Les jardins d'Hélène

livr'ados

Le courage de revenir - Didier Jean

19 Août 2007, 12:48pm

Publié par Laure

courage-de-revenir.jpgC’est l’histoire presque banale d’un adolescent ordinaire qui fait une fugue ordinaire. Yoan en a assez des remarques désobligeantes des profs : « insuffisant », « peut mieux faire » et des exigences démesurées de ses parents. On ne pourrait pas le laisser vivre un peu ?!

Il marche vers Paris, sans un sou en poche, et va rencontrer diverses personnes qui vont (un peu trop miraculeusement) l’aider. Yoan sortira plus fort de cette expérience et trouvera le courage (pas si simple !) de revenir. On pourrait trouver un peu trop gentillette et idéaliste cette histoire de fugue où finalement tout se passe bien, mais un peu de douceur ne fait pas de mal non plus : c’est vrai que des histoires sordides, on en a tous les jours à la pelle. Alors la leçon que retiendra Yoan, c’est que grandir, c’est aussi faire avec la vie qu’on a, et qu’il faut essayer de la composer plutôt que de la subir en ronchonnant.

Un style parfois soutenu qui ne cadre pas trop avec le profil que l’on veut faire d’un ado, à moins justement qu’on veuille le sortir des clichés, une fable plutôt qu’un fait divers, alors à offrir à un garçon de 13-14 ans qui se pose inévitablement beaucoup de questions ?

 

Syros jeunesse, coll. Les uns les autres, sept. 2005, 106 pages, prix : 7,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Syros et © François Supiot

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Le garçon en pyjama rayé - John Boyne

9 Août 2007, 08:55am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Catherine Gibert.

La page de titre indique clairement « une fable » de John Boyne.

 

boynepyjama.jpg La quatrième de couv dit qu’il faut aborder ce roman sans savoir de quoi il parle. On dit juste que c’est « une lecture d’une force inoubliable » et que c’est conseillé à partir de 12 ans.

Pour quiconque en a déjà lu des critiques, on se souvient du parallèle fait avec le film de Benigni, la vie est belle, donc on sait d’emblée à quel sujet on a affaire, et on imagine une approche décalée. Elle l’est.

Bruno, 9 ans, est désespéré de devoir quitter sa belle maison de Berlin pour une maison plus petite et moins luxueuse, dans un endroit triste et sale, à « Hoche-Vite ». C’est pas parce que son père a une super promo qu’il doit imposer ça à sa famille ! Et puis qui c’est ce « Fourreur » qui vient dîner à la maison ?

Haut dirigeant nazi, le père emmène donc sa famille avec lui, sa femme, ses deux enfants Bruno et Gretel, leur bonne Maria et le cuisinier Pavel. Bruno aime jouer à explorer et seul dans sa nouvelle habitation, il se demande qui sont tous ces gens en pyjamas rayés qu’il voit depuis sa chambre, de l’autre côté de la barrière. Un jour, il sympathise avec Schmuel, un petit garçon né exactement le même jour que lui, mais un petit garçon triste et maigre, en pyjama rayé de l’autre côté du grillage… Une amitié forte va se nouer, jusqu’à la fin…

On ne peut rester insensible au point de vue adopté, à savoir l’innocence de Bruno, qui se plaint sans cesse de sa nouvelle condition à son ami Schmuel, sans savoir ni comprendre ce qui se passe de l’autre côté. On passera quelques invraisemblances (un an de rencontres de part et d’autre du grillage facile à soulever) pour s’attacher à la force du contraste de l’horreur ignorée ou racontée pudiquement par deux jeunes garçons. On verra en trame de fond aussi le chancellement d’une famille où quelques uns se désolidarisent, on trouvera la fin terrible et néanmoins bien trouvée dans cette fiction.

L’auteur est irlandais, né en 1971, et bien qu’il se soit ouvert d’avoir écrit une fiction, le contexte historique est bien évidemment réel. (C’est dit en fin d’ouvrage pour ce livre, rappelons-le, destiné à la jeunesse, mais qui pourra bien sûr se lire à tout âge).

Les dernières lignes sont les suivantes : « Et c’est ainsi que se termine l’histoire de Bruno et de sa famille. Tout cela s’est passé il y a fort longtemps, bien sûr, et rien de semblable ne pourrait plus jamais arriver. Pas de nos jours. »

De semblable, non. Mais du même genre ? On aimerait croire au « plus jamais ».

