Les jardins d'Hélène

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Délit de fuite - Christophe Léon

5 Octobre 2011, 09:28am

Publié par Laure

delit-de-fuite.jpgSébastien, 14 ans, a des parents divorcés. Un week-end sur deux, il part avec son père dans leur maison de campagne. Parce que celui-ci a un rendez-vous avec le plombier et qu’il craint d’être en retard, il fait fi de la prudence, et percute à vive allure une femme qui venait de sortir de sa voiture, sur le bord de la route.

A la grande surprise de son fils, il fuit, et lui demande de tout oublier et de ne plus en parler. Ce que bien sûr ne peut supporter Sébastien. La femme est-elle morte, ou juste blessée ? Il réussit à la retrouver, elle est hospitalisée, et il sympathise avec son fils Loïc, 17 ans, seul à affronter la situation.

La construction est intéressante et habile : par alternance des chapitres, on a le récit de Sébastien, à la première personne, et celui de Loïc, plus surprenant, à la deuxième personne. Ce « tu » crées une mise à distance étonnante mais plaisante. Même si les ressorts de la construction sont un peu trop visibles, ça fonctionne, et l’on ne peut s’empêcher d’aller au bout quasi d’une traite, pour savoir jusqu’où va pouvoir se nouer cette amitié, et si Sébastien va avouer ou non ce qui le bouleverse.

Un roman intéressant sur l’image qu’on peut avoir d’un père, et qui se trouve chamboulée du jour au lendemain, et si le roman aborde la question de la sécurité routière, il n’est absolument pas moralisateur, il évoque des faits, et les réactions des personnages qui doivent « faire avec ». Car même avec une idée arrêtée sur la question, on ne peut s’empêcher de se dire « et moi, qui sait ce que j’aurais fait dans un moment de panique ? »

Le roman aborde aussi la question d’une amitié improbable qui néanmoins triomphe, quand l’autre est peut-être avant tout une bouée de secours.

Un bémol sur la fin, bien trop ouverte à mon goût (les habitués de ce blog savent que je déteste les fins ouvertes, genre on a tout bien fait jusque là, maintenant débrouillez-vous, imaginez ce que vous voulez. Non, j’ai l’impression qu’on me laisse en plan et que l’auteur n’a pas eu le courage de faire un choix), même si ici, on peut imaginer sans trop se tromper une partie des conséquences, mais absolument ce qu’on veut au sujet de la mère.

Pour conclure, un roman inhabituel et vraiment prenant, qui mérite largement qu’on s’y arrête !

 

Des avis (enthousiastes aussi) ici : les riches heures de Fantasia (Sophie), Oceanicus in folio (Bladelor), ...

 

 

La joie de lire, coll. Encrage, janvier 2011, 175 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © Hervé Tullet et éd. La Joie de Lire

 

 

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Brise glace - Jean-Philippe Blondel

30 Septembre 2011, 14:30pm

Publié par Laure

brise-glace.jpgAurélien, 17 ans, nouveau venu au lycée, est un élève solitaire qui ne cherche pas trop à se lier d’amitié avec les autres. Paraître invisible lui convient très bien. Effacé, il porte un drame en lui, auquel il s’efforce de survivre depuis quatre ans. « Cela avait un rapport avec l’hiver, avec la glace. Avec le deuil. » (p.85) Inutile d’en dire plus, d’ailleurs quand on connaît tous les autres ouvrages de Blondel, l’histoire nous est quasi familière. Mais Aurélien va céder sous le « brise-glace » qu’est Thibaud (avec un d, il insiste) et c’est par l’intermédiaire du slam que l’adolescent va se libérer du poids qui l’engourdit. Un très beau roman sur la culpabilité, la trahison, la vie qui continue toujours, et le pouvoir de l’écriture dans la reconstruction.

