Les jardins d'Hélène

litterature erotique

Petits mails entre amants – Christian-Louis Eclimont

4 Février 2011, 10:21am

Publié par Laure

petits-mails-entre-amants.jpgLa littérature érotique a ceci de risqué qu’elle flirte parfois avec la pornographie, se sentant souvent obligée de remplir un cahier des charges façon catalogue complet de positions et vocabulaire adéquat pour attirer le chaland.  Alors quand une nouvelle collection s’annonce comme « raffinée, loin, bien loin de la production industrielle des « romans de charme » », je demande à voir… Et je confirme toute l’élégance de ce premier roman érotique de Christian-Louis Eclimont (qui a déjà publié d’autres romans et documents par ailleurs) qui ne se sent pas contraint de recourir aux mots crus pour séduire.

Garance Lelong fait la connaissance de Gabriel Arthuis au vernissage de l’expo de celui-ci, et très vite naît entre eux une correspondance par email, qui de retenue au départ va laisser libre cours aux fantasmes. A chacun de goûter (ou non) aux émotions que semblent déclencher les œuvres d’art dans cet opuscule ! Joli marivaudage empli de charme et de distinction, c’est là tout le potentiel de ce roman, qui offre en plus, une jolie fin inattendue (quoique classique après coup, mais je ne l’avais pas vu venir !)

 

{l’instant érotique}est une nouvelle collection  (quelques titres parus déjà) qui me semble effectivement garante de qualité, tant dans sa maquette agréable (couvertures sobres et élégantes) que dans son contenu loin de toute vulgarité. Une valeur sûre à suivre.

 

Hors collection, coll. « l’instant érotique », février 2011, 166 pages, prix : 12,90 €

Etoiles : stars-3-5__V45687331_.gif

Crédit photo couverture : éd. hors collection.

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La dame de ses pensées - Cécilia Dutter

17 Juin 2009, 10:46am

Publié par Laure

Edouard est avocat, marié et père de famille, son épouse Barbara a une vingtaine d’années de moins que lui. Quand elle lui présente une amie rencontrée à l’école des enfants, Edouard tombe sous le charme de cette belle Alice, bien évidemment mariée elle aussi. N’en déplaise, il lui écrit à son cabinet (elle est psychologue) pour lui proposer de se revoir. Alice refuse net. Mais Edouard persévère et entame une longue correspondance doucement érotique. La belle se cabre, rue dans les brancards, le rejette tout net et se moque de son discours un brin précieux et désuet. Mais à force de la travailler au corps, Alice va se prendre au jeu, dictant elle-même ses règles, elle en redemande, tout en refusant toujours la rencontre qu’il lui propose depuis la première missive.

Lettres érotiques, le sous-titre est donc éloquent, mais c’est d’un érotisme soft et classieux, si élégant et délicat qu’on est bien loin des textes crus et graveleux que l’on peut trouver ailleurs. Ici, tout est raffinement et jeux de l’esprit. La fin, surprenante, inattendue, ajoute à l’intérêt du livre. Sur une trame pourtant classique, l'auteur a réussi une oeuvre originale. Bravo !

 

Merci à Clarabel pour la découverte !

 

Ramsay, collection papillons de nuit,  avril 2008, 149 pages, prix : 15 €

Ma note :

Crédit photo couverture : éd. Ramsay

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Une nuit avec Marilyn, suivi de la Dameuse - Alina Reyes

13 Avril 2009, 17:07pm

Publié par Laure

Imaginez la première nuit d'amour des mythiques Marilyn Monroe et John Fitzgerald Kennedy sous la plume érotique d'Alina Reyes... cela donne une courte nouvelle qui n'est sans doute pas la meilleure de l'auteure. C'est mignon, mais c'est à peu près tout... La dameuse, qui complète l'ouvrage et que j'avais déjà lue, est bien plus riche, bien plus troublante aussi, dérangeante, mais je persiste à préférer Alina Reyes dans ses formes longues.
Un billet aussi court que ce livre, donc.