 

L’avis de Cuné , de Clochette et de Sylvie  (passion des livres)

Réédition prévue en Folio Junior pour le 23 août 2007, ce qui explique l'indisponibilité actuelle sur les sites marchands.

 

Folio junior n°1422, sept. 2006, 204 pages

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : Gallimard jeunesse / Folio Junior

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Too much - Ellen Potter

2 Août 2007, 15:44pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Nathalie M.-C. Laverroux

 

Sélectionné pour le prix Tam-Tam Je bouquine (plus de 12 ans) qui sera décerné au Salon de Littérature Jeunesse de Montreuil en novembre 2007.

 

Clara Frankofile, 11 ans, est une enfant très orgueilleuse et franchement tête à claques (horripilante !) Elevée dans le luxe, elle participe à la vie du restaurant de ses parents, le too much, en choisissant chaque jour les personnes qui seront rétrogradées du statut de VIP à celui de Personne Sans Importance, lesquelles n’auront alors plus le droit de fréquenter le too much.

Autoritaire et capricieuse, plutôt méprisante envers autrui et indifférente aux remarques, elle se demande bien toutefois ce qu’a voulu dire le Docteur Piff quand elle l’a exclu : « Tu n’as pas remarqué quelque chose de très spécial et de très mystérieux qui se déroule juste sous ton nez ! » Elle va soudain se lier d’amitié avec une fillette de son âge cambrioleuse, et toutes deux vont résoudre un mystère étonnant.

J’ai du mal à savoir si j’aime ce roman ou pas ! (On est bien avancés !). Il a des qualités certaines pour en faire un bon roman d’aventures (même si elle commence réellement tardivement dans l’histoire), mais il flirte constamment avec le fantastique, c’est cela sans doute qui me rebute un peu. En effet la fillette a un appartement où chaque pièce est une luxueuse salle de jeu ou un vrai monde à lui seul : fête foraine, plage de sable fin avec mer et vagues, et l’histoire de la cuisinière Audrey remonte à près de 200 ans. Sans doute très sympathique si l’on aime plonger dans ces mondes imaginaires impossibles. Et puis l’ensemble se veut aussi une leçon sur le regard un peu trop expéditif que l’on peut porter sur les autres, sur le secret de famille ou le mensonge qui construit une réputation, et notre peste Clara semble apprendre l’humilité à ses dépens, ce qui n’est pas plus mal.

Bref, un roman jeunesse (dès 12 ans) plein de richesses mais qui me laisse un peu dubitative.

 

Les autres titres en lice pour le prix Tam-Tam Je Bouquine 2007 :

-         Le jardin de l’homme-léopard de Jean-François Chabas (Ecole des Loisirs) aussi sélectionné pour le prix des Lecteurs 13-16 ans de la Ville du Mans/Sarthe pour 2008

-         La fille Corneille, de Bodil Bredsdorff (Thierry Magnier)

-         Le Baume du dragon, de Silvana Gandolfi (éd. du Panama)

 

 

Seuil jeunesse, oct. 2006, 181 pages, prix : 10 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Du Seuil et Amazon. fr

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Prisonnière de la Lune - Monika Feth

29 Juillet 2007, 05:59am

Publié par Laure

Traduit de l’allemand par Suzanne Kabok

 

prisonniere-de-la-lune.jpgLes enfants de la Lune est le nom d’une secte dans laquelle vivent des enfants et des adultes.  A chaque tranche d’âge et chaque sexe est attribuée une couleur de vêtement bien précise. Pour Jana, Maria et ses amies adolescentes, c’est une robe bleue. (Le titre original en allemand est das blaue Mädchen). La communauté a racheté peu à peu toutes les fermes des alentours pour étendre son domaine. Chez les enfants de la Lune, il n’y a pas de volonté propre, il faut suivre les règles et obéir aux lois. Il n’y a qu’une seule volonté, celle de la divinité Lunité. Quiconque s’en écarte est puni au pénitencier, un cachot. C’est le sort de Maria, qui est punie parce qu’elle est tombée amoureuse d’un garçon du groupe avant l’âge requis : 1 mois de cachot. Dans la communauté, un partenaire est attribué aux filles de Luna à 18 ans, et le mariage est célébré à 20 ans. A côté de Maria, il y a son amie Jana, Geneviève la bibliothécaire auprès de qui elles viennent chercher du réconfort, et Lili, une jolie petite fille de 5 ans.

