Les jardins d'Hélène

Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay

2 Octobre 2006, 10:51am

Publié par Laure

Ce dernier roman de Tatiana de Rosnay est un concentré d’émotions, un roman magnifique malgré toute l’horreur du sujet, bref mon dernier coup de cœur de lecture.

L’histoire commence à Paris en juillet 1942. La petite Sarah, 10 ans, enferme son petit frère dans un placard au moment où la police française vient les chercher, sa mère et elle. Elle a terriblement peur, ne sait pas ce qui se passe, mais ça ne doit pas être bien grave puisque c’est la police française… elle le croit en sécurité et lui promet de revenir très vite. Hélas, comme beaucoup d’autres familles ce 16 juillet 1942, c’est l’enfermement inhumain au Vélodrome d’Hiver, avant le départ vers les camps. En parallèle, il y a l’histoire de Julia Jarmond, américaine qui a épousé un français et vit à Paris de longue date. Elle est journaliste et son chef lui donne un papier à écrire sur le 60ème anniversaire de la Rafle du Vel d’hiv. Bien sûr les deux histoires vont se rejoindre.

Tatiana a l’art de faire monter la tension pour scotcher son lecteur aux pages : impossible de s’arrêter, car on veut savoir la suite ! J’ai presque été tentée de lire les chapitres en alternance pour vite connaître l’issue de l’histoire de Sarah, et puis non, j’ai joué le jeu et suivi la narration choisie par l’auteur, mais j’avoue : elle a joué avec mes nerfs !

C’est un roman courageux, aussi. Sur l’Histoire, bien sûr, car même si ce n’est pas un roman historique, l’auteur revient avec brio sur ces faits noirs de la France. Difficile de rester insensible face à l’horreur décrite, et obligation de féliciter l’auteur pour ce remarquable devoir de mémoire. Un roman courageux aussi sur la crise du couple de Julia, car là non plus, l’auteur n’a pas choisi une fin mielleuse où l’on pourrait croire que tout est bien qui finit bien. Pourtant ce n’est pas un roman triste : j’y ai ressenti de l’espoir, une grande foi en la vie, et coûte que coûte, les personnages vont au bout de ce en quoi ils croient. C’est un beau roman, fort, très fort, et longtemps riche en rebondissements. (chut, je l’ai fini les larmes aux yeux…)

A noter : Tatiana a écrit ce roman dans sa langue maternelle, c’est-à-dire en anglais, alors qu’elle a toujours écrit jusqu’à présent directement en français. J’en ai été très surprise lorsque j’ai découvert la mention de traduction en page de titre. Je ne connais pas la version originale mais la traduction d’Agnès Michaux est parfaite, puisque dans cette langue-là, j’ai aimé le roman ! Tatiana s’en explique sur le blog de Majanissa : voir ici. Pour ma part, aucun des passages qui se voudrait critique sur la réputation des Français ou des Américains ne m’a choquée, j’y adhérais même totalement, ils ne m’ont pas marquée non plus, je me suis beaucoup plus attachée aux émotions du récit, tant sur l’histoire de Sarah que sur celle de Julia.

Un coup de coeur !

France Loisirs (avant-première), août 2006, 443 p. ISBN 2-7441-9420-4

Paraîtra aux éditions Héloïse d’Ormesson au printemps 2007.

Ma note : 5/5

 

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La fugueuse

1 Octobre 2006, 19:40pm

Publié par Laure

Non non, ce n'est pas le titre d'un nouveau roman, mais le retour de la minette fugueuse !

Car cette demoiselle qu'on croyait morte est revenue en pleine forme, juste un peu affamée, au bout de sept jours ! Comme dit ma bénévole préférée à la bib : ou elle a couru le mâle, ou elle a trouvé un nouveau gite avec 1* de plus !

Voilà donc qui finit bien...

                           

(la toilette de Vachette)

 

 

 

Bon, reste quand même deux bestiaux à caser :

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Lou ! (3 tomes parus) - Julien Neel

29 Septembre 2006, 16:41pm

Publié par Laure

Comme beaucoup de blogueuses avant moi, je cède à mon tour au charme de la petite Lou !, série jeunesse publiée par Julien Neel chez Glénat (dans la collection Tchô!)

