Les jardins d'Hélène

romans etrangers

Une parfaite chambre de malade - Yoko Ogawa

26 Mai 2007, 09:40am

Publié par Laure

chambre-de-malade.jpg Ce livre est un recueil de deux nouvelles écrites en 1989 mais traduites et publiées en France pour la première fois en 1993, à l’occasion de la sortie d’un nouveau roman de l’auteur, le musée du silence.

Dans une parfaite chambre de malade, un jeune homme de 21 ans se meurt d’un cancer à l’hôpital. Sa sœur accompagne ce départ, fascinée par la blancheur et la propreté impeccable de la chambre. Une pureté obsessionnelle, sans doute en réaction au souvenir de sa mère morte dans la folie et qui laissait pourrir de la nourriture un peu partout. En parallèle, la jeune femme cherche un peu de réconfort auprès d’un médecin de l’hôpital, au travers d’une relation qu’elle veut pure (mais ambiguë tout de même), qui lui permet simplement de pleurer.

Dans la seconde nouvelle, la désagrégation du papillon, une jeune femme est obligée de placer en maison médicalisée sa grand-mère qui souffre de démence sénile et qui a perdu toute autonomie. Commence alors pour elle une longue réflexion et une plongée intérieure sur la normalité. Métaphorique, notamment par l’histoire du papillon, j’ai eu un peu de mal à apprécier cette nouvelle. 

Si habituellement j’aime beaucoup l’écriture d’Ogawa, ces deux nouvelles ne comptent pas pour moi dans ses meilleurs textes. L’atmosphère et le récit y sont moins étranges ou angoissants, et je ne sais pas l’expliquer, mais j’ai moins aimé !

Actes Sud, août 2003, 154 pages, prix : 15 €  - Existe en Babel Poche à 6 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Actes Sud et Amazon.fr

 

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Viol, une histoire d'amour - Joyce Carol Oates

5 Mai 2007, 08:47am

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Claude Seban.

 

Il y a d’abord l’étonnement du sous-titre : une histoire d’amour accolé au mot viol, voilà qui déjà dérange. C’est pour moi une première découverte de cet auteur pourtant bien célèbre (Blonde, Les chutes, etc.) et j’ai eu un peu de mal avec le style au départ. Je ne suis pas certaine de partager l’enthousiasme général sur le web pour ce roman. Il est surprenant certes, noir, et toute sa force est dans le non-dit, mais voilà, je reste mitigée…

Tina Maguire rentre à pied d’une soirée avec sa fille de 12 ans, Bethie. C’est le soir du 4 juillet 1996, jour de la fête nationale, à Niagara Falls, dans l’état de New York. Tina est violée par 5 individus, sous les yeux de sa fille, et laissée pour morte dans un hangar à bateaux. Longtemps après, un narrateur anonyme revient sur l’histoire en s’adressant à la jeune fille, Bethie. Par le biais d’un avocat influent, Kirkpatrick, les violeurs sont relâchés sous caution, c’est la parole de Tina contre la leur, et celle de Tina ne pèse pas bien lourd.

Tina perd toute confiance dans la justice de son pays et se replie sur elle-même. Mais un amoureux silencieux veille au grain : le flic Dromoor, premier arrivé sur les lieux. Il rendra justice à sa façon.

Un roman qui doit sa force à sa construction elliptique, violent et surprenant, une histoire d’amour secrète et entièrement dévouée sans attente en retour, frappant…

 

L’avis d’Anne : ici

Ed. Philippe Rey, mars 2006, 176 pages, prix : 15 €

Ma note : 3/5

Crédit Photo couverture : éd. Philippe Rey et Amazon.fr

 

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Un amour en hiver - Elizabeth Berg

21 Avril 2007, 09:49am

Publié par Laure

Traduit de l'américain par Isabelle Vassart.

Il y a quelques semaines, je suis allée fureter dans la rubrique livres de Psychologies magazine en ligne, en quête de titres autour du divorce. (C’est pratique, ils ont des thématiques : couples > crises – divorce). Je ne cherchais pas de guide pratique (j’en avais déjà à portée de main) ni de bouquin psy, mais des romans. Parce que j’avais envie de romans sur ce sujet, voilà tout.  J’ai donc noté des titres qu’au fur et à mesure je pioche ici ou là.

