Les jardins d'Hélène

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Poil au nez - Cécile Chartre

20 Mars 2010, 17:39pm

Publié par Laure

poil-au-nez-copie-1.jpgAngel a 16 ans et vit seul avec sa mère, et curieusement il n’apprécie pas trop de se faire réveiller ce matin du 31 décembre 2009 par sa bande de potes qui entend bien passer la journée et le réveillon avec lui, tous ensemble. Angel, encore en pyjama, un vieux truc moche à rayures (mais qui a une histoire), va accepter de sortir comme ça dans les rues pour délirer un peu avec les copains. Pourtant, le cœur n’y est pas, car Angel ce jour-là a un rendez-vous important, un rendez-vous mystérieux qu’il attend depuis dix ans : une boîte blanche à ouvrir le 1er janvier 2010 à zéro heure zéro minute précisément.

Au fil du texte et de cette journée du 31 décembre 2009, on remonte avec Alex dix ans en arrière, le 31 décembre 1999, jour de la mort de son père. Ce père adoré, à l’humour imbattable, son père et sa sacrée moustache, fièrement portée aussi par Angel aujourd’hui. Dans son récit, Angel s’adresse à son père et le lecteur chemine avec lui, ému, du bonheur familial au drame de la disparition, au chagrin et à la douleur de l’absence, jusqu’à la reconstruction. C’est émouvant, touchant, parce que chaque phrase est bien choisie et juste. Et c’est très fort aussi, parce que malgré tout c’est drôle, enjoué, vivant.

Encore une belle pépite de littérature jeunesse comme je les aime !

 

J’avais déjà beaucoup aimé Joyeux ornithorynque, son précédent (et premier je crois) roman, je n’avais pas fait de billet (parce que parfois aussi je suis très fainéante), je vous renvoie à celui de Clarabel !

 

Cécile Chartre est née à Pau en 1971, et elle travaille comme bibliothécaire jeunesse à Jurançon, dans les Pyrénées-Atlantiques.

 

Un coup de cœur pour Marie, pour Gaëlle, pour Mel de la soupe de l’espace et l’avis de Clarabel, …

 

Rouergue, coll. DoAdo, janvier 2010, 90 pages, prix : 6,50 €

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Crédit photo couverture : © Frank Secka et éd. du Rouergue.

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Point de côté - Anne Percin

9 Mars 2010, 17:50pm

Publié par Laure

point de coteFormidable Anne Percin, elle sera vraiment ma découverte de l’année 2010 ! Son bonheur fantôme m’avait ravie, l’âge d’ange m’avait tourneboulée tout autant, et j’ai eu envie de retrouver Pierre, le héros de Bonheur fantôme, dix ans plus tôt, quand il avait 17 ans, en classe de Terminale à Strasbourg.
Point de côté a été publié en 2006 dans la collection jeunesse de Thierry Magnier, mais si l’on se réfère au temps de la narration, on est juillet 1999, Pierre a 17 ans, et va nous donner à lire ses trois cahiers, journaux intimes d’une année scolaire. Pierre est déprimé, mal dans sa peau, ne se remet pas de l’accident qui a vu mourir son jumeau Eric, 7 ans plus tôt. Alors c’est simple, lui aussi il va partir, en hommage, le 1er août 2002. Suicide programmé. D’ici là…écrire. « Pour mon père, nous sommes une famille bien tranquille. Mon frère est mort, ma tante est morte, ma mère se finit au Temesta et moi je me rate au Lexomil mais, à part ça, tout baigne. » (p. 62)

Ce premier cahier de Pierre est troublant, tant il aurait pu être écrit par Blondel, d’autant plus flagrant quand on sort juste de la lecture de Blog : similitude des thèmes, de l’écriture (celle de Blondel est à peine plus orale peut-être), c’est à croire que Percin et lui ont été frère et sœur de plume dans une autre vie. Ou dans celle-ci.

