Les jardins d'Hélène

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Le coeur d'une autre - Tatiana de Rosnay

12 Juin 2008, 05:37am

Publié par Laure

 

Bruce Boutard est un quadra détestable, divorcé (son mariage n’a pas résisté à sa « consommation » exagérée des femmes), qui a besoin d’une greffe du cœur pour survivre.

Après l’opération, des phénomènes un peu étranges surviennent, comme une émotion particulière devant un tableau, une gentillesse toute neuve… Et si le cœur du donneur ne lui avait pas redonné qu’une nouvelle vie mais aussi un peu de sa personnalité ?

Bruce est fortement déstabilisé quand il apprend que son donneur est en réalité une femme, Constance Delambre. Il partira en quête de son histoire et de sa famille.

Encore un très beau roman de Tatiana de Rosnay (le 4ème je crois, en 1998) qui je l’avoue m’a semblé au départ un peu trop sentimental et prévisible. Et puis… ne boudons pas les vrais plaisirs des livres positifs, ils ne sont plus si courants dans la littérature actuelle ! Et la seconde moitié s’étoffe davantage, gagne en densité, et par là-même la curiosité du lecteur embarqué dans l’intrigue. Jolis clins d’œil sur le milieu éditorial à la fin… Bref, une bonne lecture !

(Actuellement indisponible sauf en bibliothèques ou d’occasion, mais il sera probablement réédité un jour. En tout cas il le mérite.)

 

Plon, janvier 1998, 273 pages.

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : A young lady of fashion, Master of the Castello Nativity © Isabella Stewart Gardner Museum, Boston // éd. Plon

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Kathy - Patrice Juiff

20 Mai 2008, 17:32pm

Publié par Laure

Avec Frère et sœur, Patrice Juiff nous avait déjà montré combien il était maître dans l’art du roman sombre et douloureux, violent mais pourtant attachant à l’égard des personnages. Dans Kathy, il reproduit toute cette horreur qui sera toutefois là encore sublimée par l’amour.

Kathy a 3 ans lorsque sa mère l’abandonne. Adoptée par une famille aimante, elle n’aura de cesse de revenir vers sa famille de sang, dès sa majorité venue. Une famille où règne la misère tant sociale qu’intellectuelle, une famille où l’amour, qu’il soit marital, paternel ou fraternel ne se traduit que par les coups, la violence, le viol, l’inceste. On ne cesse de se demander pourquoi Kathy revient supporter les humiliations et la maltraitance qu’ils lui infligent, pourquoi dans son immense gentillesse elle leur donne tout et en demande encore. Court-on vers une vengeance finale ? (C’est l’hypothèse de lecture qu’on est tenté de faire, mais non…)

 

Des phrases courtes encore, comme dans Frère et sœur, des situations à peine soutenables, et pourtant on comprend Kathy, on perçoit ici ou là un peu d’amour maternel et l’on s’attache à ces personnages sur le fil. Dans l’horreur éprouvante il y a la rédemption finale, toute relative, mais ô combien revigorante pour le lecteur, heureusement.

D’une force et d’une violence inouïe, Patrice Juiff nous prouve une fois encore avec brio que les mots à eux seuls sont déjà assassins.

 

Albin Michel, août 2006, 245 pages, prix : 16 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : éd. Albin Michel.

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Frère et soeur - Patrice Juiff

19 Mai 2008, 17:38pm

Publié par Laure

« Rien n’est ordinaire dans ce premier roman hors mesures qu’on lit avec stupéfaction. Une découverte comme on en fait parfois, très rarement. » Ainsi conclut la 4ème de couverture, et si je la cite, c’est parce que c’est tout à fait cela !

 

Jeanne est obèse, 160 kg de chairs molles qu’elle peine à bouger, elle s’occupe de la maison, fait un peu de repassage pour les familles du village ; elle vit avec son frère, Robin, thanatopracteur dans un salon de pompes funèbres. Son cachalot, son frère qu’elle aime, tout comme il l’adore, sa baleine, sa Moby, comme il la surnomme affectueusement.

Ils forment une famille isolée dans une cour de ferme, avec deux Rottweillers qui montent la garde, et un bâtard, Django, le chien d’un jeune frère décédé. C’est une famille à histoires, de celles dont on parle à mots couverts et qui font enfler les ragots : l’alcool, la violence, l’inceste, ces familles sombres qu’on fuit comme la peste… Les parents sont tous deux décédés.

