Les jardins d'Hélène

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Trois baisers - Maïté Bernard

10 Avril 2011, 13:03pm

Publié par Laure

 

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Il y a des bonnes fées penchées sur ce blog. Il y a sans doute aussi quelques oiseaux de mauvais augure, mais ceux-là, je les laisse croasser tous seuls. Des bonnes fées disais-je, silencieuses et invisibles, mais fidèles, toujours.

A peine ma fille partie en Allemagne et les histoires de mon fils musicien écrites ici, je recevais ce petit roman de Maïté Bernard qui traite d'adolescents musiciens partis en Allemagne dans le cadre d'un échange d’orchestres de lycéens. Avouez que c'est troublant. D'autant qu'en allant voir la date de sortie prévue du livre, je n'ai pu que constater qu'il était sorti il y a presque un an déjà. Maïté Bernard n'est pas rancunière, car je n'ai toujours pas lu le précédent polar qu'elle m'a envoyé. Un petit mail de remerciement et je découvre avec amusement que c'est une histoire de mails perdus à la sortie du livre, une session de rattrapage, et un hasard de calendrier, ma fille n'a rien à voir là-dedans (vous verrez ce roman sur d'autres blogs aussi). N'empêche que dans ce roman comme dans mon home sweet home, le chat s'appelle Caramel, et il y a un ado qui se prénomme Jean-Baptiste. Alors laissez-moi croire à mes belles histoires

 

Marie-Liesse a 16 ans, le bac tout juste en poche, et elle part pour Berlin avec quelques camarades dans le cadre d'un échange de lycéens musiciens. Sa correspondante, Louise, est très sympathique, tous ces jeunes semblent très bien s'entendre, et entre quelques répétitions, ils visitent la ville avec l'insouciance et la joie qui est celle de leur âge.

Pourtant, bien des choses viennent troubler Marie-Liesse. Il y a déjà ce grand frère en prison, Wallerand, condamné pour avoir frappé sa copine tombée alors contre un radiateur, laquelle est dans le coma depuis plus de deux ans, ce frère quelle refuse de voir depuis, et à qui elle n'a toujours pas écrit, ne serait-ce qu'une carte postale. Serait-ce le moment ? Et puis il y a ce premier baiser, celui de sa meilleure amie Adèle, pourquoi ? Elle ne le souhaitait pas ! Et le père de Louise, ce bel homme à qui elle semble plaire, qui trouble un jeu de la séduction au revers déplaisant, et enfin Valentin, à qui elle va demander un service qui pourrait bien se transformer en autre chose...

Ce roman est la suite de Un cactus à Versailles, mais il peut se lire tout à fait indépendamment. Maïté Bernard réussit le tour de force d'aborder un grand nombre de thèmes qui chacun se font une place dans le récit sans que cela soit artificiel. Au détour des balades des jeunes, on réapprend l'histoire de Berlin, son Mur et les deux Allemagne, on sourit aux relations amicales, aux prémices des relations amoureuses, on a envie de bondir lors de scènes dérangeantes, et pourtant Marie se fraie son chemin entre peur et sincérité, avec la fraicheur de la jeunesse mais aussi le sérieux qui convient quand elle se trouve confrontée à une situation qui lui déplait. Un bel ensemble, qui devrait toucher les adolescents avec une écriture au plus proche de leur quotidien.

 

Un roman qui sait mêler les sujets graves aux plus légers et qui bien évidemment finit bien !

 

Syros, coll. Tempo +, mai 2010, 258 pages, prix : 5,95 €

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Crédit photo couverture : © Bruno Gibert

 

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(Re)play ! - Jean-Philippe Blondel

31 Mars 2011, 14:30pm

Publié par Laure

replay-blondel.jpgFranck Ménard, le célèbre critique et spécialiste du rock en France doit venir donner une conférence au lycée, à l’issue de laquelle il écoutera les groupes de l’établissement. Hélas, Benjamin et ses partenaires des Frontlights se sont séparés l’année passée, amitié éclatée, amours jalouses et percutées. Mathieu tente de convaincre Benji de remonter le groupe, même sans leur chanteuse Clara, et les … Revenants s’attellent à la tâche.

