Les jardins d'Hélène

La première marche - Isabelle Minière

3 Avril 2007, 08:39am

Publié par Laure

Un nouveau roman d’Isabelle Minière est toujours une tentation quand comme moi on a beaucoup aimé ses deux précédents romans, cette nuit-là et un couple ordinaire . La première marche, c’est l’histoire d’une petite fille à l’enfance bafouée. Mal aimée, sa mère est violente et désagréable avec elle, et lui préfère ouvertement son petit frère. Quelles souffrances ou quelles difficultés cache donc la mère pour se comporter ainsi ? Et le père ? aimant mais distant, toujours occupé, toujours trop de travail. Alors la petite se réfugie dans ses pensées, sur la première marche d’escalier. Parfois un espoir quand une femme médecin écoute ses cauchemars, mais la mère à nouveau balaie cela d’une phrase assassine, quand ce n’est pas d’un « aller-retour », cette paire de gifles qui fait l’aller-retour, joue gauche, joue droite. On s’enlise un peu dans l’histoire, qui tourne en rond, se répète, n’a pas la force des récits sur le même thème (voir Mal à ma mère, de Clara Vidal ). Enfin, la chute, si vraie, le refuge que trouvera la petite fille pour consoler son enfance à jamais perdue : la lecture. Plus rien ni personne ne pourra l’atteindre, « elle a son billet, valable à vie, pour voyager dans d’autres vies. »

Voir aussi l'avis de Clarabel.

Le dilettante, mars 2007, 186 pages, prix : 15 €

Ma note : 3/5

 

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La tête de maman, un film de Carine Tardieu (2007)

2 Avril 2007, 17:31pm

Publié par Laure

Avec Karin Viard, Chloé Coulloud, Kad Merad

Le synopsis d’Allociné : 

« Y'a 20 ans de ça, quelques années avant ma naissance, Maman a aimé un gars.

 Y'a 20 ans de ça, ils ont été séparés et ce con-là, quand il est parti, il a emporté avec lui le sourire de ma mère. 

Faut que je le retrouve, faut qu'il le lui rende. Sinon, moi, je meurs. 

 

Lulu, 15 ans. »

 

 J’aime beaucoup Karin Viard, c’est ce qui m’a motivée pour aller voir ce film. Elle y a un rôle difficile, qui on peut le dire, l’enlaidit pas mal. Elle est une mère éteinte, malade, hypocondriaque, et surtout, très dépressive. Elle passe des heures assise sur un banc dans le jardin, les yeux dans le vague. Sa fille Lulu n’en peut plus. Lorsque Lucile découvre une photo de sa mère souriante, puis un film avec un amoureux 20 ans auparavant, elle veut comprendre, dénouer l’histoire de sa mère, pour espérer, enfin, la faire sourire à nouveau.

C’est un film troublant sur bien des plans (le mari qui s’efface pour laisser l’ex amant redonner le goût de vivre à sa femme, l’adolescente qui « répare » sa mère, est-ce bien son rôle à cet âge où elle-même se construit ? Et puis la maladie bien réelle, qui rend possible sans doute ce temps retrouvé, sinon comment l’accepter ? Une fin très joliment filmée, dans la lumière blanche… Quelques maladresses de-ci de-là, j’ai trouvé longuettes certaines scènes, mais un grand bravo aux acteurs, à la jeune Chloé Coulloud, et à Karin Viard qui vraiment peut tout jouer avec talent. Je suis moins fan de Kad Merad et ne lui trouve pas de prestance particulière dans ce rôle, mais l’ensemble est une bonne comédie dramatique, tantôt grave et audacieuse, tantôt un peu « clichés », à voir… 

 

Le site du film : http://www.latetedemaman-lefilm.com/

Ma note : 4/5  

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Ce lapin appartient à Emily Brown - Cressida Cowell et Neal Layton

2 Avril 2007, 11:59am

Publié par Laure

Voici un album qui a beaucoup plu à Mosquito et qui pour ma part ne m’a que moyennement séduite. C’est l’histoire d’une petite fille, Emily, et de son lapin Stanley, qui est son doudou chéri. Ils vivent ensemble plein d’aventures fantastiques, ils partent dans l’espace à la recherche d’extraterrestres, ils visitent la forêt amazonienne, bref ils sont inséparables.