Rien n’est ordinaire dans cette histoire mais je ne veux point trop en dire, sinon qu’il faut la lire et accuser l’uppercut en pleine face, la force terrible des mots, des phrases courtes, scandées, qui font mouche et monter toute l’horreur dans ce huis-clos, en même temps qu’un amour qui balaie tout. Et quand on approche de la fin, après s’être souvent dit « c’est terrible », on se prend un dernier coup de poing dans l’estomac. C’est terrible, mais quel talent ! Ce ne sont « rien que des mots » mais ils vous hanteront longtemps et Patrice Juiff réussit là un coup de maître.

 

Plon, janvier 2003, 160 pages, prix : 14 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : éd. Plon

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L'amant de la ligne 11 - Rina Novi

15 Mai 2008, 14:59pm

Publié par Laure

Cécile, jeune veuve d’une trentaine d’années, prend le métro quotidiennement pour aller travailler. Un soir, elle sent la caresse d’un doigt sur son sein, alors que debout dans la foule des passagers, elle se tient à la barre verticale. Elle se surprend elle-même à trouver la sensation agréable. Commence alors une quête journalière d’une petite dose de plaisir, où tous ses sens sont en éveil et quémandeurs de la caresse ou du baiser généreusement donnés par un inconnu. Chaque jour ou presque, il est là, lui glisse un petit mot pour lui donner une consigne pour le lendemain, comme être nue sous son chemisier de soie par exemple. L’attente du trajet du soir devient l’objectif de sa journée.

Un maître amoureux très particulier, qui a focalisé toute son attention sur les seins féminins, et qui s’impose un jeu très contrôlé : mener la femme au plaisir sans pourtant jamais la pénétrer.

Un roman léger et sensuel, où les effleurements vont crescendo vers le plaisir, pour une envolée des sens de la jeune Cécile. Si le début du roman est charmant, ça s’essouffle un tout petit peu vers les 2/3, un brin répétitif. Mais le maître particulier forme un nouvel élève à sa plaisante méthode…  D’un érotisme léger, ce petit roman éveillera-t-il vos sens au fantasme de l’inconnu dans le métro ? (facile pour moi de dire cela, hi hi, je vis en rase campagne, et suis obligée de circuler en voiture J)

 

L’avis de Clarabel (que je remercie pour le prêt !) : ici

 

Cet extrait p. 79 : « Elle se rendait compte à quel point c’était la situation, et non l’inconnu, qui la séduisait. Leur jeu inavoué, la façon dont il se manifestait toujours par surprise comme s’il savait d’avance qu’elle ne se déroberait pas, le fait qu’aucune parole n’ait jamais été prononcée. Ce mélange d’indécence avec laquelle il lui caressait les seins aux yeux de tous, et d’extrême discrétion qui lui laissait le choix de ne pas être vue. La suavité de ses frôlements qui déclenchait le désir. L’évidence qu’il saurait attendre que son plaisir s’épanouisse, sans jamais manifester d’impatience, sans réclamer autre chose d’elle qu’un unique et véritable abandon quelques instants entre ses mains. La certitude enfin, et ce détail lui sembla le plus important, de voir s’installer entre eux des préliminaires qui n’en finiraient pas puisqu’à aucun moment elle n’envisageait de donner une suite plus intime à ces rencontres fortuites… »

 

 

Buchet-Chastel, février 2008, 226 pages, prix : 14,50 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © DR, © RATP

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Le fils de l'homme invisible - François Berléand

30 Avril 2008, 09:06am

Publié par Laure

Parce qu’un soir d’hiver son père lui lance cette boutade « de toute façon, toi, tu es le fils de l’homme invisible », le petit François Berléand, 11 ans, va gâcher près de 8 ans de sa vie. Enfant rêveur et imaginatif, il prend cette remarque alcoolisée (le père aime la Vodka !) au premier degré et croit réellement qu’il est le fils de son héros qui passe à la télé, et que son père ne serait donc qu’un second père.

 

Là où le lecteur croit attendre une histoire d’adultère et de fils naturel, l’auteur offre en réalité les souvenirs de son enfance et cette angoisse qui l’a dévorée pendant toute l’adolescence.

On sourit aux passages où le petit François teste son invisibilité, on se demande parfois comment une telle naïveté est possible, on s’irrite de voir comment des professions qui voulaient bien faire (psys, prises en charge scolaires particulières) ne font qu’aggraver les choses ; jusqu’à la libération finale où l’auteur pourra enfin vivre normalement. 