 

Honnêtement, je ne me sentais pas concernée par ce roman de Blondel, parce que l’ado guitariste qui compose et les groupes en répét’, je les ai en live à la maison. Faire le taxi pour les premiers concerts dans les bars, les chèques de caution pour la salle de répé du lycée, c’est mon job de mère depuis deux ans. Alors entrer dans les pensées de Benjamin, Mathieu, Max le batteur du groupe, c’était me placer en indélicate position de voyeuse. Je n’ai qu’à changer les prénoms… Mais par ailleurs fidèle des romans de l’auteur, je savais bien que je le lirais quand même !

Si le sujet est au plus proche des lycéens, tant dans le thème que dans l’écriture même, c’est aussi un formidable roman sur l’amitié, la responsabilité, et le passage à l’âge adulte. Ce qui frappe, c’est la maturité acquise à travers les réflexions des personnages entre le début et la fin du roman. « On les découvre ados et un peu gamins, on les quitte adultes », disait Blondel à propos de ses élèves lycéens. C’est le cheminement de Benjamin et Mathieu dans ce roman, dans leur relation à Clara, ruptures et déceptions amoureuses, dans leur amitié éclatée qui se retisse. Blondel a ce je-ne-sais-quoi qui toujours frappe au cœur, la justesse des propos, sans doute.

 

Un regret sur la fin quand même, beaucoup trop guimauve à mon goût. Si je conçois bien que les fins positives sont souhaitables en littérature jeunesse, pour moi, la fin positive on l’avait quelques pages plus tôt déjà, dans la relation avec Clément, dans l’avenir avec Julie… nul besoin d’aller promettre monts et merveilles avec Franck Ménard. Cette fin s’inscrit presque en paradoxe avec ce qui précède, comme l’avait recommandé le bienveillant documentaliste, il ne faut surtout pas parler à Franck Ménard de son rôle de juré dans une émission de télé, non il est là en tant que figure du rock français, un vrai de vrai spécialiste. Alors pourquoi au final ne lui faire faire que ce qui relève de son rôle de juré de télé-crochet : évaluer et promettre des contrats ? Tsss.. Bon d’accord, dans d’autres circonstances, d’autres détails, mais non… j’aurais préféré que ça s’arrête quelques pages plus tôt.

 

Paroles d’ados (parce que ce livre leur est quand même avant tout destiné) :

Lu par Anne-Claire, 14 ans ½, qui l’a piqué à son frère parce qu’elle n’avait plus rien à lire dans le train au retour de chez son père : - oui j’ai bien aimé. Moi avant lecture, et dans la perspective prescriptive du boulot : - ce n’est pas plutôt un bouquin pour les garçons ? – Non, non, pas du tout, c’est très bien.

Lu par JB, 16 ans ½, lycéen-guitariste-etc., qui me raconte son week-end chez son père : j’ai lu un bouquin de Gide ce week-end, c’était super ! J’voulais quand même vérifier que j’avais pas écrit trop de conneries dans ma dissert’ (ah mon fils ! il s’aventure à citer des auteurs dont il a juste glané trois citations et il va les lire APRES ! verdict éhonté : 18/20). Ah j’ai lu le Blondel aussi, c’est pas la même littérature ! C’est très bien hein, mais c’est un bouquin pour ados quoi !

Mon fils aurait-il donc décrété qu’il n’était plus un ado ?

 

Juste un lycéen musicien.

 

Moralité : un roman qui parle de jeunes de 17-18 ans, mais qui plaira d’abord aux 12-15.

 

Actes Sud junior, mars 2011, 125 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © plainpicture / Daniel Sadrowski et éd. Actes Sud.