Tome 1 : journal infime

Ce premier tome nous permet de faire connaissance avec les personnages : la jeune Lou, qui vit seule avec sa mère, et un petit chat arrivé là par hasard. Personnellement, j’aime surtout le décalage entre le personnage de la mère et celui de la fille : n’est pas la plus mature la plus âgée des deux ! La mère passe son temps à jouer à la console vidéo, et se remet vite à son travail d’écrivain quand elle entend sa fille rentrer ! La jeune Lou est amoureuse de son voisin Tristan, mais comment le lui dire ? Et si elle exprimait son amour à travers un tableau de sa création ? Et tant pis si ça suscite l’étonnement de sa mère et si son prof d’arts plastiques lui conseille plutôt d’aller voir un psy ! 

L’album inclut aussi des saynètes un peu à part, détachées du fil de l’histoire, sans doute parues en épisodes dans la revue Tchô ! 

A noter : les 2ème et 3ème de couv font partie intégrantes de la lecture : chargées mais adorables, présentation des personnages par Lou, sous formes de photos commentées, dessins, bref journal intime (et infime, comme dit le titre) 

Un album frais, coloré, drôle, tendre, bref, à lire !

(Ma note : 4/5)

Tome 2 : Mortebouse

On retrouve notre duo mère-fille sur le toit de leur immeuble, qui entonne le « blues des filles seules en été, délaissées, meurtries et fauchées ». C’est pas le tube de l’été, mais ça défoule. Et comme elles sont fauchées, direction Mortebouse pour 15 jours de vacances, le petit village de la grand-mère maternelle de Lou. Là c’est le désespoir, l’ennui à mourir, les parties de Scrabble et le Rubik’s cube retrouvé, transmis de mère en fille, jusqu’à ce que Lou reçoive des nouvelles de Tristan, son amoureux qui avait déménagé en secret à la fin du tome 1. Mais l’été, c’est aussi synonyme d’amour de vacances. La mère retrouve un prétendant de son adolescence, toujours aussi prétentieux, et Lou un gentil joueur de guitare. Mais finalement, rien n’est meilleur que le retour chez soi, surtout quand vous attendent de belles surprises pour vos 13 ans ! 

Un deuxième album toujours aussi agréable, avec des répliques qui font mouche et qui font rire ! L’ensemble est bien vu, le scénario me semble plus travaillé que dans le premier, vraiment une réussite. Les 2ème et 3ème de couverture participent toujours de la lecture, c’est le petit bonus à savourer : la 2ème nous résume le tome 1 par personnage, et la 3ème est un panorama du tome 2 couleur Mortebouse. Un régal.

Ma note : 5/5

Tome 3 :  le cimetière des autobus

Dernier tome paru (en juin 2006) des aventures de la petite Lou. L’immeuble en face du sien, celui où vivait son amoureux Tristan, a été rasé et accueille à présent le cimetière des autobus, dépôt des carcasses des véhicules municipaux. De nouvelles amitiés se forment au collège, alors que Lou n’est pas dans la même classe que Mina, sa meilleure amie depuis la maternelle. Copines au look gothique, crise angoissante de l’adolescence, spleen, et en parallèle, réussite explosive de la mère qu a enfin publié son bouquin et voit son compte en banque remonter : un album que j’ai trouvé moins abouti que les précédents, comme expédié un peu trop rapidement, même s’il reste très agréable à lire ! La 2ème de couverture résume sous forme d’un jeu de l’oie (ici rebaptisé jeu de moi) les deux premiers tomes, et la 3ème de couv, à la fin de l’album, va au-delà des planches et laisse augurer… un quatrième album ? Pour ce tome 3, Lou petite fille est entrée dans les affres de l’adolescence, et ça, c’est jamais facile !

Ma note : 3/5

Chaque volume  : 9,40 € 

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Trois p'tits orphelins

27 Septembre 2006, 18:52pm

Publié par Laure

Bon d’accord, ce ne sont que des chats, me direz-vous !

