Les belles choses que porte le ciel - Dinaw Mengestu
Traduit de l’américain par Anne Wicke
Ils sont trois amis immigrés dans ce quartier noir et pauvre de Washington : Sépha Stéphanos, éthiopien, Kenneth le Kenyan et Joseph, le Congolais. Stepha tient une petite épicerie qui le maintient tant bien que mal en vie. L’arrivée d’une nouvelle voisine, blanche, Judith, et de sa petite fille métisse, Naomi, va bouleverser sa vie.
Ce très beau livre de Dinaw Mengestu (premier roman !) prend le temps de s’installer lentement, dans une sorte de douceur apaisante alors que les événements passés ou présents n’ont rien du bonheur. Avoir fui les dictatures africaines et mis le pied en terre d’Amérique ne garantit pas un bonheur salvateur. Ils sont là, liés par une amitié et se laissent porter par la vie, luttant avec le peu qu’ils ont.
L’écriture poétique est pour beaucoup dans la qualité de ce livre. Comme on aimerait que tout soit possible entre Judith et
Sépha ! Les passages avec la petite fille Naomi sont d’une pure beauté ! Comment deux êtres peuvent-ils s’apporter autant l’un l’autre qu’en partageant la lecture à voix haute des
frères Karamazov, un livre choisi par la petite fille pour sa longueur, pour faire durer le plaisir…
On regrettera toutefois
un peu trop de longueurs, que les passages lumineux ne suffisent pas toujours à faire oublier. Une belle découverte quand même que ce roman sur l’exil et le déracinement, d’une maturité étonnante
pour le jeune âge de l’auteur (30 ans).
Le titre est un extrait de l’enfer de Dante.
Lu dans le
cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, sélection romans.
Albin Michel, août 2007, 303 pages, prix : 21,50 €
Ma note : 14/20
Crédit photo couverture : éd.Albin Michel.
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Repéré sur une critique engageante d’un mensuel féminin (Avantages), je lisais quelques jours plus tard une critique tout aussi
motivante chez
Harry Ricks, 42 ans, quitte les
Etats-Unis suite à une rupture douloureuse avec sa femme, et un licenciement tout aussi retors d’une université où il enseignait les arts cinématographiques. Plus qu’un départ, c’est une fuite,
malgré la douleur de laisser sa fille. Muni de quelques économies, il s’installe à Paris, d’abord dans une chambre d’hôtel où il est foudroyé par la grippe, puis aidé par un employé turc, il
s’installe dans une chambre de bonne au confort plus que rudimentaire. D’un job louche à des fréquentations tout aussi suspectes, Harry va évoluer sur le fil du danger permanent, tandis qu’un
curieux hasard lui est toujours favorable au final.
Je ne sais par où commencer tant ce livre est riche et savoureux, retors et malicieux.
Will a 47 ans, une carrière de psychanalyste, une épouse, Carol, et une petite fille, Samantha. Ensemble, ils ont perdu un premier fils, Luke. Tout commence à la
25ème rencontre annuelle de la promo 1979, où les anciens élèves se retrouvent. Will y va seul, Carol ne s’intéresse pas à ce genre de réunion. Sur place, tout le monde s’enquiert d’un
absent : le frère jumeau de Will, Mitch, un sportif champion en natation. Mais Will n’a pas davantage d’informations, il ne l’a pas vu depuis 15 ans.
Tom est un petit garçon aveugle et orphelin de mère, décédée à sa naissance. Il vit seul avec son père, propriétaire d’une boucherie
de quartier dans une petite ville du Chili.
Margaret Lea vit entourée de livres anciens dans la boutique de son père, et accessoirement, écrit des biographies d’auteurs. C’est à ce titre qu’elle est contactée par Vida Winter,
écrivain célèbre, pour rédiger sa biographie et lever enfin le voile sur sa vie aussi romanesque que fantasmée. Attirée par l’édition rare d’un de ses titres dans lequel manque « le
treizième conte », elle se rend au manoir de l’écrivain.
Voici un roman étrange et énigmatique, qui vous happe dans son mystère dès les premières pages. Sonia Frey fuit un mari violent et démarre une
nouvelle vie en se faisant embaucher comme masseur-kinésithérapeute dans un hôtel de luxe, le Gamander, à Val Grish, petit village montagnard suisse. Dès son arrivée, des événements inquiétants
se produisent, un ficus qui perd ses feuilles en une nuit, des balises qui sont jetées dans la piscine, un oiseau noyé dans un aquarium… Qui peut en vouloir à la propriétaire qui tente de faire
renaître l’hôtel de ses cendres ? Qui au village cherche à s’en prendre au personnel ? Tout au long du roman, de curieux SMS sont échangés entre Sonia et son amie Malou. Quel passé
conjugal Sonia cherche-t-elle réellement à fuir ? Pourquoi son ex mari a-t-il été arrêté ?
Leonard revient sur les lieux du suicide de sa femme qui a eu lieu quelques années auparavant… Le narrateur revient sur la naissance du couple Anya – Leonard,
qui s’est formé par hasard chez un couple d’amis, Paul et Marlene. La première moitié du roman est prenante et bien construite : une fine analyse psychologique des personnages, une jeune
épouse délaissée, un désir d’amour fort qui s’assoiffe en vain. Où va mener cette souffrance intime ? Ces deux couples étroitement liés vont s’emmêler et se dénouer, l’herbe est-elle plus
verte quand elle a un goût d’adultère ? Puis le roman s’essouffle, il y a à mon avis un bon quart de trop sur ces 400 pages. A tel point que j’ai abandonné ce livre dans un coin à 80 pages
de la fin, plusieurs semaines avant de le finir, sans envie, juste parce que « si près du but c’était dommage », mais l’issue de toute façon, on la connaît dès les premières pages (le
suicide). Donc oui, moyen. Un peu plus ramassé, et il aurait fait un très bon roman psychologique.
Adam Haslett est un écrivain américain né à New York en 1970. Sélectionné par le magazine