Les jardins d'Hélène

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Pension alimentaire - Eric Neuhoff

1 Septembre 2007, 16:34pm

Publié par Laure

pension-alimentaire.jpgLe narrateur est un éditeur de romans étrangers dans une grande maison, qui connaît bien ce petit monde germanopratin à l’ego démesuré dont la vie tourne autour des ragots de bistrots bien célèbres. Il divorce de sa deuxième épouse, Camille, à peu près au même moment qu’il perd son père. Mais ce qui est insupportable pour lui, plus encore que le manque de ses deux fils Oscar et Hector, c’est d’apprendre, deux ans plus tard, que leur mère vit avec son ex ami Pierre Maurin, un individu aussi vulgaire que peu fréquentable. L’essentiel du livre consiste d’ailleurs à dresser un portrait de ce quinqua qui travaille dans la pub, « Monsieur Vingt Briques Par Mois », un type imbu de lui-même, qui se moque de tout et de tous, et qui ne vit que par et pour l’alcool et la baise tarifée. Les vomissures et les boîtes à partouze, ça va on a compris, dommage que l’auteur soit aussi répétitif là-dessus. Une façon sans doute de montrer combien ce « gros porc » (il n’y a pas d’autre terme) n’a rien à faire dans la  vie de ses deux gamins. Qui dit divorce dit souvent relations conflictuelles avec l’ex, et pour un homme, il n’est souvent plus rien d’autre qu’un payeur de pension alimentaire. Prends les insultes en pleine poire mais n’oublie pas de payer le premier du mois. Les pages sur ce que ressent cet homme à la perte de ses enfants, sur la fin de son couple et sa solitude toute neuves sont rares, mais sonnent justes. Avant d’acheter ce livre, je ne sais plus où j’avais entendu que les propos de ce livre sont si caustiques et virulents qu’ils sont certainement authentiques. Alors autobiographique ou non ? A vrai dire peu importe, tant les mots personnels sont universels, quand il s’agit de dire la fin d’un amour et la douleur de voir ses enfants élevés ailleurs par une ex qu’on ne reconnaît plus. Je regrette simplement que ces pages excellentes soient rares, au profit d’une description toujours plus vile de cet ex ami qui le remplace. J’y vois une volonté  pour le narrateur dans ce portrait sordide et sans pitié une ultime volonté de ne pas sombrer, de ne pas devenir comme lui : pour un homme qui divorce, l’alcool et le sexe ne sont-ils pas des remèdes faciles aux désillusions de l’échec ?

Face à cet étalage de secrétions et débordements du corps, les propos du narrateur en souffrance n’en ont que plus de valeur. Dommage toutefois que la fin tombe un peu vite. On se surprend aussi souvent à penser qu’il y a une vie en dehors de ce parisianisme nombriliste, et sur ce point, le livre est agaçant. Et quand je lis tous ces verres aux Deux-Magots, chez Lipp ou à la Closerie (des Lilas), j’ai l’impression de lire le blog des 3 compères. Restons naïfs et feignons de croire que la littérature n’est que du plaisir donné au lecteur, et non des dégueulis d’huîtres au champagne trop chèrement payés pour caser untel à l’émission de tel autre, ou arracher tel poulain à l’éditeur voisin. Tiens, Neuhoff serait-il des trois ?

Donc, un livre sur le divorce, à condition de le lire entre les lignes !

 

p. 12 « On dit que les gens changent. C’est une façon de signifier que les maris se lassent de leur femme et vice versa. »

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Albin Michel, août 2007, 134 pages, prix : 12,50 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et Amazon.fr

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J'apprends - Brigitte Giraud

28 Août 2007, 17:07pm

Publié par Laure

j-apprends.jpgNadia apprend… Elle apprend à lire à l’école primaire, elle apprend la vie quotidienne et le racisme dans la cité, on la suit jusqu’au collège. On essaie aussi de comprendre pourquoi elle vit avec « celle qui n’est pas [sa] mère ». L’Algérie en ombre de fond… Souvenirs tout simples qui « parleront » bien aux 35-45 ans, j’ai souvent eu l’impression d’avoir fréquenté la même école qu’elle. Bel hommage soit dit en passant, à cet « ascenseur social » qui ici a bien rempli sa mission et d’éducation et d’épanouissement. Un texte simple régulièrement émaillé de petits poèmes, de ceux qu’on apprenait à l’école… Pourtant au bout d’un moment on s’en lasse un peu. Le charme n’opère plus. Mais en poche à petit prix, c’est une petite madeleine qu’on peut s’offrir sans hésiter.

