Les jardins d'Hélène

livr'ados

A peine un peu de bruit - Karine Reysset

20 Mai 2007, 21:02pm

Publié par Laure

a-peine-un-peu-de-bruit.jpg Charlotte est l’aînée d’une famille nombreuse. Après elle il y a Pierrick, et Julie. Mais avant Julie il y a eu Loïc, petit frère né et décédé de la mort subite du nourrisson à 3 mois et 1 jour, quand Charlotte avait 7 ans et Pierrick 4. Charlotte est la gardienne de la mémoire de ce petit frère. Elle pense à lui sans cesse, lui rend visite au cimetière, lui parle, et va souvent à l’église. La mémoire de ce petit garçon est très présente au sein de la famille, ce qui n’est pas toujours bien vu de l’extérieur.

Karine Reysset a su aborder un sujet rarement traité en littérature jeunesse, celui du deuil d’un frère, de même que celui de la foi et de la pratique religieuse qui vacillent. On suit Charlotte sur quelques années : le roman est découpé en années scolaires, de la sixième à la seconde, et avec l’âge ses préoccupations d’adolescente : amitié, copines, 1er amour, bouleversement quand il faut déménager et abandonner la tombe du petit frère. Un parcours intérieur intéressant, intelligent et qui sort de l’ordinaire. 

EDL, coll. medium, mars 2006, 167 pages, prix : 9,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Ecole des Loisirs et Amazon.fr

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Le combat d'hiver - Jean-Claude Mourlevat

9 Mars 2007, 22:24pm

Publié par Laure

Alléchée par le commentaire enthousiaste de Flo et par une mère de famille tout aussi ravie à la bibliothèque, j’ai dévoré moi aussi ce combat d’hiver. Destiné aux ados à partir de 13 ans, il plaira sans aucun doute aux plus vieux aussi, sans limite d’âge !

Le roman commence dans un internat sombre et cruel où la vie des élèves, tous orphelins, est loin d’être gaie. Deux fois par an, ceux-ci ont le droit de rendre visite à leur consoleuse, ces femmes qui leur offrent écoute, chaleur humaine et réconfort.

Helen Dormann, 17 ans, demande à visiter sa consoleuse, et comme le prévoit le règlement, elle est accompagnée par une camarade : Milena Bach. Mais Milena, dans le plus grand secret, s’enfuit de l’internat, condamnant ainsi une autre élève à descendre au cachot punie à sa place. Même scénario du côté du pensionnat des garçons où Bartolomeo disparaît, laissant seul son ami Milos. Helen alors accompagnée de Milos va tenter de retrouver son amie Milena, partie avec Bart. Nos quatre adolescents vont vite se retrouver en proie aux dangers et aux violences du régime en place : la Phalange. Quinze ans plus tôt, leurs parents ont mené – en vain – le même combat. Milena, qui a hérité de la voix magnifique de sa mère, va lutter de toute son âme pour la liberté, en se ralliant le peuple par la chanson.

Jean-Claude Mourlevat a su créer un monde imaginaire semi fantastique qui se tient parfaitement, vous emporte dans son aventure et vous rappelle par bien des aspects des moments noirs de l’histoire avec le fascisme, le régime totalitaire en place et la résistance qui se construit en un vigoureux combat pour la liberté. Certaines scènes sont insoutenables de violence et de cruauté (les scènes avec les hommes-chiens, les combats de gladiateurs), mais l’ensemble est d’une force incroyable, où le courage trouve une place essentielle.

On est bien loin d’une littérature édulcorée car le sort des personnages est souvent difficile et douloureux, au contraire, voici une littérature dite « pour la jeunesse » d’une richesse et d’une intelligence rare.

Si pour ma part j’ai peu aimé les personnages semi fantastiques des hommes-chiens et des hommes-chevaux, j’ai beaucoup aimé le rôle des consoleuses. Et comme Flo, j’ai souvent pensé à Prague dans les descriptions de cette ville aux nombreux ponts.

Une œuvre d’une grande qualité, qui mérite amplement d’être portée et encouragée.

L'avis de Clochette

Gallimard jeunesse, sept. 2006, 329 pages, prix : 15 €

Ma note : 4/5

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Seule au monde - Guillaume Le Touze

19 Février 2007, 20:37pm

Publié par Laure

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque un peu par hasard, parce que j’avais envie d’un livre court, parce que c’est Guillaume Le Touze (que j’avais apprécié dans Attraction), et parce que son titre, seule au monde, me convenait bien en ce moment !

