Les jardins d'Hélène

romans etrangers

Le garçon dans la lune - Kate O'Riordan

25 Février 2008, 12:49pm

Publié par Laure

garcon-dans-la-lune.jpgRepéré sur une critique engageante d’un mensuel féminin (Avantages), je lisais quelques jours plus tard une critique tout aussi motivante chez Cathulu. Et comme elle est super gentille, elle en a fait un livre voyageur. Qui est d’abord passé chez Cuné (une critique à son retour ?) pour arriver chez moi, et qui va repartir vers Amanda, etc.
 
Julia et Brian sont mariés depuis 10 ans et parents d’un petit garçon, Sam. Julia est une épouse tyrannique, qui dirige son foyer d’un ton sarcastique et exigeant sans même s’en rendre compte. Les premières pages du roman donnent un ton aussi fort que détonnant, c’est bon, très bon. Je citerai le même passage que Cathulu, tout simplement parce que c’est un des meilleurs du livre :
« Je viens », haleta Brian.
Elle pensa : je ne voudrais pas t’en empêcher, chéri.
Il se dit : Je me demande pourquoi je ne vais pas baiser un mouton mort à l’abattoir du coin.
Il cligna des yeux. Elle se contracta. Il bâilla. Elle éternua. Il jouit. Pas elle.
Ils se pelotonnèrent. Elle tendit la main vers un paquet de mouchoirs.
Il se dit : Je pourrais divorcer pour moins que ça.
Elle pensa : En plus, il faut changer les draps.
Au cours d’un séjour en Irlande, c’est le drame : leur petit garçon meurt accidentellement. Le couple explose, comme souvent dans ces cas-là. Curieusement, c’est dans la maison de son beau-père que Julia va tenter de se reconstruire. Et découvrir par la même occasion le passé douloureux de son mari, où dans une famille nombreuse la violence paternelle et l’humiliation étaient omniprésentes. 
Le problème avec ce roman, c’est que le premier tiers est excellent, du 10/10 sur l’échelle du talent littéraire, et que le reste est subitement lent, long et ennuyeux. A tel point que j’ai failli abandonner ma lecture. Car on comprend assez vite le fin mot de l’histoire, tout le reste ne sert finalement qu’à délayer un peu trop un secret de famille trop enfoui. Sous couvert d’analyse psychologique, on s’égare dans les détails des moutons et de la pâture irlandaise.
Un contraste étonnant pour un livre qui s’annonçait si fort, si percutant, mais si réussi. Au final, une déception, donc.
 
Merci encore à Cathulu pour le prêt !
 
Ed. Joëlle Losfeld, janvier 2008, 273 pages, prix : 21 €
Ma note : 3/5
Crédit photo couverture : © Andrew G. Hobbs/Getty Images et éd. J. Losfeld.

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La femme du Ve - Douglas Kennedy

21 Janvier 2008, 06:58am

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Bernard Cohen
 
undefinedHarry Ricks, 42 ans, quitte les Etats-Unis suite à une rupture douloureuse avec sa femme, et un licenciement tout aussi retors d’une université où il enseignait les arts cinématographiques. Plus qu’un départ, c’est une fuite, malgré la douleur de laisser sa fille. Muni de quelques économies, il s’installe à Paris, d’abord dans une chambre d’hôtel où il est foudroyé par la grippe, puis aidé par un employé turc, il s’installe dans une chambre de bonne au confort plus que rudimentaire. D’un job louche à des fréquentations tout aussi suspectes, Harry va évoluer sur le fil du danger permanent, tandis qu’un curieux hasard lui est toujours favorable au final.
 La femme du V ème est un très bon roman, lecture facile mais néanmoins prenante, où l’on se retrouve embarqué dans des complots, des meurtres, des mystères, bref, on avance à une vitesse effarante dans le roman sans voir passer le temps. Du très très bon Kennedy, jusqu’aux trois quarts du livre. Non pas que la fin soit mauvaise, mais l’auteur a fait le choix du fantastique, surréaliste qui crée une rupture avec tout ce qui précède, et gâche un peu le plaisir. Solution facile ? Manque d’inspiration ? A-t-il voulu copier Marc Lévy ? On attendait une réponse plus explosive à tous ces éléments jusque là bien menés, et la déception pointe. M. Kennedy peut faire mieux, il l’a déjà prouvé. Dommage.
Mais à dévorer quand il sera sorti en poche, quand même, ou en bibliothèque.
 
