Les jardins d'Hélène

Papier froissé - Nadar

24 Juillet 2015, 09:27am

Publié par Laure

Traduit de l’espagnol par Charlotte Le Guen

 

Hormis la couverture et les dos de couvertures intérieures de couleur bordeaux, ce gros roman graphique (390 pages ! qui se lisent d’une traite) est composé tout de noir, gris et blanc, sobre mais efficace.

 

Deux personnages alternent dans la narration sans que l’on comprenne le lien qu’il peut y avoir entre eux, seule la révélation finale éclairera le mystère. Car c’est l’histoire d’un lourd secret mais le lecteur ne le sait pas encore.

 

D’un côté, Javi, un ado de seize ans qui a arrêté les cours pour vivre de petites combines comme venger un camarade violenté, récupérer des affaires volées, moyennant quelques billets. De l’autre, Jorge, un homme mûr qui s’installe à l’hôtel dans une ville où il ne semble avoir aucune attache, et où il prend un job de menuisier dans une scierie. Discret, solitaire, ses collègues n’arrivent pas à percer le mystère de sa vie. Jorge toujours, quelques temps en arrière, à la campagne, où il aide un vieil homme à tenir sa ferme et s’occuper des chevaux. Une amitié naît entre les deux hommes solitaires.

 

Si au départ les flashbacks ne sont pas évidents, on comprend vite que l’on est à deux époques différentes de la vie d’un même homme, et l’intrigue superbement menée dans sa narration et sa construction graphique pousse à aller de l’avant : pourquoi ce piano qui tombe jusqu’à s’écraser en étapes successives en pleines pages de chapitres ? Quel lien entre ces moments et ces personnages ? quel est ce cauchemar qui hante Jorge ?

Les personnages secondaires, collègues de travail, gérante de l’hôtel, famille de Javi ont tous une importance qui prend forme peu à peu.

 

La fin est bluffante et éclaire dès lors la citation de Sándor Márai mise en exergue, sur cette première page dans un décor forestier : « Quoi qu’il en soit, aux questions les plus graves, nous répondons, en fin de compte, par notre existence entière. » De même les premières pages de prologue où l’on ne voit pas les visages des personnages prennent tout leur sens à la fin.

 

Une BD que j’ai énormément aimée, pour son scénario bien conduit, pour l’humanité, la délicatesse et la douce tristesse qui ressortent de quelques scènes, pour son dessin épuré qui traduit bien les émotions et cultive le mystère jusqu’au bout. Une belle réussite.

 

p. 218 : « Tu sais quoi ? Parfois j’ai l’impression que tout le monde fait de moi ce dont il a envie… comme si j’étais un putain de papier froissé. »

 

Futuropolis, février 2015, 389 pages, prix : 29 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Nadar et éd. Futuropolis

Voir les commentaires

Avoir un corps - Brigitte Giraud

22 Juillet 2015, 10:07am

Publié par Laure

J’aime l’écriture de Brigitte Giraud et sa capacité à nommer des sensations, des émotions et à mettre en lumière ici la vie d’une femme par le biais de sa relation au corps. De l’enfance à la quarantaine, de la prise de conscience « d’avoir un corps » jusqu’à la maternité, on revit avec la narratrice les jeux de l’enfance, la question du poids / de l’alimentation, le plaisir, la douleur, l’avortement, l’accouchement… Chemin universel d’un corps féminin.

 

J’ai aimé tout particulièrement le passage sur l’avortement (le geste de la maman sur sa joue), et l’accouchement, tous deux très justes dans les peurs, perceptions et sentiments appréhendés.

 

J'ai ri au passage sur le "space-cake" à Amsterdam !

 

J’ai aimé aussi la partie douloureuse sur le deuil, lorsque son compagnon meurt dans un accident, celui qu’elle a toujours nommé ici « le garçon », le père de son enfant, et qui dans à présent s’appelait Claude. J’ai aimé cette intertextualité qui surgit soudain pour le lecteur familier des romans de l’auteur.

 

Un roman sensible et juste sur l’intime et l’universel, comme je les aime.

