Les jardins d'Hélène

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Be safe - Xavier-Laurent Petit

11 Juin 2009, 09:58am

Publié par Laure

Oskar, 16 ans, est un ado comme les autres, au sein d’une famille américaine, passionné de rock, il joue d’ailleurs de la basse et espère monter un groupe avec son frère aîné, Jeremy, 18 ans. Mais Jeremy, en quête d’un emploi, s’engage dans l’armée où il espère devenir constructeur de ponts. Le père semble peu enthousiaste face à ce départ mais ne dit mot.

Très vite, Jeremy se trouve confronté à une réalité qu’il n’avait pas pressentie : repéré comme excellent tireur, il ne construira jamais ses fameux ponts, mais se retrouvera sur le front et l’horreur de la guerre d’Irak.

Le roman est intelligemment construit : face à l’histoire légère d’Oskar qui vit sa vie d’ado et une histoire d’amour timide avec Marka (ils créeront d’ailleurs leur groupe de rock tous les deux) se trouve le contrepoint violent des emails de Jeremy à son frère. Si aux parents Jeremy envoie des lettres rassurantes, à son frère il ne cache pas la réalité de la guerre. Il termine chaque mail par la même phrase, leitmotiv des soldats : « be safe », qui signifie « reste en vie ».

Les personnages secondaires sont également intéressants, particulièrement le père, qui cache un secret vite découvert par ses fils : il a connu les horreurs de la guerre du Vietnam. Leur relation est vraiment bien vue, entre volonté de protéger et besoin d’expliquer quand même ce que fut sa réalité. La grand-mère, qui débarque de temps en temps avec ses romans d’amour à l’eau de rose, apporte une touche d’humour au roman, alors qu’elle y tiendra un rôle important plus grave. Et sans parler des amis et jeunes voisins qui ne reviendront pas forcément, de l’angoisse de leurs familles.

Roman engagé, qui allie à la fois simplicité de l’histoire occidentale d’Oskar (qu’on peut d’ailleurs trouver un peu édulcorée, idéaliste, peu crédible) et profondeur et gravité de la réalité irakienne de Jeremy. A noter que tout au long du roman, aucun lieu n’est cité, on pourrait très bien ne pas savoir où ça se passe, mais les éléments de l’histoire sont suffisamment limpides pour qu’on identifie très bien de quoi il est question.

 

Ce roman ado faisait partie de la sélection (avec 9 autres titres) du Prix des Lecteurs 13-16 ans de la Ville du Mans et du département de la Sarthe pour l’année scolaire 2008-2009. Près de 1800 collégiens ont lu  les 10 ouvrages et voté, et le résultat a été proclamé hier au Palais des Congrès et de la Culture du Mans, en présence des principaux organisateurs : la médiathèque Louis Aragon (ville du Mans), l’association des 24 heures du livre, la Bibliothèque Départementale de la Sarthe, et pardon si j’en oublie… Relayé par les bibliothécaires, les documentalistes, les enseignants, nombreux étaient présents hier. Vous aurez bien évidemment compris que le prix de cette 12ème édition des Lecteurs 13-16 ans du département est allé à Be safe, de Xavier-Laurent Petit.

La 11ème édition avait couronné l’an dernier le combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat. Une chose est sûre : nos collégiens ont un goût sûr et sont réceptifs à la grande qualité littéraire des ouvrages proposés !

Après l’ouverture de quelques cadeaux et quelques échanges avec les collégiens qui l’ont interrogé sur son roman, Xavier-Laurent Petit a expliqué que ce prix était désormais le 14ème qu’il recevait pour be safe. (Et ce n’est sans doute pas terminé !). D’ailleurs, les collégiens d’à côté lui ont aussi attribué leur prix il y a quelques semaines à Sablé-sur-Sarthe. Preuve en est, si besoin était, que ce roman est excellent et a su toucher ses lecteurs.