Voilà comment je suis arrivée à Un amour en hiver, d’Elizabeth Berg. Quand le livre est arrivé (merci la bibliothèque départementale), en voyant la couverture, j’ai pensé que jamais je n’aurais acheté ou même emprunté un tel livre. Ça sonnait le roman sentimental américain un peu trop fort. Je m’attendais à des ficelles un peu grosses, du miel et des larmes, et un happy end. Au final je ne me suis pas beaucoup trompée.

Ellen et Griffin sont mariés depuis dix ans et parents d’une petite Zoe de huit ans. Ellen, en pleine aventure adultère, demande le divorce et par la même occasion à son mari de dégager de la maison. Mais lui ne l’entend pas ainsi et ne veut rien céder : il restera dans la maison. Commence alors une cohabitation, où chacun vit de son côté : Ellen sort avec son amant, Griffin prend un job en extra : il fait le père Noël dans un centre commercial, tout en cherchant un peu de réconfort auprès de la jolie photographe qui l’a recruté pour ce travail.

Voulant protéger leur fille Zoe, ils ne lui parlent pas de divorce, mais de besoin de réfléchir, etc. Pendant qu’Ellen pense revivre et s’épanouir, Griffin cherche par tous les moyens à sauver son couple. Ellen finit par prendre un appart ailleurs, et puis assez brusquement, rompt avec son amant. Je vous laisse imaginer le happy end qui s’il n’est pas clairement écrit est en tout cas très largement suggéré.

Ce livre n’est pas mièvre ni rose guimauve, il y a des situations assez vraisemblables, il n’en reste pas moins que tout est d’un attendu et d’un banal sans surprise aucune. Bien sûr la fillette n’est pas dupe et change de comportement, bien sûr chacun souffre et défend ses certitudes, mais finalement tout est simple et bouclé en 300 pages. Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas transcendant non plus, on dirait un cahier des charges parfaitement accompli : il est malheureux, il pense la tromper à son tour mais c’est pas si facile car il l’aime toujours et ce ne serait qu’une fuite en avant, elle est fermement décidée à divorcer, persuadée qu’ils ne sont finalement jamais entendus, et puis l’herbe verte du voisin ne verdoie plus et puis peut-être qu’avec beaucoup de larmes et un gros pardon… Bref, le cahier des charges est rempli, mais j’attends beaucoup plus que cela d’un roman. Qu’il me chiffonne ou me fasse rire, qu’il me bouscule ou me fasse frissonner, pas qu’il me laisse dans une tiédeur superficielle.  

Belfond, mars 2006, 303 pages, prix : 19,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : ed. Belfond et Amazon.fr

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3 - Julie Hilden

17 Avril 2007, 12:20pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Béatrice Commengé

 

Un roman curieux, étrange et dérangeant, comme je ne pensais pas en trouver chez Actes Sud. Je vous livre la fin de la 4ème de couv : « Envoûtante, d’une sulfureuse noirceur, cette contemporaine Histoire d’O new yorkaise est la chronique d’une possession, d’une aliénation – et d’une transmission. Porté par une écriture cinématographique, parfois crue, ce premier roman, véritable thriller sexuel, explore, entre distance et passion, les arcanes de l’éros féminin. » Ouch, pas si facile d’adhérer à ce roman quand même !

Une semaine après avoir surpris son petit ami Ilan avec une autre, Maya fait germer un bien étonnant projet pour son couple : elle se résigne à accepter les infidélités revendiquées par son amoureux, en contrepartie elle exige qu’ils se marient, que jamais il ne lui cache rien, et que toujours elle soit présente. Déjà là vous vous dites que ce n’est pas très sain c’t’affaire. S’ensuivent alors des rencontres érotiques aussi troublantes que dérangeantes au cours desquelles peu à peu tout va basculer. Consciente et lucide du danger et du risque, Maya n’en aime pas moins ce qu’elle vit, ça s’appelle du masochisme. Et elle ira loin, très loin, même lorsqu’Ilan ne sera plus, mais aura manigancé pour elle un plan tout aussi pervers. Mouais…

 

Si chacun est libre de ses pirouettes sous la couette, je ne suis pas certaine que lire celles dérangées des autres m’apporte grand-chose… parce que l’héroïne du roman, elle a quand même un sacré grain, et comme Clarabel, non vraiment je ne la suis pas !

