Les jardins d'Hélène

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Je porte un enfant et dans mes yeux l’étreinte sublime qui l’a conçu – Frédérique Deghelt

14 Mai 2007, 19:39pm

Publié par Laure

Photographies de Sylvie Singer Kergall

Postface de René Frydman

 

je-porte-un-enfant.jpg J’ai découvert Frédérique Deghelt tout récemment, à la lecture de son dernier roman qui m’avait beaucoup plu. Je m’étais promis alors de suivre de près ses parutions.

C’est chose faite ! Le titre d’abord, je porte un enfant et dans mes yeux l’étreinte sublime qui l’a conçu, invite à la rencontre douce et poétique du regard que porte une mère sur sa grossesse et sa maternité. Il y a l’objet livre ensuite : le format habituel d’Actes Sud mais dans un papier et une couleur différents, un blanc ivoire épais et somptueux. Ce n’est pas un roman, mais un recueil de pensées, de réflexions poétiques sur le thème de la mère et de l’enfant, magnifiquement illustrées par les photos de Sylvie Singer Kergall. Des photographies qu’on aimerait voir plus grandes, sur les murs d’une salle d’expo. Certes le livre est un peu cher (18 € pour 96 pages qu’on lit en moins d’une demi heure, voilà pour les plus pragmatiques !) mais il est de ces livres qui vous accompagnent longtemps, que vous gardez précieusement pour le feuilleter à nouveau, une photo, ce beau ventre rond, ce sein trop lourd qui attend la vie, une pensée en regard. Il est de ces livres que vous offrez à votre meilleure amie quand elle vous annonce sa grossesse. Et un livre sur le début de la vie ne serait pas abouti s’il n’était accompagné d’un mot de René Frydman, ici par le biais d’une très belle postface.

Un livre à la lecture duquel on note une petite phrase, parce qu’elle est belle, parce qu’elle est vraie, mais alors trop vite on se surprend à vouloir recopier tout le livre !

Bref, vous l’aurez compris, un très très beau livre !

 

Un extrait en image (p.17) :

 

deghelt-p17.jpg

 

   

p. 52 : « Vous attendez un enfant ? Il faut dire oui… Le ventre en pointe nous trahit.

Mais je pense non. C’est avant, que je l’ai attendu. Pendant tous ces longs mois vides où rien ne se passait, où chaque mois venait alourdir ma peine, me renvoyant encore à une solitude… Pas mère… Pas l’ombre d’une présence microscopique. Rien… L’angoisse… J’attendais un enfant, je tricotais du vide, je me faisais mon sang d’encre…

Maintenant, je ne l’attends plus, je le savoure. Je le couve en mon ventre devenu terre d’accueil… Je l’exhibe, croyant au transparent berceau de ma peau en voile… Je le roule dans ma poussette de chair, aux étoiles de mes yeux : il est déjà là… »

 

 deghelt2.jpg

 

 

p.54 : « Histoire banale de millions de femmes, histoire unique, vécue pour la première fois… Et encore unique quand elle se répète… »

 

p. 81 : « Langoureuse, posée sur le bord de l’oreiller, alanguie dans une volupté sans précédent, je suis corps, je suis chair, je suis vie, je suis semence. Je vibre, j’emporte, j’enlace. Toute parcelle de ma peau est un appel, la caresse me transcende. Un regard me fusionne. Je porte un enfant et dans mes yeux l’étreinte sublime qui l’a conçu. »

PS : Mille mercis à ma libraire qui est allé déballer exprès pour l’impatiente que je suis les cartons tout juste livrés par le distributeur et non encore vérifiés ni même ouverts pour en sortir ce petit livre qui est officiellement annoncé, par le site de l’éditeur et par Electre pour … demain !

 

deghelt_couv.jpg

PPS : mis dans la catégorie romans pour ne pas en créer d'autres, mais ce pourrait être tout autant de la poésie, un beau-livre, les cases parfois sont vaines et sans attrait.

