Les jardins d'Hélène

romans etrangers

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

12 Mars 2007, 16:05pm

Publié par Laure

Voilà un roman léger, tonique et drôle, qui ne prend pas la tête, mais qui est souvent bien vu. Désirée a 35 ans, elle est bibliothécaire en section jeunesse, et elle se rend chaque jour sur la tombe de son mari Örjan. Lui a sensiblement le même âge, il s’appelle Benny, il élève des vaches, et vient chaque jour sur la tombe de ses parents. Lui, c’est le mec de la tombe d’à côté. Ils sont aussi différents que possible : elle aime les lignes simples et épurées, la culture et l’opéra, il ne jure que par la ferme, il est un peu souillon, et la tombe de ses parents est un mausolée digne d’un pépiniériste tant elle est ornée. Tout les oppose, mais voilà, quand Benny est proche de Désirée, elle a comme des papillons dans le ventre. Ces deux-là vont-ils pouvoir s’aimer ? Je vous laisse le découvrir ! On sourit souvent, même s’il est vrai que les clichés intello/paysan sont plutôt « bateau », attendus, et que l’expression des personnages (l’auteur a choisi de donner la parole à chacun des deux par alternance des chapitres) n’est pas si différente. Mais on s’amuse, c’est vif, léger, curieux, et j’ai souvent pensé au film je vous trouve très beau. J’ai particulièrement aimé la fin, courageuse, pas si simple, pas complètement tranchée non plus, sans être complètement ouverte non plus. Bref, un bon roman de détente, pas mièvre du tout !

Saviez-vous que le papier rose des éditions Gaïa était du papier « perle sanguine 100 g » spécialement fabriqué pour eux ? joli nom pour une couleur que j’ai toujours un peu de mal à apprécier, mais bon grammage pour compenser J !

A noter : paru en 1998 en Suède mais traduit en français en 2006 seulement.

PS : K. Mazetti écrit aussi pour la jeunesse : trucs et ficelles d'un petit troll

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus.

Gaïa éd., juin 2006, 253 p. ISBN 2-84720-079-7, prix : 20 €

Ma note : 4/5

Voir les commentaires

Jours de juin - Julia Glass

10 Mars 2007, 16:16pm

Publié par Laure

J’ai traîné ce roman foisonnant de longs mois, longtemps, bien trop longtemps. J’ai attendu plus d’un mois encore avant de lire les 50 dernières pages. J’aurais pu tout aussi bien ne jamais les lire. Il y a quelque chose d’attachant dans ce livre, et en même temps, rien ne vient frapper en plein cœur pour vous marquer longtemps.

Trois mois de juin à des années d’intervalle, différents points de vue, voilà qui compose les souvenirs de la vie des McLeod. En 1989, quelque temps après la mort de sa femme Maureen, Paul part en voyage organisé en Grèce. Il y rencontre Fern, une jeune artiste peintre américaine. Alternance des souvenirs de son épouse plus empressée auprès de ses collies (elle avait un élevage de cette race de chiens) que de lui-même et des moments passés avec Fern.

Six ans plus tard, en 1995, Fenno, revient dans le domaine familial en Ecosse, pour l’enterrement de son père, qui entre temps s’était installé à Naxos, une île grecque. Fenno est libraire à New-York, il est homosexuel, et a noué une relation d’amitié très forte avec son voisin Malachy Burns. Mal se meurt du sida. Tout le monde les croyait amants alors qu’ils ne l’étaient pas, mais ce décès marque profondément Fenno. Il retrouve en Ecosse ses deux frères jumeaux, David et Dennis, tous deux mariés, et écoute la demande surprenante de l’une de ses belles-sœurs de l’aider à procréer. Enfin, dans une troisième partie, en juin 1999, on retrouve notre américaine du début, Fern, qui par le biais de connaissances, rencontre Fenno. Elle a été mariée, veuve, et se retrouve enceinte d’un homme qui n’est pas encore au courant. Fern et Fenno sont tous deux à un carrefour de leur vie. Prendront-ils le tournant ensemble ?

 

Ce roman n’est pas inintéressant dans sa construction et sa narration, ses points de vue multiples qui construisent le souvenir d’une famille différemment, mais voilà : il est long, très long, trop long, et n’aurait sans doute pas souffert de quelques coupes. Je n’en garderai pas un souvenir flamboyant, mais quelque chose a fait que quand même, je suis allée au bout des 653 pages… Un avis mitigé, donc.