Point de côté est un roman violent, dur, touchant, émouvant, sensible, effrayant, troublant, mais c’est aussi une très belle histoire d’amour, une renaissance. Si vous avez lu Bonheur fantôme, je vous en supplie, lisez aussi celui-ci. Ou faites l’inverse, commencez par celui-ci. Non ce n’est pas une histoire où les petits oiseaux font cui-cui et le soleil brille, c’est une histoire où il pleut souvent et qui fera peur aux bien-pensants, pensez-donc : la mort d’un enfant, la dépression, la maladie, le suicide chez les adolescents, l’homosexualité, … mais je vous rassure, c’est une histoire positive au final et qui saura toucher les adolescents, et ceux qui  ne le sont plus.

Et puis toutes ces scènes dans les rues de Strasbourg, le Strasbourg de mon adolescence, celui habité pendant vingt ans, toutes ces rues ces places ces quartiers et cette cathédrale que je visualise encore, forcément qu’il était aussi fait pour moi ce roman !

 

En page liminaire on nous dit aussi que Point de côté est le premier roman publié d’Anne Percin, un texte démarré à 18 ans et réécrit 3 fois en 15 ans… ben moi je dis que ça valait vraiment le coup de persévérer (et cette même page nous dit aussi qu’elle en a plein d’autres, écrits ou à écrire )

 

Thierry Magnier, octobre 2006, 159 pages, prix : 8 €

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Crédit photo couverture : © Claude Cachin et éd. Thierry Magnier

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Blog - Jean-Philippe Blondel

3 Mars 2010, 07:04am

Publié par Laure

Lors de la rencontre à la bibliothèque et avec les collégiens du département le mois dernier, Jean-Philippe Blondel avait aiguisé notre curiosité en nous parlant brièvement de son nouveau roman pour ados : Blog, chez Actes Sud Junior.

blog jpbUn adolescent de seize ans raconte à la première personne combien il s'est senti trahi et anéanti quand il a découvert que son père lisait son blog sur Internet, SON BLOG, son espace de liberté, son espace privé auquel d'autres peuvent accéder, mais son père ?! C'est de l'espionnage, un viol intime et intellectuel ! [Je ne suis pas d'accord avec le terme de viol virtuel utilisé dans le roman et sur la 4ème de couv', certes ce n'est pas un viol au sens physique habituel du terme, mais la souffrance du jeune homme est toute réelle, elle !] En colère, il décide de ne plus adresser la parole à son père, malgré les excuses de ce dernier. La vie devient pénible à la maison dans ce silence pesant, entre la petite sœur Nina qui est une vraie peste (m'a beaucoup amusée, ce personnage !) et la mère qui essaie d'arrondir les angles comme le font toutes les mères du monde. Pour se racheter, son père, va lui offrir un carton contenant un vrai trésor, une boîte de Pandore que vous ne pouvez plus refermer une fois ouverte : ses journaux intimes d'adolescent, à l'ère de l'encre et du papier, sa vie et ses souvenirs tout droit sortis des années 80. D'abord réticent, notre ado (on ne sait pas son prénom, il n'est jamais nommé) va se plonger dans la vie passée de son père et y découvrir bien des choses qu'il ne soupçonnait pas, dont un terrible accident que son père a toujours tu pour le protéger...

 

J'ai énormément aimé ce roman, car on y retrouve tout l'univers de Blondel, dans une construction habile et intéressante sans qu'elle soit pour autant artificielle : l'histoire du blog, même si elle permet une approche très juste de l'adolescence et du rapport des jeunes à Internet et de la vraie vie d'aujourd'hui, n'est finalement qu'un prétexte, pour offrir un très beau roman sur la fragilité : fragilité des êtres, fragilité de la vie, fragilité des relations.... Profite d'aujourd'hui, tu ne sais pas ce que sera demain, et tout peut s'arrêter tout à l'heure.

