Les jardins d'Hélène

Avant que naisse la forêt - Jérôme Chantreau

27 Octobre 2016, 14:49pm

Publié par Laure

Avant que naisse la forêt - Jérôme ChantreauAlbert est marié et père de famille, il mène une vie tranquille en région parisienne quand il apprend le décès de sa mère. Il rejoint alors la maison familiale au cœur de la forêt en Mayenne, pour y organiser les obsèques. Après une incinération dans la plus stricte intimité, c’est la cérémonie des funérailles qu’il doit accompagner, prévoir les textes et les chants.

 

Seul dans une maison vide, il entend des bruits, des sons, des voix, il sort le plus souvent en forêt, croit y voir un homme sauvage, brûle peu à peu tous les meubles de la maison…jusqu’à perdre la raison ou retomber dans un état quasi animal. Sa femme s’inquiète, les habitants du village le prennent pour un fou, la nature reprend le dessus.

 

Je n’ai pas été enthousiasmée par ce roman, trop contemplatif, trop détaché de la réalité pour moi, trop long peut-être aussi malgré ses deux cent et quelques pages, pourtant je lui reconnais une belle qualité d’écriture, et un beau développement de ce vers quoi peut conduire le deuil : une descente dans la dépression et les souvenirs, dans un paysage particulier où se sont noués des drames et des bonheurs d’enfance.

 

Original et dépaysant, mais je m’y suis souvent ennuyée.

 

 

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Lu dans le cadre du projet « 68 premières fois », initié par Charlotte.

 

 

68 premières fois édition 2016

 

 

Les Escales, août 2016, 224 pages, prix : 17,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hokus Pokus Créations Photo : © Travelpix Ltd / Getty images / et éd. Les escales

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Les intrus - Adrian Tomine

26 Octobre 2016, 09:03am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Éric Moreau

 

 

Les intrus - Adrian TomineUn recueil de 6 histoires, qui ont pour point commun de mettre en avant des personnages désabusés, mélancoliques, dans des événements sombres, limite glaçants, même si de-ci de-là jaillit parfois une pointe d’humour.

 

Un jardinier qui invente l’hortisculpture, qui allie art et horticulture, mais qui n’intéresse absolument personne, une étudiante confondue avec une star du X, des hommes menteurs, … derrière chaque histoire en apparence banale se cache un drame.

 

J’aime beaucoup la ligne claire du dessin, le trait fin, le découpage des planches, tout comme l’atmosphère morose et triste qui se dégage de l’ensemble. A lire quand vous avez le moral !

 

 

 

Cornélius, octobre 2015, 118 pages, prix : 23,50 €

Etoiles : 4 étoiles

Crédit photo couverture : © Adrian Tomine et éd. Cornelius.

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Enfants du diable - Liliana Lazar

24 Octobre 2016, 11:20am

Publié par Laure

 

Enfants du diable - Liliana LazarDeuxième roman de l'auteur (après Les affranchis, publié en 2009), il décrit les orphelinats sous Ceaușescu dans les années 1980 et la politique nataliste de ce dictateur.

 

 

Elena Cosma est sage-femme dans une maternité de Bucarest. N'ayant pas un physique gracieux, elle ne s'est jamais mariée. La politique nataliste roumaine interdit alors la contraception et l'avortement à toute mère de moins de quatre enfants. Il n'est pas rare qu'Elena pratique des avortements clandestins, mais quand arrive cette belle femme rousse, il est déjà trop tard. Elle passe un pacte avec elle et lui achète son enfant, devenant ainsi mère sans être mariée.

Mais la mère naturelle a des remords, Elena choisit de fuir dans un village perdu, Prigor. Rigueur du climat, pauvreté, Elena fait office de médecin, avant d'assurer les soins dans un tout nouvel orphelinat. Ceux-là même qu'on a découvert dans des reportages télé édifiants à la chute du régime en 1989.

 

Malgré son obsession de protéger son enfant, son secret sera découvert par le Maire, un homme plutôt exécrable, qui pourtant ne se révélera pas tout noir non plus.

