Kurt et le poisson - Erlend Loe
Prix Tam-Tam 2006 dans la catégorie plus de 9 ans
Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Couraud
Illustré par Kim Hiorthoy
J’ai gardé le meilleur pour la fin, sans vraiment le savoir, mais je m’étais promis de lire en dernier le livre primé par les jeunes de 9-11 ans pour le Prix Tam-Tam du Salon Jeunesse de Montreuil en 2006, celui qu’ils ont élu par leurs votes via le magazine J’aime lire. Et bien je peux vous assurer que les enfants ne se sont pas trompés, c’est de loin le livre le plus réjouissant de cette sélection ! Il est presque dommage de le résumer tant il faut laisser intact le plaisir de la découverte (savoureuse). Mais il faut aussi vous donner envie, alors allons-y :
Kurt est conducteur de chariot élévateur transpalette, cet engin encore autrement appelé Fenwick. Son travail consiste à transporter, charger et décharger toutes les cargaisons qui arrivent par bateau dans son port de Norvège. Kurt est marié, il a 3 enfants. Sa femme dessine des maisons, sa fille aînée s’appelle Héléna et elle est toute maigre, il a un fils qui lui ressemble tellement qu’il s’appelle petit Kurt, et un petit dernier : Bud, parce que sa mère était fan de séries télé américaines et que tous les héros américains s’appellent Bud. Un beau jour, Kurt père trouve sur le port un gros poisson, très très gros (même qu’il ressemble à une baleine). Il le ramène chez lui, et pendant des mois et des mois, ils vont le manger. Et s’ils faisaient une escapade autour du monde, en famille, sur leur Fenwick et avec leur poisson ? Et vogue pour New-York, le Brésil, l’Afrique (ah non, ils se sont trompés de chemin et se retrouvent en Antarctique où ils ont, comment dire, un peu… froid !), l’Inde en avion (avec la baleine, hein), et ils rencontrent des tas de gens, même qu’ils parlent le Norvégien, de l’autre côté de la terre, c’est normal, non ? Le poisson diminue au fur et à mesure qu’Héléna grossit, Petit Kurt cultive sa passion du soda, Bud grandit, mais ils finissent par rentrer à la maison, mangent la dernière miette de leur poisson, et la vie reprend son cours. « C’est dingue tout ce qu’on peut faire rien qu’avec un poisson » (dernière phrase du livre). Parenthèse enchantée, magie de l’écriture où tout est simple et facile, possible et réalisable. J’ai adoré ce petit bouquin, complètement loufoque, délirant, ça a l’air d’être « n’importe quoi » et c’est franchement drôle ! De l’évasion, de la fantaisie, voilà un livre qui développe l’imaginaire ! Les enfants ont eu mille fois raison d’élire ce livre. Ceux avec qui je vais travailler à partir d’aujourd’hui et jusqu’au mois de juin feront-ils le même choix ? eh eh, je vous le dirai …
Et je suis ravie de découvrir que l’auteur en a sorti un deuxième il y a deux jours à peine : Méchant Kurt !
Et puis l’auteur, je suis sûre que vous le connaissez : Clarabel en a parlé ! Du coup, je vais sérieusement me pencher sur sa production « adultes » .
La joie de lire, mars 2006, 91 pages, ISBN 2-88258-343-5, prix : 7 €
Ma note : 4,5/5
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Je poursuis mes lectures professionnelles du prix Tam-Tam 2006, avec le deuxième livre proposé (sur 4) : Sadi et le général. Sadi est un petit garçon perdu par ses parents sur la grande place de la mosquée du Caire un jour de fête de saint Hussein. Il est recueilli et adopté par la famille de Farghali, matelassier de métier, qui a déjà trois garçons. L'enfant va apprendre le métier de son père adoptif et se révéler être un excellent élève. Il a 10 ans lorsqu'arrive le général Bonaparte, qui s'installe avec ses troupes dans le palais d'Elfi bey, Mamelouk qui s'est enfui. En regarnissant des coussins et des matelas, le petit Sadi va trouver un véritable trésor de pierres précieuses, de bijoux et de diamants cachés. Il en avertit immédiatement le Général, mais honnête et droit, il veut rendre les bijoux à sa propriétaire. S'ensuit une petite aventure qui tient en haleine, les bijoux ayant disparu. 