Roman sensible et juste, ancré dans une réalité passée et présente par un aller-retour constant entre le passé de Philippe, le père (ah, ces années 80 ! rien à voir mais Enola Gay d'OMD entendu au même moment m'a trotté dans la tête pendant une bonne partie de ma lecture) et le présent du fils, roman profondément humain sur la transmission, le rapport père-fils, la force vitale et la puissance de l'amitié, la naissance de l'amour (le rôle d'Anne-So évolue tout au long du roman), le passage à l'âge adulte....
De même réapparaissent des thèmes forts déjà entrevus dans ses précédents livres : la perte d'un frère, la famille, la construction de soi, l'écriture. Par le biais du journal intime / et du blog, l'auteur aborde le rôle que peut jouer l'écriture de l'intime (puis l'écriture tout court) dans une vie : pourquoi on écrit, à quoi ça sert, qu'en fait-on...

p.62 : « Quand j'ai arrêté d'écrire, je me suis dit que la fiction, c'était peut-être ma façon de réduire la souffrance. De la maîtriser. Et surtout, de n'être jamais seul. »

 

Comme souvent en littérature, il faut traverser des moments douloureux pour apercevoir à nouveau l'espoir et la joie de vivre : c'est tout le cheminement de ce petit roman ado qui s'achève sur une note positive et heureuse !

 

(dès 13 ans)

 

Et parce que Blondel œuvre en un fin observateur discret des blogs, je vous livre ce paragraphe à méditer :

p. 31 : « Je ne me mets pas en valeur. J'ai vu, en lisant d'autres blogs, que c'était un vrai risque. Le blog, ça te donne l'impression d'exister et d'être puissant, et de là à te prendre le melon, il n'y a qu'un pas – surtout quand ceux qui lâchent des coms ne font que te brosser dans le sens du poil. Moi, j 'ai opté pour l'angle inférieur – pour l'autodérision. Certains me font remarquer qu'en fait, c'est encore plus tordu. Que c'est de la fausse humilité pour se faire cajoler et vous savez quoi ? - je crois qu'ils n'ont pas tort. A chacun sa technique. La mienne, c'est de me déprécier constamment jusqu'à piquer la curiosité des lecteurs, pour qu'ils soient tentés de vérifier mes affirmations. »

(I totally agree)

 

 

Actes Sud junior, mars 2010, 114 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Plainpicture / Jens Rufenach et Actes Sud junior

 

Ma lecture, version off...

Je devance les médisants ? Ce n'est pas parce que Blondel est venu parler de ses livres le mois dernier que tout à coup je vais idolâtrer son œuvre. C'est un hasard d'enchaînement, j'ai aimé le baby sitter et j'ai aimé blog pour leur translation d'une réalité quotidienne et les résonances qu'ils ont eu en moi. Peut-être que je n'aimerai pas son prochain roman ! Tout comme je ne me sens toujours pas de défendre ou conseiller A contretemps, par exemple...

Peut-être que blog m'a touchée parce que j'ai été ado pendant les années 80 (un tout petit peu plus tard que l'auteur, moi c'était plutôt 1985-1989) et que j'ai aujourd'hui un fils de seize ans, en classe de seconde, pour qui MSN et Facebook sont une respiration secondaire comme pour le personnage du livre !

D'ailleurs, devant interrompre ma lecture pour aller préparer à manger (la tribu commençait à trouver qu'un dimanche à 13h maman quand est-ce qu'on maaaange ?!), je suis allée frapper à sa porte : « Si je te dis S+KOH, ça te fait penser à quoi ? » - « C'est une base : soufre et potassium dans une base de... », (m'épatera toujours ce garçon !) - « Je te donne le sous-titre : p. 39 : Souffre et Potasse – journal lycéen des établissements de la ville de T., c'est génial non ? (je ris toujours !) Bon, apparemment ça ne fait rire que moi, fiston replongeant illico dans son forum de guitaristes, génération internet je vous disais.... !

