Les jardins d'Hélène

livr'ados

La fille qui ne digérait pas le divorce de ses parents - Ellen Willer

15 Décembre 2007, 17:08pm

Publié par Laure

ellen-willer-divorce.jpgPetit roman ados sur le divorce, je me suis un peu trompée dans le choix de ce livre que je destinais  à ma fille de 11 ans (qui l’a lu avant moi et l’a trouvé « bof »). Après lecture, je le conseillerais plutôt aux filles de 14 ans, les préoccupations amoureuses qu’il traduit me semblant bien plus proches de leur âge que de celui de ma fille encore trop jeune. (Alors qu’elle lit d’autres Médium sans soucis).

Louise a 16 ans, un frère jumeau Etienne, et un petit frère Charles, et elle supporte difficilement le divorce de ses parents, leur père ayant choisi de vivre une nouvelle vie ailleurs. Son mal-être se traduit par de fréquents vomissements. Jusqu’au jour où Louise rencontre Nicolas, qui a le double de son âge, et qu’elle croit être le petit ami de sa mère, alors qu’elle-même n’est pas insensible à son charme.

Il y a clairement deux parties dans ce roman : celle traitant du divorce, que je trouve très réussie, sonnant juste, sans pathos, parfaitement décrite, jusque dans la marâtre, nouvelle belle-mère peu appréciée des enfants, et celle qui parle du désir de Louise pour Nicolas, avec cette ambiguïté peu fréquente : peut-on partager le même amoureux que sa mère ? Bien sûr il y a ce que Louise imagine et la réalité… et tout est bien qui finit bien !

Même si cette deuxième partie va guérir Louise de ses malaises et l’ouvrir à un autre avenir que celui terni par le divorce de ses parents, j’ai senti une cassure entre les deux thèmes. Plus qu’un livre sur le divorce vu par des adolescents qui en sont victimes, c’est d’abord la crainte du premier amour et toutes les émotions que celui-ci remue dans le cœur de Louise dont il est question. Je me suis donc sentie, de par le titre, un peu trompée sur la marchandise. Et l’ambiguïté sur la relation éventuelle entre Nicolas et la mère de Louise ne m’a pas paru très à-propos, un peu inutile en quelque sorte, même si elle évite alors de conclure trop béatement et trop vite sur l’idée que le flirt sauve de la souffrance…

 

EDL coll. Médium, mars 2007, 137 pages, prix : 9 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : Ecole des Loisirs et Amazon.fr

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Mais qu'est-ce qu'on va bien faire de toi ? - Jean-Paul Nozière

28 Octobre 2007, 20:37pm

Publié par Laure

noziere-faire-de-toi.jpgCamille a 15 ans quand s’ouvre le roman. Toujours surnommé Fanfan par ses parents, il vient d’échouer au concours d’entrée à l’école normale. On est dans les années 50, c’est le  drame pour les parents de Camille, tous deux enseignants. Mais qu’est qu’on va bien faire de toi ? !

Les chapitres suivants reviennent en arrière, un pour chaque âge, un pour chaque année scolaire. 12 ans, Camille est interne en classe de 5ème. C’est une année difficile pour lui, comment affronter un pensionnat quand on souffre d’énurésie et que le pion est un vrai tyran ? Brimades collectives, c’est aussi la solidarité entre camarades, l’amitié avec un élève un peu étrange, fils d’un consul suédois, Ingvar Mielsen. 14 ans, c’est aussi les rêves de filles (le collège n’est pas mixte !) et les lectures interdites, des polars de la série noire !

Camille a aussi un grand frère qui réussit haut la main, mais jamais ne laisse tomber son petit frère : une belle complicité les unit dans la dérision. Le dernier chapitre revient aux 15 ans, et ouvre sur une nouvelle vie…

Un beau petit roman d’apprentissage, souvenirs d’adolescence d’une autre époque, mais qui dans sa tendresse, son humour et sa force parlera à tous.