Mais la reine Gloriana souhaite acquérir ce lapin qu’elle nomme « Lapinoudoudou » pour combler son trop grand ennui, et offre en échange à Emily toutes sortes de jouets. Mais Emily ne cède pas : Stanley n’est pas à vendre ! La reine insiste, surenchérissant sans cesse sur la quantité de cadeaux. Rien n’y fait. Stanley n’est pas à vendre ! Jusqu’au jour où les émissaires de la reine volent Lapinoudoudou… Emily se rendra au palais et apprendra à la reine comment faire d’un nounours quelconque SON doudou chéri.

Si vous cherchez un album sur les doudous, celui-ci est tout trouvé ! (dès 5 ans). L’illustration est riche de couleurs, de dessins, de coloriages, de collages, de photos retravaillées, bref une grande variation dans l’image, qui pourtant ne m’a pas vraiment séduite. Le texte est assez long, d’où l’importance de ne pas le lire à un enfant trop jeune… Pas un coup de cœur pour moi, mais Mosquito a adoré, et comme elle est le « public cible » de ce  « produit », laissons-lui le dernier mot !

Duculot, février 2007, prix : 13,95 €

Ma note : 3/5

 

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L'élégance des veuves - Alice Ferney

2 Avril 2007, 11:29am

Publié par Laure

On oublie trop vite aujourd’hui ce que fut le sort des femmes au début du XX ème siècle, et avant bien sûr. Dans l’élégance des veuves, Alice Ferney retrace cet accomplissement féminin si bien rythmé par le mariage, les maternités, le veuvage quand l’époux périt au front, le chagrin et la douleur quand les fils meurent à la guerre ou les filles de maladies. Autres temps… mais quel élégant roman ! On retrouve là tout le talent d’Alice Ferney pour nous raconter la vie de Valentine, de sa belle-fille Mathilde et de ses trop nombreux enfants, les bonheurs familiaux et les drames qui endeuillent, un avenir tout tracé dans lequel la femme n’a aucun choix. Une écriture précise et riche, finement ciselée, où chaque mot est le bon, une écriture classique mais ô combien plaisante à lire.

Cet extrait p. 14 : « En une année, celle de ses vingt ans, elle fut fiancée officiellement, mariée religieusement, installée bourgeoisement, ardemment fécondée et douloureusement accouchée : la vie de Valentine commençait à être ce qu’elle se devait d’être. »

Babel / Actes-Sud, août 1997, 125 pages

Ma note : 4/5

 

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Ensemble c'est tout, un film de Claude Berri (2007)

1 Avril 2007, 11:53am

Publié par Laure

Avec Audrey Tautou (Camille), Guillaume Canet (Franck), Laurent Stocker (Philibert) et Françoise Bertin (Paulette).

Alors que d'autres films me tentaient, je suis allée voir hier soir l'adapatation du roman de Gavalda. Pour le bon souvenir du gros pavé refermé à regret, et parce que j'avais envie d'un film doudou, les enfants partis pour 8 jours et moi seule à présent dans la grande maison vide. (bon, on arrête le pathos). Mais c'est ce qui a motivé mon choix.

Et bien, oui. ça se regarde mais ça ne m'a pas transportée. Je n'ai pas retrouvé le plaisir du roman, c'est un minimum syndical un peu poussif, la magie n'y est pas. Et puis surtout j'ai trouvé ce film très sombre, trop sombre, du point de vue de l'éclairage, de la lumière, j'espérais de l'éclat et du lumineux, de la clarté et du bonheur, et il fait quasiment tout le temps noir dans leur vieil appart un peu pourrave. Bref, moyen.

Ma note : 3/5

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Quelques jours avec un menteur - Etienne Davodeau

1 Avril 2007, 04:22am

Publié par Laure

5 copains trentenaires laissent femmes et enfants pour passer ensemble une semaine de vacances au grand air, loin du boulot, du stress et des soucis. Blagues, souvenirs d’enfance, jeu de dames pour savoir qui dort sur le canapé chaque soir (il n’y a que 4 lits pour 5), footing, ravitaillement courses, soirées bars, bref une semaine paisible rythmée par les appels des épouses, les convictions politiques des uns et des autres et les rêves d’accomplissement qui reviennent sur le tapis. Mais pendant cette semaine bucolique, de curieuses explosions de peinture blanche ont lieu un peu partout, et l’un des 5 compères a des « pressentiments » sur ces événements, qu’il est capable de localiser à l’avance…

Une BD en noir et blanc sympathique, moins engagée que ses mauvaises gens, qui se laisse lire, sans pour autant m’enthousiasmer tant que cela. De la franche camaraderie à offrir à un trentenaire homme qui rêve de partir en vacances avec ses potes ?

voir aussi la très belle critique de Lo qui m'avait donné envie.