 

Et pour l'écriture de l'intime évidemment ! Pour ceux qui me connaissent un peu sur le net, vous savez qu'entre 1999 et la création du blog (depuis aussi, mais nettement moins), j'ai suivi la naissance et accompagné ce qui était nouveau à l'époque : les journaux intimes online, au point même d'en théoriser via quelques articles dans des webzines éphémères, de me passionner pour les ouvrages documentaires de Philippe Lejeune et de tout ce que je pouvais trouver sur le sujet. Donc forcément, cela m'a passionnée aussi dans Blog !

p. 47 : « C'est pour ça sans doute que j'écris. Parce que tant qu'à faire, quand on ne peut partager l'intime avec personne mais qu'on ne se sent pas capable de garder des secrets, alors autant viser l'anonymat, tout le monde, personne, un « vous » général dans lequel on se noie. »

 

Et cette évolution du personnage : p.51 : « Je suis remonté aux premiers articles. C'est à tomber par terre de nullité. Ce sont les articles où je me sens encore obligé d'écrire « lol » ou « mdr » tous les trois mots, de souligner l'ironie avec des accents circonflexes (« quelle surprise ^^! », et de poster des photos de séries télévisées ou de mannequins. […] Plus les mois passent et plus mes articles s'enrichissent et moins j'utilise des kiffe et des mouhaha. Quand la phrase s'allonge, la peau se dévoile. En me cachant sous les mots, je mets en scène le plus impudique des strip-teases. »

(enfin quelqu'un qui me comprend, merci, que passé 16 ans les lol et les mdr en rafale, pfff)

 

 

Et la fragilité du temps qui passe : p. 71 « qu'après, il y aurait une vie à inventer, des ponts à construire, des territoires à explorer. Loin d'ici. Avec une sœur qui s'émancipe. Des parents qui vieillissent. Se rapetissent. T'invitent le dimanche midi et s'endorment dans le canapé. Ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. La fragilité de tout ça. »

 

Et sur le journal, pour finir, parce que j'ai vraiment ri, cliché quand tu les tiens ! :

p.76 (Anne-So à propos de son père sur les journaux intimes) : « - il pense que c'est pour les femmes ou les tapettes, tu vois le niveau. - Tu l'as prévenu que j'avais un blog, et que donc, je suis une tapette électronique ? »

 

 

Maintenant à vous de jouer, c'est en vente libre et ça ne nuit pas à la santé, ça peut (peut-être) juste entraîner un débordement lacrymal, mais qu'est-ce que c'est bon !


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Bleu de Rose - Marie Chartres

23 Février 2010, 09:55am

Publié par Laure

bleu de roseUn roman sensibilité à fleur de peau et piquants dans le ventre, que ce petit Bleu de Rose. Rose, 15 ans, est une fille un peu bizarre, qui surtout n’accepte pas l’injustice qui frappe sa famille : son frère Nathan, 17 ans, a des araignées qui tissent des toiles dans ses poumons, mucoviscidose, c’est inéluctable. La famille vit au rythme de ses crises et du sort qui se profile. Nathan voudrait connaître l’amour avant de partir, Rose l’entend mais qu’y peut-elle ?

Et Rose rencontre Zeus, un type étrange qui photographie les nageurs en train de plonger à la piscine, un type qui lui fait perdre tous ses moyens. Mais Zeus a une sœur de 17 ans, belle, libre, Iris, même âge que Nathan…

C’est un récit qui m’a souvent déstabilisée, contrariée, pas réussi à m’accrocher, tout en me donnant envie de connaître la suite quand même… pas clair : j’ai eu du mal avec l’écriture parfois saccadée, les histoires bizarres, les phrases « résumé » en gras, mais au final, ce rythme participe bien du personnage, dans sa colère, sa rage, son trouble, ses émotions. Il ressort de ce livre bien sûr une grande tristesse, beaucoup d’émotion, mais tout en subtilité, décalage, justesse. Une fin un peu trop rapide, qui dit l’essentiel tout en éludant beaucoup quand même, un roman qui laisse une trace parce qu’il ose aborder en littérature de jeunesse la maladie et la mort, tout en la liant à un autre espoir de vie dans l’amour et l’amitié. Un roman de passage (à l’âge adulte), d’apprentissage, sensible et fort, mais pour lequel je n’ai pas le même coup de cœur que Clarabel. 