 

Sans doute pas mon préféré de l’auteur, peut-être parce que le slam et l’écriture qui y est liée ne m’ont pas vraiment touchée - même si j’apprécie toujours autant la sensibilité intérieure des personnages et leur façon d’y faire face - parce que son univers peut-être m’est devenu trop familier, ou les parutions trop rapprochées, alors que paraissait au même moment Et rester vivant, et que je perçois forcément les similitudes… Mais pour un ado qui découvrirait Blondel par ce titre-là ou après quelques autres de cette collection (ce qui est quand même le plus vrai semblable !), je pense qu’il y a là matière à le toucher, ne serait-ce que par le ton très proche : Blondel est un fin observateur de l’adolescence (il est enseignant en lycée) et ça se sent !

 

Lu et aimé par Clarabel, Bauchette,  Serge Cabrol pour encres vagabondes, …

 

Actes Sud junior, septembre 2011, 106 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Ocean / Corbis et éd. Actes Sud junior

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Camille aime pas danser - Marie-Sophie Vermot

21 Septembre 2011, 09:11am

Publié par Laure

camille-aime-pas-danser.jpgCamille, 14 ans, en classe de 3ème, vit dans l’ombre de sa sœur Anastasia, 15 ans, en classe de 2nde, « brillante, belle, gracieuse ». Elles vivent seules avec leur mère depuis le départ de leur père, qui a fondé une nouvelle famille ailleurs. Mais la tante Mathilde et la grand-mère sont très présentes. Un jour de shopping, Mathilde s’exclame sur le petit ventre à peine rond d’Anastasia : l’adolescente est enceinte, mais s’est voilée la face.

La tante Mathilde va prendre la situation en main, planning familial, avortement en Espagne car les délais légaux français sont dépassés, tout cela sous le regard attentif de Camille, qui nous raconte l’histoire.

Ce qui est extrêmement surprenant dans ce roman, c’est l’attitude de la mère : elle fuit, ne veut rien savoir de tout cela, laisse les autres se débrouiller, part faire une cure de silence on ne sait où, mais ne veut surtout pas affronter le problème, ni même en entendre parler. Immature et irresponsable. Personne ne la juge ni ne cherche à comprendre, aucune tentative d’explication : on la laisse à sa petite vie, les autres gèrent à sa place, et tout paraît si normal et si facile. C’est agaçant et l’on reste sur sa faim.

Que ce soit sur le personnage de la mère ou le parcours de l’avortement, le récit est extrêmement détaché, reste en surface des choses, suit un fil logique et sans embûche, où tout semble à la fois simple et hors du monde. Camille tente bien d’avoir un regard plus réaliste (notamment sur le fait que sa sœur ne reprenne pas sa scolarité immédiatement), mais elle ne fait pas le poids. Trop de questions sans réponses, de distance, de chevaliers servants (la tante, la grand-mère, le père qui débarque du Japon) m’ont laissée sur le bord de la route. Le personnage de la mère était intéressant mais l’on n’en fait rien, le reste me paraît « trop facile », sans véritable questionnement psychologique. 16 ans, enceinte, c’est trop tard pour avorter, bah on va à l’étranger tout de suite, et puis voilà. S'agissant d' un roman jeunesse, j'ai du mal à percevoir s'il y avait un message à faire passer et lequel.

 

J’avais commandé ce livre parmi d’autres auprès de ma libraire jeunesse (le commentaire enthousiaste de Clarabel sans douteJ), et puis en récupérant ma commande, elle a laissé échapper cela : « ah celui-ci je l’ai lu. C’est un roman sur l’avortement, mais …bof quoi. » Déstabilisée, je n’ai pas osé le retirer de mon panier, mais après lecture, je crois que j’ai la même conclusion qu’elle.

 

Ed. Thierry Magnier, août 2011, 110 pages, prix : 8 €

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Crédit photo couverture : © Véronique Figuière et éd. Thierry Magnier.

 

 

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J'me sens pas belle - Gilles Abier

26 Août 2011, 10:06am

Publié par Laure

jme-sens-pas-belle.jpgSabine a vingt ans et s’est toujours trouvée très laide. D’ailleurs depuis toute petite elle économise patiemment pour s’offrir plus tard une chirurgie du nez et des paupières. Mais parfois la vie bouleverse vos projets, surtout quand l’amour pointe son nez sans crier gare.

