Les jardins d'Hélène

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La plus belle fille du monde – Agnès Desarthe

13 Janvier 2010, 15:17pm

Publié par Laure

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Sandra Walser, quatorze ans, fouille dans la bibliothèque de sa mère et tombe sur un vieux bouquin qui l’attire : Roman des origines, origines du roman, de Marthe Robert, un incontournable des ex étudiants de lettres, on a tous planché là-dessus, et il est toujours dans ma bibliothèque. Il n’en faut pas plus à Sandra pour se mettre à l’écriture, et nous raconter sa vie avec sa mère divorcée, son père qu’elle va revoir après des années d’absence, sa vie au lycée, son groupe d’amis façon « les trois mousquetaires », et surtout… l’arrivée dans sa classe de la plus belle fille du monde, Liouba Gogol, « un mètre soixante-dix, un visage en triangle, des joues roses, des yeux verts, un chignon blond à moitié défait, une bouche très rouge et de longues mains de pianiste. »

Frais comme l’adolescence, drôle et parfois cynique comme la jeunesse, ce petit roman d’Agnès Desarthe m’a charmée et enthousiasmée par ses références à la construction narrative dont joue l’héroïne, procédé qui m’a rappelé le récent Square des héros d’Eva Kavian. Un hasard d’enchaînement, mais un grand plaisir de lecture !

 

 

Lu (et aimé) par Marie, Clarabel, Laurence, beux, Stéphanie (attrape rêve), ...

 

 

Ecole des loisirs, coll. Medium, septembre 2009, 162 pages, prix : 9 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Sereg et éd. L’école des Loisirs

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Le chagrin du roi mort - Jean-Claude Mourlevat

3 Décembre 2009, 09:44am

Publié par Laure

Sur l’île de Petite Terre dans la froidure du Grand Nord, le roi Holund est mort. Les jumeaux Aleks et Brisco vont rendre un dernier hommage à son corps exposé à la foule. Peu après, Brisco est enlevé dans la grande bibliothèque de la ville …
Je n’en dis pas plus, mais l’histoire est riche de thèmes et de rebondissements, 400 pages qui se savourent  sans voir le temps passer. Il y est question de famille, d’enfance, de séparation, de premier amour, de prophéties, de guerre, de vengeance, de luttes et de courage, de secrets, comme dans le précédent roman de Mourlevat, le combat d’hiver, on est ici dans une littérature jeunesse de grande qualité, à l’imagination fertile et riche qui plaira autant aux adultes qu’aux adolescents. Un grand roman d’aventures aux très légers soupçons de fantastique.

 

Les lectures de Clochette, Cuné, Clarabel, Fashion, et tant d’autres sans doute !

Gallimard Jeunesse, mai 2009, 402 pages, prix : 16 €
Etoiles :
Crédit photo couverture : © Joëlle Jolivet et éd. Gallimard

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Quatre filles et un jean, (l'intégrale) - Ann Brashares

25 Octobre 2009, 19:19pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (US) par Vanessa Rubio


Attention, ceci n'est pas un vrai billet, je n'ai pas lu le livre dont je parle, c'est juste une information que je vous donne, mais c'est quand même une bonne nouvelle.
Gallimard a réuni en un seul gros volume de 993 pages les 4 tomes de sa série "Quatre filles et un jean", dont le premier volume portait le titre éponyme, et les suivants s'appelaient simplement "le deuxième été", "le troisième été", "le dernier été". Ma grande a lu ces titres quand elle avait entre 12 et 12 ans1/2, et elle les a vraiment beaucoup beaucoup aimés. C'est une série qui marche énormément à la bibliothèque aussi, auprès des filles de 12 ans et +. Je dis et + parce que je ne mets pas de limites, je connais beaucoup de mamans qui les ont lus aussi et il se peut bien que je m'y mette un jour.
Seulement à la bibliothèque, il manque toujours le tome que vous voulez, déjà emprunté par quelqu'un d'autre. A la maison, votre fille lit tellement vite (parce qu'elle adore) qu'elle se retrouve en manque du tome suivant. Et qu'à 15 euros le volume, vous commencez à trouver que ça fait chérot. Et bien maintenant vous n'avez plus d'excuses, le bon gros volume qui rassemble les quatre est à 25 euros et plus personne ne sera en manque. Quand on sait la vitesse à laquelle les gros lecteurs s'enfilent les briques que sont Harry Potter et Eragon pour le nombre de pages, pas de soucis, vos filles, nièces, petites cousines seront ravies.
Je n'offrirais peut-être pas un pavé à quelqu'un qui n'aime pas lire parce que ça peut rebuter, sauf si vous savez y faire pour vanter les mérites de l'affaire, mais sans garantie de résultat, je ne fais pas de miracles non plus. Je n'ai pas parlé de garçons parce qu'à ma connaissance il n'y a pas de garçons qui les aient lus près de chez moi.

