Ellen Foster - Kaye Gibbons
Ellen Foster a tout juste 11 ans lorsqu’elle
perd sa mère et qu’elle rêve de tuer son père, toujours ivre mort et violent tant verbalement que physiquement. Le plus souvent il ignore qu’il a une fille, et c’est mieux ainsi. Elle se réfugie
alors chez son amie Starletta, une gamine issue d’une famille noire, qui vit dans une grande pauvreté mais où l’amour familial réchauffe le cœur d’Ellen. Mais le racisme sévit encore, dans le sud
des Etats-Unis, et c’est mal vu. Ballottée de famille d’accueil en membre de la famille proche, Ellen n’a que la méchanceté et l’avarice des siens pour grandir. Elle finira par choisir elle-même
la famille où elle a envie de se poser. Bien que tout soit grave et sordide autour d’elle, Ellen a une lucidité et une foi en la vie qui surprend et qui met du baume au cœur.
C’est un beau récit où une lueur d’enfance balaie d’un revers toute la médiocrité des adultes.
J’ai bien aimé ce livre, pourtant je n’ai pas d’empressement particulier : prenant et bien écrit, c’est néanmoins du déjà lu. Pas très original quoi…. (comment ça j’suis sévère ? oui, un peu.)
Ellen Foster est le premier roman de Kaye Gibbons, publié pour la première fois en 1987.
Christian Bourgois, coll. Titres, sept. 2006, 182 pages, prix : 6 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : éd. Bourgois et Amazon.fr
Crédit tout court : merci Cuné !
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Ce livre est un recueil de deux nouvelles écrites en 1989 mais traduites et publiées en France pour la première fois en 1993, à l’occasion de la
sortie d’un nouveau roman de l’auteur, le musée du silence.
Il y a d’abord l’étonnement du sous-titre : une histoire d’amour accolé au mot viol, voilà qui déjà dérange. C’est pour moi une première découverte de cet auteur pourtant bien célèbre (
Il y a quelques semaines, je suis allée fureter dans la rubrique livres de
Un roman curieux, étrange et dérangeant, comme je ne pensais pas en trouver chez Actes Sud. Je vous livre la fin de la 4ème de couv :
C’est l’histoire d’une grand-mère racontée par sa petite-fille. A l’automne 1950, sa grand-mère avait presque 40 ans : elle quitte alors pour la première fois son village sarde de Cagliari pour aller en cure thermale sur le continent : souffrant du mal de pierres (les calculs rénaux), elle ne parvient pas à mener à terme une grossesse. Là, elle rencontre le Rescapé, un homme qui lui offre écoute et attention. 9 mois après la cure naît un petit garçon : le père de la narratrice. On tombe vite sous le charme de cette histoire un brin désuète et intrigante : la grand-mère s’est mariée sur le tard, en 1943, alors qu’elle avait plus de 30 ans, elle entretient avec son époux une relation curieuse, généreuse pourvoyeuse de prestations de maisons closes, tout le monde l’a toujours considérée comme un peu folle, alors ce mariage venait à point nommé. On avance sereinement dans l’histoire, jusqu’à la dernière page qui offre un nouveau point de vue et nous fait reconsidérer totalement le récit !
Voilà un roman léger, tonique et drôle, qui ne prend pas la tête, mais qui est souvent bien vu. Désirée a 35 ans, elle est bibliothécaire en section jeunesse, et elle se rend chaque jour sur la tombe de son mari Örjan. Lui a sensiblement le même âge, il s’appelle Benny, il élève des vaches, et vient chaque jour sur la tombe de ses parents. Lui, c’est le mec de la tombe d’à côté. Ils sont aussi différents que possible : elle aime les lignes simples et épurées, la culture et l’opéra, il ne jure que par la ferme, il est un peu souillon, et la tombe de ses parents est un mausolée digne d’un pépiniériste tant elle est ornée. Tout les oppose, mais voilà, quand Benny est proche de Désirée, elle a comme des papillons dans le ventre. Ces deux-là vont-ils pouvoir s’aimer ? Je vous laisse le découvrir ! On sourit souvent, même s’il est vrai que les clichés intello/paysan sont plutôt « bateau », attendus, et que l’expression des personnages (l’auteur a choisi de donner la parole à chacun des deux par alternance des chapitres) n’est pas si différente. Mais on s’amuse, c’est vif, léger, curieux, et j’ai souvent pensé au film
J’ai traîné ce roman foisonnant de longs mois, longtemps, bien trop longtemps. J’ai attendu plus d’un mois encore avant de lire les 50 dernières pages. J’aurais pu tout aussi bien ne jamais les lire. Il y a quelque chose d’attachant dans ce livre, et en même temps, rien ne vient frapper en plein cœur pour vous marquer longtemps.
Ah le mariage, ce contrat si délicat !
Une petite ville en bord de mer, le soleil, une vie aisée.