Les jardins d'Hélène

2013 et quelques pages ...

31 Décembre 2013, 15:47pm

Publié par Laure

Les bilans et autres best-of fleurissent depuis quelques jours sur les blogs, ancrant la tradition des rétrospectives jusque dans nos lectures. Je cède à mon tour aux sirènes du rituel, entre la bûche et la galette :-)

 

131 livres lus, incluant les BD et les romans ados, ça reste dans ma moyenne habituelle sans doute, je ne sais pas, je n'ai pas la passion des chiffres à ce point-là.

 

Parmi les titres qui m'ont le plus marquée reste ce roman de Marie Neuser, lu en avril 2013 (paru en septembre 2012 aux éditions de l'écaillier), et non commenté ici : Un petit jouet mécanique.

Une auteure que j'avais déjà énormément appréciée en 2012 puisqu'elle tenait la tête de mon palmarès personnel avec Je tue les enfants français dans les jardins. Avec un petit jouet mécanique, elle change complètement d'histoire, de cadre et de personnages mais offre un roman noir psychologique tout aussi excellent.

 

Parmi les très bonnes découvertes de cette année également :

  • Erwan Larher, L'abandon du mâle en milieu hostile, lu en mars 2013 (paru chez Plon en janvier 2013)
  • Nicolas Clément, Sauf les fleurs, lu à sa sortie en août 2013, publié chez Buchet-Chastel dans la collection Qui vive
  • Karin Serres, Monde sans oiseaux, lu en juillet 2013 (paru chez Stock en août 2013 dans la collection La Forêt)
  • Laura Kasischke, Esprit d'hiver, lu à sa sortie en août 2013, publié chez Christian Bourgois, et traduit de l'anglais par Aurélie Tronchet
  • Julian Barnes, Une fille, qui danse, lu en février 2013, publié au Mercure de France en janvier 2013.

 

Je pourrais citer aussi Julie Bonnie avec Chambre 2, La drôle de vie de Bibow Bradley d'Axl Cendres, et d'autres...

 

Vous trouverez ici l'intégralité de mes lectures de l'année, sur fond saumon celles non commentées sur le blog (et il y en a pas mal), sur fond vert celles qui m'ont particulièrement touchée et pour la plupart citées plus haut.

 

 

Je suis retournée un peu au cinéma sans pour autant en parler ici, quelques bons films mais rien de notable sauf peut-être le récent Guillaume Gallienne, les enfants et Guillaume, à table ! J'ai éprouvé la longueur d'un film d'1h30 seulement en m'ennuyant à mourir et en regardant ma montre vingt fois devant Blue Jasmine (le dernier Woody Allen) qui a pourtant enchanté une bonne partie de la blogosphère. (jolies fringues, jolis sacs, belle prestation de Cate Blanchett, mais quelle platitude dans l'histoire). J'ai adoré en revanche les heures perdues devant les intégrales des saisons d'Engrenages et de Borgen en DVD, j'ai supporté le repassage devant quelques autres séries regardées d'un œil.

L'ennui évoqué plus haut me renvoie aux livres que j'ai abandonnés en cours de lecture pour cette même raison et que je n'ai pas pris la peine de noter ici, parmi les déceptions qui ont pourtant eu un bon succès sur la toile, je pense à Daffodil Silver d'Isabelle Monnin (dont j'avais beaucoup aimé le premier roman – Les vies extraordinaires d'Eugène – en septembre 2010), et Courir sur la faille, de Naomi Benaron chez 10/18.

 

J'ai sans doute été moins présente sur ce blog, son basculement sur la désastreuse nouvelle version d'over-blog-kiwi y a sans doute contribué, je ne m'en sens plus maître et n'y ai plus grandes possibilités ni liberté, ni même la possibilité de migrer confortablement sur Wordpress avec mon baluchon. Et puis l'usure, peut-être aussi, 8 ans dans quelques semaines. Pas plus tard que cette semaine une lectrice me demandait de bien vouloir supprimer un commentaire qu'elle avait laissé sous son vrai nom en 2007, et Goo*gle ne lui laissant pas grand droit à l'oubli, je pouvais l'y aider. L'identité numérique, vaste débat... J'ai consacré pas mal de mon temps libre aussi à aider un tas d'anonymes sur des forums Kin*dle alors que j'ai une Sony et que je resterai toujours pro epub, à expliquer ad vitam aeternam l’incompatibilité des formats, les DRM, les prix (pourquoi un ebook est souvent plus cher qu'un poche), les clauses de territorialité des éditeurs sur les ebooks, les négociations de droits, et j'en passe. A part cela j'ai la chance de travailler à temps plein, de m'investir dans quelques actions bénévoles, et je refais le monde avec mes 3 grands loulous autour de la table essentiellement, alors non je ne peux pas lire PLUS ! (parce que je dors, aussi)

