Crédit photo couverture : © Photonica et éd. des 2 terres

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Les amours de Lola - Amanda Eyre Ward

13 Novembre 2010, 10:28am

Publié par Laure

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Traduit de l’américain par Anne-Marie Carrière

 

Ce recueil de nouvelles a la particularité d’être construit en deux phases : 6 nouvelles autonomes, suivies de 6 nouvelles reprenant les grands moments de la vie de Lola. Toutes ont pour point commun d’évoquer la difficulté à trouver sa place et son épanouissement quand on est une jeune femme trentenaire dans l’Amérique de l’après 11 septembre. Ces jeunes femmes sont en proie au doute dans leur vie de couple, leur difficulté à être mère, leurs interrogations permanentes, à l’avenir terrible qui suit la perte d’un enfant.

 

J’ai lu ces nouvelles avec grand plaisir, leur trouvant quelque chose de touchant, d’étonnant, d’amusant, de doux-amer, j’ai aimé suivre Lola à travers quelques moments de sa vie, ces moments de couple et de vie à la fois uniques et presque universels, et pourtant, je ne suis pas sûre d’en garder grand-chose. Mais j’ai envie de m’intéresser aux romans de l’auteur, qui laisseront peut-être une trace plus vive.

 

Lire la première nouvelle et une bonne partie de la seconde sur le site de l’éditeur (et découvrir par la même occasion le titre provisoire du recueil)

 

 

Buchet-Chastel, février 2010, 178 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © Denise Boomkens / plainpicture/Readymade-Images et éd. Buchet-Chastel

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La poursuite de l'amour - Nancy Mitford

11 Août 2010, 13:13pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'anglais par Daria Olivier

 

poursuite-de-l-amour-ed-la-decouverte.gifVoilà un roman lu il y a quelques mois déjà aussi mon billet sera-t-il sans doute succinct. J'avais noté ce livre parce qu'il était dans la liste des meilleurs romans évoqués par les protagonistes d' « Au bon roman », de Laurence Cossé. J'ai trouvé le début un peu lent, mais passé cette mise en place, j'ai vraiment adoré ! Humour anglais et tradition de cette société anglaise de l'entre-deux-guerres, aux personnages décalés et hauts en couleur, la poursuite de l'amour est avant tout l'histoire de Linda, qui n'a de cesse de trouver le grand amour. Il lui faudra deux mariages et deux échecs pour enfin trouver l'amant qui lui convient, dans des circonstances inattendues. Un roman qui montre aussi la nature bien différente de deux cousines dans cette même quête, car le récit est fait par Fanny, qui ne parlera que très peu d'elle, le classique mariage et vie de famille lui convenant parfaitement :

p.103 : « Pendant cet heureux temps, j'eus le bonheur de me fiancer à Alferd Wincham, alors chargé de cours, aujourd'hui recteur du Collège Saint-Pierre à Oxford. Depuis lors, j'ai toujours été parfaitement heureuse en compagnie de cet homme bon et docte, et j'ai trouvé dans ce foyer d'Oxford ce havre de grâce, à l'abri des orages et des problèmes de la vie, que j'avais toujours souhaité. Je ne dis plus rien de lui ici, car c'est l'histoire de Linda que je raconte et non la mienne. »

Linda elle, est frivole et plus insouciante : p.112 : «Linda se mit à gaspiller les années de sa jeunesse en pure perte. Eût-elle reçu une éducation intellectuelle, le temps de ce vain bavardage, de ces jeux de mots, de ces réunions aurait pu être occupé par de sérieuses études d'art ou par la lecture. Son mariage eût-il été heureux, le côté de sa nature qui aspirait à être entourée aurait trouvé sa raison d'être dans la chambre des enfants. Les choses étant ce qu'elles étaient, tout n'était que falbalas et vanité. »

J'ai beaucoup aimé toute la partie se déroulant à Paris (ah la vision des Français par les Anglais !), et trouvé la fin un peu abrupte, rapide et peut-être un peu trop facile, un peu comme si l'auteur n'avait pas bien su comment conclure.

p. 163 : « Maintenant, parlez-moi encore de vos maris. (…)

- Il n'y en a eu que deux. Le premier était conservateur, le second est communiste.