Drôle, pudique, touchant, sensible, sont des qualificatifs que j’ai pu lire ici ou là…oui… et après ? Ecrit dans un langage simple et sans prétention, ce petit livre se lit tout seul, mais pour ma part, je n’en vois pas trop l’intérêt. François Berléand est un acteur que j’apprécie, mais cette autobiographie (romancée ?) ne m’a pas particulièrement touchée. Elle m’aurait même plutôt inquiétée sur une telle personnalité enfantine qui confond aussi loin ses rêves et la réalité. L’inquiétude est ravageuse, mais quand même…

 Un livre lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2008
 

Ils l’ont lu : In cold blog, Thom, Cuné, ... j’en oublie sans doute, n’hésitez pas à vous signaler !


Le livre de poche n°30986, avril 2008, 214 pages, prix : 6 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : Atelier Didier Thimonier © DR.


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L'élégance du hérisson - Muriel Barbery

24 Avril 2008, 13:46pm

Publié par Laure

Je sais combien ce livre est cher à Cuné aussi je sais combien je vais la décevoir en ne l’ayant pas apprécié autant qu’elle. Mais je ne peux jouer l’hypocrisie de crier au chef-d’œuvre juste pour la faire taper des mains (au pire, elle me tapera dessus à coup de bouquins, elle a prévu une razzia en librairie cet après-midi).

 

L’élégance me hérisse. Oui je sais, c’était facile. 

A l’heure où j’écris ces notes [ça c’était hier], je n’ai pas encore fini la lecture de ce roman. J’en suis à la page 280 sur 359 et à vrai dire je m’arrêterais là que ça ne me gênerait pas. Ce qui me pousse à poursuivre, c’est une curiosité envers le « produit fini », afin de tenter de comprendre ce qui a tant plu au public en général et aux libraires en particulier (qui lui ont décerné leur prix en 2007), et non un besoin irrépressible de  connaître la fin ou un emportement incontrôlable des émotions, absentes pour ma part, ou plutôt, négatives.

 Au fond, je ne sais pas ce qu’a voulu faire l’auteur. Plaquer son élégante (et respectable) culture sur des personnages de roman, menant ainsi un artifice stylistique à son sommet, mais pourquoi ? Plus qu’une histoire (certes, elle existe), j’ai l’impression de lire une juxtaposition de savoir(s) liés d’une curieuse façon. La philosophie, Tolstoï, la grammaire, le Japon… Serait-ce un catalogue de ce que semble aimer l’auteur ? Mais dans quel but ? Et que vient faire là le Japon ? Un nouveau propriétaire ardéchois (ou ch’ti si ça vous chante) n’aurait-il pas fait l’affaire ? La culture japonaise serait donc la seule élégante digne de respect dans ce Paris bourgeois ? Une zénitude éthérée meilleure que la vieille Sorbonne ? J’ai l’impression de morceaux collés les uns avec les autres mais l’amalgame ne prend pas.

A force de vouloir critiquer les autres à coups de mots pédants, les personnages principaux que sont Renée la concierge et Paloma l’ado surdouée me semblent bien pires. Méprisants, même. Du coup ils provoquent chez moi une irritation montante.

Vous l’aurez compris, l’écriture maniérée a fini par m’agacer. Prétention et pédanterie ont pris le pas sur le plaisir de découvrir qu’on pouvait encore parler écrire français correctement au XXI ème siècle, alors que sortent au même moment des romans écrits en SMS sponsorisés par des opérateurs téléphoniques.

Un exercice stylistique, voilà d’abord ce que j’en retiens. Un artifice qui détruit toute émotion. Une dissertation comme sans doute les profs aimeraient en lire plus souvent. Une dissertation qui parfois me fait peur : ces êtres ne seraient-ils pas tout bonnement intolérants ?

Renée aime la grammaire et nous le démontre, dommage que l’éditeur ait laissé passer juste après cette belle tirade cette coquille : p. 186 : « Chère Madame, me dit-il, je suis heureux que mon envoi ne vous aie pas indisposée. » [tirage de nov. 2006]. Que mon envoi ne vous ait pas indisposée, non ? (Il faut bien que je soigne ma réputation de relevage des coquilles et erreurs de conjugaison dans les romans si je veux continuer à me faire lyncher). Bien sûr l’erreur est humaine, dommage qu’elle arrive au mauvais moment ici précisément.

Suite de mon commentaire, après lecture de la fin du roman [aujourd’hui, donc].

Il y a quand même un personnage que j’aime dans ce livre, c’est Manuela, la femme de ménage et amie de la concierge. La seule qui me semble normale et sympathique dans cette histoire. Fallait-il en faire des tonnes pour tous les autres ? La fin me déçoit également, car elle ne me semble pas à la hauteur de ce qui a précédé : tant d’exigences impitoyables pour une presque banalité vite expédiée ? Sans doute espérais-je de meilleurs dénouements pour ces êtres hors normes.

