Les jardins d'Hélène

romans francais-francophones

Métro ciel, suivi de Vague conjugale - Claire Fourier

24 Juillet 2006, 14:16pm

Publié par Laure

Ce petit livre tout juste paru est en réalité une réédition. Il s'agit du premier livre de Claire Fourier paru chez Actes Sud en 1996.
Deux nouvelles au style très différent le composent, toutes parlent du désir ardent d'une femme pour un amant.
Dans la première, une femme, Gabrielle, la cinquantaine, écrit à son amant confident de toujours, Pierre. Elle lui raconte cette matinée de décembre où elle croise un homme dans le métro, et se laisse hypnotiser par son regard. Naissance du désir et rencontre inoubliable dans une chambre de bonne, avec cet homme marié aussi, de 12 ans son cadet. Le sujet est banal, mais réellement sublimé par l'écriture, élégante, précise, belle.
La deuxième nouvelle, "vague conjugale", ne m'a pas plu, à cause de son style, justement, un long monologue sans ponctuation, presque tout du long. Une femme raconte ce qu'elle vit sexuellement avec son amant que son mari ne lui offre pas. Son mari qu'elle qualifie justement de sexuel (de bestial) et non de sensuel. La rencontre des sens et l'extase pour cette femme gourmande, c'est avec l'amant qu'elle a lieu. Une logorrhée érotique doublée d'un mépris à peine larvé pour le mari. Moyen, car je n'ai pas aimé le style.
Actes Sud coll. Babel n°754, juin 2006, 76 p., ISBN 2-7427-6182-9, prix : 5,50 €

Ma note :3/5

 

Voir les commentaires

La fugue - Valérie Sigward

15 Juillet 2006, 08:55am

Publié par Laure

Un adolescent ne sait plus comment vivre « l’après » : son frère aîné s’est suicidé un an auparavant, sans laisser de lettre, sans que personne n’ait rien senti venir. Depuis, entre le chagrin et la nécessité de continuer à vivre, il ne trouve plus sa place dans sa famille, il se sent invisible et inutile auprès de ses parents.

p.87 : « Rien n’a changé, rien ne va changer, ils ne s’en remettront jamais. Je n’arrive pas à les aider, je ne sais pas comment faire. Il prend toute la place, on vit comme si on avait tout un bras en moins. » [Je me suis demandé s’il n’y avait pas une coquille dans cette phrase, j’avais initialement lu : comme si on avait tous un bras en moins.]

 

Théo ne trouve pas d’autre solution que la fugue. Il n’ira finalement pas bien loin, juste s’épancher auprès de la petite amie de son frère décédé. La scène nocturne dans cette famille est complètement irréaliste : 4 ados qui bougent qui parlent qui se battent qui boivent et des parents qui n’entendent rien alors qu’ils dorment juste à côté, j’ai du mal ! L’auteur en est consciente puisqu’elle aborde la question, mais la pirouette ne me satisfait pas, ça sonne faux.

Au début, le style « djeun » m’agaçait, et puis il faut bien reconnaître que puisque l’histoire est racontée du point de vue de l’ado, cela donne une crédibilité au texte cette fois.

C’est un bon roman mais que je ne trouve pas exceptionnel : il m’a immédiatement fait penser à la messe anniversaire d’Olivier Adam, et aux romans de cet auteur en général. Je suis même surprise que ce livre ne soit pas publié dans une collection jeunesse, je pense - tout comme l’a d’ailleurs écrit Clarabel - qu’il peut être lu dès 13 ans.

Mon opinion est donc mitigée par ce sentiment de déjà lu.

