Les jardins d'Hélène

5/10/15...allez, on va jusqu'à 20 ?

22 Février 2016, 18:11pm

Publié par Laure

Il y a quelques jours, je notifiais les 10 ans de ce blog.

 

Mosquito, alias petite dernière, avait 5 ans lorsque je l'ai commencé. Un ou deux disques durs perdus dans les limbes des défunts ordis de la maison, finalement, c'est encore en ligne qu'on retrouve le mieux ses photos.

 

 

 

 

Stikmou, alias toujours petite dernière, fête donc aujourd'hui ses 15 ans, c'est logique....

 

Bon anniversaire Constance ! (il est temps qu'on te rende ton prénom !)

Voici un montage fait par ses copines et que j'ai piqué sur sa page FB :

 

 

5/10/15...allez, on va jusqu'à 20 ?

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Bellevue - Claire Berest

22 Février 2016, 15:06pm

Publié par Laure

Qu'est-ce qui a conduit Alma aux urgences psychiatriques de Bellevue, alors que tout allait bien dans sa vie entre l'écriture, les cours, et son compagnon Paul ? Qu'est-ce qui a tout fait basculer le jour même de ses 30 ans ? Ce sac poubelle qu'elle lui a demandé de descendre et qu'elle a retrouvé au même endroit quelques heures plus tard ?

 

L'incipit du roman est percutant. D'emblée j'ai aimé l'écriture de l'auteur et cette alternance entre présent dans la folie et les quarante-huit heures tumultueuses qui ont précédé. Une exploration fascinante de ce moment de bascule dans une vie ordinaire, et qui montre sans fard cette jeunesse désabusée, qui a perdu ses illusions, qui se cherche sans se trouver ou qui pour y parvenir passe par des extrêmes.

 

Un très bon roman, parfois dérangeant mais qui cache derrière certaines lignes plus crues une belle réflexion tout en profondeur sur l'âge adulte. Et c'est ce mélange des genres qui est particulièrement réussi.

 

 

Ce passage, où il est question de Julien Gracq, mais que je relève pour sa pique à l'Education Nationale :

p. 33 (numérique) : « […] l'auteur du Château d'Argol était un homme secret et discret. Aurait-il été taxé d'élitisme aujourd'hui, à l'heure des débats perpétuels sur la réforme scolaire ? Probablement. Quand on n'ose plus soumettre les enfants à des lectures obligatoires de crainte de les violenter, il est amusant de penser à ces ouvrages des éditions José Corti qu'il faut payer au prix fort, et dont il faut découper chaque page à la main avant d'entreprendre la lecture, l'éditeur publiant ce que l'on appelle des livres cousus. »

 

Cet enchaînement sur la même page :

p. 52 (numérique) : « Cet homme n'a aucune importance, je ne veux retenir ni son nom, ni son âge, ni son effort, ni son âpreté, ni sa bite, ni son goût, je n'ai voulu qu'être son support, et qu'il soit mon support, le temps de me fuir encore un peu, de trouver le rythme de ma fuite.

 

J'ai toujours imaginé que chacun possède une fenêtre dans la tête, une fenêtre avec vue, mais hermétiquement fermée. Sa seule présence est décisive, car son existence contient de l'autre côté la folie, qui reste alors une idée et un fantasme. Son scellement est le garde-fou indispensable à la normalité. La tenir bien close permet que s'accomplissent les tâches et les plaisirs, et qu'on s’accommode des petites trahisons que coud sur les êtres la fréquentation du quotidien. Il est rassurant qu'elle soit là, car elle rappelle qu'elle peut être ouverte, et même pulvérisée. Elle peut aussi rester fermée, inviter à la simple consultation. La fenêtre offre alors une vue possible, une vue alternative. Qu'elle soit là, c'est avoir le choix. Ouvrir, ne pas ouvrir. C'est primordial. »

 

 

p.99 (numérique) : « Je ne peux lire, je ne peux écrire, le Valium est mon début et ma fin, alors je verlainise. »

 

 

D'autres lecteurs enthousiastes (avec d'autres extraits)

- à l'ombre du noyer

- le blog du petit carré jaune

 

Une lecture Netgalley : 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

Stock, janvier 2016, 198 page, prix : 17,50 € (12,99 € en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Stock

 

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Gray's anatomie (bon appétit)

21 Février 2016, 17:53pm

Publié par Laure

 

 

Âmes sensibles et estomacs délicats s'abstenir, ne lisez pas ce billet (ou ne dites pas après que je ne vous avais pas prévenus)

 

 

Fifille a 19 ans et commence son deuxième semestre de P2. Kesako ?