 

Elles l’ont lu : Cuné,  Cathulu  et Clarabel ...

 

Stock, août 2005, 156 pages, prix : 15 €. Existe en poche (5 €)

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : Le livre de poche et Amazon.fr

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This is not a love song - Jean-Philippe Blondel

24 Août 2007, 03:22am

Publié par Laure

result.png D’emblée, que l’auteur me pardonne. J’ai aimé tous ses précédents romans, certains m’ont bouleversée, et je suis bien la première désolée de ne pas avoir été subjuguée par ce dernier. Ce sont tout simplement des choses qui arrivent… et ça n'engage que moi !

 

this-is-not-a-love-song.jpgPeut-on aimer un roman dont tous les personnages sont haïssables ?

Vincent, la quarantaine, marié et père de deux fillettes, dirige la chaîne de restaurants les cafés bleus, en Angleterre, où il vit désormais. Joli revers à son adolescence de loser. 
Susan a besoin de faire un break, pas de le quitter non, juste respirer. Elle l’envoie donc passer une semaine en France, chez ses parents. L’occasion pour Vincent de revoir son frère Jérôme, sa belle-sœur Céline, ses amis de jeunesse, Etienne, Olivier, et Fanny, son ex…

Vincent est le modèle parfait du mec à baffer : arrogant, imbu de lui-même, prétentieux, vulgaire, mais à force de traiter tous les autres de beauf, on l’est  bien davantage soi-même non ? Jusque là, je n’ai pas trop vu où l’auteur voulait en venir. (Euh plus loin non plus d’ailleurs). Descendre en flèche la médiocrité de son passé. Jouer les durs pour taire la faiblesse ?

Malgré tout, retrouver Etienne, le meilleur ami, l’ex colocataire pendant 9 ans, celui qui a tant fait jaser. Vincent nie l’homosexualité, sans en avoir démenti la rumeur, cultive le plaisir du trouble, ambigu. Il dit non mais il en crève d’envie. Pas clair avec son désir. Dix ans après, Etienne est introuvable, les copains sont évasifs et la belle-sœur qui se débat avec sa stérilité se dévoue : viens Vincent, faut que je te parle. La descente en misère d’Etienne, l’ascension du riche pendant que le pauvre se meurt. Est-on responsable pour autant de ses amis quand on ne les voit plus ? Alors à défaut d’avoir baisé Etienne, Vincent baise sa belle-sœur. Là encore, c’est trouble, ambigu, ça se veut violent, c’est seulement pathétique.

p. 198 : « Papa est en haut qui fait du gâteau. Maman est en bas qui fait du chocolat. Le grand frère et sa belle-sœur sont à la cave et baisent dans les betteraves. » Il a fumé quoi Blondel pour écrire ça ?

Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce roman. Peut-être parce que Blondel a voulu jouer à ce qu’il n’est pas, un mauvais garçon ?

La presse nous annonçait un roman différent, plus dérangeant. On y retrouve ses fantômes : le trio amoureux sous une forme ou une autre, l’homosexualité latente, mais au lieu de les traiter avec finesse et sensibilité comme dans ses précédents romans, il a fait jouer les gros durs à ses personnages : on cherche midi à quatorze heures et on finit par baiser vulgairement pour étouffer ses démons, au lieu de les affronter. Non, this is not a love song.

 

Quelques mots de l’auteur : sur le site de Robert Laffont


Robert Laffont, août 2007, 211 pages, prix : 18 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Robert Laffont

 

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Ether - Franck Resplandy

23 Août 2007, 07:31am

Publié par Laure

ether-resplandy.jpgRecommandé par Tatiana et par Cuné (de vive voix!), Ether est un roman un brin dérangeant et un peu détonnant. Un peu seulement, car je reste mitigée après ma lecture. Pas d’emportement explosif !