- Je l'avais deviné : le premier est riche, le second est pauvre. J'ai vu que vous aviez eu un mari riche : le nécessaire de voyage et le manteau de fourrure ! Ce dernier est d'une couleur hideuse et, pour autant qu'on puisse en juger, puisque vous l'avez roulé sur votre bras, d'une forme hideuse aussi. Néanmoins, le vison indique habituellement qu'il y a quelque part un mari fortuné. Mais cet horrible tailleur de toile que vous portez est visiblement de la confection.

- Vous êtes un mufle ! Ce tailleur est ravissant...

- Et de l'année dernière ! Les vestes se portent plus longues, vous verrez. Je vous procurerai des vêtements. Si vous étiez bien habillée, vous seriez tout à fait bien, encore que vos yeux soient petits. D'un joli bleu, mais petits.

- En Angleterre, dit Linda, je passe pour être une beauté »

 

Charmant comme approche non ?

 

J'avais commencé le deuxième volet de ce diptyque, L'amour dans un climat froid, et n'arrivais vraiment pas à accrocher au début. Un peu la même impression qu'avec celui-ci. Je persévèrerai car je n'ai pas regretté, bien au contraire, d'avoir insisté un peu pour ce premier volume.

 

 

Ed. La découverte, coll. Culte fictions, 2003, prix : 12 €

Existe en poche (10/18)

1ère parution en VO : 1945. 1ère traduction française : 1950 chez Stock

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Crédit photo couverture : © Design comme ça et éd. La découverte.

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Winter - Rick Bass

4 Août 2010, 09:36am

Publié par Laure

winter-bass.jpgRick Bass et sa femme Elizabeth décident de se retirer du trop grand tourbillon de la vie moderne pour vivre un hiver dans un coin reculé du Montana, près de la frontière canadienne, où la météo se fait particulièrement rude.

Il s’agit d’un récit autobiographique sous forme de journal, courant de septembre à mars, le temps de s’installer et de sortir lentement de cet hiver éprouvant mais vital pour l’écrivain.

 

En choisissant ce livre, je n’avais pas bien saisi qu’il s’agissait de « nature writing » (je ne sais pas où j’avais l’esprit, c’est pourtant évident !), un genre que je n’affectionne pas particulièrement, car je m’y ennuie en général assez vite. Pourtant le début de récit est plaisant, amusant même (comment dénicher la propriété de ses rêves sans un sou !), et les descriptions de rencontres avec les cerfs et autres orignaux sont un bel hymne à une faune que nous ne connaissons plus guère. Comme toute expérience dans une contrée où il fait moins 40° et où on ne possède rien d’un confort moderne, il faut lutter pour survivre, et cela passe avant tout par la coupe du bois. Il faut du bois pour se chauffer, les mélèzes sont nombreux, mais il faut les tronçonner à longueur de journée, toujours et encore.

 

Winter est un livre rafraîchissant quand on le lit en plein été caniculaire, et malgré toutes ses qualités, le nature writing n’est définitivement pas ma tasse de thé : j’ai vite l’impression de tourner en rond, que tout se répète sans cesse, et qu’au fond il ne se passe jamais rien. Ma curiosité s’est perdue vers la moitié du livre, je l’ai fini sans grande attention. Définitivement pas mon truc.

 

Une lecture en partenariat avec logo bob et les éditions Folio/Gallimard

 

 

Pioché dans la blogosphère, les avis de Papillon, Emily, Pickwick, Cathulu, ... 

 

Première parution en anglais : 1991, première traduction française : 1998.

 

Folio n°5071, avril 2010, 260 pages, prix : 6,60 €

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Crédit photo couverture : © Kim Hart / Getty Images (détail) et éd. Folio/Gallimard.

