Les jardins d'Hélène

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Il ne fait jamais noir en ville - Marie-Sabine Roger

22 Juillet 2010, 10:51am

Publié par Laure

jamais-noir-en-ville.jpgIl ne fait jamais noir en ville est un recueil de 10 nouvelles qui séduisent le lecteur autant qu’elles le touchent ou le surprennent. Alors oui ce sont des nouvelles à chutes, mais des chutes que pour ma part j’ai accueillies avec surprise, étonnement parfois, et le sourire de la lectrice séduite. Des nouvelles qui n’ont rien d’exceptionnel, des textes simples, mais qui disent combien on peut changer dans la vie, coller à une image et se révéler autre (La loi de Murphy, Il ne fait jamais noir en ville), combien la vie est triste parfois et que l’on cache aussi ses peines et ses souffrances (La parenthèse, Sans blessure apparente, Ce soir, c’est fête, Tout va bien), mais l’écriture de Marie-Sabine Roger a la vertu de l’adoucir tout en dévoilant cet intime. Il y a quelque chose d’apaisant dans ces nouvelles (sauf ce bon Monsieur Mesnard, un peu flippante quand même !). Il serait dommage de s’en priver.

 

Merci à S*** qui me l’a offert pour mon anniversaire !

 

Lu aussi par Antigone, Cathulu , Clarabel, ...

 

Editions Thierry Magnier, mai 2010, 105 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : © Mathieu Desailly et éd. Th. Magnier

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Allumer le chat - Barbara Constantine

17 Juillet 2010, 15:29pm

Publié par Laure

allumer-le-chat.jpgLe chat Bastos est la cible du bougon Raymond, qui n’a cesse de l’allumer au fusil à chaque fois qu’il le voit passer, mais chat malin et papi maladroit = chat 1 – papi 0.

Le début de ce court roman, composé de 70 très courts chapitres écrits dans un style très oral, est plutôt marrant. Personnages bien posés, qui ont un sacré caractère, et la sauce prend très vite. Mais sous ces apparents débordements d’humour se (dé)tisse une réalité de « pauvres gens », frappadingues un peu, perdus beaucoup, miséreux sûrement, et à force de charger la mule en situations embrouillées, ne sachant plus trop si c’est juste du n’importe quoi délirant ou une façon devenue trop lourde de montrer qu’avec de bons sentiments on peut être heureux, je me suis perdue en route.

Un roman léger à ne pas prendre au sérieux, mais qui en fait décidément trop. Vite lu, me suis ennuyée aux deux tiers, l’ai fini l’esprit ailleurs, et l’ai déjà oublié. Finalement, il aurait gagné à plus de sobriété.

 

Multiples avis enthousiastes ou très mitigés, un peu partout sur la blogosphère, un éventail de ce reflet à voir sur le Biblioblog notamment.

 

Points n° 1992, septembre 2008, 260 pages, prix : 7 €

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Crédit photo couverture : © R.Gollmer et Design Pics / Plainpicture / éd. Points.

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Désordre et sentiments - Anna Gavalda

17 Juin 2010, 10:40am

Publié par Laure

Désordre et sentiments est une courte nouvelle d’Anna Gavalda récemment offerte aux adhérents du club de vente de livres France Loisirs, pour un achat autre dans le catalogue.

Elle fait 71 pages d’un format haut comme trois pommes, plus petit qu’un poche. Le livre est illustré par Muriel Bouret. Pas de résumé sur la 4ème de couv, mais un petit mot complice de l’auteur, qui dédie ce livre à ses lecteurs, et à sa sœur.

 

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Quid de l’histoire : deux sœurs, dont l’une est mariée –casée – avec enfants etc, se retrouvent au commissariat au milieu des ivrognes et travestis du bois de Boulogne. Comment sont elles arrivées là, complètement « chargées » (alcool, shit, ..) prises en flag en train de taguer une vitrine d’un magasin Hugo Boss ? Il y aurait bien du chagrin d’amour là-dessous, et de l’amour tout court entre deux sœurs !

Comme toujours chez Gavalda, c’est un récit bonbon, un p’tit texte plein de bons sentiments qui à la fin vous fait normalement un bien fou et sourire jusqu’aux oreilles. Et pis c’est plein de références à la mode : Jane Austen hante les pages, le titre de la nouvelle n’est d’ailleurs pas un hasard ! Pourtant, je n’ai qu’à moitié adhéré, hérissée par le style et l’écriture : à force d’écrire « comme j’te cause », avec des « couilles » et des « roubignolles » toutes les 3 lignes (quelle obsession Anna ?!), des anglicismes et des mots d’argot partout, même si on ne vise pas le prix Nobel de Littérature, on aimerait quand même un minimum de « mieux écrit », quoi…

 

Je vous laisse avec un extrait :

p. 18-21 : « Ah, oui, pardon… les copines… Le truc, c’est que dans les feuilletons américains genre Sex and the City et toutes ces fadaises, les filles entre elles ne parlent que de garçons, mais aussi de leurs mères, de leur patron, de leurs collègues et de leurs régimes. Bon. Nous aussi. Nous ne faisons pas mieux et nous ne buvons pas moins. Seulement j’ai la faiblesse de croire que notre curseur est toujours un cran au-dessus du leur.