Néanmoins le roman se lit vite et bien, parce qu’on se demande quand même où ça va mener tout cela… à la conclusion qu’il y a des gens tordus sur terre, mais je n’en doutais pas ;-))

 

Actes Sud, fév.2004, 230 pages, prix : 19 €

Ma note : 3/5

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Mal de pierres - Milena Agus

13 Mars 2007, 19:14pm

Publié par Laure

C’est l’histoire d’une grand-mère racontée par sa petite-fille. A l’automne 1950, sa grand-mère avait presque 40 ans : elle quitte alors pour la première fois son village sarde de Cagliari pour aller en cure thermale sur le continent : souffrant du mal de pierres (les calculs rénaux), elle ne parvient pas à mener à terme une grossesse. Là, elle rencontre le Rescapé, un homme qui lui offre écoute et attention. 9 mois après la cure naît un petit garçon : le père de la narratrice. On tombe vite sous le charme de cette histoire un brin désuète et intrigante : la grand-mère s’est mariée sur le tard, en 1943, alors qu’elle avait plus de 30 ans, elle entretient avec son époux une relation curieuse, généreuse pourvoyeuse de prestations de maisons closes, tout le monde l’a toujours considérée comme un peu folle, alors ce mariage venait à point nommé. On avance sereinement dans l’histoire, jusqu’à la dernière page qui offre un nouveau point de vue et nous fait reconsidérer totalement le récit !

Elles ont aimé : Clarabel, Cuné, Cathe, Papillon, (pardon si j'en oublie !)

Liana Levi, nov. 2006, 123 pages, prix : 13 €

Ma note : 4/5

 

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Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

12 Mars 2007, 16:05pm

Publié par Laure

Voilà un roman léger, tonique et drôle, qui ne prend pas la tête, mais qui est souvent bien vu. Désirée a 35 ans, elle est bibliothécaire en section jeunesse, et elle se rend chaque jour sur la tombe de son mari Örjan. Lui a sensiblement le même âge, il s’appelle Benny, il élève des vaches, et vient chaque jour sur la tombe de ses parents. Lui, c’est le mec de la tombe d’à côté. Ils sont aussi différents que possible : elle aime les lignes simples et épurées, la culture et l’opéra, il ne jure que par la ferme, il est un peu souillon, et la tombe de ses parents est un mausolée digne d’un pépiniériste tant elle est ornée. Tout les oppose, mais voilà, quand Benny est proche de Désirée, elle a comme des papillons dans le ventre. Ces deux-là vont-ils pouvoir s’aimer ? Je vous laisse le découvrir ! On sourit souvent, même s’il est vrai que les clichés intello/paysan sont plutôt « bateau », attendus, et que l’expression des personnages (l’auteur a choisi de donner la parole à chacun des deux par alternance des chapitres) n’est pas si différente. Mais on s’amuse, c’est vif, léger, curieux, et j’ai souvent pensé au film je vous trouve très beau. J’ai particulièrement aimé la fin, courageuse, pas si simple, pas complètement tranchée non plus, sans être complètement ouverte non plus. Bref, un bon roman de détente, pas mièvre du tout !

Saviez-vous que le papier rose des éditions Gaïa était du papier « perle sanguine 100 g » spécialement fabriqué pour eux ? joli nom pour une couleur que j’ai toujours un peu de mal à apprécier, mais bon grammage pour compenser J !

A noter : paru en 1998 en Suède mais traduit en français en 2006 seulement.

PS : K. Mazetti écrit aussi pour la jeunesse : trucs et ficelles d'un petit troll

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus.

Gaïa éd., juin 2006, 253 p. ISBN 2-84720-079-7, prix : 20 €

Ma note : 4/5

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Jours de juin - Julia Glass

10 Mars 2007, 16:16pm

Publié par Laure

J’ai traîné ce roman foisonnant de longs mois, longtemps, bien trop longtemps. J’ai attendu plus d’un mois encore avant de lire les 50 dernières pages. J’aurais pu tout aussi bien ne jamais les lire. Il y a quelque chose d’attachant dans ce livre, et en même temps, rien ne vient frapper en plein cœur pour vous marquer longtemps.

Trois mois de juin à des années d’intervalle, différents points de vue, voilà qui compose les souvenirs de la vie des McLeod. En 1989, quelque temps après la mort de sa femme Maureen, Paul part en voyage organisé en Grèce. Il y rencontre Fern, une jeune artiste peintre américaine. Alternance des souvenirs de son épouse plus empressée auprès de ses collies (elle avait un élevage de cette race de chiens) que de lui-même et des moments passés avec Fern.