 

Delcourt, août 1997, 175 pages, prix : 12,90 €

Ma note : 3/5

 

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Je m'attache très facilement - Hervé Le Tellier

31 Mars 2007, 13:33pm

Publié par Laure

Au croisement de la A32 et de la S70, dans la lande verdoyante écossaise, c’est la fin de l’histoire. La fin de l’amour au grand jour, si tant est qu’il ait jamais existé.

Un homme de 50 ans (« notre héros » dans le texte) quitte Paris pour 3 jours en Ecosse, où il rejoint sa jeune maîtresse (30 ans, « notre héroïne »), il sait pourtant que sa venue n’est pas désirée, mais il s’y rend quand même. Il passe son temps sur les routes, dans sa Nissan Almera de location, à discuter avec la demoiselle dont le vélo ne rentre pas dans le coffre ! Un tout petit récit (100 pages à peine) léger et original sur l’amour non partagé, qui se joue avec dérision de la déconfiture amoureuse. Un narrateur extérieur interpelle sans cesse le lecteur, chaque chapitre est résumé en 2 lignes au début des pages en question, bref, on a l’impression que l’auteur s’amuse beaucoup, ce qui donne au lecteur une lecture plaisante, rapide et enjouée.

Pourtant sur ce sujet j’aurais aimé plus de profondeur, plus de détails et d’analyses, je reste un peu sur ma faim.

Extrait p.64 : « Notre héros veut partir, désormais. Son désir pour elle est intact, sa tendresse aussi, il veut rentrer avant de se sentir boueux. Il ne veut pas lutter. Il n’a ni l’envie d’être tyrannique, ni l’énergie d’être colérique. S’il a appris une chose, une seule, c’est que les sentiments, la tendresse, le désir doivent aller ou se défaire d’eux-mêmes. Et aussi que l’amour – donnons-lui ce nom par convention – que l’amour, donc, n’est pas un caillou au bord de la route, immobile, venu de nulle part et né de rien. L’amour disparaît, revient, il change, il bouge, il tombe et se redresse alors qu’on le croit mort. 

Mais pour l’heure, il lui faut partir. 

Il veut l’aider, elle, à se débarrasser de lui. Et il veut faire vite. » 

 Lire ici l’avis très proche de Clarabel.

Merci à C. pour le prêt de ce livre !

Mille et une nuits, janvier 2007, 103 pages, prix : 10 €

Ma note : 3/5

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Je ne sais pas quoi lire ! Marie-Aude Murail

31 Mars 2007, 09:51am

Publié par Laure

Ne pas savoir quoi lire, voilà qui ne devrait jamais m’arriver ! Mais j’étais curieuse de ces conseils de lecture destinés aux collégiens, ou même aux plus jeunes, dès le CM je dirais. Et puis Marie-Aude Murail est quand même une sacrée pointure en littérature jeunesse !

Alors comme l’indique le sous-titre, elle propose 220 livres d’humour, d’amour et d’horreur pour vous aider à choisir. Le postulat est que vous êtes jeune, que vous aimez lire, mais que vous êtes un peu perdu face à l’offre gigantesque des bibliothèques ! M-A. Murail parle davantage des bibliothèques que des librairies tout simplement parce que les jeunes n’ont pas forcément les moyens (ni leurs parents l’envie) d’acheter beaucoup de livres.

Elle propose donc trois grands chapitres : l’humour, l’horreur, et l’amour, avec plein d’exemples qui donnent envie. Je me suis noté des titres pour moi avec gourmandise ! Les références sont classiques : Jody Blume, Susie Morgenstern, toujours de qualité et jamais niaises, l’auteur n’hésite pas à conseiller des titres que l’on pourrait croire pour les adultes (Woody Allen, Desproges, Coluche), mais donne aussi un niveau de lecture (très facile, facile, ou difficile). Elle cite très peu ses propres ouvrages, je crois que je n’en n’ai vu qu’un, pourtant, elle fait référence elle aussi ! Dans le chapitre amour, tous les sujets (y compris graves, anorexie, suicide) sont abordés.