Sabine rencontre Ajmal au rayon des mousses à raser d’un hypermarché alors qu’elle fait les courses pour ses parents. Ce jeune homme est d’une beauté époustouflante, et semble un peu perdu. Elle l’aborde et fait ainsi connaissance avec ce jeune Afghan sans papiers. Leur liaison va vite déplaire à son père.

Dès lors on s’attend à un roman assez convenu sur le sort réservé en France aux sans-papiers, les arrestations musclées, les centres de rétention et les renvois en charters. Force est de reconnaître qu’outre cela, ce roman offre bien plus : une vraie réflexion assez osée sur l’amour aujourd’hui (Sabine fait quelques expériences pour le moins un peu surprenantes), et sur le droit à l’erreur et ses conséquences. Le personnage de Sabine est complexe et bien décrit, entre adolescence et âge adulte, et plutôt audacieux dans ses choix. Les personnages gravitant autour (ses parents, leur employé à la boucherie familiale, son frère Ludo) ont une bonne consistance également. Le tout forme un roman pertinent qui bouscule les idées bienpensantes, sans épargner ni les personnages ni les lecteurs. Une audacieuse réussite.

 

 

Actes sud junior, mai 2011, 139 pages, prix : 11,50 €

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Crédit photo couverture : © Rubberball / Jason Todd et Actes Sud junior

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Visions - Kim Harrington

11 Août 2011, 13:16pm

Publié par Laure

 

traduit de l'américain par Laure Manceau

 

visions.jpgClaire Fern, 16 ans, vit dans une famille de cinglés (c'est elle qui le dit) car ils sont tous dotés d'un pouvoir  : elle est extralucide (elle peut voir des scènes qui se sont déroulées en touchant un objet ayant appartenu à la personne concernée), sa mère est télépathe (elle lit dans les pensées), et son frère médium (il entre en contact avec les esprits des défunts), mais attention, rien à voir avec la voyance, ce truc de charlatan (dit-elle toujours), personne ne peut lire l'avenir, elle s'en défend mordicus. Son père est parti il y a longtemps. Pendant les vacances, Claire et son frère accompagnent donc leur mère dans des séances de lectures (du passé), dont on ne sait d'ailleurs pas très bien ce qu'elles apportent à leurs clients (que viennent-ils vraiment chercher?)

Dans leur ville, une jeune fille de 18 ans vient d'être retrouvée morte, et le frère de Claire est mêlé malgré lui à l'enquête car il a fréquenté la victime juste avant le meurtre.

Les policiers étant soit débordés soit incompétents, c'est à Claire qu'ils vont, avec le maire de la ville, demander de l'aide. (ça c'est super crédible, hein)

Fausses pistes, trio amoureux pour Claire dont le cœur balance entre deux jeunes hommes, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un modèle de collection« young adult » : comme le dit la 4ème de couv : Suspense (hum, c'est pas un polar non plus), romance (très chaste), action, j'ajouterais l'indispensable ingrédient « surnaturel », mais pas fantastique non plus, non, le tout est dosé subtilement.

C'est un roman qui se lit aisément, très vite (écriture et vocabulaire ultra simples) mais que je pense néanmoins réservé à de jeunes adolescents (plutôt filles d'ailleurs), je dirais 12/15 ans. Au-delà, j'avoue que l'intérêt s'émousse vite. C'est plaisant, mais pas suffisamment riche pour qu'il m'en reste un souvenir dans quelques mois.

 

J'ai souhaité avoir l'avis de ma fille de 15 ans moins quelques semaines : « ouais c'est pas mal mais sans plus. Je l'ai lu très vite. C'est pour les ados. Je mettrais stars-3-0__V7092079_.gif aussi. »

 

A noter qu'aucune mention de collection n'apparaît sur l'ouvrage, mais qu'il est bien mentionné sous la loi de 49 des ouvrages jeunesse.

 

Une lecture réalisée en partenariat avec le site Newsbook et les éditions du Seuil, que je remercie tous deux !