Nos lignes de mire sont moins précises et plus réfléchissantes. Ce que nous visons est souvent trop loin, trop flou et ce que nous manquons nous renvoie, hélas, toujours à nous-mêmes… Euh…je…je sens bien que je ne suis pas très claire, là… C’est quoi exactement la différence entre la bande de Jessica Parker Bidule et nos pommes ? Question grossièretés, question causticité, question mauvaise foi, piques, banderilles et toute l’armurerie lourde, il est probable que nous les niquions à plate couture vu que le politiquement correct, ça nous a toujours bien gavées (la preuve… sinon, nous ne serions pas en train de nous pelotonner contre la moumoute en léopard de synthèse de La Grande Sergueï à l’heure qu’il est…), mais pour le reste, je veux dire pour le fond, pardon mesdemoiselles les pissouzes, pardon, nous dominons. […] Car nous ne cancanons pas après les  garçons, nous, nous parlons d’Amour. Contrairement à vos gloussements peroxydés et maintes fois reprogrammés, nous ne nous demandons jamais de « détails » par exemple. Et qu’est-ce qu’il t’a fait ? Et comment il t’a prise ? Et la taille de sa … Ttt ttt, arrière, petites colons, pas de ça chez nous. […] Ma sœur et moi, nous nous connaissons par cœur, nous n’avons aucun secret l’une pour l’autre, nous nous sommes emballées pour des tocards et nous avons pleuré de grands princes ensemble, mais nous n’avons jamais parlé de cul à corps ouverts. (Là, me connaissant, je pourrais me mettre sur les pointes et tenter une petite entrechattes du genre : Bon, c’est vrai que l’engin de Machin, vu le bazar que c’était, euh… Elle m’a quand même esquissé  un geste, un écartement de pêcheur marseillais… Mais non, je ne peux même pas vous l’arracher ce sourire-là. Le braquemart en question, elle se l’est gardée pour elle toute seule…) (Soupir). »

 

Désolée Anna, mais la taille du braquemart du tocard de la sœur pissouze niquée par le vomi de thon-maïs du bituré au gros rouge, à cul ou à corps ouvert, même avec humour, moi ça m’a gavée. On a acheté un SAS à la gare là ou quoi ?

 

(y en a qui perdent pas le Nord, il est déjà aux enchères sur Ebay à 5 euros)

 

Lu aussi par Evie,

 

(Et dire que l’autre jour pour patienter à l’hôpital alors que le chirurgien avait du retard, j’ai proposé ce bouquin à ma fille – quoi, y a plein de nénettes de 14 ans qui lisent Gavalda à la bib –  c’est le seul que j’avais dans mon sac, je l’avais pas lu, je lui demande hier : c’était bien le bouquin de Gavalda ? Réponse : mouais bof, non, j’ai pas dû tout comprendre…

 

France Loisirs, juin 2010, 71 pages, hors commerce.

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Crédit photo couverture : ©Muriel Bouret et éd. France Loisirs.

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Mes petites morts - Elsa Fottorino

14 Mai 2010, 07:53am

Publié par Laure

mes-petites-morts.jpgAnna est très proche de sa sœur Sarah, mais maintenant que celle-ci est enceinte et sur le point d’emménager dans un nouvel appartement avec son amoureux, il est temps pour Anna de s’éloigner. Elle a choisi l’Irlande, elle ne sait pas trop pourquoi : « Cork était « une ville de brouillards ». C’est à Sarah que je laissais la lumière, on ne pouvait pas toujours tout partager ».

Marek, de son côté, quitte Prague pour Cork lui aussi. Le lecteur sait qu’il est malade, et qu’il n’en a sans doute pas pour longtemps à vivre. Anna et Marek vont tomber amoureux, mais Marek voudra la protéger en gardant le silence sur la réalité. Comme il semble vouloir demeurer un amoureux transi perpétuellement indécis, Anna va se rapprocher d’Otto, bien que ce ne soit pas lui qu’elle aime …