Une intrigue rondement menée au service de la mémoire d'une époque sinistre et lourde, avec moult rebondissements qui maintiennent le lecteur en haleine jusqu'au bout.

 

Le ton est clinique, distant, factuel, ce qui donne beaucoup de force aux événements décrits. Les personnages principaux sont souvent ambivalents, ce qui leur laisse une part d'humanité. J'ai craint un instant une surenchère inutile quand après la maltraitance des orphelins surviennent la catastrophe de Tchernobyl et l'épidémie de Sida, mais ils servent aussi l'intrigue. Je regrette juste une fin trop ouverte à mon goût, qui si elle se dessine, n'est pas explicite.

 

Un roman à découvrir, tant pour sa qualité littéraire que pour les faits qu'il dénonce par le biais d'une fiction réussie.

 

Extrait p. 40 : « -Faut pas être docteur pour soigner les gens d'ici. Les femmes et les truies accouchent de la même façon, seulement ça va plus vite chez les truies. »

 

Seuil, mars 2016, 267 pages, prix : 18 €
Etoiles :
 
 
Crédit photo couverture : © Ed. du Seuil

 

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Les mains lâchées - Anaïs Llobet

23 Octobre 2016, 13:12pm

Publié par Laure

Les mains lâchées - Anaïs LlobetMadel est une jeune journaliste française qui travaille pour Phil24, une chaîne de télé basée à Manille, lorsque le typhon Yolanda dévaste la ville de Tacloban, où elle se trouvait avec son amoureux Jan, un chirurgien esthétique renommé. Si la tornade a été annoncée et des mesures de sécurité préconisées, elles ne l'ont pas été à la hauteur du drame dévastateur : un tsunami qui a fait près de 7000 morts.

 

En proie à l'horreur et à la perte d'un être cher, Madel raconte de manière très réaliste l'après immédiat : le médecin David, qui en oublie sa famille pour sauver le plus de vies possibles, Jack le pompier qui ramasse les morts et les porte à la fosse commune, et pour elle, la difficulté à poursuivre son métier : donner des images, les plus voyeuristes possibles pour faire de l'audience au prétexte d'informer le monde. Peut-elle concilier sa souffrance personnelle et son métier ? D'autres qui paraissaient plus forts en seront fortement ébranlés.

 

Un premier roman qui marque, par son aspect réaliste (d'ailleurs, faut-il vraiment parler de roman ? Ne serait-ce pas plutôt un témoignage mis brillamment en récit?), tout autant qu'il dérange par la dénonciation d'une certaine télévision qui fait la course à l'image choc. Un roman qui donne sa place aussi à un réseau de personnages secondaires nécessaires dans cette tragédie humaine, où la survie crée une entraide spontanée et évidente.

 

Un premier roman touchant, qui se fait devoir de mémoire pour les victimes du typhon Haiyan, le 08 novembre 2013 aux Philippines.

 

 

Extrait p. 12/13 (numérique) : "Je n'ose sortir : des cris me parviennent de l'extérieur et je devine qu'on découvre des corps, qu'il y a peut-être parmi eux celui de Jan. Et je sais que, tant que je ne le vois pas, il n'est pas mort : je veux faire durer ce moment aussi longtemps que possible.

J'ai du mal à respirer, l'air est si lourd. Ce n'est pas facile d'être la seule personne vivante dans une pièce, d'entendre ce bruit de succion que fait l'eau en se retirant de la maison, comme si elle aspirait la vie hors de mon corps. De se souvenir des mains qu'on a lâchées."

 

 

 

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68 premières fois - édition 2016

 

 

 

 

Plon, août 2016, 160 pages, prix : 16 €

Étoiles :

4 étoiles

 

 

Crédit photo couverture : © V.Podevin © Burton McNeely / Getty Images et éd. Plon

 

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Houuuuu ! / Vroum ! (imagiers sonores) - Nathalie Choux

14 Octobre 2016, 10:47am

Publié par Laure

Houuuuu ! / Vroum ! (imagiers sonores) - Nathalie Choux

Deux imagiers sonores tout simples mais très sympas. Cartonné, bien épais, solides pour les petites mains.