Belfond, mai 2007, 377 pages, prix : 22  €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : éd. Belfond et Amazon.fr

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La bâtarde d'Istanbul - Elif Shafak

4 Janvier 2008, 10:34am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Turquie) par Aline Azoulay


batarde-istanbul.jpgJe ne sais par où commencer tant ce livre est riche et savoureux, retors et malicieux.

Le début donne le ton, Zeliha Kazanci se rend chez son gynécologue, à Istanbul, pour avorter. Mais parce qu’Allah se manifeste curieusement à elle, elle renonce, et donnera naissance à la petite Asya, dont on ignore tout du père, celle qui sera donc « la bâtarde d’Istanbul ». Curieuse famille que ces Kazanci, où les sœurs sont toutes un peu foldingues et les hommes meurent prématurément : aucun ne dépasse les 41 ans. Mustafa, seul garçon de la famille, part aux Etats-Unis.

En parallèle, une famille arménienne - américaine : Rose, américaine du Kentucky,  divorce de Barsam, arménien survivant du conflit turco-arménien de 1915. Elle emporte avec elle leur fille, Armanoush, et se remarie avec un Turc, Mustafa Kazanci. Voilà qui dans la communauté arménienne passe très mal !

Jeune étudiante, Armanoush Tchakhmakhchian va enquêter sur son passé, revenir en Turquie pour revoir la maison de sa grand-mère, et elle se fait héberger dans la famille de son beau-père, les Kazanci. C’est donc là qu’elle fait la connaissance d’Asya, notre jeune et belle bâtarde d’Istanbul.

Vous suivez ? Les deux jeunes femmes vont s’apprécier, la famille Kazanci va l’enchanter tout autant que l’adorer et elles vont toutes deux découvrir un passé… aux lourds secrets.

L’intrigue est complexe (disons, foisonnante), les personnages nombreux et savoureux, attachants, colorés, drôles, fantasques, il y a un je-ne-sais-quoi dans l’écriture qui fait de ce roman une friandise sucrée qu’on savoure longtemps, et qu’on quitte presque à regrets.

J’ai aimé les titres de chapitres, qui portent tous le nom d’une épice ou d’une gourmandise : cannelle, pois chiches, sucre, noisettes grillées, vanille, etc. jusqu’au cyanure de potassium final. Tous ces éléments prennent bien sûr un sens dans le récit, qui ajoute au ton déjà bien enjoué de l’histoire.

Bref, une très belle découverte !

 

Extraits :

Armanoush  ne peut s’empêcher de dépenser compulsivement un mois d’économies en achats de livres :

p. 97 : « Armanoush Tchakhmakhchian regarda le caissier de la librairie empiler dans son sac à dos, pendant qu’ils attendaient l’acceptation de son paiement par carte de crédit, les douze romans qu’elle venait d’acheter. Quand il lui donna le reçu, elle le signa en évitant de regarder le montant total de ses achats. Elle avait encore dépensé un mois d’économies en livres ! C’était une véritable papivore ; un trait de caractère qui ne lui valait rien de bon, puisqu’il était sans intérêt pour les garçons et qu’il contrariait sa mère qui espérait la voir mariée à un homme fortuné. »

 

p. 101 : « Tu sais, le mot FIN n’apparaît jamais quand tu termines un livre. Ce n’est pas comme au cinéma. Quand je referme un roman, je n’ai pas l’impression d’avoir terminé quoi que ce soit, si bien que j’ai  besoin d’en ouvrir un autre (…) »

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, dans la catégorie romans.

