Les jardins d'Hélène

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Double jeu - Jean-Philippe Blondel

28 Août 2013, 13:18pm

Publié par Laure

Quentin Silber s’est fait virer du lycée St Ex, trop d’absentéisme et d’insolence. Ce n’est pas une sanction votée par le conseil de discipline, mais une solution fièrement trouvée par le proviseur : changer Quentin d’établissement à la rentrée. Lui proposer le lycée Clemenceau, établissement bourgeois bien fréquenté, qui peut l’amener à changer de comportement, à saisir les chances qui lui sont données, à lui de voir : la balle est dans son camp.

A la rentrée, Quentin cherche sa voie, entre deux univers, peut-on changer de classe sociale, accepter et s’intégrer dans celle qui n’est pas la sienne sans renier ses origines ? Et si le théâtre aidait à s’y retrouver, c’est un jeu que l’on joue, celui de l’acteur, le théâtre n’est pas la vie, et pourtant, on y donne tant de soi…

C’est un professeur de français, « la » Fernandez, qui va le guider en lui proposant le rôle de Tom dans la pièce de Tennessee Williams, La ménagerie de verre. Une enseignante attentive qui perçoit le mal-être de Quentin et va savoir le guider, en dépit de débuts fracassants entre eux en cours. Bien sûr, cette pièce va entrer en résonance avec ce qui vit Quentin, et balayer ses réticences.

Un beau roman tout simple sur le déterminisme social (on y retrouve cette discussion qu’un enseignant d’ici partageait avec moi : qu’on le veuille ou non, statistiquement, on sait déjà que les Kevin et Jennifer n’auront pas les mêmes chances, pas les mêmes résultats que les Jules et Anne-Sophie, pas les mêmes choix d’orientation non plus -  ici ils sont Dylan, Shirley et Anastasia, mais c’est du pareil au même), sur l’expression artistique comme moyen de découverte de soi (il y avait déjà eu le slam dans Brise-Glace), sur le tiraillement entre deux mondes.

Pas de grands renversements ni surprises, Jean-Philippe Blondel confirme son domaine d’excellence : la description du sentiment intérieur, des émotions,  l’observation fine de l’adolescence, dans un langage simple et vivant. Ici les parties et chapitres deviennent actes et scènes, le récit est celui de Quentin, à la première personne, journal intime d’une année scolaire qui prend une forme romanesque. On retrouve les thèmes chers à Blondel, la quête de soi à l’adolescence, le désir trouble face à l’homosexualité (Heathcliff est un personnage intéressant du roman également), et ici en plus une belle relation de protection, d’attention et d’amour entre Quentin et sa petite sœur Anna. Il me suffit d’observer les miens pour sourire ;-)

Un bon moment, simple et juste, on s’y sent bien, la fin arrive trop vite, trop brève peut-être, pourtant tout est dit, et le passage d’une rive à l’autre (que veut-il faire de sa vie) est franchi.

Lever de rideau.

 

p. 53 : « Un livre, ça devrait donner des solutions – pas ajouter des problèmes. »

 

Message personnel à l’auteur : JB t’idolâtrerait rien que parce que tu sais écrire lycée Clemenceau sans faute, moi je me fais traiter d’inculte à chaque fois que je remplis un chèque à l’ordre de l’agent comptable dudit lycée, parce que je mets un accent sur le e et que non, il n’y a pas d’accent à Clemenceau. Je crois maintenant que grâce à toi, je ne ferai plus la faute, j’ai une mémoire plus visuelle qu’auditive :-)

 

 

Actes Sud junior, Août 2013, 135 pages, prix : 11 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © plainpicture / bobsairport et éd. Actes Sud junior.