 

Mes autres lectures de Brigitte Giraud sur ce blog (cliquer sur les titres) :

 

- A présent (2001)

- Marée noire (2004)

- J’apprends (2005)

- Une année étrangère (2009)

 

 

Extraits :

 

p.90 [ quand il faut demander l'autorisation parentale pour l'avortement ] : « Et là où la mère devrait rejouer sa phrase, là où elle devrait risquer : « Tu n’as pas fait de bêtise, au moins ? » elle demeure muette, elle garde pour elle la phrase terrible. Ce qui suit est sans doute le plus délicat, ce qui arrive ensuite est un geste, celui de la mère qui écarte les cheveux de devant le visage inondé et esquisse une caresse contre la joue, geste perdu en chemin, si hésitant et si fragile qu’au lieu de s’annuler il compte double, il compte comme l’impossibilité de dire, d’agir, il compte comme la peur qui arrête, la peur qu’éprouve une mère devant son enfant souffrant, devant son enfant qui vit sa vie propre et solitaire, qu’elle n’a vue ni grandir, ni s’éloigner, ni même se débattre, qu’elle tente de retenir, de regarder aussi en improvisant ce geste. »

 

p. 148 [à l'entrée à la maternité / salle d'accouchement] : « Après il ne faut plus imaginer être une fille, une femme ou quelque chose d’approchant. Il faut accepter de n’être qu’une enveloppe de chair, tant le cerveau ni la mémoire ne comptent plus. Il faut se changer en une denrée concrète, sans éducation ni affect, n’obéir qu’à une logique mécanique, laisser de côté sa culture et son style. Son orgueil aussi. Sur la table d’accouchement toutes les femmes sont égales, c’est-à-dire impuissantes et soumises. Terrassées. Alors on repense aux girafes, on a vu les images à la télévision, l’élégance et la grâce, la longue descente, comme sur un toboggan, du girafon qui glisse hors de l’enveloppe et, contrairement au bébé humain, se met sur ses pattes et vit bientôt sa vie autonome. »

 

 

Éd. Stock, août 2013, 234 pages, prix : 18,50 €  - Existe en poche

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Stock

Voir les commentaires

La princesse et le poney - Kate Beaton

16 Juillet 2015, 08:28am

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Guais

 

Princesse Pomme de Pin attend son anniversaire avec impatience, et dans son monde de guerriers, elle aimerait un cadeau digne de ce nom. Elle en a marre des pulls douillets, elle veut un cheval, un vrai, grand, fort, puissant. Hum, ses parents n'ont pas dû bien comprendre car ils lui offrent un petit poney tout rondouillard, bigleux et qui pète tout le temps. C'est mal parti pour le jour de la grande bataille ! Mais quand Otto le Terrible, le plus méchant guerrier, fond de tendresse devant le petit poney tout mignon, quelle surprise pour la Princesse !

Un album drôle et décalé qui bouscule les clichés et les genres, on peut être un dur guerrier et avoir un cœur d'artichaut, une petite princesse et rêver de rudes batailles, mais méfiez-vous de la différence, la surprise survient toujours où on ne l'attend pas, qui aurait misé sur ce poney croquignolet ? (rien que pour le mot, on sourit !) Album garanti sans une touche de rose, ne vous fiez pas au titre !

Au départ pas trop fan des illustrations de Kate Beaton (qui est ici auteur et illustratrice), je me suis laissé séduire par tous les détails humoristiques et la bouille craquante de cet improbable destrier !

 

(PS : c'est dommage, il reste une coquille vers la fin, toujours plus visible sur un album court que sur un roman de 500 pages : "à l'unamité" au lieu de "unanimité")

 

éd. Cambourakis, mai 2015, prix : 14 €

Etoiles : 

Crédit photo couverture : Kate Beaton et éd. Cambourakis

Les premières pages proposées sur le site de l'éditeur © éd. Cambourakis
Les premières pages proposées sur le site de l'éditeur © éd. Cambourakis

Les premières pages proposées sur le site de l'éditeur © éd. Cambourakis

Voir les commentaires

La tour Eiffel à New York - Mymi Doinet (et Mélanie Roubineau, ill.)

15 Juillet 2015, 08:50am

Publié par Laure

Après la tour Eiffel a des ailes !, voici une nouvelle aventure de cette grande dame de fer aux fourmis dans les piliers, toujours aussi joyeuse et ludique. Cette fois, la tour Eiffel est invitée par sa cousine la statue de la liberté, dessinée elle aussi par Gustave Eiffel : en route pour un voyage à New York ! Accueillie dans le port de New York, la Liberté abandonne vite sa torche et sa tablette pour faire découvrir sa ville à sa cousine : les buildings, Central Park, l'équipe de basket, le marathon sur le pont de Brooklyn, etc.

 

Une nouvelle aventure adaptée aux jeunes lecteurs, aux illustrations douces et gaies à la fois (dominante de teintes pastel). C'est frais, fantaisiste et joyeux : une valeur sûre !

 

(Tiens, l'illustrateur a changé, c'était Aurélien Débat dans le 1er volume !)