 

Phébus, août 2007, 319 pages, prix : 20 €

Ma note : 16/20

Crédit photo couverture : éd. Phébus et Amazon.fr, photo de Richard Hamilton Smith, la mosquée bleue : reflets des minarets, Istanbul (détail).

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Envie - Kathryn Harrison

10 Novembre 2007, 21:16pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Sylvie Schneiter

 

envie.jpgWill a 47 ans, une carrière de psychanalyste, une épouse, Carol, et une petite fille, Samantha. Ensemble, ils ont perdu un premier fils, Luke. Tout commence à la 25ème rencontre annuelle de la promo 1979, où les anciens élèves se retrouvent. Will y va seul, Carol ne s’intéresse pas à ce genre de réunion. Sur place, tout le monde s’enquiert d’un absent : le frère jumeau de Will, Mitch, un sportif champion en natation. Mais Will n’a pas davantage d’informations, il ne l’a pas vu depuis 15 ans.

C’est une rencontre avec Elizabeth, une ancienne petite amie, et la lecture de l’annuaire de l’Ecole qui font tout naître : et si Jennifer, la fille d’Elizabeth, était celle de Will ? Les dates sont troublantes. En proie à cette question, Will l’est aussi avec sa sexualité. Désirs, fantasmes, envies, quand il reçoit ses patientes. Aussi quand l’une l’approche d’un peu trop près s’empresse-t-il de la confier à un autre thérapeute. Et pourquoi ces désirs ? N’est-il pas heureux avec son épouse ? Un couple peut-il continuer à s’aimer normalement après le décès d’un enfant ? Son épouse lui impose un rituel qui ne le satisfait pas.

Une quantité d’ingrédients mis en place, qui s’enchevêtrent pour peu à peu se démêler de façon assez magistrale. Une introspection poussée à l’extrême pour percer à jour des secrets de famille, et mieux comprendre son fonctionnement personnel.

Envie n’est pas un roman érotique, contrairement à ce que le titre et la couverture pourraient laisser imaginer.  Quelques scènes certes, aussi explicites que bien menées, ponctuent le roman, mais toutes se justifient au rythme de l’intrigue où chaque détail préalablement semé compte.

On pourra reprocher peut-être une intellectualisation poussée du désir masculin mais les surprises que révèle peu à peu l’enquête sur soi ajoutent à la qualité du récit.

Bref, un roman bien construit, aux rebondissements nombreux, qui lassera peut-être ceux l’analyse ennuie, et qui plaira sans doute à ceux qui aiment décortiquer le pourquoi du comment, en matière d’amour comme de frustration.

 
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Jean-Claude Lattès, octobre 2007, 332 pages, prix : 19 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. JC Lattès, Amazon.fr

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La boucherie des amants - Gaetano Bolan

25 Septembre 2007, 13:36pm

Publié par Laure

boucherie-des-amants.jpg Tom est un petit garçon aveugle et orphelin de mère, décédée à sa naissance. Il vit seul avec son père, propriétaire d’une boucherie de quartier dans une petite ville du Chili.

« L’enfant avait un cœur pur et il regardait la nuit », tel est l’incipit du livre, qui donne le ton poétique du récit. Dolores, l’institutrice de Tom, entre à petits pas dans la vie de son père, et ces deux-là vont s’aimer tout naturellement. Mais derrière cette jolie fable se cache la terreur de la dictature de Pinochet, et conduit le récit à un dénouement tragique. Il  n’est pas bon être révolutionnaire sous le totalitarisme….

Un premier roman chilien passé inaperçu chez un tout petit éditeur, qui dénonce en arrière plan toutes les abominations du monde. Un petit livre salvateur, soufflant le vent de liberté, joliment écrit, piquant d’humour et d’amour, malgré tout !

L’avis de Sylire : !