Le livre de poche n°31247, février 2009, 88 pages, prix : 4,50 €
Ma note :
Crédit photo couverture : © Rue des archives et LGF

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L'amant inachevé - Gaëlle Guernalec-Lévy

10 Novembre 2008, 09:32am

Publié par Laure

Derrière la sobriété de la couverture framboise de chez Stock se cache un premier roman érotique des plus osés et des plus…touchants. La scène d’ouverture du roman m’a paru en faire trop, et puis je me suis vite laissée prendre par la belle histoire de Claire, qui revient sur l’amant de ses 16 ans, ce jeune D. qui l’a éveillée à l’amour et à la sensualité, sans pour autant aller jusqu’au bout, des circonstances extérieures venant à chaque fois les interrompre.

A 33 ans, Claire est mariée, mère de famille, active, et fréquente occasionnellement une boîte  d’échangisme avec son mari… lieu où va réapparaître D. qui n’a jamais quitté ses pensées.

Savamment construit, par des retours en arrière qui s’entrecroisent avec le présent, l’auteur nous livre une belle histoire d’amour, forte, réfléchie, et explosive dans la chair. La fin m’a réellement surprise, très belle, elle offre une nouvelle perspective au roman, qui vous le fait refermer avec un grand sourire.

Est-ce mon cœur de midinette ou le réel talent d’écriture de Gaëlle Guernalec-Levy, ce roman est une vraie parenthèse enchantée, comme le dit la 4ème de couv.

 

Mise en garde : 100 % érotique, yeux chastes s’abstenir si l’échang*sme, le tri*olisme et la so*domie vous font fermer pudiquement les yeux (les * sont là pour essayer d’égarer ce cher Google). Mais c’est bien plus que cela aussi, c’est d’abord un très beau roman.

 

Ed Stock, mai 2008, 139 pages, prix : 14,50 €

Ma note



Crédit photo couverture : éd. Stock

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La dameuse - Alina Reyes

19 Juillet 2008, 10:48am

Publié par Laure

Ce très court roman d’Alina Reyes (52 pages, petit format) m’a laissé un sentiment d’inachevé. Pourtant il y a matière et densité qui font une vraie histoire dans ce livre, mais pour moi encore trop d’ellipses, j’en aurais voulu plus.

Le texte est construit en trois parties : Viol, Vengeance, Vie. On imagine assez bien que l’une conditionne la suivante. Marie-Rosellina vit dans une station de ski des Pyrénées, où elle aide ses parents qui tiennent un café et aime son amant, Baptiste, qui dirige une meute de chiens de traîneaux. Marie-Rosellina n’a que 17 ans, mais on ne le sait pas encore quand l’auteur nous offre une scène érotique des plus classiques et des plus gourmandes, on se dit que la dame a déjà de la bouteille. Gilles, un ancien prétendant qui lui avait promis monts et merveilles revient pour une émission télé, et le soir de Noël, avec un collègue, c’est le viol. Suivra la vengeance nécessaire à Marie pour aller de l’avant, vengeance dans laquelle la dameuse – engin qui tasse la neige sur les pistes -  a le premier rôle. Marie-Rosellina se retrouve enceinte : de Baptiste, de Gilles ? On ne le saura jamais. Le dernier chapitre court sur un temps long, donne un dénouement mais pas toutes les clés de l’histoire. Les fallait-il vraiment ? Ce texte dense et ramassé se suffit à lui-même, mais pour ma part, je le trouve trop riche de possibilités pour le museler autant. Un sentiment d’incomplétude.

(note sur la catégorie : Alina Reyes est une auteure connue pour ses textes érotiques. Ce texte me semble s'inscrire dans une démarche plus large de littérature tout court, mais quand une image vous colle à la peau...)