A l’extérieur de la communauté, il y a Marlon, un adolescent qui va à l’école et aide ses parents à la ferme, entouré de ses deux soeurs jumelles, Greta et Marlene – sa mère était fan de cinéma : Brando, Garbo et Dietrich. Et le début d’une histoire d’amour impossible entre Marlon et Jana. Et la mise en péril de la vie de la petite Lili, soignée avec des huiles et des prières pour une méningite…

Tout le talent de l’auteur est d’avoir réussi à mettre en lumière tous les principes et dangers d’une secte sans jamais condamner ou s’emporter. Le ton est détaché et tolérant. Simplement les points de vue alternent. Les règles et croyances strictes de la secte, les amitiés interdites entre adolescentes, les journaux intimes (tout aussi interdits) qui reflètent l’envie de s’échapper des jeunes filles, et le contrepoint d’une famille extérieure, qui malgré la consternation et la colère, se sent bien impuissante. Comment ne pas attaquer de front, comment aider, sauver tout en protégeant… bien sûr c’est un roman, mais que l’on aimerait croire possible dans ses libertés retrouvées.

 
Un roman que je conseillerais dès 13 ans.

Une lecture que j’avais repérée chez Elfe!

Lu aussi par Clochette 
L’article intéressant de Ricochet :   

Milan jeunesse, coll. Macadam, nov. 2005, 282 pages, prix : 8,50 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. Milan et Amazon.fr

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10 ème prix des lecteurs 13-16 ans de la ville du Mans/Sarthe

13 Juin 2007, 18:14pm

Publié par Laure

L'an dernier à pareille époque, je vous parlais du lauréat du 9ème prix des Lecteurs 13-16 ans de la ville du Mans (étendu à présent à tout le département de la Sarthe) et vous annonçais la sélection 2007.

Je me suis rendue cet après-midi à la remise du prix de la 10 ème édition.....

Avant de vous donner le lauréat, un petit rappel des gagnants de ces 9 dernières années (choisis par des lecteurs volontaires entre 13 et 16 ans, qui participent avec leur documentaliste, leur prof de français ou leur bibliothécaire) Chaque année ils sont 1500 à participer environ et comme il faut avoir lu 8 livres au minimum pour pouvoir voter (sur les 10 proposés chaque année), environ 1000 à voter réellement. Tout au long de l'année scolaire, ils peuvent rencontrer les auteurs, soit dans leur établissement scolaire, soit dans leur bibliothèque ou chez un libraire partenaire.

Alors... en 1998, le prix était attribué à L'Oasis, de Xavier-Laurent Petit
en 1999, à Mélodie pour Nora, de Marc O'Sullivan
en 2000, à la Promesse, de Yaël Hassan
en 2001, à Oh, Boy ! , de Marie-Aude Murail
en 2002, à la Vie en gros, de Mikael Ollivier
en 2003, aux cent mille briques, de Jean-Louis Viot
en 2004, aux Larmes de l'assassin, d'Anne-Laure Bondoux
en 2005, ,à Mosa Wosa, de Nathalie Legendre
en 2006, l'an dernier donc, à Soldat Peaceful de Michael Morpurgo

Cette année, les 10 titres sélectionnés par des professionnels (libraires, bibliothécaires, enseignants....) étaient les suivants (par ordre alphabétique de titre) :
- l'Ange du Namib, de Jean-François Chabas
- le cavalier démonté de Gisèle Bienne
- Danseurs de lumière, de Frédérique Lorient
- L'enfant à la bouche de silence, d'Adeline Yzac
- Entre les vagues, de Claudine Galea
- Le garçon qui se taisait, de Lois Lowry
- L'heure de la vengeance, de Catherine Missonnier
- Pépites, d'Anne-Laure Bondoux
- Soleil métallique, d'Alex Cousseau
- Sorcière blanche, d'Anne-Marie Desplat-Duc

Et le gagnant est ....

pepites.jpg

Pépites, d'Anne-Laure Bondoux

qui réalise un beau doublé puisqu'elle avait déjà remporté ce prix pour les larmes de l'assassin en 2004.