Dans le nord des Corons et des mines désaffectées, une infirmière en cancérologie fait la rencontre d’un photographe parisien par hasard, alors qu’il vient faire soigner à l’hôpital une légère blessure. Elle l’invite chez elle et sans plus d’ambages, il abuse violemment d’elle. Contre toute attente cet outrage la trouble et annonce le début d’une relation décalée où elle se laisse aller au plaisir des sens tout en espérant s’attacher réellement cet homme plutôt solitaire et fuyant. Le roman court au drame et son atmosphère en est palpable. La vie de l’infirmière est morose et effacée, un ex mari pas complètement sorti de sa vie, un père polonais mort de silicose, les pages sur les diagnostics des patients cancéreux en fin de vie sont difficilement soutenables, et le final inéluctable. Néanmoins, plusieurs bémols : l’alternance des rendez-vous d’amour et de la solitude forcée par la nonchalance de l’amant est un peu répétitive, vers le milieu du livre, on tourne un peu en rond et espère un rebondissement qui nous sorte de cette torpeur. Il finit par arriver, mais quand alors il tente de s’expliquer par le passé de l’héroïne et son drame de l’enfance (je vous laisse découvrir, je ne vous dis pas tout !), là on a envie de crier stop : c’est un peu trop facile et déjà tellement lu et relu ! Tous ces drames de l’existence qui s’expliquent par la même origine dans l’enfance, ça manque cruellement d’originalité ! Donc oui, un roman intéressant, mais qui ne remporte pas ma totale adhésion. 
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Et si quelqu’un pouvait m’expliquer ce passage de la page 226 : « elle a fait quelques pas encore, bousculée par les uns, évitée par les autres, puis, au bord de crier ou de perdre connaissance, elle s’est glissée dans une cabine téléphonique et l’a appelé. Il fallait juste qu’elle l’entende, qu’elle entende sa voix. Lui seul lui donnerait la force de continuer, d’aller jusqu’au bout. » Elle appelle qui ? Je sais bien qu’à une heure du matin j’ai un peu de mal à percuter, mais j’ai beau relire autour, je ne comprends pas. Pas l’amant, c’est techniquement impossible dans son état. Pas le père, il est mort. L’ex mari : pourquoi ? Je suis perdue !

 

Plon, août 2007, 234 pages, prix : 18,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Plon.

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Le chat dans la gorge - Colette Pellissier

21 Août 2007, 06:06am

Publié par Laure

chat-dans-la-gorge.jpgConseillé et prêté par Cuné, applaudi par Clarabel, ce premier roman est une petite perle, ciselée et sobre comme je les aime. (Ah elle me connaît bien dame Cuné quand elle a dit que ça me plairait !)

N’en déplaise au titre, ce n’est pas un livre sur les chats – même s’il en est question dans l’histoire – mais plutôt un livre sur ces petits riens de la vie que vous avez du mal à ravaler.

Ça commence sur un anniversaire d’épouse à ne pas oublier, gentiment rappelé au père par un des trois enfants du couple, ça s’achève sur… non je ne vous le dis pas, mais entre, c’est rempli d’émotions à demi-mot, des tromperies de la vie et de ses tracas – presque – ordinaires. Tous les personnages ont leur secret ou leur difficulté intérieure, que ce soit l’usure du couple, les petites chamailleries des enfants, le double amour passé de la grand-mère ou le souci de la famille pour Mich, ce tonton pas tout à fait comme les autres.

Beaucoup de tendresse et de sensibilité, un bien joli roman, bien trop court et en même temps juste comme il faut (oui je ne suis pas à un paradoxe près), 26 petits chapitres qui sont à eux seuls presque des nouvelles, une bien jolie plume, non vraiment, c’est à découvrir !

Et si votre libraire ne l’a pas, insistez pour qu’il vous le commande, ou allez faire un tour directement chez Delphine Montalant : elle vous l’enverra très vite ! 

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Ed. Delphine Montalant, août 2007, 80 pages, prix : 12 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : éd. D. Montalant et © Antoine Durand

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Maximum - Caroline Bongrand

16 Août 2007, 18:56pm

Publié par Laure

maximum.jpgIl est rarissime que je relise un livre, et là, je ne l’ai pas fait exprès. Mais quand je me suis souvenue du texte, j’ai continué, avec grand plaisir !