Je précise que ce n'est pas un billet sponsorisé (je ne touche pas d'argent dessus, si vous préférez), mais qu'une bonne fée chez Gallimard Jeunesse me l'a envoyé sans que j'ai rien demandé, et que j'ai aimé la surprise.


Gallimard jeunesse, octobre 2009, 993 pages, prix : 25 €
Crédit photo couverture : éd. Gallimard Jeunesse

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Papa et maman sont dans un bateau - Marie-Aude Murail

19 Octobre 2009, 15:08pm

Publié par Laure

Il y avait déjà eu le très bon Miss Charity il y a quelques mois, il y a aujourd'hui, dans un genre très différent, l'excellent Papa et maman sont dans un bateau. Marie-Aude Murail est un caméléon qui colore diversement et magnifiquement la littérature jeunesse.


Ici, la famille Doinel. Le père, Marc, dirige une société de transport routier, en prise à une restructuration sévère, licenciements et réorganisation sous la coupe d'un fils à papa sans cœur. Il faut trancher dans le vif tout en restant humain, pas facile ! La mère, Nadine, est institutrice en classe de maternelle. Les bambins sont aussi attachants que dévoreurs d'énergie, et quelle corvée délicate que ces évaluations des compétences dès 3 ans ! Pourtant ils aiment leur métier ces deux-là, mais parfois, la morosité pointe le bout de son nez...

Dans la famille, deux enfants : Charline, en classe de 3ème, adolescente fan de mangas, et Esteban, en CE2, garçonnet un peu timide quand il s'agit de se faire des amis, harcelé par un gros dur à l'école, mais enfant curieux et débordant d'idées et de questions....

C'est la vie qui va et tourbillonne dans la famille Doinel, une vie active à priori sans gros soucis, avec ses fatigues et ses incompréhensions ordinaires. Au hasard d'un article de Psychologies Magazine acheté par Madame, tout le monde va se surprendre à rêver d'une vie plus simple, retour à l'essentiel, à la lecture d'un article sur des familles parties vivre sous des yourtes mongoles en Bretagne. Chacun rêve à cette vie sous la yourte en secret, jusqu'au jour où finalement, tous quatre réussiront enfin à communiquer...


Que dire sinon que ce roman est brillant ! Plus vrai que nature, tout sonne au plus juste, tant la vie en maternelle que le climat social dans l'entreprise, tout comme les préoccupations des enfants de la famille. Les personnages secondaires sont bien campés également. Roman social, d'actualité, qui n'oublie jamais l'humour, dans un style vif et simple, c'est la vie d'aujourd'hui qui court dans les lignes de Marie-Aude Murail, et qu'on ait 13 ans (âge de lecture conseillé) ou bien plus, on se régale du début à la fin !

Un gros, gros coup de cœur !


Lu et approuvé également par grande fillette, 13 ans.


Adoré aussi par Aurélie, Cuné, Cathulu,...


L'école des loisirs, coll. Medium, mars 2009, 294 pages, prix : 11 €

Etoiles : 

Crédit photo couverture : Franck Juery et éd. L'école des Loisirs


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Un soir, j'ai divorcé de mes parents - Rachel Hausfater

9 Septembre 2009, 10:56am

Publié par Laure

Le jeune lycéen narrateur de l’histoire vient de subir de plein fouet le divorce de ses parents. Il n’en peut plus de voir sa mère effondrée et son père envolé. Alors c’est décidé, il divorce lui aussi, de sa mère, de son père, et de lui-même leur enfant. Profitant de l’absence de communication entre ses parents et du déménagement de son père, il cache à sa mère le fait qu’il ne pourra plus voir son père un week-end sur deux, et profite de ces week-ends libérés pour vivre seul sa vie dans une chambre de bonne familiale, en secret.