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Terrienne - Jean-Claude Mourlevat

27 Mars 2011, 16:26pm

Publié par Laure

 

terrienne.jpgAnne Collodi, 17 ans, se met en quête de sa sœur Gabrielle, disparue un an auparavant, le jour de son mariage. Elle fait la connaissance d'Etienne Virgil, un écrivain solitaire, qui la prend en stop sur le bord de la D8 entre Montbrison et St-Etienne. Elle descend toujours au panneau « Campagne, 3,5 km », le lieu de passage vers « l'autre côté », un monde parallèle aseptisé, sans émotions où les gens ne respirent pas, ne pleurent pas, ne toussent pas, ne ronflent pas, mangent des choses insipides..., mais un monde où beaucoup meurent aussi.

Dans cet autre monde, en quête éperdue de sa sœur, aidée par quelques uns, elle va vivre des expériences difficiles, éprouvantes, mais aussi connaître l'amour...

 

Je ne suis pas fan des univers fantastiques, ce n'est pas nouveau, néanmoins Jean-Claude Mourlevat avait su me séduire avec ses deux précédents romans le Combat d'Hiver, et le Chagrin du Roi Mort, et puis c'est un auteur « valeur sûre » que j'aime à retrouver. Avec lui on place la barre très haut, forcément, d'où sans doute aussi le risque de déception. Terrienne est un très bon roman, mais il n'a pas pour moi la richesse fertile des deux précédents, la force et l'ambition qui m'avaient réellement emportée alors. Terrienne me paraît plus simple dans l'intrigue, malgré de bonnes références littéraires et historiques évidentes, et je me suis demandé au fil de ma lecture où l'auteur voulait en venir, s'il y avait un message caché, ou si c'était juste les gentils contre les méchants et récupérer soeurette.... Le début du roman vous embarque et vous intrigue (intéressant personnage de l'écrivain!) mais les deux tiers suivants ronronnent un peu, l'imaginaire s'émousse, avec une fin sans grande surprise. Une légère déception, donc.

 

 

Lu aussi par Stephie, Theoma, Marie, Clarabel, ...

 

 

Gallimard jeunesse, janvier 2011, 386 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : © Patrick Léger / Gallimard jeunesse

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Le garçon qui volait des avions - Elise Fontenaille

15 Mars 2011, 14:42pm

Publié par Laure

garcon-qui-volait-avions.jpgCe très court roman (59 pages) pour ados est l’histoire vraie d’un jeune américain de 16 ans, Colton Harris-Moore, surnommé le bandit aux pieds nus, qui a défrayé la chronique en jouant au chat et à la souris avec la police pendant plusieurs années, avant d’être arrêté en juillet 2010. Ce gamin ordinaire vit sur une petite île près de Seattle. Mais il n’a pas la chance d’être né dans la bonne famille : parents alcooliques, père violent, il ne tarde pas à fuguer et à être placé en foyers, d’où il ne cessera de s’échapper, avant de vivre totalement libre, et seul. Tout est parti d’un malentendu : fier du vélo que sa mère lui a offert pour Noël en bossant dur, la police l’arrête et ne croit pas que ce beau vélo tout neuf puisse être à lui : ce jour-là, il s’est juré de se venger, « de faire la guerre aux flics, de tout faire pour leur pourrir la vie… » Et il y a bien réussi. Il devient vite un phénomène populaire aux Etats-Unis, les gens s’arrachent des tee-shirts à son effigie et sont fans de sa page Facebook. Pour survivre, il vole des pizzas dans les congélateurs des résidences de vacances et autres maisons fermées, puis se met à réaliser ses rêves, juste pour le plaisir, et le pied de nez aux flics, il emprunte des bateaux, et des avions : des Cessna qu’il pilote au feeling, grâce à quelques heures de jeu sur simulateur ! Il s’arrangera toujours pour trouver des connexions internet et donner des nouvelles à sa mère.

