Les jardins d'Hélène

Jour de fête

1 Avril 2006, 08:50am

Publié par Laure

Aujourd'hui, j'ai une pensée particulière pour elles :

1er avril et ce ne sont pas des poissons !

- Clarabel, qui fête ses 30 ans. Ahh, quel bel âge ! dit la vieille de presque 34 ans que je suis !

- Eva, qui se marie. Elle que j'ai connue par journal interposé, prof de philo en banlieue et solitaire, que de changements ;-) Seule sa belle Hannah reste immuable, surtout sur les pages de son bureau quand elle écrit !

Félicitations à vous deux, et mille voeux de bonheur !

 

 

Voir les commentaires

Accident nocturne - Patrick Modiano

29 Mars 2006, 20:06pm

Publié par Laure

Présentation de l'éditeur :

"Peu avant ses vingt et un ans, le narrateur, aujourd'hui bien plus âgé, a été victime d'un accident Place des Pyramides : il est renversé par une Fiat vert d'eau, conduite par une jeune femme, Jacqueline Beausergent. En état de choc, il croît reconnaître en cette femme, une personne qu'il a déjà rencontrée, beaucoup plus tôt. Ses souvenirs se mêlent et il associe étrangement cet événement à un accident antérieur dont il ne lui reste que des détails confus. S'il retrouve cette femme, le narrateur a le sentiment qu'il apprendra quelque chose d'important sur lui-même, quelque chose qui changera le cours de sa vie." 

Ce roman n’est pas mon préféré de Modiano. [Je n’ai même pas eu le courage de vous le résumer, je vous ai mis le quatrième de couv de l’éditeur…] Trop flou à mon goût, une confusion chronologique que j’ai trouvé particulièrement agaçante, des personnages mystérieux dont on ne saura finalement pas grand-chose. Qui est donc réellement ce docteur Bouvieu ? 

Un point étonnant quand même dans ma lecture : je m’étais imaginée le personnage féminin, Jacqueline Beausergent, la conductrice tant recherchée de la Fiat vert d’eau, comme une femme d’âge mûr, plutôt bourgeoise (du fait de la clinique, de l’argent versé à la sortie, etc.), quelle ne fut pas ma surprise donc d’apprendre en fin de récit qu’elle n’avait que 26 ans !

Modiano écrit toujours bien, évidemment, mais là j’ai accroché moyen.

Ma note : 3/5

Voir les commentaires

Too busy, moi aussi

28 Mars 2006, 21:36pm

Publié par Laure

Mon homme est en déplacement à Bordeaux pour la semaine. Je suis en déplacement au bout du département pour la semaine. Une heure de route le matin, une heure de route le soir, cette saleté de printemps qui ne vient pas, ils en ont balayé des gouttes mes essuie-glaces aujourd’hui, des grosses des petites des violentes des bruines et des grêlons, et j’en ai pris des douches glaciales quand je me trouvais hors du carrosse cabossé.

A peine rentrée déjà repartie, il y avait ce soir une rencontre avec Manu Larcenet, pour la sortie du troisième tome du Combat ordinaire. Mosquito sous le bras (pas eu le temps de prévoir une baby-sitter), on a regardé la diffusion publique du DVD sur son travail, on a écouté le début des questions-réponses, et on s’est dit tant pis pour les dédicaces, y en a encore pour des heures avant que ça commence, et vu la foule, des heures avant que ça finisse. Et demain réveil très matinal. Alors on s’est éclipsées, protégeant des gouttes qui son doudou, qui son moustique et sa dernière emplette : 

J’aurai toujours en souvenir le tiré à part numéroté et signé offert par mon libraire. Quand au printemps, je l’ai mis dans les draps : c’est Mosquito qui a choisi les fleurs ! Coquelicots ou pas coquelicots, la minette, ça lui va !

Voir les commentaires

J'ai oublié de la tuer - Tristane Banon

27 Mars 2006, 22:20pm

Publié par Laure

Flore ou la douleur de l’enfance battue. Voilà le roman de Tristane Banon, paru en août 2004. C’est le récit d’une petite fille, Flore Dubreuil,  élevée par une nourrice alcoolique et violente prénommée Amira, « 113 kilos de graisse, d’alcool et de tristesse aussi », dans l’indifférence la plus totale d’une mère toujours absente, femme d’affaires qui ne veut rien voir rien savoir, et encore moins s’encombrer d’une fille. Le déni maternel et la violence des coups sur l’enfant, c’est cruel. Flore narre son parcours jusqu’à ses 15 ans, la solitude, les mains tendues et le temps qui fait son affaire, puisque son désir le plus cher de tuer la bonne, elle l’aura finalement oublié.