 

éd. de la Martinière jeunesse, coll. Confessions, 2005, 202 pages, prix : 8,50 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. de la Martinière et Amazon.fr

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Je mourrai pas gibier - Guillaume Guéraud

9 Octobre 2007, 05:01am

Publié par Laure

je-ne-mourrai-pas-gibier.jpgMortagne, petit village de 1249 habitants. Sa scierie, et ses vignes. Ses deux clans, et le maire-pharmacien au milieu. Un passe-temps principal : la chasse. Son dicton : Je suis né chasseur, je mourrai pas gibier ! Et puis les bandes de jeunes, les luttes de clans, les beuveries, et Frédo Lopez qui tabasse Terence, le « pleu-pleu » du village, pour se défouler. Comment un garçon sans histoires, qui ne supporte plus cette ruralité étriquée, ce monde de « bourrins » avinés, bascule dans la folie meurtrière et tire à bout portant sur sa propre famille et ses invités au mariage de son frère ?

On pense inévitablement aux faits divers qui font l’actualité, on ressort chamboulé et glacé de ce roman, pourtant, quel talent ! Parce qu’il n’a pas supporté la bêtise de son entourage, il a perdu pied… Un récit à la première personne, qui commence dans le car de police qui l’emporte, et qui revient sur les événements.

Un style efficace, un récit d’une force et d’une brutalité rare, et pourtant, un excellent roman. Parce que la vie non plus n’est pas toujours rose bonbon.

  

Lauréat du Prix Sorcières 2007 dans la catégorie romans ados. 

Elles l’ont lu : Sylvie
, Clarabel , ...

  

Ed. du Rouergue, coll. DoAdo noir, janv. 2006, 75 pages, prix : 6,50 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : éd. du Rouergue et Amazon.fr

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Un endroit pour vivre - Jean-Philippe Blondel

6 Octobre 2007, 09:42am

Publié par Laure

endroit-pour-vivre.jpg Par le biais de ce petit roman « ados » je découvre en même temps une nouvelle collection de chez Actes Sud Junior qui m’était passée inaperçue. D’une seule voix, collection dirigée par Jeanne Benameur et Claire David, énonce cette ambition : « des textes d’un seul souffle. Les émotions secrètes trouvent leur respiration dans la parole. Des textes à murmurer à l’oreille d’un ami, à hurler devant son miroir, à partager avec soi et le monde. » Le texte écrit est aéré et imprimé très gros : « la taille du caractère a été spécialement étudiée pour faciliter une lecture à voix haute », précision reproduite à plusieurs endroits dans le livre, sans quoi on pourrait (peut-être) imaginer qu’il s’agit d’un roman léger pour petits lecteurs en difficulté, même au lycée. Je n’ai pas lu le texte à voix haute, mais on peut l’imaginer travaillé en ateliers en solo théâtre. Ce petit texte de Jean-Philippe Blondel est donc le dernier paru de cette collection qui en compte à présent 6
Venons-en à l’histoire : le narrateur est un élève de 1ère, âgé de 16 ans, un peu solitaire, rêveur et contemplatif, qui s’enferme volontiers dans la lecture, un élève sans histoires, mais sans problèmes non plus. Le nouveau proviseur est un pète-sec qui ne veut pas que son lycée soit un lieu de vie, mais un lieu de travail, de labeur et de savoir. Oui aux résultats, non aux flirts dans les couloirs.

Notre élève croit en son lycée comme un endroit pour vivre, et bascule de la lecture vers le cinéma : il se met à filmer (avec leur accord) les baisers tendres de ses camarades, les roucoulades de couples qui « se frottent » dans les couloirs, comme dit le proviseur. Et d’en être très ému. Une fin très …  très … cercle des poètes disparus… !

 

Chat échaudé craint l’eau froide, je me garderai bien de tout commentaire sur cet opus, mais je laisse des extraits parler pour moi, comprenne qui voudra :

 

pp 43-44 : « Devant moi – un baiser.

Un baiser filmé.

Long langoureux mouillé passionné doux violent tendre.

