Les jardins d'Hélène

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Moi, Ambrose, roi du Scrabble – Susin Nielsen

25 Juillet 2012, 08:57am

Publié par Laure

Complément de titre : (roman garanti 100% sans cacahuètes) !

Traduit de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec

 

moi-ambrose.jpgAmbrose, douze ans, est un gamin solitaire à qui rien ne réussit, et surtout pas l’arachide à laquelle il est allergique. Surprotégé par sa mère (son père est mort subitement peu avant sa naissance), Ambrose n’a aucune confiance en lui et se retrouve souvent victime des mauvaises plaisanteries de ses camarades. Il ne parvient pas à s’intégrer, il faut dire que ce n’est pas facile, sa mère déménage régulièrement !

Quand ses copains manquent de le tuer en glissant une cacahuète dans son sandwich, (choc anaphylactique !), sa mère le déscolarise et lui fait suivre des cours par correspondance.

Très vite Ambrose s’ennuie et cherche un peu de compagnie auprès du fils des propriétaires qui logent juste au-dessus, mais un ex-taulard un peu suspect, autant dire que ça ne convient pas à sa mère.

 

Je ne vais pas tout raconter, mais j’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à lire ce roman, à l’intrigue parfaitement construite, aux personnalités intéressantes et bien analysées, aux rebondissements certes attendus mais bien amenés, un vrai bon roman d’initiation où l’on accompagne Ambrose dans l’éclosion de son cocon et l’affirmation de ses envies, enfin. L’analyse psychologique finale est fine, peut-être un peu trop mature pour un gamin qui souffle ses 13 bougies, mais bien contrebalancée par ses expériences naïves dans la rue.

 

Le Scrabble est un élément moteur amusant, qui paraît à mille lieues de la littérature jeunesse d’aujourd’hui, et qui apporte un cachet supplémentaire au récit. Les titres de chapitre sont composés d’un tirage de lettres au Scrabble, des anagrammes trouvées, et du mot de Scrabble réalisé, en lien avec le contenu du récit évidemment. De même dès qu’Ambrose aborde un sujet qui l’embarrasse, il décline le mot tabou en anagrammes de Scrabble pour traduire sa gêne. Et je ne vous dis pas qu’à l’issue de ma lecture j’ai perdu quelques heures à jouer au Scrabble en ligne, sacré bouquin !

 

Susin Nielsen est aussi l’auteur du remarqué Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ?, son premier roman traduit en français publié chez hélium en 2011 mais postérieur à  Word Nerd (titre original de Moi Ambrose…) écrit en 2008 et traduit en 2012.

 

(Et dire que j’ai lu ce livre pour une raison pragmatique : il fallait que je détermine sa place entre secteur jeunesse et secteur ados à la bibli. Acheté au rayon ados en librairie, les catalogues des BM (la faute à Electre ?) le notifient « à partir de 9 ans ». On est bien dans l’entre-deux, entre enfance et adolescence, je dirais à partir de 11-12 ans et plus. S’il n’est jamais simple de trancher, (je l’ai mis en ados, secteur accessible dès 12 ans - ou avant avec accord des parents - d’autant que j’y ai un lectorat important) j’ai au moins gagné la lecture d’un roman sympa)

 

Le blog des éditions Hélium : clic !

  

Ed. Hélium, mars 2012, 197 pages, prix : 13,90 €

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Crédit photo couverture : © Amélie Fontaine / Les associés réunis / éd. Helium

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Elle est si gentille - Isabelle Rossignol

18 Juillet 2012, 07:07am

Publié par Laure

 

elle-est-si-gentille.jpgClarisse, 17 ans, vit seule avec son père médecin, depuis que sa mère est partie vivre avec un autre homme. Elle se souvient des paroles de son père à ce moment-là, et cette mère, cette épouse qui l'a trompé est devenue la traitresse dont il ne faut plus parler.

C'est la rentrée en classe de 1ère et Clarisse retrouve sa meilleure amie, Elsa. Les deux inséparables. Mais Julien, un nouvel élève de Terminale L va venir perturber leur belle amitié, car toutes deux tombent amoureuses de lui, mais c'est Elsa qui l'avait repéré la première. Or Julien ne s'intéresse qu'à Clarisse ...