 

Je vous souhaite à tous qui passez ici une belle entrée dans la nouvelle année, et que 2014 vous soit douce et bienveillante, et vous accompagne de belles lectures.

 

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Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # décembre 2013)

30 Décembre 2013, 22:33pm

Publié par Laure

Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # décembre 2013)

Bilan cosmétique du mois de décembre sur les produits que j'ai terminés : alors je rachète, ou pas ?

 

10 produits terminés, dont 2 mascaras !

Mais les mascaras sont-ils jamais vraiment terminés d'ailleurs ? Je les jette quand ils sont trop secs, qu'il n'y a plus assez de matière pour maquiller correctement les cils, et toujours bien au-delà des 6 mois d'ouverture recommandés ! (Je préfère ne pas me souvenir de quand ils datent!) Comme j'utilise plusieurs couleurs et que j'alterne au gré de mes humeurs et de mes vêtements, je tourne avec un gris, un bleu, un violet et un kaki / bronze (mais jamais de noir), autrement dit ils durent longtemps... d'autant plus que par flemme et manque de temps, je ne me maquille pas forcément tous les jours ;-)

 

Commençons donc par ces deux mascaras Gemey :

  • le gris (packaging rose !)« Cil à cil volume express » m'a beaucoup plu : couleur (rare de trouver du gris en grande surface, c'est un peu ma quête du Graal car c'est la couleur que j'utilise le plus), la brosse est correcte et sépare bien les cils, côté volume c'est moyen mais comme ça ne fait pas de pâtés, ça va ! (je n'achète que des volumateurs, pas d'allongeants) , tout ça pour un prix modeste, autour de 11 euros je crois. Je rachèterais volontiers si j'en trouvais mais à chaque fois que je regarde en grande surface, je ne trouve que du sempiternel noir ou du bleu marine. J'ai donc enchaîné sur un gris de chez AgnèsB au CCB.
  • Le marron (packaging violet!) « effet faux-cils  volume express » a fini par être tellement sec que je n'en tirais plus rien : je ne l'ai jamais beaucoup aimé : brosse trop épaisse séparant peu les cils, déposant trop de matière, et une couleur que j'utilise assez peu (j'ai les yeux marrons, le ton sur ton n'est pas spécialement dans mes habitudes), il a fait plus que son temps, et je ne rachèterai pas (pas même dans une autre couleur). Il devait coûter une douzaine d'euros ou un peu moins selon les promos de supermarchés:-)

 

Puisqu'on est dans le maquillage, parlons de la base lissante Sephora (flacon-pompe 15 ml, prix 10,90 €) : c'est le 2ème flacon que je termine et j'en ai racheté un autre, donc c'est un fidèle de ma routine... Sans doute pas très clean côté formule (bourré de silicones ce genre de truc non?), je l'utilise après la crème de jour et avant le fond de teint (logique hein, c'est une base de teint !), surtout pour son effet matifiant. (plus que lissant). Il ne fait pas des miracles, mais il prolonge quand même un peu la tenue de mon fond de teint avant que j'aie à sortir les papiers matifiants (oui c'est glamour n'est-ce pas). Tiens d'ailleurs j'oublie toujours de parler des papiers matifiants alors que j'en utilise quotidiennement et que j'ai fait le tour de la plupart des marques !