Le principe est simple : l'enfant appuie sur la pastille qui permet d'écouter le cri de l'animal en question ou dans l'environnement urbain, les bruits correspondants. Les sons ne sont pas trop mauvais.

Dans les pages intérieures, on croise le canard, le papillon, la grenouille, l'oiseau, le hibou, le pivert, etc. Pour accéder aux pastilles sonores, il faut faire bouger l'animal : ludique ! A la fin, l'enfant doit imiter lui-même les cris des animaux.


Pour la ville, on a les voitures et les embouteillages, la sirène du camion de pompiers, la sonnette du vélo, les pigeons qui roucoulent ;-)


Pour rendre l'activité plus ludique encore, les pastilles sont derrière des animations à pousser ou tirer.
Et toujours, les illustrations rondes et gaies de Nathalie Choux, que j'aime beaucoup.

 

 

 

Un bouton on/off à l'arrière du livre permet d'économiser les piles. (3 piles LR1130, j'ai vérifié sur le net, on peut les trouver en lots à petit prix, ce qui du coup vaut le coup de les remplacer si nécessaire, contrairement à ce que je craignais.)


Succès fou auprès des petits qui en redemandent !

 

 

 

Nathan, "Mon imagier sonore" Kididoc, 10 pages, prix : 14.90 € chaque.

Étoiles :

4 étoiles

 

Crédit photo : photos perso / éd. Nathan / Nathalie Choux

 

 

(et découvrir qu'over-blog a encore changé son administration et a encore restreint les possibilités de mise en forme des images. Pff. Saleté.)

 

 

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Septembre 2016 en couvertures ...

1 Octobre 2016, 08:11am

Publié par Laure

En septembre j'ai lu :

 

(Cliquez sur l'image pour accéder au billet quand il y en a un)

 

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire – Stéphanie PélerinFils du feu Celui-là est mon frère – Marie Barthelet 

 

 

Les chiens - Allan StrattonPetit pays - Gaël Faye Vivre près des tilleuls - L'AJAR

 

Rien que des mots - Adeline Fleury La mésange et l'ogresse - Harold Cobert L'inversion de la courbe des sentiments - Jean-Philippe Peyraud

 

 

En septembre j'ai vu :

 

Camping 3La vie très privée de Monsieur Sim - film beckenrand - Michael Koch

 

La taularde, un film d'Audrey Estrougo (2016)Juste la fin du monde, un film de Xavier Dolan ( 2016)

 

 

En septembre, j'ai écouté :

 

Décibels et des silences - Lynda Lemay

 

 

 

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Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # septembre 2016)

30 Septembre 2016, 13:30pm

Publié par Laure

Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # septembre 2016)

 

Gros mois avec 13 produits terminés !

 

 

Commençons par les gels douche :

 

 

Senteurs d'été, avec l'huile de douche ensoleillante Polynésie, de chez Ushuaïa, à l'huile de Monoï et à la fleur de tiaré. Ce n'est pas un parfum que j'aime, mais il faut bien faire plaisir aux filles de la famille aussi, et c'est la saison ou jamais. En revanche j'aime beaucoup la texture, pas vraiment huile, pas vraiment gel, un entre-deux très réussi. Je rachèterai peut-être mais pas spécialement pour moi.

 

La crème de douche "Melone" de chez Balea, gel douche à 55 ct chez DM, parfum d'été également, puisqu'il s'agit de pastèque. Sympa. Je rachète volontiers mais je suis à 800 km d'un DM, donc pas tout de suite ;-)

 

Un shampooing, "créateur de matière" pour cheveux fins, dans la gamme Fibralogy, chez Elsève (L'Oréal). Pas mal, surtout apprécié parce que grâce à lui j'ai pu passer à un shampooing tous les 3 jours, au lieu d'un jour sur deux. Pourtant pas dans les promesses prévues. Oui je suis susceptible de racheter, mais il y a sans cesse de nouvelles gammes qui sortent, et j'essaie de privilégier des formules un peu plus clean.

