Le combat d'hiver - Jean-Claude Mourlevat
Alléchée par le commentaire enthousiaste de Flo et par une mère de famille tout aussi ravie à la bibliothèque, j’ai dévoré moi aussi ce combat d’hiver. Destiné aux ados à partir de 13 ans, il plaira sans aucun doute aux plus vieux aussi, sans limite d’âge !
Le roman commence dans un internat sombre et cruel où la vie des élèves, tous orphelins, est loin d’être gaie. Deux fois par an, ceux-ci ont le droit de rendre visite à leur consoleuse, ces femmes qui leur offrent écoute, chaleur humaine et réconfort.
Helen Dormann, 17 ans, demande à visiter sa consoleuse, et comme le prévoit le règlement, elle est accompagnée par une camarade : Milena Bach. Mais Milena, dans le plus grand secret, s’enfuit de l’internat, condamnant ainsi une autre élève à descendre au cachot punie à sa place. Même scénario du côté du pensionnat des garçons où Bartolomeo disparaît, laissant seul son ami Milos. Helen alors accompagnée de Milos va tenter de retrouver son amie Milena, partie avec Bart. Nos quatre adolescents vont vite se retrouver en proie aux dangers et aux violences du régime en place : la Phalange. Quinze ans plus tôt, leurs parents ont mené – en vain – le même combat. Milena, qui a hérité de la voix magnifique de sa mère, va lutter de toute son âme pour la liberté, en se ralliant le peuple par la chanson.
Jean-Claude Mourlevat a su créer un monde imaginaire semi fantastique qui se tient parfaitement, vous emporte dans son aventure et vous rappelle par bien des aspects des moments noirs de l’histoire avec le fascisme, le régime totalitaire en place et la résistance qui se construit en un vigoureux combat pour la liberté. Certaines scènes sont insoutenables de violence et de cruauté (les scènes avec les hommes-chiens, les combats de gladiateurs), mais l’ensemble est d’une force incroyable, où le courage trouve une place essentielle.
On est bien loin d’une littérature édulcorée car le sort des personnages est souvent difficile et douloureux, au contraire, voici une littérature dite « pour la jeunesse » d’une richesse et d’une intelligence rare.
Si pour ma part j’ai peu aimé les personnages semi fantastiques des hommes-chiens et des hommes-chevaux, j’ai beaucoup aimé le rôle des consoleuses. Et comme Flo, j’ai souvent pensé à Prague dans les descriptions de cette ville aux nombreux ponts.
Une œuvre d’une grande qualité, qui mérite amplement d’être portée et encouragée.
L'avis de Clochette
Gallimard jeunesse, sept. 2006, 329 pages, prix : 15 €
Ma note : 4/5
/image%2F0683481%2F20161028%2Fob_56b2ff_chaussette.jpg)
Cette histoire commence fort, dans un univers complètement loufoque et fantaisiste au jeu duquel on se prend volontiers. Notre héros, rédacteur de slogans publicitaires à la chaîne, rencontre un
J’avoue, j’ai peu d’atomes crochus avec les vieilles choses : je déteste les brocantes et les vide-greniers, les livres jaunis qui puent, les napperons crochetés par des grand-mères qui ne sont pas la mienne, et je n’arrive pas à regarder des vieux films en noir et blanc, même sur support DVD. Bien sûr j’ai conscience que de sacrées bonnes vieilles choses manquent à ma culture, alors parfois je répare les outrages de la modernitude, à petite dose, faut
Ne vous y trompez pas, Autobiographie est un roman, et j’ai envie de dire, heureusement. Car ce livre ne peut laisser indifférent, tant il soulève d’horreurs dans la personnalité du héros. Le narrateur, dès les premières pages, demande à sa petite amie de se prostituer, afin qu’il puisse profiter de l’argent supplémentaire qu’elle va gagner. Sans scrupules et sans gêne. Dès les premières lignes on vomit ce personnage, qui va enchaîner, démultiplier jusqu’à l’invraisemblable, les coïts (comme il les appelle) en échange d’une hospitalité. Cet homme est un parasite qui ne veut pas travailler, juste jouir, en avilissant ses partenaires à l’extrême. Tout y passe, avec un crescendo dans l’abject. Les jeunes, les vieilles, les enfants, les bébés, parfois je me suis demandée comment un tel livre avait pu être publié, en ces temps de protection de l’enfance à l’encontre de la pédophilie. Alors il faut croire que c’est de la littérature, pour qu’un éditeur assez fou ait choisi de le donner à lire. Sauf qu’elle vous retourne sacrément l’estomac. Le livre est court, une centaine de pages, ce qui m’a permis d’arriver au bout. Avec l’obsession quand même de comprendre où l’auteur voulait en venir. Je n’ai pas la réponse. Dans le dégoût de ses pratiques relatées, le narrateur inclut la sienne : « il veut s’éliminer comme un déchet », mais il aura fallu d’abord supporter 100 pages d’une sexualité irrespectueuse démultipliée à l’infini. Jauffret provoque, Jauffret choque, c’est noir, sordide, vite, quelque chose de plus léger !