Je regardais la scène. J’étais hypnotisé par leurs peaux. Par la façon dont Sonia s’était collée à son homme. J’en avais la gorge nouée. Je me suis demandé si j’avais déjà été désiré de cette manière-là. »

 

pp. 53-55 : « C’est venu petit à petit. Tandis que je tenais la caméra à bout de bras et que je restais prisonnier du spectacle qui s’offrait à moi. La soie des doigts de Lise, ils amadouent les dieux – calment les peurs – font pénétrer la confiance – un onguent – une pommade. La naissance du visage enfoui de Samuel. Le dessin de son oreille gauche – c’est si fin, une oreille, si fragile – et les mains de Lise comme un murmure – je suis là, ne t’en fais pas, je suis là – il y avait là un tel abandon – le frisson est monté d’au-dessus du nombril – il est remonté le long du torse – un serpent dans les herbes hautes – il s’est lové à la base du cou – et soudain, il est parti à l’attaque des sinus – les yeux ont perlé presque immédiatement – j’aurais pu refouler en gardant le ciel imperturbablement bleu de ce mois d’avril – je n’ai pas pu ou pas voulu – je suis resté là devant le petit carré mouvant – devant les mains de Lise et les mèches de Samuel – j’ai laissé couler ce qui devait couler.

Quand tout a été fini – quand ils m’ont vu – les rigoles sur les joues – Lise s’est approchée. Samuel aussi. Ils m’ont serré dans leurs bras. Longtemps. Sans un mot. Et puis après, nous nous sommes arrachés.

Je sais qu’un morceau infime de leur corps a laissé son empreinte sur ma peau.

Je sais qu’ils m’accompagneront jusqu’au bout désormais. »

 

pp. 70-71 : « Yvan m’a téléphoné dans l’après-midi. Il venait de visionner le DVD. Il a dit : « Il manque quelque chose dans ton film – Quoi ? – Toi. Tu n’apparais nulle part » […] Il enclenche le film et puis soudain, il se détache, il s’approche de moi. De plus en plus près. Son haleine dans mon cou. Les battements de mon cœur. La respiration qui s’accélère.

Et le baiser. »

 

Et le clin d’œil : p.7 : « Mais on m’apprécie. Certaines filles commencent à me tourner autour. Gentiment. Tendrement. Elles me disent que je les comprends. Elles se persuadent toutes seules que je suis sensible. Il n’y a rien pour étayer leurs propos. Je ne montre jamais rien. Je sais très bien me taire. Et observer. C’est ce que j’aime surtout – observer. »  Ce passage m’a fait sourire. Ah il me plaît ce Blondel, quand même ! Même quand… non j’ai dit que ne je commenterais pas.

 

Et si Monsieur Blondel pouvait maintenant m’enlever cette chanson de la tête (oui je sais, j’abuse) : 

Imagine-toi dans une rue toute en ville
Mais avec une lumière comme y a pas chez toi
Et ce s'rait p't-êt' là un endroit pour vivre
Je s'rais bien loin de savoir ou dire
Si l'on verrait des jours ou bien meileurs ou pires
Ce s'rait p't-êt' là un endroit pour vivre
Ce s'rait p't-êt' là un endroit pour vivre
 (Un endroit pour vivre, William Sheller)

 

Actes Sud Junior, coll. D’une seule voix, octobre 2007, 77 pages, prix : 7.80 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : éd. Actes Sud, © Anne-Marie Adda, et Amazon.fr

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La fille du docteur Baudoin - Marie-Aude Murail

