Les jardins d'Hélène

Je vais bien ne t'en fais pas, un film de Philippe Lioret

18 Septembre 2006, 16:24pm

Publié par Laure

Avec Mélanie Laurent dans le rôle de Lily, Kad Merad et Isabelle Renauld dans le rôle des parents, Julien Boisselier dans le rôle de Thomas…  

 Elles ont raison, Emjy, Anne et Amandine  il est sublime ce film ! Je ne connaissais pas Mélanie Laurent, et j’avoue qu’elle m’a époustouflée dans ce rôle. Tous les acteurs d’ailleurs y sont très bons. Bon, j’ai pas envie de raconter l’histoire, parce que vous l’avez déjà toutes fait, parce que j’avais lu Olivier Adam, ce roman-ci et les autres aussi, alors j’ai aimé les clins d’œil…

 

On ira voir la mer, en Smart ;-) et on lira Falaises…  

 

Merci Amazon qui me permet de retrouver ma critique du livre, lu en juillet 2005 :  

 "Je vais bien ne t'en fais pas" est le premier roman d'Olivier Adam. Du pour et du contre dans ma lecture : dérangeant, bouleversant, époustouflant, dans les surprises qu'apportent le récit et la chute de l'histoire, que je ne veux bien sûr pas révéler, dans ce comportement des parents que je désapprouve et qui marquent longtemps le lecteur. Une écriture sobre et attachante pour nous parler de Claire, cette jeune femme complètement paumée depuis que son frère aîné a disparu. On a envie de la secouer, de la sortir de sa torpeur et de sa vie médiocre, entre tapis roulant de supermarché et soirées lamentables.
Quelques points que je trouve agaçants : une écriture que l'on peut très facilement dater, Olivier Adam est trentenaire et ça se voit : des tonnes de référence culturelles, musicales, commerciales, quand on a à peu près le même âge, on s'y retrouve, mais les autres lecteurs apprécient-ils ce matraquage référentiel et publicitaire ? Les énumérations de produits (avec marques à l'appui) qui défilent sur le tapis roulant de la caisse de Claire m'ont un peu lassée, était-ce bien utile d'en mettre autant ? J'ai l'impression de me prendre en pleine face une génération de trentenaires complètement blasés et dépressifs, pfiou, plombant ! Et dommage que la fin, même si elle est optimiste et pudique, n'ait pas davantage donné de réponses à la disparition du frère. Dans l'ensemble, un auteur marquant, que je vais continuer à découvrir...

 et qui me permet de voir aujourd’hui que le film est un peu différent… y mêlant davantage des ouvrages d’Adam (ce qui est bien !) et qu’on n’y perçoit pas du tout cette accumulation des marques citées, hormis pour la voiture ! Un très beau film, vraiment, et une magnifique bande son que grâce à Amandine (merci pour la référence !) je vais très certainement m’offrir ! (euh, ça y est, c'est commandé) Un film peut-être plus riche que le livre d’ailleurs ? Fidèle, mais qui le dépasse. Bravo !

 

Ma note : 4,5/5

 

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La véritable histoire du petit chaperon rouge, un film d'animation de Todd Edwards

16 Septembre 2006, 19:18pm

Publié par Laure

Punchy, la mamie !

Une version sacrément dépoussiérée du Petit Chaperon Rouge. Certes le début est fidèle au conte, mais Rouge, la fillette, ne s'y laisse pas prendre. Et que vient faire ce gros bucheron balèze ? Et qui vole les recettes des cookies de la forêt, mettant les boutiques en faillite ?
L'enquête est ouverte, et chaque personnage donnera sa version des faits. Des gags hilarants, beaucoup de clins d'oeil et de références, c'est plaisant pour toute la famille ! La mamie est particulièrement délirante et sacrément secouée. C'est inventif, rythmé, déjanté, bref : Un vrai bonheur !
Pour plus de 7 ans.