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La fille aux doigts d'or - Benjamin & Julien Guérif

19 Août 2013, 09:54am

Publié par Laure

 

Leo(nard) vit seul avec son père, avec qui il partage la passion des films anciens et en VO. Quand son père commence à s'absenter en lui mentant, Leo ne voit pas d'un bon œil la liaison naissante que celui-ci entretient avec Marianne, une belle blonde bien plus jeune que lui. Elle est plus proche de l'âge de Leo que de celui de son père...

p.33 : « Cette fille, je ne l'aime pas.
Déjà, elle est trop jeune pour mon père. Il a trente-huit ans et elle, à peine vingt-deux... Elle est plus près de moi que de lui. Et elle est trop jolie. Mon père est bien, c'est sûr, mais elle, c'est une star hollywoodienne. Elle devrait déjà être sur un plateau de télé. »

 

Mais quand en plus certains de ses amis connaissent le passé douteux de Marianne, Leo se fait des films façon meurtre parfait. Comment confondre la belle blonde et protéger son père ?

Jalousie d'un fils qui n'accepte pas que son père refasse sa vie ou menace réelle ?

Le roman prend des accents de polar et tient en haleine le lecteur jusqu'à la fin, c'est frais, enjoué, prenant. Un sympathique moment.

 

Syros, coll . Rat noir, mai 2013, 136 pages, prix : 13,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Shutterstock / Alersandr Hunta et éd. Syros.

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Les yeux de Lisa - Karine Reysset

18 Août 2013, 13:04pm

Publié par Laure

Manon fête ses 17 ans, entourée de sa famille et de ses amies. Elle reçoit également une lettre contenant des photos, postée du Portugal, de la part d'une certaine Lisa.... Émue et troublée, retour en arrière sur un été qui a tourné au drame.

La première fois que Manon a vu Lisa, elle a été troublée et sous le charme, elle l'avait prise pour un garçon et ne s'est rendue compte que bien plus tard que c'était une fille. Lisa a l'air rebelle, mystérieuse, toujours de noir vêtue, un profil androgyne, elle vit dans un foyer, mais personne ne sait rien de son histoire... Manon souhaite l'inviter à passer des vacances en camping en Normandie car Lisa n'a jamais vu la mer, avec sa meilleure amie Clémentine et Ambre, sa cousine, la seule majeure du groupe, caution nécessaire pour les parents.

Mais rien ne va tourner comme prévu, et entre insouciances d'adolescentes et plaisirs d'été, les vacances vont finir en cauchemar, jusqu'à l'intervention de Lisa, et rien ne sera plus jamais comme avant.

Court roman qui sent bon l'amitié, les vacances, et la souffrance passée en filigrane, dont Lisa se remet peu à peu au contact de Manon. Amitié très forte, qui aide à avancer, à surpasser ses peurs et redoubler de force quand l'une est en danger, c'est un très beau récit sur la fin de l'insouciance, le passage à l'âge adulte, une tranche de vie émouvante et finement perçue qui séduira particulièrement les adolescentes. J'ai beaucoup aimé !

 

L'école des loisirs, collection Médium, avril 2013, 101 pages, prix : 8,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hélène Millot et éd. L'école des Loisirs

 

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Sweet sixteen - Annelise Heurtier

17 Août 2013, 18:06pm

Publié par Laure

« Sweet sixteen », c'est un rite de passage inoubliable aux Etats-Unis : celui du 16ème anniversaire fêté en grande pompe, où l'adolescent est alors considéré comme adulte. Mais dans ce roman d'Annelise Heurtier, la réalité a un goût bien plus amer, ancré dans les années 1957-1958, où le ségrégationnisme est roi. L'auteur relate, de manière romancée mais sur la base de documents historiques réels, la tentative d'intégration de neuf étudiants noirs parmi 2500 blancs au lycée central de Little Rock, dans l'Arkansas. La décision remonte à trois en arrière, prise par la Cour suprême des Etats-Unis, qui décrète que désormais les Noirs pourront bénéficier de la même éducation que les Blancs, et ce dans les mêmes lieux. Mais le pas est grand entre la théorie et la réalité.

