Les jardins d'Hélène

Ubasute – Isabel Gutierrez

10 Novembre 2021, 11:58am

Publié par Laure

L’ubasute est une tradition ancestrale au Japon, qui consiste à amener en montagne dans un endroit isolé une personne âgée et malade pour l’y laisser mourir. C’est cette demande que fait Marie à son fils.

L’occasion pour elle - et pour lui - de revenir sur sa vie, sur son jumeau mort in utero, sur la lutte de son grand-père contre Franco, sur la mort de son mari. C’est un texte empreint de délicatesse, de poésie, de pudeur, un petit moment hors du temps alors même que le temps chemine vers la fin de vie, un de ces petits livres qu’on aura envie de relire un jour, parce qu’il demeure intemporel.

Un très beau texte sur l’amour maternel et le lien parfois taiseux qui unit une mère à ses enfants.

 

 

La fosse aux ours, août 2021, 124 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-35707-166-7

 

 

Crédit photo couverture : © Marc Chilliet d’après Geo Dorival

 

 

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Dessiner encore - Coco

9 Novembre 2021, 10:02am

Publié par Laure

Le 07 janvier 2015, Coco s’apprête à quitter les locaux de Charlie Hebdo un peu avant la fin d’une réunion pour aller chercher sa fille à la crèche. Elle croise le chemin des terroristes qui la forcent à les conduire à Charb et l’équipe. Ils tueront sept des collaborateurs de Charlie et en blesseront grièvement quatre.

Coco raconte en texte et en images, d’une belle manière fluide et expressive, l’après. Mais aussi l’avant, le pourquoi, l’histoire des caricatures et ce qui a précédé (et suivi) ce jour.

« Je dois dessiner, dessiner encore ». pour surmonter cette vague qui l’a emportée et l’emporte encore, pour lutter pour la liberté de pensée et d’expression, pour survivre, pour vivre.

Un très bel ouvrage qui marque tant par le dessin que par le récit.

 

 

Les Arènes BD, mars 2021, 345 pages, prix : 28 € ; ISBN : 979-10-375-0283-4

 

 

Crédit photo couverture : © Coco et éd. Les Arènes

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Qui sème le vent – Marieke Lucas Rijneveld

8 Novembre 2021, 12:00pm

Publié par Laure

Traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Daniel Cunin

 

Lauréat de l’International Booker Prize en 2020, ce roman de la jeune Marieke Lucas Rijneveld (29 ans à l’époque) interpelle et impressionne fortement. C’est un roman sombre, à la fin surprenante et courageuse.

La narratrice, surnommée Parka du fait qu’elle ne quitte plus sa parka, s’en veut depuis la mort accidentelle de son frère sur le lac gelé, alors qu’elle venait de prier Dieu de le prendre lui plutôt que son lapin qui allait certainement passer à la casserole pour Noël. Comment vivre après cela ?

C’est bien tout le drame de cette famille protestante qui élève des vaches à la campagne, et chez qui la parole est difficile. Chacun tait ses souffrances. Les tourments vont s’ajouter les uns aux autres, et la petite fille s’enfermer dans un imaginaire débridé et des passages à l’acte sordides. Il faut avoir le cœur bien accroché sur tous ces passages relatifs à la scatologie (voire à la scatophilie), à l’inceste, au viol, à la violence.

Ils rendent la lecture extrêmement dérangeante, mais participent de la force du personnage, qui en devient inoubliable, jusque dans la fin en apothéose.

 

Buchet Chastel, août 2020, 286 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-282-03336-4

 

 

Crédit photo couverture : © Cyril Tissot-Daguette / Libella, Paris, 2020

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Le rapport chinois – Pierre Darkanian

1 Novembre 2021, 17:51pm

Publié par Laure

Tugdual Laugier est embauché chez Michard & Associés où pour un salaire mensuel net de 7000 €, il taille des crayons, enroule des cravates, et tente de battre le record du nombre de bûchettes de sucre qu’il peut s’enfiler dans la bouche. Le maître mot de l’entreprise, c’est la confidentialité, personne ne semble donc s’offusquer de ce que font (ou ne font pas) les collaborateurs.

Jusqu’à la rédaction du rapport chinois, 1084 pages de copiés-collés du web, qualifié d’excellent par son supérieur, mais oublié sur une table de restaurant où il sera récupéré par une flic un peu curieuse.

Le rapport chinois, ou l’empire du vide : l’auteur va loin dans l’absurde et la caricature, laissant le lecteur sidéré et amusé, et nul doute que vous ne resterez pas insensible au personnage hors norme de Tugdual Laugier !  Archétype de la médiocrité ? La satire de la bêtise cache un roman bien plus construit qu’il n’en a l’air, expliquant et dénonçant les affaires des subprimes, la domination du capitalisme et des placements fondés sur du vent.  Réjouissant jusqu’au bout.

 

Prix Transfuge du meilleur premier roman français 2021

 

 

Anne Carrière, août 2021, 299 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-38082-154-3

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Anne Carrière

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Octobre 2021 en couvertures ...