Court roman sur le très classique triangle amoureux. Bien sûr vous n’aurez pas manqué de relever qu’Elsa Fottorino est fille de (Eric Fottorino) et l’on peut imaginer que cela aide pour faire éditer son premier roman, à tout juste 23 ans. Alors qu’en est-il vraiment de ce premier roman ? L’écriture est classique, sobre, extrêmement soignée, classieuse.  Pour ma part, c’est un point fort (Solenn, elle, la trouve trop travaillée et trop rigide), mais cela ne me semblait pas suffisamment pour combler l’aspect trop creux et trop lisse du récit. C’est beau oui, mais un peu vide quand même. Et puis j’ai trouvé cette histoire de plus en plus profonde au fil du texte, j’ai beaucoup aimé le rapprochement des deux sœurs lors d’une visite à Paris, permettant de rompre un peu avec l’enfermement amoureux, et de souligner les priorités, alors que Sarah va mal : « J’étais hantée par la manière indigne avec laquelle je m’étais trompée de priorité. Marek et Otto s’éloignaient peu à peu de mes pensées. » (p.109)

A partir de là, tout semble gagner en maturité, et la fin qu’on imagine arrive presque trop vite. J’ai changé d’avis en cours de lecture, m’y suis davantage attachée, et trouvé finalement bien beau ce petit roman. Quelques faiblesses de jeunesse peut-être, mais un beau texte tout de même. Non, il ne faudrait jamais avoir peur en amour.

p. 145 : « Je me suis souvent demandé s’il existait un seuil au-delà de l’intolérable. Je sais maintenant qu’il existe et que c’est la vie elle-même. »

 

Rien à voir mais j’ai souri à la lecture de cette phrase, qui n’a rien d’original mais qui colle à la perfection à une situation qui m’est familière en ce moment : « Pire arme que le mépris était l’indifférence » (p.83)

 

Flammarion – janvier 2010 – 147 pages – prix : 13 €

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Crédit photo couverture : © Ed. Flammarion

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Le voisin - Tatiana de Rosnay

25 Avril 2010, 16:21pm

Publié par Laure

le-voisin.jpgColombe Barou emménage dans un nouvel appartement avec ses jumeaux adolescents, et son mari Stéphane, souvent absent pour son travail. Colombe mène une vie ordinaire, elle travaille dans une maison d’édition en tant que nègre (ghost writer), ainsi elle écrit des mémoires de stars et autres biographies mais son propre nom n’apparaît jamais.  Une femme de l’ombre, discrète.

Alors qu’elle pense avoir trouvé un nouveau cocon paisible pour abriter sa famille, Colombe est réveillée toutes les nuits, à 3h pile du matin, par la musique rock que met à fond son voisin du dessus… Pourtant, quand elle tente d’en savoir plus sur cet inconnu qui perturbe ses nuits, tous les habitants de l’immeuble sont unanimes et ne tarissent pas d’éloges à l’égard de Léonard Faucleroy, médecin reconnu, divorcé solitaire sans histoire,  tellement dévoué à son travail qu’on le voit à peine dans l’immeuble.

Et effet, Léonard Faucleroy est physiquement absent du roman quasi tout le temps, mais quelle omniprésence dans la vie de Colombe ! Elle en perd le sommeil et la joie de vivre, ne vit plus que dans l’ombre d’elle-même, toujours à deux doigts de la panique .

Tatiana a l’art de nous embarquer dans un thriller de plus en plus angoissant, où l’on ne cesse de se demander si son voisin du dessus est un vrai fou dangereux ou si c’est cette pauvre Colombe qui perd les pédales … l’ambiance est réellement stressante, j’avoue, sur la fin il m’a fallu faire une pause, la tension montait autant que l’envie de connaître le dénouement, mais ça devenait vraiment flippant !

J’ai passé un très bon moment avec ce roman !

Les changements qui en résulteront dans la vie de Colombe passent peut-être par des raccourcis un peu rapides (sans dévoiler l’histoire, tout ce qui est lié au couple qu’elle forme avec Stéphane), qui auraient mérité d’être davantage développés, mais Léonard prend toute la place, et c’est ce qui fait le cœur de l’intrigue !

On ne sera pas étonné de quelques éléments surprenants tels que les sauvegardes informatiques sur disquette (on peine réellement en 2010 à trouver des ordinateurs encore capables de lire des disquettes) ou les allusions aux lires italiennes et autres deutsche Mark, car ce roman a été publié pour la première fois en 2000 chez Plon. Epuisé depuis plus de 5 ans, il a été réédité par la maison d’édition désormais « historique » de Tatiana, Héloïse d’Ormesson.

Merci à toi Tatiana ! , et félicitations pour ce succès - mérité- qu'on n'arrête plus !

 

Ed. Héloïse d’Ormesson, avril 2010, 235 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : © Gary Issac / Photonica / Getty Images / et éd. EHO

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Myrtille - Hugo Lamarck

24 Avril 2010, 21:12pm

Publié par Laure

myrtille.jpgEtonnant petit roman, court, mais si séduisant !

Myrtille, la trentaine, est une jeune femme un peu espiègle, qui aime se promener au Parc Monceau, où elle rencontre un curieux personnage caché derrière un masque d’oiseau, et qui fait parier les passants sur l’envol de son couple d’inséparables, homme masqué qui ne cessera de l’intriguer. Myrtille aime Angelo mais ne veut pas se donner à lui… Myrtille s’interroge sur un livre mystérieux signé Thomas Déquatre...