Ma note : 5/5

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Monsieur Clive & Monsieur Page - Neil Bartlett

15 Septembre 2006, 15:35pm

Publié par Laure

Il m'arrive de vouloir sortir des sentiers de l'actualité littéraire pour piocher dans des livres plus anciens, de préférence chez des éditeurs ou dans des collections que j'aime. C'est ainsi que ce livre m'a attirée : j'aime bien sa couverture ! (et Actes Sud). Je l'ai commencé fin août pendant mes vacances, pour l'abandonner face à des livres plus tentants qui venaient d'arriver, et je n'arrive pas à le reprendre. Ma lecture de Bartlett s'arrête donc à la page 136 sur 305. Presque la moitié. Sans regrets de ne pas connaître la fin, ni pour mon porte-monnaie : les bibliothèques ont du bon de ce côté-là !

Monsieur Clive & Monsieur Page, c'est une histoire d'homosexualité masculine qui se déroule en Angleterre dans les années 20. Monsieur Clive est un riche héritier propriétaire d'une luxueuse demeure, alors que Monsieur Page est un modeste employé de grand magasin londonien. L'un va se jouer de l'autre. Monsieur Page revient sur les faits 30 ans plus tard. Enfin c'est ce que je comprends jusque là, car il y a beaucoup trop de digressions, d'insertions dérangeantes, qui font que finalement, ça me tombe des mains. Je n'aurais rien d'autre à lire, je persévèrerais, mais comme ce n'est pas le cas...

Traduit de l'anglais par Gilbert Cohen-Solal

Actes Sud, avril 2000, 305 p. ISBN 2-7427-2641-1, prix 21,19 €

Existe en poche

Ma note : 2/5

 

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La lettre de Nekita

13 Septembre 2006, 21:04pm

Publié par Laure

Dans le courrier de la bibliothèque (pas la mienne, une autre) une lettre anonyme... menaces ? harcèlement ? admirateur secret ? courez-y, c'est aussi surprenant qu'amusant !

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Casus belli - Anne Bragance

10 Septembre 2006, 17:52pm

Publié par Laure

Cette lecture, c’est à Lily que je la dois. Sa critique m’a attirée. Je suis méfiante avec Anne Bragance, car je n’avais pas trop aimé le lit, mais j’ai beaucoup aimé ici le personnage de cette mère égoïste et « sans cœur ». Casus belli, c’est l’histoire d’une famille, que l’on pourrait comparer à l’histoire d’une nation, avec ses tensions, ses ruptures, ses tyrannies, ses rébellions, ses failles toujours proches d’un casus belli. Charles et Claire Douhet ont déjà une petite fille, Virginie, lorsque naît Christophe. Jalouse, Virginie qui avait la surveillance de son petit frère, va le jeter à la poubelle. Lorsque la mère le retrouvera, sain et sauf, le nettoiera, la petite fille attendra à côté d’elle, remontrances et pardon, engueulade et apaisement. Elle n’aura jamais ni l’un ni l’autre. Qu’un silence indifférent. La haine est ouverte. Elle est la seule de la famille Douhet à ne pas avoir un prénom qui commence par un C, aussi se créera-t-elle un double, Camille, qui l’aidera dans les moments de solitude exacerbée, de même qu’elle se met à boiter à l’arrivée de son petit frère. Malgré ces débuts surprenants, Virginie sera toujours très proche de son frère, même à l’âge adulte, ce qui ne fera qu’attiser la jalousie de la mère. On suit les personnages jusqu’à la vieillesse des parents, la quarantaine passée des enfants, les mariages, les divorces, les réussites professionnelles.

 

Anne Bragance nous offre dans un style bien maîtrisé une relation « absente » et pourtant complexe entre une mère et sa fille, la tyrannie (ou la toute puissance exigeante) d’une mère sur sa famille et son époux, homme que l’on a envie de plaindre alors qu’il est pourtant clairvoyant sur son foyer. L’histoire est à plusieurs voix, celle d’un narrateur, celle de Virginie, la plus réussie étant sans aucun doute celle de la mère dans ses monologues au bon Dieu. C’est une haine ordinaire, une sombre histoire de famille, un geste sauvage qui demandait attention et qui n’a eu pour réponse que la mort de l’enfance, pour un pardon refusé. Une somptueuse autant que douloureuse relation mère-fille.

Actes Sud, fév. 2002, 234 p. ISBN 2-7427-3596-8, prix 18,50 €

 

Existe en poche : Actes Sud Babel

 

Ma note : 4/5

 

 

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Aya de Yopougon, tome 1

10 Septembre 2006, 16:30pm

Publié par Laure

scénario de Marguerite Abouet, dessins de Clément Oubrerie, préface d’Anna Gavalda.