 

 

 

Un déo déjà vu et revu, dans ce qui est sans doute ma gamme préférée de grande surface, je rachète en lots dans les semaines de promo beauté : le natur protect de Sanex, à la pierre d'alun, sans sels d'aluminium, sans alcool et sans parabens. (24H peaux normales, un de ceux que je préfère niveau parfum je crois)

 

 

 

Côté démaquillant, l'eau micellaire de chez Garnier, tout en un, avec le bouchon rose (pour peaux sensibles), sans parfum. Petit prix, j'aime bien, pour les soirs de flemme où je n'ai pas le courage de passer au duo lait + tonique, mais je préfère encore celle avec le bouchon vert que j'ai depuis. Un basique néanmoins.

 

 

 

Et parce que je termine généralement mon démaquillage avec, ou pour se rafraichir en été, une bombe d'eau de chez Lidl, qui coûte trois fois rien, "Perle d'O" , eau de source naturelle, mais 400 ml, c'est long ! bon de l'eau c'est de l'eau, je ne vois pas vraiment de différence... mais je n'ai pas encore essayé la fameuse eau thermale d'Avène. Je pense néanmoins racheter des formats de 200 ml, plus vite finis.

 

 

 

Des hydratants corps à présent, sans doute mon préféré de parapharmacie, surtout en hiver, mais passe bien en toutes saisons sauf canicule, le Baume Atoderm PP de chez Bioderma. Un gros flacon pompe qui a pour gros défaut d'être très difficile à utiliser jusqu'au bout, car il reste encore bien 4-5 cm de produit au fond quand la pompe ne pompe plus. Mettre le flacon à l'envers ? oui mais ne tient pas, et le produit n'est pas assez fluide pour descendre. Le découper ? Le plastique est particulièrement épais, on va pas chercher la scie non plus ! Il y aurait sans doute quelque chose à revoir de ce côté-là, c'est dommage car le produit est vraiment bien. Je rachèterai (quand j'aurai épuisé tous mes stocks d'autres marques, bonne résolution on y croit)

 

 

J'ai fini également un pot de crème raffermissante intensive, Tonic Fermeté de chez Nuxe que j'avais acheté en vente privée, dans son ancienne gamme ou ancien packaging je ne sais plus, mais à petit prix. Odeur d'agrumes très forte, mais très agréable pour la sensation tonique et fermeté (bon, on y croit). Ce n'est pas un produit que j'utiliserais non stop (à cause de son parfum très fort), mais de temps en temps oui, je suis susceptible d'en racheter un pot.

 

 

On reste dans l'hydratation avec un soin des lèvres en stick, hydra intensif de chez Mixa, reconstituant surgras. Alors celui-là, non je ne rachèterai pas. Déjà eu beaucoup de mal à finir les deux du lot.

Très bien au début, mais devient vite sec à l'usage, c'est-à-dire sans confort à l'application, ne reste pas crémeux, et le stick se creuse bizarrement, en pointe, ce que je trouve pas pratique du tout. C'est la seule marque qui me fait cela.

 

 

Une crème mains en grand format (75 ml) de chez L'Occitane, dans ma gamme favorite chez eux, celle à l'amande. Le cadeau rare car cher. Mais très agréable à utiliser. Sans doute insuffisante en hydratation en hiver, mais le reste de l'année, top ! Un incontournable de mes idées cadeaux ;-)

 

 

 

 

Hydratation toujours, un masque tissu en unidose, ultra-apaisant, de chez Sephora, le truc à 1 euro en soldes ou 1,5 € maxi. Moment très agréable, apaisant vraiment, mais comme pour tous les masques en tissu, hormis la sensation immédiate, aucune action long terme, du moins est-ce mon impression. A acheter en soldes uniquement donc !

 

 

 

 

Un très très vieux produit teint, le teint ultra prodigieux de chez Nuxe (en teinte 01 teint clair), un soin teinté bonne mine très naturel, le seul qui me convienne vraiment, sans que je sois orange. Hélas il a été reformulé, j'avais fait des stocks de l'ancienne formule, il m'en reste un non entamé, après ce sera fini.

