Les jardins d'Hélène

litterature jeunesse

Le petit Gus fait sa crise - Claudine Desmarteau

30 Octobre 2010, 10:49am

Publié par Laure

petit-gus-fait-sa-crise.jpgJ’avais beaucoup aimé le 1er tome du Petit Gus, découvrant un roman jeunesse plein de fraîcheur et de bonne humeur, hommage au petit Nicolas de Goscinny mais bien teinté XXIème siècle, visant juste sur la société de consommation et les enfants d’aujourd’hui. J’attendais donc avec impatience et curiosité la suite des aventures de ce petit Gus.

En 2010, il fait sa crise, crise économique, crise de pré-ado, crise de sale gosse pourri gâté encore mâtiné d’enfance. Le slogan de couverture annonce la couleur : « travailler moins pour jouer plus », le roman déborde de piques en lien avec l’actualité politique, économique et sociétale, le père de Gus voit des vautours partout et cultive sa radinerie dans les grandes surfaces, et sa mère est envoûtée par le gourou psy Aldo Nouillerie. Le vocabulaire fait relâche et colle au langage des enfants d’aujourd’hui. Alors pourquoi ça a moins bien fonctionné avec moi cette fois-ci ? Je l’ai lu, sans déplaisir, mais sans débordement d’enthousiasme non plus : s’il est toujours impertinent, je l’ai trouvé moins drôle, plus facile, plus attendu, l’effet surprise du premier tome n’y étant plus. Et puis disons-le, l’histoire un peu creuse (peut-être parce qu'elle est surtout prétexte à la dénonciation critique d'une certaine actualité) et du coup longuette. Enfin on ne peut pas vraiment parler de longueur sur 155 pages illustrées et de lecture facile, mais je me suis un peu ennuyée et je n'ai pas ri comme sur le premier volume.

Enfin maintenant au moins vos gamins n'ont plus aucune excuse : ils devraient connaître par coeur les théories d'Aldo Naouri, pardon, Nouillerie.

 

Y a du bon aussi :

p. 8 : « Faut les suivre, les filles. Un jour, ça aime quelqu’un et le lendemain, ça le déteste. Va comprendre pourquoi. Le cerveau d’une fille, c’est pire qu’un problème de maths, parce que dans les maths, y a de la logique. »

 

Roman illustré par l'auteur.

 

Quelques avis : télérama, Ricochet, la soupe de l’espace, ClarabelCathulu , ... 

 

 

Albin Michel, septembre 2010, 160 p., prix : 12,90 €

Etoiles : stars-2-5__V7092076_.gif

Crédit photo couverture : © Claudine Desmarteau et éd. Albin Michel

 

 

Voir les commentaires

Mister Bonflair : Menace sur la maîtresse – Claire Clément & Frédéric Benaglia (ill.)

2 Octobre 2010, 10:28am

Publié par Laure

mister-bonflair.jpgMister Bonflair est une série pour les jeunes lecteurs qui aiment mener l’enquête : conseillée à partir de 6 ans, Mosquito qui en a presque 10 a beaucoup aimé aussi ! L’ensemble est harmonieux, et c’est une valeur ajoutée attrayante : tout est bien conçu, de la mise en page aux rabats, premières pages qui resituent les personnages, illustrations au cœur des textes, police de caractère adaptée aux plus jeunes (grande taille !) et interactivité : le lecteur mène l’enquête en répondant à des questions à la fin de chaque double page. La réponse se trouve dans l’observation des illustrations, et est donnée dans le récit à la page suivante.

 

Ce qu’en dit Mosquito : « C’était bien parce qu’on ne savait pas tout de suite qui était le coupable et on ne le connaissait même pas. C’était bien parce qu’il fallait trouver des indices en regardant les images. C’était rigolo. »

Le danger ? Que l’enfant vous réclame toute la série ! 