Besoin de distance pour se recréer lui-même, pour mûrir plus vite, comme sans doute l’oblige souvent un divorce pour des adolescents.

L’écriture de l’auteur m’a d’abord gênée, trop travaillée, beaucoup de jeux sur les sons, les rimes, la langue, c’est sympathique, mais trop c’est trop, fatigant. Exemple : (p. 19, sur sa mère) « Pendant des heures elle erre, randonneuse en détresse, elle déambule en somnambule, et arpente en aveugle les rues sans issue de notre appartement. Elle tourne en rond, en rien, en vain. Elle ne va nulle part et n’y arrive même pas. Car elle s’est perdue.

Et moi, je l’ai perdue. »

Le texte m’a souvent fait l’effet d’avoir besoin d’être slamé, clamé, déclamé à voix haute. On s’y fait, l’effet se calme un peu ensuite, ou je n’y ai plus prêté attention.

L’histoire est courte et agréable à lire quand même, mais je la trouve au final peu crédible : trop adulte, trop mature, trop de réflexions toutes faites sur le divorce, sensées mais très « magazines psy » vues partout, l’auteur n’a pas su à mon goût s’effacer suffisamment pour laisser vivre son personnage,  du coup il semble déclamer un discours qui n’est pas le sien. Et puis pouvoir vivre aussi longtemps seul les week-ends sans que ses parents s’en rendent compte, mouais…

 

L’avis assez identique de Clarabel

 

Ed. Thierry Magnier, mars 2009, 125 pages, prix : 7,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Claude Cachin et éd. Th. Magnier.

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Les fleurs brûlées - Nadine Monfils

4 Septembre 2009, 07:19am

Publié par Laure

Paris, septembre 1676. Marie-Madeleine vit recluse avec sa chambrière, fuyant la vie et le tumulte de la ville, gardant pour elle son secret : sa mère, la marquise de Brinvilliers, a été guillotinée en place de Grève, pour ses multiples implications dans l’affaire des Poisons. Sa fille, qui porte le même prénom, ne peut accepter les horreurs et meurtres perpétrés par sa mère et n’arrive pas à dépasser ce lourd héritage moral, même si elle n’est en rien responsable des actes de sa mère. Elle vit désormais le plus discrètement possible, même Jeanne sa chambrière ne sait rien de son histoire.

Mais un beau jour, Marie-Madeleine reçoit des colis inquiétants, qui laissent entendre que quelqu’un sait qui elle est et veut lui faire payer les crimes de sa mère.

L’aspect policier du roman (qui envoie ces colis et pourquoi ?) passe vraiment au second plan dans le roman. Le sujet principal me semble plutôt être la « reconstruction » de la jeune femme, le regard qu’elle va pouvoir poser sur sa mère après le soutien et l’affection que lui a apportés La Reynie, Chef de la Police parisienne ayant fait condamner sa mère.

Un roman qui devrait plaire aux jeunes lectrices (dès 12-13 ans quand même) qui affectionnent les romans historiques, car celui-ci notamment part d’une trame réelle, les personnages ayant réellement existé. Seule l’intrigue développée autour du devenir de la jeune Marie-Madeleine est imaginaire.

A la fin du roman, de courtes notices retracent l’affaire historique des poisons et la biographie des personnages (La Voisin, La Brinvilliers, Nicolas Gabriel de La Reynie, Louis XIV…)

Une façon sympathique aussi de réviser l’Histoire !

 

Mijade, 2009, 142 pages, prix : 7 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Guy Servais / Shutterstock et éd. Mijade

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Demain, ça ira mieux - Jean-Paul Nozière

18 Août 2009, 05:51am

Publié par Laure

Dans cette excellente collection de nouvelles chez Thierry Magnier (pour ados et sans limite d’âge !), un nouveau titre : Demain, ça ira mieux. Huit nouvelles percutantes d’un auteur prolifique qu’on ne présente plus : Jean-Paul Nozière.

Des nouvelles variées qui ont le plus souvent pour point commun une triste fin, une chute inattendue (qu’on devine quand même parfois !) mais qui jouent sur l’humour (noir !) pour nous intriguer et nous faire aller de l’avant.