Surprenant, charmeur, drôle et fantaisiste, ce roman est à l’image de ces petites baies sauvages sucrées et acidulées, une gourmandise qu’on savoure le sourire aux lèvres du début à la fin. C’est doucement fantasque et malicieux, un brin poétique, et assurément réussi : Myrtille pioche dans sa boîte à mots comme l’auteur joue lui aussi avec les phrases sans que jamais ce soit lourd ou artificiel, non, juste pétillant et délicieux ! Rempli de clins d’œil que saisiront les amoureux des livres et de l’écriture, c’est un serpent qui se mord la queue bouclant joliment la boucle : comme Myrtille et son livre, vous aurez envie de passer ce Myrtille à vos amis et à vos voisins !

« si ce livre est arrivé jusqu’à toi et toi jusqu’à moi ce n’est pas le fruit du hasard. Myrtille »

 sur la page de l'éditeur : clic !

Galaade éditions, avril 2010, 150 pages, prix : 12,90 €

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Crédit photo couverture : Mathilde Sébastien, Illustration : © Lorgan / Getty Images pour les éditions Galaade.

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Un écart de conduite - Michèle Halberstadt

3 Avril 2010, 10:08am

Publié par Laure

ecart-de-conduite.jpgEn 1974, Laure, 19 ans, est arrêtée pour trafic de drogues. Comme elle refuse de dénoncer les commanditaires, elle écope de six ans de prison, à la maison d’arrêt de Pau. Déjà seule dans la vie, elle n’a plus que son grand-père Dada pour prendre soin d’elle via les visites au parloir.

Un grand-père qui trouve insupportable cette condamnation pour ce qui n’est au fond qu’une erreur de jeunesse, un écart de conduite, et qui trouve la sentence bien lourde. Il organise alors son évasion et sa nouvelle vie.

Je suis restée extérieure à ce court roman, très bref, trop bref. J’ai eu le sentiment constant de lire un résumé de roman, tout va trop vite, et si tout est dit, rien n’est approfondi. Je n’ai pas eu le temps d’être touchée par les personnages. Quant à l’intrigue, sans vouloir trop en dévoiler, c’est une fable, un conte de fées amer mais où tout toujours se déroule parfaitement, simplement, rapidement, et comme prévu. Question réalisme : zéro. Parce qu’une évasion, un changement d’identité, des faux papiers, une nouvelle vie, tout ça aussi facilement et sans anicroches, ce n’est guère imaginable. Sans doute parce que le propos du livre n’est pas là, mais dans la solitude et la cassure irrémédiable de Laure. Doit-on payer toute sa vie ce qui n’était somme toute qu’une bêtise de jeunesse ? Certes l’évasion n’était pas maligne et n’a fait que conforter l’intranquillité, certes tout se passe toujours bien jusqu’à la fin, grâce à l’intervention toujours miraculeuse de gentils personnages, mais « on ne change pas brutalement de trajectoire. Elle avait pris des habitudes. Le secret, le remords, la solitude, la peur. C’était de vieux compagnons. Elle les avait apprivoisés. Elle ne saurait plus vivre sans eux. », car là est bien le sujet du livre.

Je reste partagée sur ce roman, entre la relation grand-père / petite-fille que je trouve très belle, et la brièveté du propos, trop synthétique, qui ne m’a pas permis de m’installer vraiment dans l’histoire. J’aurais réellement aimé en lire plus.

 

SP mis en don à la bibliothèque.

 

Albin Michel, Avril 2010, 138 pages, prix : 12,50 €

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Crédit photo couverture : © Mark Owen / Plainpicture / Arcangel et éd. Albin Michel

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Attendre – Sandrine Roudeix

10 Mars 2010, 22:29pm

Publié par Laure

 

Lola, 16 ans, attend dans un café la venue de son père qu’elle n’a jamais vu. Du genre envolé à sa naissance. Elle lui a envoyé ce simple texto : « Je suis votre fille. Si vous avez envie de me voir, je vous attendrai demain à dix-huit heures au Zinc » et espère qu’il y répondra par sa présence.

L’auteur a construit son roman en trois parties clairement annoncées : Elle donne d’abord sa voix à Lola, 16 ans, 1er mai 2009, à la recherche de son père, puis elle donne la parole à sa mère, Marie, quatre plus tôt, le 30 avril 2005, pour finir par le père, Pierre, 12 ans plus tôt encore, le 1er mai 1993, à la naissance de sa fille, alors qu’il n’avait lui-même que 17 ans.

Que s’est-il réellement passé dans l’esprit de chacun et dans leurs relations ?