 

Qu’en est-il de ce titre en particulier ? La classe de Mme Labique (oui la pauvre, un nom pareil…) a été saccagée. Qui peut bien lui en vouloir ? Et pourquoi ? Tous les élèves sont suspects… (Les personnages ont figure d’animaux : il y a Abel et Blaise, Picou, Zizou et Tirelou, du genre cochons et hérissons, et la maîtresse est chèvre, évidemment) Elle fait appel au détective Mister Bonflair (un chien, vous suivez ?), son vrai nom, c’est Achille Duchoux, mais ce nom-là, il ne l’aime pas du tout ! (Mosquito a trouvé que j’étais très forte parce que j’ai trouvé toutes les réponses ! )

 

Une petite collection sympa, gaie, colorée, où texte et illustrations se répondent avec la complicité du lecteur : à découvrir sans hésiter !

 

 

Nathan poche, coll. Mystère, septembre 2010, 29 pages, prix : 4,80 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Frédéric Benaglia et éd. Nathan

Voir les commentaires

L’ombre – Yaël Hassan & Rachel Hausfater

2 Octobre 2010, 09:41am

Publié par Laure

l-ombre.jpgTom est un collégien ordinaire, à l’aise dans sa famille et avec ses copains. Un matin, alors qu’il part en cours, il sent une ombre qui le suit. Une ombre qui ne le quittera plus et qui va le conduire à s’interroger… Les chapitres alternent entre la narration de Tom et celle de l’ombre, qui apparaît en italique.

Deux choses me sont venues spontanément à l’esprit : tout au début de ma lecture, et si c’était vrai, de Marc Lévy, par cette évidence de vivre avec un fantôme, et plus loin, elle s’appelait Sarah, de Tatiana de Rosnay, et ses romans en général, pour la mémoire des lieux. Car cette ombre n’est autre que celle d’une petite fille juive déportée pendant la guerre, et dont l’appartement alors abandonné a été « récupéré » par une famille française. L’aspect fantastique de cette ombre qui revient planer et prend la parole donne toute son importance à la reconnaissance des faits, un roman sensible et original pour dévoiler ce triste pan de l’Histoire aux jeunes lecteurs. C’est une fois que son histoire sera éclaircie par Tom que l’ombre de Sylvia Blumenfeld pourra dormir en paix.

Une histoire à deux voix qui fait rejaillir le passé dans la vie bien contemporaine d’un jeune collégien…

Conseillé à partir de 11 ans, le texte est simple et relativement court. Une lecture aisée, touchante et intelligente.

 

Merci à Samia pour l’envoi !

 

(Nota : ce titre est paru une première fois en 2005 chez Bayard Jeunesse)

 

Nathan poche, coll. C'est la vie !, août 2010, 134 pages, prix : 5 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © Hervé Duphot et éd. Nathan

Voir les commentaires

Un livre, ça sert à quoi ? - Chloé Legeay

19 Septembre 2010, 07:48am

Publié par Laure

un-livre-ca-sert-a-quoi.jpgC’est vrai ça, au fait, un livre, à quoi ça sert ? À prendre la poussière sur les étagères ? À faire joli ? L’auteur préfère nous confier qu’un livre, c’est un endroit de tranquillité, un ami, une aventure qu’on peut vivre sans sortir de chez soi, un livre, c’est aussi du suspense, des frissons, ça fait grandir, c’est un voyage, c’est la voix de quelqu’un, un livre, on peut en écrire un aussi…

Le texte est bref mais l’illustration est d’une richesse incroyable et tous deux sont une invitation à la découverte et au plaisir. Mosquito a passé beaucoup de temps dans les détails et les clins d’œil des dessins, elle n’a pas forcément perçu toutes les références (beaucoup d’allusions à d’autres œuvres de la littérature), mais elle a beaucoup aimé. Et moi aussi !

Une fois encore, comme souvent en jeunesse, on remarque combien le grand format donne toute sa place à l’illustration et contribue au plaisir du lecteur et au bonheur de la découverte.

Un livre drôle, qui fourmille de détails que les enfants prennent vraiment le temps d’explorer, et qui je l’espère, les convaincra d’aller vers … d’autres livres !

 

Lu aussi par Sophie / Hérisson08 

 

Alice Jeunesse, Histoires comme ça, mai 2010, 34 pages, prix : 13.90 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Chloé Legeay et éd. Alice jeunesse.