Ce roman met très justement en avant les faits, le courage qu'il a fallu aux étudiants noirs, mettant particulièrement en lumière le personnage de Molly Costello (Melba Pattillo dans la réalité) et les violences, humiliations et agressions exercées par les Blancs. À peine 60 ans plus tard, tout cela paraît si inconcevable, démesuré et stupide et pourtant, les faits sont là, et font froid dans le dos. Le personnage de la jeune étudiante blanche, Grace, est intéressant car le lecteur la sent basculer, du moins troublée et dans le doute, et se détacher peu à peu des manifestations de ses amis et de leurs parents. Mais à quel prix ! Car les Blancs qui montraient un tant soit peu d'empathie pour les Noirs étaient tout autant agressés.

Un roman éclairé par quelques précisions historiques réelles en préface et postface, qui montre combien la lutte a été dure mais pas vaine, même s'il a fallu du temps, beaucoup de temps.

Intelligent, pas moraliste, facile à lire et forcément frappant : pour ne pas fermer les yeux sur cette période de l'Histoire.

 

Sélectionné pour le prix des lecteurs 13-16 ans de la Ville du Mans / dépt de la Sarthe 2014.

 

Casterman, avril 2013, 217 pages, prix : 12 €

Etoiles :  

Crédit photo couverture : © éd. Casterman

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La drôle de vie de Bibow Bradley – Axl Cendres

12 Juillet 2013, 09:06am

Publié par Laure

La drôle de vie de Bibow BradleyAttention pépite ! Une vraie, puisque ce roman a obtenu la pépite du roman adolescent européen au salon de Montreuil en novembre 2012. Destiné aux grands ados (à partir de 15 ans ?), il sera lu bien entendu par tout adulte un peu curieux de ce qui se fait de bon en littérature jeunesse.

Roman singulier, tant dans son style, très familier que dans le sujet traité, qui l’air de ne pas y toucher, aborde des questions sérieuses telles que ce que l’on demande réellement aux soldats américains et comment on les utilise.

Robert Bradley est le troisième du nom : après son père surnommé Rob ou Robby, revenu de la guerre de Corée avec une jambe de moins, et son grand-père surnommé Bob ou Bobby, rentrée borgne de Normandie en 44, c’est à son tour de prendre un surnom : ce sera Bibow. Pour la guerre, ce sera le Vietnam. Mais Bibow a une particularité : il ne connaît pas la peur, au sens propre du terme, particularité génétique, il sera donc récupéré par la CIA pour des missions hautement meurtrières.

 

J’aime beaucoup la conclusion de Michel Abescat dans Télérama : « On s’amuse beaucoup. Et on réfléchit après ! »  C’est bien là le tour de force de ce roman : dire des choses graves d’un ton léger et sans en avoir l’air. C’est pêchu, ça fait sourire, juste avant de glacer. Tout est maîtrisé, du début à la fin, et c’est parfait !

 

Pour vous donner une idée du ton (qui peut en faire fuir certains, pourtant, ce n’est pas gratuit et cela participe et du personnage et de la logique de l’histoire) :

p. 30 : « 1960 : Je me fais virer de l’école, où j’allais quand même de temps en temps, pour avoir traité Mademoiselle Kingsley de « suceuse de grosses queues poilues » - c’est Lou qui m’avait appris cette expression. Cette connasse de Kingsley m’avait ridiculisé parce que j’avais du mal à lire un texte, et c’est tout ce que j’ai trouvé à lui dire.

Le soir même, je passe pour un héros au bar ; et je me dis en me couchant, que ma vie ne peut prendre qu’un seul chemin : celui qui mène à devenir un tocard… comme le veut la tradition familiale. »

 

p. 51 « Le site de Fort Sill se trouve en pleine nature, près des montagnes de Wichita. Il a été choisi vers 1870 par un Major de mes couilles qui menait une « campagne en territoire indien pour mettre fin aux raids des tribus hostiles sur les colonies de pionniers installés aux frontières du Texas et du Kansas ». En d’autres termes : il butait des Indiens histoire qu’ils aillent pas faire chier les Blancs qui leur avaient piqué leurs terres. »

 

Vous l’aurez compris, le vocabulaire n’est pas académique mais c’est ce qui est dit derrière (et sur toute la longueur de l’ouvrage concernant les guerres et l’armée) qui mérite la discussion. Je ne connaissais pas Axl Cendres, jeune auteur(e) française, mais je vais m’intéresser de plus près à ses anciens titres !