 

Autrement dit, pendant 3 semaines, à raison de 2h30 par jour, elle dissèque un pauv'papi mort qui lui a rien fait et qui a gentiment fait don de son corps à la science. Moyennant deniers, car la faculté de médecine incinérera les corps à la fin.

 

Cela avait commencé par un timide texto : « j'ai découpé mon premier papi mort aujourd'hui ». Puis sont venus quelques détails les jours suivants, l'écartèlement rigolo des clavicules, le découpage de la trachée, l'étude des cordes vocales, et sa conclusion, toujours par sms : « c'est trop cool ».

 

Premier retour à la maison après 15 jours, elle arrive juste pour le dîner et nous dit que cet après-midi, elle avait un cerveau dans les mains (mais pas celui du papi, la boite crânienne, c'est pour la semaine prochaine). Puis elle nous a énuméré et décrit l'état normal ou non de tous les organes, ce qu'elle en faisait, le dernier repas du mort, les points de couture appris, et à la fin l'agrafeuse magique, le corps qui moisit malgré les solutions bactéricides tous les soirs, (son papi était plus souffrant que les autres, elle en aura un neuf cette semaine ^^) les odeurs parce que quand même, ça fait 15 jours qu'ils sont dessus, et encore, je vous épargne les détails.

Son frère a essayé de replacer le débat sur un plan économique : payer pour donner son corps à une faculté de médecine coûte sans doute moins cher que des obsèques auprès des Pompes Funèbres (c'est un point de vue, certes, même si je ne pense pas que ce soit la motivation première!)

 

  • Fifille : ben franchement il reste pas grand-chose à incinérer vu que tout ce qu'on enlève, on le met dans des poubelles et que mon papi, il est tout vide là

  • Moi : ben si fifille, le contenu de tes poubelles justement !

  • Son frère : ben oui, c'est pas le camion des ordures ménagères qui les ramasse sur le trottoir hein !

Fifille rit volontiers de sa bêtise, mais n'en jetez plus, avec son frère on décrète que finalement on n'a pas faim et qu'on va ranger le restant du repas au frigo.

 

En plus j'ai mal à la tête depuis deux jours, ça m'épuise et me rend vaguement nauséeuse.

  • Fifille : tu as une méningite

  • Son frère : non, tu fais un AVC. Les prémices.

  • Moi : bon ben vous m'enterrerez demain, là maintenant, je vais me coucher hein.

 

Tout cela pour dire qu'une centaine d'étudiants ouvrant des corps pour les analyser morceau par morceau, dans tout ce qu'il peut y avoir de plus éprouvant, sans qu'un seul ne fasse un malaise ou n'ait une appréhension, mais au contraire, trouve cela génial, à tout juste 19 ans, 20 ou 21 parfois, moi je dis bravo.

 

Quand elle m'avait demandé « Gray's anatomie » en cadeau pour ses 19 ans, j'avais répondu « mais tu as vu toutes les saisons, non ? », avant qu'elle ne me précise : « mais maman, je veux la 3ème édition de juillet 2015, 1128 pages, 3,064 kg, 83 euros ». Moi aussi j'avais ri de ma bêtise. Et appris quelque chose (tout est dans le A !)

 

Bon courage ma fille, mais de grâce, épargne nos déjeuners en famille :-)

 

(et non je ne t'autorise pas à t’entraîner sur les chats, et puis d'abord ils sont bien vivants)

 

(mais oui j'apprécie l'humour de ma bénévole quand elle me souhaite un bon week-end : « gare aux papis si Anne-Claire est dans le coin ! »)

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10 ans déjà ...

17 Février 2016, 11:43am

Publié par Laure

 

 

Une 10 eme année qui s'achève dans ces jardins, déjà,

 

après 1712 articles, le passage de 767 393 visiteurs uniques, et 1 672 477 pages vues.

