Les jardins d'Hélène

Marée noire - Brigitte Giraud

5 Juin 2007, 14:51pm

Publié par Laure

 

maree-noire.jpg Ils sont en vacances sur la côte Atlantique, leurs premières vacances ensemble, lui, veuf avec son fils adolescent Vincent, elle, quittée par son mari avec ses deux filles, Dorothée et Emilie. Les enfants se chamaillent, jouent, et la narratrice aimerait tant se rapprocher de ce nouvel homme qu’elle aime, si fuyant, si mélancolique, encore bien trop empreint du fantôme de son épouse défunte. Tristesse, difficulté de la reconstruction, sans vouloir prendre la place de l’autre, la narratrice ne réussit pas à trouver sa place, à s’en faire une petite… Amoureuse, mais pas heureuse. Elle a baissé les armes, lui pas encore. Pendant qu’au large des côtes un bateau largue des milliers de tonnes de pétrole, qui ne vont pas tarder à noircir les plages.

J’aime l’écriture de Brigitte Giraud, mais là, je n’ai pas totalement adhéré à l’histoire qui je trouve, tourne un peu en rond. Sans doute ce couple n’a-t-il pas encore eu le temps de guérir de tous ses fantômes et la déception est grande pour la femme qui espérait tant de ces vacances…. C’est triste, mélancolique, dramatisé par la marée noire réelle et métaphorique...

 

Extrait p. 127 : « Et je t’ai laissé envahir ma vie, grignoter jour après jour l’espace dans lequel je m’étais glissée pour me protéger du monde et des hommes. Je t’ai permis d’entrer. Je t’ai ouvert grand la porte. Je ne me suis pas méfiée. J’ai pensé que le grand jour était arrivé : j’allais sauver un homme, j’allais sauver l’humanité entière. J’allais devenir l’être le plus exceptionnel qui soit et enfin supporter mon image dans le miroir. Je serais autre chose qu’une femme abandonnée, une mère de famille usée. »

 

L’avis de Clarabel , qui a été plus sensible que moi sur ce livre (en bas de page, au-dessus des commentaires).

Stock, fév. 2004, 135 pages, prix : 13,05 €

Existe en poche

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : le livre de poche et Amazon.fr

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Bonne fête maman !

3 Juin 2007, 20:34pm

Publié par Laure

Comme la plupart des mamans en France aujourd'hui, j'ai été fêtée !
Et c'était une fête des mères pas comme les autres, puisque c'est la première année que le père des enfants ne vit plus avec nous. Donc ne joue plus les acheteurs. Et ne souhaitant pas recevoir de cadeau de lui, j'avais bien spécifié que je ne voulais rien d'autre que ce que les enfants feraient à l'école. (On ne fait plus de colliers de nouilles au collège)
Mosquito m'a donc offert une jolie carte, avec à l'intérieur une jolie poésie qu'elle m'a récitée ! et une boîte décorée de serviette en papier collé, contenant des petits gâteaux : des lettres découpées dans la pâte à l'emporte-pièce et formant le mot maman ! (faut dire que nos grandes sections sont à fond dans leur période écriture !), et un coeur (on a tout mangé, Mosquito insistait).
Grandinette n'avait que 2 € pour m'offrir une carte postale, et Fiston m'a fait une sacrée surprise : j'ai trouvé une baguette de pain et un gros gâteau de pâtissier sur la table de la cuisine ! Il avait pris l'initiative d'y aller seul à vélo, et de payer avec son argent de poche (croyant à une organisation du père, j'ai mené mon enquête : non non, c'est de son propre chef !) J'en suis d'autant plus fière, même si j'ose pas vous raconter comment il a rapporté ce gâteau et le pain d'une main en tenant le guidon de son VTT de l'autre. 

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Profitant alors enfin d'une belle journée, nous avons passé l'après-midi à la piscine, avant de finir avec une soirée crêpes !

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Le bug d'over-blog

3 Juin 2007, 19:52pm

Publié par Laure

j'en ai marre de recommencer 20 fois des articles qui sont parfaits dans l'admin et qui en ligne n'affichent que le titre ! et bien sûr dans l'admin ne reste aussi plus que le titre ! ce bug dure depuis des semaines et c'est insupportable. Marre de refaire tous les copiés-collés, tous les liens et toutes les images pour une publication totalement aléatoire ! anti_bug_fck
Désolée pour les abonnés qui reçoivent des avis de mise à jour et qui ne voient s'afficher qu'un titre d'article ! Comme d'hab le staff d'OB se contente de hurler dans le forum d'être précis sur la description du problème : mais on ne fait que ça !!!!!!