Jusqu'où peut-on aller par amitié, par fidélité à cette amitié, où commence la trahison, quand faut-il renoncer ? C'est l'objet de ce court roman pour les adolescent(e)s qui y trouveront peut-être un écho. Clarisse va-t-elle se sacrifier par respect pour son amie ? Va-t-elle céder à l'amour réciproque parce que celui-ci ne se commande pas ? Grandeur d'âme et cheveux coupés en plus que quatre, le lecteur suit le cheminement torturé de Clarisse et les réactions plus simples et matures de Julien. Mais toute cette histoire va aussi résonner en Clarisse qui souhaite enfin en savoir plus sur sa mère, est-elle pardonnable, tout comme elle dans la douleur de son choix ?


Une histoire d'amour et d'amitié qui révèle des personnalités profondes, avec une fin ouverte mais claire, une belle relation également entre un père et sa fille, un chemin semé de doutes à emprunter pour qui veut grandir. On ferme aisément les yeux sur les facilités et les situations trop belles (quel père idéal, quel adolescent intelligemment déterminé!), car le chemin intérieur de Clarisse est suffisamment tourmenté pour le lecteur, mais sensible et touchant.

 

L'école des loisirs, coll. Médium, mars 2012, 151 pages, prix : 9,70 €

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Crédit photo couverture : © Hélène Millot et l'école des loisirs.

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Moi et la mer de Weddell - Arnaud Tiercelin

17 Mai 2012, 18:04pm

Publié par Laure

 

moi-et-la-mer-de-weddell.jpgMarius, 15 ans, a un rêve : partir découvrir la mer de Weddell, loin là-bas en Antarctique, voir les glaces, les baleines et les manchots. Il a construit un igloo en morceaux de draps dans le garage familial et il a beau s'y réfugier, il étouffe dans le cocon familial, enserré dans la petite vie bien rangée de ses parents, du grand-père à l'aube de la mort, et du chien Vanille proche aussi du cimetière.

Pourtant, il devrait être heureux, avec la belle Daphné, mais il se sent vide de l'intérieur, il ne l'aime pas, ou peut-être que si, il n'en sait rien... Et l'ambiance est encore plus morose à la maison depuis que son grand frère Vincent est parti étudier à Bordeaux et ne donne plus guère de nouvelles.

 

Roman de l'errance adolescente, de l'entre deux, Marius erre dans sa propre vie comme une âme en peine. Il cherche mais ne sait pas vraiment quoi, il ne réussit pas à apprécier ce qu'il a... C'est à vous filer le bourdon toute cette déprime latente ! Pourtant il y a de très beaux passages, j'ai aimé la relation fraternelle, ces deux frangins qui cultivent une façade pour les parents alors qu'ils vivent tout autre chose, ce lien qui les réunit malgré les fuites et les esquives réciproques.

Un roman un peu long à démarrer, qui finalement est à l'image de Marius qui se cherche, un roman souvent trop mélancolique (la présence des deux fidèles copains ne réussit pas à enjouer le tout), qui malgré des lueurs (l'album photo offert par le prof de dessin) vous file un sacré coup de blues.

Les rêves de l'adolescence n'ont pas tous la gaîté des chiens fous. Même si ça finit bien.

 

 

D'autres titres d'Arnaud Tiercelin :

- En secret

- S'échapper d'ici

 

Rouergue, janvier 2012, 183 pages, prix : 12,40 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et Le Rouergue.

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Liber et Maud - Nadia Marfaing

3 Mai 2012, 06:32am

Publié par Laure

 

liber-et-maud.jpgMaud a perdu la vue dans un accident. Depuis, elle se morfond dans son lit, entre déprime et colère, et refuse la visite de quiconque. Mais Liber, un garçon de sa classe de seconde, force la barrière et tente peu à peu de la ramener à la vie.

p. 17 : « Ce n'est plus elle, ce n'est plus elle, c'est comme si elle était morte dans ce putain d'accident ! La Maud d'avant était provocante, hardie, elle jouait sans cesse avec ses cheveux, elle aimait allumer les garçons, excepté lui, car elle se moquait toujours de lui (gentiment, certes) en le traitant de p'tit môme. Elle était la seule à ne pas l'appeler Béber dans la classe. Elle disait P'tit Môme. »

