Les jardins d'Hélène

Le retour à la terre tome 5 : les révolutions - Ferri & Larcenet

10 Avril 2009, 07:05am

Publié par Laure

La petite Capucine grandit, Manu ne se reconnaît plus, surtout depuis que Mariette a repris ses études à la fac. Dans ses nombreuses activités de père au foyer (enfin, il dessine toujours, mais comme il le fait à la maison, c’est lui qui garde Capucine), Manu a entrepris la construction d’une chatière, pour que Speed puisse aller et venir à sa guise. Mais comme il n’y a pas plus têtu qu’un chat, à peu près tout le monde utilisera cette chatière sauf son destinataire : Speed le chat ! La mère Mortemont (et son patois imbuvable) est toujours là, et la préparation des élections municipales fait grand bruit ! L’épicier lutte à sa manière contre l’invasion des hypermarchés, mais quand Manu veut lui acheter des carottes : « ah les carottes, je vous les conseille pas, elles sont pourrites ».

Quand il se fâche avec Mariette, Manu fait le repassage la nuit devant des docus animaliers à la télé et pour accueillir son copain Ferri qui vient travailler à la BD chez lui, il porte son poncho en pure chèvre de Patagonie siglé La Redoute.

Bref du délire, un 5ème tome réjouissant pour cette série qui ne faiblit pas et m’amuse toujours autant ! Un tome 6  quand vous voulez J

 

Dargaud, coll. Poisson Pilote, nov. 2008, 48 p. , prix : 10,40 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © manu larcenet et éd. dargaud

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Les parents de Mélie - Corinne Albaut

9 Avril 2009, 07:39am

Publié par Laure

En 2002 paraissait le titre Mal à ma mère, sous le nom de Clara Vidal. Ce titre m’avait profondément émue, pour des raisons toute personnelles. Vous trouverez ici mon commentaire de l’époque.

Aujourd’hui, Corinne Albaut republie ce livre sous son vrai nom cette fois, et le prolonge d’une seconde partie : Paix à mon père.

Mal à ma mère décrivait la descente aux enfers d’une enfant (puis adolescente) victime de la violence psychologique de sa mère, Paix à mon père décrit la colère et l’incompréhension de cette enfant devenue adulte devant la faiblesse et la lâcheté de son père. Pourquoi n’intervenait-il pas ? Pourquoi préférait-il fuir et la laisser ainsi dans sa souffrance et son désarroi, elle sa fille ? S’il était aussi victime de la tyrannie de sa femme, il était adulte et pouvait (devait) réagir. C’est devant son lit de mort que Mélie revisite son enfance avec ce père trop souvent absent, à qui elle en veut terriblement. Mais sa veillée funéraire lui permettra, même en l’absence de réponse, de mieux le comprendre et de lui pardonner. Pour trouver enfin la paix.

Un texte rare sur un sujet rare, mais si juste du début à la fin.

 

Je ne saurais dire à l’auteur combien ce livre a une place précieuse dans mon cœur.


Dès 13 ans
 

Ed. Syros, coll. les uns les autres, août 2008, 169 pages, prix : 10 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Mathilde Aubier et éd. Syros

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La libraire a aimé - Sophie Poirier

8 Avril 2009, 07:55am

Publié par Laure

Tous les soirs à la même heure, ils sont là, à la terrasse d’un café. Ils boivent un whisky et parlent de livres. Ils sont libraires mais ne se connaissent pas plus que cela. Rien sur leur vie personnelle. Mais un beau jour Paul ne vient plus. Corinne s’inquiète. Plus encore lorsqu’elle pense voir son visage dans une expo photos, car il s’agit de visages de morts. Corinne réalise qu’elle ne savait rien de Paul, et part à sa recherche. Chez un oncle étrange, puis à New-York où elle rencontre Paul Auster et sa femme, etc. jusqu’au dénouement que je vous laisse découvrir.

 

Je croyais que ce livre parlait de livres. En fait pas tellement. Il est surtout la quête de plus en plus fantaisiste de Corinne vers cet homme qu’elle aime. Le début m’a beaucoup plu, et l’intrigue vous attire … mais la quête est trop imaginaire pour moi, trop fantaisiste. Plus on approche de la fin et plus non, on n’y croit pas. Pourtant il y a quelque chose de plaisant : c’est bien écrit, c’est hors du commun, c’est original, mais pour moi la fin n’a pas fonctionné, et trop de questions restent sans réponses… Un avis mitigé donc.

