Les jardins d'Hélène

Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien – Ulli Lust

15 Juillet 2020, 17:58pm

Publié par Laure

Traduit de l’allemand par Paul Derouet

 

 

Deuxième volet autobiographique (après « Trop n’est pas assez », que je n’ai pas lu) de cette autrice-illustratrice autrichienne que je ne connaissais pas et que j’ai découverte au hasard d’un passage en bibliothèque.

 

Ulli a 23 ans et vit à Vienne avec Georg, plus âgé qu’elle, elle débute dans l’illustration jeunesse. Le week-end, elle rentre chez ses parents voir son fils Philipp, né alors qu’elle avait 17 ans et dont elle n’a jamais revu le père. Amoureuse d’un immigré nigérian sans papier, Kim, elle narre ici sa volonté d’amour libre et le côté sombre des différentes cultures en matière d’amour et de place de la femme dans le foyer et la société.

 

Tout de noir et rose dans le dessin, le récit dépeint l’engagement d’Ulli pour le polyamour, entre un compagnon artiste compréhensif et un amant africain dont la violence conjugale dépassera la fougue sexuelle, sous le regard parfois dépassé et moralisateur de ses parents.

 

Pas facile d’assumer ses choix personnels en matière de couple, de maternité, de travail et de vie quotidienne, cette histoire personnelle est forte et touchante.

 

 

p. 139 « Paresseuse, égoïste, dépravée… mauvaise, c’est ça : je suis une mauvaise mère. »

 

 

 

Éditions çà et là, novembre 2017, 366 pages, prix : 26 €, ISBN : 978-2-36990-246-1

 

 

 

Crédit photo couverture : © Ulli Lust et éd. çà et là

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Les roches rouges - Olivier Adam

14 Juillet 2020, 17:23pm

Publié par Laure

Antoine a dix-huit, a laissé tomber ses études et vit chez ses parents, paumé entre alcool, drogue et médicaments. Quel triste passé porte-t-il déjà sur ses épaules ? Il tombe amoureux de Leila, rencontrée à Pôle Emploi, à peine plus âgée, mariée et mère d’un petit garçon de 3 ans. Victime de violences conjugales, elle va se réfugier chez lui, qui l’emmène se réfugier aux roches rouges, une maison familiale dans le sud-est de la France où se trouve déjà sa sœur ainée qui ne souhaite plus le voir.

 

Des personnages cabossés par la vie malgré leur jeune âge, la dénonciation de violences conjugales, de l’emprise et d’un schéma familial qui se reproduit, la fuite, la peur, les drames qui s’accumulent (on découvre l’accident terrible vécu par la sœur d’Antoine et dont il est responsable), la tension qui monte dans une course poursuite effrénée pour se sauver du malheur, tout est sombre et douloureux dans ce roman d’Olivier Adam, et pourtant… de cette mélancolie qui vous enveloppe à la lecture du journal de Leila, qu’elle tient dans ce carnet offert par Antoine, du récit du jeune homme naissent aussi une lueur d’espoir dans la résilience, la volonté de s’en sortir ensemble, de soigner ses blessures au contact de l’autre, pour chacun des personnages.

 

On en ressort un peu KO, et surpris que ce roman soit publié dans une collection ados-jeunes adultes, il s’adresse pourtant à tous et aurait tout autant sa place en littérature générale.

 

A lire un soir de spleen (et c’est dans ce contexte qu’il m’a fait du bien !) ou si vous ne craignez pas la noirceur de la vie, qu’éclaire le rire du petit Gabi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ed. Robert Laffont, coll. R, juin 2020, 230 pages, prix: 17,90 €, ISBN : 978-2-221-24714-3

 

 

 

Crédit photo couverture : © Photos Stacie Lucas et Ibrahim Mushan pour Unsplash / éd. R.Laffont

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L’été des oranges amères – Claire Fuller

9 Juillet 2020, 09:35am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Mathilde Bach

 

Le roman s’ouvre sur les derniers jours d’une femme à l’hôpital. Au fil des visites du personnel médical et d’un ancien vicaire qu’elle a connu plus jeune, Frances Jellico remonte dans ses souvenirs jusqu’à l’été 1969, où elle fut chargée de faire l’inventaire patrimonial et architectural d’un manoir délabré perdu dans la campagne anglaise. A sa grande surprise elle n’est pas seule, la bâtisse est occupée par un couple étrange, Cara et Peter, sympathiques mais de plus en plus intrigants.