Six ans plus tard, en 1995, Fenno, revient dans le domaine familial en Ecosse, pour l’enterrement de son père, qui entre temps s’était installé à Naxos, une île grecque. Fenno est libraire à New-York, il est homosexuel, et a noué une relation d’amitié très forte avec son voisin Malachy Burns. Mal se meurt du sida. Tout le monde les croyait amants alors qu’ils ne l’étaient pas, mais ce décès marque profondément Fenno. Il retrouve en Ecosse ses deux frères jumeaux, David et Dennis, tous deux mariés, et écoute la demande surprenante de l’une de ses belles-sœurs de l’aider à procréer. Enfin, dans une troisième partie, en juin 1999, on retrouve notre américaine du début, Fern, qui par le biais de connaissances, rencontre Fenno. Elle a été mariée, veuve, et se retrouve enceinte d’un homme qui n’est pas encore au courant. Fern et Fenno sont tous deux à un carrefour de leur vie. Prendront-ils le tournant ensemble ?

 

Ce roman n’est pas inintéressant dans sa construction et sa narration, ses points de vue multiples qui construisent le souvenir d’une famille différemment, mais voilà : il est long, très long, trop long, et n’aurait sans doute pas souffert de quelques coupes. Je n’en garderai pas un souvenir flamboyant, mais quelque chose a fait que quand même, je suis allée au bout des 653 pages… Un avis mitigé, donc.

L'avis plus enthousiaste de Clarabel :

Ed. des Deux Terres, avril 2006, 653 pages, ISBN 2-84893-029-2, prix : 22 €

Ma note : 2,5/5

 

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La mariée mise à nu - Nikki Gemmell

26 Février 2007, 15:12pm

Publié par Laure

Ah le mariage, ce contrat si délicat !

Ce livre est loin d’être aussi sulfureux que les annonces faites autour de sa sortie ont bien voulu nous le faire croire ! D’abord publié anonymement (l’auteur ne se sentait pas libre d’écrire tout ce qu’elle avait à dire si son nom devait apparaître sur la couverture), ce roman nous propose un prétendu journal intime d’une épouse de 36 ans, qui découvre un jour que son mari la trompe (du moins le croit-elle) et qui réalise alors que de toute façon, sexuellement, elle n’était pas épanouie avec lui. Elle libère donc ses fantasmes à travers des rencontres érotiques et adultères. Oh, rien de bien licencieux, on lit bien pire si l’on se tourne vers la littérature dite érotique. Alors pourquoi une telle crainte de la part de l’auteur : il ne s’agit pas d’un récit autobiographique, mais d’un roman, non ?!

J’ai aimé les nombreux revers de l’histoire : quand on pense s’ennuyer dans un tournant ronronnant, l’auteur a su rebondir en réorientant totalement son personnage (je n’en dis pas plus, il faut bien laisser quelques surprises à la lecture !). On trouvera de très belles pages sur la maternité et sur cet amour maternel qui vous envahit sans condition et sans que votre volonté y soit pour quoi que ce soit. La fin reste énigmatique, au lecteur de se faire son scénario. (Pour ceux qui me lisent régulièrement, ce n’est pas le genre de fin que je préfère !)

En conclusion, un roman sympathique qui se lit tout seul, mais n’allez pas faire croire à un homme qui le lirait qu’il saurait tout ainsi du fonctionnement secret des femmes !

Traduit de l’anglais (Australie) par Alfred Boudry

Au diable Vauvert, déc. 2006, 356 p., prix : 22 €

Ma note : 3,5/5

 

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Les grand-mères - Doris Lessing

4 Janvier 2007, 10:40am

Publié par Laure

Une petite ville en bord de mer, le soleil, une vie aisée.  C’est un tableau idyllique pour cette entrée de scène : deux grand-mères accompagnées de leur fils respectif et de leurs petites-filles, idem, 6 personnages en quête de drame. Car cette nouvelle de Doris Lessing, écrite à 86 ans, se veut choquante et dérangeante, sans tabous. Soit. En effet, Lil et Roz sont deux amies d’enfance que rien ni personne ne séparera jamais : elles ont vécu comme deux sœurs jumelles à quelque mètres l’une de l’autre, faisant souvent jaser le voisinage sur une supposée homosexualité dont elles doutent elles-mêmes. Mariées au même âge, elles sont devenues mères en même temps : Lil a donné naissance à Ian, et Roz à Tom. Les garçons seront élevés ensemble, quasi comme des frères. Les maris ne feront pas long feu : le père de Ian est mort et le père de Tom est parti vivre ailleurs et s’est remarié. Une preuve de plus de la relation fusionnelle des deux femmes. Les deux garçons grandissant, à 16-17 ans, ils sont beaux à croquer, et les mères n’y résisteront pas : Ian deviendra l’amant de Roz et Tom celui de Lil. Un chassé-croisé amoureux symboliquement incestueux. A 30 ans tout de même, poussé un tant soit peu par un brin de convention, tous deux se marient (sans grand enthousiasme!) avec une jeune femme de leur âge : Tom avec Mary, et Ian avec Hannah. Les deux couples auront chacun une petite fille, mais jamais les deux hommes n’arriveront à oublier leur passion sulfureuse pour les grand-mères. 

