Les jardins d'Hélène

Les moments éphémères

14 Octobre 2007, 21:50pm

Publié par Laure

Hier, sur le salon de la 25ème heure du livre  [le salon du livre annuel du Mans], j’ai fait une très belle rencontre…

Alors que je pensais aller faire un brin de causette avec Second Flore (qui avait déjà tout un harem devant lui ;-)), je me suis laissée arrêter par un écrivain qui signait à trois ou quatre chaises de lui et qui a eu un joli geste vers sa pile de romans. Si j’m’arrête, j’achète ? J’ai les mains vides, mon cordon Ouest France autour du cou, mon badge Exposant au bout, j’ai joué à la marchande, j’ai vendu des livres, moi la bibliothécaire stagiaire sur un stand de libraire concurrent, et je fais une pause. « Alors racontez-moi, je suis fatiguée de lire des 4èmes de couverture ». Et je l’écoute… Plus que son récit c’est son élégance et ses yeux souriants que j’ai bus.  Et je suis repartie avec la plus personnelle et la plus émouvante dédicace que j’aie jamais eue…

 

« Ecouter Chet Baker, pleurer sur tout ce qui s'enfuit

Se dire que c'est fini jusqu'à tout à l'heure

Et revenir en arrière à toute allure »

                                   In Chet Baker, album Divinidylle, Vanessa Paradis, 2007

                                   Paroles : Jean Fauque, Musique : -M-

 

« Toutes ces choses qui m'viennent

Toutes ces choses qui m'quittent

Ces choses qui m’reviennent

Ces choses qui m'requittent

Faudrait qu'ça m'revienne

Avant qu'ça m'passe vite

Junior suite … »

                                    In Junior suite, album Divinidylle, Vanessa Paradis, 2007

                                   Paroles : Didier Golemanas, Musique : Alain Chamfort

 

Deux des plus belles chansons de l’album Divinidylle de Vanessa Paradis, avec Dès que je te vois. Extraits à écouter sur le site officiel

 

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No et moi - Delphine de Vigan

13 Octobre 2007, 20:47pm

Publié par Laure

no-et-moi.jpgA 13 ans, Lou est une enfant surdouée. Elle sympathise avec une SDF aperçue près de la gare, et sous prétexte d’un exposé scolaire, toutes deux vont lentement s’apprivoiser. Lou se met à lutter contre toute l’injustice et la misère du monde, jusqu’à convaincre ses parents d’accueillir No chez eux. Sa présence redonnera d’ailleurs un peu de vie à ce couple définitivement blessé par la mort d’un autre enfant. No se refait une santé, avant de resombrer dans d’autres noirceurs suggérées, et de partir vivre chez Lucas, un camarade et am(i)oureux de Lou.

Cette semaine (pendant mon stage) en librairie, je n’entendais que des éloges de lecteurs : « magnifique, à lire, sublime, un bonbon, ce livre c’est du miel, etc. ». Voilà, c’est cela, ce roman, c’est un bonbon au miel, qui serait délicieux s’il n’était un peu trop chargé en passés chargés de douleurs, et en gentillesse débordante. Trop c’est un peu trop, quand même. Un peu déçue par la fin aussi, le devenir du personnage de No, qu’on imagine mais qui n’est pas clairement décrit. On reprochait à Gavalda d’avoir fait quelque chose de trop gentillet avec Ensemble c’est tout, je trouve que No et moi l’est davantage, contrebalançant sur des drames passés, de l’enfance ou de la conception, toujours plus douloureux. Néanmoins, les passages sur les SDF sont une analyse fine et juste de la réalité, que j’ai réellement appréciés. 

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Ils l’ont lu : 

Bernard, Clarabel, Eireann, et Cuné (dans les commentaires clients sur Amazon, descendre un peu dans la page)

N'hésitez pas à me donner vos liens pour compléter ! 


Très beau portrait de l'auteur(e) sur l'Express.fr

 


Ed. JC Lattès, août 2007, 285 pages, prix : 14 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. JC Lattès et Amazon.fr

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Je mourrai pas gibier - Guillaume Guéraud

9 Octobre 2007, 05:01am

Publié par Laure

je-ne-mourrai-pas-gibier.jpgMortagne, petit village de 1249 habitants. Sa scierie, et ses vignes. Ses deux clans, et le maire-pharmacien au milieu. Un passe-temps principal : la chasse. Son dicton : Je suis né chasseur, je mourrai pas gibier ! Et puis les bandes de jeunes, les luttes de clans, les beuveries, et Frédo Lopez qui tabasse Terence, le « pleu-pleu » du village, pour se défouler. Comment un garçon sans histoires, qui ne supporte plus cette ruralité étriquée, ce monde de « bourrins » avinés, bascule dans la folie meurtrière et tire à bout portant sur sa propre famille et ses invités au mariage de son frère ?