 

Actes Sud, mai 2007, 96 pages, prix : 18 €

Ma note : 5/5

Crédit photo couverture : éd. Actes Sud et Amazon.fr

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15 août - Arnaud Guillon

11 Mai 2007, 05:20am

Publié par Laure

15-aout.jpg Paris au mois d’août. Marie a quitté Pierre, écrivain, car il n’était pas prêt à lui donner d’enfant. Pierre rencontre Sacha, seule avec sa petite fille, mais encore liée à un autre. Il se raccroche à elle mais elle n’est pas prête à s’investir dans une nouvelle relation. Des besoins d’amour de deux êtres un peu perdus qui se cherchent, s’approchent, se rencontrent, sans parvenir à se trouver vraiment. Ce qui ressort de ce très court roman, c’est une douceur langoureuse, une mélancolie qui vous berce lentement dans un cocon feutré, et qui participe simplement à la beauté du texte.

Arléa, coll. 1er/mille, déc. 2001, 125 pages, prix : 13 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : éd. Arléa et Amazon.fr

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Le soupirant - Isabelle Minière

10 Mai 2007, 02:12am

Publié par Laure

soupirant-miniere.jpg J’aime beaucoup les romans d’Isabelle Minière, et si le soupirant est son premier roman, c’est pour moi le 4ème que je lis. Et ma foi il est assez détonnant ! Une jeune femme se retrouve au chevet de son père à l’hôpital, entourée de sa mère, de son frère et de sa sœur. Le sujet est grave et pourtant le roman est plaisant et drôle, grinçant et surprenant ! Au rythme des 50 soupirs du père qui marquent ses 50 bougies fêtées dans cette chambre médicale, Elodie nous raconte sa vie familiale, les folies de sa mère qui réinvente chaque souvenir en l’enjolivant ou en le dramatisant, et sa relation très particulière avec ses employeurs. En effet l’héroïne n’a été embauchée que parce qu’elle est née le même jour que la fille décédée de ce couple, Elodie. Elle devient donc Elodie pour tout le monde, héritant de ses vêtements, ses affaires, sa vie, même aux yeux de sa propre mère qui n’en semble pas choquée, tant qu’elle peut bénéficier de la générosité du couple « adoptant ». Elodie enquêtera discrètement sur le passé de la disparue. Très peu confiante en elle, Elodie est dévorée par tout un chacun. C’est un vrai régal à lire que son chemin pour se libérer de ce huis-clos malsain !
Un premier roman qui augure parfaitement du style et du talent d’Isabelle Minière.
 
A lire aussi : les avis enthousiastes de Valdebaz sur Baratin et de Clarabel  
JC Lattès, février 2001, 204 pages, prix : 16 €
Ma note : 4/5
Crédit photo couverture : éd. JC Lattès et Amazon.fr

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Le prisonnier - Michel Ragon

9 Mai 2007, 15:38pm

Publié par Laure

prisonnier-ragon.jpgGrosse déception pour moi que la lecture de ce roman, essentiellement parce que j’en attendais tout à fait autre chose, la 4ème de couv m’ayant induite en erreur.

Le narrateur reçoit des lettres d’un détenu qui dit avoir bien connu son ex femme Christine, mais au vu de ses propos, cette Christine devait bien cacher son jeu, car le narrateur ne l’a jamais connue ainsi. Le prisonnier dit aussi reconnaître Christine dans le personnage de Flora, dans un des romans du narrateur, ce qui pour lui est totalement faux. Si à partir de là on s’attend à une quête de la personnalité de l’épouse, par un échange de correspondances entre autres, que nenni. Le narrateur profite de l’occasion pour se replonger dans sa jeunesse, il avait 14 ans pendant la guerre de 40, son premier amour Louise, qu’il ne cessera jamais d’ailleurs de retrouver tout au long de sa vie. L’essentiel du propos est sur la dichotomie entre le milieu populaire et communiste du narrateur et la bourgeoisie de sa femme, un assemblage dans lequel chacun ne se sentira jamais vraiment à sa place.