 

10 ans, c'est long. Il serait grand temps de refaire les peintures et de donner un grand coup de balai.

 

Désherber les massifs et semer de nouvelles graines.

 

Ou laisser faire et entrer dans une 11 eme année,

 

A moins de lever l'ancre et fermer la porte délicatement.

 

 

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Les regards des autres – Ahmed Kalouaz

16 Février 2016, 17:04pm

Publié par Laure

Laure est en classe de 3ème au collège, et se trouve être la victime d’une bande de filles qui la harcèle, juste parce qu’un jour elle a dit qu’elle trouvait tel garçon sympa, alors que les autres le traitent de « barjo » parce qu’il est bon élève.

 

Le roman d’Ahmed Kalouaz démonte habilement le processus du harcèlement scolaire, la peur, l’isolement, tout en ouvrant un possible : la libération par la parole.

Il est nécessaire de dénoncer, de se confier, de ne pas laisser faire. On trouvera même au bas d’une page le numéro de téléphone de Stop Harcèlement (0808 807 010 appel gratuit, service mis en place par le Ministère de l’éducation nationale), pour celles et ceux qui n’auraient pas ou n’oseraient pas d’autres confidents. Si ce livre peut aider ne serait-ce qu’un seul élève qui l’emprunterait au CDI de son établissement scolaire ou dans une bibliothèque, ce serait déjà pas mal.

 

Il n’y a pas de description de scènes violentes, c’est un récit à la première personne qui décrit bien le phénomène et la souffrance dans laquelle la victime s’enferme.

 

Si je devais faire un reproche à ce récit, c’est peut-être d’être trop mature, trop adulte dans la réflexion par rapport à l’âge du personnage. De même quelques épisodes qui font davantage penser au lycée qu’au collège (à moins que ce soit très différent dans ma campagne, non on ne peut pas sortir comme on veut du collège pour aller manger à l’extérieur si le menu de la cantine ne nous plait pas, ni aller et venir comme on veut, ni fréquenter les bars aussi aisément à 14/15 ans.)

Malgré ce léger décalage, ce roman reste un ouvrage avant tout utile sur le sujet.

 

 

Extrait page 10 :

« J’ai vécu des semaines d’enfer en silence, croyant que ça pourrait s’effacer comme une petite douleur, une fièvre bénigne. Mais ça ne passait pas, mes mains devenaient moites rien qu’en pensant à l’injustice qui allait commencer une fois le portail du collège franchi. Et même s’il ne se passait rien certains jours, ce sentiment a commencé à m’envahir. Derrière chaque porte, au bout d’un couloir, j’imaginais des pièges, des rires qui allaient fuser derrière mon dos, sur mon passage. »

 

Page 18 : « Dès mon arrivée dans l’appartement, je me défais d’abord de mon sac, le vrai, puis du fardeau mental que je porte, avant d’aller dans la salle de bains passer un long moment, sous l’eau, mes mains et mon visage. C’est un rituel, à la manière des hommes que j’ai vus un jour à la télé se purifier dans le Gange. Même si le fleuve semblait charrier des eaux putrides, chargées d’immondices. Mourir au bord du Gange est parait-il un privilège. Disparaître parce que l’on est tourmenté deviendrait dans mon cas une manière de ne pas sombrer. Je ne parle pas de mourir, mais de m’enfoncer dans une forêt et d’avancer jusqu’à ce qu’une clairière se présente, un lieu tranquille où je pourrais regarder vers le ciel, sereinement. »

 

(Dès 12 ans)

 

Rouergue, coll. Doado, février 2016, 94 pages, prix : 9.20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Alain Laboile et éd. du Rouergue

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Hôtel Arcadia – Sunny Singh

16 Février 2016, 11:08am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Inde) par Maïa Bharati

 

Photographe de guerre de retour de mission, Sam récupère un peu à l’hôtel Arcadia, dans une ville qui n’est pas nommée mais peu importe. Très vite l’hôtel est en proie aux terroristes qui tuent froidement tous les clients, chambre par chambre. Abhi, le directeur, retranché dans un bureau où se trouvent le contrôle des caméras de surveillance, tente de sauver le plus grand nombre de personnes en téléphonant dans les chambres et en demandant aux clients de ne pas ouvrir les portes.

