Les jardins d'Hélène

Télégramme

19 Mars 2007, 20:21pm

Publié par Laure

Il neige au printemps...

3 petits mots en passant. Suis en stage à Angers en ce moment, aller-retour chaque soir, lundi mardi mercredi, très peu de temps pour le net, mais merci à tous pour vos nombreux commentaires du jour !

ai le moral dans mes ballerines (même jolies) parce que je viens de signer ce soir ma convention de divorce chez l'avocat : 3 rendez-vous et un petit mois auront suffi à liquider en 10 minutes 17 ans de vie commune dont 15 ans de mariage. Un mois d'attente au tribunal (y a trop de monde !) et le 23 avril 16 avril (la date a changé, reçu la convoc) au matin, je serai une jeune divorcée. Entre l'annonce du 31 décembre et l'issue au tribunal, il se sera écoulé 3 mois et demi. Entre l'annonce de sa décision et l'issue au tribunal, il se sera écoulé 3 mois. No comment.

Pour lui c'est un bonheur, une libération, sans doute, j'imagine, puisque ce soir quand il me demande pourquoi je pleure silencieusement, je lui réponds "parce que je suis triste". Il me demande "ben pourquoi t'es triste ?". Ben à ton avis... t'as même pas une petite idée ?

Bon j'arrête là, sinon je vais dire des méchancetés. 

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Marie-Antoinette, un film de Sofia Coppola (2006)

18 Mars 2007, 18:02pm

Publié par Laure

Marie-Antoinette, l'autrichienne, n'a que 14 ans lorsqu'elle arrive à Versailles pour y épouser le futur Louis XVI, qui n'a lui même que 16 ans. Et c'est la découverte, pour la jeune dauphine, d'un monde de médisances et de fourberie. Son jeune mari peinant à comprendre l'amour, elle se sent bien seule et vite rejetée, puisqu'elle ne donne pas d'héritier... Elle se tourne alors vers le jeu et les bals costumés.. avant de retrouver un peu de sérénité bucolique à la naissance de son premier enfant, Marie-Thérèse. Certes c'est un film en costumes (forcément!) mais d'une impertinence moderne fort agréable, dans lequel la belle Kirsten Dunst est pour beaucoup. C'est enlevé et dynamique, et l'on se dit que finalement, on voit mieux Versailles sur grand (ou petit) écran qu'en vrai ! Les chaussures et les pâtisseries colorées apportent une petite touche de gaité et de gourmandises à faire envie !
Et j'ai aimé le choix courageux de la bande originale, où des musiques très décalées ne choquent pourtant pas : elles dépoussièrent l'ambiance de la cour ! Un film qui se laisse voir avec plaisir !

"Tout ça est ridicule" (dit Marie-Antoinette qui grelotte chaque matin en attendant que les dames de la cour se fassent leurs politesses pour savoir qui va l'habiller) - "Tout ça, Madame, c'est Versailles !"

Et pour ceux qui ont joué au petit jeu de la paire de Converse anachronique oubliée dans le film : je ne l'ai pas vue  (mais je n'ai pas cherché non plus !)

L'avis de Philippe, Amandine, Emjy, (entre autres, pardon si j'en oublie !)

Ma note : 4,5/5

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La cour des grands (ou petites mesquineries) - fantaisie 4

17 Mars 2007, 10:58am

Publié par Laure

Ce qui toujours me lacère le cœur, ou les tripes ou ce que vous voulez d’autre, ce qui malgré moi m’anéantit, c’est elle, l’autre.

J’ai lu sa page web, découvert ses goûts et ses passions, survolé ses rêves (visiter le Mexique, avec lui). Ainsi je sais ses boucles blondes et ses passions : elle aime la lecture. Avec une telle fougue qu’elle avoue bien dix romans par an, douze peut-être les années paires. Elle a même pris le temps de noter ses auteurs favoris : on partage ce qu’on aime ! Au sommet de son top ten, Marc Levy et Guillaume Musso, et d’autres, Coehlo, et voisins. Elle aime les livres de psycho, comme moi, mais surtout Mars et Vénus.

Alors que voulez-vous, devant la cour des grands, je ne peux que m’effacer.

Mes lectures se chiffrent en centaine, je ne lis pas de best sellers formatés (puisqu’on sait ce qu’on va y trouver, à quoi bon ?) et parlez-moi de Mars et Vénus et de leurs innombrables déclinaisons (90 cm linéaire à la F**C) et l’urticaire me rend intarissable.