  

p. 27 : "Je ne suis pas claire. C'est ce que maman me reproche. Elle dit : "Rose, tu es compliquée." Je suis tout emmêlée, je le sais bien. Dans mon corps, il y a des noeuds partout et je crois que les autres le voient, même ceux qui ne me connaissent pas. Je crois qu'ils ont peur de m'approcher. Ils n'ont peut-être pas envie de passer leur temps à me démêler. Le désordre, ça fait peur. On n'y touche pas, on a peur de ce qu'on peut trouver en dessous."

Le blog de l’auteur
 (peu fourni, dommage...)

 

(Et de grâce, si l’école des Loisirs est capable de très belles couvertures, elle est aussi capable du pire avec celle-ci, ne vous arrêtez pas à cette illustration, quelle horreur !)

 

Un livre qui peut s'inscrire dans le challenge "coups de coeur de la blogosphère" de Theoma

logo coup de coeur blogo theoma

L’Ecole des Loisirs, coll. Medium, 122 pages, prix : 8,50 €

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Crédit photo : © Sereg et l’Ecole des Loisirs

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L'âge d'ange - Anne Percin

22 Février 2010, 07:19am

Publié par Laure

age d'angeIl est des livres dont il est difficile de parler alors que pourtant on les a beaucoup aimés. L’âge d’ange fait partie de ceux-ci, qui vous marquent encore longtemps après, par le « choc » vécu à la lecture !

Il ne faut pas trop en dévoiler sur ce roman pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, ce serait altérer leur plaisir à venir. Le narrateur de l’histoire revient sur ce qui l’a profondément bouleversé pendant son adolescence, élève dans un lycée au Luxembourg. Passionné d’histoire grecque antique, il s’intéresse plus particulièrement à Tadeusz, un lycéen polonais, lorsqu’il réalise qu’ils ont la même passion pour ce même livre au CDI et l’empruntent à tour de rôle.

Le récit est habilement construit, car pendant plus de la moitié du livre, on ne sait pas si ce narrateur est un garçon ou une fille (on se fait son idée… et on se plante ! (ou pas, moi j’ai eu tout faux !), aucun adjectif ou participe passé ne permet de savoir…

p. 20 : « Quand je rêvais parmi les rayons, on m’aurait posé une colle si on m’avait demandé, à mon tour, de dire qui j’étais. Enfant ou vieillard ? Garçon ou fille ? Je ne savais pas. Longtemps, je n’ai pas su. J’étais un ange, peut-être. Un ange qui attend la chute. »

 

Et la chute sera violente. Ce n’est pas un livre joyeux, mais c’est un livre fort. Cette ambiguïté du départ permet des hypothèses, tout en confrontant ses héros à une réalité : l’attirance naissante, amour ou amitié, violence des émeutes de banlieue, confrontation des milieux sociaux, homophobie, et de façon plus large la construction de soi à l’adolescence, et peut-être des choix qui en résulteront plus tard. Avec un goût prononcé de tragédie (grecque), mais quel talent, cette Anne Percin ! 


A lire aussi : Bonheur fantôme, au Rouergue.

 

L’Ecole des Loisirs, coll. Medium, sept. 2008, 126 page, prix : 9,90 €

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Crédit photo couverture : © Franck Juery et éd. EDL.