Caroline Bongrand m’avait séduite avec Le souligneur (1993), et définitivement conquise avec De la bouche des enfants (1994). Bon, je vous accorde qu’elle m’avait beaucoup déçue avec Pitch (1999), et donc, quelque part au milieu de tout cela, j’avais déjà lu Maximum, sans m’en souvenir en lisant la quatrième de couv à la bibliothèque, ni même les premières pages où c’est un chien, Max, qui prend la parole. Et qui raconte le bouc-émissaire qu’il est devenu, dans cette famille monoparentale où la mère est esseulée et le fils aîné un chéri adulé. Jusqu’au fameux déclic de la page 59. Qu’il serait dommage de dévoiler, tout le ressort de cette page étant dans le choc qui vous bouscule alors. Et qui vous fait revenir en arrière : non vous n’avez pas d’erreur, vous aviez bien compris qui était Max. L’auteur vous a bernée avec talent. Après, c’est toujours la même histoire, mais on a mis de côté le vocabulaire canin. Après, c’est fort, c’est tendre, c’est cruel, c’est beau. Des phrases d’une grande simplicité pour une efficacité redoutable. L’amour se cache parfois là où on ne l’attend pas, et la famille est parfois lourde à porter. Un roman très fort, qui se lit d’une traite, d’une seule.

(Hélas à ma connaissance il n’existe pas en poche.)


Ed. Stock, août 1996, 252 pages, prix : 16,77 € (oui en francs ça tombait mieux)

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : éd. Stock

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Le jugement de Léa - Laurence Tardieu

13 Août 2007, 12:38pm

Publié par Laure

« Je m’appelle Léa. J’ai trente-six ans. Je suis assise sur une chaise et j’attends. 
J’ai peur.
Je suis là pour mon enfant, Théo. Il a quatre ans. Il est mort.
Ils disent que je l’ai tué. Ils disent qu’ils vont réfléchir. […] » 

jugement-lea.jpgTelles sont les premières lignes de ce roman de Laurence Tardieu. Léa attend dans une petite pièce étroite, en compagnie d’un gardien, que le verdict des jurés soit rendu. Elle est tétanisée, les larmes de coulent pas. Peu à peu, elle va raconter par saccades son passé, son enfance perdue et l’homme de passage qui est le père de Théo. Le gardien l’écoute et l’encourage, à ½ heure du verdict, même si ça ne changera plus rien, au moins on comprend, on l’écoute, elle se libère. Tendu, dramatique, on pense un peu à l’écriture de Véronique Olmi en lisant Laurence Tardieu. Tous les commentaires que j’ai pu lire sur le net partent du postulat que Léa est coupable. Pour ma part, ai-je mal lu ou mal compris le roman ?, je lui accorde le bénéfice du doute (infanticide ou accident ?) Tout le roman tend vers l’explication du drame, la raison du décès de l’enfant. Comme Clarabel, je trouve que le dénouement est un peu trop rapide, pas assez clair, j’aurais préféré avoir plus de certitudes, d’explications, sur le final avec le père de Léa, entre autres. Un très beau texte néanmoins, très fort, très dur. A relire. 

L'avis d'Ephémerveille

Points n°1722, juin 2007, 106 pages, prix : 5,50 €
Ma note : 4,5/5 
Crédit photo couverture : éd. Points et ©Marc Atkins / Panoptika.net

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La douceur assassine - Françoise Dorner

12 Août 2007, 17:39pm

Publié par Laure

douceur-assassine.jpgArmand est un vieil homme que l’âge ralentit, veuf et délaissé par ses deux enfants, mariés et vivant loin de lui. Professeur de philo à la retraite, il est un peu déprimé et s’est toujours montré fier et droit devant les autres, un peu trop peut-être. Aussi est-il profondément ému quand Pauline, une jeune femme sans famille (orpheline depuis un accident dans l’enfance) l’aide dans le bus en lui ramassant sa canne et en lui adressant quelques mots et un sourire. Entre ces deux êtres brisés par la solitude et l’incompréhension ou l’ignorance du monde autour d’eux va naître une belle relation d’amitié, Pauline le choisissant comme grand-père d’adoption.

C’est une belle histoire toute simple et douce mais qui pose beaucoup de questions sur cette vieillesse solitaire et peut porter à réfléchir. Le personnage d’Armand est complexe, tantôt haïssable par ses certitudes orgueilleuses, tantôt fragile quand s’éclaire en lui les erreurs dans lesquelles il s’est fourvoyé. Qu’a-t-il donc fait aussi pour que ses propres enfants aient ce comportement odieux ? Ou est-ce le sort de tout un chacun ? Un peu des deux bien sûr ici. Un livre qui contrebalance intelligemment l’espoir et le drame de la solitude, pas si optimiste que cela, qui met en avant un courage pas si louable (celui du suicide), comme un sacrifice, une dernière preuve d’amour ou une fierté trop orgueilleuse. Au final, j’ai des doutes sur ce personnage d’Armand, mais l’ensemble mérite le détour, malgré quelques lieux communs.