L'avis plus enthousiaste de Clarabel :

Ed. des Deux Terres, avril 2006, 653 pages, ISBN 2-84893-029-2, prix : 22 €

Ma note : 2,5/5

 

Voir les commentaires

La mariée mise à nu - Nikki Gemmell

26 Février 2007, 15:12pm

Publié par Laure

Ah le mariage, ce contrat si délicat !

Ce livre est loin d’être aussi sulfureux que les annonces faites autour de sa sortie ont bien voulu nous le faire croire ! D’abord publié anonymement (l’auteur ne se sentait pas libre d’écrire tout ce qu’elle avait à dire si son nom devait apparaître sur la couverture), ce roman nous propose un prétendu journal intime d’une épouse de 36 ans, qui découvre un jour que son mari la trompe (du moins le croit-elle) et qui réalise alors que de toute façon, sexuellement, elle n’était pas épanouie avec lui. Elle libère donc ses fantasmes à travers des rencontres érotiques et adultères. Oh, rien de bien licencieux, on lit bien pire si l’on se tourne vers la littérature dite érotique. Alors pourquoi une telle crainte de la part de l’auteur : il ne s’agit pas d’un récit autobiographique, mais d’un roman, non ?!

J’ai aimé les nombreux revers de l’histoire : quand on pense s’ennuyer dans un tournant ronronnant, l’auteur a su rebondir en réorientant totalement son personnage (je n’en dis pas plus, il faut bien laisser quelques surprises à la lecture !). On trouvera de très belles pages sur la maternité et sur cet amour maternel qui vous envahit sans condition et sans que votre volonté y soit pour quoi que ce soit. La fin reste énigmatique, au lecteur de se faire son scénario. (Pour ceux qui me lisent régulièrement, ce n’est pas le genre de fin que je préfère !)

En conclusion, un roman sympathique qui se lit tout seul, mais n’allez pas faire croire à un homme qui le lirait qu’il saurait tout ainsi du fonctionnement secret des femmes !

Traduit de l’anglais (Australie) par Alfred Boudry

Au diable Vauvert, déc. 2006, 356 p., prix : 22 €

Ma note : 3,5/5

 

Voir les commentaires

Les grand-mères - Doris Lessing

4 Janvier 2007, 10:40am

Publié par Laure

Une petite ville en bord de mer, le soleil, une vie aisée.  C’est un tableau idyllique pour cette entrée de scène : deux grand-mères accompagnées de leur fils respectif et de leurs petites-filles, idem, 6 personnages en quête de drame. Car cette nouvelle de Doris Lessing, écrite à 86 ans, se veut choquante et dérangeante, sans tabous. Soit. En effet, Lil et Roz sont deux amies d’enfance que rien ni personne ne séparera jamais : elles ont vécu comme deux sœurs jumelles à quelque mètres l’une de l’autre, faisant souvent jaser le voisinage sur une supposée homosexualité dont elles doutent elles-mêmes. Mariées au même âge, elles sont devenues mères en même temps : Lil a donné naissance à Ian, et Roz à Tom. Les garçons seront élevés ensemble, quasi comme des frères. Les maris ne feront pas long feu : le père de Ian est mort et le père de Tom est parti vivre ailleurs et s’est remarié. Une preuve de plus de la relation fusionnelle des deux femmes. Les deux garçons grandissant, à 16-17 ans, ils sont beaux à croquer, et les mères n’y résisteront pas : Ian deviendra l’amant de Roz et Tom celui de Lil. Un chassé-croisé amoureux symboliquement incestueux. A 30 ans tout de même, poussé un tant soit peu par un brin de convention, tous deux se marient (sans grand enthousiasme!) avec une jeune femme de leur âge : Tom avec Mary, et Ian avec Hannah. Les deux couples auront chacun une petite fille, mais jamais les deux hommes n’arriveront à oublier leur passion sulfureuse pour les grand-mères. 

Bon, voilà pour l’histoire ! Je ne suis pas du genre à être choquée par un sujet, ce n’est donc pas la raison pour laquelle je n’ai pas du tout aimé ce livre. (Même si j’admets volontiers que le sujet est amoral et jamais condamné, donc choquant). Non ce qui m’a agacée dans ce livre, c’est son omniprésente superficialité : tout est survolé très vite, l’auteur suit sa ligne comme elle l’entend, sans jamais s’encombrer de détails, ni surtout, sans jamais développer une quelconque psychologie aux personnages. Tout apparaît donc comme trop facile, vide et creux, manquant au final totalement de crédibilité. De la provoc pour la provoc, en gros. Car si l’histoire aurait pu être intéressante, elle aurait dû logiquement s’encombrer de doutes et de difficultés, de réflexion et de souffrances, qui sont totalement absents du récit. C’est un croisement amoureux purement mathématique, sans aucun brin d’émotion. Superficiel, et qui sonne totalement faux.