Voir les commentaires

Non pas dodo ! - Stephanie Blake

17 Septembre 2010, 20:46pm

Publié par Laure

non-pas-dodo.jpgMes enfants ont grandi avec Caca boudin, album culte s’il en est, de Stephanie Blake. Simon est un petit lapin espiègle, coquin et capricieux, qui dit et fait plein de bêtises qui ravissent les enfants. Dans Non pas dodo ! on retrouve Simon accompagné de son petit frère Gaspard. Ils construisent une « méga top giga grande cabane » avec une grande couverture dans le jardin, et passent un bon après-midi. Le soir venu, alors qu’ils sont sur le point de s’endormir, Gaspard réalise qu’il n’a plus son doudou. Pas doudou ? Alors pas dodo ! Et le grand frère protecteur va s’aventurer dans la nuit (ouh, ça fait peur ces ombres !) pour récupérer le doudou sacré.

Il y a longtemps qu’on a passé l’âge de ces albums (pour les 2-5 ans ?), mais on a passé un super méga top bon moment parce que :

- c’est Mosquito qui m’a fait la lecture

- qu’elle a très bien compris que si la taille de la police de caractère grandit au fil des mots, c’est qu’on peut jouer sur l’intonation, et que c’est cent fois mieux

- qu’on en a fait une lecture à deux voix et que j’ai adoré faire Gaspard : « Mon doudou ! Lédanlacabane ! Mon doudou ! je veux mon doudou ! » « Mais moilépeupadormir sans mon doudou ! »

Bref, une nouvelle aventure de notre lapin adoré qui aborde des thèmes chers aux enfants : le doudou, sa perte, la peur du noir et des monstres, la place et le rôle du grand-frère, toujours dans des couleurs vives, avec un texte qui joue énormément sur les majuscules et la taille des caractères, facilitant l’intonation à donner à la lecture. C’est drôle et enjoué, on adore ! Avec une chute toute douce et une maman bien présente, mais non, ils ne sont pas seuls nos petits lapins !

 

L’école des loisirs, mars 2010, prix : 12,50 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © EDL et Stephanie Blake

 

Voir les commentaires

Le carnet rouge – Benjamin Lacombe et Agata Kawa

12 Septembre 2010, 18:24pm

Publié par Laure

 

Petite présentation de l'éditeur :

« Le Carnet rouge est un portait imaginaire du peintre, poète, décorateur et architecte anglais William Morris (1834-1896). Un récit d’adolescence qui nous raconte comment la mélancolie du jeune homme va engendrer chez lui le goût de l’observation et du dessin. Un album aux illustrations délicates et élégantes pour une très belle évocation graphique du travail de William Morris, inspirateur incontesté des motifs art nouveau. »

 

carnet-rouge.jpgEn page liminaire en effet, un texte rappelle le parcours de William Morris, qui est considéré comme le fondateur du design moderne. C'est un magnifique album hommage que nous offrent l'auteur Benjamin Lacombe (qui est aussi illustrateur mais pas ici !) et l'illustratrice Agata Kawa, et le grand format (36 cm de haut) lui est tout à fait propice.

William, 13 ans, quitte donc sa mère veuve et ses frères et sœurs pour rejoindre le pensionnat de Marlborough College, à l'issue duquel il devrait devenir prêtre. Mais de nature rêveuse et solitaire, c'est un tout autre destin qu'il se forge, se faisant souvent réprimander en cours pour son attitude, car le jeune William passe son temps à écrire des poèmes et dessiner dans son carnet rouge, dernier cadeau offert par son père avant de mourir. Dès qu'il le peut, il explore le jardin et la forêt proche.

Agata Kawa rend très bien cette beauté naturaliste, beaucoup d'animaux, de fleurs entrelacées, et d'imaginaire poétique. Qu'elles soient simples ou doubles, les pages d'illustration sont superbes. Le texte passe bien trop vite pour le lecteur adulte, qui en aimerait bien davantage ! Récit sur la découverte de soi et le développement d'un don pour l'art, hommage rendu au père par la valeur de l'objet utilisé, le carnet rouge est un somptueux album.