Attendre est un premier roman que j’aurais aimé aimer. (Parce que le roman est arrivé dans ma boîte aux lettres, dédicacé à mon nom, alors que je ne connais personne chez Flammarion. Je fais bien quelques supputations de liens mais voilà, c’est toujours une bonne surprise). Parce que le thème me semblait intéressant, et si la construction n’est pas particulièrement nouvelle, elle me semblait prometteuse d’explorations intérieures différentes. Alors dommage, car pour moi il y a quand même du bon dans ce premier roman, notamment dans la voix du père, qui me semble être la partie la plus aboutie, la mieux travaillée, la plus réaliste en tout cas, et la plus émouvante aussi. Mais il y a aussi beaucoup de maladresses. Un tic de langage qui m’a vite insupporté : l’auteur use et abuse des comparaisons, ok, mais des comparaisons souvent étranges et à mon avis totalement inutiles. Passe encore qu’elle les attribue à un personnage, mais aux trois, qui sont censés user de voix différentes, ça ne passe plus.

Exemple :

p. 33 « Un souffle chaud vient cogner sur mes joues comme un fumet de gambas flambées » (quand son père lui parle, je ne vois pas le rapport avec les gambas)

p. 34 « je vois passer dans ton regard une émotion fugace comme un effluve de cigarette » (la cigarette est un truc qui pue longtemps non ? alors émotion fugace...enfin ça c’est ma réaction de non-fumeuse !)

p. 35 « Tes paroles tombent, mal, dans mes oreilles, mais je me reprends et essaie de les évacuer comme l’eau trouble dans une baignoire qu’on vient d’utiliser » (là encore, j’ai du mal avec l’association paroles douloureuses et bain à vider mais ça doit être moi…il est si sale que ça votre bain à vous ? oui je sais les produits cosmétiques machin tout ça c’est pas de la crasse ! et il se vide si mal que vous ne pouvez qu’essayer d’évacuer l’eau sans être sûr d’y parvenir ?)

p. 38 « Tu es bourré, visiblement alcoolique avec tes petites veines explosées sur le visage comme des vers rouges dégueulasses » (oui ça c’est vraiment dégueulasse comme comparaison, on est d’accord, mais les vers, ça bouge, ça grouille, ça remue, la couperose, non)

p. 39 « Alors je laisse tes questions glisser sur moi comme sur le capot huileux de la vieille Clio de maman. » (Vous laissez glisser beaucoup de choses sur le capot de votre voiture vous ? et pourquoi huileux ? crasseux sans doute, mais pas huileux, il ne pleut pas de l’huile dehors, même par chez moi)

p. 44 « Mais j’avais le ventre chiffonné comme un vieux chemisier… » (on ne parle pas de vergetures hein mais de malaise intérieur)

p. 45 « Tandis que j’essuie une goutte de transpiration sur mon front comme sur une vitre sale… »

p. 48 « alors que les étoiles brillaient encore dans le ciel comme des petites mains d’enfant »

p. 50 « Une mère habillée en jean et chemisier blanc avec un serre-tête épais en velours bleu marine traîne un bébé comme un Caddie derrière elle »

p. 51 « Tout s’est enchaîné comme dans un poème sans virgule, … »

 

Etc. etc. A la relecture comme ça, ça ne choque presque plus, mais sur le moment, je les ai trouvées trop nombreuses, trop rapprochées, trop lourdes, trop « cliché », ces comparaisons, et surtout, inutiles.

La deuxième partie se passe presque totalement dans la voiture de la mère, quand Lola avait 12 ans, à la sortie du collège. Sa mère passe la chercher pour lui dire enfin la vérité sur son père, lui ouvre la portière avant de la voiture, fait basculer le siège pour qu’elle puisse aller s’asseoir derrière (apparemment c’est une Clio 3 portes et non 5), et toute la discussion va avoir lieu la mère à moitié retournée sur son siège conducteur et la fille sagement assise à l’arrière. A 12 ans ??? Laissez-moi rire. Vous savez à quoi ressemble une enfant de 12 ans ? Vous savez que les enfants ont le droit de s’asseoir sur le siège passager AVANT dès 10 ans ? Vous savez que je n’ai jamais vu aucun enfant en âge de monter DEVANT aller s’asseoir derrière quand la place de devant est libre ? Et pourtant, j’en vois beaucoup des collégiens descendre des voitures tous les matins ! Est-ce volontaire, cette invraisemblance totale, pour je ne sais pas moi, infantiliser sa fille ? Remarquez, quitte à parler dans une voiture, espace clos, autant coincer la gamine derrière, sans portières par où elle pourrait s’enfuir. C’est peut-être ça l’astuce ?

Ah si, un dernier truc dans la troisième partie que je trouvais pourtant meilleure : à la naissance, Lola pesait 3,6 kg  (beau bébé donc) et mesurait 59 cm. Oui, 59 cm. La moyenne va plutôt de 48 à 52 cm, même mes maousses de 3,9 kg ne faisaient que 52 cm, alors wouah, Lola, superbe bébé géant, taille 3 mois à l’accouchement.