 

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Seuil, mai 2011, 269 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © éd. du Seuil

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Voie interdite - Anne Vantal

8 Juillet 2011, 14:10pm

Publié par Laure

voie-interdite.jpgUn jeune homme organise précisément sa fuite dans un campement abandonné et isolé en forêt, en veillant bien à ne laisser aucune trace de lui. On ne sait rien de lui, pas même son prénom qu’on ne découvrira qu’à la fin, et l’on s’interroge bien évidemment sur ce qui a pu le conduire à vouloir ainsi disparaître. Dans une atmosphère de plus en plus oppressante, au récit de survie de ce jeune ermite des bois se dévoile la tragédie de son départ.

On en sort mal à l’aise et étourdi, et on comprend alors la mise en garde sur la 4ème de couverture : « des passages de cet ouvrage peuvent heurter la sensibilité de certains jeunes lecteurs » Certes il y a des scènes sombres, mais c’est l’histoire dans son ensemble qui fait froid dans le dos ! Pourtant, si ça fonctionne si bien, c’est justement parce que l’auteur a su créer cette tension croissante vers une effroyable vérité (et sa fin très dure), avec un regard froid et distancié sur les faits ; une histoire ténébreuse qui hélas ressemble à un nombre croissant de fait divers.

  

Le très bon article de Sophie Pilaire  

 

Actes Sud junior, Romans Ado, avril 2011, 89 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : ©plainpicture/PhotoAlto/Matthieu Spohn et éd. Actes Sud

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Le petit sommeil - Benjamin et Julien Guérif

29 Mai 2011, 17:32pm

Publié par Laure

 

le-petit-sommeil.jpgPierre est un adolescent de 15 ans un peu renfermé et solitaire, et il n'a pas su anticiper sa recherche de stage obligatoire pour le lycée. Il se retrouve donc contraint de demander l'aide de sa mère pour être pris dans la maison de retraite où elle travaille comme aide-soignante.

Dès lors on imagine un roman gentillet et sans surprise, où le jeune découvrirait la gravité de la vie et la compassion au contact des anciens devenus dépendants,et gagnerait la confiance en soi qui lui manque. Fi ! De courage et de confiance en soi il va être question, mais par d'autres détours ! L'intrigue va très vite prendre des accents de roman noir où Pierre devra prendre sur lui d'accepter des entorses à la loi. Jusqu'où sera-t-il capable d'aller pour cet Edmond, un vieil homme que tous qualifient de manipulateur et dont ils ont tous un peu peur, ce vieillard qui ne veut pas « mourir à petit feu » ?

Nul doute qu'on bascule dans le roman noir et l'ambiance des grands classiques - il est d'ailleurs souvent fait allusion au grand sommeil de Chandler , et au dilemme cornélien du Cid - et que la vie de Pierre ne sera jamais plus comme avant, mais pas pour les raisons qu'on aurait pu imaginer dès les premières pages ! Grand banditisme et références aux classiques du cinéma sont en toile de fond.

 

Un roman qui a eu le mérite de me surprendre, de développer un certain suspense addictif (jusqu'où vont-ils aller et que va-t-il se passer?), et de me faire découvrir au passage deux auteurs que je ne connaissais pas. Le petit sommeil est en effet le troisième roman des frères Guérif, qui travaillent aussi ensemble comme traducteurs et scénaristes. Seraient-ils les fils de François Guérif, éditeur et fondateur des éditions Rivages, spécialiste du roman et du film noirs, et co-directeur de cette collection « rat noir » chez Syros ? Assurément, ils ont tout de la bonne école.

 

A proposer dès 13 ans. (et c'est tant d'autres pistes ouvertes ! Votre ado devrait vous réclamer alors le grand sommeil, et de titre en titre... j'aime ces romans qui tendent la perche vers d'autres œuvres en suscitant la curiosité !)

 

éd. Syros, coll. Rat noir, mai 2011, 146 pages, prix : 11 ,90 €

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crédit photo couverture : © Pépito Lopez, photographie : photoalto / frédéric Cirou / et éd. Syros.