La Dragonne, nov. 2005, 81 pages, prix : 13,50 €

Ma note : 4/5

 

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Le treizième conte - Diane Setterfield

9 Septembre 2007, 12:29pm

Publié par Laure

treizi--me-conte.jpgMargaret Lea vit entourée de livres anciens dans la boutique de son père, et accessoirement, écrit des biographies d’auteurs. C’est à ce titre qu’elle est contactée par Vida Winter, écrivain célèbre, pour rédiger sa biographie et lever enfin le voile sur sa vie aussi romanesque que fantasmée. Attirée par l’édition rare d’un de ses titres dans lequel manque « le treizième conte », elle se rend au manoir de l’écrivain.

S’ouvre alors une plongée dans un splendide roman à tiroirs, où les secrets de famille se révèlent les uns après les autres, laissant naître de sombres histoires de fantômes, de sœurs jumelles, d’amours troubles et de morts douteuses. Si vous aimez les manoirs anglais, les romans du XIXème tels ceux de Wilkie Collins et des sœurs Brontë, alors vous adorerez ce roman. Formidable déclaration d’amour à la littérature et aux romanciers anglais du XIXème (l’ouvrage est truffé de références qui donnent envie de les relire, notamment Jane Eyre qui apparaît comme un leitmotiv et joue un rôle dans l’intrigue), on a du mal à croire que l’auteur est tout à fait contemporaine (première parution en anglais en 2006) et qu’il s’agit en outre de son premier roman, tant on plonge les yeux grands ouverts et le cœur battant dans cette atmosphère très british d’un siècle passé. Un chef d’œuvre.

 

J’ai adoré :

Cet extrait p.290 : « Vous souffrez du mal qui affecte généralement les femmes à l’imagination romanesque. Au nombre des symptômes, on peut citer les évanouissements, la fatigue, la perte d’appétit, la dépression. On serait tenté d’attribuer la crise à une sortie sous une pluie glacée sans protection imperméable adéquate, mais il est probable que, à un autre niveau, plus profond, c’est un choc émotionnel qui en est la cause. Toutefois, contrairement aux héroïnes de vos romans préférés, votre constitution n’a pas été affaiblie par les conditions de vie difficiles des siècles précédents. Pas de tuberculose, pas de polio dans l’enfance, pas d’environnement insalubre. Vous survivrez. […] Le traitement n’a rien de compliqué : mangez, reposez-vous et prenez ceci, … dit-il en écrivant trois lignes sur son bloc, avant d’arracher la page et de la poser sur ma table de chevet, et la fatigue et la sensation de faiblesse auront disparu en quelques jours. […]

Je consultai l’ordonnance. D’une écriture vigoureuse, il avait inscrit : Sir Arthur Conan Doyle, Les aventures de Sherlock Holmes. Prendre dix pages, deux fois par jour, jusqu’à épuisement du stock. »

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008 pour le jury de septembre. 3 romans étaient en lice : Mal de pierres de Milena Agus (que j'avais déjà lu) et 52 ou la seconde vie, de Geneviève Brisac. Les lectrices ont élu Mal de pierres, qui est certes un très bon roman, mais j'ai préféré pour ma part ce treizième conte, que je trouve plus ambitieux.

Plon, janv. 2007, 394 pages, prix : 21 €

Ma note : 4,5/5

Note barème Elle : 18/20 (de 18 à 20 : très bien)
Crédit photo couverture : éd. Plon et Amazon.fr

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Le diable de Milan - Martin Suter

5 Septembre 2007, 04:50am

Publié par Laure

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

 

diable-de-milan.jpgVoici un roman étrange et énigmatique, qui vous happe dans son mystère dès les premières pages. Sonia Frey fuit un mari violent et démarre une nouvelle vie en se faisant embaucher comme masseur-kinésithérapeute dans un hôtel de luxe, le Gamander, à Val Grish, petit village montagnard suisse. Dès son arrivée, des événements inquiétants se produisent, un ficus qui perd ses feuilles en une nuit, des balises qui sont jetées dans la piscine, un oiseau noyé dans un aquarium… Qui peut en vouloir à la propriétaire qui tente de faire renaître l’hôtel de ses cendres ? Qui au village cherche à s’en prendre au personnel ? Tout au long du roman, de curieux SMS sont échangés entre Sonia et son amie Malou. Quel passé conjugal Sonia cherche-t-elle réellement à fuir ? Pourquoi son ex mari a-t-il été arrêté ?