 

Le drame durera soixante sept heures avant que l’assaut de la police ne mette fin à la tuerie.

Une relation d’entraide et de compassion naitra entre Abhi et Sam, par le seul biais de textos et d’appels téléphoniques. Sam ne peut s’empêcher de risquer sa vie pour aller faire des photos, des lieux dévastés mais aussi des victimes. C’est son job. Abhi surmontera sa peur pour aider autant qu’il le peut, de par sa surveillance vidéo.

 

Le roman est très intéressant et réussi pour sa partie « retours en arrière » sur le métier de Sam et la nécessité pour elle de se blinder psychologiquement, confrontée sans cesse à la mort et à la guerre, et sur sa difficulté à construire une relation amoureuse dans de telles circonstances. De même Abhi dévoilera une part de sa vie amoureuse et de sa place dans sa famille, en rivalité avec son frère face à leur père.

 

Là où le roman pêche et n’est en rien crédible, c’est sur sa quatrième de couverture et son bandeau annonçant le summum du thriller à suspense. « Un thriller que l’on ne parvient pas à reposer » : non, ce n’est aucunement un page turner, et les parties consacrées à Sam en sortie dans les couloirs et les chambres ne témoignent guère de tension, ni de crédibilité : comment et pourquoi sort-elle autant de fois sans jamais croiser personne (bien sur Abhi l’aide par sa surveillance vidéo), sans que jamais l’action des terroristes ne croise son chemin. Soixante-sept longues heures sans que jamais vraiment ils n’occupent le devant de la scène, soixante-sept longues heures avant que la police n’intervienne… ça parait interminable dans la vraie vie, tout comme dans ce roman, hélas, que j’ai failli abandonner bien des fois.

 

Seuls les passages sur l’analyse des caractères des personnages sauvent l’ensemble. Le vendre comme un roman psychologique dramatique sur la vie d’une photographe de guerre, oui, mais l’erreur a été ici de le vendre comme un thriller qu’il n’est pas.

 

 

Galaade éditions, Janvier 2016, 251 pages, prix : 23 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Sébastien / Luoman / Getty / et éd. Galaade

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Nos saisons – Caroline Pellissier et Virginie Aladjidi, ill. d’Emmanuelle Tchoukriel

13 Février 2016, 14:19pm

Publié par Laure

« Je me rappelle, quand j’étais petite … » Deux voix alternent, l’une féminine et l’autre masculine, qui racontent des souvenirs d’enfance et de jeux dans la nature au travers des saisons : les feuilles mortes en automne, les traces d’un oiseau dans la neige en hiver, les bouquets de fleurs au printemps, les jeux dans la rivière en été, puis la rencontre de ces deux voix, et le couple qu’ils sont devenus, assis aujourd’hui sur un banc à regarder leurs petits-enfants jouer aux mêmes jeux qu’eux jadis.

 

Nos saisons est un très bel album sur le temps qui passe, du rythme de saisons au rythme de la vie et des transmissions entre générations. Les enfants n’ont pas changé quand il s’agit de jouer dans la nature (mais vont-ils encore jouer dans la nature si personne ne les y incite ?)

 

La délicatesse de l’album est portée tout autant par le texte que par l’illustration, les couleurs, les détails, la précision des traits sont un vrai régal pour les yeux.

 

(dès 4 ans)

 

Un aperçu des illustrations sur le site d’Emmanuelle Tchoukriel  

 

 

Nathan, janvier 2016, 32 pages, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Emmanuelle Tchoukriel et éd. Nathan.

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Bel Ordure - Elise Fontenaille

11 Février 2016, 11:06am

Publié par Laure

Avec Bel Ordure, Élise Fontenaille nous raconte une histoire d’amour, solaire et douloureuse (comme toutes les histoires d’amour ?), la sienne peut-être, celle d’Eva, son double littéraire.

 

Le roman s’ouvre une main courante déposée au commissariat du XXème à Paris. L’histoire d’amour commence par sa fin, ou presque. Mais Élise / Eva entraine son lecteur dans son histoire, comme si elle la racontait à une amie, à la table d’un café.  