On pense inévitablement aux faits divers qui font l’actualité, on ressort chamboulé et glacé de ce roman, pourtant, quel talent ! Parce qu’il n’a pas supporté la bêtise de son entourage, il a perdu pied… Un récit à la première personne, qui commence dans le car de police qui l’emporte, et qui revient sur les événements.

Un style efficace, un récit d’une force et d’une brutalité rare, et pourtant, un excellent roman. Parce que la vie non plus n’est pas toujours rose bonbon.

  

Lauréat du Prix Sorcières 2007 dans la catégorie romans ados. 

Elles l’ont lu : Sylvie
, Clarabel , ...

  

Ed. du Rouergue, coll. DoAdo noir, janv. 2006, 75 pages, prix : 6,50 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : éd. du Rouergue et Amazon.fr

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Ni d'Eve ni d'Adam - Amélie Nothomb

8 Octobre 2007, 09:35am

Publié par Laure

ni-d-eve-ni-d-adam.jpgAh, l’Amélie… [soupir]. Je l’écoutais l’autre soir chez Busnel, et maintenant que j’ai lu son dernier livre, je me dis que je savais déjà tout après l’avoir vue à la télé !

Ni d’Eve ni d’Adam est le récit de ses années 1989- tout début de 1991 au Japon, récit qui commence un an avant son expérience en entreprise racontée dans Stupeur et Tremblements. Le début du roman est très bon : on se plaît à sourire sur des anecdotes burlesques, et ces quiproquos dans un Japon qui nous est exotique. Une histoire d’amour singulière avec un jeune Tokyoïte à qui elle donne des cours de français. Puis le récit bascule dans les délires verbaux habituels de la dame, ses ascensions des monts Fuji et Kumotori Yama en sont un exemple parfait : qu’elle se prenne pour Zarathoustra si elle veut, mais ses propos sont proches de la folie pure. J’ai failli abandonner ma lecture. La fin est un peu plus sympa mais vraiment, elle a un grain, notre belge chapeautée. Ça ne m’amuse plus.

 

 

Albin Michel, août 2007, 244 pages, prix : 17,90 €

Ma note : 2,5/5

Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et Amazon.f

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Tous les enfants sauf un - Philippe Forest

7 Octobre 2007, 05:34am

Publié par Laure

tous-les-enfants.jpgCet essai de Philippe Forest est une somme de réflexion d’une intelligence rare et juste, à laquelle j’applaudis et adhère sans retenue. Quel plaisir de trouver encore dans la littérature des ouvrages de cette qualité !

« Tous les enfants, sauf un, grandissent » est la phrase d’ouverture du roman de James Barrie, Peter Pan. C’est aussi le titre de cet essai, que citait déjà l’auteur dans un précédent roman il y a dix ans, L’enfant éternel. Dans le premier chapitre, Philippe Forest revient sur le décès de sa fille de 4 ans, emportée par un cancer des os il y a tout juste 10 ans. Ses propos sont d’une froideur détachée  frissonnante, sans sentimentalité, les faits cliniques, rien que les faits. De ce chapitre sous-tend bien sûr toute la souffrance et la difficulté d’un deuil, d’un deuil encore plus insupportable quand il s’agit de la mort d’une enfant. Réflexions sur l’hôpital, sur le travail de deuil, sur la religion, sur la littérature comme pseudo thérapie, tous les propos qui suivent mêlent dans une connaissance épatante histoire de la philosophie, de la religion et de la mort en Occident. A l’heure où la polémique Laurens/Darrieussecq agite le petit monde germanopratin autour de la légitimité d’écrire sur ce deuil parental, ce petit ouvrage est salutaire et ô combien élévateur. On reprochera peut-être des propos parfois pointus, tant dans le style soutenu de l’écriture que dans l’étendue philosophique des connaissances, qui ne rendent pas la lecture facile, mais face à la pertinence du questionnement, on ne peut que s’incliner. Merci M. Forest, pour cet essai qui préfère la réflexion au pathos, et même si pour moi cela fait bientôt 15 que l’enfant s’en est allé, le questionnement reste vif, et parlant. On se surprend à vouloir noter telle phrase et bien vite à les recopier presque toutes. Ce livre est de ceux que l’on garde, et que l’on relit, un jour, inévitablement.
 
Lu en septembre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, sélection d'octobre.