 

Sarbacane, coll. Exprim’, septembre 2012, 205 pages, prix : 15,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©Gettyimages et éd. Sarbacane

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La décision - Isabelle Pandazopoulos

23 Mars 2013, 15:29pm

Publié par Laure

la-decision.jpg20 octobre 2011 : Louise, élève de Terminale S a un malaise pendant un cours de maths. Un élève l’accompagne aux toilettes, et s’inquiète lorsqu’il voit du sang couler sous la porte. Tentative de suicide, hémorragie subite … ? Non, Louise vient d’accoucher d’un garçon de 3,3 kg. Elle ne savait pas qu’elle était enceinte. Déni de grossesse.

Tout le monde est sous le choc, la vérité n’est pas dite tout de suite aux élèves, Louise est hospitalisée. Rien ne sera plus jamais comme avant, ni pour elle, ni pour ses parents, ni pour ses camarades.

Plusieurs voix s’expriment dans ce roman, camarades de lycée, personnels hospitaliers et intervenants sociaux, Louise, ses parents, tous donnent leur vision des choses et le retour en arrière suffisant pour comprendre comment cela a pu se produire.

Car Louise choque et déçoit ses parents lorsqu’elle affirme qu’elle n’a pourtant jamais eu de relations sexuelles. S’agit-il d’un viol dont la jeune fille serait incapable de parler ?

Ce qui est brillamment analysé et raconté, c’est le parcours de Louise de l’accouchement jusqu’à la décision, la première, puis la seconde à la fin du livre, décisions impossibles, difficiles, responsables, qui décrivent combien le lien mère-enfant n’est pas toujours naturel et comme il peut être douloureux.

La multiplicité des voix, l’évolution du récit (qui semble bien documenté, dans l’observation de la vie au foyer et avec les professionnels), les choix, les responsabilités des uns et des autres font de plusieurs faits de société (la grossesse chez les adolescentes, le déni, et ceux que je ne dévoile pas…) un roman très fort, très juste, loin de tout sentimentalisme larmoyant.   

 

Voici une littérature de jeunesse qui ose parler de sujets graves avec intelligence et talent.

(À proposer à partir de 14 ans. )

 

(à noter : la très belle couverture, encore plus riche de sens quand on la réinterprète à la fin de la lecture) 

 

Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, janvier 2013, 245 pages, prix : 9,50 €

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : © Marguerite Courtieu et éd. Gallimard Jeunesse.

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Norlande - Jérôme Leroy

20 Mars 2013, 10:14am

Publié par Laure

norlande.jpgDans un pays scandinave imaginaire nommé Norlande (mais qui ressemble fortement à la Norvège), la jeune Clara Pitiksen est prostrée dans sa chambre d’hôpital depuis huit mois. Quel est donc cet « événement » qui l’a traumatisée à  ce point ? Qui est « l’Autre » qui semble être le personnage impliqué dans le drame ?

Clara tente d’écrire ce qui s’est passé dans un cahier, qu’elle adresse à sa meilleure amie Émilie, correspondante française du même âge, qu’elle a rencontrée de nombreuses fois.

À travers son récit empreint d’une forte tension, c’est la tuerie du 22 juillet 2011 sur l’île d’Utoya, en Norvège, que l’auteur décrit. Mais pourquoi Clara se sent-elle à ce point coupable ? L’avancement de Clara dans sa « guérison », dans sa capacité à s’exprimer enfin nous donnera toutes les clés.