Ce livre est un roman destiné aux adolescents, qui faisait d’ailleurs partie de la sélection du Prix des Lecteurs 13-16 ans de la ville du Mans en l’an 2000.

C’est une histoire somme toute banale : Nina a 16 ans et vit avec sa mère, divorcée. Elle se sent bien seule. Mais sa mère vit à nouveau avec un homme, Mathieu. Mathieu a 15 ans de plus que Nina et 15 ans de moins que sa mère. Il n’en faut guère plus pour que Nina tombe amoureuse de lui ! [Situation plausible, après tout]. Mais Mathieu la remet fermement à sa place : il aime sa mère, et ne peut tolérer ses tentatives aguicheuses. Nina se venge, en plaçant de longs cheveux blonds sur le col de sa veste, et un fort parfum féminin. Mais peu après Nina va rendre visite à son père pour les vacances, et là, elle fait connaissance de Laurent, un garçon de son âge… (Et tout est bien qui finit bien). J’avoue qu’en ce moment, je reste un peu extérieure à mes lectures, ou tout simplement, avec mes presque 35 ans, je ne suis pas le cœur de cible de ce bouquin ! Peut-être que les premiers émois amoureux de Nina sauront toucher le cœur des adolescentes, mais pour ma part j’ai trouvé ce livre… banal. Mais je garde le nom de Le Touze pour les romans adultes, je crois qu’il y a du bon !

Frontières/ Gallimard, 1998, 160 pages.

Ma note : 3/5

 

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Les filles sont bêtes, les garçons sont idiots - Vincent Ravalec

7 Janvier 2007, 17:32pm

Publié par Laure

J’ai pris prétexte de mon fils de 12 ans pour acheter ce livre, que j’avais noté à la lecture de bonnes critiques (je ne sais plus où !) Et bien ratage total, je n’ai pas aimé ! Vraiment moyen. A tel point que je me demande si je vais vraiment le donner à fiston, ou alors juste pour qu’il me serve de cobaye et me donne son avis de public cible ;-))

 

Arthur est un garçon de 12 ans qui trouve que les filles sont souvent bêtes, oui mais alors pourquoi tous les garçons rêvent de les embrasser ? Il y a une enquête à mener là-dessus. Il commence par lire les Cosmo de sa mère, mais pour lui ces magazines ne sont que des pornos déguisés, sans intérêt. Il va donc mener une vraie grande enquête in vivo, en interviewant les filles dans le bus, en se déguisant vaguement en Honoré, cheveux en bataille, gel et grosses lunettes. Et c’est parti pour des articles dans trop-pas.com, le site qui se la pète pas. Bon au final, il passera à la pratique, bien sûr, et il y aurait une suite à cet épisode qu’on n’en serait pas surpris.

J’ai trouvé ce bouquin assez affligeant, et pas aussi drôle qu’annoncé. Une seule chose est sûre, Ravalec réussit à nous faire le portrait d’un garçon complètement idiot, et de filles un peu plus matures, donc sur ce plan là, ça fonctionne. Sinon, je trouve qu’il y a pas mal d’anachronismes au niveau du langage et du contenu. Le style est tantôt oral djeune, tantôt plus riche de références qui me semblent inconnues des jeunes de 12 ans. Et pour en avoir un prototype à la maison je peux vous dire que non ils n’ont pas encore étudié le Balzac prétendu obligatoire par l’auteur, ni appris en cours l’an dernier, à poser un préservatif. Si l’on part du principe qu’un lecteur aime s’identifier à un héros d’un ou deux ans plus âgé (appris cela dans un cours sur la littérature pour ados), il aurait fallu vieillir Arthur. D’autant que le contenu colle plus à une classe de 3ème qu’à une classe de 5ème, sauf pour la maturité du bonhomme.

Et puis le mien franchement, il est plus obsédé par sa console et MSN avec ses copains que par la psychologie des filles. Pour cela que je ne suis pas sûre de réussir à lui faire lire  ce bouquin : j’vous tiens au courant !