 

Chaque année, la remise du Prix s’ouvre d’abord sur un spectacle (avant le suspens final !), et les tranches de vie proposées hier par le conteur Olivier Hedin et le musicien Jean-Baptiste Feuillet étaient particulièrement vivantes, drôles, et réussies. Même si elles vont à présent s’appeler Enfin tranquille ! (Cherchez pas, quel que soit le titre, on adore !) On serait bien restés plus longtemps en leur compagnie ! Plein d’infos sur son myspace : notamment si vous êtes du côté d’Aurillac cet été, ou dans l’ouest à l’automne.

 

Voilà, on attend à présent la sélection 2009-2010, qui ne devrait pas tarder… J

 

 

Ecole des Loisirs, coll. Medium, juin 2008, 259 pages, prix : 10,50 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Franck Juery et éd. L’école des loisirs

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Miss Charity - Marie-Aude Murail

8 Juin 2009, 15:19pm

Publié par Laure

Londres, 1875. Charity Tiddler a 5 ans, et c’est une petite fille qui se sent bien seule. Elle se réfugie dans son petit monde animalier, où elle apprivoise souris, lapins, canards, et autres corbeaux. Ce n’est pas du goût de ses parents, surtout de sa mère qui n’a guère de paroles aimables pour elle, mais Charity s’épanouit ainsi, tout en dessinant ses animaux.

Hommage évident à Beatrix Potter et à son lapin Peter, hommage au roman victorien, à Dickens, Austen, Brontë, Shakespeare … ce bon et gros roman de Marie-Aude Murail est un chef-d’œuvre : délicatement illustré par les aquarelles de Philippe Dumas, il bouleverse les publications de l’Ecole de Loisirs puisqu’il n’exige pas moins qu’un grand format exceptionnel ! Plus de 560 pages où tout est de qualité : l’objet, le papier, l’illustration, le récit… On suit avec plaisir la petite Charity jusqu’à l’âge adulte, côtoyant Oscar Wilde et Bernard Shaw, la société victorienne de la fin du XIXème siècle où toute jeune fille non mariée est suspecte. Indépendance de la femme, liberté de création, monde de l’édition, et déjà… fortune des produits dérivés, voilà quelques uns des thèmes abordés dans ce livre. Histoires d’amour aussi, bien sûr, en plus des nombreuses références aux personnages cités plus hauts.

Ce qui m’a toujours soufflée dans ce genre de romans, c’est le talent à plonger et à rendre vraisemblable une époque, alors que la période d’écriture est pourtant tout ce qu’il y a de plus contemporain, ce livre ayant été publié en 2008.

Bourré de références, il n’en reste pas moins aisé à lire, et très plaisant.

A conseiller dès 12 ans et sans limite d’âge, même s’il entre dans la catégorie 12-16 ans sur le catalogue de l’école des Loisirs.

 

Déjà lu par une bonne partie enthousiaste de la blogosphère (suis un peu fainéante pour chercher tous les liens)

 

La critique de Catherine Gentile sur Ricochet

 

L’école des Loisirs, septembre 2008, 562 pages, prix : 24,80 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Philippe Dumas et éd. Ecole des Loisirs

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Moi je - Arnaud Cathrine

17 Avril 2009, 06:59am

Publié par Laure

Moi je, c’est le père de Doriand, adolescent de 16 ans. Ils vivent seuls depuis que leur mère (et ex femme) est partie vivre à quelques pâtés de maisons de là, huit ans auparavant.

p.12 : « Je vous présente « Moi Je ». Avant je l’appelais papa, mais, franchement, je ne le reconnais plus. Alors c’est « Moi Je ». Mon père n’est plus mon père. Mon père est devenu en quelques heures un être terriblement autocentré et ennuyeux. Traduction : papa vient de commencer une psychanalyse chez un certain Robert. Il affiche un enthousiasme qui lui donne un air bête. Surtout il ne parle plus que de lui. »