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Hunger games - Suzanne Collins

20 Février 2010, 07:35am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Guillaume Fournier

 

hunger-games.jpgPrésentation de l’éditeur :

« Peeta et Katniss sont tirés au sort pour participer aux Jeux de la Faim. La règle est simple : 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras. Dans chaque district de Panem, une société reconstruite sur les ruines des États-Unis, deux adolescents sont choisis pour participer aux Jeux de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. Celui qui remporte l'épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les « élus » du district numéro douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé... Alors que les candidats tombent comme des mouches, que les alliances se font et se défont, Peeta déclare sa flamme pour Katniss à l antenne. […] »


Voici le nouveau best-seller ados/young adults qui fait sensation et frémir la blogosphère. (cf le challenge de Theoma : les coups de cœur de la blogosphère). Premier titre d’une trilogie qui semble stresser les lecteurs dans l’attente des tomes suivants, j’ai cédé à la curiosité en l’empruntant à la bibliothèque. Eh bien, je crois que je vais encore faire tache dans le décor… Oui ça se lit facilement, mais c’est tellement formaté que dès que les personnages et le début de l’intrigue sont mis en place, je peux vous dire la fin. Parce qu’en plus c’est une trilogie, alors forcément hein que les héros ils meurent pas ! Ah bon il va leur arriver plein de choses ? : la tension est distillée pile là où il faut mais ça colle tellement aux émissions de téléréalité que même là, on vous trace le fil rouge sans aucune surprise. Alors au bout d’un moment, ça fait un peu longuet (la première partie traîne en longueur et aurait mérité d’être allégée, tout comme les deux dernières, sur leur fin notamment). Bien sûr il y a quelques morts (c’est le but du jeu !) et un brin de fantastique dans un univers qui pourrait être crédible, mais ce n’est qu’une pale copie d’autres créations bien plus riches et audacieuses (je pense au  Combat d'hiver
de Mourlevat, dans son aspect combat et jeux du cirque dans l’arêne, mais lui va bien plus loin dans le sort dans de ses héros). D’autres lecteurs semblent également faire le parallèle avec un roman de Koushun Takami, Battle Royale, que je ne connais pas . Chrestomanci dans sa critique dit « La lecture de The Hunger Games ne m'a pas vraiment fait réagir, parce qu'il n'y a aucune surprise, les événements s'annoncent avant ». Oui, j’adhère totalement à ces propos. J’avoue avoir pour des obligations professionnelles lu d’autres livres en interrompant ces hunger games, et me suis demandée si j’avais vraiment envie de les reprendre. Je les ai abandonnés sans problème une ou deux semaines, ne les reprenant que pour vraiment vérifier que la fin était conforme à mon hypothèse des premières pages, et parce que ça m’endormait facilement (oui, parfois on lit pour de mauvaises raisons, qui sont tout aussi révélatrices du roman en question). Bon, je sens que je vais encore me faire incendier dans les commentaires, genre « mépris pour tous ceux qui ont adoré, condescendance, irrespect de l’auteur qui y a mis tout son cœur », etc. : non, ce n’est absolument pas mon intention, je respecte les lectures de chacun, et les réactions de chacun. Pour ma part je ne peux que dire que ce best-seller ultra-formaté manque terriblement de surprise (absolument tout est prévisible !), et que même le premier chapitre du tome 2 offert en fin d’ouvrage laisse déjà imaginer ce qui va se passer dans ce fameux tome ! ça veut juste dire que ce genre de littérature n’est pas pour moi, c’est tout. Mais que j’ai eu la curiosité d’aller voir pour en parler, a minima, et même d’aller au bout.


Je n’avais pas choisi ce titre dans le cadre du Challenge de Theoma, mais puisque je l’ai lu, on va dire que ça compte quand même ?