On sait Michel Ragon auteur de nombreux romans et essais, et spécialiste notamment de la littérature prolétarienne. Il semble avoir repris ce thème cher à son cœur dans ce roman biographique. Le récit est court (133 pages) et la mise en page très aérée, c’est la raison pour laquelle je suis allée au bout, mais je n’y ai personnellement rien trouvé d’attirant : les personnages du détenu et de l’ex épouse ne sont que des prétextes inexploités pour écrire des mémoires, qui n’ont pas grand-chose à voir avec eux et qui ne me « parlent » pas.

La couverture, fort jolie, est un atout de plus pour vous induire en erreur. Dommage.

Albin Michel, janv. 2007, 133 pages, prix : 12,50 €

Ma note : 2,5/5

Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et Amazon.fr

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Quinze jours en juillet - Nicolle Rosen

3 Mai 2007, 09:13am

Publié par Laure

Ah que ce livre m’a énervée ! Pourquoi le lecteur ne peut-il pas changer le cours d’une histoire ? Pourquoi ne peut-il pas tordre le cou à un personnage, lui dire ses quatre vérités en face et rétablir l’ordre dans ce bas monde fictionnel, hein, pourquoi ?!

Quinze jours en juillet… Quinze jours de vacances à La Bastide, une maison de famille. Blanche, l’ex femme de Marc est à présent mariée avec Clément, le meilleur ami de Marc, qui a longtemps fréquenté Irène, l’ex femme de Clément. Marc et Blanche ont eu une fille, Mélanie, jeune étudiante qui vient elle aussi passer quinze jours de repos dans la demeure, elle qui est la maîtresse d’un prof marié et père de famille. Et il y a Claire, la nouvelle amoureuse de Marc. Bref, tout ce petit monde va cohabiter, et l’auteur va donner la parole, chaque jour, à l’une des trois femmes protagonistes : Claire, la nouvelle, Blanche, l’ex, et Mélanie, la fille. Sauf que cette histoire est extrêmement malsaine et agaçante. Blanche continue de diriger la vie de Marc, et de chacun d’ailleurs, en manipulant et exigeant ce qui lui plaît. Marc ne peut rien faire qu’elle n’ait consenti, pire, organisé. Maîtresse femme, elle est égoïste et manipulatrice, et les hommes autour d’elle lui sont aliénés. Et gare à celle qui tenterait de faire changer ce petit monde clos… Le lecteur attend impatiemment cette fin salvatrice mais hélas, elle parait encore trop douce au vu de ce groupe et de cette Blanche à qui vraiment, vraiment, j’ai envie de tordre le cou !

 

L’avis de Clarabel sur ce roman :

L'avis de Cathe et le mien sur un précédent recueil de nouvelles  de l'auteur : chez les Thomas on est très famille, sur Zazieweb.

JC Lattès, janv. 2007, 251 pages, prix : 16 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. JC Lattès et Amazon.fr

 

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Danseuse en rouge - Anne Bragance

2 Mai 2007, 09:29am

Publié par Laure

Voici une curieuse histoire à 3 voix. Un homme rencontre une femme dans une soirée. Elle est danseuse et porte une robe rouge. Il l’invite à danser. Elle l’invite à passer une nuit quelques jours plus tard, pas mémorable la nuit. 20 ans passent. L’homme est marié. Mais il n’a pas oublié la danseuse en rouge. Il la revoit. Et une étrange histoire commence. Lui, l’ex champion de tennis, est appelé Thibaut, ou le champion, dans le texte. Sa femme, la groupie. Sa maîtresse, la danseuse. Chaque jeudi, et chaque jeudi seulement, le champion voit la danseuse. Chambre close, plaisirs de la chair. Chaque chapitre donne la parole à l’un des 3 personnages, qui ajoute au chapitre précédent, comme s’il commentait ou corrigeait ce qui avait été dit juste avant. L’histoire paraît malsaine. Entre ce qu’accepte l’épouse, ce qu’exige la maîtresse, et le laisser-faire de l’homme. Au fond, ne serait-il pas le jouet de ces dames ? La balle de tennis qu’elles se renvoient de set en set ? Peut-on aussi décider par avance des limites ou des cadres que l’on veut poser à son amour ? Celui-ci ne finit-il pas un jour par déborder, ou faire souffrir ? Curieux roman, vraiment, pas désagréable, surprenant, avec une fin qui ne me satisfait guère, mais qui est dans la logique de ce qui précède. Toute puissance des femmes….

