Les grand-mères - Doris Lessing
Une petite ville en bord de mer, le soleil, une vie aisée. C’est un tableau idyllique pour cette entrée de scène : deux grand-mères accompagnées de leur fils respectif et de leurs petites-filles, idem, 6 personnages en quête de drame. Car cette nouvelle de Doris Lessing, écrite à 86 ans, se veut choquante et dérangeante, sans tabous. Soit. En effet, Lil et Roz sont deux amies d’enfance que rien ni personne ne séparera jamais : elles ont vécu comme deux sœurs jumelles à quelque mètres l’une de l’autre, faisant souvent jaser le voisinage sur une supposée homosexualité dont elles doutent elles-mêmes. Mariées au même âge, elles sont devenues mères en même temps : Lil a donné naissance à Ian, et Roz à Tom. Les garçons seront élevés ensemble, quasi comme des frères. Les maris ne feront pas long feu : le père de Ian est mort et le père de Tom est parti vivre ailleurs et s’est remarié. Une preuve de plus de la relation fusionnelle des deux femmes. Les deux garçons grandissant, à 16-17 ans, ils sont beaux à croquer, et les mères n’y résisteront pas : Ian deviendra l’amant de Roz et Tom celui de Lil. Un chassé-croisé amoureux symboliquement incestueux. A 30 ans tout de même, poussé un tant soit peu par un brin de convention, tous deux se marient (sans grand enthousiasme!) avec une jeune femme de leur âge : Tom avec Mary, et Ian avec Hannah. Les deux couples auront chacun une petite fille, mais jamais les deux hommes n’arriveront à oublier leur passion sulfureuse pour les grand-mères.
Bon, voilà pour l’histoire ! Je ne suis pas du genre à être choquée par un sujet, ce n’est donc pas la raison pour laquelle je n’ai pas du tout aimé ce livre. (Même si j’admets volontiers que le sujet est amoral et jamais condamné, donc choquant). Non ce qui m’a agacée dans ce livre, c’est son omniprésente superficialité : tout est survolé très vite, l’auteur suit sa ligne comme elle l’entend, sans jamais s’encombrer de détails, ni surtout, sans jamais développer une quelconque psychologie aux personnages. Tout apparaît donc comme trop facile, vide et creux, manquant au final totalement de crédibilité. De la provoc pour la provoc, en gros. Car si l’histoire aurait pu être intéressante, elle aurait dû logiquement s’encombrer de doutes et de difficultés, de réflexion et de souffrances, qui sont totalement absents du récit. C’est un croisement amoureux purement mathématique, sans aucun brin d’émotion. Superficiel, et qui sonne totalement faux.
L'avis d'Evene : ici
Un article du quotidien suisse le Courrier : là
Flammarion, août 2005, 127 pages, ISBN 2080686569, prix : 14 €
Ma note : 1,5/5
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Le tome 1, devine qui n’a pas fait de sieste ? date de 1995. Un jeune couple voit sa vie quelque peu chamboulée avec l’arrivée du premier bébé : Daniel et Wanda sont bien forcés d’admettre que la vie d’avant Juliette, c’est bien fini. Daniel participe au changement de couches (trop sans doute à son goût) et Wanda désespère de ne plus vivre qu’à travers son bébé. Quant à leur vie sociale, c’est ras la moquette.
Grand saut en avant, j’ai enchaîné avec le tome 12, eh oui, je prends ce que je trouve à la bibliothèque. Celui-ci date de 1997, 2003 pour la traduction française. Je n’ai pas écrit de commentaire sur le moment, voilà bien 15 jours que je l’ai lu, et je suis incapable de vous dire de quoi ça cause ! Daniel et Wanda ont eu un deuxième enfant : Gasp est né ! Au passage je relève que l’aînée s’appelle Justine et que dans mon blabla sur le tome 1, je l’avais appelée Juliette. Donc pour l’histoire, c’est toujours la vie de famille avec la marmaille en bas-âge, c’est bien vu, c’est parfois drôle, mais faut croire que ce n’est pas inoubliable, la preuve (ou j’ai une cervelle de moineau, au choix).
Retour en arrière avec le tome 5 (je les lis dans l’ordre que je veux d’abord!) Justine, le bébé de Daniel et Wanda, grandit et commence à marcher, sans cesser pour autant de toucher à tout, de tout renverser, en particulier le contenu de son assiette !
Tome 14 : chaud devant !
Tome 16 : chut, Papa dort !
Je gardais un bon souvenir du 





Ce que je crois, c’est que les Américains seuls savent encore nous raconter des histoires, nous prendre par la main et nous mener où ils veulent. Je simplifie, bien sûr, mais je pense là à Irving, Roth, Auster, et Nicole Krauss fait partie de ceux-là.
Retour au travail ce matin, et j’en profite pour rendre ces livres empruntés depuis trop longtemps et que je n’arrive pas à lire. Le club Jane Austen : 6 amis (5 femmes et 1 homme) se réunissent régulièrement en club de lecture pour discuter des romans de Jane Austen. Jane Austen me paraît prétexte, car il est surtout question des caractères des protagonistes du club, disséqués dans un ennui tel que… bon, mon billet de concert de Jeanne Cherhal qui me servait de marque-page est resté bloqué à la page 72. Quand j’ai compris qu’il ne se passerait décidément rien dans ce roman, j’ai préféré passer à autre chose. Et j’ai trouvé pénible les (quelques) bavardages sur Jane Austen, alors que je n’ai pas lu ses romans. Beaucoup disent que cela n’alourdit pas la lecture, pour moi, ce fut la petite goutte de trop. Ce livre n’est pas pour moi, ou pas le bon moment, bon, ça arrive ! [et oui, je fais dans le radical ce matin !]