Que voulez-vous, je m’incline. On ne joue pas dans la même cour. Hélas pour moi et mon mariage, je n’ai rien compris à la lecture. Quand elle joue dans la belle cour pavée des grands, je suis restée au jardin d’enfants. Et croyez-moi ou pas, j’en suis fière.

 

Oui cette fantaisie est vile, mais comme je n’ai pas fait psycho avec Mars et Vénus, je ne sais pas digérer la vilenie, je la vomis. Beurk. Désolée. Vite, John Gray, donne moi le remède : page 72 chapitre 3 paragraphe 2 à lire 2 fois chaque soir.

 

Et encore, s’il n’y avait que la cour de lecture…

 

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Chaque chose - Julien Neel

15 Mars 2007, 15:24pm

Publié par Laure

« Un magnifique coup de cœur ! A lire, à lire, à lire !!! » c’est ainsi que Philippe concluait sa lecture de ce dernier album de Julien Neel. Et je partage son enthousiasme, cette chose est très forte ! Neel, c’est le papa de Lou ! (enfin l’auteur, vous me comprenez), et comme j’adore Lou, il me semblait naturel d’acheter son nouveau titre. Une BD très différente, où l’émotion et la relation filiale sont très présentes. Au départ, j’étais sceptique : des fonds de pages tout noirs (alors qu’on était habitué à la douceur pastel des Lou), des couleurs vives, des allers-retours dans le scénario : en fait non, on s’y retrouve très vite, et on ne s’arrête plus avant la fin.

Un homme part rendre visite à son père mourant à l’hôpital. Il se remémore des souvenirs d’enfance : son père magicien qui accepte un job de mascotte déguisé en gros ours bleu trimballé dans une voiture bulle pour faire de la pub sur les plages… ses virées avec lui et le chauffeur (cascadeur, à l’origine). Un va et vient entre l’enfance et le présent, l’amour et la peur de la perte, une incise aussi : celle de Gallimard demandant à Julien Neel d’écrire un album pour sa collection Bayou, celui qu'on a entre les mains (était-ce vraiment utile ? et quand bien même ce livre ne serait pas autobiographique, il en garderait toute sa force). Pourquoi chaque chose ? Le petit garçon dessinait déjà dans son enfance, des histoires de Batman et de super héros. Son père lui disait : « C’est pas super original ton histoire / Par exemple tiens : tu peux raconter des choses qui arrivent des types normaux comme nous… / Peut-être que ça peut intéresser des gens… / C’est vrai, dans le fond, chaque chose heu…/ Enfin tu vois quoi… »

 

A la force du récit s’ajoute le travail très intéressant sur l’utilisation des couleurs et quelques surprises du scénario que je vous laisse découvrir.

A noter : si Lou ! est pour les enfants, Chaque chose est clairement pour les adultes. Simplement parce que le sujet, un trentenaire qui craint de perdre son père, parlera davantage aux grands enfants qui un jour bientôt peut-être vivront cela.

PS : j’oubliais, il y a de l’humour aussi, dans cet album !

Gallimard, coll. Bayou, nov. 2006, prix : 15 €

Ma note : 4/5

 

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Le chalet suisse - Elodie Büri

15 Mars 2007, 12:35pm

Publié par Laure

J’ai envie d’aimer ce livre, parce qu’il s’en dégage une certaine timidité, comme un premier pas franchi vers d’autres possibles.

L’histoire n’a rien de franchement original, une jeune femme, Kathrin, la petite vingtaine, prend le train pour rejoindre des amis et passer quinze jours de vacances avec eux dans un chalet [suisse]. Les couples qui se mêlent, les rencontres ferroviaires, les cahiers d’écriture de Kathrin, voilà qui va donner prétexte à une littérature érotique jeune et fraiche. Car l’atout de ce tout petit livre, c’est qu’il ne cède pas aux poncifs du genre, à savoir vouloir faire à tout prix un catalogue de toutes les possibilités et pratiques en matière de sexualité dans un minimum de pages, ce qui devient vite trop souvent lassant. Ce petit chalet suisse est un premier roman, celui d’une trentenaire qui écrit sous pseudonyme (qui vit en Suisse et travaille dans la réassurance), mais qui s’est déjà essayée aux nouvelles érotiques. Je trouve qu’on ressent cette fragilité de débutante dans le récit, on ose mais pas trop, pas trop loin, pas de mots vulgaires, pas d’acrobaties éhontées, on reste dans la délicatesse. C’est féminin, c’est léger. Timide, disais-je au départ. Et en cela rafraîchissant.