Il remplace mon soin de jour et mon fond de teint de mai à septembre, ou alors par dessus un sérum. Tous les autres soins bonne mine que j'ai pu essayer sont trop dorés.

 

 

 

Et pour finir, mes incontournables papiers matifiants, je crois connaître toutes les marques du marché, ceux de chez Adopt' (Réserve naturelle) ne sont pas les plus pratiques (la boite n'est pas distributrice, il n'est pas facile de les sortir un par un) mais d'un excellent rapport qualité-prix (1.95 euros les 80 feuilles). Ils ne sont pas poudrés, juste absorbants et c'est ce que je préfère. La boutique Réserve Naturelle la plus proche de chez moi étant à 80km, je les prends par lot de 4 ou 5  :-)

 

 

Voilà pour cette fois :-)

 

 

 

 

 

 

 

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Rien que des mots - Adeline Fleury

27 Septembre 2016, 13:14pm

Publié par Laure

Rien que des mots - Adeline FleuryParce qu’elle a trop souffert enfant de l’absence de son père toujours retenu par l’écriture de ses romans, Adèle refuse aujourd’hui de donner accès aux livres à son fils : il n’écrira point. Son mari, Hugo, le père de son enfant est écrivain aussi : il est relégué dans une chambre de bonne à l’écart de l’appartement familial, et elle-même, journaliste, arrête de travailler pour se consacrer pleinement à son fils.

 

Les livres papier ont quasi disparu de la société, le contenu des tours de la BNF a été numérisé et son centre accueille un musée de livres papier. Les liseuses numériques (« Linums ») ont pris le pas sur le livre.

 

Mais Nino, le fils, élevé dans cet enfermement, est curieux, et fera céder les barrières érigées par sa mère.

 

 

Réception ambivalente pour moi que cette lecture d’Adeline Fleury : parti pris excessif contre le livre numérique tout en même temps que déclaration d’amour à la littérature (de nombreuses références parsèment le texte), manque de crédibilité sur bien des aspects (enfant non scolarisé et qui n’a pas accès au livre mais qui apprend à lire tout seul et très bien), figures masculines tout autant rejetées que nécessaires dans la transmission familiale et la sauvegarde du livre : il y a de l’intéressant et de l’agaçant dans ce roman !

 

Alors gardons l’intéressant ! A prendre comme un hommage à la littérature et à l’amour des livres avant tout.

 

 

Une lecture qui s’inscrit dans le cadre des 68 premières fois (et que je n’aurais sans doute jamais lu sans cette aventure)

 

68 premières fois - édition 2016

 

 

 

Éditions François Bourin, janvier 2016, 176 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Éditions François Bourin

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Vivre près des tilleuls - L'AJAR

21 Septembre 2016, 13:42pm

Publié par Laure

Vivre près des tilleuls - L'AJARL’auteur indiqué sur la couverture surprend : l’AJAR ? Il s’agit d’un collectif de 18 jeunes auteurs de Suisse romande (Association de Jeunes Auteur-e-s Romandes et romands), qui a pour objectif d’explorer la possibilité de création littéraire en groupe.

 

Vivre près des tilleuls, par Esther Montandon (qui est le sous-titre) est donc leur premier roman collectif publié. Un avant-propos donne la parole à un certain Vincent König, dépositaire des archives de l’écrivain Esther Montandon. Cette jeune femme, après des années de stérilité, était enfin parvenue au bonheur d’avoir un enfant, une petite fille qui malheureusement perdit la vie à l’âge de 3 ans.

À travers 63 très courts chapitres, ce sont les mémoires retrouvés, ou des fragments, qui reconstituent ce drame si personnel et si intime.

 

Quelques pages finales, à considérer hors du roman, remettent en perspective l’ensemble du texte et donnent à réfléchir à l’essence même de la création littéraire. Où est la vérité ? Y en a-t-il nécessairement une ? Vrai ou vraisemblable ? Peut-on parler du deuil quand on ne l’a pas soi-même vécu ? Quelle est la légitimité de la littérature ?