 

Des avis de professionnels plus éclairés :

http://www.benzinemag.net/roman/Les_filles_sont_betes.htm

http://www.ricochet-jeunes.org/parudet.asp?livrid=33274

http://buzz.litteraire.free.fr/dotclear/index.php?2006/10/30/421-les-filles-sont-betes-les-garcons-sont-idiots-de-vincent-ravalec

http://www.telerama.fr/livres/M0609251552563.html

 

Panama, août 2006, 75 pages, ISBN 978-2-7557-0146-3, prix : 9 €

Ma note : 1,5/5

 

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Passer au rouge - Hélène Vignal

1 Décembre 2006, 17:31pm

Publié par Laure

    C'est parce que... histoires de violence ordinaire

"Passer au rouge" est un court roman publié dans la collection DoADo du Rouergue, donc logiquement destiné aux adolescents, que je destinerais plutôt aux élèves de 6ème-5ème. C'est l'histoire de Boris, élève de 6ème, et de ses camarades, de leurs chahuts, de leurs blagues et bagarres. Chacun des 7 chapitres du livre commence par "C'est parce que" comme pour justifier du final. Les élèves se moquent de Boris parce qu'il a des chaussures rouges achetées dans un magasin à bas prix, et la seule façon de s'intégrer au groupe, c'est de participer à leurs mauvais jeux. Ainsi un jour Teddy est grièvement blessé dans le jeu du Triangle. Trois élèves forment un triangle dans la cour de récré, un papier de bonbon est posé par terre au milieu, et le premier élève qui marche dessus est bermudisé, c'est-à-dire battu violemment. Teddy finit à l'hôpital et s'ensuit une autre histoire. Malentendu, violence, moqueries, colères, il s'agit davantage d'une juxtaposition de saynètes sur la violence scolaire que d'un roman. Le jeune Boris trouvera finalement une idée "pour être d'accord avec lui-même".
Un très court roman qui ouvre de nombreuses pistes de réflexion et de discussion, sans toutefois en approfondir aucune : un peu dommage ! Les seules solutions trouvées sont les exclusions temporaires pour les élèves violents et le changement/déplacement dans un collège privé pour les victimes (!!!) On aurait aimé creuser davantage et le contenu et la psychologie des personnages, c'est court, beaucoup trop court ! Souhaitons toutefois que ce petit livre fasse réagir quelques jeunes lecteurs qui eux, ne veulent pas voir rouge !

Ed. Du Rouergue, sept. 2006, 73 pages, ISBN 2-84156-763-X, prix : 6 €

Ma note : 2,5/5

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Quatre soeurs - Malika Ferdjoukh

6 Novembre 2006, 15:21pm

Publié par Laure

Pour vous parler des quatre soeurs de Malika Ferdjoukh, j'ai préféré achever la lecture de la série. Je vous ai donc fait attendre... Ce fut long (non, en réalité pas assez) mais ce fut bon ! Très bon !

Tome 1 : Enid

A bien y réfléchir, je crois que c'est la première fois que je lis un roman de Malika Ferdjoukh. Ah comme j'aurais aimé lire ces quatre soeurs quand j'étais enfant ! L'école des Loisirs les conseille pour les 12-16 ans, je pense qu'on peut même les lire avant, dès 10-11 ans, pour les filles passionnées de lecture.

Les quatre soeurs Verdelaine sont en réalité 5 : il y a Charlotte, l'aînée, toujours appelée Charlie, il y a Geneviève, qui garde fièrement son secret (sous couvert de baby-sitting, elle fait tout autre chose), Bettina, 13 ans,  toujours entourée de ses copines Denise et Béhotéguy, formant ainsi la DBB (la Division Bête et Méchante), Hortense, plus secrète, qui écrit son journal intime, et enfin Enid, la petite dernière, 9 ans, qui dort avec ses chats Ingrid et Roberto.

Charlie a la charge de la maison (lourde intendance, surtout quand on n'a pas le sou !) et de ses soeurs depuis le décès accidentel de leurs parents, dix-neuf mois et vingt-deux jours plus tôt. Une galerie de personnages secondaires gravite autour, tous aussi délicieux les uns que les autres. Ce roman est somptueux, mêlant avec talent l'aventure, l'humour, les petits tracas et préoccupations amoureuses des ados : on vibre, on rit, on a vite envie de savoir la suite.