On l’aura compris, ce père est en pleine crise existentielle et Doriand a déjà bien assez à faire de sa vie que d’avoir en plus à être le pilier de secours de son père. Car Doriand est amoureux de Julie, et il essaie de lui écrire, car il aimerait bien franchir le pas avec elle, cette fameuse première fois pour laquelle il est matériellement équipé. « Julie, je t’aime, mais tu n’apprendras rien : j’ai dû te le dire 35 282 fois depuis qu’on s’est embrassés la première fois. Et je voudrais faire l’amour avec toi, j’ai tout le matériel. » Pas très romantique pour parler des préservatifs sous le lit mais bon, c’est pas si facile d’écrire une lettre à son amoureuse hein ! Julie ne répond pas, et part en voyage à San Francisco. Doriand est un peu désespéré. Echanges de SMS avec son copain Sylvain, discussions avec sa mère, réflexion intérieure et début de roman, on suit d’un œil malicieux le chemin qui a des allures d’échec de Doriand. Rassurez-vous, ça finira bien. Malicieux parce que je ne sais pas pourquoi, j’associais souvent dans l’idée Arnaud Cathrine et Olivier Adam comme écrivant des romans ados assez tristes, douloureux, tournant autour de la mort et de la dépression. Et là surprise, j’ai éclaté de rire pas mal de fois, ce petit roman est bourré d’humour et de boutades bien à propos. Et Cathrine se moque de lui-même avec ce père qui écrit des romans que Doriand refuse de lire, des romans intitulés La route de Baya, mon démon s’appelle Martine, les Vies de Mika… , alors que Cathrine a écrit respectivement La route de Midland, Mon démon s’appelle Martin, Les Vies de Luka… C’est le genre de clins d’œil que je trouve toujours sympas ! Bref, Arnaud Cathrine m’a agréablement surprise avec ce roman alors que j’étais restée sur ma faim avec Vendredi 13 chez tante Jeanne et Mon démon s’appelle Martin…Bien sûr à la longue, le Moi Je de l’histoire devient un peu Doriand quand même, mais c’est un beau parcours entre adolescence et indépendance, prise en main de sa propre vie, un enfant, même adolescent, n’a pas à être le parent de son père…. Sans oublier les titres de chapitres savoureux et Daho en musique de fond.

 

Dès 14 ans je dirais…

 

Ecole des Loisirs, coll. Medium, mars 2008, 123 pages, prix : 8,50 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Franck Juery et EDL

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Les parents de Mélie - Corinne Albaut

9 Avril 2009, 07:39am

Publié par Laure

En 2002 paraissait le titre Mal à ma mère, sous le nom de Clara Vidal. Ce titre m’avait profondément émue, pour des raisons toute personnelles. Vous trouverez ici mon commentaire de l’époque.

Aujourd’hui, Corinne Albaut republie ce livre sous son vrai nom cette fois, et le prolonge d’une seconde partie : Paix à mon père.

Mal à ma mère décrivait la descente aux enfers d’une enfant (puis adolescente) victime de la violence psychologique de sa mère, Paix à mon père décrit la colère et l’incompréhension de cette enfant devenue adulte devant la faiblesse et la lâcheté de son père. Pourquoi n’intervenait-il pas ? Pourquoi préférait-il fuir et la laisser ainsi dans sa souffrance et son désarroi, elle sa fille ? S’il était aussi victime de la tyrannie de sa femme, il était adulte et pouvait (devait) réagir. C’est devant son lit de mort que Mélie revisite son enfance avec ce père trop souvent absent, à qui elle en veut terriblement. Mais sa veillée funéraire lui permettra, même en l’absence de réponse, de mieux le comprendre et de lui pardonner. Pour trouver enfin la paix.

Un texte rare sur un sujet rare, mais si juste du début à la fin.

 

Je ne saurais dire à l’auteur combien ce livre a une place précieuse dans mon cœur.