Zulma, mai 2008, 52 pages, prix : 7,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éditions Zulma

 

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Onze nouvelles à lire seule les soirs de match de foot... - Emmanuelle Poinger

23 Février 2008, 19:26pm

Publié par Laure

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Le nom de l'auteur sonne le pseudonyme moqueur, tout comme l'avant-propos d'une certaine "Sophie Bravefille". Mais le ton est donné avec le titre, on est là pour se détendre les soirs de foot, quand la stupidité du bipède mâle explose devant la télé. C'est de l'humour, allez, on y va.
Où ? Vers des nouvelles érotiques qui tiennent le cahier des charges, gentillettes sans être choquantes, mais pas originales pour 2 sous. Facile et rapide : aussi vite oublié que lu ! 

Cathulu l'a lu

Pocket, mars 2007, 151 pages, prix : 4,90 €
Ma note : 3/5
Crédit photo : Jasmin Gordon et ed. Pocket

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La barbière - Caroline Lamarche, ill. de Charlotte Mollet

20 Janvier 2008, 10:59am

Publié par Laure

barbiere.jpgDans un pays en guerre, une ville imaginaire au bord d’un fleuve. Les hommes se rendent au Salon de la Barbière, un ancien bar à putes dans un quartier d’usines. Mira l’assiste et raconte cette histoire. Un étrange rituel, cruel, abominable : la Barbière, en plus de les raser, énuclée les hommes, oui, elle leur prend un œil, que Mira range ensuite dans une boîte, yeux qui seront apportés en offrande au Grand Ob, le maître de la ville, qui en garantit alors la paix. L’offrande sacrificielle s’accompagne d’un rituel sexuel violent (mais jouissif) pour Mira.

Un jour, le capitaine Dragon vient au salon. La Barbière l’épargne et le prenant pour amant, elle épargnera tous les hommes. Mira s’interroge sur la disparition de son frère à la guerre, et quand elle comprend que Dragon en est responsable, elle se venge, en l’attirant dans des soirées sexuelles pour le moins particulières.

Ob, n’ayant plus d’offrandes, en réclame une, inédite : les larmes d’une femme n’ayant encore jamais pleuré. Il n’y en a qu’une dans cette ville… comment faire pour faire pleurer la Barbière ? Mira s’en charge, et la vengeance de son frère accomplie, s’en va.

 

Un conte sombre et fantastique, noir, qui vous glace. Des illustrations qui mériteraient d’être vues en grand format, sous leur forme originale (mais à ne pas mettre sous tous les yeux) et qui participent totalement du récit en le complétant. Pas d’érotisme habituel, mais une fable dérangeante sur le sexe et la mort, une barbarie douloureuse à laquelle, non, je ne goûte pas.

 

Sur le site de l’éditeur : là  

Clarabel me disait que ce livre a obtenu le prix Sade 2007, ce qui aurait pu être tout à fait vrai, tant il est sombre et trouble, mais qui ne l’est pas. Il faisait néanmoins partie de la dernière sélection.

 

Les Impressions nouvelles, coll. Traverses, oct. 2007, 89 pages, prix : 19 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : © Ch. Mollet et éd. Les Impressions nouvelles.

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Le chalet suisse - Elodie Büri

15 Mars 2007, 12:35pm

Publié par Laure

J’ai envie d’aimer ce livre, parce qu’il s’en dégage une certaine timidité, comme un premier pas franchi vers d’autres possibles.

L’histoire n’a rien de franchement original, une jeune femme, Kathrin, la petite vingtaine, prend le train pour rejoindre des amis et passer quinze jours de vacances avec eux dans un chalet [suisse]. Les couples qui se mêlent, les rencontres ferroviaires, les cahiers d’écriture de Kathrin, voilà qui va donner prétexte à une littérature érotique jeune et fraiche. Car l’atout de ce tout petit livre, c’est qu’il ne cède pas aux poncifs du genre, à savoir vouloir faire à tout prix un catalogue de toutes les possibilités et pratiques en matière de sexualité dans un minimum de pages, ce qui devient vite trop souvent lassant. Ce petit chalet suisse est un premier roman, celui d’une trentenaire qui écrit sous pseudonyme (qui vit en Suisse et travaille dans la réassurance), mais qui s’est déjà essayée aux nouvelles érotiques. Je trouve qu’on ressent cette fragilité de débutante dans le récit, on ose mais pas trop, pas trop loin, pas de mots vulgaires, pas d’acrobaties éhontées, on reste dans la délicatesse. C’est féminin, c’est léger. Timide, disais-je au départ. Et en cela rafraîchissant.