Intéressant ! En plus d’un récit délicat et sensible, au ton très juste, comme on a pu en lire d’autres déjà sur la perte d’un enfant, c’est la perspective de l’écriture qui interroge. Le lecteur se sent-il abusé par l’artifice ? Comme l’on aimerait pouvoir en débattre avec ces jeunes auteurs et d’autres lecteurs !

 

 

(Une lecture qui s'inscrit dans le projet des 68 premières fois, qui consiste à lire (si possible tous) les premiers romans français publiés)

 

68 premières fois édition 2016

 

 

Flammarion, août 2016, 127 pages, prix : 13 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Flammarion.

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Petit pays - Gaël Faye

20 Septembre 2016, 14:20pm

Publié par Laure


- Vous avez lu tous ces livres ? j’ai demandé.
- Oui. Certains plusieurs fois, même. Ce sont les grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils me permettent de m’échapper. Ils m’ont changée, ont fait de moi une autre personne.
- Un livre peut nous changer ?
- Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis.
(p.168-169)

Petit pays - Gaël FayePetit pays, c’est l’histoire d’une enfance innocente et douce au Burundi, qui vire au drame du génocide rwandais de 1993 sans qu’on l’ait vu venir…

 

Premier roman, déjà primé par le Prix du Roman FNAC dès sa sortie, Petit pays est un « grand » roman, stupéfiant d’émotions, de maturité, de réalisme violent qui pourtant dans le récit n’est presque jamais frontal, tempéré par le regard de l’enfant, sans jamais être enfantin non plus.

 

Gaby a dix ans et vit dans la félicité familiale, avec sa petite sœur Ana, sa bande de potes… ils font les quatre cents coups (ah, les mangues qu’ils vont voler dans le jardin d’à côté pour les revendre à leur propre propriétaire !) C’est une histoire d’enfance douce et heureuse, même si très vite pointe le malheur : le couple se sépare, et à hauteur d’enfant, c’est déjà douloureux. Mais tout va basculer dans un contexte historique qui dépasse totalement les enfants : si son père est français, la mère de Gaby est rwandaise d’origine Tutsie. Le génocide va s’immiscer dans l’enfance en même temps que la perte brutale de l’innocence et de la joie de vivre.

 

Les scènes relatives au récit de la mère sont difficiles, contrebalancées par la littérature qui vient apaiser les âmes, Gaby ayant pour habitude d’aller se fournir en romans chez la voisine Mme Economopoulos. Fin de l’enfance par la force des choses, horreur historique, regard du petit garçon devenu adulte, Gaël Faye, qui n’est sans doute pas très loin du petit Gaby de l’histoire, a écrit un premier roman d’une qualité rare. À découvrir sans hésiter.

 

 

p. 114-115 : « On vivait sur l’axe du grand rift, à l’endroit même où l’Afrique se fracture.

Les hommes de cette région étaient pareils à cette terre. Sous le calme apparent, derrière la façade des sourires et des grands discours d’optimisme, des forces souterraines, obscures, travaillaient en continu, fomentant des projets de violences et de destruction qui revenaient par périodes successives comme des vents mauvais : 1965, 1972, 1988. Un spectre lugubre s’invitait à intervalle régulier pour rappeler aux hommes que la paix n’est qu’un court intervalle entre deux guerres. Cette lave venimeuse, ce flot épais de sang était de nouveau prêt à remonter à la surface. Nous ne le savions pas encore, mais l’heure du brasier venait de sonner, la nuit allait lâcher sa horde de hyènes et de lycaons. »

 

 

p. 185 : « Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie »

 

p. 197 : « Il m’arrivait parfois de traverser la rue, très rapidement, pour emprunter un livre à Mme Economopoulos. Puis je revenais aussitôt m’enfoncer dans le bunker de mon imaginaire. Dans mon lit, au fond des histoires, je cherchais d’autres réels plus supportables, et les livres, mes amis, repeignaient mes journées de lumière. »

 

 

 

Badge Lecteur professionnel 68 premières fois édition 2016

 

 

Grasset, août 2016, 215 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Byron Hirsch / EyeEm / Gettyimages / et éd. Grasset

 

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