 

 

Après le maquillage, le démaquillage:-)

La super gelée démaquillante yeux waterproof Sephora, 2 en 1 : démaquillage + soin = malin ! (c'est écrit dessus), prix : 6,90 € Acheté un peu par hasard pour compléter une carte cadeau à dépenser, c'est plutôt une bonne surprise. Flacon-pompe très pratique, sans parabènes et sans parfum, la gelée ne coule pas partout et on en utilise moins qu'un liquide très vite absorbé par le coton. Elle ne pique pas les yeux ! Je l'ai utilisée sur un maquillage ordinaire (i.e pas waterproof), et il faut bien passer deux fois quand même, alors sur du waterproof, j'ai des doutes ? En revanche sur le côté soin, rien remarqué du tout ! (est censée apaiser, hydrater et fortifier les cils – mais ça ne tiraille pas après, c'est déjà ça !)

 

Le gel nettoyant douceur visage, de Nuxe, gamme « Rêve de Miel », flacon-pompe 200 ml : Acheté à – 50% en vente privée, je crois que la gamme a été revue depuis, car le nouveau flacon ajoute « démaquillant » et peaux sèches et sensibles alors que celui-ci est toutes peaux. Une valeur sûre pour le matin sous la douche, pour le démaquillage du soir je n'aime pas l'eau ^^ !

Je garderai un œil sur la gamme sans forcément racheter dans l'immédiat, mais j'en ai utilisé plusieurs flacons dans ma déjà longue vie :-)

 

Un gel douche « pamplemousse » de la gamme Jardins du Monde chez Yves Rocher, qui devait faire partie d'un lot promo avec d'autres senteurs, parce que je ne suis pas fan de celui-ci, mais mes filles m'ont aidé à le finir ! J'aime bien cette gamme surtout pour ses douche-crème, à l'amande notamment. Donc je rachèterai sûrement des produits de la gamme, mais au pamplemousse, non.

 

Le soin de jour Q10 plus anti-rides de Nivea visage, texture légère FPS15, pot de 50 ml, autour de 12 €. J'avais la formule « normale » (avec le couvercle bleu), mais elle était trop riche pour ma peau mixte. Celle-ci, plus légère, est très bien, surtout en hiver (en été, je la trouve encore trop grasse, même en en mettant très peu). Parfum discret, SPF 15, prix abordable, mais pot peu pratique et lourd, non, je ne rachèterai pas, ce n'est pas ce qui me convient le mieux, tant dans la texture que la présentation.

 

Le lait-buste ultra-fermeté, Clarins, flacon-pompe 50 ml, prix : 48 € Découvert lors de mes grossesses (ouch, ça fait loin) et sans doute mon préféré parmi les produits de ce type, mais le prix fait que … ben, ça reste un produit de luxe. (acheté lors des ventes privées de Sephora à -20%)

 

La crème Masvelt, anti-rondeurs rebelles, multi-réductrice et raffermissante. Un coffret corps en vente privée, à moins 50 % avec d'autres produits en taille voyage offerts (un gommage et une huile anti-eau je crois), parce que sinon, à 50 € le pot de 200 ml, eh bien, même remarque que ci-dessus.

Mais la texture est divine, une crème fouettée légère qui fait la peau toute douce, raffermit un peu (mais ne réduit rien du moins sur moi), un parfum frais, elle pénètre vite et bien, on en utilise assez peu à chaque fois, donc elle dure longtemps. Le cadeau doudou:-)

 

Et pour finir un produit inhabituel, des gélules « Poméol capillaire », complément alimentaire beauté cheveux & ongles, boite de 60 gélules (pour 30 jours) : 15 euros la boite, ou 30 euros les 3 boites pour 3 mois. Mon coiffeur a réussi à me faire flipper en me faisant remarquer deux fois de suite (et pourtant à 2 mois d'intervalle, oui je n'y vais que tous les 2 mois) que je perdais vraiment plus de cheveux que la normale. J'ai suivi les conseils de la dame du Parashop, me voyant dubitative devant un rayon de 2 km (à part Oenobiol, j'étais perdue) : soupir... encore de la poudre de perlinpinpin malgré tous les beaux noms scientifiques de la formule ? J'en perds peut-être un peu moins, mais j'en ai tellement perdu qu'à moins de devenir chauve, il faut bien que ça s'arrête non ? Bon, j'en ai encore pour 2 mois (et j'en ai déjà marre) mais je ne pense pas renouveler l'expérience au-delà ! A bien y regarder, ce n'est même pas préconisé en cas de chute saisonnière de cheveux, c'est pour « la croissance, l'éclat, la couleur (grâce au cuivre) et la microcirculation (extrait de myrtille). Hum.