 

(une édition en grand format album est prévue pour octobre 2015)

 

Nathan, mai 2015, 29 pages, prix : 5,60 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Mélanie Roubineau et éd. Nathan

Voir les commentaires

Le sculpteur – Scott McCloud

10 Juillet 2015, 15:29pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Fanny Soubiran

 

David Smith est un artiste maudit. Il a connu son heure de gloire mais abandonné très vite par son mécène, il connait la dépression et le manque d’argent. Au plus bas de sa forme, il pactise avec un vieil homme, Harry, qui lui confère le don de sculpter à mains nues tout ce qu’il veut en échange de sa vie. David a donc 200 jours devant lui pour créer ce qui restera son œuvre après sa mort.

Outre une revisite du mythe de Faust, ce gros roman graphique (500 pages !) tout en bichromie (noir et bleu) est aussi une histoire d’amour tourmenté, qui pose quelques questions sur la réalité quotidienne d’un créateur (adulé ou sans le sou), sur la finalité de l’art, sur la trace que l’on laisse après sa mort, que l’on soit artiste ou non.

 

Le soupçon de fantastique est bien conduit, parfois fascinant (le personnage de Harry est à mon sens le plus réussi), la narration embarque le lecteur dans son compte-à-rebours, le choix de quelques pleines pages apporte un plus à la construction graphique, j’ai aimé, en dépit du caractère souvent sombre de l’histoire. Tout s’enchaine harmonieusement tant dans le récit que dans le dessin, et l’on sourit à l’ironie du sort quant au nom bien choisi de l’artiste : un David Smith parmi tant d’autres …. À quoi tient donc l’identité ?

 

 

 

Rue de Sèvres, mars 2015, 485 pages, prix : 25 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Scott McCloud et éd. rue de Sèvres

Voir les commentaires

La prise de la Bastille / Vercingétorix contre César – Hélène Montardre

10 Juillet 2015, 09:02am

Publié par Laure

La prise de la Bastille / Vercingétorix contre César – Hélène Montardre

L’Histoire et moi, ça fait deux. Je crois que je n’ai jamais aimé cela. J’ai quand même quelques souvenirs de culture scolaire pour avoir pu répondre à une question curieuse d’un élève il y a quelques mois, qui lors d’un accueil de classe, cherchait un livre sur le 14 juillet.

- Heu… tu veux un livre sur la prise de la Bastille ? La révolution française ?

- Non non je cherche un livre sur le 14 juillet

-…. ?

- Je dois faire un exposé : pourquoi le 14 juillet est un jour férié en France.

 

Ah ben c’est bien ce que je disais, nous y voilà, on est allés farfouiller dans les docs jeunesse sur la Révolution. Je vous laisse cogiter en attendant sur la pertinence de nos catalogues documentaires : entre notre langage Rameau et le réflexe Google du môme qui tape « 14 juillet » dans l’OPAC, il y a tout un monde. Je viens de refaire le test, en tapant « 14 juillet »,  on trouve quelques romans qui contiennent les mots « 14 juillet » dans leur résumé, mais qui n’ont strictement rien à voir avec le sujet recherché par le gamin.

 

Dommage je n’avais pas encore mis la main sur cette petite collection qui raconte de grands épisodes de l’Histoire de façon romancée, avec quelques rappels documentaires et un récit fictif assez court (une cinquantaine de pages). Parfait pour les 8-12 ans.

 

C’est assez didactique mais plutôt bien fichu : une double page d’intro (« l’aventure commence ») qui resitue les faits : Quand ? Qui ? Où ? Mais encore…, puis le roman, qui utilise à chaque fois un (ou plusieurs) jeune(s) héros auquel le lecteur peut s’attacher. A la fin, « pour en savoir plus », quatre pages documentaires complètent le sujet.

 

J’ai lu les deux premiers volumes de cette collection, la prise de la Bastille, et Vercingétorix contre Jules César (sur le siège d’Alésia en -52 av. J.C.), tous deux écrits par Hélène Montardre et illustrés par Glen Chapron (quelques pleines pages de crayonnés ici en noir et blanc), bon je ne vais pas aimer l’Histoire pour autant, mais je trouve cela sympathique et bien fait pour les jeunes curieux, qu’ils soient naturellement friands d’Histoire ou qu’ils aient besoin d’un livre pour un exposé. C’est court, synthétique, cela met bien en avant les enjeux et les stratégies des événements, tous comme les personnalités des grands hommes concernés, et ça coûte moins de 5 euros, bon compromis !

 

Il existe deux autres titres des mêmes auteur et illustrateur : Catastrophe à Pompéi (l’éruption du Vésuve) et le voyage de Christophe Colomb (la découverte de l’Amérique)

 

 

 

Nathan, février 2015, 58 pages chaque, prix : 4.95 € chacun.