3 Septembre 2007, 05:25am

Publié par Laure

fille-docteur-baudoin.jpgAttention, gros coup de coeur en vue ! Il y a une richesse incroyable de pistes à explorer dans ce roman (dit « pour ados ») de Marie-Aude Murail.
Violaine Baudoin, 17 ans, vit au sein d'une famille aisée et sans problèmes. Son père est médecin, sa mère dirige un laboratoire d'analyses médicales. Son frère vit sa vie d'ado et sa petite sœur Cerise est craquante comme beaucoup de gamines. Parce qu'elle n'a pas voulu passer pour une fille « coincée », Violaine se retrouve enceinte d'un garçon dont elle n'est pas amoureuse. A qui se confier ? Sa meilleure amie, Adélaïde l'aide et l'accompagne dans ses démarches. Parce qu'elle ne peut se confier à son père, elle se rend au planning familial où elle rencontre par hasard l'associé de son père, le jeune Vianney Chasseloup, généraliste humaniste qui nous rappelle sans hésiter le docteur Sachs, de Matin Winckler. Même plaisir de lecture dans les narrations de consultations : le jeune Vianney qui écoute et prend son temps et se contente souvent d'une dose de bon sens en guise d'ordonnance, le docteur Baudoin aguerri qui soigne à coup d'analyses à faire au labo de sa femme bien sûr, et d'ordonnances inutiles de médicaments fourgués par la jolie visiteuse médicale.
Bref, des tas de pistes, vous disais-je : un regard juste sur la médecine et ses travers, le résilience du Dr Chasseloup qui se sort d'une enfance atroce, les soucis sérieux d'une adolescente à l'heure du choix (IVG ou pas), les relations amicales, amoureuses aussi, les relations complexes avec les parents, etc. Et tous ces personnages sont attachants. Tantôt très mature et responsable, Violaine affronte avec courage ses soucis, avec des réflexions très pertinentes, tantôt encore dans l'enfance ou juste en train d'en sortir, elle a des préoccupations bien naturelles d'adolescente. Un très très bon roman, que je n'ai pu lâcher avant la fin. Un seul bémol : l'histoire d'amour finale me semble inutile et d'ailleurs peu crédible, mais sans doute ajoute-t-elle au romantisme attendu par la lectrice un peu midinette, l'adolescente pas encore femme et plus tout à fait enfant. Bref, un « livre jeunesse » d'une grande intelligence, bien fichu du point de vue de l'histoire, et qui se dévore tout seul. Les jeunes filles (et les vieilles mères de famille !) en redemandent !

A proposer dès 13-14 ans, aux filles de préférence...

EDL, coll. Medium, sept. 2006, 260 pages, prix : 10,50 €
Ma note : 4,75/5
Crédit photo couverture : L’école des loisirs et Amazon.fr

 

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Le courage de revenir - Didier Jean

19 Août 2007, 12:48pm

Publié par Laure

courage-de-revenir.jpgC’est l’histoire presque banale d’un adolescent ordinaire qui fait une fugue ordinaire. Yoan en a assez des remarques désobligeantes des profs : « insuffisant », « peut mieux faire » et des exigences démesurées de ses parents. On ne pourrait pas le laisser vivre un peu ?!

Il marche vers Paris, sans un sou en poche, et va rencontrer diverses personnes qui vont (un peu trop miraculeusement) l’aider. Yoan sortira plus fort de cette expérience et trouvera le courage (pas si simple !) de revenir. On pourrait trouver un peu trop gentillette et idéaliste cette histoire de fugue où finalement tout se passe bien, mais un peu de douceur ne fait pas de mal non plus : c’est vrai que des histoires sordides, on en a tous les jours à la pelle. Alors la leçon que retiendra Yoan, c’est que grandir, c’est aussi faire avec la vie qu’on a, et qu’il faut essayer de la composer plutôt que de la subir en ronchonnant.

Un style parfois soutenu qui ne cadre pas trop avec le profil que l’on veut faire d’un ado, à moins justement qu’on veuille le sortir des clichés, une fable plutôt qu’un fait divers, alors à offrir à un garçon de 13-14 ans qui se pose inévitablement beaucoup de questions ?

 

Syros jeunesse, coll. Les uns les autres, sept. 2005, 106 pages, prix : 7,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Syros et © François Supiot

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Le garçon en pyjama rayé - John Boyne

9 Août 2007, 08:55am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Catherine Gibert.

La page de titre indique clairement « une fable » de John Boyne.

 

boynepyjama.jpg La quatrième de couv dit qu’il faut aborder ce roman sans savoir de quoi il parle. On dit juste que c’est « une lecture d’une force inoubliable » et que c’est conseillé à partir de 12 ans.

Pour quiconque en a déjà lu des critiques, on se souvient du parallèle fait avec le film de Benigni, la vie est belle, donc on sait d’emblée à quel sujet on a affaire, et on imagine une approche décalée. Elle l’est.