Julliard, mars 2006, 111 p. ISBN 2-260-01700-2, prix : 15 €

Ma note : 3/5

 

Voir les commentaires

Une femme normale - Emilie Frèche

14 Juillet 2006, 21:10pm

Publié par Laure

Ce livre est un petit régal à la fois simple et original. Suffisamment intrigant pour qu’on avance dans sa lecture sans vouloir le lâcher. Différents personnages vont construire le portrait subtil d’une femme, à travers leurs voix tour à tour humoristique, envieuse, admirative ou encore sarcastique. Il y a les proches : la mère, la sœur, les enfants, les deux époux successifs, et ceux qu’elle fréquente pour diverses raisons : le gynécologue, le dentiste, le banquier, la vendeuse, etc. Ecrit dans un style alerte et frais, on a envie de savoir qui est en vérité cette femme « normale » et il faut résister à l’envie d’aller vite lire le dernier chapitre où elle se dévoile. Une vérité bien banale, une femme « normale », il ne fallait pas chercher plus loin. « Une femme comme on en croise tous les jours et qu’on remarque…ou pas ! »

L’idée nous vient aussi de prendre la place de cette femme : tous ces personnages, ceux de notre entourage quotidien, s’ils devaient jouer à ce petit jeu, comment nous verraient-ils ? Je serais bien curieuse…

Le seul défaut de ce petit livre : l’encre tache les doigts et je déteste ça. Mais ça n’a rien à voir avec le roman !

Emilie Frèche a 30 ans et a déjà écrit 3 romans. (Une femme normale est son second).

Points, juin 2006, 191 p. ISBN 2-02-068689-9, prix : 6 €

Merci encore à C. pour ce cadeau !

Ma note : 4,5/5

 

Voir les commentaires

Infidélité(s) - Christine Sagnier

4 Juillet 2006, 09:25am

Publié par Laure

Voici un roman amer mais clairvoyant sur l’usure du couple.

Claire et Marc sont mariés depuis 10 ans, et parents de jumeaux de 8 ans, Louise et Paul. Marc travaille beaucoup, rentre tard, mais arrange aussi son emploi du temps à sa guise pour voir sa maîtresse. Lasse de porter sa famille à bout de bras, Claire multiplie les amants, comme une fuite en avant. Le livre se trouve donc ponctué de scènes érotiques bien écrites, lesquelles ne suffisent pas à combler le vide de Claire. Un beau livre sur l’éloignement dans le couple, l’accomplissement de soi et le besoin d’exister autrement qu’en « femme de ».

Et j’aime les auteurs qui ont le courage d’une fin qui ne soit pas rose. Je regrette presque l’épilogue de ce livre, qui du coup, la rend moins tragique. Sans cette vie qui reprend autrement, c’est vrai aussi que l’auteur serait resté sur un cliché habituel de la littérature : la mort comme unique solution à l’amour impossible. Elle a donc eu aussi le courage d’éviter cet écueil, et tout cela, c’est du talent. Et pour un premier roman, chapeau bas !

 

Ces extraits :

Marc qui regarde la lingerie fine de sa femme dans son tiroir :

p. 48 : « Peut-être oublie-t-il de la regarder ? Se laisse-t-elle simplement regarder ? Qu’il tente seulement de l’approcher et elle s’écarte. Toujours sur la défensive, sans patience, fatiguée. Pourtant, il y a ce soin particulier qu’elle apporte à ses tenues. Non qu’elle ne se soit jamais laissée aller, mais il y a quelque chose de nouveau, dont il s’étonne sans toutefois savoir en définir précisément la teneur. Sexy, c’est peut-être le mot juste, mais il convient si peu à la femme qu’il connaît. »

p. 56 : « Elle reste immobile, les yeux fixés sur son livre. Marc se penche pour l’embrasser comme il le fait chaque soir. L’habitude. Depuis longtemps elle ne lui offre plus sa bouche,  détournant le visage pour qu’il n’atteigne que sa joue. S’en rend-elle compte seulement ? »

A propos de la meilleure amie de sa femme :

p. 99 : « Je ne vois pas ce que sa vie a d’enviable. Seule et sans enfant dans son immense appartement ! A son âge, on peut rêver mieux comme aboutissement.