 

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Pocket jeunesse, octobre 2009, 379 pages, prix : 17,90 €

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Crédit photo couverture : éd. pocketjeunesse



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La plus belle fille du monde – Agnès Desarthe

13 Janvier 2010, 15:17pm

Publié par Laure

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Sandra Walser, quatorze ans, fouille dans la bibliothèque de sa mère et tombe sur un vieux bouquin qui l’attire : Roman des origines, origines du roman, de Marthe Robert, un incontournable des ex étudiants de lettres, on a tous planché là-dessus, et il est toujours dans ma bibliothèque. Il n’en faut pas plus à Sandra pour se mettre à l’écriture, et nous raconter sa vie avec sa mère divorcée, son père qu’elle va revoir après des années d’absence, sa vie au lycée, son groupe d’amis façon « les trois mousquetaires », et surtout… l’arrivée dans sa classe de la plus belle fille du monde, Liouba Gogol, « un mètre soixante-dix, un visage en triangle, des joues roses, des yeux verts, un chignon blond à moitié défait, une bouche très rouge et de longues mains de pianiste. »

Frais comme l’adolescence, drôle et parfois cynique comme la jeunesse, ce petit roman d’Agnès Desarthe m’a charmée et enthousiasmée par ses références à la construction narrative dont joue l’héroïne, procédé qui m’a rappelé le récent Square des héros d’Eva Kavian. Un hasard d’enchaînement, mais un grand plaisir de lecture !

 

 

Lu (et aimé) par Marie, Clarabel, Laurence, beux, Stéphanie (attrape rêve), ...

 

 

Ecole des loisirs, coll. Medium, septembre 2009, 162 pages, prix : 9 €

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Crédit photo couverture : © Sereg et éd. L’école des Loisirs

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Le chagrin du roi mort - Jean-Claude Mourlevat

3 Décembre 2009, 09:44am

Publié par Laure

Sur l’île de Petite Terre dans la froidure du Grand Nord, le roi Holund est mort. Les jumeaux Aleks et Brisco vont rendre un dernier hommage à son corps exposé à la foule. Peu après, Brisco est enlevé dans la grande bibliothèque de la ville …
Je n’en dis pas plus, mais l’histoire est riche de thèmes et de rebondissements, 400 pages qui se savourent  sans voir le temps passer. Il y est question de famille, d’enfance, de séparation, de premier amour, de prophéties, de guerre, de vengeance, de luttes et de courage, de secrets, comme dans le précédent roman de Mourlevat, le combat d’hiver, on est ici dans une littérature jeunesse de grande qualité, à l’imagination fertile et riche qui plaira autant aux adultes qu’aux adolescents. Un grand roman d’aventures aux très légers soupçons de fantastique.

 

Les lectures de Clochette, Cuné, Clarabel, Fashion, et tant d’autres sans doute !

Gallimard Jeunesse, mai 2009, 402 pages, prix : 16 €
Etoiles :
Crédit photo couverture : © Joëlle Jolivet et éd. Gallimard

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Quatre filles et un jean, (l'intégrale) - Ann Brashares

25 Octobre 2009, 19:19pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (US) par Vanessa Rubio


Attention, ceci n'est pas un vrai billet, je n'ai pas lu le livre dont je parle, c'est juste une information que je vous donne, mais c'est quand même une bonne nouvelle.
Gallimard a réuni en un seul gros volume de 993 pages les 4 tomes de sa série "Quatre filles et un jean", dont le premier volume portait le titre éponyme, et les suivants s'appelaient simplement "le deuxième été", "le troisième été", "le dernier été". Ma grande a lu ces titres quand elle avait entre 12 et 12 ans1/2, et elle les a vraiment beaucoup beaucoup aimés. C'est une série qui marche énormément à la bibliothèque aussi, auprès des filles de 12 ans et +. Je dis et + parce que je ne mets pas de limites, je connais beaucoup de mamans qui les ont lus aussi et il se peut bien que je m'y mette un jour.
Seulement à la bibliothèque, il manque toujours le tome que vous voulez, déjà emprunté par quelqu'un d'autre. A la maison, votre fille lit tellement vite (parce qu'elle adore) qu'elle se retrouve en manque du tome suivant. Et qu'à 15 euros le volume, vous commencez à trouver que ça fait chérot. Et bien maintenant vous n'avez plus d'excuses, le bon gros volume qui rassemble les quatre est à 25 euros et plus personne ne sera en manque. Quand on sait la vitesse à laquelle les gros lecteurs s'enfilent les briques que sont Harry Potter et Eragon pour le nombre de pages, pas de soucis, vos filles, nièces, petites cousines seront ravies.
Je n'offrirais peut-être pas un pavé à quelqu'un qui n'aime pas lire parce que ça peut rebuter, sauf si vous savez y faire pour vanter les mérites de l'affaire, mais sans garantie de résultat, je ne fais pas de miracles non plus. Je n'ai pas parlé de garçons parce qu'à ma connaissance il n'y a pas de garçons qui les aient lus près de chez moi.