Allons, c’est pas sérieux tout ça.

(Et c’est bien dommage…)

 


Flammarion, mars 2010, 122 pages, prix : 14 €,

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Crédit photo couverture : éd. Flammarion

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Le baby-sitter - Jean-Philippe Blondel (+ l'histoire d'une rencontre)

10 Février 2010, 17:52pm

Publié par Laure

baby-sitter.jpgAlex, étudiant en anglais de 19 ans, a du mal à boucler ses fins de mois et à remplir son frigo. Il ne veut pas demander davantage d’aide à sa mère, et se décide à chercher un job. Cours de langue, fast-food, … quand excédé par les pleurs du bébé à l’étage au-dessus, il se dit tiens, baby-sitter, pourquoi pas… Il dépose sa petite-annonce à la boulangerie, et Mélanie, la boulangère, l’embauche immédiatement pour garder ses enfants un samedi soir. Elle va lui faire une pub d’enfer, et il va vite être demandé par de nombreuses familles.

Ainsi commence l’histoire d’Alex, et des rencontres qu’il va faire, rencontres qui vont s’entrecroiser et l’aider à se construire. Rassurez-vous, on ne va pas vous parler de couches et jeux de société pour occuper les mômes, car très vite, Alex va surtout devenir le baby-sitter des parents, pas physiquement évidemment, mais en tant que confident attentif. Problèmes de couples, solitude, difficultés, Alex va sans vraiment le vouloir aider ces familles, tout comme en retour ces gens l’aideront à « grandir ». La galerie de personnages qui gravitent autour d’Alex est variée et bien creusée, ces hommes et ces femmes ont une vraie profondeur. Un personnage en particulier va prendre une place importante dans la vie d’Alex (et donc dans le roman), c’est celui de Marc, en souffrance depuis le départ de sa femme mutée à 200 km, et qui se retrouve seul avec ses deux fillettes, son épouse ne rentrant que le week-end.

Je n’en dis pas plus, sinon que la fin est très bien construite également, positive, rendant sa voix à chaque personnage, et donnant à Alex une maturité nouvelle.

 

J’ai lu ce livre il y a un moment déjà, et je n’ai pas souhaité en parler avant. De même vous remarquerez que finalement je n’en fais qu’un résumé sans vous dire vraiment pourquoi je l’ai aimé. Parce que les résonances en moi sont difficiles à expliquer, parce que ce que Blondel réussit à merveille et il le sait, c’est cette observation fine des gens, de leurs failles et de leurs joies aussi. Il a le regard juste pour traduire ce quotidien en apparence banal, ces vies ordinaires qui quand on lève un peu le voile sont bien plus riches qu’on ne l’imaginait.

Blondel s’inscrit aujourd’hui dans une littérature contemporaine comme je l’aime : la vie quotidienne telle qu’elle est, et quand on vous parle des autres, on ne vous parle jamais au fond que de vous-même. Un roman sensible et humain, qui finit bien, mais qui réussit aussi à vous filer un sacré coup de blues au passage.

 

p. 111 : « Tu verras, toi aussi. C’est difficile de tout tenir en même temps. Alors, l’amour, tu sais… Les sentiments, ce n’est plus une priorité. La priorité, c’est suivre le rythme. Ma soupape de sécurité, tu vois, c’est les romans. Les histoires des autres. Et puis le baby-sitting. Pendant l’espace d’une soirée, tu peux te faire croire que tu vis une vie sympa et enrichissante. Faite de petits restaus et de balades sur la plage, main dans la main. Sauf qu’il n’y a pas de plage et que je déteste qu’on me prenne la main […] »

 

p. 176. : « Les vieux, c’est comme les animaux domestiques au bout d’un moment. Soit on les laisse dans leur chenil, mais on culpabilise tout l’été, soit on les emmène avec soi et ça tourne au pugilat. Alex avait proposé de les abandonner sur une aire d’autoroute ou le long d’une nationale. Ils en avaient ri tous les deux. »

 

p. 181 : « Le toubib m’a dit en riant qu’une des façons d’en guérir, c’est d’écrire des romans. La fiction sur papier, c’est inoffensif. Et ça permet tous les excès. »

 

Editions Buchet-Chastel, janvier 2010, 297 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : © Getty Images / Zia Soleil et éd. Buchet-Chastel

 



Il y a eu le livre donc, puis il y a eu la rencontre. Le lundi 08 février, je recevais Jean-Philippe Blondel à la bibliothèque, pour une rencontre avec les lecteurs et un échange autour du baby-sitter.

Plus qu’une rencontre professionnelle, c’était aussi une rencontre amicale. Jean-Philippe intervenant sur deux journées dans le département auprès des collégiens pour le prix des lecteurs 13-16 ans pour Au rebond, il m’a fait la gentillesse de faire un détour par chez nous.