Dès 13 ans
 

Ed. Syros, coll. les uns les autres, août 2008, 169 pages, prix : 10 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Mathilde Aubier et éd. Syros

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Tous les garçons et les filles - Jérôme Lambert

19 Mars 2009, 14:52pm

Publié par Laure

Julien entre en classe de seconde et perçoit tout de suite que quelque chose cloche dans son nouveau lycée. Pourtant, tout est normal, c'est lui, Julien, qui ne se fond pas dans le moule. Les blagues vaseuses ne l'intéressent pas et il n'aime ni le foot ni les jeux vidéos.
Non, il aime les cours d'allemand où quelque chose semble passer entre son professeur et lui, et surtout, il se sent troublé par la nuque du garçon assis devant lui, Clément.
C'est un court roman tout en finesse et délicatesse que nous offre Jérôme Lambert sur l'attirance d'un ado pour un autre du même sexe. L'homosexualité est abordée tout en pudeur et subtilité. D'ailleurs, vous ne saurez pas vraiment le fin mot de l'histoire, à vous de le deviner. Si les moqueries et les sous-entendus des copains sont lourdingues comme ils peuvent l'être dans la réalité, l'attitude de la maman, elle, est étonnante d'attention et de compréhension, situation idéale en quelque sorte.
Un bien joli roman, qui voit plus loin que les premiers émois amoureux, si troublants soient-ils, car c'est tout simplement aussi la vie au lycée qui est abordée : se faire des amis, faire partie d'un groupe, partir en voyage scolaire... De même le roman s'inscrit dans la modernité avec des parents divorcés, un père présent mais maladroit, pour des déjeuners hebdomadaires au restaurant.
Un sourire en passant : le walkman à cassettes pour partir en voyage dans la même besace que l'appareil photo numérique, y a comme un mélange des générations... J'ai un fils de 14 ans qui manie parfaitement tout ce qui est numérique, mais le walkman à cassettes, je ne crois pas qu'il s'en souvienne...

Ce roman a été choisi par ma grande de 12 ans sur le stand de l'Ecole des Loisirs au Salon du Livre de Paris le week-end dernier. Elle se l'est acheté avec ses sous. Elle l'a lu dans la voiture sur le trajet du retour. Je le lui ai piqué histoire d'amortir la dépense ?  

Lu il y a longtemps par Clarabel

L'Ecole des Loisirs, coll. Médium, juillet 2004, 111 pages, prix : 8 euros
Ma note :


Crédit photo couverture : © Franck Juery et ed. Ecole des Loisirs.

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Au rebond - Jean-Philippe Blondel

26 Janvier 2009, 11:06am

Publié par Laure

Alex, 15 ans, vit seule avec sa mère, aide-soignante à l’hôpital. Il n’a jamais connu son père.

La vie est rude (financièrement parlant) mais Alex a un pote de lycée avec qui il s’éclate au basket, Christian. Christian, c’est pas la même chose, famille bourgeoise aisée, mère au foyer, mais comme tout n’est pas rose non plus, un brin alcoolo, ça fait désordre.

Alors que faire quand du jour au lendemain Christian disparaît, ne donne aucun signe de vie, et que la maison reste désespérément close ? Encore un séjour impromptu aux Bahamas avec papa-maman ? Pourtant quelqu’un dit l’avoir vu dans un supermarché, c’est bizarre.

Aidé de sa mère, Alex va mettre les pieds dans le plat, et c’est un joli plan de secours qui va se mettre en place. Les relations mère-fils sont revisitées, complicité et humour reprennent le dessus, l’amitié entre Alex et Christian se trouve renforcée… Il ne faut pas trop en dire sur ce petit roman, il faut juste le lire… ça a un petit goût d’ensemble c’est tout, comme j’ai pu le lire sur le blog de Gaëlle notamment, bien sûr ça pourrait sonner un peu miraculeux, mais c’est doux comme un bonbon, ça fait un bien fou, alors ça ne se refuse pas.