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Glen Chapron et éd. Nathan.

 

 

La prise de la Bastille / Vercingétorix contre César – Hélène MontardreLa prise de la Bastille / Vercingétorix contre César – Hélène Montardre

Voir les commentaires

Quel est ce cri ? – Ill. de Giulia Orecchia

10 Juillet 2015, 08:31am

Publié par Laure

Quel est ce cri ? – Ill. de Giulia Orecchia

Texte de Giovanna Mantegazza

 

Un tout cartonné aux couleurs vives, fait de papiers découpés et de collages, pour apprendre le cri des animaux. Chaque trou est l’œil d’un animal qui à la page suivante devient l’œil plus petit d’un autre animal. Amusez-vous pour les bruitages et les onomatopées !

 

« Le coq cocoricole, la poule caquette et le poussin piaille. Quelle pagaille ! » Et le perroquet, vous savez ce qu’il fait, vous ? Il parle toute la journée. Et quand il en a assez, il met tout le monde au lit. Chut !

 

Une collection déjà bien connue et adorée des maternelles, avec le bouton de la sorcière et un petit trou dans une pomme, entre autres. Un renouvellement sympathique !

 

Nathan, Collection Percimages, mai 2015, prix : 11,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Giulia Orecchia et éd. Nathan

Voir les commentaires

Juin 2015 en couvertures ...

1 Juillet 2015, 07:24am

Publié par Laure

En juin j'ai lu (et peu commenté) :

 

  

 

 

 

 

 

 

En juin j'ai vu :

 

 

 

Voir les commentaires

Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # juin 2015)

30 Juin 2015, 13:15pm

Publié par Laure

Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # juin 2015)

Après le petit mois de mai (6 produits seulement), voici l'encore plus court moins de juin en terme de produits terminés : 5 à peine ! (mais comme il n'y a rien à gagner au bout, aucune importance !)

 

Un gel douche pas glamour du tout mais vraiment très bien pour les peaux sèches qui gratouillent sur les jambes notamment : Apitoderm, pour peaux extra sèches, réactives à atopiques, de la marque Sanex advanced. Un peu plus cher qu'un gel douche normal mais moins de 4 euros je crois. Je rachèterai probablement, produit familial par excellence également, même si l'on n'a pas de problèmes de peau.

 

 

Un shampooing coup de coeur ce mois-ci, chez le Petit Marseillais : Brillance et Volume, Vinaigre aux 3 fleurs, et Pamplemousse rose, pour cheveux ternes et fins, apporte éclat et légèreté dit le flacon. Et il tient ses promesses ! Il rend les cheveux légers, apporte un peu de volume, et les rend brillants : je crois que j'ai trouvé MON shampooing hors périodes de cheveux colorés. Il me plait vraiment celui-ci, donc oui, je le rachèterai. (il correspond à mon type de cheveux, pas sûre que vous ayez le même résultat sur des cheveux épais par exemple)

 

L'huile anti-cellulite tonifiante du Petit Marseillais, au thé vert, à l'huile essentielle de Citron et à l'Anis étoilé. Un soin corps pas très cher (surtout quand il est en promo dans les quinzaines beauté des hypermarchés, on le trouve alors autour de 4 euros), huile à masser qui tonifie apporte un parfum tonique (perso j'aime bien). Pas de miracle sur la cellulite, mais bon, on est toujours davantage dans l'idée de prendre soin de soi ... Je le rachète une fois par an en général.

L'inconvénient de l'huile, c'est que le flacon devient vite gras et la prise en main compliquée puisqu'on le prend avec les mains pleines d'huile d'avoir appliqué le produit. Pour éviter d'en mettre plein la salle de bain, je ne le vaporise pas directement sur la zone à masser, mais dans le creux de ma main, puis je l'applique. Le sol me dit merci :-)

 

Un soin contour des yeux, en miniature offerte (5 ml) dans un coffret de soin, la crème Resilience Lift d'Estée Lauder, galbe et fermeté. Je n'aurais pas parié sur ce soin que je pensais trop riche et trop épais, en réalité je l'ai adoré. Il reste léger à l'application et hydrate bien. Je le rachèterais volontiers, si le prix n'était si élevé (61,90 € les 15 ml). Donc non à cause du prix. Dommage.