Bruno, 9 ans, est désespéré de devoir quitter sa belle maison de Berlin pour une maison plus petite et moins luxueuse, dans un endroit triste et sale, à « Hoche-Vite ». C’est pas parce que son père a une super promo qu’il doit imposer ça à sa famille ! Et puis qui c’est ce « Fourreur » qui vient dîner à la maison ?

Haut dirigeant nazi, le père emmène donc sa famille avec lui, sa femme, ses deux enfants Bruno et Gretel, leur bonne Maria et le cuisinier Pavel. Bruno aime jouer à explorer et seul dans sa nouvelle habitation, il se demande qui sont tous ces gens en pyjamas rayés qu’il voit depuis sa chambre, de l’autre côté de la barrière. Un jour, il sympathise avec Schmuel, un petit garçon né exactement le même jour que lui, mais un petit garçon triste et maigre, en pyjama rayé de l’autre côté du grillage… Une amitié forte va se nouer, jusqu’à la fin…

On ne peut rester insensible au point de vue adopté, à savoir l’innocence de Bruno, qui se plaint sans cesse de sa nouvelle condition à son ami Schmuel, sans savoir ni comprendre ce qui se passe de l’autre côté. On passera quelques invraisemblances (un an de rencontres de part et d’autre du grillage facile à soulever) pour s’attacher à la force du contraste de l’horreur ignorée ou racontée pudiquement par deux jeunes garçons. On verra en trame de fond aussi le chancellement d’une famille où quelques uns se désolidarisent, on trouvera la fin terrible et néanmoins bien trouvée dans cette fiction.

L’auteur est irlandais, né en 1971, et bien qu’il se soit ouvert d’avoir écrit une fiction, le contexte historique est bien évidemment réel. (C’est dit en fin d’ouvrage pour ce livre, rappelons-le, destiné à la jeunesse, mais qui pourra bien sûr se lire à tout âge).

Les dernières lignes sont les suivantes : « Et c’est ainsi que se termine l’histoire de Bruno et de sa famille. Tout cela s’est passé il y a fort longtemps, bien sûr, et rien de semblable ne pourrait plus jamais arriver. Pas de nos jours. »

De semblable, non. Mais du même genre ? On aimerait croire au « plus jamais ».

 

L’avis de Cuné , de Clochette et de Sylvie  (passion des livres)

Réédition prévue en Folio Junior pour le 23 août 2007, ce qui explique l'indisponibilité actuelle sur les sites marchands.

 

Folio junior n°1422, sept. 2006, 204 pages

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : Gallimard jeunesse / Folio Junior

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Too much - Ellen Potter

2 Août 2007, 15:44pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Nathalie M.-C. Laverroux

 

Sélectionné pour le prix Tam-Tam Je bouquine (plus de 12 ans) qui sera décerné au Salon de Littérature Jeunesse de Montreuil en novembre 2007.

 

Clara Frankofile, 11 ans, est une enfant très orgueilleuse et franchement tête à claques (horripilante !) Elevée dans le luxe, elle participe à la vie du restaurant de ses parents, le too much, en choisissant chaque jour les personnes qui seront rétrogradées du statut de VIP à celui de Personne Sans Importance, lesquelles n’auront alors plus le droit de fréquenter le too much.

Autoritaire et capricieuse, plutôt méprisante envers autrui et indifférente aux remarques, elle se demande bien toutefois ce qu’a voulu dire le Docteur Piff quand elle l’a exclu : « Tu n’as pas remarqué quelque chose de très spécial et de très mystérieux qui se déroule juste sous ton nez ! » Elle va soudain se lier d’amitié avec une fillette de son âge cambrioleuse, et toutes deux vont résoudre un mystère étonnant.

J’ai du mal à savoir si j’aime ce roman ou pas ! (On est bien avancés !). Il a des qualités certaines pour en faire un bon roman d’aventures (même si elle commence réellement tardivement dans l’histoire), mais il flirte constamment avec le fantastique, c’est cela sans doute qui me rebute un peu. En effet la fillette a un appartement où chaque pièce est une luxueuse salle de jeu ou un vrai monde à lui seul : fête foraine, plage de sable fin avec mer et vagues, et l’histoire de la cuisinière Audrey remonte à près de 200 ans. Sans doute très sympathique si l’on aime plonger dans ces mondes imaginaires impossibles. Et puis l’ensemble se veut aussi une leçon sur le regard un peu trop expéditif que l’on peut porter sur les autres, sur le secret de famille ou le mensonge qui construit une réputation, et notre peste Clara semble apprendre l’humilité à ses dépens, ce qui n’est pas plus mal.