A savourer sans hésiter, dès 12-13 ans.

 

 

Les billets de Clarabel, Gaëlle, Essel, Saxaoul, ...

 

 

 

Actes Sud Junior, janvier 2009, 99 pages, prix : 9 €

Ma note :


Crédit photo couverture : © plainpicture/fStop et éd. Actes Sud

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Le carnet de Grauku - Sophie Laroche

29 Décembre 2008, 13:48pm

Publié par Laure

Manon, quinze ans, est en classe de seconde. Sans être obèse, elle est plutôt ronde, et un jour de sortie à la piscine, trois camarades de classe lui jouent un sale tour : ils prennent son cul en photo avec un téléphone portable, et le font circuler par MMS. Humiliation, colère, rage, c’est aussi le déclic pour Manon : il faut maigrir. Elle crée un blog sur Internet et fait la connaissance de Kilodrame, pseudo signifiant qui va l’aider en lui conseillant d’écrire dans un carnet les aliments qu’elle souhaite bannir de son alimentation. Ainsi naît le carnet de Grauku, et le début d’une longue liste.

On devine assez facilement où l’histoire va nous mener, le risque de l’anorexie bien sûr, mais le récit est suffisamment bien construit pour nous donner l’envie de suivre Manon qui va aussi faire l’expérience de la trahison, de la première fois avec un garçon, du conflit avec les parents, de l’amitié et du danger.

Un roman moderne, ancré dans la réalité,  riche et bien fait qui s’adresse à toutes les jeunes filles dès 14/15 ans, et à tous ceux qui veulent en tenter la lecture, bien sûr !

 

Découvert sur Cunéipage, lu aussi par Cathulu
 

Editions [MiC_MaC], octobre 2008, 243 pages, prix : 12,50 €

Ma note :



Crédit photo couverture : © Christine Spadaccini et Editions [MiC_MaC]

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Une jolie fille rien que pour moi - Aurélie Antolini

10 Décembre 2008, 09:51am

Publié par Laure

Petit roman tonique et rafraîchissant qui se lit en deux temps trois mouvements, Une jolie fille rien que pour moi est l’histoire d’un petit garçon de 11 ans, qui va découvrir le même été le premier amour de sa vie (Minoucha) et son vrai père au rayon des slips Eminence d’un grand magasin. C’est aussi l’histoire de sa mère Gisèle qui a tout fait pour lui trouver un père de substitution, et de son copain Chris qui va faire lui aussi une découverte bien contrariante.

C’est écrit à la va comme j’te parle, simple, rapide, coloré, un brin déjanté, c’est parfait pour un bon moment de détente.

Premiers émois de la préadolescence, cachotteries des grands, l’enfance n’est pas si facile qu’on veut bien nous le dire, alors mettons y de la fantaisie pour y replonger avec le sourire !

 

Un roman à proposer dès 12 ans, et à tout âge ensuite, sans limite ! (PS : ne connaissant pas cette collection, je n’avais pas compris que c’était un roman ados et ne l’ai pas lu comme tel !)

 

p. 130 : « Je crois qu’on aime jamais plus fort que quand on est petit. Ce qui est bizarre, c’est que les vieux nous prennent jamais au sérieux. Ils sont tellement tristes de plus être jeunes qu’ils veulent se garder le privilège de l’amour. »

 

Les lectures d’Amanda, Laurence (Biblioblog), Joëlle, ...

Les critiques de Catherine Gentile sur Ricochet, et de Lirado 
 

Intervista, coll. Les mues, octobre 2008, 174 pages, prix : 14 €

Ma note :



Crédit photo couverture : © Nuit de Chine et éd. Intervista

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Journal d'un garçon - Colas Gutman

18 Novembre 2008, 13:40pm

Publié par Laure

Je m’appelle Paul Krazcshlupovski. « J’adore dire mon nom, il est imprononçable ».