L'avis d'Evene : ici

Un article du quotidien suisse le Courrier :

Flammarion, août 2005, 127 pages, ISBN 2080686569, prix : 14 €

Ma note : 1,5/5

 

Voir les commentaires

L'histoire de l'amour - Nicole Krauss

30 Décembre 2006, 10:22am

Publié par Laure

Ce que je crois, c’est que les Américains seuls savent encore nous raconter des histoires, nous prendre par la main et nous mener où ils veulent. Je simplifie, bien sûr, mais je pense là à Irving, Roth, Auster, et Nicole Krauss fait partie de ceux-là. 

L’histoire de l’amour a reçu le prix du meilleur livre étranger, mais je l’avais acheté bien avant, car les lecteurs (et critiques) enthousiastes l’avaient porté avec bonheur. C’est un livre exigeant, mais qui se lit tout seul. Il faut juste accepter de ne pas avoir toutes les clés dès le départ, d’être assez patient pour découvrir comment ces deux (trois ? quatre ?) histoires indépendantes qui s’intercalent vont se mêler, et comment ce bel ensemble va finir. 

L’histoire de l’amour, c’est l’histoire d’un roman au titre éponyme, à l’intérieur d’un autre roman (celui qu’on a entre les mains) qui nous mène loin, loin dans l’amour, dans l’amitié, dans l’Histoire, et dans la création littéraire. Il y a d’abord Leo Gursky, vieil écrivain juif qui a émigré à New York pour échapper à la Shoah, qui raconte l’histoire de sa vie, et surtout de son amour de jeunesse pour Alma. Puis il y a Alma, une autre, une américaine de quinze ans, qui essaie de remettre du baume au cœur à sa mère après le décès de son père. Un inconnu demande à sa mère de traduire un roman espagnol, l’histoire de l’amour, dans lequel l’héroïne porte le prénom d’Alma. D’ailleurs, ce roman, c’est son mari défunt qui le lui avait offert… Si vous êtes perdus, fiez vous aux petits dessins en tête de chapitres, qui vous rappellent qui parle, c’est joli et c’est utile. Et surtout, faites confiance à la magie du roman qui va entrecroiser tous ces fils pour en faire une histoire qu’on quitte à regrets. Vraiment. 

J’ai particulièrement aimé : tous les chapitres « de » Leo Gursky 

Je n’ai pas aimé : tous les « extraits » de l’histoire de l’amour. 

Mais j’ai aimé l’ensemble, et je vous le recommande …  

 

Elles en parlent mieux que moi : Papillon, Clarabel, Anne-Sophie, Clochette, le buzz… et pardon si j'en oublie...

 

Traduit de l'américain par Bernard Hoepffner et Catherine Goffaux.

Gallimard, juin 2006, 356 p. ISBN 2-07-077308-6, prix : 21 € 

Ma note : 5/5

 

Voir les commentaires

Les oiseaux et autres nouvelles - Daphné du Maurier

18 Décembre 2006, 05:19am

Publié par Laure

Je dois à Tatiana ma lecture de Daphné du Maurier : elle m'avait donné l'envie... Je n’ai pas commencé par Rebecca mais un recueil de nouvelles, dont la première s’intitule les oiseaux, celle-là même qui a inspiré le fameux film d’Hitchcock. Toutes les nouvelles du recueil sont un peu à l’image des oiseaux : faire monter la tension, flirter entre le réel et un fantastique ou un surnaturel très proche, faire douter, laisser rôder la mort sans en avoir l’air…

D’abord, les oiseaux donc, qui ont envahi le ciel londonien et la campagne alentour, et qui s’en prennent aux habitants… Mais dans l’édition originale de 1952, c’est la seconde nouvelle qui donne son titre au recueil : le pommier : une épouse décédée semble revivre à travers le vieux pommier du jardin, voilà qui n’apaise pas le veuf…. Dans encore un baiser, il est question d’une inquiétante rencontre, un jeune homme suit avec plaisir une ouvreuse de cinéma, leur promenade s’achèvera dans un cimetière où le lendemain… (non, je ne vous dis pas tout !). Mobile inconnu nous offre un suicide inexpliqué, pourtant en creusant la vie passée de cette sage épouse sans soucis, on découvre des douleurs enfouies… Enfin, Une seconde d’éternité nous promène dans le doute de la folie, et de cet étonnant arrêt du temps : une femme sort se promener, et lorsqu’elle rentre chez elle, sa maison est occupée par d’autres qu’elle prend pour des cambrioleurs. La police la croit folle, et pourtant, c’est comme si elle vivait 20 ans en arrière… troublant !