Gallimard, janv. 2007, 176 pages, prix : 11,90 €
Ma note : 4,5/5

Note barème Elle : 18/20

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Un endroit pour vivre - Jean-Philippe Blondel

6 Octobre 2007, 09:42am

Publié par Laure

endroit-pour-vivre.jpg Par le biais de ce petit roman « ados » je découvre en même temps une nouvelle collection de chez Actes Sud Junior qui m’était passée inaperçue. D’une seule voix, collection dirigée par Jeanne Benameur et Claire David, énonce cette ambition : « des textes d’un seul souffle. Les émotions secrètes trouvent leur respiration dans la parole. Des textes à murmurer à l’oreille d’un ami, à hurler devant son miroir, à partager avec soi et le monde. » Le texte écrit est aéré et imprimé très gros : « la taille du caractère a été spécialement étudiée pour faciliter une lecture à voix haute », précision reproduite à plusieurs endroits dans le livre, sans quoi on pourrait (peut-être) imaginer qu’il s’agit d’un roman léger pour petits lecteurs en difficulté, même au lycée. Je n’ai pas lu le texte à voix haute, mais on peut l’imaginer travaillé en ateliers en solo théâtre. Ce petit texte de Jean-Philippe Blondel est donc le dernier paru de cette collection qui en compte à présent 6
Venons-en à l’histoire : le narrateur est un élève de 1ère, âgé de 16 ans, un peu solitaire, rêveur et contemplatif, qui s’enferme volontiers dans la lecture, un élève sans histoires, mais sans problèmes non plus. Le nouveau proviseur est un pète-sec qui ne veut pas que son lycée soit un lieu de vie, mais un lieu de travail, de labeur et de savoir. Oui aux résultats, non aux flirts dans les couloirs.

Notre élève croit en son lycée comme un endroit pour vivre, et bascule de la lecture vers le cinéma : il se met à filmer (avec leur accord) les baisers tendres de ses camarades, les roucoulades de couples qui « se frottent » dans les couloirs, comme dit le proviseur. Et d’en être très ému. Une fin très …  très … cercle des poètes disparus… !

 

Chat échaudé craint l’eau froide, je me garderai bien de tout commentaire sur cet opus, mais je laisse des extraits parler pour moi, comprenne qui voudra :

 

pp 43-44 : « Devant moi – un baiser.

Un baiser filmé.

Long langoureux mouillé passionné doux violent tendre.

Je regardais la scène. J’étais hypnotisé par leurs peaux. Par la façon dont Sonia s’était collée à son homme. J’en avais la gorge nouée. Je me suis demandé si j’avais déjà été désiré de cette manière-là. »

 

pp. 53-55 : « C’est venu petit à petit. Tandis que je tenais la caméra à bout de bras et que je restais prisonnier du spectacle qui s’offrait à moi. La soie des doigts de Lise, ils amadouent les dieux – calment les peurs – font pénétrer la confiance – un onguent – une pommade. La naissance du visage enfoui de Samuel. Le dessin de son oreille gauche – c’est si fin, une oreille, si fragile – et les mains de Lise comme un murmure – je suis là, ne t’en fais pas, je suis là – il y avait là un tel abandon – le frisson est monté d’au-dessus du nombril – il est remonté le long du torse – un serpent dans les herbes hautes – il s’est lové à la base du cou – et soudain, il est parti à l’attaque des sinus – les yeux ont perlé presque immédiatement – j’aurais pu refouler en gardant le ciel imperturbablement bleu de ce mois d’avril – je n’ai pas pu ou pas voulu – je suis resté là devant le petit carré mouvant – devant les mains de Lise et les mèches de Samuel – j’ai laissé couler ce qui devait couler.

Quand tout a été fini – quand ils m’ont vu – les rigoles sur les joues – Lise s’est approchée. Samuel aussi. Ils m’ont serré dans leurs bras. Longtemps. Sans un mot. Et puis après, nous nous sommes arrachés.

Je sais qu’un morceau infime de leur corps a laissé son empreinte sur ma peau.

Je sais qu’ils m’accompagneront jusqu’au bout désormais. »

 

pp. 70-71 : « Yvan m’a téléphoné dans l’après-midi. Il venait de visionner le DVD. Il a dit : « Il manque quelque chose dans ton film – Quoi ? – Toi. Tu n’apparais nulle part » […] Il enclenche le film et puis soudain, il se détache, il s’approche de moi. De plus en plus près. Son haleine dans mon cou. Les battements de mon cœur. La respiration qui s’accélère.

Et le baiser. »

 

Et le clin d’œil : p.7 : « Mais on m’apprécie. Certaines filles commencent à me tourner autour. Gentiment. Tendrement. Elles me disent que je les comprends. Elles se persuadent toutes seules que je suis sensible. Il n’y a rien pour étayer leurs propos. Je ne montre jamais rien. Je sais très bien me taire. Et observer. C’est ce que j’aime surtout – observer. »  Ce passage m’a fait sourire. Ah il me plaît ce Blondel, quand même ! Même quand… non j’ai dit que ne je commenterais pas.

