F comme garçon – Isabelle Rossignol
/image%2F0683481%2F20261102%2Fob_428664_f-comme-garcon.jpg)
La narratrice, douze ans, a ses premières règles alors qu’elle est à la fête foraine avec sa cousine Nina et qu’elle passe quelques jours chez son oncle et sa tante.
Ce roman pour adolescents aborde la découverte du désir, de la sexualité, de l’homosexualité, la quête d’identité à un âge où tout est mouvant.
Je suis plus que divisée sur ce texte, publié en 2007 à l’école des loisirs, je me demande s’il pourrait encore l’être en l’état 20 ans plus tard. Car ce que je lis sous les propos de Zoé, ce n’est ni plus ni moins qu’une agression sexuelle sur une enfant (Nina n’est pas encore pubère), pas loin du viol incestueux.
La scène en question : « Mets-toi nue. » (p. 23) « Elle n’a pas encore de seins, Nina. Tout est plat chez elle, tout est lisse. Sauf que lorsque je passe ma main sur sa peau, je deviens folle. Serviette ou non, quelque chose s’agite à l’entrée de mon sexe et je ne peux pas résister : je dois calmer cette chose. Et pour la calmer, il faut que je me frotte contre Nina. […] J’enlève mon t-shirt en cinq secondes et je m’écrase sur elle. Tout en frottant mon sexe contre ses cuisses, j’embrasse ses lèvres, je mords son cou. »
Jamais il n’est dit ce que ressent Nina. Sinon qu’elle ne sait pas quoi faire et qu’elle promet de ne jamais rien dire à personne.
p. 36 : « Pourquoi est-ce que je ne peux pas résister ? Et pourquoi est-ce que Nina accepte sans rien dire alors qu’elle ne demande rien ? »
p. 43 : « Je cours avec une serviette sale entre les cuisses. Avec mon corps de monstre qui n’en est même pas un. Je ne suis qu’une menteuse, une vicieuse, une fille qui en aime une autre et mon père m’a dit le nom, un jour, de ces femmes-là. Il riait en le disant, se moquait. Mais lui ? Mon père est un salaud qui couche avec n’importe qui pendant que ma mère pleure en se maquillant et en se remaquillant. »
A cela s’ajoute le poids de la religion apprise au collège privé, l'image paternelle pas brillante, les cours d’éducation homosexuelle donnés par une amie de sa mère âgée de 25 ans, et d’autres expériences qui conduiront Zoé à découvrir son identité sexuelle, entre 12 et 14 ans (elle est en 3e à la fin du roman).
Si le sujet est tout à fait légitime, son traitement initial est particulièrement dérangeant, même si le parcours vise à montrer l’évolution du personnage, ses interrogations, ses souffrances, sa capacité à maîtriser son désir, je reste marquée par le personnage de la cousine Nina, dont on ne saura jamais ce qu’adulte ces scènes récurrentes auront laissé comme traces.
L'avis de Lecture Jeune, revue professionnelle en littérature jeunesse :
/image%2F0683481%2F20261102%2Fob_2065a3_capture-d-ecran-2026-11-02-111643.png)
L’école des loisirs, coll. Medium, janvier 2007, 152 pages, prix : 9,50 €, ISBN : 978-2-211-08355-3
/image%2F0683481%2F20261102%2Fob_07ceeb_stars-2-5-v7092076.jpg)
Crédit photo couverture : © Franck Juery et éd. L’école des loisirs
/image%2F0683481%2F20161028%2Fob_56b2ff_chaussette.jpg)