Elle a répondu aux questions des collégiens, et a remporté quelques cadeaux, du genre très pratique à ramener en train : un panier garni d'oeufs fermiers Label Rouge de Loué, des rillettes du Mans, du vin, et des tas de beaux-livres sur la ville et le département.

Et comme j'aime les surprises, j'ai acheté le livre lauréat, et elle me l'a gentiment dédicacé pour l'un(e) d'entre vous, chers lecteurs. Mes stats me disent que vous êtes 300 à 350 à passer ici chaque jour, alors vous qui me lisez, vous avez une chance sur 300 à 350 de le trouver dans votre boîte aux lettres. J'espère que vous aimez la littérature dite de jeunesse - elle renferme parfois de vraies pépites - et que vous ne l'avez pas déjà...

Bon vent, et bonnes lectures !

Demain je file à Angers, idem vendredi, alors pas de web, sauf tard le soir, quand l'Unimarc aura eu raison de ma petite cervelle. (Les bibliothécaires comprendront !)

Edit du 21 juin 2007 : voici le classement des votes pour ce prix : 

1- Pépites ­ Anne-Laure Bondoux
2- Danseurs de lumière ­ Frédérique Lorient
3- Sorcière Blanche - Anne-Marie Desplat-Duc
4- Soleil métallique ­ Alex Cousseau
5- L'heure de la vengeance ­ Catherine Missonnier
6- Le cavalier démonté ­ Gisèle Bienne
7- Le garçon qui se taisait ­ Lois Lowry
8- L'enfant à la bouche de silence ­ Adeline Yzac
9- Entre les vagues ­ Claudine Galea
10- L'ange du Namib ­ Jean-François Chabas

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A peine un peu de bruit - Karine Reysset

20 Mai 2007, 21:02pm

Publié par Laure

a-peine-un-peu-de-bruit.jpg Charlotte est l’aînée d’une famille nombreuse. Après elle il y a Pierrick, et Julie. Mais avant Julie il y a eu Loïc, petit frère né et décédé de la mort subite du nourrisson à 3 mois et 1 jour, quand Charlotte avait 7 ans et Pierrick 4. Charlotte est la gardienne de la mémoire de ce petit frère. Elle pense à lui sans cesse, lui rend visite au cimetière, lui parle, et va souvent à l’église. La mémoire de ce petit garçon est très présente au sein de la famille, ce qui n’est pas toujours bien vu de l’extérieur.

Karine Reysset a su aborder un sujet rarement traité en littérature jeunesse, celui du deuil d’un frère, de même que celui de la foi et de la pratique religieuse qui vacillent. On suit Charlotte sur quelques années : le roman est découpé en années scolaires, de la sixième à la seconde, et avec l’âge ses préoccupations d’adolescente : amitié, copines, 1er amour, bouleversement quand il faut déménager et abandonner la tombe du petit frère. Un parcours intérieur intéressant, intelligent et qui sort de l’ordinaire. 

EDL, coll. medium, mars 2006, 167 pages, prix : 9,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Ecole des Loisirs et Amazon.fr

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Le combat d'hiver - Jean-Claude Mourlevat

9 Mars 2007, 22:24pm

Publié par Laure

Alléchée par le commentaire enthousiaste de Flo et par une mère de famille tout aussi ravie à la bibliothèque, j’ai dévoré moi aussi ce combat d’hiver. Destiné aux ados à partir de 13 ans, il plaira sans aucun doute aux plus vieux aussi, sans limite d’âge !

Le roman commence dans un internat sombre et cruel où la vie des élèves, tous orphelins, est loin d’être gaie. Deux fois par an, ceux-ci ont le droit de rendre visite à leur consoleuse, ces femmes qui leur offrent écoute, chaleur humaine et réconfort.