 

Roman flash écrit très vite (en 3 jours et 3 nuit dit son auteur), il donne successivement la parole, outre au héros lui-même, à quelques personnages en lien avec lui : sa mère, des voisins, l’éducatrice qui l’aimait bien, Helen, la femme flic qui l’arrête à contre cœur… Comme vous vous souvenez tous sans doute de « cours, Forrest, cours », vous aurez en tête désormais ce « fly, Colton, fly ! ».

 

J’aime bien les romans d’Elise Fontenaille, même si je leur fais souvent ce même reproche : court, beaucoup trop court ! Mais cela peut plaire aussi aux jeunes qui justement n’aimeraient pas trop lire, ou qu’un texte long effraierait. Et cette histoire aux accents extraordinaires et pourtant réelle devrait les séduire !  

La page Facebook du livre  

 

Rouergue, coll. DoAdo, mars 2011, prix : 8 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue.

 

 

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Liberté, égalité, chocolat – Alex Shearer

8 Mars 2011, 15:41pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Stanislas et Sophie Barets

 

liberte-egalite-chocolat.jpgUn nouveau parti a pris le pouvoir, et ça ne rigole pas : Le Parti Qui Vous Veut du Bien (le Parti de la vie saine, des bonnes dents et de l’éradication de l’obésité et autres maladies liées à une mauvaise alimentation) a décidé de réglementer la santé et le mode de vie des citoyens en interdisant la consommation et la possession de chocolat et autres sucreries. Le chocolat et ses dérivés sont devenus des produits illégaux. La Patrouille armée de robots renifleurs et destructeurs veille au grain, aidée par une équipe de jeunes enrôlés : les Jeunes Pionniers, qui ont pour mission de dénoncer et faire envoyer en camps de rééducation les contrevenants.

On l’aura compris, l’image est facile et le vocabulaire choisi : on y parle très vite de Milice, de bruit de bottes, de marché noir, de résistance, de camps, de bootleggers et de révolution. Ou comment réagit-on à la prise de pouvoir d’une dictature. Toute comparaison avec la seconde guerre mondiale n’est pas fortuite, ainsi qu’avec la Prohibition des années 1917-1935 aux Etats-Unis, où l’alcool était interdit, avec pour conséquence un important trafic mené par des « bootleggers » (littéralement des « hommes qui cachaient des bouteilles dans leurs bottes »)

Ici, ce sont des enfants, Arthur et Sébastien, fidèles copains, qui vont s’insurger et monter une chocolaterie clandestine, dans le magasin d’une vieille commerçante sympathique, et développer un important marché noir, mener la lutte pour aboutir à la Révolution et au renversement du pouvoir.

On a là un roman d’aventures assez prenant, facile à lire, pas toujours réaliste (les adultes ne s’occupent pas beaucoup des enfants qui font un peu ce qu’ils veulent), plutôt idéaliste, avec des gentils et des méchants (les « collabos ») et qui par le biais d’une histoire imaginaire et fantaisiste éveille à la Grande Histoire. Si c’est bien mené, ça reste néanmoins un peu superficiel et convenu, comme si l’idée n’était finalement que de caser les idées imparties.  

Peut-être l’ensemble est-il au final trop caricatural pour réellement fonctionner, ou alors s’adresse-t-il plutôt à des enfants encore assez jeunes (10-12 ans) qui verraient moins la façon « plaquée telle quelle » de parler d’Histoire ?

Je ne sais pas, l’idée était bonne, mais le roman peut-être un peu trop didactique et donc artificiel.

 

p. 147 : « Eux, ils ne travaillaient pas pour l’argent. Ils défendaient une juste cause : le droit de croquer un carré de chocolat de temps en temps.