 

Il n'est pas forcément de médiation facile auprès des enfants, je l'ai laissé à disposition de Mosquito, 9 ans ½, qui n'a pas souhaité dépasser les deux premières lignes. Je ne la force pas.

 

Vous pouvez voir quelques illustrations sur le blog de la soupe de l'espace 

 

(à partir de 7 ans)

 

Seuil Jeunesse, avril 2010, prix : 18 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Agata Kawa et éd. du Seuil.

 

 

Voir les commentaires

Né sur X - Anne Percin

8 Août 2010, 07:15am

Publié par Laure

né sur X« Hier on m’a dit la vérité. […] Il paraît que je suis né sur X. Je ne sais pas comment je suis arrivé sur Terre. Une erreur de pilotage, sans doute. Et puis ce fut le largage en urgence, dans une zone à faible densité de population. Là, une tribu de Gloums composée de deux membres, mâle et femelle, m’a recueilli. Pendant des années, ils se sont occupés de moi, mais ils m’ont toujours caché comment j’étais arrivé sur la Terre. Ils m’ont nettoyé le cerveau et tout reprogrammé, pour que je fonctionne comme eux. Et voilà le travail. C’est l’échec complet. »

 

Nicolas, 10 ans, apprend de ses parents adoptifs qu’il est né sous X. La nouvelle est rude bien sûr, alors Nicolas se réfugie dans l’imaginaire. Il vient d’une autre planète, il est retenu en otage par les Gloums, il rédige des fiches techniques dans l’attente de sa libération, use d’un style télégraphique, aimerait que son voisin Thomas parte avec lui, car lui c’est l’horreur, il est battu par ses Gloums qui boivent trop d’antigel. Tous les mots remplacés par Nicolas sont en italique dans le texte. Vous rétablirez bien sûr vous-même très vite, même involontairement, par le mot qui correspond. Il a même [Il a même] Oh pardon, il a même inventé un code secret pour ne pas être percé à jour, et le texte apparaît en caractères wingdings dans le roman, là, c’est moins facile à décrypter ;-)

Et puis le chemin se fait, jusqu’à l’acceptation, les mots reprennent leur juste place, et l’essentiel au fond, c’est bien l’amour.

C’est un court roman plein de fraîcheur et de sensibilité, qui ne voile pas non plus une certaine violence de la société, un roman que j’ai aimé pour sa fantaisie et sa métaphore filée qui se dénoue à la fin. Certains passages sont plein d’humour, notamment les encadrés façon dépêches de presse.

Un roman à conseiller dès 10 ans, un âge où l’on est encore dans l’enfance et l’imaginaire, mais où l’on aime s’interroger sur la vie aussi.

 

p. 36 «  C’est comme ça que ça marche sur Terre : moins t’as raison, plus tu cries fort et plus on t’écoute. Ils appellent ça le terrorisme. »

 

Si j'ai mis si longtemps à me décider à l'approcher ce livre (alors que je l'avais depuis longtemps et que j'aime beaucoup ce qu'écrit Anne Percin en général), c'est que je trouve cette couverture proprement hideuse et repoussante. Franchement, si je devais faire un top des couv moches, elle y aurait une belle place !

 

 

D'autres avis sur ce livre : Reno, Aurélie, ...

 

Thierry Magnier, janvier 2008, 94 pages, prix : 7,50 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Claude Cachin. Achevé d’imprimer parmi les Gloums pour le compte des éd. Thierry Magnier, etc.

 

Voir les commentaires

Au galop sur les vagues – Ahmed Kalouaz

2 Août 2010, 08:06am

Publié par Laure

 

au-galop-sur-les-vagues.jpgJulie arrive d'Ardèche et emménage en Bretagne, à Plouescat, car son père est muté dans la région. Passionnée d'équitation, elle fait vite la connaissance de son voisin, Armand Le Berre, un vieil homme solitaire qui possède un cheval postier nommé Bilto, et qu'il entraîne chaque jour pour quelques courses hippiques. Julie lui rend souvent visite, mais quand au retour d'une balade avec ses parents elle trouve sa maison close et le cheval sans soins, elle s'inquiète. Monsieur Le Berre a effectivement eu un accident et doit rester hospitalisé quelques semaines. Son cupide neveu aimerait bien envoyer Bilto à la boucherie chevaline...