Dans une langue sobre et classique mais bien conduite (la preuve, on ne s’attache qu’à l’histoire et pas du tout à la façon dont elle est écrite, celle-ci coulant toute seule), l’auteur nous offre des visites de l’étrange bien surprenantes. Il n’ y a qu’une nouvelle que j’ai zappée (l’avant dernière, le petit photographe), y accrochant assez peu un soir de fatigue, et bien que les trouvant parfois un peu longues, elles m’ont permis de découvrir le style parfait de Daphné du Maurier. N’étant pas adepte du fantastique, j’ai aimé ces contextes très proches du réel, où seul un élément parfois engendre le bizarre. Mais toutes ne sont pas surnaturelles, bref, un bon échantillonnage, très différent de mes lectures habituelles.

Albin Michel, 1998 (1ère traduction française 1953), 326 p. ISBN 2-226-10610-3

Existe en poche, mais je n'aime pas la couverture... (!)

Ma note : 3,5/5

 

Voir les commentaires

Après tout - Edward St Aubyn

4 Décembre 2006, 09:36am

Publié par Laure

Dernier volume de la trilogie commencée avec Peu importe et Mauvaise nouvelle. On retrouve Patrick Melrose quelques années après la mort de son père, qui s’apprête à rejoindre une soirée mondaine à laquelle assiste la Princesse Margaret. Les hôtes, Bridget et Sonny, sont un couple au bord de la rupture, car Bridget apprend le jour même de la fête que son mari la trompe depuis bien longtemps avec l’une des invitées.

Patrick en a fini avec son passé de junkie, il ne lui reste plus qu’à régler (avec lui-même) le viol subi dans son enfance, l’inceste paternel. Pour la première fois il réussira à se confier à un ami, et une bonne part du livre consiste à s’interroger sur « peut-on pardonner ou pas ? », faut-il préférer l’indifférence ? Comment vivre avec cela, surtout maintenant que le père incriminé est mort. L’autre part essentielle du livre est cette ironie sarcastique à se moquer de cette société de la haute bourgeoisie où tout n’est qu’apparences et mondanités. L’ambassadeur de France à Londres y est d’ailleurs longuement tourné en ridicule ! Au premier degré ce roman serait assez ennuyeux, mais au second degré, la critique est féroce ! Un humour très « british ». Bref, ce dernier tome se lit vite, on retrouve les personnages apparus dans le premier tome, le personnage principal en a finit avec la haine pour lui préférer la compassion, et l’aventure se clôt sur un sentiment d’apaisement.

Au final, je ne recommanderais pas vraiment cette trilogie, ça se lit certes, et l’ensemble forme un tableau intéressant, mais il manque une ampleur ou une ambition tant dans l’écriture que dans l’intrigue qui en ferait un « grand » roman.

Balland, 1997, 187 p. ISBN 2-7158-1128-4, existe en poche.

Ma note : 3/5

 

Voir les commentaires

A bonne école - Muriel Spark

16 Octobre 2006, 22:32pm

Publié par Laure

Voilà un petit roman qui se lit tout seul, qui est assez court mais délicieusement sadique.

Nina et Rowland Mahler dirigent une pension pour riches ados désoeuvrés, le Sunrise, situé à Ouchy, près de Lausanne, Suisse. Du moins pour un an, car l’originalité de ce collège, c’est d’être mobile et de changer de pays chaque année. Les jeunes y suivent des cours de maintien en société, y ont des activités bourgeoises un brin inutiles et prétentieuses et participent à un cours de creative writing, assuré par Rowland. Directeur et professeur, il écrit lui-même un roman, mais il se trouve en période de page blanche quand se présente à lui le jeune rouquin de 17 ans, Chris Wiley, qui semble bien plus doué et avancé avec son roman historique sur Mary Stuart.

C’est le début d’une jalousie obsessionnelle du maître vers l’élève, qui prend parfois des allures de polar : va-t-il le tuer pour l’empêcher d’écrire, de réussir mieux que lui, oui ou non ? Et quand l’élève a besoin du maître pour garder son inspiration et son débit d’écriture, comment fait-on ? Pendant que nos deux écrivaillons s’épient, la jeune épouse, Nina Parker, lasse de porter l’institution sur ses épaules, prend un amant. Roman « so british », il se dévore d’une traite, méchamment critique et amusant, il se finit toutefois un peu vite, avec une fin inattendue. (Enfin pas si surprenante que cela, mais si vite expédiée alors que rien ne l’annonçait.)