Ils étaient devenus des bootleggers comme Robin des Bois s’était fait hors-la-loi – parce qu’ils étaient du côté des faibles et des opprimés, qu’ils s’opposaient à la tyrannie et à l’arbitraire. »

 

Bayard jeunesse, coll. MilléZime, juin 2008, 362 pages, prix : 12,90 €

(parution en VO : 2003)

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Crédit photo couverture : éd. Bayard

 

 

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Amour, patates et rock'n'roll – Céline Lavignette-Ammoun

7 Mars 2011, 08:49am

Publié par Laure

 

amour-patates-et-rocknroll.jpgJulia a 14 ans et mène la vie ordinaire d'une collégienne de son âge, aimée et entourée de ses parents, de sa grand-mère, et de sa meilleure amie Bérénice. Mais Julia a un frère jumeau qu'elle aime très sincèrement, mais dont elle a du mal à assumer la différence à l'extérieur, notamment auprès du CDP, le « Club des Pétasses », le clan de copines un peu bécasses du collège. Car Julien est autiste, et tout le monde vit d'abord en fonction de lui à la maison. De là à le transformer en cousin anglais chanteur de rock et à se mettre dans une situation un peu compliquée auprès des copines …

 

D'abord lu par ma fille de 14 ans qui l'a beaucoup aimé, (« c'est bien et c'est drôle » est tout ce que j'ai réussi à lui faire dire), je le lui ai piqué ensuite. C'est effectivement un beau roman sur la relation frère-soeur, une relation que j'aurais aimé voir davantage développée dans le récit, tant on sent bien l'amour et le lien fort qui les unit, un roman sur la différence aussi (ici l'autisme) et la difficulté de s'en expliquer à l'extérieur. Mais c'est aussi un roman d'adolescents, façon tranche de vie, avec les tourments habituels des premières amours timides et les grouillements qu'on trouve ridicules des années plus tard sur les comportements en groupe au collège !

 

Quelques maladresses de jeunesse (c'est un premier roman je crois), j'ai parfois trouvé un peu longuettes toutes les considérations sur les profs, les cours (mais je suppose que ça « parle » davantage aux jeunes lecteurs), inutile et dommage d'avoir prénommé les jumeaux Julia et Julien, invraisemblable une partie du dénouement, mais j'ai aimé la fraîcheur de l'ensemble, l'humour, la vivacité, la dérision, et surtout, ce beau lien fraternel, et grand-maternel !

 

À découvrir !

 

Lire des extraits : ici

 

éd. d'un monde à l'autre, septembre 2010, 226 pages, prix : 15€

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Crédit photo couverture : © mademoiselle caroline

 

 

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Comme des trains dans la nuit - Anne Percin

23 Janvier 2011, 17:07pm

Publié par Laure

 

comme-des-trains-dans-la-nuit.jpgPeu après Comment (bien) rater ses vacances, fort drôle et vitaminé, Anne Percin montre à nouveau toute l'étendue de son talent à travers quatre nouvelles au ton très différent, tant entre elles que par rapport au roman cité précédemment, mais qui ont pour point commun de mettre en scène des duos d'adolescents.

La première nouvelle éponyme au titre du recueil m'a totalement soufflée, agrippée, remuée. Une bombe amorcée dont on guette l'explosion sans bien savoir quand ni comment elle va sauter. Une tension croissante au fil du récit, un réalisme très réussi de la description de cette « Planète bouse » où deux jeunes ados que beaucoup de choses opposent vont devenir pyromanes, réunis par Could you be loved de Bob Marley. Cette nouvelle, je pourrais la relire vingt fois et la trouver toujours aussi effroyable, extraordinaire de justesse, parfaite en tous points. (et penser à chaque fois à certains romans de Guillaume Guéraud pour l'effroi d'une violence ordinaire).

Du coup... les trois autres nouvelles ont glissé sur moi sans vraiment m'accrocher, trop différentes, moins fortes, je ne sais pas... je dis ça et en même temps j'ai toujours en mémoire la première nuit d'amour de Tony et Naïma (dans Loin des hommes), singulière et douce, sans doute la nouvelle la plus optimiste du recueil. La troisième nouvelle (Nirvana) dans le Londres des années 90 où deux ados découvrent l'art et la vie en pleurant la mort de Kurt Cobain ne m'a pas touchée du tout. La dernière, La Forge, remonte l'histoire plus cruelle de Julien et Christine, deux cousin-cousine si différents et pas tant que cela non plus, qui se libèrent de l'emprise d'un père/oncle tyran sur fond de mai 68. Avec au bout du tunnel la lumière...