 

Et une fois n'est pas coutume, un parfum terminé ! L'eau de Camille, d'Annick Goutal. Un floral vert au parfum d'herbe (ma fille : oh non, t'as encore mis ton parfum "j'aui tondu la pelouse"). Je regrette un peu les flacons tous semblables chez Annick Goutal, et une prise en main pas toujours idéale. Le petit noeud s'est cassé, pas grave, mais du coup, si vous avez plusieurs parfums de la marque (ce n'est pas mon cas), vous ne savez plus lequel c'est. Et je ne le rachèterai pas car il semble ne plus être commercialisé, et en floral vert, mon parfum fétiche sera toujours l'indétrônable n° 19 de Chanel. Mais je garde l'eau de Camille parmi ceux que j'aime.

Voici la pyramide olfactive pour les curieux :

Note de Tête : Chèvrefeuille, Seringa
Note de Coeur : Seringa
Note de Fond : Lierre, Troene

 

Voilà, c'est fini pour ce mois-ci :-)

 

Voir les commentaires

#scandale – Sarah Ockler

29 Juin 2015, 18:30pm

Publié par Laure

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne Guitton

 

Le bal de promo se prépare, comme il est de coutume dans les établissements scolaires américains. Mais Ellie est malade et ne pourra s'y rendre au bras de son petit copain Cole, elle demande donc à sa meilleure amie, Lucy Vacarro, de la remplacer. Elle lui prête même sa robe pour l'occasion.

 

Lady Blabla, une inconnue qui se cache sur Facebook pour animer une page à potins justement baptisée #scandale, lance un appel à photos pour la soirée, afin de participer au « scandale du mois. »

 

Et ce qui devait arriver arriva... Lucy, secrètement amoureuse de Cole depuis 4 ans, l'alcool et la fête aidant, ne résiste pas et embrasse le beau jeune homme. Elle le regrette aussitôt, malade d'avoir trahi sa meilleure amie Ellie.

 

Mais ce n'est que le début de son malheur, qui se propage sur la Toile : au cours de la soirée, quelqu'un a subtilisé son téléphone, a pris des photos de la scène et de bien d'autres situations gênantes pour elle et pour d'autres, et les a publiées sur sa propre page Facebook, usurpant son identité.

 

Le scandale est bien là, et Lucy va vite être le souffre-douleur du lycée, bien qu'elle se défende d'être la victime et non l'auteur de la publication.

 

Le thème de départ est intéressant (le détournement de photos sur le net, la manipulation, la responsabilité, la possibilité de faire beaucoup de mal derrière son écran, …) mais il est hélas traité de manière un peu vaine et trop « américaine » pour être crédible de ce côté-ci de l'Atlantique. Vous en connaissez beaucoup des principales d'établissement qui vous convoquent dans leur bureau pour vous passer un savon, tout en vous montrant leur propre page Facebook envahie de jolis bébés (la tranche d'âge suivante semble préférer ce type de partages) et en répondant de manière agacée à leur mère au téléphone ? Dans une histoire de copines, oui, dans une relation chef d'établissement / élève, je ricane.

 

Les personnages secondaires et tout particulièrement la sœur de Lucy, Jayla Love, actrice de sitcom, sont plutôt intéressants, tout comme le groupe S@tan (Section @nti Technologie et Addiction au Net), dans la réflexion qu'ils peuvent apporter sur ce besoin d'appartenance à un groupe, d'exposition permanente de soi et de triomphe de l'apparence.

 

Ce qui fait avancer dans le roman, c'est bien sûr le désir de connaître le coupable (et ses raisons), celui ou celle qui a posté ces photos en usurpant l'identité de Lucy, réussissant ainsi le scandale du moment. Hélas c'est bien longuet pour pas grand-chose.

 

Le roman reste dans la légèreté, sans jamais parvenir à rendre touchante – ni même crédible - la prétendue souffrance de la jeune fille (ça ne fonctionne pas, du moins pour moi), la superficialité prédomine, tant dans l'attitude des adultes et des adolescents que dans la façon dont le sujet est traité. A trop vouloir mêler les zombies et les licornes à paillettes (et les mini-beignets dont les jeunes passent leurs journées à se nourrir), on a un roman young adult très « détente », surfant sur la génération connectée, mais préférant les images des séries télé type Gossip Girl à la véritable problématique. Ah et puis les nombreuses allusions, discrètes mais répétées, à Fifty Shades montrent combien le récit s'inscrit dans une époque et un mouvement nourri de ces références-là.

 

Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé, mais il est vrai que je ne suis pas le cœur de cible de ce roman ado, sans doute séduira-t-il davantage une génération Z qui ne vit que par et pour les réseaux sociaux, les cœurs tout mous, les poneys et les licornes.

Génération hashtag, après #EnjoyMarie, #scandale...

 

 

Nathan, juin 2015, 411 pages, prix : 16,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Nathan

 

Voir les commentaires