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La sanction - Chantal Chawaf

3 Juin 2007, 19:41pm

Publié par Laure

sanction-chawaf.jpg Une jeune fille crie dans la rue parce qu’elle croit avoir vu un homme lui faire un vilain signe du bras, arrêtée par la police, elle pique une crise d’hystérie, et vue par un médecin généraliste remplaçante, elle est internée d’office, pour sa sécurité et celle de ses concitoyens. HO : hospitalisée d’office, sur ordre du préfet, point n’est besoin d’accord. Tout cela parce que sa mère n’a pas répondu au téléphone, retardée par sa visite chez le garagiste et absente de chez elle ?

Le livre est un mélange des propos véhéments de la mère à l’égard de cette psychiatrie toute puissante et de cette société qui enferme plutôt que de prendre le temps de comprendre, et des propos sous chimie (neuroleptiques et autres tranquillisants) de la fille qui soutient toujours avoir été internée à tort. On comprend l’horreur de cette situation, mais voilà, à aucun moment dans le livre je n’ai réussi à comprendre si cette fille était réellement souffrante de délires et avait besoin d’être soignée, ou si la situation était un horrible malentendu comme le soutient la mère. Un cas jamais fouillé, jamais analysé, simplement une suite de critiques violentes à l’égard des policiers, médecins, psychiatres. Bref, pas convaincant du tout.

De plus, deux ou trois passages pseudo mystiques m’ont fait hurler : qu’est-ce que c’est que cet éditeur ?

 

Cette page semble indiquer qu’il s’agit d’une histoire vraie et que l’auteur s’insurge en effet contre une société policée alors qu’il ne s’agissait que d’un cri d’adolescente. Bien sûr la sanction serait alors intolérable, mais voilà, le récit n’est pas assez crédible sur la véracité du trouble !


Ed. des femmes / Antoinette Fouque, mars 2004, 123 pages, prix : 12 €

Ma note : 2/5

Crédit photo couverture : éd. Des femmes et Amazon.fr

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Un roman russe - Emmanuel Carrère

1 Juin 2007, 12:30pm

Publié par Laure

roman-russe.jpg

Version courte : il FAUT lire ce livre !!!

(@ Philippe : moi aussi je zappe quand les critiques sont trop longues)

 

Version longue : Attention, ce qui va suivre est une déclaration d’amour, pour une histoire d’amour russe, à moins que ce ne soit un roman russe, une histoire d’amour pas russe, peu importe, une déclaration d’amour pour un magnifique roman récit !

Je n’avais pas l’intention de lire ce dernier livre d’Emmanuel Carrère, malgré toutes les bonnes critiques presse lues ici ou là. Et puis une lectrice de la bibliothèque, attirée par ces mêmes critiques, me l’a demandé. Elle me l’a rapporté quelques jours plus tard, très déçue : « Ah non vraiment, je ne comprends pas ! Tout ce sexe gratuit, c’est vulgaire, et ça n’apporte rien au livre » [après lecture je peux dire que rien n’est gratuit dans ce livre, et si on enlève un seul morceau, l’ensemble n’a plus de sens !] Je lui réponds « dommage, je l’aurais bien passé à ma bénévole préférée qui était tentée, ou lu moi-même ». « Non, inutile, elle n’aimera pas, ça ne lui plaira pas du tout, toi non plus, je suis sûre que vous ne le finirez pas ». Il n’en faut bien sûr pas plus pour m’attirer davantage ! Mais ce livre doit repartir dans 48 h et je le propose à ma bénévole, avec pour contrainte express de  me le rendre dans les 48 h. Elle me le rapporte au bout de 24 h, sans mots, tellement bouleversée qu’elle ne peut que me dire : « il faut absolument que tu le lises ». Je lui fais confiance, il est rare que nos goûts divergent. Mais voilà, je vais à la BDP dans 24 h, ce livre est attendu par une autre bibliothèque du réseau, je ne serais pas sympa de le mobiliser. Alors tant pis s’il est 2 h du matin, je ne peux de toute façon pas m’en détacher ! Et à la lettre finale adressée à sa mère, Hélène Carrère d’Encausse, j’essuie une larme.