Car Liber est fanfaron, excentrique, foufou, ne réfléchit jamais trois secondes avant de parler et serait bien un petit peu amoureux de Maud. Mais « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis », ces deux-là vont s'aimer et se haïr tambour battant, à un rythme imposé tantôt par Liber tantôt par Maud. L'adolescent l'emmène à la piscine, au cinéma, joue au ping-pong avec elle, car il refuse que sa vie change à cause de la cécité. Cela entraîne bien sûr des scènes cocasses mais l'élan de Liber est bénéfique sur Maud. Va-t-il enfin réussir à coucher avec elle ? Est-ce vraiment ce qu'il souhaite d'ailleurs à force de le claironner? Dans une seconde partie plus sombre où Liber apprend de ses erreurs et mûrit à la vitesse grand V, le lecteur est suspendu à la décision de Maud et à l'avenir de ces deux-là.

Sous couvert de fanfaronnade, de blagues et de bons mots, mais aussi d'engueulades et d'injustice (Maud est très versatile!), les propos du roman sont bien plus profonds qu'il n'y paraît, et c'est tout l'art aussi de l'auteur, de réussir cela en gardant aux personnages une certaine légèreté et spontanéité. Inutile de dire qu'on le finit en apnée, entre espoir, larmes et sourire.

Un très bon premier roman.

 

(dès 13 ans)

 

L'école des loisirs, coll. Médium, janvier 2012, 194 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Rascal et l'école des loisirs

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La randonnée - Christophe Léon

31 Mars 2012, 15:00pm

Publié par Laure

la-randonnee.jpgCinq adolescents, trois filles et deux garçons, que l’on sent un peu en rupture avec la vie, la famille ou la société (on n’en saura guère plus) partent en randonnée dans les Pyrénées avec leur éducateur, Jeff. Renouer avec la nature, marcher, se laver dans les torrents, camper, devrait permettre de resserrer les liens. A la descente du mini-bus, Jeff scotche les clés sur une roue arrière. On sent les précautions prises « au cas où » il y aurait un problème. Et dès lors en effet, rien ne se passera comme prévu.

Le lecteur va sentir monter l’angoisse lentement, non pas au sein du groupe, mais dans cette nature en apparence déserte : des bruits, des coups de feu, une présence invisible mais peu rassurante. Jeff va chercher à en savoir plus, mais son absence dure bien trop longtemps. Les jeunes vont devoir agir seuls…

Tout va crescendo jusqu’à un final aussi brutal qu’horrifique, qui pourtant suggère bien plus qu’il ne dit (et c’est là tout son talent !) mais qui laisse le lecteur dans une telle solitude face au texte qu’il est difficile de passer à autre chose sans avoir envie d’en discuter. Même si c’est un choc que l’on peut pressentir, il arrive quand même comme un coup de poing.

Une littérature efficace et qui frappe, ce n’est peut-être pas mon titre préféré de Christophe Léon (dont je n’ai pas encore tout lu non plus !) mais j’aime les univers (obsédants ?) qu’il crée.

 

Sur ce blog, du même auteur voir aussi :

Délit de fuite

 

 Et plus ancien ici :

Tu t’appelles Amandine Keddha

 

Ed. Thierry Magnier, « achevé d’imprimer face au grizzli » en janvier 2012, (oui il faut toujours lire les achevés d’imprimer de chez Thierry Magnier, ils le méritent), 115 pages, prix : 8,20 €

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Crédit photo couverture : © Séverin Millet et éd. Th. Magnier

 

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Je préfère qu’ils me croient mort – Ahmed Kalouaz

25 Février 2012, 07:10am

Publié par Laure

je-prefere-qu-ils-me-croient-mort.jpgInspiré de faits réels, cette histoire narre le parcours d’un jeune africain « repéré » avec quelques autres dans son pays natal (le Mali) par des recruteurs véreux qui leur promettent monts et merveilles dans de grands clubs de foot en France ou en Europe. La réalité est bien évidemment tout autre. Les mômes sont quasi nés avec un ballon au bout du pied, ils y jouent tout le temps, pieds nus, s’amusent, et rêvent aux grands qui sont partis et ont réussi. Alors quand on vient leur faire croire qu’ils ont des pieds en or et qu’ils vont devenir célèbres (et ainsi améliorer la vie de leur famille au pays), les parents n’hésitent pas à se cotiser pour réaliser ce grand rêve. Un visa provisoire et c’est le départ vers la France. Point d’Eldorado mais des hôtels bas de gamme, et des jeunes vite abandonnés à eux-mêmes, qui n’ont parfois qu’une visite et un repas par jour puis plus rien, dans un pays inconnu d’eux et sans ressources. Il faut alors survivre, et par fierté, ne pas craquer, ne pas avouer la misère et le désenchantement à sa famille, c’est pourquoi beaucoup préfèrent dire : « Je préfère qu’ils me croient mort ».