J'ai aimé particulièrement cette atmosphère un peu hors du monde, ambiance effrayante avec cette maison isolée sur la falaise en bord de mer, cette enquête au fond du puits menée courageusement par Enid pour retrouver sa pipistrelle disparue depuis la chute du sycomore, et qui trouvera au passage la clé de ce fantôme bruyant qui perturbe ses nuits. On ne sait pas très bien à quelle époque on est, impression sombre de XIXème siècle, on pense aussi aux orphelins Baudelaire, alors que le reste du récit nous mène dans des événements tout à fait contemporains (On y cite même Harry Potter). Bref un petit côté surnaturel (les filles discutent souvent avec les apparitions de leurs parents décédés, chacune croyant que ça n'arrive qu'à elle), du mystère, de l'aventure, de l'amitié, une grande tendresse et pas mal d'humour pour nous raconter les jalousies et facéties de ces cinq soeurs.

Vite, je cours me plonger dans le tome 2 !

 EDL, coll. Medium, mars 2003, 138 p. ISBN 2-211-06957-6, prix : 8 €

Ma note : 4,5/5

Tome 2 : Hortense

Le tome 2, s'il garde toujours la même malice, est un peu moins prenant que le précédent : on y perd tout le côté aventure mystérieuse vécue par Enid. Chaque tome met en avant l'une des quatre soeurs, dans celui-ci, il est question d'Hortense, de son journal intime dont elle nous livre des extraits, et surtout de la pièce de théâtre à laquelle elle participe, et de la couturière qui lui retourne l'estomac de trac (la couturière, c'est ainsi qu'on nomme la première représentation publique). Dans chaque tome il y a également une « guest star » : dans Enid c'était la jeune Colombe, dans Hortense c'est la petite Muguette, en villégiature santé à côté, petite fille très malade et courageuse, qui sympathise avec Hortense. Pourtant, en dépit de ces accents voulus sur une soeur à chaque volume, il m'apparaît que le vrai personnage principal, c'est toujours Bettina, avec ses inséparables copines Denise et Béhotéguy. Est-ce parce que Bettina est la plus représentative de l'adolescente en crise, avec ses heures passées dans la salle de bain et ses amours contrariées ? Dans ce deuxième tome elle est en effet amoureuse de Merlin, le livreur de surgelés, mais voilà le problème : il est très laid. Elle passera son temps à être cruelle avec lui, tout en reconnaissant ses qualités de coeur : ah, dilemme ! Geneviève me parait toujours effacée, malgré ses cours de boxe thaïe avoués, et Charlie continue d'en dépêtre avec la chaudière en panne et l'envahisseur Mycroft (un gros vilain rat !). Chaque tome se termine également sur une blague ou un jeu de mots autour de Tante Lucrèce, ce qui crée une unité complémentaire à la série, sous forme de clin d'oeil malicieux. A suivre, car on veut connaître la suite des aventures ! 

EDL, coll. Medium , mai 2003, 191 p. ISBN 2-211-06960-6, prix : 8 €

Ma note : 4/5  

 

Tome 3 : Bettina 

On retrouve les soeurs Verdelaine avec toujours autant de plaisir dans ce troisième et avant dernier tome de la série. Il y a cette fois une vraie continuité avec le tome précédent, dans la mesure où l'on continue d'avoir des nouvelles de la petite Muguette, à présent hospitalisée, et où Bettina tentera de revoir son amoureux de chez Nanouk Surgelés : le si extérieurement laid mais si intérieurement beau Merlin. Paradoxalement, bien que ce titre soit consacré à Bettina, je ne trouve pas qu'elle soit au centre de l'ouvrage, contrairement aux précédents où justement, elle avait beaucoup de présence. Ici, c'est plutôt Charlie qui est mise en avant, nouvelle histoire d'amour oblige, je n'en dis pas plus. En effet, la petite tribu étant vraiment à court d'argent, il a fallu se résoudre à louer une partie inoccupée de la maison, comprenant entre autre la chambre de leurs parents décédés. Ce tome invite aussi à la Vill'Hervé les deux petits cousins Harry et Désirée, qui ne sont pas les derniers pour semer la zizanie, en particulier avec Harry, qui trouve très amusant de domestiquer des cafards et des vers de terre. 