Emmanuel Carrère n’a jamais connu son grand-père maternel, un homme d’origine russe, qui a toujours souffert de sa grande pauvreté, et qui avait du mal avec la vie familiale, abandonnant femme et enfant chez des amis, faute de pouvoir les loger. Emigrés, ils vivent à Paris, puis à Bordeaux, où en septembre 1944, il disparaît. Probablement arrêté pour faits de collaboration. Jamais sa famille ne saura ce qui lui est arrivé, jamais son décès ne sera prononcé. C’est une lourde souffrance pour sa fille, Hélène Carrère d’Encausse. Et quand son fil Emmanuel atteint presque l’âge qu’avait son grand-père lors de sa disparition, il veut y voir clair dans ces silences et ces vieux démons. Il part dans un petit village russe pour un reportage documentaire, à la rencontre d’un survivant hongrois, prisonnier de guerre. 56 ans après, cet homme est toujours vivant, pourquoi son grand-père ne le serait-il pas ? Il brave l’interdit (dicté par la souffrance) de sa mère pour reconstruire son histoire familiale, il repartira plusieurs fois en Russie.

En parallèle, l’année 2002 est l’année de l’amour, il vit avec Sophie, dont il est très amoureux, malgré une différence de milieu social qu’ils se reprochent mutuellement. Et il lui fait la plus belle déclaration d'amour qui soit, en écrivant une nouvelle sur commande pour le Monde, nouvelle érotique qui lui est destinée et qui devra paraître tel jour à telle heure, heure où elle sera dans le train et découvrira cette déclaration si osée et si bien anticipée. Mais la vie en décide autrement et Sophie ne sera pas dans le train, ne lira pas le texte. L’implication sur le réel est terrible.

Je me souviens de ces nouvelles du Monde, publiées l’été, mais je n’ai pas acheté le journal ce jour-là, une histoire pareille, je m’en souviendrais. Cette histoire d’amour sera aussi forte et belle qu’elle sera douloureuse.

Dans un entrecroisement parfait de quête familiale, d’événements souvent alcoolisés dans le petit village russe pendant le tournage, de sa relation à sa mère et à son amante, Emmanuel Carrère se livre, aussi intimement que sublimement. Une fois refermé, on ne peut plus oublier ce livre et il faut laisser du temps, beaucoup de temps, avant de pouvoir en ouvrir un autre.

 

Des extraits :

p.122 : « Autour d’eux, partout à Bordeaux et en France, il y avait une vérité sur laquelle tout le monde s’accordait : les résistants étaient des héros, les collaborateurs des salauds. Mais chez eux, une autre vérité avait cours : les résistants avaient enlevé et probablement tué le chef de la famille, qui avait été collaborateur et dont il savait bien que ce n’était pas un salaud. Il avait un caractère difficile, se mettait souvent en colère, mais c’était un homme droit, honnête et généreux. Ce qu’on pensait, on ne pouvait le dire au-dehors. Il fallait se taire, avoir honte. »

 

p. 308 : Je voyais mal comment, de ces images peut-être suffisantes pour monter un documentaire sur la vie quotidienne dans une petite ville russe, pourrait sortir quelque chose qui donnerait forme à ce qui m’obsédait : quelque chose qui tienne lieu de pierre tombale à mon grand-père pour qu’atteignant l’âge de sa mort je sois délivré de son fantôme, que je puisse vivre enfin. »

 

p. ? : « Je voudrais te mériter même si je sais que c’est trop tard ? Je voudrais dans l’absence et le manque écrire un livre qui raconte notre histoire, notre amour, la folie qui s’est emparée de nous cet été, et que ce livre te fasse revenir. »

 

JPB, si vous passez par là, je crois que ce livre vous plairait. 

POL, mars 2007, 356 pages, prix : 19,50 €

Ma note : 5/5 (j’ai songé à 4,5/5 pour les rares passages en Russie que j’ai trouvé un peu longs, mais je mets 5 pour tout le reste, et l’émotion prégnante)

J’ai de plus en plus de mal à « noter », je ne suis pas un prof qui note une copie, qui suis-je pour me permettre de « noter » un roman, un récit, une œuvre ? Ces notes ne sont que le transfert de l’étoilage utilisé par Amazon ou d’autres sites comme critiques libres. Ce système a ses adeptes et ses détracteurs, je le maintiens pour le moment, parce que parfois un 5/5 vaut mieux qu’un long discours !

Crédit photo couverture : éd. POL et Amazon.fr

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