 

Le foot et moi, ça fait vraiment deux, mais j’aime bien les romans d’Ahmed Kalouaz habituellement, aussi j’ai tenté celui-ci destiné aux adolescents, et je me suis surprise à m’attacher vraiment au héros, et à trouver intéressante l’intrigue, sans doute parce que je ne connaissais rien de ce phénomène. (Naïve je suis). Kounandi relate son chemin, les comportements honteux des recruteurs,  et l’on perçoit bien son désabusement, partagé qu’il est entre l’envie d’y croire encore et la compréhension de la triste réalité à laquelle il se trouve confronté. Intéressant, vraiment !

 

p. 22 : « Je ne le savais pas encore, mais je venais de devenir une marchandise, un objet de troc. Mon père a signé des papiers que je n’ai jamais vus. De toute façon, il ne sait pas lire, qu’est-ce qu’il aurait pu comprendre à ce qu’avait écrit l’homme au costume ?  (…)

Dans l’esprit de mon père, je ne pouvais pas être un exilé comme les autres, c’est ce qui le rendait peut-être fier. Moi je ne partais pas pour balayer les rues ou m’user à la tâche, mais pour taper dans un ballon. J’allais être choyé, pensait-il, considéré presque comme un dieu, et il suffirait d’empiler les billets sur le coin d’une table, en faisant un tas pour chacun de mes frères, chacune de mes sœurs, chacun de mes oncles prêteurs. Et puis il s’imaginait venant me chercher deux fois par an à l’aéroport de Bamako-Sénou ».

 

Rouergue, coll. DoAdo monde, février 2011, 99 pages, prix : 9,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

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Un papillon sauvage – Joëlle Ecormier

15 Février 2012, 17:39pm

Publié par Laure

papillon-sauvage.jpgLa rencontre n’a pas eu lieu entre ce livre et moi. Pourtant, on est plutôt bien intentionnés dans la famille envers les titres d’océan éditions (Mosquito est collectionneuse ), mais bon, voilà, ça arrive, j’ai tourné en rond entre une bibliothécaire acariâtre et un roman d’aventures qui ne m’a pas enthousiasmée…

 

Miky Glance est un très vieil homme qui s’offre une échappée belle de la maison de retraite les Papillons, pour revenir sur un lieu qu’il a beaucoup fréquenté l’été de ses quatorze ans : la bibliothèque municipale de Galforquin. Parce qu’il était menacé d’exclusion de son collège, sa mère lui a imposé des vacances studieuses : sous l’œil peu aimable de Foinsec, la bibliothécaire du village, Miky avait pour obligation de lire sur place chaque après-midi et de rendre un résumé écrit de sa lecture. Autant dire qu’il n’y va pas de bon cœur, jusqu’au jour où il découvre un pavé qui le passionne : les mines de Galforquin, d’un certain Cassy Jok, stimulé également par une étonnante rencontre avec un authentique rat de bibliothèque. Ce livre sera son cheval de bataille, et déterminera sa vie.

Un soupçon de fantastique (on pense inévitablement à Firmin qui m’était déjà tombé des mains), un roman d’aventures façon chasse au trésor, une quête du père et de soi, une bonne dose de clichés usés et usants sur les bibliothèques, le parcours d’un homme qui a toujours gardé en lui ce cheval intérieur au galop, le papillon sauvage qui le caractérise. Alors pourquoi ça n’a pas marché, je ne sais pas, j’ai eu vite l’impression qu’une fois découverte la lecture qui allait motiver Miky, on tournait en rond, et que le chemin était tracé. Je l’ai fini parce que c’était court, mais je me suis honnêtement un peu ennuyée.

