On-dit - Fabienne Séguy, Yann Fastier
On-dit est un album bien déroutant. Dans une atmosphère froide et grise d’hiver neigeux, deux enfants regardent par la fenêtre, tout en discutant du retour de quelqu’un. Au fil des pages et des suppositions, on s’égare sans jamais trouver le plus sûr chemin. Si j’aime bien les albums laissant place au rêve et à l’imagination, là je le trouve frustrant : quelle fin au juste ? De qui et de quoi parle-t-on ?
Si le but est de faire parler les enfants, les adultes autour des thèmes de la peur et de la rumeur, c’est assez réussi, mais ne l’offrez pas en pensant offrir un bel album comme on offrirait un Ponti. (Ah Ponti, faut que je vous en reparle, on vire gagas dans la famille, complètement givrés de tous ces inépuisables poussins, euh mais je m’égare là…)
Donc on-dit… pousse à la discussion, est destiné aux enfants de plus de 8 ans (c’est écrit un peu partout sur les sites internet qui lui sont consacrés), mais reste assez obscur.
Je l’ai « testé » (le livre n’est-il pas devenu un quelconque produit marketing ?) sur mes 2 grands : fillette, 9 ans et des poussières a spontanément réagi : il est complètement nul ton bouquin, j’ai rien compris ! On l’a relu ensemble et elle a eu cette interprétation : « il » c’est l’hiver, mais si, puisqu’il dort l’été ! Ou alors c’est la neige (- mais alors on dirait « elle » fais-je remarquer), oui, ben l’hiver alors !
Rien sur l’ombre de l’homme au chapeau à la fin.
Fiston, 11 ans et des broutilles : « mouais bof, j’ai rien compris », d’un air de dire – en plus j’m’en fiche éperdument de ton bouquin, pis va tester ailleurs. Pour lui, l’ombre finale, c’était le petit garçon disparu. Je donne ma suggestion d’interprétation : le méchant qui enlèverait les petits enfants ? – ah ouais t’as raison.
Bref, côté enthousiasme à la maison on a vu mieux (Ponti ! Ponti ! Bon OK j’arrête)
Je ne comprends pas très bien la finalité de cet album : faire réfléchir les adultes sur les possibilités infinies de la création ? (C’est réussi), mais je ne suis pas certaine que ce livre s’adresse à des enfants. Sauf à vouloir leur mettre entre les mains autre chose que des produits formatés rose bonbon pour les filles et plein de monstres curieux pour les garçons. C’est oublier aussi que passé 6-7 ans, la lecture d’album se fait plus rare, tant l’offre romanesque touts formats tous niveaux se fait pressante, l’album étant alors vite catalogué « bébé ».
Un album ovni qui me laisse sur ma faim : j’aime avoir une réponse à mes lectures !
Ce livre fait partie de la sélection 2006 du prix de la Petite Edition sur zazieweb.fr
L'atelier du poisson soluble, janvier 2005, ISBN 2-913741-28-7, prix : 13 €
Ma note : 2/5
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Emmanuelle Eeckhout (oups, il faut toujours que je m’y reprenne à 2 fois pour écrire son nom), je l’avais découverte avec
A la ferme, tous les animaux s’entendent bien, sauf Germaine et Lulu, qui se disputent tout le temps. Lulu est une belle poule très dodue, coquette et volubile. Germaine est une poule moche, acariâtre et solitaire. Lulu pond six beaux gros œufs qui donnent naissance à six poussins magnifiques, Germaine un seul tout petit qui devient vite aussi mauvais que sa mère. Les enfants de Lulu se moquent tout le temps du maigrichon mauvais élève de Germaine. C’en est trop, elle décide de se venger ! Elle apporte alors chaque jour de délicieux gâteaux à Lulu qui les adore… jusqu’au jour où la fermière vient au poulailler chercher une poule pour le dîner. Mais prenez donc Lulu, c’est la plus dodue ! Et c’est ainsi que Lulu fut appréciée… pour la dernière fois !
Pomelo est un petit éléphant de jardin, tout petit, tout rose. Il vit sous un pissenlit, et il y est très bien sous son pissenlit ! Avec sa longue longue longue trompe, il vit plein d’aventures, il fait des farces, il s’emmêle dedans. Il y a trois histoires dans ce petit livre : Pomelo est bien sous son pissenlit, Pomelo a peur, et les jours amusants. On fait aussi la connaissance des amis de Pomelo dans son jardin très coloré.
Le chat assassin est de retour, mais voilà, il n’assassine plus rien du tout, et ça c’est bien moins drôle ! 9 ans après le premier volume, Anne Fine nous offre une nouvelle intrigue de Tuffy, un peu tirée par les cheveux cette fois. Les maîtres de Tuffy partent en vacances et confient au pasteur Barnham le soin de faire le chat-sitter pendant une semaine. Mais le pasteur et les chats, ça fait deux ! Sans compter la petite voisine qui rêve d’un minou tout doux à caresser et à déguiser comme une poupée. Voilà Tuffy dans de sales draps.
Tuffy est un gentil matou qui fait bien son boulot de chat : il rapporte oiseaux, souris et autres mulots, de préférence morts, bien sûr. Mais voilà qui n’est pas de goût de ses maîtres, surtout le jour où il rapporte le lapin des voisins, son ami de toujours le beau Thumper, normalement en clapier. C’en est trop, ce chat n’est qu’un affreux psychopathe à fourrure ! Comment ruser auprès des voisins pour ne pas être accusé ? Toute la petite famille s’y colle, y compris la petite Ellie, enfant qui a la larme vraiment très facile. Ce livre est un petit bijou du début à la fin, bourré d’humour, cocasse et drôle. Idem pour les dessins de Véronique Deiss qui illustrent à merveille le texte, jouant bien sur les mots.
Les loups d’Emily Gravett est une nouvelle acquisition de la bibliothèque municipale « Les levrauts »… ainsi commence l’histoire. Un lapin va à la bibliothèque et choisit précisément ce livre-là. On trouve même dans une pochette la fiche de prêt de l’ouvrage – avec la vraie cote Dewey s’il vous plait ! - laquelle est tachée d’un rond de tasse de café et sur la page d’à côté la traditionnelle fiche « date de retour ». Lapin s’en va cheminant en lisant son bouquin et apprend plein de choses sur la vraie vie des loups, comme ce qu’ils mangent vraiment : pas des chaperons rouges, hein, mais par exemple … des lapins. S’ensuivent alors deux fins au choix : l’une normale et l’une moins cruelle pour les lecteurs les plus sensibles. Puis l’on tourne la dernière page du livre et là on découvre en illustrations des courriers non ouverts adressés à notre petit lapin, ainsi qu’une vraie enveloppe à décacheter, avec à l’intérieur, une lettre de la bibliothèque : « Cher lecteur, sauf erreur de notre part, le délai de prêt…, … pénalités de retard… » etc. Quel régal !