Bref, un roman jeunesse (dès 12 ans) plein de richesses mais qui me laisse un peu dubitative.

 

Les autres titres en lice pour le prix Tam-Tam Je Bouquine 2007 :

-         Le jardin de l’homme-léopard de Jean-François Chabas (Ecole des Loisirs) aussi sélectionné pour le prix des Lecteurs 13-16 ans de la Ville du Mans/Sarthe pour 2008

-         La fille Corneille, de Bodil Bredsdorff (Thierry Magnier)

-         Le Baume du dragon, de Silvana Gandolfi (éd. du Panama)

 

 

Seuil jeunesse, oct. 2006, 181 pages, prix : 10 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Du Seuil et Amazon. fr

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Prisonnière de la Lune - Monika Feth

29 Juillet 2007, 05:59am

Publié par Laure

Traduit de l’allemand par Suzanne Kabok

 

prisonniere-de-la-lune.jpgLes enfants de la Lune est le nom d’une secte dans laquelle vivent des enfants et des adultes.  A chaque tranche d’âge et chaque sexe est attribuée une couleur de vêtement bien précise. Pour Jana, Maria et ses amies adolescentes, c’est une robe bleue. (Le titre original en allemand est das blaue Mädchen). La communauté a racheté peu à peu toutes les fermes des alentours pour étendre son domaine. Chez les enfants de la Lune, il n’y a pas de volonté propre, il faut suivre les règles et obéir aux lois. Il n’y a qu’une seule volonté, celle de la divinité Lunité. Quiconque s’en écarte est puni au pénitencier, un cachot. C’est le sort de Maria, qui est punie parce qu’elle est tombée amoureuse d’un garçon du groupe avant l’âge requis : 1 mois de cachot. Dans la communauté, un partenaire est attribué aux filles de Luna à 18 ans, et le mariage est célébré à 20 ans. A côté de Maria, il y a son amie Jana, Geneviève la bibliothécaire auprès de qui elles viennent chercher du réconfort, et Lili, une jolie petite fille de 5 ans.

A l’extérieur de la communauté, il y a Marlon, un adolescent qui va à l’école et aide ses parents à la ferme, entouré de ses deux soeurs jumelles, Greta et Marlene – sa mère était fan de cinéma : Brando, Garbo et Dietrich. Et le début d’une histoire d’amour impossible entre Marlon et Jana. Et la mise en péril de la vie de la petite Lili, soignée avec des huiles et des prières pour une méningite…

Tout le talent de l’auteur est d’avoir réussi à mettre en lumière tous les principes et dangers d’une secte sans jamais condamner ou s’emporter. Le ton est détaché et tolérant. Simplement les points de vue alternent. Les règles et croyances strictes de la secte, les amitiés interdites entre adolescentes, les journaux intimes (tout aussi interdits) qui reflètent l’envie de s’échapper des jeunes filles, et le contrepoint d’une famille extérieure, qui malgré la consternation et la colère, se sent bien impuissante. Comment ne pas attaquer de front, comment aider, sauver tout en protégeant… bien sûr c’est un roman, mais que l’on aimerait croire possible dans ses libertés retrouvées.

 
Un roman que je conseillerais dès 13 ans.

Une lecture que j’avais repérée chez Elfe!

Lu aussi par Clochette 
L’article intéressant de Ricochet :   

Milan jeunesse, coll. Macadam, nov. 2005, 282 pages, prix : 8,50 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. Milan et Amazon.fr

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10 ème prix des lecteurs 13-16 ans de la ville du Mans/Sarthe

13 Juin 2007, 18:14pm

Publié par Laure

L'an dernier à pareille époque, je vous parlais du lauréat du 9ème prix des Lecteurs 13-16 ans de la ville du Mans (étendu à présent à tout le département de la Sarthe) et vous annonçais la sélection 2007.