Gallimard, mai 2005, 168 p. ISBN 2-07-073763-2, prix : 13,90 €

Traduit de l'anglais par Claude Demanuelli.

Ma note : 4/5

 

Voir les commentaires

L'affaire Lolita - Penelope Fitzgerald

28 Août 2006, 20:54pm

Publié par Laure

Florence Green, habitante de Hardborough, petit village du Suffolk, décide de racheter une vieille maison abandonnée pour y ouvrir sa librairie. Cela ne plaît pas à tout le monde, et en particulier aux notables du coin. Rares soutiens des uns, médisances des autres, Florence s’accroche pour que son commerce fonctionne. L’affaire « Lolita », le roman de Nabokov, n’est qu’un prétexte, car il n’occupe qu’une part risible dans ce livre : la snob Violet Gamard se plaint de l’embouteillage que crée dans la rue ce livre exposé dans la vitrine de The old House, ce qui ralentirait ses courses ! Là n’est pas vraiment le problème, quand on veut arriver à ses fins, tous les moyens sont bons, et Florence sera contrainte de mettre la clé sous la porte, une nouvelle loi réquisitionnant des bâtiments historiques ayant été inoccupés pendant 5 ans, même s’ils sont à présent habités. 

Perfidies, ragots, jugements, Penelope Fitzgerald décrit très bien cette lutte de classes et cette ambiance malsaine et observatrice des petites bourgades.

A noter : Penelope Fitzgerald est décédée en 2000 et ce roman date de 1978. Il n’a été traduit au Quai Voltaire qu’en 2006. L’histoire se déroule en 1959 dans le sud-est de l’Angleterre. Il est intéressant de découvrir que les librairies les plus reculées pouvaient aussi avoir un espace bibliothèque de prêt, constitué de livres apportés par une firme londonienne. « Les livres disponibles en prêt étaient divisés en trois catégories : A, B, et C. A représentait ceux qui étaient très demandés ; B, ceux qui l’étaient médiocrement ; et C, ceux dont les titres, déjà anciens, faisaient l’objet d’une demande quasi nulle. Pour chaque A emprunté, elle devait prendre trois B et un grand nombre de C. Si elle payait plus cher, elle aurait davantage de A, mais elle aurait à gérer une croissance exponentielle de B (médiocres) et de C (l’horreur). » (P.66)

Bref, un petit roman sympathique sur les mentalités villageoises, et 50 ans plus tard, c’est encore souvent semblable !

[Ecrit le 25 août.]

Traduit de l’anglais par Michèle Lévy-Bram

Quai Voltaire, juin 2006, 175 pages, ISBN 2-7103-2881-X, prix : 16,50 €

Ma note : 3,5/5

 

Voir les commentaires

L'admiratrice, une correspondance éditée par Jean-Luc Foreur - Iselin C. Hermann

28 Août 2006, 20:07pm

Publié par Laure

L’admiratrice est un premier roman d’Iselin C. Hermann, éditrice dans la plus prestigieuse maison d’édition danoise de livres d’art (dixit la 4ème de couv.)

L’admiratrice est un court et charmant roman épistolaire. Une jeune femme dont on ne sait pas grand-chose sinon qu’elle se nomme Delphine Hav et qu’elle habite le Danemark, écrit son admiration pour l’un de ses tableaux au peintre français Jean-Luc Foreur, dont on ne sait guère plus sinon qu’il est marié et plus âgé qu’elle. L’artiste lui répond et ainsi naît une folle correspondance qui cède vite place au désir et au manque. Fantasmes sensuels, attente du courrier, une relation aussi forte qu’imaginaire se noue entre Delphine et Jean-Luc.

J’avoue que je ne trouve rien d’exceptionnel à ce roman, une impression de déjà lu, ou de banalement commun. Cela en devient presque agaçant au bout d’un temps : vont-ils se rencontrer ? Où va mener cette correspondance ? Arrive alors la chute qu’il ne faut bien sûr pas dévoiler et qui redonne un peu de punch à l’ensemble, mais là encore, une fin presque attendue.

Un petit livre qui se lit tout seul, détente parfaite de chaise longue au soleil, mais qui pour moi, ne fut pas une révélation.

[Ecrit le 24 août 2006]

Traduit du danois par Johannes Kreisler

Robert Laffont, oct.2000, 173 p. ISBN 2-221-09030-6, prix : 16,62 €

Merci à C. pour le prêt de ce livre !

Ma note : 3,5/5

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 > >>