Ce petit roman jeunesse faisait partie de la sélection 2006 (avec trois autres dont je vous parle bientôt) du Prix Tam-Tam du Salon de littérature jeunesse de Montreuil, dans la catégorie + de 9 ans (partenariat avec J’aime Lire). Il y a aussi une catégorie plus de 12 ans (partenariat avec Je Bouquine), une catégorie albums, etc. (pour plus d’infos voir
Découvert grâce à
Le livre du sel, de Monique Truong, chez Rivages (octobre 2005) : « En 1929, deux femmes formidables - Gertrude Stein et Alice Toklas- quittent les Etats-Unis où la récession bat son plein. Installées à Paris, elles se mettent en quête d'un cuisinier. Binh se présente pour l'emploi. Subtil, délicat, le jeune homme a appris son métier au service du gouverneur à Saigon. Mélancolique, silencieux, il cherche lui aussi un refuge après avoir dû quitter précipitamment son pays. Elégant, plein d'émoi, Le livre du sel croise les lieux et les destins de trois personnages hors du commun. » Abandonné à la page 40 (sur 293). Raconté pour le moment par le cuisinier Binh, le récit mêle les temps de l’histoire, mais surtout, il est écrit dans un français bancal : volonté de respecter le personnage qui maîtrise mal la langue, ou mauvaise traduction de l’américain ? J’ai omis de relever un exemple, mais cela m’a gênée dans ma lecture. De plus on tarde à entrer dans le vif du sujet. Tant pis.
Et mon fils avec moi n’apprendra qu’à pleurer, de Frédéric Roux, chez Grasset (septembre 2005) : comment dénigrer son père, sa mère, sa ville, son école, avec humour ? En tout cas dans un langage coloré, c’est vrai qu’ils ont l’air gratinés dans la famille du narrateur. A tel point qu’on ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer, de tant de médiocrité étalée. Lecture facile. Mais je ne suis pas sûre qu’elle mène bien loin. Les tares des autres ne suffisent pas : arrêté à la page 50 (sur 300).
Dans la main du diable, Anne-Marie Garat, 902 pages chez Actes Sud (avril 2006). Ah, enfin une fresque gigantesque qui vous emporte et que vous ne voulez plus lâcher : euh, hélas non. Le format est plus grand qu’un Actes Sud habituel, les pages sont denses, tiens, on penserait bien aux bienveillantes. Même que c’est tout pareil : aucun lecteur ne nous l’a encore rendu en l’ayant lu. Pour Garat comme pour Littell, critiques dithyrambiques partout. La jeune Gabrielle Demachy, recueillie alors qu’elle était enfant par sa tante hongroise Agota à la mort de ses parents, veut comprendre les circonstances de la mort du fils d’Agota, Endre, qui était aussi son amoureux, décès que l’armée lui annonce avec quelques années de retard : pourquoi ? Je ne le saurai jamais, parce que le récit est si délayé, si descriptif et interminable, que j’y renonce (p. 70 sur 902) : c’est lent, trop lent.
J’ai pris prétexte de mon fils de 12 ans pour acheter ce livre, que j’avais noté à la lecture de bonnes critiques (je ne sais plus où !) Et bien ratage total, je n’ai pas aimé ! Vraiment moyen. A tel point que je me demande si je vais vraiment le donner à fiston, ou alors juste pour qu’il me serve de cobaye et me donne son avis de public cible ;-))
J’ai trouvé une méthode efficace pour faire baisser ma PAL : j’abandonne rapidement tout livre qui ne m’emballe pas passionnément, même si c’est parfois cruel de ne pas lui laisser une plus grande chance, mais il y en a tant d’autres qui nous tendent leurs pages, n’est-ce pas…
Ce livre est une somme, et si c’est un magasin, il ressemble plus à un hypermarché qu’à une épicerie de campagne, tant il offre de richesses (mais avec la qualité de l'épicier parisien de luxe !) Pourtant, je n’y ai pas trouvé de véritable bonheur, malgré toutes