Mais il se peut aussi que je n’aie rien compris. Ou n’aie pas voulu voir de second degré. Car des échanges par mails avec Cuné m’ont laissé voir que son interprétation (très différente de la mienne) se tenait aussi, et qu’elle pouvait même m’éclairer. Par exemple, je ne trouve pas qu’il y ait d’humour dans ce livre. Elle, si. Et plein d’autres choses. Deux schémas de lectures diamétralement opposés qui montrent combien nous réagissons avec ce que nous sommes, ce que nous pensons, ce que nous aimons, sans oublier les facteurs fatigue / détente ou autres du moment. Aussi je finis par personne n’a tort ou raison [encore heureux !], et puis on ne lit en général que pour soi… même si parfois on en parle avec d’autres.

Ce roman ayant déjà presque 2 ans et l’effet best-seller en plus, je n’ai pas le courage d’aller relever tous les liens de la blogosphère.

 

Gallimard, juin 2006, 359 pages, prix : 20 €

Ma note : 12/20

Crédit photo couverture : éd. Gallimard.

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Et quoi encore ! - Denise Bombardier

20 Avril 2008, 06:37am

Publié par Laure

C’est en lisant le commentaire de Cuné que j’ai appris qu’il y avait un précédent à ce roman. Soyez sans crainte, il peut aussi se lire tout seul, même si comme dans toute série, il est préférable de les lire dans l’ordre. [d'ailleurs, je n'ai pas l'intention de le lire !]  

Jeanne est une quinqua dynamique qui me fait penser à la famille formidable de TF1. Divorcée, elle a un amoureux, Rachid, et deux enfants, jumeaux âgés de 20 ans, Albert et Maud, pas décidés à quitter le nid douillet. Son ex s’apprête à être père à nouveau avec sa nouvelle compagne, son ex belle-mère a une pêche d’enfer, plus que ses copines d’ailleurs.

Mélangez tout ce petit monde et vous obtenez un roman frais et léger, léger, un peu trop c’est bien là le problème. Tout me semble convenu et couru d’avance, rapide (dans le style et la lecture) et sans surprise. Superficiel. J'aurais préféré des personnages plus fouillés, plus travaillés, moins clichés. Du Nicole de Buron en moins drôle. C’est sympa Nicole de Buron, là c’est pareil mais moins rigolo.

 Le parfait roman de détente, que j’ai lu très vite et sans passion.

 

Albin Michel, mai 2004, 187 pages, prix : 15 € / Existe en poche.

Ma note : 09/20

Crédit photo couverture : © Pete Pacifica / Getty Images et éd. Albin Michel

 

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La délégation norvégienne - Hugo Boris

18 Avril 2008, 22:02pm

Publié par Laure

René Derain part pour un séjour de chasse avec son chien, dans un chalet isolé en pleine forêt, tout là-haut en Norvège (le lieu n’est pas nommé mais « la délégation norvégienne » ?). Il retrouve six autres passionnés, quatre hommes et deux femmes, venus de différents pays d’Europe, des inconnus qui ont pris comme lui leur réservation sur Internet. Dès le premier chapitre, l’atmosphère étrange et inquiétante est donnée : pourquoi une telle peur dans le regard de son chien à l’abord de la forêt ?  p. 15 : « Dans les yeux du chien, il n’y avait plus de regard ».


Le séjour ne se déroule pas comme prévu : un froid polaire s’abat sur le site coupé du monde, et c’est le début de la lutte pour survivre (la faim, le froid, l’isolement). Les livres de la maigre bibliothèque servent à alimenter le feu pour se chauffer, le huis clos devient de plus en plus oppressant, et René Derain de plus en plus paranoïaque. Pourquoi ce qu’il est en train de vivre est-il écrit dans un livre trouvé dans la bibliothèque ? Et si quelqu’un cherchait à l’assassiner ?


Le dernier cahier du livre n’est pas massicoté, et ce n’est pas un défaut d’éditeur. A vous de le passer au coupe-papier pour connaître la fin.

 

A vrai dire, vous ne serez guère plus avancé car vous ne saurez toujours pas pourquoi le propriétaire n’est pas là pour les accueillir comme prévu, pourquoi tous ces phénomènes étranges se déroulent, mais vous aurez vécu un véritable hommage au pouvoir de la littérature. Car ils sont grandioses, tous ces passages sur la lecture !