Un troisième volume qui offre une belle unité dans les aventures des cinq soeurs, avec un panorama plus large, même si Geneviève est toujours la plus effacée. Une intrigue courageuse aussi, où l'auteur ne cède pas à la facilité : chagrins d'amour et d'amitié, donc souffrance, soucis de jeune fille avec apparition des premières règles chez Hortense, bref une belle plume pour les filles dès 11 ans.

 

EDL coll. Medium, sept. 2003, 201 p. ISBN 2-211-07006-X, prix : 8 €

Ma note : 4,5/5 

Tome 4 : Geneviève

Et le meilleur pour la fin...

Ce dernier tome est consacré à Geneviève, 16 ans, la plus discrète de la famille. C?est le début de l'été (et donc des vacances) et les filles vont s'éparpiller. Geneviève, toujours aussi sérieuse, va travailler à vendre des glaces sur la plage tout le mois de juillet. Ce qui ne l'empêchera de rencontrer l'amour (compliqué, cet amour-là) et de se lâcher un peu : finies les lessives familiales ! Bettina va partir en camping à la ferme avec ses inséparables copines, Enid et Hortense vont partir chez les cousins à Paris. 

Ce dernier volume continue de mêler petites aventures féminines, responsabilités d'orphelines obligées de mûrir plus vite, amours, amitiés, facéties et humour : bref, un bel apprentissage de la vie. Charlie retrouvera son amoureux, Enid et Hortense nous donneront un aperçu du Paris triste et dur où le logement fait cercle vicieux avec la misère, Bettina gardera son ptit côté rebelle tout en sentant à nouveau son coeur vibrer ...

Une saga qui s'achève en apothéose et qu'on quitte à regrets : on est si bien avec ces soeurs Verdelaine, que ça devrait durer toujours. Même si l'on sait leur avenir positif, on regrette que ces plus de 600 pages cumulées s'achèvent là.

EDL coll. Medium, nov. 2003, 216 p. ISBN 2-211-07096-5, prix : 8 €

Ma note : 5/5

 

Et je comprendrais presque la lectrice qui a failli m'engueuler à la bibliothèque, en tout cas à qui j'ai eu beaucoup de mal à faire accepter que « oui elles sont cinq soeurs dans l'histoire mais non il n'y a que quatre tomes ». La tomaison suivant l'âge des soeurs, de la plus petite à la plus grande, cette lectrice me soutenait qu'il y avait nécessairement un tome 5 consacré à Charlie, l'aînée. Et que mon boulot état de le lui trouver. J'avoue qu'aujourd'hui je la comprends un peu, mais ces quatre soeurs (ce titre n'est pas là pour rien quand même !) sont bien une tétrade, formant une unité parfaitement écrite (je pèse mes mots), drôle, tendre, riche et aboutie. Quant au pourquoi du comment, j'imagine que c'est parce que Charlie est majeure, adulte et chargée de famille en lieu et place des parents défunts. Elle occupe donc une place un peu à part dans la fratrie. 

Le seul moyen de prolonger ce bonheur de lecture, c'est de continuer à l'offrir : si vous avez une nièce, une cousine, une fille, une soeur, bref une petite chose féminine approchant les douze ans autour de vous, offrez-lui ces quatre volumes réunis sous coffret, elle vous en remerciera longtemps.  (Non pas que ce ne soit pas pour les garçons, mais je doute qu'à cet âge-là, ils aient ces préoccupations-là !)

 

(mémo pour Noël 2007 : l'offrir à ma grande fille !) 

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Vendredi 13 chez tante Jeanne - Arnaud Cathrine

6 Septembre 2006, 09:12am

Publié par Laure

Je crois que chez Arnaud Cathrine, adulé un peu partout sur le web, je ne sais pas choisir les bons bouquins. Mon démon s’appelle Martin  m’avait déjà pas mal déçue, Vendredi 13 chez tante Jeanne n’est pas non plus à la hauteur de ce que la 4ème de couv m’en laissait attendre.

Jeudi 12 juillet, Gaspard, qui vient de finir sa classe de 5ème, se prépare à partir comme tous les ans en vacances à Grandville. Mais un coup de fil vient tout chambouler : Tante Jeanne est morte. Direction Muret, l’autoroute du Sud. Gaspard est de mauvaise humeur, ne se sent pas en état de côtoyer une morte, et déteste les adultes présents qui n’en veulent qu’à l’héritage. Du moins le croit-il. Un vendredi 13 pas terrible avec enterrement en prime. Il va finalement renouer d’amitié avec son cousin Philibert, qui lui dévoilera le secret du journal intime de tante Jeanne.

