Les jardins d'Hélène

Aubépine t.2 : le renard furax – Thom Pico et Karensac (ill.)

30 Octobre 2018, 10:37am

Publié par Laure

Le duo Aubépine et son chien Pelade est de retour ! (voir leur première aventure ici

 

Alors que sa mère est en déplacement et que son père tourne en rond devant ses jeux vidéo et tente de s'initier à la cuisine, Aubépine repart à l’aventure et se trouve à nouveau mêlée à une affaire quelque peu fantastique avec la vieille dame du premier épisode. Un renard furax arrive pour récupérer la Couronne des Cimes, qui change de tête à chaque saison. Mais cette dernière a perdu de son pouvoir et c’est accompagné de son armée de Chevaliers Châtaignes qu’il va tenter de récupérer la partie détenue par Aubépine.

 

Le climat déglingué et le passage direct de l’été à l’hiver n’est pas sans rappeler une certaine réalité…

 

 

Toujours aussi dynamique et plaisant, tant dans le scénario que dans le dessin, une série qui poursuit bien sa lancée et qui laisse présager de futurs bons tomes.  J’aime !

 

 

 

A partir de 6-7 ans

 

 

Dupuis, septembre 2018, 106 pages, prix : 9,90 €, ISBN : 978-2-8001-7434-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Karensac et éd. Dupuis.

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Arthur et les gens très pressés - Nadine Brun-Cosme (et Aurélie Guillerey, ill.)

27 Octobre 2018, 15:32pm

Publié par Laure

Arthur n'en peut plus de tous ces gens pressés autour de lui : le matin il faut déjeuner en vitesse, s'habiller vite fait bien fait, partir en courant parce qu'on est toujours en retard, la récré finit toujours trop vite parce qu'on a des maths à faire, allez allez.... stop ! Et si Arthur s'accordait un peu le temps de vivre et de rêver ? Et si cela l'aidait même à gagner en autonomie ?

 

En tant que parents, on se reconnaitra tous dans cet album pour avoir dit au moins une fois (si ce n'est dix mille) : "allez, dépêche-toi, presse-toi". Un bon prétexte pour prendre le temps de lire cette histoire à son (ses) enfant(s) (dès 3 ans) et de le regarder grandir.

 


Le dessin d'Aurélie Guillerey est coloré, dynamique dans la page, ah ces pieds qui ne touchent même plus terre et ces objets qui volent : ralentissons, et rien de grave n'arrivera !

 

 

 

Nathan, octobre 2018, [32 pages], prix : 11,50 €, ISBN : 978-2-09-258049-3

 

 

 

Crédit photo couverture et pages intérieures : Aurélie Guillerey et éd. Nathan.

 

Arthur et les gens très pressés - Nadine Brun-Cosme (et Aurélie Guillerey, ill.)

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La grande famille – Galia Bernstein

26 Octobre 2018, 15:02pm

Publié par Laure

Simon est un petit chat gris tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Il va se présenter aux autres félins, qui s’empressent de se moquer de lui : quoi, un félin ?! Mais il n’a ni la crinière et le bout touffu de la queue du lion, ni la silhouette gracieuse et élancé du guépard qui court vite, ni la cruauté du puma ou la noirceur de la panthère, et ainsi de suite pour les caractéristiques de chacun.

 

Pauvre Simon, il est tout perdu ! Et si au lieu de voir les différences, on cherchait d’abord à voir les points communs ? Comme les moustaches, les longues queues, les yeux qui voient dans le noir, les griffes, etc.

 

Un album très simple qui mêle caractéristiques documentaires sur les félins et histoire qui évoque l’appartenance à une famille, à un groupe, la tolérance dans l’acceptation de la différence…

 

De grands dessins qui occupent bien les doubles pages pour une histoire tout en douceur au final !