On ne vous avait jamais dit que les personnages d’un livre ne sortent jamais du format des pages qui leur sont allouées ? Ils restent dans les lignes, et s’ils en sortent, ce n’est que dans l’imagination des lecteurs. Les feuillets non coupés contribuent à cette construction troublante : à vous lecteurs de vivre ce que vous êtes en train de lire. Vous seuls êtes acteurs de vos lectures.

Et de ce point de vue là, c’est très fort. 


Un roman lu d’une traite, d’une seule, tant l’atmosphère mystérieuse est prenante et l’éloge de la littérature agréable. Et pour ceux que le thème de la chasse rebuterait, elle m’est apparue comme secondaire. Au cœur du livre, prenant de la place, mais servant de prétexte.

 

Un livre surprenant, fort, hors du commun.

 

L’avis plus mitigé de Clarabel et de Fashion, et plus enthousiaste de Cuné et Cathulu. 


Belfond, sept. 2007, 275 pages, prix : 17,50 €

Ma note : 17/20

Crédit photo couverture : © Sargologo et éd. Belfond

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Comme une mère - Karine Reysset

8 Avril 2008, 12:38pm

Publié par Laure

Emilie est trop jeune et trop seule pour être maman, elle décide alors d’accoucher sous X et d’abandonner sa petite fille Léa, juste avant de commencer une nouvelle vie en suivant une formation aux soins à la thalasso de St Malo. Judith, elle, est une mère plus mure, abîmée par la vie aussi, puisque toutes ses précédentes grossesses se sont terminées par une mort fœtale. Alors quand naît à terme enfin et hélas décède son petit garçon, c’est le basculement dans la folie éperdue. Voici pour le début du roman. Une mère qui perd son bébé, une autre qui ne veut pas du sien, un rapt d’enfant… ça ressemble presque trop à la réalité des informations télévisées.

 

 

Ces mères vont bien sûr continuer de s’entrecroiser, dans la reconstruction pour l’une, dans la dépression dramatique d’une quête impossible pour l’autre, et ce serait presque le banal d’un roman sans surprise (finalement, tout se déroule un peu comme dans un conte de fées) si ce n’était l’écriture souple, précise et juste de Karine Reysset.

C’est un livre qu’on lit d’une traite ou presque, et j’hésite encore entre le banal et le sublime. Simple, mais efficace. Magie des mots qui ne laissent pas indifférente une femme quand l’amour maternel est si bien décrit, drames de la vie qu’hélas bien souvent nous connaissons d’un peu trop près.


Il y a du Karine Fougeray dans ce roman (la maternité, St Malo), il y a du Véronique Olmi aussi  (bord de mer), de belles références féminines sur la souffrance des mères.

 

Il manque un quelque chose pour me faire crier au chef-d’œuvre, c’est un beau roman, simplement.

 

Annoncé par Tatiana, c'est la très belle critique d'Amanda  qui m'a convaincue d'acheter ce livre.
L'avis aussi de : Cathulu 

Ed. de l’Olivier, mars 2008, 178 pages, prix : 18 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : d’après © Johner Images Veer et éd. de l’Olivier

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La théorie du panda - Pascal Garnier

8 Avril 2008, 09:26am

Publié par Laure

Gabriel débarque dans un hôtel d’une petite ville de Bretagne, sans que l’on sache d’où il vient, ni ce qu’il vient faire là. Très vite il sympathise avec le patron d’un bar-restaurant, dont l’épouse est hospitalisée, et la réceptionniste de l’hôtel, Madeleine. Gabriel est d’une gentillesse rare et généreuse, il se fait aimer tout de suite. De même un couple un peu junkie à qui il rachète un saxophone va venir traverser la vie de  ce petit monde.

 

C’est un roman plaisant plein d’humour (un peu noir), et surprenant : on ne sait pas où l’on va. Qui est réellement Gabriel, que cache-t-il ? Que cherche-t-il ? Peu à peu son passé se dévoile et précipite une fin aussi noire qu’inattendue. Moi qui sors tout juste de MR 73, j’ai l’impression d’y replonger !

Dans l’histoire, on croise un cordonnier, qui n’a pas de Marco dans ses clients (Gabriel est à la recherche de Marco, l’homme du couple junkie) mais il a un Marcus Malte, qui fait coller des rustines sur ses baskets. Quand deux auteurs maison se font des clins d’œil par roman interposé, moi j’adore !

Je ne connaissais pas cet auteur avant cette lecture, de même je ne connaissais pas Marcus Malte avant Garden of Love mais décidément, il y a du bon chez Zulma. Du très bon.

 L’avis de Clarabel
 
Zulma, déc. 2007, 174 pages, prix : 16,50 €
Ma note : 4/5
Crédit photo couverture : © David Pearson et éd. Zulma.

 

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