Ce que je retiendrai d’abord de cette rencontre, c’est la formidable complicité délirante qui s’est formée entre JBA et JPB. Contrairement aux faits divers habituels, ici les noms et prénoms des victimes sont authentiques, mais pour la rapidité du clavier, nous les raccourcirons en JBA et JPB, le premier étant mon fils de 15 ans, le second étant l’auteur du Baby-sitter. Ces deux-là se sont d’emblée entendus comme larrons en foire. Il faut dire que le JPB a de la bouteille en tant que prof de lycée, et les ados, il connaît, il sait leur parler. Passées quelques considérations lycéennes, ils ont parlé d’art. Eh oui, Ah oui, tout arrive. Car il se trouve qu’à côté de la bibli à ce moment-là, nous avions une expo (pardon Yves, pour tout ce qui va suivre, je jure que j’ai fait mon possible, mais ils ont eu le dessus !) et que JBA a eu envie de la faire visiter à JPB. Et puis JPB a été très très fort aussi, car il a réussi à faire venir le JBA (15 ans, je vous le rappelle) à l’animation littéraire organisée par sa mère un soir à son boulot, pensez donc, incredible ! Et à partir de là, croyez-moi, ils n’ont cessé de délirer toute la soirée autour de maisons et de rouges-gorges, de se lancer des jokes en pleine conversation avec le public sur le baby-sitter, et moi, de tout cela, je garde le souvenir d'avoir ri comme je ne l'avais pas fait depuis longtemps. C’était une telle obsession pour eux cette expo, que le lendemain matin, ils ont envisagé une expérience d’art brut sur les murs de ma cuisine, avec le reste des spaghettis trop cuits de la veille. Et puis le matin juste avant de déposer le JBA au lycée et le JPB à la gare, ce dernier rappelait au premier de ne pas oublier de faire son devoir (oui n’oubliez pas que JPB est d’abord prof !) : JBA doit donc rendre un dessin comprenant obligatoirement une maison et un rouge-gorge. Comme c’est aussi optionnel que l’anglais comme matière (JBA considère qu’en dehors de la physique-chimie qu’il idolâtre, tout est optionnel), il n’a pas été trop dur sur le délai : JBA y réfléchira donc pendant les vacances.

Et comme nos deux compères étaient vraiment en pleine forme, ils ont même signé le livre d’or de l’expo :

 


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Ce matin dans la boîte mail professionnelle, je trouvais un mot gentil d’une lectrice qui me disait merci et bravo pour cette rencontre très agréable. De mon côté, je garde quelques livres dédicacés, et le sourire à cette phrase de Mosquito lorsque je suis rentrée seule mardi soir : « ben il est pas là Jean-Philippe ? » - Ben non, tu sais bien que c’était juste une visite à la bibli !

 

De son côté, JPB est reparti avec les traditionnels cadeaux que j’essaie de faire à mes invités : bah non j’allais pas lui fourguer un pot de rillettes ou un plan du circuit des 24h, alors comme Alex, personnage du roman, aime les blocs-notes, je lui en ai offert quelques uns :

 

 

extrait bloc ben 

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Et puis cette dernière photo est nulle mais je l’adore, car JBA, au lieu de tenir soigneusement la caisse des dédicaces, est plié en deux de rire car JPB est en train de lui raconter une histoire de maison. Oui, encore.


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Et comme JPB est poli et bien élevé, il ne vous dira pas que chez moi c’est un bazar innommable, qu’il y a des livres qui traînent partout (pas que des livres, mais bon, hein), que j’achète mes enfants à coup de Leffe et que Mosquito ne dort jamais avant 23h30 (bon n’appelez pas la DASS tout de suite non plus, ce n’est pas l’entière réalité), que le chat est complètement barré et l’a emm... toute la nuit, que j’héberge aussi de jolies blondes qui disent à peine trois mots de français mais à qui je fais quand même visiter la Tour Eiffel, …mais moi je vous le dis, un jour ça risque fort de me retomber sur le coin du nez tout ça : je ne suis pas certaine d’oser acheter les prochains romans de Jean-Philippe Blondel, je risquerais d’y trouver du vécu !

 

 

PS : oui bien sûr en aparté on a aussi parlé des blogs, mais de façon sérieuse et instructive : c’est intéressant (et juste !) le point de vue d’un auteur sur les relations éditeurs / blogosphère. Réfléchissez deux minutes : vous en voyez beaucoup vous, des éditeurs de littérature (pour n’en citer que quelques uns : Minuit, P.O.L, Actes Sud, Joëlle Losfeld, Gallimard, …) qui inondent la blogo de leurs SP ? Non, pour l’arrosage en masse, vous voyez plein d’autres maisons, mais pas celles-ci. Concluez ce que vous voulez, vous êtes assez grands pour le faire … (PS : ce n’est aucunement un jugement, juste un constat !)