 

Frances découvre un judas dans le plancher de sa chambre, qui lui permet d’espionner le couple dans la salle de bain juste en dessous. Petit à petit, Peter et Cara vont devenir amis avec Frances, l’emmener partout avec eux, partager leurs souvenirs.

 

Le roman tient dans son atmosphère, étrange, lourde, mystérieuse. Il ne se passe pas grand-chose et les confessions de Cara sont troublantes, fabule-t-elle ? Que s’est-il réellement passé ? Que cache ce charme discret qui vire à l’emprise ?

 

La fin inattendue offre un retournement intéressant et permet de reconsidérer l’ensemble du roman, qui sans cela j’avoue m’a souvent ennuyée. Mais avec ce nouveau regard, l’intrigue déploie toute son ampleur et démontre le talent de l’auteur.

 

Un roman que j’ai trouvé toutefois un cran en dessous de son précédent, Un mariage anglais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stock, coll. la cosmopolite, juin 2020, 416 pages, prix : 22,50 €, ISBN : 978-2-234-08714-9

 

 

 

 

Crédit photo couverture : © photographie : © AKG Images / Getty images, et éd. Stock

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Pucelle t.1 : débutante – Florence Dupré La Tour

8 Juillet 2020, 15:25pm

Publié par Laure

« Pucelle » est le volet autobiographique de l’enfance de l’autrice.

 

Elle grandit dans une famille catholique pratiquante rétrograde où la femme est nécessairement soumise. L’éducation est patriarcale, la sexualité tabou et sale, mais Florence, au fil du temps, malgré l’ignorance et la honte de ce qui lui arrive (la puberté est racontée comme un traumatisme), sent se lever en elle le vent de la colère. Les couleurs passent d’ailleurs régulièrement du rose au rouge.

 

Les relents racistes et colonialistes du père sont difficiles à lire mais participent de l’histoire de sa famille.

 

Une BD intéressante sur un mode d’éducation qu’on croirait révolu, mais l’autrice n’a que 42 ans, née en 1978 elle était donc adolescente au début des années 1990, à la toute fin du XXème siècle !

 

 

 

Dargaud, juin 2020, 179 pages, prix : 19,99 €, ISBN : 978-2-205-07649-3

 

 

 

Crédit photo couverture : © Florence Dupré La Tour et éd. Dargaud

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Peau d’homme – Hubert et Zanzim (ill.)

7 Juillet 2020, 10:25am

Publié par Laure

Gros coup de cœur pour cette BD conseillée par mon libraire !

 

Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca est en âge de se marier. Autant dire qu’il s’agit d’un mariage arrangé et qu’elle ne connaît en rien son futur époux, Giovanni, un riche marchand. Sa marraine va lui offrir une peau d’homme, qui se transmet entre femmes de génération en génération, et qui permet, une fois revêtue, de devenir un homme. C’est ainsi transformée que Bianca va devenir Lorenzo, afin de mieux connaître Giovanni. Mais elle n’avait pas prévu que ce dernier tomberait amoureux de Lorenzo… ni qu’elle découvrirait ainsi les plaisirs de l’amour.

 

Un très bel album, audacieux, qui aborde la question du désir, de l’identité de genre, l’émancipation féminine, l’égalité homme-femme, le fanatisme religieux catholique, sans jamais se départir d’une fine pointe d’humour. Moderne et réjouissant !

 

 

 

Glénat, coll. 1000 feuilles, juin 2020, 159 pages, prix : 27 €, ISBN : 978-2-344-01064-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Zanzim et éd. Glénat

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Capucine fait sa valise – Gwendoline Raisson et Emmanuelle Eeckhout (ill.)

5 Juillet 2020, 08:46am

Publié par Laure

Dédicace spéciale à tous les papas en télétravail !

 

Capucine s’ennuie à la maison, son papa est toujours occupé sur son ordinateur. Elle pourrait bien essayer de jouer, mais ça le dérange tout le temps : trop de bruit, trop de bêtises… C’est décidé : puisque c’est comme ça, elle fait sa valise et s’en va ! Où cela ? en Afrique ! Pourquoi ? Pour voir des ours ! Des ours en Afrique ? …

 

Un papa bien occupé reste un papa, qui déborde d’amour et d’idées. C’est pas si loin l’Afrique, c’est même à deux pâtés de maisons quand on a un peu d‘imagination.

 

Un album tendre et drôle sur l’ennui, l’entêtement, la colère, l’amour, le besoin d’attention et de moments partagés, la vie quoi !

 

Un beau duo père-fille, pull et chapeaux assortis !