 

 

 

Nathan, août 2018, 32 pages, prix : 11,50 €, ISBN : 978-2-09258178-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Galia Bernstein et éd. Nathan

La grande famille – Galia Bernstein
La grande famille – Galia Bernstein

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Asymétrie – Lisa Halliday

25 Octobre 2018, 08:50am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Cohen

 

Alice a vingt-cinq ans, elle est assistante d’édition, vit à New-York, et tente de lire sur un banc quand elle est abordée par un homme bien plus âgée qu’elle. Ainsi débute sa relation amoureuse avec Ezra Blazer, de près de cinquante ans son ainé, célèbre écrivain que la critique a identifié ici comme étant Philip Roth, l’auteure ayant eu une relation avec lui pendant quelques années. Cette première partie, intitulée Folie, est fraiche, tendre, drôle, on sourit aux propos d’Ezra Blazer, à ses difficultés liées à l’âge, on apprécie son humour, sa gentillesse et son érudition. L’asymétrie du titre serait-elle celle de ce couple ?

 

Arrive une deuxième partie – autre asymétrie du monde ? – intitulée Furie, qui n’a strictement rien à voir avec la première. Amar Jaafari est docteur en économie, de double nationalité irako-américaine, et il se rend en Irak pour retrouver son frère qu’il n’a pas vu depuis des années. Il est arrêté à l’aéroport d’Heathrow, à Londres, où il devait faire une escale de quelques jours chez un ami. Malgré l’attention aimable avec laquelle il est traité, on devine aisément qu’il est soupçonné de terrorisme et que son séjour sur le sol britannique est compromis. Le récit alterne les faits vécus à l’aéroport et le récit de sa vie jusque-là.

 

Une troisième et brève dernière partie vient clore le roman, sous la forme d’une interview retranscrite d’Ezra Blazer, sur sa défense de sa vie privée et, clin d’œil à Roth, son amertume d’avoir toujours été recalé au Nobel de Littérature.

La critique a souvent loué la construction brillante de ce roman, et si la 4ème de couverture annonce que l’interview d’Ezra Blazer « fournit la clé de ce puzzle littéraire bouleversant », j’avoue peiner à comprendre en quoi cette partie réunit et explique les deux précédentes.

 

Je suis restée perplexe, tout en reconnaissant le plaisir que j’ai eu à lire chaque partie séparément.

 

 

Sans doute faut-il mieux connaître les romans et les idées de Philip Roth, ainsi que la littérature américaine (Blazer cite et offre à Alice de nombreuses références), sans quoi il peut être difficile de vraiment comprendre ce roman.

J’ai imaginé dans la deuxième partie une critique de la politique américaine envers l’Irak, et le décalage avec la vie amoureuse d’Alice, asymétrie entre son bonheur simple et la réalité du monde ?

 

 

Piquant, intéressant, plaisant, mais un peu déroutant.

 

 

 

Gallimard, coll. Du monde entier, août 2018, 341 pages, prix : 21,50 €, ISBN : 978-2-07-272879-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Gallimard

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Timo l’aventurier tome 1 – Jonathan Garnier, Yohan Sacré (ill.)

24 Octobre 2018, 14:56pm

Publié par Laure

- Ils disent que tu fais que frimer avec tes livres mais qu’en vrai, tu sais rien faire !
- C’est n’importe quoi ! Je sais faire plein de trucs ! C’est juste…. C’est juste qu’il n’y a rien à faire ici

Parce qu’il a lu tous les livres disponibles dans son village et qu’il ne sait plus quoi faire, Timo, petit garçon d’une dizaine d’années, décide de partir seul à l’aventure, avec un sac-à-dos, quelques vivres et un carnet de notes. Il est plutôt débrouillard mais le monde est hostile.

Les créatures étranges qu’il va rencontrer et parfois affronter vont l’aider à grandir, réfléchir et faire des choix.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome – qui nous laisse hélas sur notre faim dans l’attente de la suite de l’aventure qui devrait s’achever en 2 volumes  – qui allie avec douceur et fantaisie récit d’aventure dans un monde faisant référence aux contes et légendes et juste ce qu’il faut de fantastique pour ne pas rebuter.

 

C’est frais, drôle, tendre, le dessin est doux et la BD traditionnelle s’intercale de scènes plus écrites représentant le journal de bord de Timo.

 

 

Un très bon album dont il faudra surveiller la suite !

 

Jonathan Garnier est le scénariste des très bons Momo et Bergères guerrières.

 

 

 

Le Lombard, août 2018, 64 pages, prix : 13,99 €, ISBN : 978-2-8036-7102-1          

 

 

Crédit photo couverture : © Yohan Sacré et éd. Le Lombard.