- Parce que pour toi, avoir une femme et des enfants est un aboutissement ?

- C’est le mien en tout cas. Excuse-moi d’être aussi rétrograde !

- Comment peux-tu la juger ? Que connais-tu de sa vie ?

- Rien, effectivement, à part sa collection d’amants.

- Et alors ? Ça blesse ta moralité ?

- Si encore elle était amoureuse !

- Qui te dit qu’elle ne l’est pas ?

- A la rapidité avec laquelle elle en change ! Parions qu’il y en aura un nouveau ce soir.

- C’est qu’elle plaît, voilà tout. Elle aurait tort de se refuser ce plaisir.

- Tu lis trop de romans. Crois-moi ta copine n’est pas heureuse !

- Pas heureuse ! Un orgasme tous les soirs et les applaudissements du public pour conclure chaque concert ! Tu as une meilleure recette du bonheur ? »

 

Merci à C. pour le prêt de ce livre !

Balland, août 2003, 184 p. , ISBN 2-7158-1459-3, prix : 18 €

Ma note : 4,5/5

 

Voir les commentaires

Mesdames, souriez - Jessica L. Nelson

3 Juillet 2006, 18:09pm

Publié par Laure

Louisa-Marie est étudiante et héritière d’un appartement dans le Marais. Mais voilà, l’appartement est déjà occupé par une vieille dame, vieille harpie de 80 ans, ancienne secrétaire de l’oncle légataire, et elle ne peut la déloger. C’est donc une colocation forcée et houleuse qui s’engage entre les deux femmes. Sur fond de canicule estivale, les deux vont se pousser à bout, jusqu’à donner à la plus jeune des envies de meurtre, mais qui gagnera la partie ?

Un roman que j’ai lu d’une traite, lui trouvant à la fois la plume alerte et agréable, tout autant que des clichés un peu trop faciles répétés à la pelle. La Vieille, encore appelée l’Autre, la Mégère et j’en passe, a tous les défauts d’une Tatie Danielle aigrie, méchante et jalouse face à la jeunesse. La jeune est trop gâtée, volage, égoïste et impatiente. Pourtant les deux vont bien finir par s’apprivoiser, entre deux vacheries, attirées l’une par l’autre, Louisa doit bien s’avouer qu’elle est fascinée par cette vieille bique décrépie et ignoble, car elle redoute bien de lui ressembler un jour. S’ajoute les propos caniculaires tout droit sortis des journaux de l’été 2003, et la recherche identitaire sur un secret de famille fantasmé. Qui est vraiment adopté, qui est vraiment l’enfant de qui, et si ces deux femmes avaient un lien du sang ?

C’est un roman qui touche par sa vivacité et sa tendresse latente, et qui agace un peu par sa rapidité à coller des images toutes faites sorties du passé (cinéma, actualité, littérature). Mais c’est un premier roman et c’est pourquoi l’auteur mérite l’indulgence ! A suivre, donc.

Merci à C. pour le prêt de ce livre !

Fayard, août 2005, 206 p., ISBN 2-213-62236-1, prix 16 €

Ma note : 3,5/5

Voir les commentaires

Un minuscule inventaire - Jean-Philippe Blondel

2 Juillet 2006, 20:54pm

Publié par Laure

Antoine, prof d’anglais, la quarantaine, est seul à présent. Anne l’a quitté avec leurs deux enfants, Mathilde et Léo. Avant de mettre les voiles, il met en vente quelques bricoles personnelles sur un stand de vide grenier dans son quartier. Au fil des ventes c’est l’histoire de l’objet qui refait surface, et par là même l’enfance, l’adolescence, le début de la vie adulte d’Antoine qui nous sont reconstruits. Puis quand le parcours d’Antoine est achevé, c’est celui des acheteurs qui apparaît. Si je suis moins éblouie par ce procédé qui mêle les parcours des personnages que je ne l’avais été dans Accès direct à la plage (cf. mon commentaire de novembre 2005 sur Amazon), j’aime les émotions qui se dégagent de ces phrases simples et les trouvailles (la construction du livre) qui font que non, ce n’est pas un simple inventaire qui se voudrait nostalgique. Certains diront (je l’ai lu récemment) que Blondel écrit toujours le même livre, je n’ai pas ce sentiment, même si le procédé d’écriture peut y faire penser. Antoine dans cet inventaire est prof d’anglais, et si j’imagine que chaque écrivain met toujours un peu de lui, volontairement ou non, dans ses livres, je me demande quelle part est réellement autobiographique dans celui-ci.