 

 

 

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Rien que du bonheur - Laurie Colwin

27 Juillet 2010, 16:43pm

Publié par Laure

rien-que-du-bonheur.jpgJ’ai lu il y a quelques années déjà quelques uns des romans de Laurie Colwin, et me souviens avoir bien aimé une épouse presque parfaite et Famille, tracas & cie, plutôt qu’une vie merveilleuse, qui n’était pas mon préféré. L’auteur est décédée jeune (1944 – 1992), et l’on peut remercier les éditions Autrement d’avoir publié l’intégralité de son œuvre. Parmi d’autres romans, il y a aussi quelques recueils de nouvelles. Rien que du bonheur est l’avant dernier publié (2006), le dernier étant Intimités (2008) qui sortira en poche fin août 2010.

Cet avant-dernier titre est donc un recueil de 8 nouvelles hétéroclites, datant des années 70, et pouvant donner l’impression d’être un peu datées, ou rassemblées comme ça, histoire d’offrir aux fans quelques trouvailles supplémentaires (Clarabel appelle ça les fonds de tiroir dans son billet je crois !). C’est en effet l’impression que ce recueil peut donner, je suis restée souvent sur ma faim, trouvant certaines nouvelles sans aucun intérêt, d’autres plus touchantes, ou amusantes. Impression de déjà vu aussi : la nouvelle « rien que du bonheur » me rappelait le roman « une vie merveilleuse » : il semble en effet qu’elle en ait été une première esquisse.

Peut-être n’était-il pas judicieux de vouloir à tout prix tout publier de l’auteur, d’autant que comme beaucoup, je la trouve bien meilleure dans ses romans. J’avais un temps commencé Intimités, autre recueil de nouvelles, et m’y étais tant ennuyée que je l’avais abandonné. Point trop n’en faut, sans doute. A grappiller peut-être, à l’occasion.

 

 

Le billet de Clarabel : ici

 

Existe aussi au Livre de Poche, mars 2010, prix : 6€

 

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Autrement Littératures, oct. 2006, 114 pages, prix : 13 €

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Crédit photo couverture : éd. Autrement

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Rose, sainte-nitouche - Mary Wesley

20 Juillet 2010, 14:23pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Michèle Albaret

 

rose-sainte-nitouche.jpgRose vient de perdre son mari, Ned Peel. Alors que la propriété revient à son fils unique et son épouse, elle se retire à l’hôtel, où elle se remémore les 50 dernières années de sa vie, bien différentes de l’image de sainte-nitouche qu’on a voulu lui coller !

 

Je découvre cet auteur (qui a écrit sur le tard, publiant son premier roman à 70 ans !) et c’est un vrai coup de cœur. Il y a longtemps qu’un roman ne m’avait pas apporté autant de bonheur. 

 Dans l’Angleterre de la seconde guerre mondiale, les convenances sociales, bienséances et faux-semblants ont la vie dure : Mary Wesley s’amuse à balayer tout cela d’un humour ironique et so british absolument savoureux. Faussement classique (le roman date de 1987 !), on se laisse prendre au jeu de cette grande histoire d’amour un brin provocante et irrévérencieuse, dans laquelle l’héroïne se montre une femme très moderne pour son époque, qui n’hésite pas à bousculer les conventions, à faire preuve de ténacité et de courage, le plus discrètement du monde ! Quelle façon piquante de forcer le trait de quelques personnages ! Roman de la passion amoureuse, de l’hypocrisie et du faux-semblant triomphants, c’est un bonbon acidulé délicieux à croquer, et j’en redemande !

 

Mary Wesley est née en 1912 et décédée en 2002. Les éditions Héloïse d’Ormesson ont prévu de rééditer l’intégralité de son œuvre.

La pelouse de Camomille et Rose, sainte-nitouche ont aussi été repris en poche (chez J’ai lu)

 

 

 

Quelques très bon billets : Lily et ses livres, Cathulu, Clarabel

 

 

Ed. Héloïse d’Ormesson, mai 2009, 462 pages, prix : 22 €

Existe en poche

1ère parution en français en 1990, en anglais en 1987.

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Crédit photo couverture : © Marianne Spier-Donati / Rapho / Eyedea et éd. EHO.

 

 

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