Actes Sud, août 2005, 169 pages, prix : 18 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. Actes Sud et Amazon.fr

 

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C'est pas moi, je le jure ! - Bruno Hébert

1 Mai 2007, 11:34am

Publié par Laure

C’est pas moi, je le jure ! est le premier roman de Bruno Hébert, auteur québécois.

 

Léon a dix ans en 1968 quand sa mère part vivre en Grèce, après de nombreuses et violentes altercations avec son père. Le petit garçon va alors visiter les maisons de ses voisins et faire les quatre cents coups : vols, dégradations… Il va devenir ami avec une fillette de son âge : Clarence, avec qui il va poursuivre ses bêtises. Peu à peu le récit bascule dans une sorte de folie, on ne sait plus bien ce qui est vrai ou fantasmé, jusqu’à la fin, qui fait bien sûr reconsidérer l’ensemble en apportant un nouvel éclairage.

Repéré chez Frisette dans sa passionnante littérature, j’avais vivement adhéré à son enthousiasme. Hélas je ne le partage plus autant après lecture… Si les aventures d’un gamin de 10 ans sont sympas, j’ai trouvé quand même beaucoup de longueurs à ce récit, et même si la fin donne envie de revoir son appréciation à la hausse, elle me laisse un peu sur ma faim quand même. Difficile d’en parler sans la dévoiler, disons que la piste est intéressante, mais qu’elle arrive trop tard dans l’histoire, du moins pour moi. Si le livre n’avait pas été court (moins de 200 pages), je pense que je l’aurais abandonné avant la fin. J’aurais certes perdu l’intérêt de l’histoire, mais quelque chose en route n’a pas fonctionné, l’enlisement trop longuet dans le délire peut-être… Dommage !

 

Merci à Cuné qui suite à un quiproquo rigolo et parce qu’elle est adorable, m’a offert ce livre !

Boréal, 1998, 195 pages, prix : 15 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Boréal et Amazon.fr

 

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La vie d'une autre - Frédérique Deghelt

28 Avril 2007, 09:48am

Publié par Laure

Marie a 25 ans quand elle fête avec ses amis son embauche dans une société de production spécialiste en création de télévisions locales. Nous sommes le 12 mai 1988. Au cours de la soirée, elle rencontre Pablo, avec qui elle passe la nuit. Le lendemain au réveil, Pablo lui dit qu’il est pressé et lui demande d’accompagner les enfants à l’école. Quoi ?!! Quels enfants ? Nous sommes le vendredi 12 mai 2000, Marie a 37 ans, et c’est le trou noir total sur les douze dernières années de sa vie.  Comment est-ce possible ? C’est le début de la panique et d’une enquête sur sa propre vie : aucun souvenir de son mariage, ses grossesses, ses accouchements, son travail, ses amis….

Au départ j’étais sceptique… J’avais du mal à y croire et à me laisser emporter dans cette enquête étrange sur douze années subitement effacées. Pourquoi ? Comment ? Et pourquoi Pablo ne trouve rien de bizarre ? Et quel est ce pacte dont il parle ? Mais je n’ai pas résisté longtemps car Frédérique Deghelt sait y faire ! Plus j’avançais dans ma lecture, et plus j’étais soufflée : un réel talent dans la construction, le style, les ruptures de rythme, les coups de théâtre, mais aussi une belle réflexion sur les années d’un couple, plus j’approchais de la fin, et plus j’étais scotchée et admirative : un vrai coup de cœur, parti de rien (la seule curiosité de lire un livre mis en avant dans la rentrée de janvier 2007) et bâti peu à peu sur le seul talent d’une femme écrivain dont je n’avais jamais entendu parler, et qui nous happe jusqu’à la dernière page, sans un seul temps mort…

Actes Sud, janvier 2007, 341 pages, prix : 21 €

Ma note : 5/5

Crédit photo couverture : éd. Actes Sud et Amazon.fr

 

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L'ancre des rêves - Gaëlle Nohant

15 Avril 2007, 16:08pm

Publié par Laure

Comme quelques autres, la littérature fantastique m’attire peu. Les histoires de marins bretons non plus. Comme quelques autres j’ai cédé à la tentation de la découverte, de cette si belle couverture, de ce premier roman d’une blogueuse, c’est pas tous les jours que ça arrive, et on a envie d’applaudir et d’encourager, d’acheter et de lire !