 

(dès 14 ans)

 

Anne Percin le souligne : en dépit de la collection, choix éditorial, ce n'est pas que pour les ados !

 

La librairie du Parc / Actes Sud en a fait son coup de coeur.

 

Rouergue, coll. DoAdo, janvier 2011, 119 pages, prix : 9,50 €

Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

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Comment (bien) rater ses vacances - Anne Percin

30 Décembre 2010, 14:36pm

Publié par Laure

 

comment-bien-rater-ses-vacances.jpgMaxime a 17 ans, l'âge où l'on n'a plus très envie de partir en vacances avec ses parents, surtout quand ceux-ci ont décidé de faire le GR 20, alors si en plus il a le soutien inespéré de sa petite sœur qui n'a aucune envie elle non plus d'aller crapahuter chez les Corses, ce sera vacances tranquilles chez Mamie, au Kremlin (Bicêtre), pendant que la soeurette fera une colo poney en Bretagne. Glandage assuré tous les jours devant l'ordi, suffit d'aider un peu mamie dans sa confection de cerises à l'eau de vie en grimpant à l'arbre. Mais ce plan idyllique n'avait pas prévu que mamie ferait une crise cardiaque et changerait l'été de Maxime...

 

Ce qui est sûr, c'est que Maxime est survolté à l'humour, et que c'est un plaisir de le suivre ! Pro de la guitare et du chat (du quoi déjà : clavardage ?) sur SpaceBook® (17 ans quoi), ses expériences culinaires valent aussi à elles seules le détour ! Un roman tonique, drôle, sensible juste comme il faut, pas déprimant, critique (ah l'arrestation en règle....), musical (la playlist de Maxime est en bonus à la fin) et qui finit bien ! Et y a même un chat, un vrai, Hector, qui a tout compris à l'opportunisme de la vie de chat : c'est bon la macreuse !

 

Tout comme Cathulu, j'aurais peut-être trouvé inutile d'ajouter un ultime secret de famille (c'est vrai quoi, on nous en sort un dans tous les romans maintenant, ça suffit, on est gavés), pas besoin de ça pour faire un bon roman !

Merci à Anne d'avoir contribué à me faire passer de bonnes vacances : faut dire qu'avec le JiB jouant de la guitare toute la journée à côté (alternant électrique et acoustique histoire de varier les plaisirs) et le Mosquito qui découpe Cheval Star en me montrant trente six mille posters de canassons dont je n'ai que faire (avec obligation d'élire mon préféré), j'étais totalement raccord avec le texte !

 

Plusieurs comités de sélection de Prix Ados sont en train de plancher sur leurs titres 2012 (2011 c'est déjà fait), alors oui je confirme : Comment (bien) rater ses vacances y a sa place, ou je change de métier... (ça c'était un clin d’œil à ma collègue K.)

 

Et dans quelques jours à peine, un nouveau roman d'Anne Percin sort au Rouergue toujours : Comme des trains dans la nuit...

 

Rouergue, coll. DoAdo, novembre 2010, 185 pages, prix : 11,50 €

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Crédit photo couverture : éd. du Rouergue

 

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Sans la télé - Guillaume Guéraud