Helen Dormann, 17 ans, demande à visiter sa consoleuse, et comme le prévoit le règlement, elle est accompagnée par une camarade : Milena Bach. Mais Milena, dans le plus grand secret, s’enfuit de l’internat, condamnant ainsi une autre élève à descendre au cachot punie à sa place. Même scénario du côté du pensionnat des garçons où Bartolomeo disparaît, laissant seul son ami Milos. Helen alors accompagnée de Milos va tenter de retrouver son amie Milena, partie avec Bart. Nos quatre adolescents vont vite se retrouver en proie aux dangers et aux violences du régime en place : la Phalange. Quinze ans plus tôt, leurs parents ont mené – en vain – le même combat. Milena, qui a hérité de la voix magnifique de sa mère, va lutter de toute son âme pour la liberté, en se ralliant le peuple par la chanson.

Jean-Claude Mourlevat a su créer un monde imaginaire semi fantastique qui se tient parfaitement, vous emporte dans son aventure et vous rappelle par bien des aspects des moments noirs de l’histoire avec le fascisme, le régime totalitaire en place et la résistance qui se construit en un vigoureux combat pour la liberté. Certaines scènes sont insoutenables de violence et de cruauté (les scènes avec les hommes-chiens, les combats de gladiateurs), mais l’ensemble est d’une force incroyable, où le courage trouve une place essentielle.

On est bien loin d’une littérature édulcorée car le sort des personnages est souvent difficile et douloureux, au contraire, voici une littérature dite « pour la jeunesse » d’une richesse et d’une intelligence rare.

Si pour ma part j’ai peu aimé les personnages semi fantastiques des hommes-chiens et des hommes-chevaux, j’ai beaucoup aimé le rôle des consoleuses. Et comme Flo, j’ai souvent pensé à Prague dans les descriptions de cette ville aux nombreux ponts.

Une œuvre d’une grande qualité, qui mérite amplement d’être portée et encouragée.

L'avis de Clochette

Gallimard jeunesse, sept. 2006, 329 pages, prix : 15 €

Ma note : 4/5

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Seule au monde - Guillaume Le Touze

19 Février 2007, 20:37pm

Publié par Laure

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque un peu par hasard, parce que j’avais envie d’un livre court, parce que c’est Guillaume Le Touze (que j’avais apprécié dans Attraction), et parce que son titre, seule au monde, me convenait bien en ce moment !

Ce livre est un roman destiné aux adolescents, qui faisait d’ailleurs partie de la sélection du Prix des Lecteurs 13-16 ans de la ville du Mans en l’an 2000.

C’est une histoire somme toute banale : Nina a 16 ans et vit avec sa mère, divorcée. Elle se sent bien seule. Mais sa mère vit à nouveau avec un homme, Mathieu. Mathieu a 15 ans de plus que Nina et 15 ans de moins que sa mère. Il n’en faut guère plus pour que Nina tombe amoureuse de lui ! [Situation plausible, après tout]. Mais Mathieu la remet fermement à sa place : il aime sa mère, et ne peut tolérer ses tentatives aguicheuses. Nina se venge, en plaçant de longs cheveux blonds sur le col de sa veste, et un fort parfum féminin. Mais peu après Nina va rendre visite à son père pour les vacances, et là, elle fait connaissance de Laurent, un garçon de son âge… (Et tout est bien qui finit bien). J’avoue qu’en ce moment, je reste un peu extérieure à mes lectures, ou tout simplement, avec mes presque 35 ans, je ne suis pas le cœur de cible de ce bouquin ! Peut-être que les premiers émois amoureux de Nina sauront toucher le cœur des adolescentes, mais pour ma part j’ai trouvé ce livre… banal. Mais je garde le nom de Le Touze pour les romans adultes, je crois qu’il y a du bon !

Frontières/ Gallimard, 1998, 160 pages.

Ma note : 3/5

 

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Les filles sont bêtes, les garçons sont idiots - Vincent Ravalec

7 Janvier 2007, 17:32pm

Publié par Laure

J’ai pris prétexte de mon fils de 12 ans pour acheter ce livre, que j’avais noté à la lecture de bonnes critiques (je ne sais plus où !) Et bien ratage total, je n’ai pas aimé ! Vraiment moyen. A tel point que je me demande si je vais vraiment le donner à fiston, ou alors juste pour qu’il me serve de cobaye et me donne son avis de public cible ;-))

 

Arthur est un garçon de 12 ans qui trouve que les filles sont souvent bêtes, oui mais alors pourquoi tous les garçons rêvent de les embrasser ? Il y a une enquête à mener là-dessus. Il commence par lire les Cosmo de sa mère, mais pour lui ces magazines ne sont que des pornos déguisés, sans intérêt. Il va donc mener une vraie grande enquête in vivo, en interviewant les filles dans le bus, en se déguisant vaguement en Honoré, cheveux en bataille, gel et grosses lunettes. Et c’est parti pour des articles dans trop-pas.com, le site qui se la pète pas. Bon au final, il passera à la pratique, bien sûr, et il y aurait une suite à cet épisode qu’on n’en serait pas surpris.