Quatre frères aux prénoms adorables (Benoît, Lunaire, Guinoux et Samson) souffrent d’affreux cauchemars qui les terrifient. Un bateau au capitaine effrayant, une mère qui noie sa fille, des chevaux sanglants devenus fous, qu’est-ce qui peut bien relier ces trois cauchemars et nos trois garçons ? Laissez vous happer par ce texte à la beauté onirique et à la douceur transparente de la fratrie Guérindel, couvée par leur mère, Enogat Guérindel, cette histoire qui mêle passé et présent, arbre familial et secrets enfouis.

Elles en ont parlé avec beaucoup de passion : Flo, Choupynette, Clarabel, Florinette, Lilly , Thom  (pour les plus rares garçons blogueurs) et si je semble montrer moins d’enthousiasme, c’est que quelques passages m’ont pesée : longueurs dans le récit, phrases très longues et descriptives… parfois oui, le livre m’a pesé. Mais je suis allée au bout sans me forcer, et j’ai aimé l’atmosphère qui s’en dégage, l’originalité du propos et la cohérence de l’ensemble. A découvrir donc !

Robert Laffont, mars 2007, 381 pages, prix : 20 €

Co-lauréate de la Résidence du Premier Roman (Robert Laffont) à l’abbaye de Fontevraud, avec Jennifer D. Richard pour Bleu poussière.

Ma note : 3,5/5

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Caroline assassine - Sophie Jabès

8 Avril 2007, 17:50pm

Publié par Laure

Ce court roman me laisse un peu perplexe : il y a toute la matière à, mais voilà, ça ne prend pas, pas beaucoup, pas assez… Caroline a 7 ans, et pour échapper à sa famille frappadingue (alcoolisme, misère sociale et intellectuelle, mère qui la déteste), elle se réfugie dans la lecture. Mais quand sa mère envoie son exemplaire des Misérables dans les toilettes et tire la chasse d’eau, c’en est trop : Caroline décide d’assassiner sa mère. S’ensuivent des descriptions de cette vie tordue à 6 dans un 2 pièces : les grands-parents, la grande sœur Solange qui a un copain (déjeuner surréaliste avec les futurs beaux-parents), et le petit frère Bertrand qui a besoin de Caroline pour le protéger, le père alcoolo ramené par les flics après 5 ans d’absence… On comprend combien la petite Caroline peut tenter de trouver un peu de stabilité et d’affection auprès de sa bibliothécaire…

Donc voilà : tous les ingrédients y sont (on pense beaucoup au dernier Isabelle Minière) mais ça ne marche pas : Vous en connaissez beaucoup vous des gamines de 7 ans qui ont lu tout « Hugo, George Sand, Alexandre Dumas mais aussi Somerset Maugham, Tolstoï et Dostoïevski » ? Vous en connaissez vous des écoles primaires dans lesquelles il y a une bibliothécaire à temps plein ? Fable, conte, me dira-t-on… oui, mais fin fantastique en plus, moi je dis non. Pourtant il y a quelque chose qu’on voudrait aimer dans cette histoire de Sophie Jabès, mais tout va trop vite, ça mélange le grave et le délire fantaisiste, sans analyser plus longuement des passages qui mériteraient de l’être, c’est superficiel sur un sujet qui ne l’est pas, et sur ce sujet-là, je suis exigeante !

p. 23 : « Elle [sa mère] l’avait prévenue. Lire, répétait-elle, surtout des romans, c’était une perte de temps. »

 

L’avis de Clarabelet d’Amy

J’ai lu, fév. 2006, 123 pages, prix : 3.70 €

Ma note : 2,5/5

 

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