J’aime tout particulièrement le chapitre sur le stylo plume, la transmission de génération en génération et tout ce qui est dit autour de la lecture et de l’amour de l’écriture, idée que je trouve magnifiquement reprise dans la fin du livre.

Ce chapitre a fait remonter à ma mémoire combien j’ai pu fréquenter seule la bibliothèque de mon quartier quand j’ai été en âge d’y aller seule, et combien les livres ont été mes compagnons d’enfance. Puis cette anecdote aujourd’hui, avec ma fille qui va avoir 10 ans. Lors d’une banale prise de sang l’autre jour, Anne-Claire regardait avec attention la seringue, son sang qui remplissait le petit tube, l’infirmière lui a demandé quel métier elle aimerait faire plus tard. – Infirmière ? Anne-Claire a répondu : non, auteur. L’infirmière a compris « notaire » et elle en a été surprise. Ma fille a corrigé : non, auteur, écrire des livres. Je suis toujours étonnée de son rêve de petite fille, car elle n’écrit pas du tout aujourd’hui, pas même un journal intime ni des lettres à ses copines. Au moment de laisser nom et adresse, l’infirmière me dit : ah, mais vous êtes la bibliothécaire ! Alors c’est normal qu’avec une mère bibliothécaire elle ait envie de devenir écrivain !

Anne-Claire ne lit pas énormément, plus que d’autres enfants certes, et moins que son frère au même âge. Mais dans sa valise de colo je glisserai l’agenda de l’apprenti écrivain de Susie Morgenstern que j’ai acheté pour elle. Peut-être pas le bon moment (je préfère qu’elle se fasse des copines là-bas au fin fond de l’Auvergne au milieu des poneys), peut-être encore un peu jeune (ce livre est conseillé à partir de 12 ans), mais j’ai eu envie d’encourager son rêve. Et après avoir lu Blondel, je glisserai en plus un joli stylo, même s’il aura plus probablement la griffe d’une petite souris allemande bien connue.

 

Et puis peut-être un jour quand je réaliserai mon petit inventaire à moi, au rayon des souvenirs, je me rappellerai combien d’heures j’ai pu passer les yeux dans le vide, le livre de Blondel toujours ouvert à la même page, puis le torrent de larmes et mon incapacité à déchiffrer les lignes troubles. Non pas à cause des phrases de Blondel, c’est juste tombé sur lui, par hasard, puis le tourbillon légèrement apaisé, j’ai commandé un livre pour comprendre les sectes, leur fonctionnement et comment aider les familles et les victimes.

Robert Laffont, août 2005, 297 p., ISBN 2-221-10442-0, prix : 20 €

Ma note : 4/5

Voir les commentaires

Autoportrait à l'ouvre-boîte - Philippe Ségur

24 Juin 2006, 09:50am

Publié par Laure

Il y a longtemps que je voulais lire un roman de Philippe Ségur. Hélas pour moi, Autoportrait à l’ouvre-boîte, seul livre de lui disponible à la bibliothèque, fut une mauvaise pioche. Je n’ai pas été accrochée plus que cela, me forçant à poursuivre, les critiques annonçant une fin intéressante.