Elle l’a aimé follement cet Adama, ce bel Adonis à la peau noire magnifique, au corps de liane, lui l’ancien danseur de Béjart devenu marginal et sans-papiers. Tout semble les opposer mais la passion emporte tout sur son passage, laissant peu à peu place à une réalité qu’elle refuse d’abord de voir : Adama boit, Adama la trompe, Adama vit aux crochets des femmes.

 

Peut-être un peu longuet aux deux-tiers, la fin apporte un nouveau ressort en même temps qu’un sentiment d’apaisement : comme elle fut belle cette histoire, malgré tout. Et comme elle l’est, encore. Encrée (ancrée) sur le papier. Un moment agréable de lecture, alors que je ne connaissais Élise Fontenaille que pour ses écrits en jeunesse et ados.

 

 

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Calmann-Levy, janvier 2016, 240 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © détail d’une photographie de Jean-Louis Michel, SAIF, 2015, et éd. Calmann-Lévy

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Comme neige - Colombe Boncenne

8 Février 2016, 19:17pm

Publié par Laure

Constantin Caillaud, comptable dans une imprimerie, est aussi un lecteur aguerri (ses enfants se prénomment Aurélien et Emma, c'est dire...), grand admirateur de l’œuvre d’Émilien Petit, dont il a tout lu, sur le conseil notamment de sa maîtresse Hélène. Aussi est-il surpris et fébrile lorsqu'il découvre dans une maison de la presse de Crux-la-Ville, dans un bac de livres soldés, un roman de son écrivain fétiche, qu'il ne connaît pas : Neige noire. Il l'achète et le dévore.

 

A son retour chez lui, il veut en parler à sa maîtresse, mais il est incapable de remettre la main sur le livre, perdu, oublié lors du séjour ? Cette dernière ne le croit pas. Commence alors une enquête sur ce livre fantôme, au cours de laquelle Constantin tentera toutes les pistes possibles : l'auteur vit reclus et ne répond à rien ni personne (tiens, tiens... ça nous rappelle quelqu'un), et les attachée de presse et éditeur lui confirment que ce livre n'a jamais existé.

 

Folie ? Absurdité ? Constantin pense trouver la clé du mystère dans l’œuvre même de Petit, et il n'hésitera pas à questionner des amis de l'auteur : Jean-Philippe Toussaint, Olivier Rolin et Antoine Volodine, tous trois écrivains dans la vraie vie.

 

Le lecteur se délecte de ce jeu littéraire et se demande bien qu'elle va en être l'issue. Pour ma part je croyais réellement que Colombe Boncenne, dans ce premier roman très bien conduit, avait joué de la fiction en inventant des lettres écrites par ces vrais écrivains, avec je l'imaginais, leur accord pour les citer nommément. Mais c'est en écoutant une émission littéraire sur France Culture que j'ai découvert qu'Olivier Rolin avait réellement écrit ces lettres (j'imagine donc que les autres auteurs aussi). De même on y trouve des articles de presse écrits par Patrick Kéchichian du Monde, et Edouard Launet de Libération... Colombe Boncenne s'amuse avec malice à perdre (ou du moins promener) son lecteur entre fiction et réalité. Mais d'ailleurs, dans ce roman « Neige noire », n'y avait-il pas des éléments qui ressemblaient de manière troublante à la vie de Constantin, partagé entre ses deux femmes, Suzanne, et Hélène, sa maîtresse ?

 

Il y a sans doute du Borges derrière tout cela (Le jardin aux sentiers qui bifurquent) et à défaut de connaître, j'aime cette nouvelle curiosité que l'auteure suscite en moi.

 

Un premier roman prenant et étonnant, qui rend un bel hommage à la littérature et qui se joue, en douceur, du milieu de l'édition.

 

À découvrir !

 

 

Buchet-Chastel, coll. Qui Vive, janvier 2016, 115 pages, prix : 11 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Buchet-Chastel

 

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Janvier 2016 en couvertures ...

1 Février 2016, 17:59pm

Publié par Laure

J'ai très peu lu en ce mois de janvier, et j'ai encore en cours plusieurs titres commencés....

Voici ce que j'ai achevé :

 

 

 

 

Mais pour une fois j'ai un peu plus allumé ma télé et suis allée un peu plus au ciné ... En janvier j'ai vu :

 

 

 

 

 

 

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