Je précise que ce n'est pas un billet sponsorisé (je ne touche pas d'argent dessus, si vous préférez), mais qu'une bonne fée chez Gallimard Jeunesse me l'a envoyé sans que j'ai rien demandé, et que j'ai aimé la surprise.


Gallimard jeunesse, octobre 2009, 993 pages, prix : 25 €
Crédit photo couverture : éd. Gallimard Jeunesse

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Papa et maman sont dans un bateau - Marie-Aude Murail

19 Octobre 2009, 15:08pm

Publié par Laure

Il y avait déjà eu le très bon Miss Charity il y a quelques mois, il y a aujourd'hui, dans un genre très différent, l'excellent Papa et maman sont dans un bateau. Marie-Aude Murail est un caméléon qui colore diversement et magnifiquement la littérature jeunesse.


Ici, la famille Doinel. Le père, Marc, dirige une société de transport routier, en prise à une restructuration sévère, licenciements et réorganisation sous la coupe d'un fils à papa sans cœur. Il faut trancher dans le vif tout en restant humain, pas facile ! La mère, Nadine, est institutrice en classe de maternelle. Les bambins sont aussi attachants que dévoreurs d'énergie, et quelle corvée délicate que ces évaluations des compétences dès 3 ans ! Pourtant ils aiment leur métier ces deux-là, mais parfois, la morosité pointe le bout de son nez...

Dans la famille, deux enfants : Charline, en classe de 3ème, adolescente fan de mangas, et Esteban, en CE2, garçonnet un peu timide quand il s'agit de se faire des amis, harcelé par un gros dur à l'école, mais enfant curieux et débordant d'idées et de questions....

C'est la vie qui va et tourbillonne dans la famille Doinel, une vie active à priori sans gros soucis, avec ses fatigues et ses incompréhensions ordinaires. Au hasard d'un article de Psychologies Magazine acheté par Madame, tout le monde va se surprendre à rêver d'une vie plus simple, retour à l'essentiel, à la lecture d'un article sur des familles parties vivre sous des yourtes mongoles en Bretagne. Chacun rêve à cette vie sous la yourte en secret, jusqu'au jour où finalement, tous quatre réussiront enfin à communiquer...


Que dire sinon que ce roman est brillant ! Plus vrai que nature, tout sonne au plus juste, tant la vie en maternelle que le climat social dans l'entreprise, tout comme les préoccupations des enfants de la famille. Les personnages secondaires sont bien campés également. Roman social, d'actualité, qui n'oublie jamais l'humour, dans un style vif et simple, c'est la vie d'aujourd'hui qui court dans les lignes de Marie-Aude Murail, et qu'on ait 13 ans (âge de lecture conseillé) ou bien plus, on se régale du début à la fin !

Un gros, gros coup de cœur !


Lu et approuvé également par grande fillette, 13 ans.


Adoré aussi par Aurélie, Cuné, Cathulu,...


L'école des loisirs, coll. Medium, mars 2009, 294 pages, prix : 11 €

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Crédit photo couverture : Franck Juery et éd. L'école des Loisirs


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