 

Merci à Liliba qui en a fait un livre voyageur…

  

Le blog de l’auteur, qui me plaît beaucoup !

 

 

Ana éditions, avril 2008, 71 pages, prix : 9,50 euros

Ma note :

Crédit photo couverture : © encore lui ?

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Honteuse - Karin Alvtegen

7 Avril 2009, 07:33am

Publié par Laure

 

Traduit du suédois par Philippe Bouquet


Du thriller 100% psychologique qui pousse au plus loin l'analyse de ses personnages et de leurs failles, de la culpabilité à la compassion, c'est un roman qu'on peine à lâcher l'auteur sait y faire !


Monika est médecin, et ne se remet pas de l'accident dans lequel a péri son frère alors qu'ils étaient adolescents. Lorsqu'un collègue rencontré dans un séminaire périra à sa place dans un accident de la route (c'est elle qui aurait dû repartir dans cette voiture), sa culpabilité atteint des sommets et elle va par tous les moyens tenter d'aider la veuve et l'orpheline. En parallèle, l'histoire de Maj-britt, une femme qui vit seule avec son chien et ne sort plus de chez elle, atteinte d'obésité morbide. Aidée par des aides à domicile, elle se plaît à les humilier, jusqu'à ce qu'une d'entre elles, Ellinor, s'accroche un peu plus que les autres et tente de percer sa carapace. Et lorsque sa meilleure amie perdue de vue lui écrit... de prison, c'est tout son passé qui lui revient.

Destins qui s'entrecroisent, terreurs du passé, culpabilité enfouie, volonté de se racheter, l'intrigue est menée de main de maître par l'auteur : complexe (au sens d'intéressante) et maîtrisée !

Si le personnage de Monika m'a parfois énervée, la manipulation est telle que de toute façon, il faut aller au bout !

Une auteure que j'avais découverte avec Recherchée, et que je compte bien continuer à lire !


Plon, septembre 2006, 303 pages,

ou Points, mars 2008, 347 pages, prix : 7 €

Ma note :

Crédit photo couverture : éd. Points / Seuil

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Mon voisin - Milena Agus

6 Avril 2009, 10:59am

Publié par Laure

 

Traduit de l'italien par Françoise Brun


Courte nouvelle de 51 pages, mon voisin nous plonge dans la moiteur lourde de Cagliari, village sarde, et la déprime languissante d'une mère : elle vit seule avec son petit garçon de deux ans qui ne marche toujours pas, pas plus qu'il ne parle d'ailleurs. Elle rêve au suicide parfait qui ferait croire à l'accident, ne la condamnant pas ainsi aux yeux du voisinage. Mais son voisin apparaît, ainsi que son fils turbulent, de l'autre côté du mur mitoyen surmonté de tessons de bouteilles. Peu à peu, les tessons disparaissent et la vie réapparaît...

D'emblée, je n'ai pas aimé ce personnage féminin, son attitude, et du coup n'ai pas su apprécier ce court texte, pesant, lourd, même s'il s'éclaircit sur la fin. Je n'y ai pas été sensible, c'est tout !

A moins que ce ne soit la forme trop courte ? Donc non, tant pis.


Merci quand même à Cathulu pour le prêt surprise !


Liana Levi, coll. Piccolo, janvier 2009, 51 pages, prix : 3 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Denis Hoch et éd. Liana Levi

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J'aime pas les autres - Jacques A. Bertrand

5 Avril 2009, 15:23pm

Publié par Laure

 

Anatole Berthaux mène une enfance ordinaire et timide sous la coupe d'un père instituteur au caractère rigide. C'est son parcours initiatique que nous narre avec humour, finesse et ironie l'auteur. Autobiographie romancée ? Jacques A. Bertrand en offre d'ailleurs une intéressante perspective :

p. 39-40 : « Tout discours critique sur l'autobiographie, l'autofiction, le narcissisme et le nombrilisme, opposés au prétendu vrai roman, relève de la plus haute fantaisie. L'imagination des plus grands créateurs, si ce n'est celle du Créateur lui-même, est très limitée. Elle consiste essentiellement à réunir deux ou trois éléments qui n'ont pas l'habitude de se côtoyer pour créer une idée, une image, une molécule, une sensation nouvelle. On peut tirer quelque chose de distrayant et d'instructif en juxtaposant deux mots qui, séparément, sont à peine crédibles dans les dictionnaires. Mais l'essentiel est ceci : tout roman est nécessairement biographique, fondé sur des éléments d'expérience ou d'observation transposés. Inversement, l'écriture n'étant jamais qu'une forme de transposition, toute biographie est un roman. Et l'autobiographie est vraisemblablement la forme de littérature la plus romanesque ».