 

Prix du Premier Album au Festival d’Angoulême 2006

 

Yopougon est un quartier populaire d’Abidjan. Aya est une jeune fille de 19 ans, élève sérieuse qui aimerait devenir médecin.  Elle passe beaucoup de temps à éloigner d’elle les garçons. C’est tout le contraire pour ses amies Adjoua et Bintou, qui courent les génitos (garçons pleins de sous !) et les maquis (restaurants où l’on peut danser). Leurs parents et oncles sont aussi fêtards ! C’est une Afrique gaie et colorée, dans ses dessins comme dans son langage, que nous offrent les auteurs. Je conseille d’ailleurs de lire en premier le lexique situé en fin d’ouvrage. Il faut ruser pour éviter les colères paternelles, surtout quand une grossesse pointe le bout de son nez. C’est frais, plein d’énergie, et ça se termine sur une drôle de surprise. Le tome 2 sort le 14 septembre, profitez-en !

Dès 13 ans.

 

Gallimard coll. Bayou, 96 p. ISBN 2-07-057311-7, prix : 15 €

 

Ma note : 4/5

 

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Corruption de fonctionnaire

6 Septembre 2006, 21:02pm

Publié par Laure

Je ne sais pas si c’est dû au retour de vacances mais en ce moment, 4 à 5 fois par jour minimum, quand un(e) lecteur (trice) me rend un livre, il (elle) me dit : « celui-ci est vraiment extraordinaire, vraiment je vous le conseille, vous devriez le lire ! ». Comment voulez-vous que je lise 5 pavés par jour ? Pourtant ils réussissent à me tenter avec leur bon bouquin qu’ils lâchent l’œil encore pétillant ou le cœur ému ! Alors je promets mais je sais bien que c’est du vent…

 

Et puis aujourd’hui une lectrice habituée qui renouvelle son inscription, et nous fait un chèque d’un montant supérieur à la cotisation votée par la collectivité. On lui signale son erreur et elle nous répond que « non, non, c’est exprès ! avant j’achetais plein de livres et ça me coûtait cher mais maintenant que vous êtes là, je fais de sacrées économies, alors vous les méritez ! » Ah comme on aimerait en avoir plus souvent des lecteurs comme ça, qui sont ravis de payer et qui trouvent encore que c’est pas assez cher !

 

Mais comme je suis encore trop jeune pour être fonctionnaire corrompue (c'est une blaaaaague), je lui explique que son chèque va aller direct au trésor public et qu’hélas, l’excédent ne reviendra pas au service pour acheter plus de livres, a-t-elle vraiment envie de faire un cadeau au percepteur ? Et puis comment je gère mon écart de compta logiciel vs perception ? etc. Elle a repris son chèque pour nous payer les 7 € annuels et règlementaires en monnaie. On en a souri longtemps après, car ce sont ces petits riens qui mettent du baume au cœur … Parce que bien sûr pour une petite dame comme elle, on voit 15 râleurs qui mettent nos nerfs à vif dans la même journée.

 

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Vendredi 13 chez tante Jeanne - Arnaud Cathrine

6 Septembre 2006, 09:12am

Publié par Laure

Je crois que chez Arnaud Cathrine, adulé un peu partout sur le web, je ne sais pas choisir les bons bouquins. Mon démon s’appelle Martin  m’avait déjà pas mal déçue, Vendredi 13 chez tante Jeanne n’est pas non plus à la hauteur de ce que la 4ème de couv m’en laissait attendre.

Jeudi 12 juillet, Gaspard, qui vient de finir sa classe de 5ème, se prépare à partir comme tous les ans en vacances à Grandville. Mais un coup de fil vient tout chambouler : Tante Jeanne est morte. Direction Muret, l’autoroute du Sud. Gaspard est de mauvaise humeur, ne se sent pas en état de côtoyer une morte, et déteste les adultes présents qui n’en veulent qu’à l’héritage. Du moins le croit-il. Un vendredi 13 pas terrible avec enterrement en prime. Il va finalement renouer d’amitié avec son cousin Philibert, qui lui dévoilera le secret du journal intime de tante Jeanne.