 

Merci à toi, JPB, pour cette belle et sympathique rencontre.

Quant à toi JBA, tu ne me lis pas, mais je te rappellerai quand même que tu as un dessin à rendre.

JBA et JPB sont officiellement devenus Grands Copains des Zarts le 08 février 2010.

 

Et pour finir sur une note littéraire, nous avons profité de la rencontre avec le public pour reparler d’un coup de cœur commun : Anne, nous aimons votre livre !

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Bonheur fantôme - Anne Percin

31 Janvier 2010, 19:00pm

Publié par Laure

bonheur fantome« Chacun a ses fantômes. Plus ou moins gênants, plus ou moins envahissants, plus ou moins agréables à croiser. Je suis loin d'être le seul, chacun cache le sien qui finit par se trahir si on y regarde bien. » (p.176).


Parfois lors d'une lecture, sans que l'on sache vraiment pourquoi, une alchimie parfaite se forme entre le texte et le lecteur. J'ai aimé plus que tout cette lecture, j'ai eu envie de la faire durer, j'ai envie de la prolonger, en retrouvant le personnage (10 ans plus jeune) dans un roman précédent, Point de côté, chez Thierry Magnier en 2006. Bonheur fantôme est le premier roman d'Anne Percin en littérature générale (dite « adultes » chez nous les bibliothécaires) mais elle a déjà publié quelques livres en jeunesse.


Pierre, 28 ans, quitte tout sur un coup de tête, son job, ses amis, son amour, Paris, pour aller s'enterrer au fin fond de la Sarthe, dans une vieille maison achetée une bouchée de pain en bord de route, quelque part du côté de la Flèche. L'auteur a beau dire dans une interview ne pas connaître la Sarthe, elle la décrit très bien, cette campagne où je vis, et je les visualise bien, ces maisons et ces vieux voisins... Sans doute parce qu'au final la vie rurale est un peu partout la même ?

Pierre s'installe et pour tenter de vivre à peu près, fait des brocantes, et sympathise avec le cafetier du coin, et Paulette, sa voisine. Mais Pierre n'oublie pas ses premières amours, la philosophie, la thèse ébauchée sur Simone Weil, et surtout son projet d'écrire la biographie de Rosa Bonheur, artiste peintre du XIXème un brin oubliée, avec qui il se sent des affinités particulières.

Au fil du texte et de la mélancolie (qui n'a pourtant rien de triste, il y a des scènes très drôles : ah le dépeçage du lapin !! inoubliable !), ce sont comme plusieurs petites histoires qui se recoupent pour n'en reconstruire plus qu'une, celle de Pierre, et des siens.

Roman d'amour et d'écriture, profondément ancré dans la vie comme je les aime, Bonheur fantôme est un bijou à garder précieusement, tout en humanité et sensibilité, avec un voile de pudeur qui lui fait honneur.


Mon premier vrai coup de cœur de l'année.


p.134 : « Et comme je ne sais pas encore hurler, je tâche de transformer ce bruit en mots. J'essaie d'écrire, c'est tout ce que j'ai. Mais écrire, ce n'est pas oublier. Écrire ne console pas, écrire ne ment pas. Écrire, c'est vivre, vivre, vivre, c'est exister encore plus, encore plus fort, et la souffrance, loin de s'effondrer, monte en puissance dans les poumons de mots et crie de toutes ses forces. »


p. 158. « Quand je respire à fond, mes narines sont saturées de l'odeur des vieux livres. Je respire le dix-neuvième siècle. J'ai l'impression d'être dans une boule qu'on retourne, où tombe une neige synthétique.

C'est une drôle de bulle, un drôle d'univers. J'ai créé autour de moi un rempart fait de ruines, avec fortifications littéraires, fondations enfantines, tour de guet philosophique, meurtrières ironiques. Bien malin qui m'en délogera. Je suis bien parti pour finir vieux garçon, finalement. Ou fou, comme Adèle Hugo. Quand je reconnais chez elle certains symptômes, je referme le livre précipitamment. Imagination délirante, sentimentalisme exacerbé, sensibilité maladive, pressentiment d'une destinée d'exception et, à l'égard du frère ou de la sœur perdus, un mélange oppressant de culpabilité et de rancune... En plus, elle aimait passionnément la musique. Encore une victime du piano. C'est un instrument dangereux, comme un amant terrible. »


Il en parle très bien et renvoie vers d'autres liens : le billet d'ICB

Edit du 01/02 : et comment avais-je pu manquer ça, chez Laurent toujours ? !!


Rouergue, collection La Brune, août 2009, 219 pages, prix : 16,50 €

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Crédit photo couverture : Franck Secka et Christophe Paquet, éd. Du Rouergue.

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