 

p. 14 : « A l’époque, je commençais sérieusement à lorgner vers les filles, surtout une en particulier. En vérité, juste une. Ma pénitence aurait été moins dure si ma geôlière avait été jeune et séduisante. Mettons que si elle avait ressemblé à Amy, j’aurais trouvé la punition presque douce. Or, il se trouve que la bibliothécaire de Galforquin était loin de ressembler à Amy. Et d’ailleurs, je doute qu’il existe une seule jolie bibliothécaire au monde. Pourquoi une jolie fille viendrait-elle s’enfermer dans un trou à rat ? Foinsec avait la charge de me faire lire et de me surveiller. Et je crus comprendre le premier jour où j’entrai dans mon piège que ce rôle lui procurait un certain plaisir. Le ton sec, qui lui valait son surnom et qu’elle employa pour me signifier que j’avais dix minutes de retard, me le confirma. C’était le temps qu’il m’avait fallu pour gravir les marches. (…) Foinsec était la preuve vivante que les livres ne rendent pas heureux. »

 

Le billet de Véro, plus enthousiaste 

 

Océan éditions, coll. Océan fiction ados, mai 2011, 192 pages, prix : 9,90 €

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Crédit photo couverture : © Océan éditions

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Trop loin la mer - Frédérique Niobey

11 Janvier 2012, 10:04am

Publié par Laure

trop-loin-la-mer.jpgDepuis que son père a refait sa vie, Rosa n’y trouve plus sa place et ne cesse de fuguer. Son père l’a décidé, avec l’aide des services de l’aide à l’enfance, elle va être placée en famille d’accueil. L’extraire de son milieu familial pour lui faire du bien, pensent-ils tous. C’est ainsi que Rosa débarque au milieu de nulle part, dans un village perdu du Périgord, chez Mame et Sid, qui accueillent des ados comme elle dans leur maison baptisée « Le lieu de vie ». Rosa fait la connaissance de Sister, une autre ado, et de trois garçons placés là comme elle. Malgré toute leur bonne volonté, elle refuse de se lier à eux.

Elle reste rebelle, refuse de s’intégrer, cherche constamment le conflit. Seules les errances au bord de la Dordogne l’apaisent un peu, de même que les rencontres avec Mona, une jeune du village. Mais les parents de Mona désapprouvent cette « mauvaise » fréquentation.

On est sur le fil en permanence dans ce roman, avec une violence sourde qu’on sent gronder, tapie à l’intérieur, tout près d’exploser, le texte est âpre pour décrire le mal-être de Rosa, une violence et une rébellion qui cachent une grande détresse et tristesse aussi, juste un énorme besoin de sentir aimée. Quant au pourquoi du titre, trop loin la mer, vous le découvrirez sur la fin de l’histoire.

Ce texte m’a souvent fait penser au roman de Maud Lethielleux, « tout près le bout du monde », de par le thème abordé, car le style est très différent. Ici l’auteur a très bien réussi à retranscrire cette violence qui enfle, l’agitation intérieure sans repos, laissant au lecteur le sentiment que tout va basculer, car malgré la présence de l’eau (qui libère ?), l’atmosphère est étouffante, sombre et pesante pour le lecteur. Les tensions s’allègeront par une lueur d’espoir qui fait du bien, un dénouement peut-être un peu trop simple, mais sans doute espéré de tous.

 

Rouergue, coll. DoAdo, octobre 2011, 136 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

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Comment (bien) gérer sa love story – Anne Percin

27 Décembre 2011, 10:27am

Publié par Laure

comment-bien-gerer-sa-love-story.jpgMaxime est de retour ! Si j’avais adoré Comment (bien) rater ses vacances, je suis un peu plus réservée sur ce titre-là, peut-être tout simplement parce que je n’ai plus l’âge du lectorat visé. J’avais trouvé très drôle le premier volume, mais il s’enrichissait d’une profondeur intéressante sur le rapport à la famille et d’une grande sensibilité et finesse dans le récit. 

