C'est l'amour que nous ne comprenons pas - Bart Moeyaert
Traduit du néerlandais par Daniel Cunin
Relisez le titre du livre, et j’ai envie de dire, moi c’est le livre que je ne comprends pas. Un style très particulier pour ce roman où l’on ne sait pas très bien ce qui se passe, 3 enfants sont dans une voiture avec leur mère, l’un conduit (donc on comprend qu’il est grand, mais pas tout de suite) et il y a un Polonais avec eux, avec un chien. On ne sait pas qui c’est. Ça sent le souffre, est-il l’amant de la mère et aussi celui, non souhaité, du grand frère ? On titube, on cherche, on revient en arrière, ce n’est pas clair. Ça m’agace tout bonnement, l’impression de ne rien comprendre à ce que je lis. Pourtant j’aime les styles épurés et elliptiques, mais là c’est autre chose, énigmatique et déroutant. Heureusement il y a la quatrième de couv pour comprendre (sinon je vous assure que je ne comprenais pas !) et la bonne critique de Ricochet pour m’éclairer un peu plus.
Las, je jette l’éponge, Bordzek, Bootsman et les autres (puisqu’il paraît que ce sont les amants de la mère) m’ennuient. Lecture abandonnée à la page 67 sur 151. Bon éditeur pourtant, bonne collection, mais on ne gagne pas forcément à tous les coups !
Pour en savoir plus : sur l’auteur et ses écrits
Ed. du Rouergue, coll. DoADo, oct. 2005, 151 pages, prix : 8,50 €
Ma note : 2/5
Crédit photo couverture : éd. du Rouergue et Amazon.fr
/image%2F0683481%2F20161028%2Fob_56b2ff_chaussette.jpg)
Parler de ce livre m’est délicat. Je ne suis pas allée au bout. Le temps qui passe trop vite (et
m’empêcherait de rendre mon commentaire à l’heure) est une mauvaise excuse. Voilà, je crois tout simplement que ce livre n’est pas « grand public », mais qu’il intéressera bien
davantage un public spécialisé, universitaire, littéraire ou historien, ou mieux encore, tout passionné d’histoire littéraire.
Le titre est tentant et l’auteur est lauréate de la résidence d’auteur de l’abbaye royale de Fontevraud 2004 (souvenez-vous,
le cru 2006 c’est
Il y a parfois des erreurs de lecture. Je faisais confiance au Dilettante, on y a déjà fait de belles découvertes. J’aimais le titre (original) et je
pensais naïvement qu’un roman sur l’anorexie ne pouvait pas être mauvais, mais forcément fort et poignant. Erreur sur toute la ligne. On dirait du Beigbeder pour le côté trash, mais en mal
écrit.
Olivia Hunt est renvoyée de chez Universal où elle était productrice. Son petit ami Michael l’a quittée. En même temps, sa petite sœur Maddie (Madeline, 28 ans)
est hospitalisée, atteinte d’une leucémie. La construction du roman est intéressante : une succession de lettres écrites par Olivia, à sa meilleure amie Tina, à sa sœur, à ses parents, aux
acteurs et autres producteurs de cinéma, lettres pour lesquelles nous n’avons jamais les réponses, mais qui permettent de suivre très bien l’avancée de l’histoire. Les prodigieuses aventures, parce que petite fille, elle inventait des histoires pour sa petite sœur, elle lui racontait de prodigieuses
aventures… Déboires, soucis, le ton est souvent drôle et sarcastique, mais voilà, il n’y a pas de déclic pour m’emporter franchement dans ce roman. Je le traîne depuis un bout de temps, je
l’ai lu en alternance avec le polar dont je parlais plus haut, reposé, repris, reposé et aujourd’hui vu la hauteur de ma PAL (et ma gourmandise pour des choses plus alléchantes), non, inutile,
j’abandonne ! (p. 136/344).
Elle a la plume alerte et vive, le verbe haut et franc, un style moderne et percutant, une maîtrise parfaite pour un premier roman. Mais Audrey Diwan n’a rien d’une débutante puisqu’elle est déjà bien connue dans le domaine de l’écrit : éditrice free lance, journaliste, le Buzz littéraire nous la présente 

Il y a un tel engouement pour Philippe Besson sur les blogs de livres en ce moment qu’il fallait quand même qu’au moins je lise un livre de lui ! J’ai choisi l’arrière-saison, qui reproduit sur sa jaquette ce tableau de Hopper auquel Besson a souhaité donner vie, en imaginant l’histoire de cette femme à la robe rouge, et des trois hommes autour d’elle.
C’est l’avis de
Le livre du sel, de Monique Truong, chez Rivages (octobre 2005) : « En 1929, deux femmes formidables - Gertrude Stein et Alice Toklas- quittent les Etats-Unis où la récession bat son plein. Installées à Paris, elles se mettent en quête d'un cuisinier. Binh se présente pour l'emploi. Subtil, délicat, le jeune homme a appris son métier au service du gouverneur à Saigon. Mélancolique, silencieux, il cherche lui aussi un refuge après avoir dû quitter précipitamment son pays. Elégant, plein d'émoi, Le livre du sel croise les lieux et les destins de trois personnages hors du commun. » Abandonné à la page 40 (sur 293). Raconté pour le moment par le cuisinier Binh, le récit mêle les temps de l’histoire, mais surtout, il est écrit dans un français bancal : volonté de respecter le personnage qui maîtrise mal la langue, ou mauvaise traduction de l’américain ? J’ai omis de relever un exemple, mais cela m’a gênée dans ma lecture. De plus on tarde à entrer dans le vif du sujet. Tant pis.
Et mon fils avec moi n’apprendra qu’à pleurer, de Frédéric Roux, chez Grasset (septembre 2005) : comment dénigrer son père, sa mère, sa ville, son école, avec humour ? En tout cas dans un langage coloré, c’est vrai qu’ils ont l’air gratinés dans la famille du narrateur. A tel point qu’on ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer, de tant de médiocrité étalée. Lecture facile. Mais je ne suis pas sûre qu’elle mène bien loin. Les tares des autres ne suffisent pas : arrêté à la page 50 (sur 300).
Dans la main du diable, Anne-Marie Garat, 902 pages chez Actes Sud (avril 2006). Ah, enfin une fresque gigantesque qui vous emporte et que vous ne voulez plus lâcher : euh, hélas non. Le format est plus grand qu’un Actes Sud habituel, les pages sont denses, tiens, on penserait bien aux bienveillantes. Même que c’est tout pareil : aucun lecteur ne nous l’a encore rendu en l’ayant lu. Pour Garat comme pour Littell, critiques dithyrambiques partout. La jeune Gabrielle Demachy, recueillie alors qu’elle était enfant par sa tante hongroise Agota à la mort de ses parents, veut comprendre les circonstances de la mort du fils d’Agota, Endre, qui était aussi son amoureux, décès que l’armée lui annonce avec quelques années de retard : pourquoi ? Je ne le saurai jamais, parce que le récit est si délayé, si descriptif et interminable, que j’y renonce (p. 70 sur 902) : c’est lent, trop lent.