 

C’est l’histoire de Marc Flanders, qui se condamne à mourir un matin de mai 1984, le jour de ses 20 ans. Il est persuadé d’être le double de son oncle et parrain, mort au même âge, et de reproduire son destin. Vont donc suivre les 24h qui le séparent du suicide, alternance de l’écriture éclair d’un manuscrit intitulé les méditations d’un renégat, et des visites et appels téléphoniques forcément dérangeants qui interrompent son écriture. Il fait le vide autour de lui. Souvent teinté d’humour noir proche de l’absurde, je me suis quand même ennuyée ferme dans ma lecture. Je n’ai pas trouvé la lueur d’éclat nécessaire dans ce livre. Certes la fin est un retournement ironique de la situation, mais je me suis ennuyée, c’est tout !

Buchet-Chastel, sept.2003, 174 p., ISBN 2-283-01907-9, prix : 14 €

 

Ma note : 2/5

 

 

Voir les commentaires

Mères - Myriam Cohen-Welgryn

21 Juin 2006, 09:33am

Publié par Laure

C’est l’histoire presque banale d’une jeune femme amoureuse qui rêve d’avoir un enfant pour prolonger l’amour de son couple. Et son compagnon la soutient, lui aussi désireux d’être père. C’est le récit de l’attente, chaque mois déçue. Puis enfin le bonheur et le drame, la fausse-couche, les nouveaux essais infructueux, la jeune femme est probablement une fille « Distilbène », ce médicament donné aux femmes enceintes (et qu’a dû prendre sa mère) dans les années 60. Dans son obstination à faire naître un enfant, le docteur Gromstein, un gynécologue chaleureux et humain, qui veut l’aider. Jusqu’à lui proposer une solution peu déontologique. (Je suis pour l’adoption, par pour le trafic d’enfant !) Voilà pour la première moitié du roman. Des phrases courtes, efficaces, sobres, des chapitres qui ont pour titre des verbes à l’infinitif tels que désirer, jouir, aimer, vouloir, attendre, croire, perdre, décider, et savoir. Dans la deuxième moitié, une autre femme (d’où le titre au pluriel : Mères) qui va décliner les mêmes verbes, mais pas dans le même ordre. Une jeune femme que l’enfance a blessée, orpheline de mère et au père qui n’a pas su être présent quand il le fallait. Tous les médecins la disent stérile, c’est médicalement expliqué. Jusqu’au jour où elle se retrouve enceinte. Mais voilà, elle ne veut pas d’enfant, jamais, c’est comme ça, viscéral, elle préfère se détruire qu’enfanter. Elle va se terrer chez elle jusqu’à ce que cette « chose » sorte d’elle. Accoucher sous X. Avec le même gynécologue. Et un conjoint qui lui veut devenir père, mais qu’elle a écarté. Vous aurez probablement fait le lien entre les deux histoires. Cette seconde partie est forte, dure, violente, cette femme est tout aussi déterminée que la première, dans un but inverse. Je n’ai pas pu me détacher de ce livre, qu’au départ je trouvais presque banal. 

En page de garde, l’auteur précise que « ce livre est librement inspiré à partir d’un cas décrit par Françoise Dolto dans Séminaire de psychanalyse d’enfants. »

Une façon de conclure que la collection  1er mille chez Arléa  et moi (tout comme La Brune au Rouergue et moi, cf. ), on est fait pour s’entendre.  

Cet extrait, p.62 : « Entre mes cuisses de mère-à-être goutte le sang de l’enfant que j’attends depuis de longs mois déjà, et mon corps, comme il le fait toujours, s’habitue à cette idée. Ce sera pour le mois prochain ».

Arléa, janvier 2001, 211 p., ISBN 2-86959-531-X, prix : 13 € 

Ma note :4/5

 

Voir les commentaires

Côté jardin - Alain Monnier

11 Juin 2006, 16:50pm

Publié par Laure

Côté jardin est un roman qui commence quasi normalement pour basculer furieusement dans la folie humaine la plus incroyable. Un ressort soudain qui bondit à la 50ème page et qu’on ne risque pas d’oublier tant il est violent !