Pocket, janvier 2007, 92 pages, prix : 5,20 €

Ma note : 3,5/5

 

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Le carnet de Rrose - Alina Reyes

16 Octobre 2006, 14:30pm

Publié par Laure

C'est un petit carnet beige rosé légèrement irisé, pâle, tendre et sans fioritures : en gris sur la couverture, le nom de l'auteur, le titre, tout simplement, et pour une fois en tout petit, l?éditeur. Un petit carnet qui contient 69 notules, dans lesquelles Alina Reyes nous conte les expériences amoureuses de Rrose, ses désirs de femme et ses souvenirs en compagnie au creux des draps. Il y est souvent question de roses et de tiges, je vous laisse deviner de quelles fleurs et branchages il s'agit... Pour qui connaît Alina Reyes, c'est bien sûr érotique, yeux chastes s'abstenir, mais ces quelques notes offrent aussi un brin de poésie. Cru mais pas vulgaire. Un seul dommage : c'est un peu court ! (et pourquoi rrose avec 2 r ?)

A conserver tout près, sur votre table de nuit...

 

Un extrait sobre (pour les autres, public averti etc. et je serais vite envahie par les requêtes Google) :  p. 20 "Je préfère de beaucoup les hommes qui ne sont pas persuadés de leur excellence, ou qui ne s'imaginent pas en savoir assez. Je les aime souples d'esprit, prêts à communiquer leurs goûts, leurs désirs, leur expérience, mais aussi à accepter mes propres envies et fantaisies. Sans se sentir humiliés par certains gestes ou certaines demandes qui les mettent, le temps d'un round parmi d'autres, dans une situation plus féminine que virile. Je les aime capables d'autorité mais aussi d'abandon.

Je les aime, je les aime profondément tels qu'ils sont venus au monde, dans leur brutale innocence."

p. 47 (note 45) : "Il y en avait un qui recelait de drôles de fantasmes. Jouer au viol, de l'une par l'un ou de l'un par l'une. La femme en lui croyait que la femme cherchait l'envahissement par le viol. La femme en moi veut l'envahissement par l'amour, je le lui ai montré et fait, il a compris."

Robert Laffont, mai 2006, 69 p. ISBN 2-221-1099-7, prix : 10 €

Ma note : 3,5/5

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Celui d'en face - Gabrielle Ciam

6 Octobre 2006, 08:52am

Publié par Laure

Une femme se raconte à un homme, inconnu. Sur le divan d’un psy ?

 

La quarantaine, Gabrielle a décidé qu’elle en avait fini avec le sexe, et que la solitude confortable de son appartement parisien lui convenait. Jusqu’à ce qu’elle aperçoive la silhouette puis le regard du voisin d’en face. Commence alors le jeu délicat, sensuel et élégant du chat et de la souris, dans sa déclinaison érotique. Chacun va s’offrir au regard de l’autre, et la relation « virtuelle » va monter crescendo, jusqu’à faire naître jalousie, sentiments, et désir de rencontre. Gabrielle Ciam nous offre un roman simple et beau, sans vulgarité aucune, avec une chute insolite qui répond à la question que se pose le lecteur : à quel homme s’adresse-t-elle lorsqu’elle se confie ?

 

J’ai longtemps hésité à « caser » ce roman dans la catégorie « roman français » ou « littérature érotique », over-blog ne permettant d’attribuer qu’une seule option. Je penchais pour le roman, et puis la 4ème de couv défend le genre érotique, alors allons-y. Ouvertement érotique certes, mais un érotisme sobre et classieux, comme seules les femmes savent l’écrire ?

 

Voir aussi les critiques de Clarabel et Tatiana !

Arléa, sept. 2006, 122 p. ISBN 2-86959-748-7, prix : 15 €

 

Ma note : 4/5

 

 

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