Bon, voilà pour l’histoire ! Je ne suis pas du genre à être choquée par un sujet, ce n’est donc pas la raison pour laquelle je n’ai pas du tout aimé ce livre. (Même si j’admets volontiers que le sujet est amoral et jamais condamné, donc choquant). Non ce qui m’a agacée dans ce livre, c’est son omniprésente superficialité : tout est survolé très vite, l’auteur suit sa ligne comme elle l’entend, sans jamais s’encombrer de détails, ni surtout, sans jamais développer une quelconque psychologie aux personnages. Tout apparaît donc comme trop facile, vide et creux, manquant au final totalement de crédibilité. De la provoc pour la provoc, en gros. Car si l’histoire aurait pu être intéressante, elle aurait dû logiquement s’encombrer de doutes et de difficultés, de réflexion et de souffrances, qui sont totalement absents du récit. C’est un croisement amoureux purement mathématique, sans aucun brin d’émotion. Superficiel, et qui sonne totalement faux.

L'avis d'Evene : ici

Un article du quotidien suisse le Courrier :

Flammarion, août 2005, 127 pages, ISBN 2080686569, prix : 14 €

Ma note : 1,5/5

 

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L'histoire de l'amour - Nicole Krauss

30 Décembre 2006, 10:22am

Publié par Laure

Ce que je crois, c’est que les Américains seuls savent encore nous raconter des histoires, nous prendre par la main et nous mener où ils veulent. Je simplifie, bien sûr, mais je pense là à Irving, Roth, Auster, et Nicole Krauss fait partie de ceux-là. 

L’histoire de l’amour a reçu le prix du meilleur livre étranger, mais je l’avais acheté bien avant, car les lecteurs (et critiques) enthousiastes l’avaient porté avec bonheur. C’est un livre exigeant, mais qui se lit tout seul. Il faut juste accepter de ne pas avoir toutes les clés dès le départ, d’être assez patient pour découvrir comment ces deux (trois ? quatre ?) histoires indépendantes qui s’intercalent vont se mêler, et comment ce bel ensemble va finir. 

L’histoire de l’amour, c’est l’histoire d’un roman au titre éponyme, à l’intérieur d’un autre roman (celui qu’on a entre les mains) qui nous mène loin, loin dans l’amour, dans l’amitié, dans l’Histoire, et dans la création littéraire. Il y a d’abord Leo Gursky, vieil écrivain juif qui a émigré à New York pour échapper à la Shoah, qui raconte l’histoire de sa vie, et surtout de son amour de jeunesse pour Alma. Puis il y a Alma, une autre, une américaine de quinze ans, qui essaie de remettre du baume au cœur à sa mère après le décès de son père. Un inconnu demande à sa mère de traduire un roman espagnol, l’histoire de l’amour, dans lequel l’héroïne porte le prénom d’Alma. D’ailleurs, ce roman, c’est son mari défunt qui le lui avait offert… Si vous êtes perdus, fiez vous aux petits dessins en tête de chapitres, qui vous rappellent qui parle, c’est joli et c’est utile. Et surtout, faites confiance à la magie du roman qui va entrecroiser tous ces fils pour en faire une histoire qu’on quitte à regrets. Vraiment. 

J’ai particulièrement aimé : tous les chapitres « de » Leo Gursky 

Je n’ai pas aimé : tous les « extraits » de l’histoire de l’amour. 

Mais j’ai aimé l’ensemble, et je vous le recommande …  

 

Elles en parlent mieux que moi : Papillon, Clarabel, Anne-Sophie, Clochette, le buzz… et pardon si j'en oublie...

 

Traduit de l'américain par Bernard Hoepffner et Catherine Goffaux.

Gallimard, juin 2006, 356 p. ISBN 2-07-077308-6, prix : 21 € 

Ma note : 5/5

 

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