J’ai trouvé ce bouquin assez affligeant, et pas aussi drôle qu’annoncé. Une seule chose est sûre, Ravalec réussit à nous faire le portrait d’un garçon complètement idiot, et de filles un peu plus matures, donc sur ce plan là, ça fonctionne. Sinon, je trouve qu’il y a pas mal d’anachronismes au niveau du langage et du contenu. Le style est tantôt oral djeune, tantôt plus riche de références qui me semblent inconnues des jeunes de 12 ans. Et pour en avoir un prototype à la maison je peux vous dire que non ils n’ont pas encore étudié le Balzac prétendu obligatoire par l’auteur, ni appris en cours l’an dernier, à poser un préservatif. Si l’on part du principe qu’un lecteur aime s’identifier à un héros d’un ou deux ans plus âgé (appris cela dans un cours sur la littérature pour ados), il aurait fallu vieillir Arthur. D’autant que le contenu colle plus à une classe de 3ème qu’à une classe de 5ème, sauf pour la maturité du bonhomme.

Et puis le mien franchement, il est plus obsédé par sa console et MSN avec ses copains que par la psychologie des filles. Pour cela que je ne suis pas sûre de réussir à lui faire lire  ce bouquin : j’vous tiens au courant !

 

Des avis de professionnels plus éclairés :

http://www.benzinemag.net/roman/Les_filles_sont_betes.htm

http://www.ricochet-jeunes.org/parudet.asp?livrid=33274

http://buzz.litteraire.free.fr/dotclear/index.php?2006/10/30/421-les-filles-sont-betes-les-garcons-sont-idiots-de-vincent-ravalec

http://www.telerama.fr/livres/M0609251552563.html

 

Panama, août 2006, 75 pages, ISBN 978-2-7557-0146-3, prix : 9 €

Ma note : 1,5/5

 

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Passer au rouge - Hélène Vignal

1 Décembre 2006, 17:31pm

Publié par Laure

    C'est parce que... histoires de violence ordinaire

"Passer au rouge" est un court roman publié dans la collection DoADo du Rouergue, donc logiquement destiné aux adolescents, que je destinerais plutôt aux élèves de 6ème-5ème. C'est l'histoire de Boris, élève de 6ème, et de ses camarades, de leurs chahuts, de leurs blagues et bagarres. Chacun des 7 chapitres du livre commence par "C'est parce que" comme pour justifier du final. Les élèves se moquent de Boris parce qu'il a des chaussures rouges achetées dans un magasin à bas prix, et la seule façon de s'intégrer au groupe, c'est de participer à leurs mauvais jeux. Ainsi un jour Teddy est grièvement blessé dans le jeu du Triangle. Trois élèves forment un triangle dans la cour de récré, un papier de bonbon est posé par terre au milieu, et le premier élève qui marche dessus est bermudisé, c'est-à-dire battu violemment. Teddy finit à l'hôpital et s'ensuit une autre histoire. Malentendu, violence, moqueries, colères, il s'agit davantage d'une juxtaposition de saynètes sur la violence scolaire que d'un roman. Le jeune Boris trouvera finalement une idée "pour être d'accord avec lui-même".
Un très court roman qui ouvre de nombreuses pistes de réflexion et de discussion, sans toutefois en approfondir aucune : un peu dommage ! Les seules solutions trouvées sont les exclusions temporaires pour les élèves violents et le changement/déplacement dans un collège privé pour les victimes (!!!) On aurait aimé creuser davantage et le contenu et la psychologie des personnages, c'est court, beaucoup trop court ! Souhaitons toutefois que ce petit livre fasse réagir quelques jeunes lecteurs qui eux, ne veulent pas voir rouge !

Ed. Du Rouergue, sept. 2006, 73 pages, ISBN 2-84156-763-X, prix : 6 €

Ma note : 2,5/5

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