Une mise en fiction intéressante et intelligente d’un événement qui avait ému la communauté européenne et au-delà, et qui démont(r)e de manière très réussie la manipulation, la violence, la montée en puissance du racisme dans des pays qui s’en croyaient encore à l’abri, la folie sans limite de certains partisans de l’extrême droite, et qui donne à voir aussi l’engagement des jeunes, adolescents et jeunes adultes, engagement citoyen, politique, dans la lutte contre la haine et les persécutions.

Le récit au féminin est tout simplement attachant, et si des références sont faites à un roman précédent dans lequel apparaissait déjà la française Emilie (la grande môme, 2007, que l’éditeur réédite pour l’occasion), Norlande peut tout à fait être lu indépendamment.

 

Voilà une littérature jeunesse comme je l’aime, intelligente et engagée, ouvrant à la réflexion tout en restant romanesque. (Et la mère de Clara, ministre des affaires étrangères, on se croirait dans la série Borgen, et l’auberge Sjöwall au pied du mont Wahlöö, amusant clin d’œil aux auteurs suédois Sjöwall et Wahlöo, …)

 

 

Syros, coll. Rat noir, mars 2013, 146 pages, prix : 14 €

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : © Getty / Don Farrall et éd. Syros

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Le bonheur en 5 lettres - Pascale Perrier

12 Mars 2013, 15:04pm

Publié par Laure

bonheur-en-5-lettres.jpgChloé Avanel a 15 ans quand sa mère meurt d’une tumeur au cerveau. Se sachant condamnée, la maman a tout prévu : assurance décès pour financer le quotidien et les études de ses petits, et 5 lettres pour les accompagner dans leur passage à l’âge adulte, 5 lettres qui leur seront lues par le notaire à raison d’une chaque 24 décembre.

C’est donc la sœur aînée, Joséphine, étudiante en médecine, 19 ans, qui devient tutrice légale de ses frères et sœurs : Gaspard, 17 ans, fou de jeux vidéos et qui chante en italien des airs d’opéra pour calmer sa douleur, et Chloé, 15 ans, la petite dernière qui livre son récit au lecteur.

Une fratrie orpheline, une grande sœur qui mène la troupe, un père encore vivant mais remarié à l’autre bout du monde, il faut s’assumer seul désormais, et ce n’est pas si facile. On peut voir quelques points communs avec Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh…

Le récit se dévore avidement, entre douceur et coups au cœur. Plus le temps passe et plus il faut faire des choix, difficile quand vos parents ne sont pas là pour vous guider, quand votre fratrie n’est pas d’un grand soutien, quand votre amoureux se moque un peu trop de vous, et que votre meilleure amie fait de son mieux mais ne peut comprendre votre sentiment intérieur…

Chloé suit son chemin, et on l’accompagne avec bonheur (j’aurais adoré lire ça quand j’avais 14 ans). Je pensais au départ que le titre, le bonheur en cinq lettres, faisait référence à un mot à trouver (je pensais amour, je n’en étais pas très loin, chut…), ce sera le cas vers la fin du roman mais les 5 lettres font aussi bien sûr référence aux 5 lettres laissées par la maman et qui rythment le roman.

J’ai passé un bon moment avec cette lecture, je regrette toutefois une fin un peu abrupte, trop rapide, qui laisse au lecteur toute liberté d’imaginer ce qu’il veut, c’est dommage (j’aime les fins fermées) mais surtout, j’aurais aimé rester encore longtemps avec ces personnages !

 

À proposer dès 13 ans.

 

Galapagos (éd. Archipel), mars 2013, 205 pages, prix : 15,95 €

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Crédit photo couverture : © Getty Images et éd. Archipel / Galapagos

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Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot – Colas Gutman

5 Mars 2013, 11:27am

Publié par Laure

25-vies-de-Sandra-Bullot.jpgPour être décapant, ce roman ado l’est à la puissance dix ! Complètement barré, inattendu, non politiquement correct, drôle, et finalement touchant car derrière ce clown de Sandra qui se cache derrière l’humour, il y a une ado de seize ans qui se cherche et ne s’aime pas beaucoup…