C’est un roman destiné aux plus de 12 ans, je dirais personnellement « aux plus de 12 ans qui n’aiment pas lire ». Car je trouve que tout est trop court dans ce livre, tout est survolé, jamais creusé. Exemple avec le journal intime de tante Jeanne : le secret tient en une phrase dans la bouche de Philibert : il y aurait pourtant eu de quoi creuser là dedans ! Idem avec les apparences : Gaspard pense que ses parents sont ainsi, mais finalement non, une phrase par ci par là, c’est de l’épure totale qui ne laisse pas assez de substance nourrissante ! Bref, je reste toujours sur ma faim avec les romans de Cathrine, ou alors je les choisis mal. Lecture facile et rapide. Trop justement.

Ecole des loisirs coll. Medium, mars 2001, 94 p. ISBN 2-211-06166-4, prix : 7,01 €

Ma note : 2,5/5

 

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Je ne suis pas une fille facile - Karine Reysset

11 Août 2006, 06:46am

Publié par Laure

Hier soir j'avais envie d'un livre court, une pause "respirante" dans mes lectures légèrement ennuyeuses du moment. J'ai attrapé ce petit medium de l'école des loisirs, destiné aux ados. J'vous avais pas dit que j'avais délocalisé une partie de la bibliothèque dans laquelle je travaille dans la maison pour les vacances ?

J'ai été passablement déçue. Peut-être parce que j'ai passé l'âge. Pourtant j'avais envie d'en savoir plus moi, sur les filles faciles ;-)) M'est d'avis que quand on a lu la 4ème de couv, on a tout lu. Hélas on n'en découvre guère plus dans ce court roman, dommage.

Audrée (oui, je ne connaissais pas cette orthographe) a un peu plus de 18 ans et déjà elle se fiance avec Sébastien et s'installe avec lui. De quoi rendre jalouse sa petite soeur Justine, en classe de seconde, donc dans les 15 ans ? Justine, c'est tout l'inverse. Elle se saoule dans les soirées, dit "si tu veux" à tous les garçons mais ne va en réalité jamais plus loin que les baisers, se fait jeter dès le lendemain quand ce n'est pas le soir même, et en est terriblement malheureuse. Alors quand sa soeur la traite de fille facile, elle voit rouge. Car l'amour elle a envie d'y croire, mais c'est pas sa faute si ça ne marche jamais ! Ah pas facile d'être ado et de chercher sa personnalité !

Ajoutez là-dessus le vide laissé dans le coeur des parents quand l'aînée quitte le foyer, la grand-mère qui joue les philosophes, elle qui n'a connu qu'un seul homme de toute sa vie et qui dit à Justine qu'elle a raison, faut bien profiter avant de s'enterrer vivante, comme sa soeur Audrée. Beaucoup de thèmes intéressants sont soulevés, mais hélas aucun n'est creusé. Pas facile non plus sur 118 courtes pages.

Tout au long de ma lecture je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir dans la tête cette chanson de Bénabar " je suis de celles". Exactement cela.

L'école des loisirs, coll. medium, mars 2005, 118 p. ISBN 2-211-07755-2, prix : 8 €

Ma note : 3/5

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Une bouteille dans la mer de Gaza - Valérie Zenatti

1 Août 2006, 09:23am

Publié par Laure

Ce roman de Valérie Zenatti est un roman pour la jeunesse publié dans une collection dite « pour ados » (medium de l’Ecole des Loisirs), parce que les thèmes sont proches des préoccupations des ados. Mais il a un gros quelque chose en plus : c’est un roman intelligent !

Tal Levine a 17 ans et vit à Jérusalem. Elle ne s’habituera jamais aux attentats qui secouent son pays. Et si elle jetait une bouteille à la mer, un message d’espoir pour correspondre avec une jeune palestinienne « ennemie », parce que la politique internationale n’a pas à gérer sa vie et ses sentiments de jeune adulte, parce qu’elle est avant tout un être humain comme les autres ? Elle trouvera une réponse à son message, en la personne d’un jeune palestinien. Le roman est essentiellement composé des échanges d’e-mails entre « Gazaman » et « Bakbouk », d’abord agressifs, puis plus ouverts à la sensibilité quand le jeune homme laissera tomber peu à peu sa résistance. La psychologie des personnages est très bien vue, tant du point de vue de l’adolescence, que de leur quotidien. La fin est courageuse, car elle tranche, avec une note d’espoir sans être complètement guimauve.