L’auteur prend tout son temps pour installer et développer une intrigue à la tension dramatique montante et diablement efficace ! Je regrette peut-être quand même une fin aussi peu spectaculaire après toute cette montée de l’angoisse. D’autant que les événements étranges qui se réalisent les uns après les autres sont les commandements d’un vieux conte local intitulé le diable de Milan

Un auteur réputé (la face cachée de la lune, Lila lila) que je découvre par ce roman et que je ne manquerai pas de continuer à lire au fil de mes trouvailles.

 

Sortie en poche du Diable de Milan annoncée pour le 15 novembre 2007.

 
PS : cet article est le 500 ème du blog ! (en 1 an 1/2 d'existence)

Christian Bourgois, août 2006, 310 pages, prix : 25 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : Bourgois éd. et Amazon.fr

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Le désir d'amour - Dieter Wellershoff

22 Août 2007, 04:51am

Publié par Laure

Traduit de l'allemand (mais on ne nous dit pas par qui !!)


d--sir-d-amour.jpgLeonard revient sur les lieux du suicide de sa femme qui a eu lieu quelques années auparavant… Le narrateur revient sur la naissance du couple Anya – Leonard, qui s’est formé par hasard chez un couple d’amis, Paul et Marlene. La première moitié du roman est prenante et bien construite : une fine analyse psychologique des personnages, une jeune épouse délaissée, un désir d’amour fort qui s’assoiffe en vain. Où va mener cette souffrance intime ? Ces deux couples étroitement liés vont s’emmêler et se dénouer, l’herbe est-elle plus verte quand elle a un goût d’adultère ? Puis le roman s’essouffle, il y a à mon avis un bon quart de trop sur ces 400 pages. A tel point que j’ai abandonné ce livre dans un coin à 80 pages de la fin, plusieurs semaines avant de le finir, sans envie, juste parce que « si près du but c’était dommage », mais l’issue de toute façon, on la connaît dès les premières pages (le suicide). Donc oui, moyen. Un peu plus ramassé, et il aurait fait un très bon roman psychologique.

 

L’avis de Miss Clarabel 

Ed. de Fallois, 2002, avril 2004 pour le livre de poche, 411 pages, prix : 6,95 €

Ma note : 2,5/5

Crédit photo couverture : Le livre de poche et © Johannes Hüppi, via Amazon.fr

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Vous n'êtes pas seul ici - Adam Haslett

23 Juin 2007, 15:41pm

Publié par Laure

adam-haslett.jpg Adam Haslett est un écrivain américain né à New York en 1970. Sélectionné par le magazine Lire dans ses 20 meilleurs titres de l'année 2005 et adulé par Cuné qui a suivi les conseils de JPB, il méritait bien qu'on s'y arrête... 

Vous n'êtes pas seul ici est un recueil de 9 nouvelles qui ont pour point commun une trop grande solitude, une impuissance face à la vie, un enfermement choisi ou non devant la maladie, et pourtant, si on en ressort un peu étourdi le temps de reprendre une bouffée d'air frais, il faut bien reconnaître que tout est admirable et bien écrit, l'auteur nous laisse observer avec bienveillance ses personnages rendus seuls par la dépression ou une homosexualité cachée.