 

 

(Dès 3 ans)

 

 

 

Pastel, mars 2020, prix : 12,50 €, ISBN : 978-2-211-30246-3

 

 

 

Crédit photo couverture : © Emmanuelle Eeckhout et Pastel / l’école des loisirs

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Dédé – Matthieu Maudet

4 Juillet 2020, 08:33am

Publié par Laure

Si vous ne connaissez pas encore le système Dédé, vous n’allez pas tarder à le découvrir. Dédé, c’est ce mignon petit rhinocéros qui démonte tout sur son passage. Qui dédémonte, pardon.

 

Qui rend fous ses parents et le voisinage, mais promis, Dédé va tout reremonter, car la dédébrouillardise, ça le connait.

 

Un album rigolo qui mérite un peu d’entrainement pour la lecture à voix haute, mais vous verrez qu’après vous aurez plein de petits Dédé à la maison, et jouer avec les mots, c’est une super idédée, n’en déplaise aux grincheux !

 

(Et c’est en dédémontant qu’on apprend ! Avis aux bricoleurs du dimanche !)

 

 

(dès 3 ans)

 

 

L’école des loisirs, avril 2020, prix : 12,20 €, ISBN : 978-2-211-30735-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Matthieu Maudet et éd. L’école des loisirs

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Stella – Cyril Bonin

3 Juillet 2020, 08:14am

Publié par Laure

Un écrivain en perte de vitesse met le point final à son dernier roman, mais juste avant il se met à converser par écran interposé avec son héroïne, Stella. Cette dernière ne tardera pas à entrer réellement et physiquement dans sa vie. Comment est-ce possible ? Et comment cette femme tout droit sortie des années 50 peut-elle s’intégrer de nos jours au XXIe siècle ?

 

Réalité, fiction, conscience, noosphère, absurdité du système, et surtout création sont des thèmes abordés avec succès dans cet album essentiellement duochrome, en nuances de vert et d’ocres.

 

Une chute aux petits oignons, je ne vous en dévoile pas plus, mais nul doute que Stella vous séduira.

 

 

 

Vents d’ouest, mars 2020, 100 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-7493-0898-2

 

 

 

Crédit photo couverture : © Cyril Bonin et éd. Vents d’Ouest

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Juin 2020 en couvertures ...

30 Juin 2020, 09:16am

Publié par Laure

En juin j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En juin j'ai vu :

 

 

 Vu sur le conseil de mes enfants, MA-GNI-FI-QUE !

(Netflix)

 

 

 

Un thriller sur le monde éditorial, qui emprunte de nombreuses références à la littérature et à Agatha Christie. Malgré quelques lourdeurs trop théâtrales, le scénario tient le spectateur jusqu'au bout. Du très bon divertissement.

 

 

 

 

 

bonne construction chorale, un peu lent une fois l'intrigue comprise

 

 

 

 

un film d'action qui fonctionne, sans surprise

(Netflix)

 

 

 

 

 

 

(série Netflix en 4 épisodes) : excellent !

 

 

 

 

 

the resident saison 3 : ça détend :-)

 

 

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Encore une histoire d’ours – Laura (texte) et Philip (ill.) Buntig

20 Juin 2020, 13:27pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Australie) par Rosalind Elland-Goldsmith

 

 

L’histoire commence comme un conte traditionnel, belle majuscule enluminée : « il était une fois un ours brun… » STOP ! L’ours se rebelle et se fâche avec son auteur. Ça suffit, les ours sont exploités, ridiculisés, épuisés, qu’on les laisse vivre enfin ! Mais l’auteur persévère, jusqu’à ce que l’ours lui propose un marché : « je trouve un animal encore mieux que nous, et tu nous laisses tranquilles. Finies les histoires d’ours ».

 

Mais c’est loin d’être aussi simple, à chaque proposition, l’auteur trouve à redire. Les ours sont les seuls qualifiés pour figurer dans les bonnes histoires.

 

Je vous laisse la surprise de la chute, jolie trouvaille pour satisfaire tout le monde.

 

J’aime beaucoup le graphisme, les couleurs, la mise en page, les clins d’œil animaliers (beaucoup d’animaux renvoient à d’autres albums de cet illustrateur) et les références au conte de Boucle d’or notamment (les 3 bols et les 3 chaises de tailles différentes), au crapaud qui se transforme en prince charmant. La multitude de saumons sur fond rose des pages liminaires et finales devraient séduire les ours gloutons !

 

 

 

Kaléidoscope, mars 2020, 13 €, ISBN : 978-2-37888-014-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © Philip Buntig et éd. Kaléidoscope

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