Mais le réel « plus » de ce roman, c’est ce qu’il nous apprend. Ce quotidien du conflit israélo-palestinien, qui ne nous parvient qu’à travers le prisme de l’actualité, et qui nous est donné ici à travers la réalité de deux jeunes qui le vivent.

Des romans comme ça, j’en redemande !

Ecole des Loisirs, coll. Medium, oct.2005, 166 p. ISBN 2-211-07275-5, prix : 9,50€

Ma note : 4,5/5

 

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Prix des lecteurs 13-16 ans : suite

30 Juin 2006, 13:55pm

Publié par Laure

Le 15 juin dernier, je vous donnais le lauréat du 9ème prix des Lecteurs 13-16 ans de la Ville du Mans et du département de la Sarthe. Mais j’ignorais le classement des résultats des votes pour les 10 sélectionnés. Je n’ai à ce jour toujours pas les chiffres (pour savoir s’il y a de grands écarts ou si c’est kif kif !), mais j’ai quand même le palmarès. Je vous le livre donc, puisque cet article avait attisé votre curiosité !

1)      Soldat Peaceful 

2)      La fille au pinceau d’or 

3)     Bjorn le morphir 

4)   Tour B2 mon amour 

5)     Une bouteille dans la mer de Gaza

6)     Celui qui n’aimait pas lire 

7)     Felicidad 

8)     Leïla les jours 

9)     Le quatrième soupirail 

10)  Séraphine

Et pour celles (ou ceux !) qui aiment jouer, je vous donne déjà la sélection 2007 :

 

 (par ordre alphabétique d’auteur)

-         Bienne, Gisèle. Le cavalier démonté. Ecole des Loisirs, 9,20€

-         Bondoux, Anne-Laure. Pétites. Bayard jeunesse. 11,90 €

-         Chabas, Jean-François. L’ange du Namib. Ecole des Loisirs. 9 €

-         Cousseau, Alex. Soleil métallique. Rouergue. 9 €

-         Desplat-Duc, Anne-Marie. Sorcière blanche. Rageot. 6,70 €

-         Galéa, Claudine. Entre les vagues. Rouergue. 6 €

-         Lorient, Frédérique. Danseurs de lumière. Mango. 9 €

-         Lowry, Lois. Le garçon qui se taisait. Ecole des loisirs. 10 €

-         Missonnier, Catherine. L’heure de la vengeance. Rageot. 7,30 €

-         Yzac, Adeline. L’enfant à la bouche de silence. Alice jeunesse. 7,50 €

 

Je n’en ai lu aucun jusqu’à présent, mais Pépites d’Anne-Laure Bondoux a d’excellentes critiques, et elle avait déjà remporté ce prix en 2004 pour son précédent roman Les larmes de l’assassin, chez Bayard jeunesse également. De même je vois bien parti Danseurs de lumière, car là, c’est la collection « Autres mondes » de chez Mango qui carbure, en proposant de très bons romans de science-fiction pour les ados, mais qui plaisent aux plus âgés aussi. D’ailleurs, le prix 2005 était allé à Mosa Wosa de Nathalie Le Gendre, dans cette même collection dont parle d’ailleurs très bien Cathe sur son blog  (cf là !) 

Au Mans, on aime bien les 24 H : on les décline à toutes les sauces : les 24 heures auto, moto, camions, du livre, des rillettes bientôt (nan je plaisante mais les concours de rillettes ça existe vraiment !) Le 10ème prix des lecteurs 13-16 ans, organisé par l’association des 24H du livre, sera donc officiellement lancé lors de la 25ème Heure, notre salon littéraire annuel à nous. Rendez-vous en octobre pour les festivités. Après on lit, on reçoit les auteurs dans les bibliothèques et les collèges, pour des signatures en librairie, les jeunes votent et en juin 2007 : fin du suspense ! 

Allez, cette fois je n’ai plus d’excuses, j’ai un an devant moi, et déjà 2 des 10 livres sous la main J mais tant d'autres aussi !

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