J’ai un problème avec ce roman. A sa parution il a fait du bruit, annoncé comme une autofiction écrite sous pseudonyme, l’auteur serait fille de femme politique connue. (cf. ici  par exemple). Dès lors le public ne s’est pas intéressé à un roman, mais à un article people, cherchant le vrai et/ou le sale dans la pseudo fiction.

En tant que roman, tel que je l’aborde aujourd’hui, je ne lui trouve rien d’exceptionnel. Des romans sur l’enfance malheureuse, détruite et violentée, j’en ai lus. Je les ai souvent finis en larmes. Ce qui manque pour moi dans ce roman de Tristane Banon, c’est l’émotion. Une froideur, certes compréhensible au vu du vécu du personnage, une haine farouche que je trouve bien fade, un pied de nez d’une ado qui a réussi à s’en sortir, mais tout ça manque de poigne. Peu m’importe de savoir ce qui est vrai ou non dans ce livre, et c’est je crois ce mélange des genres médiatisé (roman ? autofiction ?) qui le dessert. Si vraisemblable il y a, il manque … ce que j’appellerais le talent. Il faut dire qu’il est difficile de rivaliser après le coup de poing dans l’estomac du bord de mer de Véronique Olmi.

Vite lu donc, mais pas indispensable.

Anne Carrière, août 2004, 130 pages, ISBN 2-84337-284-4, prix : 15 € 

Ma note : 3/5  

Voir les commentaires

Je vous trouve très beau - un film d'Isabelle Mergault

26 Mars 2006, 19:15pm

Publié par Laure

Décidément bien des plateformes blog semblent être en dérangement ce week-end, alors je ne peux ni lire mes favoris ni écrire dans mes jardins, qui ont perdu leurs photos qui plus est, j’espère qu’ils sauront réparer tout ça chez over-blog !

  

Il me reste toujours un coin de traitement de texte dans cette machin infernale pour y parler du dernier film vu, et ma foi, je mettrai en ligne quand je pourrai.

Vendredi soir j’ai découvert le cinéma itinérant en milieu rural, certes c’est moins bien qu’un vrai grand écran, y a pas le son THX ou que sais-je encore, mais c’est moins cher, à 2 pas (économie de 60 km), et on rencontre plein de gens du coin (ça c’est pas forcément intéressant). Donc soirée ciné, avec Je vous trouve très beau, d’Isabelle Mergault, que je connaissais davantage aux Grosses Têtes que derrière la caméra. C’est un petit film bien sympathique, une soirée légère comme j’en avais besoin ce jour-là ! J’ai ri et j’ai souvent failli pleurer (j’aime pas pleurer au cinéma devant tout le monde !)…

Aymé Pigrenet (Michel Blanc) est agriculteur et son petit train-train s’écroule quand sa femme meurt accidentellement. Non pas qu’il soit triste mais qui va ferme tourner la ferme s’il n’y a plus personne pour s’occuper de la machine à laver et des repas ? Il tente de surmonter ces épreuves, mais c’est vraiment trop compliqué (pauv’chat enfermé dans la machine à laver !) Il lui faut vraiment une femme ! Une agence matrimoniale classique, ça ne correspond pas à ses  besoins, alors va pour le marché roumain. Ce n’est pas acheter une femme, c’est la sortir de la misère, tente de lui expliquer la responsable d’agence. Hum. Voilà comment il ramène Elena (Medeea Maunescu). Les débuts ne sont pas faciles non plus, car Aymé ne répond aucunement à ses attentes. Mais ils vont s’apprivoiser ces deux-là. Bien sûr entre eux va naître un amour délicat et fort, pas toujours rose, pas toujours gagné. C’est une vraie bonne comédie sentimentale, jamais neu-neu, et c’est plein d’humour. C’est sans prétention, mais ça fait drôlement du bien !

Voir les commentaires

Bord de mer - Véronique Olmi

24 Mars 2006, 19:55pm

Publié par Laure

Bord de mer fait partie de ces livres qui marquent et obsèdent un temps, pour ne pas dire longtemps. Dès la première page j’ai deviné la fin inéluctable et tragique (même si j’ignorais encore la méthode et si je pensais que la mère aussi disparaîtrait).