Paul est en seconde, et vit dans une famille recomposée disons originale : sa mère vit une vie de nomade à l’étranger et se contente de coups de téléphone infantilisants, sa sœur Flo l’ignore, et son père « s’est remarié avec la première femme qui pouvait réussir un gratin dauphinois sans le brûler. » Cédric, le fils de sa belle-mère a tendance à dire tout haut ce qu’en général on pense tout bas, son copain de lycée est le sosie de Julien Lepers, et Nathalie Sicard le harcèle en dessous de la ceinture. Mais voilà, Paul, il n’y a qu’une fille qui l’intéresse, c’est Lisa Tapir, une grande de Terminale, qui est à l’atelier théâtre avec lui, et qui a déjà un mec. Paul est un peu timide, décidément, c’est pas simple la vie ! Alors sur une année scolaire, patiemment de septembre à juin, il nous offre son journal intime, et n’en déplaise à Cédric et son père si ceux qui tiennent des journaux intimes sont : a) des filles ; b) des pédés ; c) des filles-pédés. Il faut dire qu’en matière de psychologie, [Cédric et son père] atteignent des sommets.

 

Une belle vague de fraîcheur pour ce roman pour ados qui offre le point de vue un peu plus rare du garçon dans la version « journal intime ». C’est drôle, ironique, moderne, ça plaira sans aucun doute à tous les 11-15 ans. Les filles seront ravies de savoir ce que les garçons ont dans la tête et les garçons se sentiront moins seuls dans leur maladresse à aborder les filles ?

Ça se lit tout seul, et on peut juste regretter que ça ne dure pas plus longtemps. Une suite peut-être un jour ?

Lu et approuvé également par Grandinette, ma fille de 12 ans.

Merci à l’encreuse qui nous l’a envoyé de Poitiers, mais qui l’avait fort apprécié sur son île à 10000 km de là !

 

Ecole des Loisirs, coll. Médium, 147 pages, mars 2008, prix : 8,50 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Riad Sattouf et éd. Ecole Des Loisirs.

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Vendeur de cauchemars - André Benchetrit

23 Octobre 2008, 08:02am

Publié par Laure

Lili et Elvis sont seuls à la maison, une étrange maison avec une pièce secrète, où leurs parents ont caché tous les meubles et objets susceptibles d’être saisis par les huissiers, car ils sont couverts de dettes, ayant passé leur temps à jouer (et à perdre) dans les casinos. Un homme se présente à la porte, un géant de plus de deux mètres, chauve, effrayant, qui vend des cauchemars. Et il vous force à acheter, même si vous n’en voulez pas, et il sait exactement de quel cauchemar vous avez besoin. Simultanément, Lili s’en prend régulièrement au « roi de trèfle » qu’elle insulte copieusement, un personnage qu’elle est la seule à voir et qui jouera un rôle important dans l’histoire.

Petit livre très court qui se lit d’une traite, car il sait manier la montée de la peur et la curiosité, qui vous fait forcément aller au bout de votre lecture. Mais je reste un peu perplexe, car après une montée efficace de l’angoisse, la fin m’apparaît comme très décevante, comme si l’on perçait brusquement un gros ballon de baudruche patiemment gonflé. Tout ça pour ça ? Ou alors l’histoire est trop « imaginaire » ou fantastique pour moi, et si j’apprécie cette collection chez cet éditeur, ce titre n’est pas mon préféré. Je ne sais pas trop qu’en penser, quel message l’auteur a voulu faire passer (s’il faut en chercher un), pourquoi la fin est si simple après une intrigue plutôt créative et bien menée…  A vous de voir, donc.

 (Age : dès 13 ans)

L’avis de Clarabel 

 

 

Ed. du Rouergue, coll. DoAdo Noir, octobre 2008, prix : 6,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : © Julien Pacaud et éd. du Rouergue

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