La vie étonnante d’Ellis Spencer – Justine Augier
En Naol (c’est le nom d’un pays), dans un futur indéterminé mais qui pourrait être assez proche, le rêve et le doute sont devenus interdits, tout comme les livres que certains collectionnent toutefois en secret. La population doit obligatoirement être hyperactive. Les enfants chétifs ou repérés comme faibles causent immédiatement l’inquiétude de leurs parents, et catalogués comme « enfants à problèmes », ils intègrent l’Académie du Succès dans l’espoir de rentrer dans le rang.
Ellis Spencer, 11 ans presque 12, est une de ces enfants « pas comme les autres », qui trouve encore une évasion personnelle dans la lecture des ouvrages de la bibliothèque secrète de ses parents.
Dans une société où il faut absolument être dans la norme, pourra-t-elle revendiquer et assumer sa différence, sa personnalité, et sa rébellion contre l’ordre établi ? Elle découvre aussi un réseau de résistance dans lequel elle s’investit.
Roman d’anticipation qui reflète tout de même bien une certaine évolution de notre société (performance, rentabilité, sur-importance donnée au spectacle et aux shows de télévision superficiels, …), j’ai énormément peiné à y entrer. Je ne crois d’ailleurs pas avoir réussi à apprécier ce texte, que j’ai trouvé souvent maladroit, confus, et peu intéressant (ou insuffisamment développé), sur un thème très à la mode pourtant en littérature jeunesse, cf. le succès cinématographique qui retentit a posteriori sur la version romanesque de Divergente, qui traite peu ou prou des mêmes thèmes : affirmer sa différence, lutter contre une autorité despotique, etc.
Ce roman faisant partie de la sélection 2015 du Prix des Lecteurs 13-16 ans du département, je me suis forcée à le finir (conscience professionnelle toussa toussa) mais je ne réussirai pas à le défendre tant j'ai failli passer à autre chose un grand nombre de fois.
p. 19 : « Mon père sait toujours où me retrouver parce que j'ai au creux du bras droit (comme tous les enfants du pays) une petite puce sous-cutanée qui transmet mes données (position, température, tension, rythme cardiaque) vers les micro-tablettes de mes parents. »
Ce n'est presque plus de la science-fiction puisqu'une chaîne française de prêt-à-porter vient de mettre en vente des blousons pour enfants avec traceurs GPS, les sales mômes ne daignant pas répondre aux trop nombreux appels de leurs parents sur leur smartphone.
Elle est pas belle la vie ?
Actes Sud junior, avril 2014, 141 pages, prix : 12,50 €
Etoiles : 
Crédit photo couverture : © Jeanne Detallante et éd. Actes Sud junior
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Nora, 15 ans, est en 3ème au collège. Fan d'Ava Gardner, elle lui voue un culte au point d'en faire la confidente de son journal intime. Nora est complexée par son absence de poitrine, et souvent agacée par sa meilleure amie qui s'interroge sans cesse sur l'amour de son petit copain Sam. Un beau jour arrive dans la jardinière de son balcon une lettre de rupture destinée à un jeune voisin de l'entrée d'à côté. Visiblement dépité, le jeune homme l'a jetée par la fenêtre.
Laure et Lucie sont sœurs, 13 mois les séparent, l’une est blonde et grande, l’autre est brune et plus petite. Toutes deux adorent la natation et la plongée. Dans le métro, Laure se fait agresser. On lui vole son sac, mais surtout, elle est victime d’attouchements. Son seul tort ? Être une fille, en jupe, belle et blonde ! Durablement traumatisée, Laure refuse pourtant d’en parler à ses parents et fait promettre à sa sœur Lucie de ne pas la trahir. Difficile pour Lucie de ne pas rompre sa promesse alors qu’elle voit sa sœur sombrer de jour en jour, s’enlaidir, avoir peur de tout, ne plus avoir goût à rien, et s’enfoncer au collège.
Célia raconte le drame qu'elle a traversée, de cet après-midi ensoleillé au bord de la piscine à la cellule d'une maison d'arrêt, puis au procès. Incipit : 


Lu juste après 



Jill, 16 ans, est une adolescente comme les autres à la différence près qu’elle est aveugle depuis l’enfance, suite à une grave maladie. Mais elle entend bien vivre comme les autres et va jusqu’à tenter des expériences dangereuses pour se convaincre qu’elle peut y arriver, comme la scène d’ouverture où elle se rend au lycée en prenant le métro sans sa canne blanche. Un brin obstinée, elle n’en fait qu’à sa tête pour défendre sa liberté et son autonomie, et se retrouve témoin auditif d’une agression sauvage nocturne dans un parc de Paris. Mais la police appelée sur les lieux ne trouvera aucune trace de victime blessée ni d’agression.
Quentin Silber s’est fait virer du lycée St Ex, trop d’absentéisme et d’insolence. Ce n’est pas une sanction votée par le conseil de discipline, mais une solution fièrement trouvée par le proviseur : changer Quentin d’établissement à la rentrée. Lui proposer le lycée Clemenceau, établissement bourgeois bien fréquenté, qui peut l’amener à changer de comportement, à saisir les chances qui lui sont données, à lui de voir : la balle est dans son camp.