 

Cet extrait p. 34 : « Sur quoi peut déboucher une rencontre entre une vie qui se termine et une autre qui commence ? Le malentendu, l’illusion, la pitié. Je n’avais qu’à m’en prendre à moi-même. Je savais très bien ce que je risquais en me livrant à la jeunesse d’une inconnue. Je savais très bien que la moindre attention pour un homme de mon âge peut lui être fatale. L’indifférence tue à petit feu, mais la douceur assassine. »

 

L’avis de Clarabel : ici 

 

Albin Michel, mai 2006, 156 pages, prix : 15 € (repris dans la collection nouvelles & courts romans chez France Loisirs à 7 ou 8 € je crois)

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et © Elise Hardy

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Ce qu'en dit James - Dominique Schneidre

8 Août 2007, 08:39am

Publié par Laure

ce-quen-dit-james.jpgTrès vite, j’ai adoré ce bouquin. Quelle bonne idée de  convoquer Henry James et consorts pour participer de la vie quotidienne ! Alice, 70 ans, n’ose appeler son fils Basile pour évoquer ses problèmes de toiture qui fuit et de devis exorbitant qu’elle ne peut régler, alors elle se résout à faire ce qu’elle a toujours fait : prendre la vie du bon côté avec ses livres !
Quel bonheur d’entendre Flaubert et Stendhal se mêler de la conversation ! Mais le plus fidèle quand même, celui qui la ramène tout le temps, c’est Henry James. Imbattable, celui-là. Et vers le milieu du livre patatras, je me suis franchement ennuyée ! Les souvenirs de cette vieille Alice n’ont pas suffit à faire passer la foultitude de citations devenues bavardes, pas plus que la querelle Shakespeare, Tolstoï, Stendhal. Un problème de dosage ? 
Des livres heureux compagnons on est passé à il n’y a plus de vie en dehors des livres, et je n’ai pas suivi la folie de l’héroïne. Une moitié bavarde pour une moitié très drôle et originale, j’ai fini dans l’agacement. Dommage (pour moi !)

Elles l’ont lu : Lily et ses livres Cathulu , Clarabel

Seuil, février 2007, 173 pages, prix 17 €

Ma note : 2,5/5

Crédit photo couverture : éd. du Seuil et Amazon.fr

Crédit tout court : merci Clarabel !

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La baïne - Eric Holder

7 Août 2007, 19:10pm

Publié par Laure

baine-holder.jpgSandrine a réalisé son rêve en venant s’installer à Soulac, petite bourgade balnéaire de la Pointe de Grave, en souvenir de toutes ses bonnes années de vacances passées au bord de l’Atlantique. Mariée et mère de deux enfants, elle mène une petite vie tranquille dans le vignoble médoquin, (j’aurais écris médocain mais Holder met –quin et le dico atteste les deux, donc.. je respecte l’auteur !) jusqu’à ce que débarque Arnaud, un photographe parisien en repérage pour les besoins d’un film. Adultère classique, drame de la passion impossible et de la jalousie, ou de la médisance ?

J’avoue, j’ai failli abandonner ce roman assez vite, un peu agacée par le style d’Holder que je trouve un peu ampoulé, descriptif et délayé. Je me suis donnée un temps de recul avec d’autres lectures, puis allez, 190 pages, ce n’est pas la mer à boire. De bons passages mais rien d’inattendu… et si le véritable sujet du livre c’était l’amour d’une région ? Pour y avoir passé des vacances, je reconnais qu’on a davantage de plaisir quand on connaît les lieux (même avec des yeux de touriste), les dangers maintes fois énoncés des baïnes, ces courants qui vous emportent au loin et noient même de très bons nageurs. Le microcosme aussi, celui qui exclut toute personne qui n’est pas native du coin, ah comme il est facile de critiquer et de jacasser sur les « estrangers », qu’ils soient Parisiens ou d’à peine plus loin que la presqu’île. Si la rumeur et la médisance étaient aussi mortelles que la baïne ? Finalement je lui trouve un certain charme à ce petit roman !

Mais peut s’attendre en poche sans problème ;-)

 

Elles l’ont lu (et aimé) : Sylire et Florinette

 

Seuil, janv. 2007, 187 pages, prix : 16 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Seuil et Amazon.fr

 

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