On suit donc Anatole jusque dans ses études supérieures et ses premières amours, sa (double) vie de couple inattendue et son détour par le défunt service militaire. C'est tout simple, mais c'est un vrai plaisir. Un très agréable moment de lecture.


p. 70 « Je me suis toujours tenu à l'écart des clans. Je détestais déjà ce que Romain Gary appellerait quelques années plus tard « l'appartenance ». Qu'on me dise : « Vous les jeunes » (ma mère), « Vous les garçons » (les filles) ou « Vous les écrivains » (les critiques) me met en rage. Je ne crois qu'aux individus. »


éd. 10/18, mars 2009, 122 pages, prix : 6,50 €

Ma note :

Crédit photo couverture : éd. 10/18.

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Boomerang - Tatiana de Rosnay

3 Avril 2009, 16:43pm

Publié par Laure

Antoine, architecte, divorcé et père de trois enfants, un peu dépassé par ses ados, offre un week-end à Noirmoutier à sa sœur cadette Mélanie, qui fête ses 40 ans, elle aussi divorcée mais seule. Noirmoutier, l’île où ils passaient leurs vacances d’été lorsqu’ils étaient enfants. Ils n’y sont pas retournés depuis 1973, leur mère étant décédée juste après. Au retour, alors que Mélanie s’apprête à lui révéler un souvenir qui la hante depuis leur séjour sur l’île, c’est l’accident. C’est à l’hôpital qu’Antoine va s’interroger sur ce secret familial que voulait lui révéler sa sœur, s’inquiétant de son rétablissement, et en faisant la connaissance d’Angèle, une embaumeuse sexy qui ne manque pas d’initiative. Cette belle plante audacieuse réussira-t-elle à lui faire enfin tourner la page de son divorce malheureux ?

Mais inutile d’en dire plus, il faut accompagner Antoine dans son voyage intérieur, la très belle couverture du livre vous y invite, et les 400 pages qui suivent sauront vous faire oublier la réalité qui vous entoure, car vous aussi lecteurs, vous êtes pressés de le découvrir, le secret de Clarisse Rey !

Boomerang est une histoire d’amour, et d’amours au pluriel, entre des couples, entre des parents et leurs enfants, entre frère et sœur, l’histoire d’un secret familial aussi, qui se dénoue au fil des pages dans une tension accrue quand approche la fin. Mais c’est aussi l’histoire du quotidien, un quotidien aisé certes, bourgeois, mais remarquablement traduit par l’auteur dans sa vraisemblance et sa modernité : famille divorcée, attitude des enfants adolescents (on a tous les mêmes à la maison !), vitesse filante du monde dans lequel on vit.

Il m’a semblé parfois que ce roman était banal, presque sans surprises, que tout s’y déroulait naturellement, dans un enchaînement fondu d’avance. Mais sans aucune gêne car cela en fait sa force aussi : il est tout à la fois riche de quantité de choses, rebondissements et personnages qui ont une vraie profondeur, on les côtoierait presque dans la vie. Le suspense est plus retenu que dans d’autres romans de l’auteur, le dosage entre amour et enquête psychologique y est subtil, on se laisse juste emporter par l’histoire de cette tribu qui comme beaucoup, a ses secrets enfouis. Ceux qu’il faut dénicher afin de pouvoir s’en libérer, et avancer dans la vie. Et c’est un beau voyage, qui s’achève à regrets, car on voudrait qu’il dure encore. Même s’il est un chemin vers le bonheur, sans doute.


La lecture de Cuné
Celle de Clarabel

Pour lire un extrait  (cliquer sur l'onglet "extrait" pour ouvrir un fichier pdf, sur le site de l'éditeur.)
 

Ed. Héloïse d’Ormesson, avril 2009, 376 pages, prix : 22 €

Ma note :



Crédit photo couverture : © Stéphanie Têtu / Rapho / Eyedea et éd. EHO.

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