 

Ahmed Kalouaz signe un joli roman jeunesse (dès 9 ans) sur la solidarité et l'entraide entre voisins et générations, tout en satisfaisant quelques passions qui seront partagées par bien des jeunes lecteurs (lectrices surtout ?) : l'équitation, la découverte d'un coin de Bretagne... On pourra reprocher au roman quelques facilités : tout se passe si bien qu'on perd un peu de vraisemblance mais ce n'est pas l'essentiel du roman qui s'attache à décrire ce lien d'amitié entre une enfant et un homme qui a besoin d'aide pour s'occuper de son animal laissé seul, en y semant quelques embûches d'aventure quand même : une pension où les animaux sont maltraités, un neveu malhonnête, et une petite Julie qui joue les héroïnes courageuses !

 

Un roman parfait pour les 9-12 ans.

 

Rouergue, coll. Dacodac, avril 2010, 148 pages, prix : 8,50 €

Etoiles : stars-3-5__V45687331_.gif

Crédit photo couverture : © Frank Secka et éd. Du Rourgue

 

 

 

Voir les commentaires

J'élève ma poupée - Christophe Honoré

9 Juillet 2010, 06:58am

Publié par Laure

eleve-ma-poupee.jpgJ’élève ma poupée est un manuel d’éducation à l’usage des enfants qui souhaitent bien élever leur poupée (rappelez-vous, si vous êtes maman, vous avez bien dû entendre parler un jour de Laurence Pernoud) : le sommaire est digne d’un vrai livre documentaire : quel nom donner à ta poupée, accueillir ta poupée, …, les garçons et les poupées, habille ta poupée, etc. Le narrateur est lui-même un jeune papa, qui a choisi d’appeler sa fille Suzette, et qui a décidé une bonne fois pour toutes de poser ses conseils ainsi : « Il n’est pas question que nous débattions des heures sur chacune de mes remarques. Car c’est le problème de l’éducation des bébés, personne n’a jamais le même avis. Aussi, afin que ce livre ne soit pas totalement inutile, ni désagréable à écrire comme à lire, je te propose de décider à partir de maintenant que j’ai toujours raison. » (p.12). Ainsi démarre l’humour de ce roman … l’éducation des poupées n’est qu’un prétexte somme toute bien trouvé pour réfléchir aussi à l’éducation des enfants, à la légitimité de l’autorité et à sa soumission… Je ne suis pas sûre toutefois que l’enfant perçoive tout ce second degré. Car publié dans cette collection, le roman s’adresse avant tout aux 9 ans et +.

 

Les illustrations de Stephanie Blake sont normalement déjà familières des enfants : qui n’a pas lu Caca boudin, ou Je veux des pâtes, ou ses autres albums avec ses fameux lapins ? Son dessin apporte un petit côté irrévérencieux au roman : on est bien dans l’enfance, et dans la complicité de l’enfant qui connaît ce petit lapin coquin qui fait plein de bêtises et fait tourner ses parents en bourriques !

 

Une mention particulière sur le chapitre « Lectures pour poupées » qui rappelle combien il est important de lire des histoires à ses enfants poupées. L’auteur cite même des exemples de titres et d’auteurs. Un peu démago sans doute d’avoir choisi ses copains de l’Ecole des Loisirs (Seyvos, Brisac, Desarthe, Chris Donner, Kéthévane Davrichewy, Desplechin), la lectrice adulte que je suis a tendance à voir là un coup de pub maison critiquable… (pourtant d'ordinaire j'aime bien les clins d'oeil mais là il est un peu énorme), lisez à vos gamins, oui il y a du très bon à l’Ecole des Loisirs, mais il y en a ailleurs aussi…

 

Cet extrait qui me semble résumer le ton du livre, et qui fait que cet humour plaira, ou pas :

p.107 : « Quoi ?

Tu n’as pas l’âge de lire ?

Qu’est-ce que tu me racontes ? Si tu ne savais pas lire, comment pourrais-tu suivre les étapes de ce manuel ?