Contrairement à Esmeraldae, la première nouvelle (Triple saut, sur le pari d’un adolescent) est peut-être celle que j’aime le moins, car on en sort frustré : oui la chute est évidente, mais non, on en veut plus, ça ne peut pas finir comme ça ! Mordante ironie du sort ! Petits malfrats ou pédophiles, père endeuillé qui veut voir son fils triompher dans le cyclisme pou revivre sa jeunesse par procuration, jusqu’au drame (On va gagner), les chutes sont toutes terribles, mais la lecture est rendue légère par le plaisir qu’on y prend !

 

L’avis de Sophie Pilaire sur Ricochet 
 

Le site de l’auteur 

 

Thierry Magnier, coll. Nouvelles, juin 2009, 179 pages, prix : 9,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Marion Bataille et éd. Th. Magnier

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En secret - Arnaud Tiercelin

10 Août 2009, 14:12pm

Publié par Laure

Alors qu’il s’apprête à vendre la maison de ses parents décédés, Léo retrouve son journal dans sa chambre d’adolescent. L’occasion d’un retour en 1995, quand il avait 13 ans, était blanc comme un cachet d’aspirine et musclé comme une mouche, qu’il était hypersensible et toujours à fleur de peau, qu’il rêvait de devenir écrivain au point d’y consacrer tous ses mercredis après-midi, sans grand succès d’ailleurs. Plus qu’un journal, c’est une longue lettre à Cédric, ce garçon qui lui manque tant et dont on ne sait pas tout de suite qui il est, quel lien il y avait entre eux. L’écriture est le seul moyen qu’a trouvé Léo pour faire taire ces voix qui le hantent et pour libérer cette déception concernant cette Sophie qui ne le comprend pas, c’était pourtant bien une lettre d’amour qu’il lui a donnée !

Un roman fin et délicat, un peu mélancolique, placé sous l’influence d’Arnaud Cathrine et d’Olivier Adam (pour les thématiques de la mort, du deuil, de la solitude, de l’amour adolescent, …), d’ailleurs Arnaud Tiercelin les remercie à la fin, et va même jusqu’à terminer son roman par un extrait de Mon démon s’appelle Martin, d’Arnaud Cathrine. Il n’égale pas encore les maîtres, mais il en prend la voie. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. En secret est son premier roman publié (je crois...)

 

A découvrir dès 13 ans.

 

Le blog de l’auteur
Un nouveau titre à paraître le 9 novembre 2009 : S’échapper ici. (voir sur son blog ou sur le site de l'Ecole des Loisirs)

 

Ecole des Loisirs, coll. Medium, mars 2009, 167 pages, prix : 9,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Sereg et éd. L’école des loisirs

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On s'est juste embrassés - Isabelle Pandazopoulos

26 Juillet 2009, 05:56am

Publié par Laure

Aïcha vit dans une cité de banlieue parisienne, seule avec sa mère depuis que son père les a mystérieusement quittées sept ans auparavant, elle a 15 ans, elle est née en France, c’est seulement son nom qui est arabe. Au collège, elle a une meilleure amie : Sabrina Boussaïd. Son quotidien bascule le soir où elle embrasse Walid, le grand frère de Sabrina. Celui-ci se vante de plus, elle a beau nier : « on s’est juste embrassés », rien n’y fait, le déshonneur circule plus vite que la vérité.

Plus qu’un roman sur les jeunes filles maghrébines de banlieue, c’est d’abord un roman sur les racines, Aïcha ne pourra pas avancer dans la vie tant qu’elle n’aura pas dénoué son histoire familiale. Bien des points sont secrets : les non-dits de sa mère, les raisons de son épuisement et de son mal-être, et il faudra du temps aux uns comme aux autres pour que les fils se retissent, dans la vérité cette fois.

Un roman intéressant qui mêle peut-être un peu trop de thèmes (fallait-il vraiment que le jeune Koto, fidèle ami d’Aïcha, soit un malien sans papiers ?) Honneur de la famille, incompréhension des jeunes filles qui veulent vivre à l’Occidentale, résignation, mal-être de l’adolescence, génération post-immigration, premier flirt, première fois, absence du père sont des éléments de ce roman simple et touchant, à proposer dès 13 ans.