Je me suis rendue cet après-midi à la remise du prix de la 10 ème édition.....

Avant de vous donner le lauréat, un petit rappel des gagnants de ces 9 dernières années (choisis par des lecteurs volontaires entre 13 et 16 ans, qui participent avec leur documentaliste, leur prof de français ou leur bibliothécaire) Chaque année ils sont 1500 à participer environ et comme il faut avoir lu 8 livres au minimum pour pouvoir voter (sur les 10 proposés chaque année), environ 1000 à voter réellement. Tout au long de l'année scolaire, ils peuvent rencontrer les auteurs, soit dans leur établissement scolaire, soit dans leur bibliothèque ou chez un libraire partenaire.

Alors... en 1998, le prix était attribué à L'Oasis, de Xavier-Laurent Petit
en 1999, à Mélodie pour Nora, de Marc O'Sullivan
en 2000, à la Promesse, de Yaël Hassan
en 2001, à Oh, Boy ! , de Marie-Aude Murail
en 2002, à la Vie en gros, de Mikael Ollivier
en 2003, aux cent mille briques, de Jean-Louis Viot
en 2004, aux Larmes de l'assassin, d'Anne-Laure Bondoux
en 2005, ,à Mosa Wosa, de Nathalie Legendre
en 2006, l'an dernier donc, à Soldat Peaceful de Michael Morpurgo

Cette année, les 10 titres sélectionnés par des professionnels (libraires, bibliothécaires, enseignants....) étaient les suivants (par ordre alphabétique de titre) :
- l'Ange du Namib, de Jean-François Chabas
- le cavalier démonté de Gisèle Bienne
- Danseurs de lumière, de Frédérique Lorient
- L'enfant à la bouche de silence, d'Adeline Yzac
- Entre les vagues, de Claudine Galea
- Le garçon qui se taisait, de Lois Lowry
- L'heure de la vengeance, de Catherine Missonnier
- Pépites, d'Anne-Laure Bondoux
- Soleil métallique, d'Alex Cousseau
- Sorcière blanche, d'Anne-Marie Desplat-Duc

Et le gagnant est ....

pepites.jpg

Pépites, d'Anne-Laure Bondoux

qui réalise un beau doublé puisqu'elle avait déjà remporté ce prix pour les larmes de l'assassin en 2004.

Elle a répondu aux questions des collégiens, et a remporté quelques cadeaux, du genre très pratique à ramener en train : un panier garni d'oeufs fermiers Label Rouge de Loué, des rillettes du Mans, du vin, et des tas de beaux-livres sur la ville et le département.

Et comme j'aime les surprises, j'ai acheté le livre lauréat, et elle me l'a gentiment dédicacé pour l'un(e) d'entre vous, chers lecteurs. Mes stats me disent que vous êtes 300 à 350 à passer ici chaque jour, alors vous qui me lisez, vous avez une chance sur 300 à 350 de le trouver dans votre boîte aux lettres. J'espère que vous aimez la littérature dite de jeunesse - elle renferme parfois de vraies pépites - et que vous ne l'avez pas déjà...

Bon vent, et bonnes lectures !

Demain je file à Angers, idem vendredi, alors pas de web, sauf tard le soir, quand l'Unimarc aura eu raison de ma petite cervelle. (Les bibliothécaires comprendront !)

Edit du 21 juin 2007 : voici le classement des votes pour ce prix : 

1- Pépites ­ Anne-Laure Bondoux
2- Danseurs de lumière ­ Frédérique Lorient
3- Sorcière Blanche - Anne-Marie Desplat-Duc
4- Soleil métallique ­ Alex Cousseau
5- L'heure de la vengeance ­ Catherine Missonnier
6- Le cavalier démonté ­ Gisèle Bienne
7- Le garçon qui se taisait ­ Lois Lowry
8- L'enfant à la bouche de silence ­ Adeline Yzac
9- Entre les vagues ­ Claudine Galea
10- L'ange du Namib ­ Jean-François Chabas

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