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Le Nord du monde – Nathalie Yot

17 Octobre 2018, 16:07pm

Publié par Laure

Elle trotte comme un poulain pour fuir l’homme-chien.

D’emblée l’écriture est très imagée. Une femme fuit ce que l’on imagine être des violences conjugales ; elle marche vers le Nord, Lille d’abord, puis Amsterdam et les fjords de Norvège. Elle se lie et se délie très facilement au fil de ses rencontres. Elle se perd et cherche à se reconstruire, mais n’est pas loin de basculer dans la folie. Lors d’une étape on lui confie un enfant, Isaac, neuf ans environ. L’amour maternel qu’elle éprouve alors se teintera vite d’un amour interdit.

 

Si l’écriture porte le roman, très bref, du début à la fin, le choix de l’auteur fait dans le rapport de cette femme à l’enfant dérange, interpelle, perturbe, dégoûte, plonge dans l’incompréhension. Bref, il est impossible de ne pas réagir. L’ultime page semble remettre les choses à leur place.

 

Si la première moitié du roman remporte l’adhésion du lecteur sans difficulté, la seconde, même si elle suggère plus qu’elle ne dit - il y a toutefois des indices qui ne laissent aucun doute – ne peut que mettre mal à l’aise.

 

Je ne sais pas si j’ai aimé, car je peine à accepter le choix de l’intrigue. Et pourtant j’aime que la littérature dérange. Si le roman Objet trouvé pouvait choquer certaines personnes, il mettait en présence des adultes consentants. Mais un adulte envers un enfant…même sous couvert de fiction, j’ai du mal.

 

 

 

 

Lu dans le cadre des 68 premières fois

 

 

 

 

 

 

La contre-allée, coll. La sentinelle, août 2018, 144 pages, prix : 16 €, ISBN : 978-2-376650-01-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Guillaume Heurtault et éd. La Contre-allée.

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Soixante jours – Sarah Marty

11 Octobre 2018, 15:52pm

Publié par Laure

Ils sont quinze kurdes, hommes et femmes, avec des enfants et un bébé, à fuir la Turquie en guerre, en prise avec un passeur qui leur vend du rêve à prix d’or et ne leur fera connaître que des situations inhumaines. Le voyage qui devait durer cinq jours en durera soixante, et il est parfois bien difficile de lire l’accumulation à peine croyable de ce que ces hommes et ces femmes ont enduré.

 

Le groupe est porté par Yoldas, un maçon, qui racontera son histoire à l’auteure quand il se trouvera chez elle à reconstruire un mur en région parisienne.

 

Cette histoire vraie est si effroyable qu’elle ne peut qu’induire un autre regard sur les migrants.

 

Incontournable sur ce sujet.

 

 

 

Extrait p. 129 : « - Comment tu fais, toi ? lui demande Cevdet. Il y a une force en toi, quelque chose d’indéfinissable.

Yoldas sourit, son regard se perd.

- Elle est en moi.

Cevdet cherche et attrape son regard. Il ne veut rien perdre de lui.

- Qui est en toi ?

- une femme qui m’attend quelque part, une femme que je ne connais pas, mais qui aimera l’homme que je suis.

Cevdet rit.

- C’est tout ? Juste le rêve d’une histoire d’amour !

- Oui, mais c’est l’amour qui tient les hommes debout, Cevdet, et c’est la haine qui les fait tomber. Il ne faut jamais oublier ça. »

 

 

 

Denoël, mai 2018, 277 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-207-14225-7

 

 

 

Crédit couverture : © Constance Clavel / photo : Martins Zemlickis / Unsplash

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Papa est en bas – Sophie Adriansen

10 Octobre 2018, 15:04pm

Publié par Laure

Olivia est une enfant comme les autres, heureuse avec ses parents et leur chat Cyrano. Mais la vie de toute la famille commence à changer quand le papa arrête de jouer au foot, a de plus en plus de mal à se déplacer, et se retrouve en fauteuil roulant, « en bas » dans la maison. Il est atteint d’une maladie orpheline à l’issue fatale, qu’il nomme par dérision « la tartiflette »

Sophie Adriansen signe un bref roman sur un sujet difficile et délicat, et malgré la tristesse inéluctable, le texte est éclairé de passages joyeux. Les souvenirs et la transmission se construisent dans ce que l’on vit au quotidien, et dans ce que l’on choisit de laisser, et cette force engrangée restera pour les vivants.