Le problème, c’est qu’on a eu le temps de s’y attacher, à leur mère chatte, et à ces loupiots surexcités qui aujourd’hui jouent à Tarzan dans le ficus du salon.

Juste pour dire à Cathe que tu vois, un chat a une espérance de vie plus longue en appartement. Samedi soir, Caramel est sortie. Dimanche, elle n’est pas rentrée. Pas son genre de rester dehors plus de 12h sans rentrer manger ou jouer avec ses chatons. Et puis dimanche, c’était la folie par ici. Ouverture de la chasse. A tel point que je n’ai pas osé laisser sortir les enfants tellement ça tirait de partout. Et lundi je me suis empressée d’aller demander à la mairie quelle était la distance de sécurité par rapport aux habitations. Et bien figurez-vous qu’il n’y en a pas ! La secrétaire de mairie, très sympa, a fait toutes les recherches possibles dans les arrêtés préfectoraux et autres sites internet de l’Etat. Les dates et les horaires sont règlementés, de 9h le matin à 1h après le coucher du soleil. Et je cite « aussi étonnant que celui puisse paraître, il n’y a pas de distance de sécurité par rapport aux habitations ». Cette distance doit simplement être inférieure à la portée de tir du fusil, et ils n’ont pas le droit de tirer en direction des maisons. Ben voyons. Je pourrais leur faire la conversation depuis la fenêtre de ma cuisine si je criais plus fort que le bruit de leurs cartouches.

Mais le pire, ce sont tous ces propos rapportés par les collègues : « Laure, il faut que tu saches, par essence, le chat est l’ennemi du chasseur. Car le chat chasse le lapin. Le chasseur chasse aussi le lapin. Alors le chasseur tue d’abord le chat, pour qu’il lui reste des lapins ». Hélas, plusieurs personnes m’ont tenu exactement ce discours depuis 3 jours. Et y a des tonnes de lapins par chez nous. Même si la nounou des enfants rage en disant que « m… on n’est pas en guerre, on a de quoi bouffer, y z’ont pas besoin de lapins pour survivre ces chasseurs ! », il n’empêche que les trois petits minous sont orphelins. Ils ont eu de la chance : ils sont sevrés. Ils tétouillaient encore parfois juste pour le plaisir. Oui ce ne sont que des chats. Mais quand même.

 

 

 

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Les Aristos, un film de Charlotte de Turckheim

25 Septembre 2006, 14:51pm

Publié par Laure

Chers amis, j'ai pitié de votre porte-monnaie : si vous aviez encore un doute sur le charme, l'humour ou la qualité de ce film, j'vous l'dis tout de go : surtout n'y allez pas ! Rarement vu quelque chose d'aussi affligeant.

Les aristos désargentés qui cherchent tous les moyens possibles pour rembourser 2 Millions d'euros au trésor public et sauver leur château qui tombe en ruines,  c'est ... les mots me manquent ! Tout est lourdingue, limite vulgaire et personne dans la salle n'a ri, ni même souri (certes nous n'étions que 15 à la séance de 11h ce lundi matin et pas facile de voir quelqu'un sourire dans le noir, mais même à 5 € la place, on devrait exiger le remboursement). Voulant faire des allusions à "Priez Pour Nous" et la "vie est un long fleuve tranquille", Charlotte de Turckheim ne réussit qu'une parodie grotesque. Autodérision ? Hélas les gags sont plus proches du ridicule que de l'humour. On se demande comment quelques bons acteurs ont pu aller s'égarer dans ce navet ! Mme de Turckheim nous avait habitués à mieux.

Ma note : 0,5/5

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Oliver Twist, un film de Roman Polanski

24 Septembre 2006, 17:53pm

Publié par Laure

Oliver Twist, orphelin, est exploité, mal nourri et violenté dans les différentes pensions qui l'accueillent successivement. Un beau jour, il décide de s'enfuir pour Londres. Recueilli par un groupe de voleurs et malfrats, son coeur d'or n'y est pas sa place. Mais lorsqu'il est accusé à tort de vol, il ne dénoncera pas son groupe. Malade, il est recueilli par M. Brownslow, chez qui il connaît une vie bourgeoise toute différente, entouré de livres et de douceur. Mais la troupe de Fagin, de crainte d'être dénoncée, fait tout pour le retrouver...