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Tout près, le bout du monde – Maud Lethielleux

9 Mai 2011, 20:37pm

Publié par Laure

 

tout-pres-le-bout-du-monde.jpgCe livre semble avoir été lu et aimé par l'intégralité de la blogosphère, et je ne m'y intéressais pas spécialement, n'ayant pas du tout aimé le premier roman de l'auteure, Dis oui, Ninon. Mais quand même, une telle unanimité, je l'ai embarqué à la bibliothèque … pour ma fille (il est publié dans une collection ados). Et ça tombe bien, elle ne savait pas quoi lire en vacances... Elle l'a avalé en deux jours, « c'est pas ma faute si ça se lit trop vite » , et elle m'a tellement parlé de Gogolito, que forcément, j'ai enchaîné moi aussi les deux jours suivants.

 

Le bout du monde est le nom d'une ferme perdue au fin fond de nulle part, tenue par Marlène, qui accueille des enfants et adolescents cabossés par la vie. Elle a une technique bien à elle pour leur faire reprendre pied : écrire chaque jour quelques lignes dans un cahier. Ainsi alternent trois voix au style très différent (et que distinguent aussi trois polices de caractères différentes), celles de Solam, violente et arrogante, mais qui cache un grand cœur et une bonne dose d'intelligence, de Jul (Djoule), qu'on devine battue par son petit copain mais toujours amoureuse, et de Malo, le plus jeune (dit aussi Boule Puante, ou encore Gogolito), qui rêve de retourner vivre chez Cynthia, qu'on pourrait imaginer être sa mère, sauf que c'est pas si simple.


Chacun de ces trois personnages a sa voix propre, et petit à petit, au fur et à mesure des bribes offertes, le lecteur va comprendre les raisons de leur présence chez Marlène. Une Marlène « famille d'accueil » qui a elle-même ses bleus à l'âme, qui écrit elle aussi chaque soir, même si son texte n'est pas donné à lire.

Les cœurs sensibles vont apprendre à se rouvrir, et ces trois jeunes qui ne s'apprécient guère au départ vont se trouver liés bien plus qu'ils ne l'imaginaient. On s'attache très vite aux personnages, alors oui c'est un peu facile et rapide, mais le ton y est juste et l'on s'y sent bien, dans cette intimité partagée. On peut regretter de ne pas avoir au final toutes les clés (même si on en a beaucoup, on ne sait rien de la mère de Malo par exemple) mais l'ensemble est sympathique et finement observé.

 

L'avis de ma grande de 14 ans et demi : c'est trop bien, c'est un peu niais mais c'est trop marrant.

Pour ma part, j'ai surtout aimé nos échanges autour de Gogolito !

 

À conseiller dès 13 ans.

 

Flammarion, coll. Tribal, novembre 2010, 508 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Pauline Daniel / Picturetank / et éd. Flammarion


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Skeleton Creek, tome 1 : Psychose – Patrick Carman

21 Avril 2011, 14:31pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Marie-Hélène Delval

 

skeleton-creek-t1.jpgVoici le premier tome d’une série destinée aux ados qui allie (faux) journal intime et vidéos à consulter sur Internet pour avancer dans le récit, mener l’enquête et vivre l’aventure comme s’ils y étaient ou presque. Ryan et Sarah sont amis, et dans la drague abandonnée où ils vont traîner de temps en temps, ils découvrent des choses étranges, comme une présence. Mais Ryan se blesse et se casse une jambe. Plâtré, il reste allongé chez lui, ses parents lui interdisent de revoir Sarah dont ils jugent la compagnie néfaste. Mais Ryan ne peut bien sûr rester sans nouvelles de son amie, et il communique autant que possible par mail avec elle, à l’insu de ses parents. Tout en écrivant son journal dans un carnet, il regarde les vidéos que lui envoie Sarah…

 