23 Décembre 2010, 10:34am

Publié par Laure

sans-la-tele.jpg« Le cinéma fabrique des souvenirs, alors que la télévision fabrique de l’oubli ». C’est sur cette phrase de Jean-Luc Godard que s’ouvre le récit autobiographique de Guillaume Guéraud. Il a huit ans en 1980, dans la banlieue de Bordeaux. Tous ses copains ont la télé sauf lui, car sa mère y est farouchement opposée (« la télévision, c’est pour les vieilles personnes qui ne savent plus quoi faire de leur vie »), tout comme son oncle (qui vit avec eux), qui affirme que « la télévision, c’est un poison qui rend con ! ». Il n’empêche qu’il est sacrément envieux de toutes ces histoires de cour de récré, où tous évoquent Goldorak, Dallas, Laura Ingalls, Tom Sawyer, et j’en passe. Mais sa mère lui fait un autre cadeau : elle l’emmène régulièrement au cinéma. Certes il voit rarement des films de son âge, mais il en est marqué à un point que c’est dans les salles obscures que se forgent ses plus forts souvenirs, qu’il partage avec le lecteur dans ce court récit. Un chapitre par film, avec souvent un court extrait du scénario, ou quelques explications en fin de chapitre. De même à la fin de l’ouvrage on retrouve la filmographie référencée de toutes les œuvres citées. Et ça a la magie de faire noter le tout ou presque, avec l’envie irrépressible d’aller faire une razzia au rayon DVD, pour voir ou revoir. 

Le cinéma a traversé son adolescence et l’a fait grandir, et Jennifer Jones dans Duel au soleil n’y est pas pour rien, tout comme Scarface l’a guéri de quelques tics…Hommage au cinéma, petit roman qui se dévore d’une traite avec souvent le sourire aux lèvres, et qui a cette magie de vous donner envie. Certainement parce que j’ai le même âge que l’auteur (donc les mêmes références télé et souvent ciné), j’ignore ce qu’il en sera des ados d’aujourd’hui (le livre est publié dans une collection pour adolescents), en espérant qu’il suscite la curiosité, mais en tous les cas, c’est une pépite qui se lit avec beaucoup de plaisir, à tout âge, et qui éclaire les autres romans de l’auteur.

 

 

Les avis de Reno, gaëlle, clarabel (qui cite en plus un extrait savoureux), ...

 

Rouergue, collection DoAdo, septembre 2010, 101 pages, prix : 9,50 €

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Crédit photo couverture : © Ed. du Rouergue.

 

 

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Tu me plais, tout simplement - Marie-Claude Bérot

16 Novembre 2010, 07:08am

Publié par Laure

tu-me-plais.jpgManon est une élève de première atteinte d’un cancer, épuisée par les traitements, elle ne peut plus aller en cours. Alors ce sont souvent ses amies qui viennent la voir, et même Quentin, le plus beau garçon du lycée, qui est amoureux d’elle. Touché par sa personnalité, ses valeurs, il lui avoue son amour, « tu me plais, tout simplement », lui dit-il, alors qu’elle a le crâne rendu chauve et lisse comme un œuf par la chimio.

Mais il y a aussi Eva, une amie fragile et en souffrance, plus effacée, personne ne l’apprécie vraiment. Eva va oser se confier à Manon, elle souffre de dépression sévère, elle est au fond du trou et ne pense qu’à mourir. Dit comme cela, on peut penser que la barque est un peu chargée, surtout qu’Eva cache un terrible secret qui bien évidemment la ronge et la détruit, et que ce secret est en lien avec Quentin. Trop de drama dans ce court roman ? D’autant que la dépression est ici pensée comme « plus grave » que le cancer, car avec un cancer, « tout le monde vous soigne et est aux petits soins pour vous », alors que la dépression, on vous dit juste « allez, secoue-toi un peu ». Les deux jeunes filles souffrent, différemment, mais l’une a la chance d’être aimée et entourée, l’autre moins. C’est le message qu’il faut y voir.

Tout cela fait quand même beaucoup pour un aussi bref roman, et pourtant, ça fonctionne. C’en est presque léger, plaisant, une belle histoire d’amitié et d’amour, où souffle l’espoir et la force de la vie.

 

A découvrir, mais en connaissance de cause.

 

(dès 13 ans)

 

Flammarion, coll. [Tribal], mars 2010, 113 pages, prix : 8 €

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Crédit photo couverture : © Susanna Erkheikki / Flickr/ Getty Images et éd. Flammarion

 

 

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