On se laisse emporter dans l'adaptation on ne peut plus classique de ce chef-d'oeuvre de Dickens, c'est sobre et bien mené. Un peu trop peut-être ? Rien à en dire justement. ça n'est pas éblouissant, ça n'est pas mauvais non plus. Pour ma part, j'y ai trouvé quelques longueurs vers le milieu. A voir en famille dès 9 ans.

Ma note : 4/5

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Chaud-froid - Yumiko Seki

24 Septembre 2006, 16:31pm

Publié par Laure

C’est un petit roman tout simple que ce chaud-froid, à moins que ce ne soit plutôt un récit autobiographique, en tout cas ça se lit tout seul et c’est bien sympathique. 1er roman de la japonaise Yumiko Seki, il a été écrit directement en français, mais l’auteur vit à Paris depuis 1982.

Par chapitres intercalés, la jeune Yuka revient sur son enfance dans le Tokyo des années 60-70, où elle vit avec ses parents, selon un modèle social et culturel qui lui paraît étriqué, et le Paris de l’année scolaire 1979-1980 où elle arrive pour une année universitaire. Adolescente, ses rêves de liberté et d’éveil sexuel se trouvent vite étouffés dans la rigueur froide de l’Orient. Différente dans sa façon de penser et d’agir, elle sombrera dans une triste anorexie après avoir perdu la plupart de ses amis. L’Occident l’attire, mais pas le gigantisme des Etats-Unis, non, elle se sent attirée par la France qu’elle imagine impertinente. Si elle s’y laisse facilement aborder par les hommes, elle est souvent déçue : ils ne voient en elle que l’exotisme japonais, et ne savent pas lui faire partager cette culture occidentale qui la motive tant. Flirts, premier amour, regard étranger sur Paris, c’est aussi la construction alternant les souvenirs japonais au présent parisien qui est intéressante. On resterait volontiers plus longtemps avec Yuka, même si au final, on devine bien quel sera son choix. J’ai aimé la simplicité et la légèreté de ce roman, même si je l’aurais souhaité plus touffu, rester davantage avec le personnage, en apprendre plus encore sur le Japon…

Et la difficulté à rester vivre sur un territoire « étranger », toutes ces questions de visa et d’autorisation de séjour m’ont fait penser… à Lou ;-)) Pas facile la vie !

JC Lattès, fév.2005, 249 p. ISBN 2-7096-2590-3, prix : 14,50 €

Ma note : 4/5

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Ce fameux concours de PAL

22 Septembre 2006, 09:28am

Publié par Laure

(non ce n'est pas ma bibliothèque,

juste une photo empruntée sur Google,

chez moi ça ne tient pas dans un seul meuble !)

Initié par Gaëlle et Loupiote, j'ai sincèrement joué le jeu, et suis allée compter hier soir (hier soir parce que Clarabel m'avait transmis les règles du jeu par mail) tous ces livres qui attendent leur tour sur mes étagères ou parfois tout bêtement en piles instables par terre.

Alors voilà le verdict : 187 !

Moi qui l'estimais dans ma marge à environ 150, j'étais encore en deçà de la vérité. Le pire, c'est que ça ne va même pas m'empêcher de continuer à emprunter à la bibliothèque ni à acheter. Donc ma PAL n'est pas près de baisser. Et puis je suis rassurée, il y a pire que moi !

