Les morues - Titiou Lecoq
« C'est l'histoire des Morues, trois filles et un garçon, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes
amoureuses et professionnelles. » Cette première phrase issue de la quatrième de couverture résume bien le livre. Ema assiste à l'enterrement de Charlotte, son ex meilleure amie qui
s'est suicidée. Elle peine à croire à la thèse du suicide, et va se pencher sur l'enquête journalistique que menait Charlotte : un projet sur la RGPP, la réforme générale des politiques
publiques, notamment ici dans le domaine des musées. Prétexte plus que réel fil rouge du roman, cet aspect est malheureusement assez vite écarté (passées quelques idées prêtes à penser) pour
s'attarder davantage sur le mode de vie des Morues, la place d'Internet dans leur vie, leur branchitude parisienne et beaucoup de beuveries en cerises sur le gâteau.
Bon reflet d'une bande de trentenaires modernes qui se comportent en ados attardés, qui repoussent les responsabilités et flirtent avec un vide sentimental et un vide tout court. Ils se laissent porter, refusent d'assumer les conséquences de leurs actes, ont peur de s'engager, etc.
Roman écrit sans véritable style (à la va comme j'te cause) et aux propos parfois limite vulgaires, il s'inscrit par ce biais-là aussi dans ce concept « moderne » qui se voudrait reflet de la société. Il se révèle hélas un peu trop brouillon, trop de pistes soulevées ne trouvent pas la suite qu'elles méritent, un peu trop de confusion et de légèreté qui peut faire pencher la balance du côté de la superficialité. Ce n'est pas un grand roman, il se lit néanmoins très bien et sans prétention, mais il s'oublie tout aussi vite.
Au diable vauvert, août 2011, 472 pages, prix : 22 €
Existe en livre numérique (ePub, Kindle) au prix de 3,99 €, démarche éditoriale à souligner en ce qui concerne le prix.
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Crédit photo couverture : ©éd. Au diable vauvert
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Ce qui m'a attirée dans cet ouvrage,
c'est d'abord bien évidemment le titre, qui laisse entrevoir humour ou ironie (ce qui ne sera pas vraiment le cas !) Ce recueil de 7 nouvelles aborde l'amour qui en général ... finit mal. Dans
l'ensemble, je trouve la plupart des nouvelles un peu longues, au sens d'inutilement bavardes. Car ce qui est intéressant, c'est le moment où tout bascule, où la petite vie ordinaire prend un
chemin cruel ou dérangeant. J'ai particulièrement aimé la 2nde nouvelle « une journée classée rouge » où sur une aire d'autoroute un homme abandonne sa femme qui vient de lui
annoncer sa grossesse, et où le sort en décidera autrement encore (chut il ne faut pas tout dévoiler non plus!), ainsi que la 3ème nouvelle, « par une longue nuit de canicule »
où une femme tente de survivre à la perte de son enfant en s'investissant corps et âme dans une petite ferme bio, ce qui insupporte son homme. Très belle fin, touchante et sensible. Les autres
nouvelles ont davantage glissé sur moi, sans que la rencontre se produise réellement, y compris la dernière, que je trouve convenue dans sa manière de mettre en abyme la nouvelle à
écrire.