 

p. 27 : « Ma mère détestait me voir lire, alors j’évitais qu’elle le sache. C’était comme une maladie honteuse, comme le plaisir que l’on se donne à soi-même, ou les larmes, je faisais ça en cachette. »

 

Lu aussi par Clarabel, Karine, Gawou, Bellesahi , Cathulu, Lael, (pardon si j'en oublie, je n'ai pas encore trouvé le moteur parfait qui recense tout le monde !…)

Nota : je n'ai jamais été contactée par la mystérieuse Véronique de chez Gallimard Jeunesse à qui de nombreux billets font référence, pour ma part, c'est un livre de la bibli.
 

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, juin 2009, 157 pages, prix : 8 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Luc Beziat et éd. Gallimard jeunesse

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Jeu de mains - Adeline Yzac

12 Juin 2009, 05:48am

Publié par Laure

Valantin (oui, avec 2 a) est en classe de seconde et a à peine 15 ans, non qu’il ait une année d’avance, mais il est de la fin de l’année, 14 ans et 10 mois, quoi… Valantin est comme tous les garçons de son âge : curieux et angoissé face à sa sexualité naissante, et pour tout dire obsédé. Mater les filles et se masturber, voilà qui occupe la quasi-totalité de son temps, du moins de ses pensées ! Mais cet après-midi-là, dans une papeterie près de la place du Capitole à Toulouse, Valantin achète une paire de ciseaux, des ciseaux rouges, pointus, qu’il choisit longuement, méticuleusement.

Adeline Yzac réussit là un double exploit : celui de parler ouvertement et clairement de la masturbation masculine adolescente pendant 110 pages, sans jamais être vulgaire ou graveleuse, et celui de faire mine de nous mener quelque part pour nous conduire finalement tout à fait ailleurs. Car au fil des pages, la tension monte, à force de nous parler du tranchant de ses lames et du courage qu’il va lui falloir, Valantin nous stresse un peu quand même, sur l’utilisation qu’il compte faire de ses nouveaux ciseaux ! Or la chute est surprenante, vraiment bien conduite !

J’ai aimé également le regard porté par l’adolescent sur ses parents, c’est tout à fait ça !

 

A conseiller dès 14 ans.

 

J’avoue tout de même que la médiation de ce livre n’est pas évidente. J’ai un fils de 14 ans et 10 mois et quelques (comme dans le livre quoi) et je ne me vois pas le lui offrir. Parce que les garçons de 14 ans ne lisent pas, ou pas de romans (parce que ce n’est pas vrai qu’ils ne lisent pas !), et que c’est un sujet qu’une mère ne sent pas d’aborder si facilement. N’y aurait-il pas dans le coin une mamie moderne qui dirait nonchalamment : tiens, je ne l’ai pas lu, mais mon libraire me l’a vivement conseillé pour les jeunes de ton âge, ou un parrain bienveillant, je ne sais pas moi, parce que même si je le laisse traîner sur le canapé, j’ai plus de chances qu’il  soit lu par mes filles ou qu’il serve de coussin au chat que de se retrouver entre les mains de l’adolescent en question. Adolescent qui ne nous plaignons pas, après avoir lu Schopenhauer ( !), m’a demandé les Misérables, a failli le regretter quand je lui ai ramené les 1800 pages imprimées en caractère taille fourmi des deux tomes en Folio, mais qui s’est remis à lire après 2 ou 3 ans de désert sidéral (informatique, surtout), des trucs qu’il pioche je ne sais où mais en tous les cas pas au collège (parce qu’à chaque fois que je lui demande quel prof a parlé de ce livre, il me répond que non, c’est sur Internet avec les copains). Parce qu’il n’y a que lui pour lire le laboratoire des poisons sous un cocotier à la Réunion (quand sa mère lit Gala ou Voici quoi, n'est-ce pas Véro ?) et Kesey, Vol au-dessus d’un nid de coucou dans les TGV pour aller chez son père. Finalement, je suis comme la mère du livre : il est bien mon fils !

 

L’avis de Laurence, du Biblioblog  et celui de Clarabel.

 

Ed. du Rouergue, coll. DoAdo, 110 pages, janvier 2009, prix : 7 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Marion Bataille et Le Rouergue

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