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Les autres - Alice Ferney

21 Septembre 2006, 13:30pm

Publié par Laure

Et bien voilà qui va sans doute être une grande première dans notre petit monde des blogs de lecture : non je n’ai pas aimé le dernier roman d’Alice Ferney. Déjà je n’avais pas réussi à lire son précédent Dans la guerre et l’avais vite abandonné. Alléchée par toutes les bonnes critiques autour des Autres, je me suis empressée de l’entamer, pour assez vite avoir envie de le laisser tomber. Je l’ai interrompu par une autre lecture. Je l’ai repris, et véritablement, je me suis forcée à le finir. Si dans sa construction il est original et dans son style toujours bien écrit (c’est Ferney quand même ! Celle que je défends becs et ongles pour ce que je considère comme un des plus beaux romans d’amour du XXIème siècle : la conversation amoureuse), je trouve les Autres trop long, beaucoup trop long, et surtout redondant. Certes ce sont ces trois parties, choses pensées, choses dites, et choses rapportées qui le veulent, mais je trouve la dernière partie vraiment de trop. D’ailleurs, tous les secrets de famille ou presque sont déjà dévoilés dès la première partie, alors qu’apporte les deux dernières hormis le jeu stylistique ? Je m’y suis ennuyée. 

 

D’une façon plus générale – une autre blogueuse en avait déjà parlé – comment aborder avec plaisir un livre aujourd’hui quand on a déjà tout lu sur lui, critiques professionnelles écrites, de radios ou de télé, émissions de promo, et tournée des blogs ? J’ai eu cet effet-là avec les autres : tout était dit déjà, dans les résumés, tout était attirant : un frère aîné offre à son cadet un jeu de société qui annonce une soirée délicate entre amis où les susceptibles sont priés de s’abstenir : comment se voit-on, comment les autres vous voient-ils et comment imagine-t-on que les autres vous voient ? Le soufflé était déjà retombé car il n’y a rien d’extraordinaire dans les secrets même ou les perceptions qui seront révélés, rien d’extraordinaire alors fallait-il vraiment les répéter de trois façons différentes ? 

 

Je n’ai trouvé jusqu’à présent qu’un seul avis d’internaute anonyme sur le site de la FNAC qui soit déçu par ce livre. Annoncé comme un roman intimiste de la même veine que la conversation amoureuse, je ne suis pas du tout d’accord ! Vous remarquerez d’ailleurs que les lecteurs qui aiment Ferney souvent n’ont pas aimé la conversation, et qu’à l’inverse, pour les admirateurs de la conversation amoureuse, elle restera l’auteur de ce seul livre. Je fais partie de ceux-là !

Actes Sud, coll. « Un endroit où aller », août 2006, 531 p. ISBN 2-7427-6258-2, prix : 21,80 €

 

Ma note : 2,5/5

 

 

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L'inconsolable - Anne Godard

20 Septembre 2006, 10:07am

Publié par Laure

C’est un roman d’une très grande maîtrise scripturale. Un tu narratif qui nous embarque dans le deuil d’une mère, le refus, lancinant, de l’oubli, la perte du fils aimé. Inconsolable elle est et inconsolable elle veut rester. Elle a fait le vide autour d’elle, son mari et ses 3 autres enfants ont quitté la maison pour survivre, la laissant à sa douleur et sans aide puisqu’elle les refuse toutes, sans concessions, surtout envers elle-même. 

C’est un roman dur et froid, on ne ressent pas d’empathie pour le personnage, mais le souhaite-t-elle vraiment ? Elle se blinde dans sa souffrance, espère reconnaissance et mémoire éternelle de l’entourage, vingt ans après le drame, mais elle refuse d'accepter que malgré tout, malgré l’insurmontable, la vie continue. Très bien écrit mais si glacial qu’aucune émotion n’atteint le lecteur.

Grand Prix Lire/RTL 2006  

 

Cet extrait, p.134 : « Tu ne l’as pas cru capable de survivre à son geste. Tu as aimé sa mort tout de suite, tu t’y es sentie bien, comme si c’était enfin ta place, enfin le rôle qui t’attendait. Tu as aimé sa mort, qui te le donnait tout entier, plus que tu n’aurais jamais pu aimer sa vie. Il l’a su, dans son coma, il a su que tu voulais qu’il meure, il a su qu’il devait mourir pour que toi, sa mère, tu puisses le pleurer toujours »

Ed. de Minuit, mars 2006, 157 p. ISBN 2-7073-1940-6, prix 13,50 € 

 Ma note : 3/5 

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