Je ne le lisais donc plus pour l’intrigue, mais pour ce style à la fois simple et foudroyant qui vous embarque malgré vous, retranscrivant si bien le désespoir et la misère.

Une mère de famille emmène pour la première fois ses deux enfants, deux jeunes garçons, au bord de la mer, un soir froid et pluvieux de novembre. Il ne s’agit pas de vacances mais d’une fuite en avant, terrible, immuable. Le voyage en car est minable, l’hôtel est sordide, et le regard des autres tout au plus absent, quand ce n’est pas méprisant. La fête foraine est l’ultime bonheur. La mère soigne ses crises d’angoisse pourtant, mais quel avenir offrir aux siens quand on n’a plus que quelques pièces de monnaie en poche ?

Dans quelle détresse inimaginable doit-on être pour assassiner ses enfants ? C’est noir, violent, cruel, et pourtant débordant d’amour. J’ai du mal à soutenir ce livre auprès de lecteurs potentiels tant je ne veux pas comprendre ni admettre le drame qui se joue, pourtant je suis emportée par l’écriture si touchante et si juste. Je suis mal à l’aise, vous l’aurez compris, même si je reconnais à Véronique Olmi un talent certain.

Tous les thèmes sont-ils défendables en littérature ? Oui, sans doute, mais il faut avoir le moral bien accroché. C’est un très bon roman, mais dérangeant.

Voir les commentaires

Et la mère fond...

24 Mars 2006, 19:25pm

Publié par Laure

Ce soir quand je suis rentrée du travail, la nounou  m'a dit que Mosquito, épuisée de sa semaine, venait de s'endormir sur mon lit.

Et moi je pourrais rester des heures à la regarder comme ça !

Voir les commentaires

Attraper le bonheur au vol

23 Mars 2006, 13:40pm

Publié par Laure

Il est des bonheurs simples qu’il faut savourer quand ils arrivent : comme ce carton de livres trouvé dans ma boîte aux lettres en rentrant déjeuner ce midi !!! Des romans prêtés gracieusement par une lectrice, quelle joie (pour moi) et quelle sympathie de sa part !

C’est un plaisir presque indicible, tant je suis gourmande, hum j’espère pouvoir croquer tout cela bien vite.

 

Les esprits chagrins me diront que c’est pas comme ça que les auteurs vont gagner leur vie, si un seul exemplaire circule, mais ils ne sont pas perdants non plus : quand on aime, on sait leur faire une publicité publique élogieuse, qui peut-être incitera d’autres personnes à découvrir leur livre ? Et j’aime à croire (naïve que je suis ?) que pour un auteur, le bonheur qu’il aura apporté au lecteur passe avant le tiroir-caisse, même s’il faut bien remplir son frigo, hein…

Allez, j’y retourne (au bureau puis au conseil d’administration du collège puis soigner mes bambins malades puis quand enfin je me poserai, vers 22h, lire !!!)

PS : oh, z'avez-vu, les commentaires sont revenus !

Voir les commentaires

On-dit - Fabienne Séguy, Yann Fastier

21 Mars 2006, 21:40pm

Publié par Laure

On-dit est un album bien déroutant. Dans une atmosphère froide et grise d’hiver neigeux, deux enfants regardent par la fenêtre, tout en discutant du retour de quelqu’un. Au fil des pages et des suppositions, on s’égare sans jamais trouver le plus sûr chemin. Si j’aime bien les albums laissant place au rêve et à l’imagination, là je le trouve frustrant : quelle fin au juste ? De qui et de quoi parle-t-on ?

Si le but est de faire parler les enfants, les adultes autour des thèmes de la peur et de la rumeur, c’est assez réussi, mais ne l’offrez pas en pensant offrir un bel album comme on offrirait un Ponti. (Ah Ponti, faut que je vous en reparle, on vire gagas dans la famille, complètement givrés de tous ces inépuisables poussins, euh mais je m’égare là…)

Donc on-dit… pousse à la discussion, est destiné aux enfants de plus de 8 ans (c’est écrit un peu partout sur les sites internet qui lui sont consacrés), mais reste assez obscur.