 

Voilà pour ce mois !

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La carapace de la tortue - Marie-Laure Hubert Nasser

26 Décembre 2013, 15:37pm

Publié par Laure

Mon roman doudou de cette fin d'année !

 

Au 7 rue de la Ferrère à Bordeaux, un immeuble de 5 étages, propriété de la vieille tante Thérèse, plus souvent nommée la Vilaine pour son caractère aussi tranchant qu'exigeant,vivent quelques femmes chahutées par la vie. C'est là qu'arrive Clotilde Daquin d'Arsac (ne vous fiez pas à son nom), sa nièce bien éprouvée elle aussi, fuyant la dureté de sa condition de femme de ménage et les agressions monnaie courante dues à son physique et à sa peur transparente. Elle se retrouve sans rien, portant son obésité et le rejet des autres comme un poids devenu trop lourd, elle que sa mère n'a jamais aimée non plus. Clotilde espère donc se refaire une santé, recueillie par cette tante dans un appartement qui s'est libéré, et elle va faire connaissance avec tous les autres habitants qui vont solidement la prendre en main.

 

On entre d'emblée dans ce roman réconfort façon « ensemble, c'est tout » où chacun cache ses souffrances ou ses errances derrière des apparences très desperate housewives décomplexées et libérées. Il y a aussi ce petit garçon toujours seul sur une marche d'escalier, il y a Claudie, Sarah, et Sophie, des maris partis ou adultères, trompés aussi, des amants, des amitiés, des attachements : le grand bal de la vie et au milieu, Clotilde qui se laisse bercer par ce petit monde. Pas facile d'entrouvrir la carapace quand depuis votre enfance on vous renvoie votre maladresse et votre laideur à la figure. Toute cette vie bourdonne et place immédiatement le lecteur en empathie avec ces personnages, celui de Clotilde en particulier. Le roman de filles qui fait du bien et qu'on prend plaisir à retrouver, à l'image sucrée et réconfortante de sa couverture tout en macarons colorés.

 

Mais Clotilde doit trouver du travail, et elle se l'est jurée, elle ne fera plus jamais de ménages. Alors quand elle décroche un poste au musée d'art contemporain de l'autre côté de la rue, elle y croit à peine. Commence alors une autre forme de récit : le journal de Clotilde. Et toujours son impression d'usurper sa place, alors que les ateliers qu'elle anime pour les enfants semblent réjouir tout le monde. Puisque le baume au cœur est revenu, que le job est trouvé, il faut bien que se profile une histoire d'amour, non ? Et c'est là que le lecteur (ou plus sûrement la lectrice) pourrait commencer à trouver la trame un peu lourde et les fils trop gros. J'avoue je l'ai pensé : ça devient trop facile et trop prévisible. Mais c'est ce moment-là aussi qu'a choisi l'auteur pour oser faire avec son personnage ce que très peu osent, et là je dis bravo. Je suis aussi perturbée que convaincue par cette courageuse pirouette : l'auteur a du cran et ne prend pas ses lectrices pour des dindes. Alors oui il y a un happy end, mais des ressorts, des secrets levés, une émulsion qui prend dès les premières pages et ne retombe pas. Et sous la carapace, beaucoup de cœur.

 

Bien plus de thèmes qu'il n'y paraît de prime abord dans ce roman : le regard sur l'obésité, la confiance en soi, le mal-être, les faux-semblants des apparences (toutes conditions sociales confondues), les couples égratignés, l'enfance malmenée (et pas qu'une), la carapace que tout un chacun se construit pour affronter ses démons, certaines plus épaisses que d'autres, de belles idées sur le rôle de la culture (en particulier en temps de crise), etc.

On peut regretter que certains personnages passent au second plan ou disparaissent quasiment (la vieille tante, Sophie, Sarah), mais ils ont été les importants catalyseurs qui s'effacent au profit d'une intrigue qui emporte jusqu'à la dernière page.

Bref, un bon roman qui s'affiche plutôt féminin (ne serait-ce que par la couverture!) mais qui ne verse pas dans la niaiserie, et ce n'est pas si courant.