Et j’aime beaucoup la fin, où elle donne toute sa liberté au lecteur, en particulier sur l’âge indiqué sur les livres : « Quant à l’âge supposé du lecteur (« à partir de 10 ans »), c’est une indication pour la dame qui veut offrir un livre à sa nièce de onze ans et qui ne connaît ni les livres ni sa nièce. Vous pouvez lire au-dessus et au-dessous de votre âge. Un livre n’est pas un vêtement. »

 

Mon seul bémol : le livre commence à dater un peu (1998), presque 10 ans, et donc forcément, les références aussi. Si elles sont toujours pertinentes, il en manque sans aucun doute de nouvelles qui seraient les bienvenues. J’ignore s’il existe une réédition mise à jour ?

 

C’est donc un livre qu’on peut offrir à un jeune dès 10 ans, ou qu’on peut s’offrir en tant que parent pour offrir ensuite des livres à ses enfants !

De la Martinière Jeunesse, coll. Oxygène, avril 1998, 105 pages, 11 €.

Ma note : 4/5

 

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La chambre - Philippe Bonilo

30 Mars 2007, 11:38am

Publié par Laure

Ce petit texte très court (66 pages à peine et beaucoup d’aération) ne se donne pas facilement. Il demande concentration et attention, malgré la simplicité du langage. Dialogue entre une jeune femme et un homme plus âgé (sans que l’on ait pour autant davantage de détails), ils échangent sur leur amour, avec parfois des considérations charnelles. D’ordinaire j’aime beaucoup ce que publie Arléa, c’est d’ailleurs pour cela que j’avais repéré ce petit bouquin dans leurs nouveautés, avec en plus une très jolie couverture : deux bonnes raisons de m’attirer. Hélas je suis restée complètement hermétique au propos de l’auteur, au discours entre les deux personnages (pas compris où ils voulaient en venir), désolée de le dire ainsi, mais cela m’a semblé un bavardage stérile.

 

Merci à C. pour le prêt de ce livre !

 

Arléa, mars 2007, 66 pages, 9 €

1,5/5

 

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Eloge de la cellulite et autres disgrâces - Dominique Dyens

29 Mars 2007, 16:00pm

Publié par Laure

J’ai beaucoup aimé  les précédents romans de Dominique Dyens, la femme éclaboussée  et Maud à jamais  (je n’ai pas lu une maison bleue), mais en empruntant celui-ci, je n’ai pas fait attention qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles et non d’un roman. Pourtant c’est écrit en sous-titre : nouvelles caustiques ! Et pour être caustiques, ça oui, elles le sont ! Pour mon plus grand régal d’ailleurs : j’ai adoré la plupart des textes ! (il y en a 7 en tout).

La première nouvelle, Eloge de la cellulite, nous plonge tout droit dans un futur pas si invraisemblable : celui de la chirurgie esthétique devenu le seul credo des femmes, on se croirait vraiment dans la série nip/tuck. Mais voilà, les hommes en ont marre, les petites rondeurs, le moelleux et l’authenticité, ça leur manque sacrément ! Dans la seconde, La ménagère de moins de cinquante ans, on est en avril 2007 (tiens, tiens), une femme, Henriette Laverge, est élue présidente de la République (tiens, tiens) et fait ouvrir des MCFR : maisons closes pour femmes respectables, où elles pourront consommer librement du mâle . Grand succès, mais qui ne plaît pas à tout le monde. Les deux nouvelles suivantes sont mes préférées. Dans Noces de verre, un couple est invité aux dix ans de mariage de leurs amis, Bettina et François. Tout est délicieusement égratigné, ce petit monde du chic et des fringues où l’apparence est reine, la copine envieuse et jalouse, mais la fête et surtout le cadeau du mari se transforment en véritable bombe à retardement : c’est jubilatoire ! Puis dans la soumission de Marie, une femme finit par accepter de coucher pour que son mari puisse obtenir un contrat, et ainsi de suite. Un régal de faux-semblants, de bourgeoisie chic qui vole en éclats, de couples qui s’ennuient (va voir chez les autres)… Bref, ce livre ne m’avait pas attirée pour une bête histoire de couverture que je trouvais moche et de titre pas terrible, et il m’a très agréablement surprise. Un vrai plaisir de lecture !

Toutefois, si vous croyez au couple à la vie à la mort je t’aimerai toujours, passez votre chemin.

Ed. Héloïse d’Ormesson, fév. 2006, 171 pages, prix : 16 €

Ma note : 4,5/5

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