Elle est drôlement entourée Sandra, une mère actrice surnommée Catherine Deneuve et qui n’est pas fichue de retenir la seule phrase qu’elle doit prononcer dans un téléfilm débile, un père dépressif qui passe ses journées au lit à manger des chips et à échanger des mails avec une Natacha833, un petit frère prénommé Ao (non ce n’est pas une marque de déodorant), une copine un peu trop douée au nom imprononçable (Désirée Rathanavana), un amoureux transi et anonyme qui se cache derrière le pseudo d’Endive au Jambon, ce plat que tout le monde déteste, etc… Ah non, elle n’a pas la vie facile Sandra. Alors elle s’en invente plein, du lombric à Sandra Bullock (puis Bullot) en passant par une vie de caniche royal, de fourmi neurasthénique, de gazelle rusée comme un renard, (etc. encore).

Ça déborde de jeux de mots, de langue qui fourche, d’(auto)critique et de réparties bien balancées, ça  ressemble à du grand n’importe quoi, mais ça a le mérite d’être frais, novateur, à contre courant, et pour cela séduisant. Une lecture d’une traite au cours de laquelle je me suis souvent demandé si j’adhérais ou pas, mais j’ai aimé être bousculée justement par ce récit hors norme, alors oui ! D’autant que tenir la longueur sur un tel rythme, c’était pas gagné non plus, et Colas Gutman y parvient haut la main.

 

Les avis de Sophie (et Fantasia) (avec de savoureux extraits) et Clarabel  

 

Du même auteur sur ce blog : Je ne sais pas dessiner, Journal d'un garçon, Les chaussettes de l'archiduchesse, L'enfant

 

L’école des loisirs, coll. Medium, septembre 2012, 160 pages, prix : 8,50 €

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Crédit photo couverture : © Marc Boutavant et l’école des loisirs.

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Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre – Ruta Sepetys

4 Novembre 2012, 18:22pm

Publié par Laure

 

traduit de l'anglais (américain) par Bee Formentelli

 

ce-qu-ils-n-ont-pas-pu-nous-prendre.jpgLina, 15 ans, a un avenir prometteur dans le dessin, art pour lequel elle excelle, quand elle est arrêtée avec sa mère et son jeune frère un jour de juin 1941, dans leur ville de Lituanie. Son père, doyen d'université, a disparu depuis la veille. Comme beaucoup d'autres habitants des pays baltes, ils sont déportés par le NKVD, la police secrète soviétique.

Le roman est l'histoire aussi forte que dramatique de leur déportation en Sibérie, de leur lutte pour survivre dans le kolkhoze où ils sont exploités, puis de leur déplacement dans un autre camp de travaux forcés au Pôle Nord. Les parallèles avec les camps nazis sont évidents, les déportations inhumaines en wagon à bestiaux surchargés, sans nourriture et sans hygiène aussi. On ne peut parfois s'empêcher de penser (et c'est terrible) que l'on sait déjà tout cela, la littérature ne manque pas sur ce sujet. L'angle est différent, peut-être a-t-on un peu moins de témoignages sur les purges staliniennes effectuées sur les Lituaniens, et il en ressort néanmoins que le roman est très bien construit, laissant apparaître même au plus sombre de l'horreur, une lueur d'humanité.

Publié dans une collection destinée à des adolescents, on ne peut qu'approuver l'intelligence historique d'un tel roman, fictif mais largement documenté, et il va sans dire qu'il peut être lu bien au-delà de l'adolescence. Toutefois, je ne partage pas le « coup de coeur » souvent rencontré sur les blogs et le net pour ce roman, peut-être pour son côté « déjà vu », ce qui pose aussi la question délicate de la part romanesque que l'on peut créer sur un tel sujet. Document ou fiction, histoire ou Histoire ?

 

 

Gallimard, coll. Scripto, octobre 2011, 423 pages, prix : 14,20 €

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Crédit photo couverture : © « photo de la pousse » iStockphoto.com /Smit / et éd. Gallimard.

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