Pocket, janvier 2007, 92 pages, prix : 5,20 €

Ma note : 3,5/5

 

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Merci fiston - de rien

14 Mars 2007, 22:23pm

Publié par Laure

A midi mon fils me fait un compliment, de ceux charmants dont il a le secret :

- pourquoi t'as piqué les chaussures de mamie ?

grr, mes nouvelles ballerines achetées très en soldes sur le net. Bon, quand il ne me dit pas des douceurs, il caresse  photographie les hérissons dans le jardin.

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Le loup, la fouine et l'oeuf - Emmanuelle Eeckhout et Catherine Pineur

13 Mars 2007, 20:52pm

Publié par Laure

Un loup aux grandes dents (mais qui n'a pas l'air très méchant !) trouve un oeuf. Mmmh, il a très envie d'une omelette pour son dîner ! Mais la fouine aussi a vu l'oeuf et voudrait bien le manger ! Ils se chamaillent, se traitent de voleurs, et ... l'oeuf se casse. Sur ce arrive la poule : "Mon poussin, mon pauvre poussin ! Attends, Maman arrive". Mais quand même, elle est bien curieuse cette poule rousse, avec son long bec qui ressemble à un museau (de renard?). Quand nos deux compères loup et fouine comprennent qu'ils se sont fait gruger, il est trop tard. Ils s'inquiètent : "et le poussin, que va-t-il devenir ?" "Mais ça, c'est une autre histoire !" Et c'est bien dommage, c'est vrai quoi, je voulais savoir moi s'il se fait croquer ou pas le poussin !

De facture classique, cet album est un bel ensemble texte/image (texte noir sur fond blanc en page de gauche, illustration pleine page sur page de droite) qui met en valeur les belles illustrations de Catherine Pineur, aux teintes pastels toutes de rose et vert. Le dessin adoucit la cruauté de l'histoire. Il m'a manqué un peu de l'humour d'Emmanuelle Eeckhout (une histoire d'amour à crrroquer, la vengeance de Germaine), mais cet album est destiné aux plus jeunes (je dirais dès 2 ans et demi). Un album tout doux donc, qui se veut quand même drôle et malicieux (pendant que loup pataud et fouine maligne se chamaillent, c'est le plus rusé qui gagne !), classique mais efficace !

J'aime beaucoup les dessins tendres et un peu naïfs de Catherine Pineur et sa "patte" me semblait familière : mais oui, elle travaille avec Emile Jadoul et Carl Norac ! des classiques de l'école des loisirs et de mes lectures à Mosquito ! Une valeur sûre, donc.

Pastel, EDL, 8 mars 2007, 9 €

Ma note : 4/5

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Mal de pierres - Milena Agus

13 Mars 2007, 19:14pm

Publié par Laure

C’est l’histoire d’une grand-mère racontée par sa petite-fille. A l’automne 1950, sa grand-mère avait presque 40 ans : elle quitte alors pour la première fois son village sarde de Cagliari pour aller en cure thermale sur le continent : souffrant du mal de pierres (les calculs rénaux), elle ne parvient pas à mener à terme une grossesse. Là, elle rencontre le Rescapé, un homme qui lui offre écoute et attention. 9 mois après la cure naît un petit garçon : le père de la narratrice. On tombe vite sous le charme de cette histoire un brin désuète et intrigante : la grand-mère s’est mariée sur le tard, en 1943, alors qu’elle avait plus de 30 ans, elle entretient avec son époux une relation curieuse, généreuse pourvoyeuse de prestations de maisons closes, tout le monde l’a toujours considérée comme un peu folle, alors ce mariage venait à point nommé. On avance sereinement dans l’histoire, jusqu’à la dernière page qui offre un nouveau point de vue et nous fait reconsidérer totalement le récit !

Elles ont aimé : Clarabel, Cuné, Cathe, Papillon, (pardon si j'en oublie !)