 

Editions Passiflore, novembre 2013, 247 pages, prix : 19,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Passiflore

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Le plaisir du sucre au risque du prédiabète – Dr Réginald Allouche

22 Décembre 2013, 20:14pm

Publié par Laure

Un essai vraiment intéressant sur les dangers du sucre, mal de notre société de surconsommation à l'alimentation industrielle, et ses conséquences : à moins d'avoir une hygiène de vie parfaite et une alimentation ultra saine, nous sommes tous en situation de prédiabète, qui va droit dans le mur du diabète de type 2 si nous ne modifions pas notre alimentation.


Une première grande partie explique notre appétence pour le sucre et le fonctionnement en 3 zones liées de cet ingrédient sur le cerveau, le métabolisme (système digestif) et la flore intestinale. Cette première partie théorique est parfois un peu ardue du fait d'un vocabulaire technique hermétique, mais assez passionnante. Une autre partie propose un auto-test (à prendre avec précaution car on n'a pas forcément tous les éléments en main, notamment ceux qui requièrent des analyses de laboratoire) - mais de toute façon on sait qu'on est concerné, test qui est ensuite commenté et illustré de cas concrets.
Une dernière grande partie s'intéresse aux solutions, et rappelle les différents besoins et différences des aliments (les bons et les mauvais), pas mal de choses que l'on sait déjà sur les graisses, l'index glycémique des aliments, et la nécessité d'une activité physique, mais qui rappelées ici dans une logique de prise en main de soi, est parfaitement adaptée.

Un livre qui fiche quand même sacrément la trouille et redonne envie de faire attention, décortiquer les étiquettes, et jeter les 3/4 de nos placards.

Un bémol sur les "produits leurres", qui restent flous, et dont il semblerait que l'auteur soit à l'origine (Laboratoires Kot, simplement signalé en 4ème de couv. il me semble, jamais dans le livre), mais qui me gêne un peu côté déontologie.

 

Odile Jacob, octobre 2013, 227 pages, prix : 21,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Milena Boniek/PhotoAlto/Corbis et éd. Odile Jacob.

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Le livre qui te rend super méga heureux – Françoize Boucher

18 Décembre 2013, 10:13am

Publié par Laure

Le livre qui te rend super méga heureux – Françoize Boucher

Autant j’avais aimé Le livre qui fait les livres même à ceux qui n’aiment pas lire et trouvé drôle Le livre qui t’explique enfin tout sur les parents, autant là je suis restée sceptique. A trop user la corde….

Qu’en est-il du bonheur ? avec le même graphisme et des couleurs flashy, Françoize Boucher se fait ici la coach en bonheur auprès des enfants. Mais le énième degré est tellement poussif ou tiré par les cheveux que le sourire ne naît même pas. Je ne l’ai pas trouvé drôle, juste banal, Constance, 12 ans, l’a trouvé nettement moins bien que les deux précédents (ouais, bof fut son verdict) et ses copines ont exprimé la même déception. Aucun gloussement spontané comme ce fut le cas pour les précédents titres.

En gros pour être heureux, il faut penser positif, partager et sortir de chez soi, avoir des amis, ne pas se prendre au sérieux, tout le monde peut être heureux, il suffit d’avoir la positive attitude, même le « ver super con » fil rouge du livre en bas de page va s’acharner à le démontrer.

Dommage car c’était une série de confiance, qui m’incitera désormais à la prudence. Rabat-joie je suis, donc le bonheur ne connaîtrai pas, si j’en crois ce livre. :-)

 

L'avis de Clarabel auquel j'adhérais entièrement : ici

 

Le livre qui te rend super méga heureux – Françoize Boucher

Nathan, septembre 2013, 112 pages, prix : 10 €

Etoiles : 2/5

Crédit photo couverture : © Françoize Boucher et éd. Nathan.

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Santé, le grand fiasco – Véronique Vasseur et Clémence Thévenot

9 Décembre 2013, 08:13am

Publié par Laure

Cet ouvrage signé Véronique Vasseur, médecin à l’hôpital Saint-Antoine à Paris (souvenez-vous de Médecin-chef à la prison de la Santé) et Clémence Thévenot, journaliste, dresse un état des lieux sidérant de la santé publique aujourd’hui en France. Le beau modèle de la sécurité sociale créé en 1946 ne peut plus perdurer et ce n’est pas une énième petite réforme qui changera les choses en profondeur. Quand nous réveillerons-nous et accepterons-nous d’y réfléchir et d’en débattre ?