vous-netes-pas-seuls-ici.jpg

1) Notes pour mon biographe : Un père souffrant de troubles bipolaires rejoint son fils après 4 ans d'absence. Délicate rencontre.
2) Le bon docteur : Frank, un jeune médecin, visite à domicile une femme très dépressive qui cache un douloureux drame familial. Malgré toute sa bonne volonté, il ne peut l'aider.
3) Le commencement du chagrin : un jeune homme se sent seul depuis le décès de ses 2 parents un an auparavant. Il s'éprend d'un camarade de lycée qui le méprise et le bat violemment à chaque rencontre. Malgré tout l'étudiant reste fasciné par Gramm.
4) Dévotion : Hillary et son frère Owen vivents ensemble depuis de longues années. Owen lui a toujours caché les lettres de Ben, qui était amoureux d'elle, mais déjà marié, une quinzaine d'années auparavant. Ben doit venir dîner, l'occasion pour Owen de se remémorer combien lui aussi a toujours été troublé par cet homme...
5) La fin de la guerre : Paul Lewis, très dépressif, trouve un peu de réconfort auprès d'un enfant malade, laissant sa femme dans l'inquiétude de par ses nombreuses absences.
6) Réunion : Un homme qui se sait malade (du sida) meurt seul chez lui, après avoir pris tous ses congés et caché la vérité à ses collègues. Il n'a plus qu'un seul souci : rejoindre son père au cimetière.
7) Prémonition : Un jeune garçon fait des rêves prémonitoires mais personne ne le croit quand il tente de prévenir de la mort accidentelle de son frère.
8) Le service de mon père : Un fils souffre comme son père de psychose maniaco-dépressive.
9) Le bénévole : Une femme en hôpital psychiatrique se souvient de la naissance de son fils, né décédé avec le cordon enroulé autour du cou. Ted, un bénévole, s'attache à elle par ses visites régulières et suit ses conseils pour vivre son premier amour. Une mère de substitution ?

Par petites touches les drames de ces êtres sont esquissés, jamais crument décrits. Malgré les sujets qui flirtent souvent avec la folie et la profonde solitude et qui pourraient vous paraître plombants, on ne ressort pas désespéré de cette lecture ! Quelque chose d'indéfinissable mais qui donne envie de suivre de près cet auteur !

Ed. de l'Olivier, janv. 2005, 354 pages, prix : 21 €
Ma note : 4/5
Crédit photo couverture : éd. de l'Olivier et Amazon.fr

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Ellen Foster - Kaye Gibbons

6 Juin 2007, 13:39pm

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Marie-Claire Pasquier

 Ellen Foster a tout juste 11 ans lorsqu’elle perd sa mère et qu’elle rêve de tuer son père, toujours ivre mort et violent tant verbalement que physiquement. Le plus souvent il ignore qu’il a une fille, et c’est mieux ainsi. Elle se réfugie alors chez son amie Starletta, une gamine issue d’une famille noire, qui vit dans une grande pauvreté mais où l’amour familial réchauffe le cœur d’Ellen. Mais le racisme sévit encore, dans le sud des Etats-Unis, et c’est mal vu. Ballottée de famille d’accueil en membre de la famille proche, Ellen n’a que la méchanceté et l’avarice des siens pour grandir. Elle finira par choisir elle-même la famille où elle a envie de se poser. Bien que tout soit grave et sordide autour d’elle, Ellen a une lucidité et une foi en la vie qui surprend et qui met du baume au cœur.

C’est un beau récit où une lueur d’enfance balaie d’un revers toute la médiocrité des adultes.

J’ai bien aimé ce livre, pourtant je n’ai pas d’empressement particulier : prenant et bien écrit, c’est néanmoins du déjà lu. Pas très original quoi…. (comment ça j’suis sévère ? oui, un peu.)

Ellen Foster est le premier roman de Kaye Gibbons, publié pour la première fois en 1987.

Christian Bourgois, coll. Titres, sept. 2006, 182 pages, prix : 6 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. Bourgois et Amazon.fr

Crédit tout court : merci Cuné !

 

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