Maxime continue son bout de chemin, avec sa copine Natacha, son smartphone tout neuf, sa guitare et son ambition de musicien, traduisez « quelqu’un qui aime la musique et pas les soupes commerciales reprises par les lolitas de huit ans ». Alors pourquoi ça blesse ? (mais ça n’engage que moi !) Parce que j’ai eu dans ce deuxième volume l’impression d’un exercice de style permanent : inventer trois vannes à la ligne place forcément sur la corde raide, et pour moi, l’auteur en fait (un peu) trop. De même les pseudo notes de bas de page m’ont assez vite agacée, ajoutant à la surenchère dans l’humour. Arrêtons de surjouer pour revenir à plus de simplicité, parfois ça fait juste du bien de souffler un peu.

Et il n’y a pas vraiment de fin, sinon qu’on imagine déjà le bandeau  Comment (bien)…« saison 3 ». Pourquoi pas ?

 

p. 35 "J'ai reconnu la voix châtré de Don" : ce serait pas mieux avec un "e" à châtré ?

p. 183 " La saison 1 de Dr House repassait sur TF1, en version française évidemment, pour les ploucs." Ah ces jeunes, aucune pitié. Mais on ne peut pas demander non plus à TF1 de faire du Arte, et c'est tellement plus snob de jouer les puristes. Je suis la première à penser qu'il faut arrêter le nivellement par le bas, mais pas à penser que toutes les cultures populaires sont illégitimes. Bon, c'est un autre débat. A la cave Maxime, avec ta guitare, montre-nous de quoi t'es capable, et on en reparle.

  

   

Rouergue, novembre 2011, 244 pages, prix : 13,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

 

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Le faire ou mourir - Claire-Lise Marguier

15 Octobre 2011, 15:00pm

Publié par Laure

le-faire-ou-mourir.jpgDamien Decarolis, Dam DeCaro (dame de carreau ?!), 16 ans, était un jeune plutôt craintif et renfermé, jusqu’à ce qu’il rencontre Samy, qui illumine ses journées, par son écoute et son amitié. Dam est un peu la tête de turc du lycée, régulièrement victime de la bande de skateurs, et ça met Samy en rogne. Samy et sa bande, vêtus de noir, piercings, eyeliner noir… tout cela ne plaît guère aux parents de Damien.

Dam est un jeune en souffrance, qui n’a trouvé comme réconfort que l’automutilation, par des scarifications quotidiennes.

Un récit sombre et trouble qui nous plonge en apnée dans la vie de Dam, et dans le manque de communication et l’incompréhension entre ses parents et lui. Là où ils ne voient que mauvaises influences et peur de l’homosexualité, Dam ne voit que douceur et mieux-être. La pression monte jusqu’à cette fin si terrible, atroce, mais logique et évidente. Une énorme claque pour le lecteur qui en reste anéanti un moment. Et puis ce n’était pas la fin, le texte reprend, offrant une autre fin plus optimiste.

J’aime cette littérature jeunesse-là, forte, engagée, dérangeante, qui laisse son lecteur étourdi et mal à l’aise. J’aime moins cette fin alternative. Un peu comme si l’auteur me laissait le choix : d’un côté une fin terrible, noire, sans espoir, (souvenez-vous de la polémique dans une autre collection chez un autre éditeur jeunesse), et de l’autre, une fin plus optimiste, celle que s’imposent beaucoup d’éditeurs jeunesse face à lectorat adolescent qu’ils jugent fragile par définition.

Et moi je n’aime pas avoir le choix, ça ne m’intéresse pas en lecture. Pour moi la première fin me convenait donc très bien et la seconde affadirait presque le texte. Mais ce qui est amusant, c’est que d’autres lecteurs n’ont pas eu cette impression du tout : ce que je prends pour une fin alternative, ils l’ont pris pour un rebondissement du roman : non c’était juste un mauvais rêve, ça ne pouvait pas finir comme ça, c’était juste un rouage de l’intrigue, mais la vraie fin, la seule et unique, c’est bien la dernière.

Mais moi je doute, et c’est là qu’on rêve tous de poser la question à l’auteur !

Mais surtout, je ne veux pas qu’on me laisse le choix de prendre celle qui m’arrange.

(D’autant que là, celle qui m’arrange, c’est la pire, celle qui ressemble aux faits divers de la télé)

 

En tous les cas, pour un premier roman, c’est un coup de maître : tout y est maîtrisé, effroyable et sensible, et indéniablement marquant.

 

Rouergue, septembre 2011, 102 pages, prix : 9,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

 

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