Je l’ai « testé » (le livre n’est-il pas devenu un quelconque produit marketing ?) sur mes 2 grands : fillette, 9 ans et des poussières a spontanément réagi : il est complètement nul ton bouquin, j’ai rien compris ! On l’a relu ensemble et elle a eu cette interprétation : « il » c’est l’hiver, mais si, puisqu’il dort l’été ! Ou alors c’est la neige (- mais alors on dirait « elle » fais-je remarquer), oui, ben l’hiver alors !

Rien sur l’ombre de l’homme au chapeau à la fin.

Fiston, 11 ans et des broutilles : « mouais bof, j’ai rien compris », d’un air de dire – en plus j’m’en fiche éperdument de ton bouquin, pis va tester ailleurs. Pour lui, l’ombre finale, c’était le petit garçon disparu. Je donne ma suggestion d’interprétation : le méchant qui enlèverait les petits enfants ? – ah ouais t’as raison.

Bref, côté enthousiasme à la maison on a vu mieux (Ponti ! Ponti ! Bon OK j’arrête)

Je ne comprends pas très bien la finalité de cet album : faire réfléchir les adultes sur les possibilités infinies de la création ? (C’est réussi), mais je ne suis pas certaine que ce livre s’adresse à des enfants. Sauf à vouloir leur mettre entre les mains autre chose que des produits formatés rose bonbon pour les filles et plein de monstres curieux pour les garçons. C’est oublier aussi que passé 6-7 ans, la lecture d’album se fait plus rare, tant l’offre romanesque touts formats tous niveaux se fait pressante, l’album étant alors vite catalogué « bébé ».

Un album ovni qui me laisse sur ma faim : j’aime avoir une réponse à mes lectures !

Ce livre fait partie de la sélection 2006 du prix de la Petite Edition sur zazieweb.fr

L'atelier du poisson soluble, janvier 2005, ISBN 2-913741-28-7, prix : 13 €

Ma note : 2/5

Voir les commentaires

Déloger l'animal - Véronique Ovaldé

21 Mars 2006, 20:49pm

Publié par Laure

Voilà un livre qui a bien failli passer dans la case « les commencés jamais finis » !

A de nombreuses reprises j’ai failli en abandonner la lecture. Pourtant il avait fait partie de ma liste d’envies, ce fourre-tout virtuel qui permet de ranger quelque part tous ses désirs sans perdre tous ses bouts de papier éparpillés. Ce livre, je l’ai espéré, attendu, enfin eu, et … je ne l’ai pas aimé. Ben oui, ça arrive. Dommage, mais pas gravissime ! Ce livre fait 166 pages, et je l’ai lu en 10 fois, en 10 jours, pensez donc, c’est inimaginable. Mais je l’ai lu jusqu’au bout. 

Rose a 15 ans mais elle a tout l’air d’en avoir 7 dans sa tête, elle fréquente un institut spécialisé, on ne saura pas grand-chose de plus sur elle. J’ai bien aimé la première page : « Je me suis drapée dans ma cape de soie noire doublée fuchsia, j’ai ouvert la fenêtre, j’ai grimpé sur le rebord et, sans un dernier regard pour ma si jolie mère grillée, je me suis jetée dans le vide ». J’ai bien aimé la 3ème partie, soit les trois dernières pages. Entre, j’ai trouvé le temps long, presque aussi long que les phrases qui m’ont paru lourdes et chargées, multipliant les virgules et les digressions.

Un jour la mère de Rose disparaît et l’enfant va chercher à comprendre, à tenter de reconstruire la vie de sa mère, de son père biologique et de l’autre, à moins que ce ne soit le même, bref, va mêler rêve et réalité, une réalité qu’elle se construit à partir des propos entendus ici ou là, des suppositions qu’elle peut faire. Je n’ai pas accroché à ces longues pages. Et sans compter que sa mère s’appelle Rose aussi, ce qui n’est pas sans créer un certain cafouillage dans la narration (à ne pas lire quand on est fatiguée !)

La fin soudain m’a réveillée tout comme l’avait fait ce film vu récemment : c’est exactement la même ! Je ne vais pas vous la livrer si vous souhaitez encore voir l’un ou lire l’autre, mais le procédé est identique, le lecteur s’est fait berner, et les personnages de fiction aussi.

Je crois que ce qui m’a rebutée dans ce roman, c’est l’écriture. Trop d’errance diluée en propos ennuyeux. Mais pour un avis plus optimiste, je vous invite à lire la critique de  Cuné!

Actes Sud, août 2005, ISBN 2-7427-5633-7, prix : 17,80 €

Ma note : 2/5 

Voir les commentaires