C’est un roman destiné aux plus de 12 ans, je dirais personnellement « aux plus de 12 ans qui n’aiment pas lire ». Car je trouve que tout est trop court dans ce livre, tout est survolé, jamais creusé. Exemple avec le journal intime de tante Jeanne : le secret tient en une phrase dans la bouche de Philibert : il y aurait pourtant eu de quoi creuser là dedans ! Idem avec les apparences : Gaspard pense que ses parents sont ainsi, mais finalement non, une phrase par ci par là, c’est de l’épure totale qui ne laisse pas assez de substance nourrissante ! Bref, je reste toujours sur ma faim avec les romans de Cathrine, ou alors je les choisis mal. Lecture facile et rapide. Trop justement.

Ecole des loisirs coll. Medium, mars 2001, 94 p. ISBN 2-211-06166-4, prix : 7,01 €

Ma note : 2,5/5

 

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C'était la rentrée !

4 Septembre 2006, 20:56pm

Publié par Laure

Bon, à vrai dire rien d’original, fiston ne rentre que demain (aujourd’hui était réservé aux 6ème au collège) et les filles entament leur dernière année dans leurs écoles respectives comme des grandes, si bien que j’étais à l’heure comme d’hab. au bureau.

Sauf que normalement je ne travaille pas le lundi, mais que là j’ai dû m’y coller, parce que demain, c’est la tournée d’automne ;-)) Il me fallait donc sortir 1200 livres que j’échangerai contre 1200 autres à choisir dans le bibliobus demain. Tout ça en respectant quelques règles de base qui demandent juste un peu de rigueur et d’organisation. Préparer une tournée, ça n’a pas l’air, mais c’est du boulot. Si bien que ce soir, je suis lessivée !  

L’occasion aussi de réaliser (avec le sourire moqueur au café) que bon nombre de lecteurs se pointent quand ils veulent à la bibliothèque, puisque rien que 3 sont passés rendre leurs bouquins ce matin. Ça fait un an que  cette bib existe, ça a toujours été fermé le lundi, mais ça n’a pas l’air d’entrer dans leur cervelle. Les autres jours, hors horaires public, j’ai l’habitude, ou je ferme à clé, ou je suis trop gentille… 

 Ah bibliothécaire en milieu rural, c’est tout un poème ! Un gentil monsieur qui m’a l’air tout ce qu’il y a de plus cultivé me téléphone car il souhaite faire don de sa bibliothèque avant de déménager. Que du super bon état évidemment, mais voilà, il ne veut pas se déplacer. Et moi je ne suis pas payée pour faire camion Emmaüs comme dit une collègue. Comme il me fait bonne impression au téléphone et qu'il  m'assure de la qualité de son fonds, je me dis que allez, sur mon jour de prétendu repos, je peux toujours aller voir. L’homme est presque nonagénaire et ses bouquins en parfait état ressemblent à … des bouquins de 1955 qui ont vieilli quoi. Jaunis, démodés, l’économie des années 80, et … les sélections du Reader’s Digest à la tonne, on n’a jamais vu ça en bibliothèque publique. Je ne suis pas collectionneuse ni bouquiniste, j’ai rempli ma voiture (et elle est grande ma voiture !)  parce que c’était le meilleur moyen d’en finir, mais pour le second voyage qu’il attend de moi, celui qui n’aura pas d’autre terminus que la déchetterie (à mon goût), il se fout vraiment de ma gueule. Mais il ne veut pas entendre mes arguments. Ma gentillesse me perdra et ça me servira de leçon. Pourquoi les gens prennent-ils toujours la biblio du coin pour la poubelle facile et idéale ? (Bon pas tous, d’accord, mais en proportion dans les dons, c’est tout vu !!)   

Donc aujourd’hui, j’ai surtout fait déménageur. Puis après avoir récupéré les minettes à l’école j’ai dû retourner bosser, parce que comme une andouille ce matin, ayant peu d’aide, je n’ai pas compté au fur et à mesure, et j’ai sorti du catalogue 1500 bouquins. Et par ici, 1200 c’est 1200, moins si on veut, mais pas plus. Bouh, j’en ai repêché que 150 et je ferai un sourire au monsieur demain ?