Hein ? C’est ta mère qui lit pour toi ? A voix haute ?

Ta mère n’a rien de mieux à faire que de s’interposer entre nous ?

J’espère que c’est une lectrice discrète au moins, et loyale. J’espère qu’elle te dit bien chaque mot que j’ai écrit, et qu’elle ne se permet pas de les commenter. Je suis très méfiant envers les mamans qui lisent. La raison principale étant qu’elles font rarement les bons choix de lecture, préférant toujours une histoire douce et tendre à une histoire teigneuse et sèche. »

(La suite explique que les mamans choisissent des histoires qui protègent leurs enfants, alors que les livres ne protègent pas du froid de la vie, au contraire, ils vous l’apprennent).

 

Là encore, un exemple de littérature jeunesse qui offre une lecture à plusieurs niveaux selon l’âge du lecteur…. Au final, je suis mitigée, retenant un peu trop le ton sec et teigneux… mais les manuels de puériculture, c’est du sérieux, forcément ! 

 

 

Les avis intéressants de Cécile, et de Gwendal, mon libraire jeunesse  

 

Ecole des Loisirs, coll. Neuf, mars 2010, 116 pages, prix : 8,50 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © Stephanie Blake et éd. EDL.

Voir les commentaires

Les tartines au kétcheupe - Marie-Sabine Roger

7 Juillet 2010, 08:58am

Publié par Laure

tartines-au-ketcheupe.gifRéédition d’un titre épuisé paru en 2000 chez Nathan, Les tartines au kétcheupe est un roman  drôle et bouleversant. Quelle belle façon spontanée et déroutante de dédramatiser la violence !

Nicolas a 5 ans, il est en grande section de maternelle, un peu turbulent, il est souvent repris par les enseignants. Il s’est inventé deux amis imaginaires à qui il confie ses tracas : Petit Toiseau et Fourmisseau. Et c’est ainsi que le lecteur comprend le quotidien de Nicolas quand il franchit le seuil de chez lui : père qui le bat, frères un peu violents aussi, mère en souffrance et violentée elle aussi, oh non sa vie n’est pas gaie à la maison ! Marie-Sabine Roger a réussi le tour de force d’en faire une histoire drôle par la fraîcheur des propos du petit garçon, notamment quand il nous raconte son histoire du Petit Poussé :

« Quand on revient en classe, la maîtresse nous raconte une histoire.

C’est un petit qu’a tout un tas de frères plus grands. Ben, moi, je sais ce que ça doit donner à la maison : ses frères, ils doivent passer leur temps à lui flanquer des claques, et à lui crier dessus en disant :

« Hé, le nain, tu vois pas que tu gênes ?! Pousse-toi du milieu ! »

C’est pour ça qu’on l’appelle le petit poussé. […]

 Il court ramasser des petits cailloux blancs en bas de chez lui. Il habite dans une chômière. C’est un immeuble où il y a que des chômeurs dedans. [...] »

Et quand les adultes tentent de l’aider, il va chez l’espliquologue, et quand ce dernier lui demande de dessiner sa famille, il oublie de se dessiner lui. Quand le psy (pardon, l’espliquologue, qui ne lui explique pas grand-chose au demeurant !) insiste, il ne réussit pas à se placer dans son dessin de la famille, il finit par se mettre au dos de la feuille, parce qu’il ne voit pas bien où il pourrait se mettre.

 

Un roman qui touche par les faits qu’il dénonce, sous couvert d’humour. Tendresse et gravité, éclats de rire et tristesse. Le langage et la fraîcheur de l’enfance sont très bien retranscrits. Dommage peut-être que la fin ne laisse guère plus d’espoir. Une lecture à accompagner peut-être auprès des plus jeunes, pour voir ce qu’ils en saisissent réellement ?

 

(A proposer dès 9 ans)

 

Lu et approuvé par Mel, de la soupe de l’espace, Gawou la libraire, Clarabel

 

Rouergue, coll. DacOdac, janvier 2010, 94 pages, prix : 6,50 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : Frank Secka et éd. du Rouergue

Voir les commentaires

<< < 10 20 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 > >>