J’avoue, j’étais sceptique (et heureusement je n’ai pas été victime du battage médiatique lancé par l’éditeur – quelques blogs ont reçu d’étranges mails de Sarah Fincher -  j’aurais sans doute freiné des quatre fers, là je me suis laissé convaincre en discutant justement de la pertinence de la méthode avec mon libraire jeunesse ; d’autres éditeurs s’étant déjà frotté à la vidéo alliée au roman sans grand succès)

La présentation est travaillée jusque dans les détails : surboîtier carton comme sur certains DVD, mise en page et typographie, papier ligné façon « journal intime manuscrit » pour le livre, collages de documents imprimés dans le fac-similé de journal, etc. Mais allais-je pour autant avoir envie d’interrompre ma lecture pour aller visionner de courtes vidéos sur Internet à l’aide des mots de passe donnés dans le livre, et si oui allaient-elles vraiment apporter quelque chose à ma lecture ?

Eh bien oui, j’avoue que c’est plutôt bien ficelé, et que ça fonctionne à merveille, passé le premier effort de se connecter (un ee-pc dans son lit ou un smartphone est alors bien pratique, je suis partisane du moindre effort !), si les vidéos n’ont rien d’exceptionnel, elles contribuent à l’effet psychose du récit (le titre de ce volume porte bien son nom !), et vous retiennent malgré vous : c’est facile à lire, prenant, et ça devient carrément flippant ! A l’issue du roman et du visionnage de la dernière vidéo, vous n’aurez qu’un regret : devoir attendre encore 3 mois la parution du tome 2 pour connaître la suite, car les deux héros sont laissés en bien embarrassante situation…

 

Entrer dans l’univers de Ryan et Sarah : www.enqueteskeletoncreek.fr

 

Quoiqu’il en soit, on est bien là au carrefour de quelque chose d’assez innovant en matière de fiction, mêlant étroitement image et écriture. Car les vidéos contribuent vraiment ici à l’atmosphère de l’intrigue et à la participation du lecteur…

(Bien sûr on conclura aussi que c'est extrêmement bien marketé ?)

 

 

Bayard jeunesse, mars 2011, 187 pages, prix : 13,90 €

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Crédit photo couverture : © Christopher Stengel, et éd. Bayard jeunesse

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La ballade de Sean Hopper - Martine Pouchain

18 Avril 2011, 18:18pm

Publié par Laure

 

ballade-de-sean-hopper.jpgBud est un jeune garçon qui vit avec sa grand-mère indienne cherokee dans la petite ville de Springfield, surtout laissé à lui-même en compagnie des corbeaux et des hérissons qu'il nourrit patiemment. Son voisin, Sean Hopper, est un homme violent, bourru, qui travaille à l'abattoir de la ville, où il est le seul à pouvoir abattre froidement les bêtes que vont dépecer les autres. Il déteste les gosses et ne supporte pas leur vue, mène la vie dure à la douce Bonnie qui vit avec lui, à cause de son fort penchant pour l’alcool qui lui fait perdre le contrôle. Il héberge aussi son vieux père dans une cabane au fond du jardin, lequel souffre d'Alzheimer et vole des tablettes de chocolat chez l'épicier.

Bud nous raconte l'histoire de Sean et sa tentative de rédemption. Lorsque Bonnie le quitte, il manque se tuer dans un accident de voiture, mais hélas pour lui, il en ressort sain et sauf. Pourtant quelque chose en lui a changé, mais réussira-t-il à convaincre les autres qu'il peut être un homme meilleur ?

 

Entre violence ordinaire et prise de conscience, on s'attache aux personnages hauts en couleur, qui montrent leurs failles et leur côté sombre, tout en laissant entrevoir une note d'espoir plus lumineuse. L'histoire racontée par le petit Bud apporte un élément original, on ne peut s'empêcher de sourire à la poisse dont est victime Sean dans ses tentatives de suicide. Une évolution heureuse au cœur de la violence.

 

Noté, acheté, et lu suite à l'article enthousiaste de Karen

 

Sarbacane, coll. Exprim', 2010, 233 pages, prix : 15,50 €

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Crédit photo couverture : © Hervé Goluza – éd. Sarbacane

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