Puis j’ai rempli des tas de papiers passionnants avec des numéros de sécu, d’assurances, de dates de vaccins, et des dizaines de numéros de téléphone. L’éducation nationale appelle ça une fiche de liaison. Je sais bien que c’est indispensable, ça me casse les pieds tous les ans, alors j’expédie ça vite fait, façon de parler, parce que les numéros de police d’assurance et les dates de vaccins, ce n’est pas vraiment mon quotidien !

Et pour finir sur une note plus sympathique, ça fait longtemps que je vous ai pas mis de photos des chatons … Ils ne tètent plus guère mais quand ils en ont envie, leur mère ne les y aide pas, et c’est un peu acrobatique, quand elle ne les envoie pas tout simplement bouler. Donne adorables chatons, propres et sevrés, etc. Va falloir que je m’y colle !

 

                                                                      les 4 sur une chaise !

 

Assez bavassé, je vais lire. Enfin !

                                                                                                        ma grandinette

ah ce mosquito, ça fait bien 4 mois qu'elle la porte sa robe de "mariage" !

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Passage du gué - Jean-Philippe Blondel

3 Septembre 2006, 12:03pm

Publié par Laure

ça commence de façon anodine par des soldes en famille dans les magasins d'usine, un père, son épouse, et leurs deux enfants adolescents, ça respire le vécu ! Et puis soudain, ce visage, cette silhouette, ce couple en face, Myriam et Thomas, et le retour en arrière, la plongée dans les souvenirs pour Fred. Automne 1985. Fred est pion dans un collège. Il surprend Myriam, prof de dessin, dans sa rêverie sur une chanson de Martha Davis, Les Motels. C'est le début du trouble réciproque. Mais Myriam est en couple avec Thomas, et elle est enceinte. C'est la naissance d'une belle relation triangulaire qui n'a absolument rien du banal adultère. Et puis tout bascule. La mort subite du nourrisson. L'après. Ces deux hommes et cette femme qui vont se soutenir s'emmêler se débattre pour y survivre, et fi du ragot alentour ! Fred comme un vecteur, un tiers nécessaire.

C'est un magnifique livre sur la reconstruction. La renaissance comme dit la 4ème de couv. Je préfère reconstruction.

Il m'arrive parfois lorsqu'une phrase me plaît de la recopier dans un petit carnet à côté de moi. Mais là très vite il y en a eu trop. Je ne sais pas comment M. Blondel a fait pour que chaque mot soit aussi juste. En tout cas il y a excellemment réussi. Un tel réalisme, un sens si aigu du sentiment ou de la sensation vécue dans chacun de ces trois personnages que l'on pourrait croire que l'auteur a vécu les trois personnages à la fois. Myriam dit de Thomas page 274 : "Je te soupçonne d'avoir été femme dans une vie antérieure". Et bien moi je soupçonne M. Blondel d'avoir été femme dans une vie antérieure. Et c'est un compliment.

Ce livre à trois voix toutes aussi justes l'une que l'autre, c'est ce qui fait ensuite, du point de vue de la lectrice que je suis, cette admiration béate face à l'écrivain que je vois alors comme un magicien des mots et que je place alors sur un piédestal (non ce ne peut plus être alors un homme ordinaire, si bien qu'on se fait tout petit tout timide quand on les croise dans un salon du livre), dans un fantasme un peu envieux : mais comment fait-il pour trouver ces mots aussi justes, les assembler tout bien comme il faut au point que chaque phrase est parfaite, chaque paragraphe juste comme il faut ? C'est aussi l'alchimie (même si je déteste ce mot à la consonance trop ésotérique) d'un texte et la résonance qu'il provoque auprès du lecteur. Un livre réussi ne l'est que dans l'intimité d'un lecteur. Ce livre a (est?) une grande force pour moi, évidemment.

Et pour tout cela, cette belle histoire d'amour au pluriel, cette douleur et son après, son rayon des souvenirs 20 ans plus tard, et même si tout n'était qu'un artifice de la création littéraire, merci mille fois Monsieur Blondel !

Robert Laffont, août 2006, 335 p. ISBN 2-221-10720-9, prix : 20 €

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