Jacques Lalanne apprend qu’il a une tumeur au cerveau et qu’il n’a plus que 15 jours à vivre, lui qui venait justement de rencontrer l’amour en la personne de Françoise. Il ne veut pas la faire souffrir et préfère lui annoncer brutalement par courrier qu’il la quitte plutôt que de lui dire la vérité. Puis l’on retrouve Jacques sur le point d’entrer au bloc opératoire pour une opération de la dernière chance, le neurochirurgien lui murmurant qu’il n’a rien du tout et le personnel anesthésiste refusant bien sûr de croire les paroles délirantes de Jacques déjà sur le point de sombrer dans l’inconscience. Qu’est-ce que c’est que ce bazar ?  Je n’en dis pas plus, il faut lire ce livre !

Vers la fin j’ai trouvé que cela commençait à ronronner un peu, le ressort épuisé, mais l’intrigue est relancée par le témoignage de Françoise, l’amante de Jacques. J’ai failli détester la fin tant ces perspectives ouvertes où le lecteur imagine ce qu’il veut m’horripile, mais la réponse à la question de la fin se trouve dans le titre du livre, ne cherchez pas à le comprendre avant ! Dérangeant, horrifiant, un roman sur la jalousie et la folie humaine. Du grand art !

Je dois à Clarabel d’avoir découvert ce livre, je ne connaissais pas du tout l’auteur ni n’avais entendu parler de ce roman. Merci pour la trouvaille !

Pocket n°11024, mars 2002, ISBN 2-266-10361-X, prix : 4.70 €

Ma note : 4/5

 

Voir les commentaires

Moka - Tatiana de Rosnay

4 Juin 2006, 17:43pm

Publié par Laure

Malcolm, 13 ans, se fait renverser sur un passage piéton par une vieille Mercedes couleur Moka qui prend la fuite. Il est dans le coma. Ses parents Andrew et Justine, couple mixte qui nous offrent un délicat tableau franglais, vont réagir différemment. Justine a besoin de savoir et de comprendre, vite, car l’enquête menée par la police n’avance guère…

Jusqu’au deux tiers du livre, je me sentais un peu gênée, car oui c’était bien écrit, bien amené et bien conduit, mais non je n’étais pas aussi enthousiaste que mes amies blogueuses Clara, Cuné et Amandine. Je ne réussissais pas à trouver cela réaliste, je restais extérieure, pas d’empathie pour les personnages, ou alors pour Andrew. Peut-être ne suis-je pas capable de prendre le recul nécessaire avec le roman, j’ai plutôt envie de crier « vous pouvez imaginer tout ce que vous voulez, vous ne savez pas de quoi vous parlez ». Peut-être que sur ce sujet de la perte de l’enfant, ou de l’accident grave, je ne tolère que les récits vécus.

Moka me paraissait convenu, sans surprise, même la fin, je l’avais vite comprise (bon sauf l’identité réelle de Lisa, mais le ressort de l’intrigue, oui) or j’aime qu’un roman me surprenne et me bouscule. Mais cette dernière partie justement ranime un rythme quelque peu ronronnant (dans ce genre de situation, le couple va-t-il tenir ou éclater, ça aussi c’est … si entendu ici et là) et au final, force m’est de reconnaître qu’il y a beaucoup de choses justes dans ce livre, (ah si je pouvais avoir une belle-mère comme celaJ) C’est juste que je n’ai pas réussi à être émue par le personnage de Justine.

Moka est le deuxième roman que je lis de l’auteur, après Spirales. Je garde un faible pour Spirales, que j’avais trouvé plus haletant, même si Moka est bon aussi. Mais il m’en reste d’autres à découvrir, et ça c’est chouette !

Plon, déc. 2005, 249 p., ISBN 2-259-20213-6, prix : 18 €

Ma note : 3,5/5

Voir les commentaires

<< < 10 20 30 40 50 51 52 53 > >>