 

Et si Monsieur Blondel pouvait maintenant m’enlever cette chanson de la tête (oui je sais, j’abuse) : 

Imagine-toi dans une rue toute en ville
Mais avec une lumière comme y a pas chez toi
Et ce s'rait p't-êt' là un endroit pour vivre
Je s'rais bien loin de savoir ou dire
Si l'on verrait des jours ou bien meileurs ou pires
Ce s'rait p't-êt' là un endroit pour vivre
Ce s'rait p't-êt' là un endroit pour vivre
 (Un endroit pour vivre, William Sheller)

 

Actes Sud Junior, coll. D’une seule voix, octobre 2007, 77 pages, prix : 7.80 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : éd. Actes Sud, © Anne-Marie Adda, et Amazon.fr

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Ma maison - Emile Jadoul

5 Octobre 2007, 16:08pm

Publié par Laure

ma-maison.jpg Celui-là, je l’ai piqué chez Gawou (enfin, je l’ai acheté chez mon libraire mais je l’ai découvert sur le blog de Gawou !) et je l’adore !!

Tout doux dans les couleurs, tout tendre et tout mignon. Une chaussette est oubliée sur la neige… Oh, une souris y fait sa maison, le petit cochon une cachette, le lapin un terrier, et ainsi de suite… Mais c’est qu’il commence à y avoir du monde là-dedans ! Ah ! ça y est, le loup a retrouvé sa chaussette orpheline, et il a de grandes dents le loup ! La chute est mignonne comme tout aussi, personne n’est dévoré, je vous rassure.

Un album cartonné bien solide, un format à l’italienne qui convient bien à l’illustration, et surtout, surtout, l’illustration adorable d’Emile Jadoul. Ben oui, j’aime, c’est comme ça, j’y peux rien.

Pour les petits, dès 18 mois / 2 ans, et pour leurs mamans ?

 

Ed. Casterman, août 2007, prix : 9 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : éditions Casterman, © Emile Jadoul, et Evene.fr

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Clin d'oeil

3 Octobre 2007, 08:24am

Publié par Laure

Je l'ai confié à la Poste ce matin.... alors demain peut-être ? ....

demain peut-être.jpg

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Jamais je ne reviendrai - Brian Freeman

2 Octobre 2007, 09:38am

Publié par Laure

jamais-je-ne-reviendrai.jpgRachel est une adolescente provocante à la beauté sulfureuse. Les femmes la détestent et les hommes lui font les yeux doux. Alors quand elle disparaît mystérieusement, dans sa petite ville du Minnesota, un an après la disparition d’une autre adolescente, l’enquête bat son plein.

Le prologue a ouvert les yeux du lecteur : ce dernier sait ce qu’il est advenu de Rachel. Mais les 460 pages suivantes montrent combien ce n’était pas si simple que cela. Manipulation, perversion, haine, désespoir, l’auteur nous entraîne de fausses pistes en fausses pistes pour aboutir à une fin qui tient la route, mais qui est – ô combien – longue à venir !

Un polar tout au long duquel je me suis fermement ennuyée, et sans le prix Elle, je ne l’aurais pas achevé. Une histoire qui manque cruellement de punch, (trop de longueurs ?), ce qui pour un polar est assez rédhibitoire. 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008. Les membres du jury d'octobre l'ont élu ce mois-ci pour la catégorie policiers.

Presses de la cité, fév. 2007, 465 pages, prix : 20 €

Ma note : 2/5

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Un appartement, une femme, un roman - Wilhelm Genazino

2 Octobre 2007, 08:50am

Publié par Laure

Traduit de l’allemand par Anne Weber

 

une-femme-un-roman.jpgCe qui m’a attirée dans ce livre, c’est le titre. Il allait forcément parler d’écriture et d’intimité. C’est avant tout un roman d’apprentissage, dont je ne connaîtrai jamais l’issue, puisque je l’abandonne à la page 72 (sur 177). A 17 ans, le narrateur est placé en apprentissage dans une entreprise de transport routier. Mais sa vocation, c’est l’écriture, il se rêve romancier. Il commence par des piges dans le journal local, un peu la rubrique chiens écrasés, enfin comptes-rendus des petites manifestations et fêtes locales. Voilà, je n’en saurai pas plus, ça se lit pourtant facilement, mais c’est un peu mortellement ennuyeux. Pas assez d’action, ou de rythme, c’est long comme un jour sans pain, dirait le proverbe.

 

La critique du Matricule des Anges

Ed. Christian Bourgois, fév. 2004, 177 pages, prix : 18 €

 

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