Un très beau texte, recommandé à partir de 10 ans.

 

 

Nathan, septembre 2018, 118 pages, prix : 5,95 €, ISBN : 978-2-09-257707-3

 

 

Crédit photo couverture : © Tom Haugomat et éd. Nathan

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Regarde dans la forêt - Emiri Hayashi

3 Octobre 2018, 16:09pm

Publié par Laure

Un très bel album automnal simple mais dont la magie opère par la beauté des couleurs vives : jaune, orange, rouille, le noir qui tranche, l'argenté qui éclaire ... s'y ajoutent les matières à toucher : le velours des renards, le relief des troncs d'arbre.. on y cherche et observe les animaux de la nature, et la beauté des détails.


Superbe !

 

(je précise quand même que les images présentées ici sont loin de l'éclat quand on a le livre en main, et l'argenté n'y brille pas en photo comme en vrai !)

 

 

 

 

 

 

D'autres titres de cette illustratrice :

- Regarde, c'est papa !

- Écoute dans la nuit

 

Dès 6 mois dit l'éditeur, mais après ça marche aussi bien !

 

 

Nathan, août 2018, cartonné 10 pages, prix : 13,95 €, ISBN : 978-2-09-258103-2

 

 

Crédit photo couverture : © Emiri Hayashi et éd. Nathan

 

 

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Objet trouvé – Matthias Jambon-Puillet

2 Octobre 2018, 18:42pm

Publié par Laure

p. 31 : « - Quand les premiers secours ont retrouvé M. Morin, il était avec une femme, ou plutôt le corps d’une femme. Elle était déjà morte lorsqu’ils l’ont trouvée. Lui est à l’hôpital, elle à la morgue, nous essayons de comprendre ce qui s’est passé. Bien que nous n’en soyons qu’aux débuts de l’enquête, nous avons toutes les raisons de croire qu’ils entretenaient une liaison poussée. Des affaires d’homme lui appartenant ont été retrouvées chez elle.
Nadège ne rit plus. Elle a l’impression d’avoir cessé de respirer. Marc n’aurait pas été capable de s’attacher et de partir avec une autre. Nadège le jurerait sans l’ombre d’un doute. Face aux plus solides des preuves, elle le jurerait encore. »

C’est un choc pour Nadège lorsqu’elle apprend que l’homme qu’elle aimait a été retrouvé ainsi, agonisant auprès d’une femme morte, lui qui a disparu trois ans auparavant lors de son enterrement de vie de garçon, la laissant seule et enceinte. Elle a refait sa vie avec Antoine, mais la réapparition de Marc change la donne. Qui était cette Sabrina ? Comment a-t-il pu disparaitre pendant trois ans ? Quel avenir ont-ils chacun désormais ?

 

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé audacieux pour le thème qu’il aborde, appelé pudiquement sexualités alternatives en 4ème de couv, et si je ne comprends pas toujours le choix des pratiques BDSM et les choix faits dans le récit en particulier à la fin, ce n’est pas l’essentiel du roman, n’y cherchez pas un roman érotique ou pornographique. L’intrigue va bien au-delà, posant en filigrane des réflexions sur l’amour, la nature du plaisir, le rapport à l’autre, en usant d’une construction particulièrement réussie. C’est avant tout une histoire d’amour. Pas ordinaire, certes.

 

Un prologue donne la parole au pompier secouriste, un épilogue la clôt avec le compagnon des trois dernières années ; au centre, trois grandes parties, narrées successivement par, Nadège, Sabrina puis Marc, en respectant le fil temporel de l’intrigue.

 

Un premier roman que je trouve très réussi, mais qui pourra de toute évidence choquer selon la capacité de chacun à aborder des sexualités différentes et moins communes. Ce n’est pas pour autant qu’on y adhère ou les comprend, mais la littérature a ici un rôle dérangeant plutôt bienvenu, sans jamais être vulgaire.

 

 

 

 

Lu dans le cadre des 68 premières fois, et sans ce groupe, j’avoue que je n’en aurais jamais entendu parler.

 

 

 

 

Ed. Anne Carrière, août 2018, 189 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-8433-7921-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Anne Carrière

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