Liana Levi, nov. 2006, 123 pages, prix : 13 €

Ma note : 4/5

 

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Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

12 Mars 2007, 16:05pm

Publié par Laure

Voilà un roman léger, tonique et drôle, qui ne prend pas la tête, mais qui est souvent bien vu. Désirée a 35 ans, elle est bibliothécaire en section jeunesse, et elle se rend chaque jour sur la tombe de son mari Örjan. Lui a sensiblement le même âge, il s’appelle Benny, il élève des vaches, et vient chaque jour sur la tombe de ses parents. Lui, c’est le mec de la tombe d’à côté. Ils sont aussi différents que possible : elle aime les lignes simples et épurées, la culture et l’opéra, il ne jure que par la ferme, il est un peu souillon, et la tombe de ses parents est un mausolée digne d’un pépiniériste tant elle est ornée. Tout les oppose, mais voilà, quand Benny est proche de Désirée, elle a comme des papillons dans le ventre. Ces deux-là vont-ils pouvoir s’aimer ? Je vous laisse le découvrir ! On sourit souvent, même s’il est vrai que les clichés intello/paysan sont plutôt « bateau », attendus, et que l’expression des personnages (l’auteur a choisi de donner la parole à chacun des deux par alternance des chapitres) n’est pas si différente. Mais on s’amuse, c’est vif, léger, curieux, et j’ai souvent pensé au film je vous trouve très beau. J’ai particulièrement aimé la fin, courageuse, pas si simple, pas complètement tranchée non plus, sans être complètement ouverte non plus. Bref, un bon roman de détente, pas mièvre du tout !

Saviez-vous que le papier rose des éditions Gaïa était du papier « perle sanguine 100 g » spécialement fabriqué pour eux ? joli nom pour une couleur que j’ai toujours un peu de mal à apprécier, mais bon grammage pour compenser J !

A noter : paru en 1998 en Suède mais traduit en français en 2006 seulement.

PS : K. Mazetti écrit aussi pour la jeunesse : trucs et ficelles d'un petit troll

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus.

Gaïa éd., juin 2006, 253 p. ISBN 2-84720-079-7, prix : 20 €

Ma note : 4/5

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Jours de juin - Julia Glass

10 Mars 2007, 16:16pm

Publié par Laure

J’ai traîné ce roman foisonnant de longs mois, longtemps, bien trop longtemps. J’ai attendu plus d’un mois encore avant de lire les 50 dernières pages. J’aurais pu tout aussi bien ne jamais les lire. Il y a quelque chose d’attachant dans ce livre, et en même temps, rien ne vient frapper en plein cœur pour vous marquer longtemps.

Trois mois de juin à des années d’intervalle, différents points de vue, voilà qui compose les souvenirs de la vie des McLeod. En 1989, quelque temps après la mort de sa femme Maureen, Paul part en voyage organisé en Grèce. Il y rencontre Fern, une jeune artiste peintre américaine. Alternance des souvenirs de son épouse plus empressée auprès de ses collies (elle avait un élevage de cette race de chiens) que de lui-même et des moments passés avec Fern.

Six ans plus tard, en 1995, Fenno, revient dans le domaine familial en Ecosse, pour l’enterrement de son père, qui entre temps s’était installé à Naxos, une île grecque. Fenno est libraire à New-York, il est homosexuel, et a noué une relation d’amitié très forte avec son voisin Malachy Burns. Mal se meurt du sida. Tout le monde les croyait amants alors qu’ils ne l’étaient pas, mais ce décès marque profondément Fenno. Il retrouve en Ecosse ses deux frères jumeaux, David et Dennis, tous deux mariés, et écoute la demande surprenante de l’une de ses belles-sœurs de l’aider à procréer. Enfin, dans une troisième partie, en juin 1999, on retrouve notre américaine du début, Fern, qui par le biais de connaissances, rencontre Fenno. Elle a été mariée, veuve, et se retrouve enceinte d’un homme qui n’est pas encore au courant. Fern et Fenno sont tous deux à un carrefour de leur vie. Prendront-ils le tournant ensemble ?

 

Ce roman n’est pas inintéressant dans sa construction et sa narration, ses points de vue multiples qui construisent le souvenir d’une famille différemment, mais voilà : il est long, très long, trop long, et n’aurait sans doute pas souffert de quelques coupes. Je n’en garderai pas un souvenir flamboyant, mais quelque chose a fait que quand même, je suis allée au bout des 653 pages… Un avis mitigé, donc.

L'avis plus enthousiaste de Clarabel :

Ed. des Deux Terres, avril 2006, 653 pages, ISBN 2-84893-029-2, prix : 22 €

Ma note : 2,5/5

 

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