31 Octobre 2021, 23:47pm

Publié par Laure

En octobre, j'ai (peu) lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

En octobre j'ai vu :

 

 

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Le spectateur – Théo Grosjean

4 Octobre 2021, 15:39pm

Publié par Laure

Cette BD est aussi fascinante que mystérieuse. Entièrement vue par les yeux de Samuel, tout au long de sa vie depuis l’accouchement. Ses parents pensent qu’il est muet, pourtant ses cordes vocales sont intactes, mais jamais il n’interagira avec les autres, spectateur du monde et de sa vie. Il s’exprime par le dessin et quels dessins !

Le scénario est particulièrement riche de thèmes abordés, tant dans la relation aux parents qu’aux copains, dans cette fascination pour la mort via le corbeau de la couverture notamment, dans la maladie, dans les personnages secondaires, etc. Le choix des couleurs, tout en vert et noir, est frappant, et correspond parfaitement à l’atmosphère du récit. De même que la page liminaire avec sa phrase ton sur ton en caractères embossés montre la qualité et l’innovation du travail.

Un vrai bel album !

 

 

Ed. Soleil coll. Noctambule, avril 2021, 165 pages, prix : 18,95€, ISBN : 978-2-302-09044-6

 

 

 

Crédit photo couverture : © Théo Grosjean et éd. Soleil

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Septembre 2021 en couvertures...

30 Septembre 2021, 22:35pm

Publié par Laure

En septembre j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les règles de l'amitié # sangtabou - Lily Williams & Karen Schneemann (ill.)

26 Septembre 2021, 13:26pm

Publié par Laure

Quand la nouvelle élève a ses règles de manière impromptue pour la première fois, les autres se moquent. Mais des camarades vont la dépanner et en profiter pour mener leur cheval de bataille : à quoi ça sert qu'il y ait des distributeurs de serviettes et de tampons dans les toilettes si personne ne les approvisionne et qu'en plus il faut payer ! Les règles sont naturelles et on ne devrait pas en faire un tabou ! Mais il y a encore du chemin à faire !
Amitié, sorties, fêtes, la BD tout entière dans les tons de rouge (sans surprise !) aborde aussi de manière un peu plus confuse l'endométriose (et l'absentéisme qui en découle ainsi que le manque de connaissances à ce sujet). De même dans un esprit documentaire l'auteure rappelle aussi qu'il n'y a pas que les femmes qui ont leurs règles, mais aussi les hommes transgenres et des personnes non binaires.
Une BD engagée, idéale à offrir à une jeune adolescente bientôt (ou déjà) concernée par le sujet.

 

 

Jungle, août 2020, 329 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-8222-3150-3

 

 

Crédit photo couverture : éditions Jungle et Karen Schneemann

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Mari Moto seule contre l'ouragan - Dorothée de Monfreid

22 Septembre 2021, 08:31am

Publié par Laure

 

Ce roman hybride de Dorothée de Monfreid mêle agréablement roman et bande dessinée, encarts manuscrits ou dessinés, la mise en page est habile dans son rapport texte / BD.

C'est vif, enjoué, l'histoire est entrainante (on n'y cherchera pas trop la crédibilité hein) et c'est un vrai bon moment d'aventure. Foncez !

 


Parfait pour les 8-11 ans.

 

 

Seuil jeunesse, avril 2021, 89 pages, prix : 11 €, ISBN : 979-10-235-1475-9

 

 

Crédit photo couverture : Dorothée de Monfreid et éd. du Seuil

 

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La maison de Bretagne - Marie Sizun

19 Septembre 2021, 17:33pm

Publié par Laure

Claire se résout à prendre une semaine de congés pour régler la vente de la maison de Bretagne, héritée de sa mère et dont sa sœur n’a pas voulu, elle en est seule gestionnaire. Tous les étés elle la loue par l’intermédiaire d’une agence immobilière mais faute de travaux de rénovation, les vacanciers se font rares.

En arrivant quelle n’est pas sa surprise de trouver… un mort sur le canapé ! L’enquête sera secondaire et vite menée (ce n’est pas le point essentiel du roman ni le plus crédible), mais permettra à Claire de remettre de l’ordre dans ses souvenirs et les liens qui l’ont unie à son père trop tôt disparu, à sa mère, à sa sœur avec qui elle a perdu le contact. Les odeurs, les couleurs de l’océan et du ciel breton prennent une large place, plongeant le lecteur dans l’atmosphère douce et apaisée des émotions et des souvenirs de Claire. Quelques personnages secondaires concourent à reconstruire l’histoire de leur mère et à donner envie à Claire de poursuivre son chemin en Finistère.

On retrouve le thème de la famille cher à Marie Sizun, et une atmosphère empreinte de calme et de douceur, c’est un roman simple qui fait un bien fou.

 

Arléa, coll. 1er/mille, février 2021, 256 pages, prix : 20€, ISBN : 978-2-3630-8242-8

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Arléa

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