 

L’ouvrage passe en revue tous les dysfonctionnements, gaspillages, exemples consternants de gâchis monumentaux, consumérisme outrancier (« je cotise j’y ai droit »), mains lourdes des praticiens, lobbying des laboratoires pharmaceutiques acoquinés avec l’État, scandale du Mediator, etc. En soi vous n’apprendrez pas grand-chose de neuf pour peu que vous suiviez l’actualité (et que vous habitiez un désert médical comme moi où le délai d’obtention d’un rendez-vous chez un ophtalmo est aujourd’hui de 12 mois, 6 mois chez un dermato, impossible chez un gynéco (ne prennent plus de nouveaux patients) et que vous pourriez prendre des cours de roumain en allant chez le généraliste), d’autant que les bonnes feuilles de l’ouvrage avaient été publiées dans le Point au moment de sa sortie, mais l’accumulation des situations décrites (tristement réelles) ne peut que faire prendre conscience du pessimisme de l’avenir, et du changement colossal qu’il faudrait mettre sur les rails. Alors pourquoi on ne change rien, à part dérembourser de plus en plus de produits sans que les économies réalisées, de minuscules gouttes d’eau, parviennent à combler le gigantesque trou ? Parce que ce serait impopulaire. Et que lorsque l’on veut être élu, on ne peut pas se permettre d’être impopulaire. Et parce que tout le monde devrait se remettre en questions, élus, soignants, mais aussi malades « consommateurs » qui ont remplacé la notion de santé par les notions de bien-être et de confort.

L’ouvrage est très facile à lire, à la limite du langage parlé parfois, pas de verbiage alambiqué, c’est simple et direct. Dix grandes parties (ah, la CMU, l’AME, l’ALD, leurs contradictions et leurs aberrations, tout un poème !, les fraudes – de toutes parts, etc.) qui offrent chacune une introduction simple, et deux ou trois chapitres de développement.

J’hésite souvent à parler des docs que je lis, parce qu’il s’agit souvent d’un choix très personnel mais celui-ci nous concerne tous… Salutaire, mais vain ?

 

p. 35 : « Mais le gouvernement continue d’éviter les réformes aux allures de suicide électoral. La prudence des élus est responsable de la lente dégradation qui ronge notre système. »

 

Flammarion document, septembre 2013, 306 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Flammarion

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Pedro Crocodile et George Alligator – Delphine Perret

8 Décembre 2013, 08:48am

Publié par Laure

George l’Alligator rend visite à son cousin Pedro le Crocodile. Il est très énervé, il ne supporte plus qu’on le prenne pour un crocodile, alors qu’il est un alligator, lui ! Pedro lui explique que ce sont les enfants du bout du monde qui les confondent.

- Le monde a un bout ? avec des enfants dessus ? s’étonna George l’alligator.

- Oui, des enfants qui disent n’importe quoi !

Il ne leur en faut pas plus pour aller voir cela de plus près, et leur apprendre de quoi il en retourne, en les mangeant, tiens ! Ils vont finir par en trouver dans une école, et là, … eh bien, savourez ! J’adorais déjà Delphine Perret dans la série « Louis et son loup », elle confirme ici encore son talent et son humour. Texte savoureux, drôle, dessin à la fois sobre et riche (je défie quiconque de ne pas être tenté de colorier certaines des pages de cet album), illustrations qui fourmillent de détails qui ajoutent à l’humour du texte, jeu sur les couleurs savamment orchestré, bref, un régal et un vrai coup de cœur. (et dans tout cela, on a oublié de parler du caïman… chut !)

 

 

Les fourmis rouges, septembre 2013, prix : 16,50 €

Etoiles :

Crédits images : © Delphine Perret et éd. Les fourmis rouges

 

Pedro Crocodile et George Alligator – Delphine PerretPedro Crocodile et George Alligator – Delphine Perret

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Muette - Eric Pessan

7 Décembre 2013, 13:26pm

Publié par Laure

Muette, c’est l’histoire d’une fugue. Celle d’une adolescente de 15 ans au sein d’une famille mal aimante où la communication est impossible. Muette organise sa fuite dans une cabane en forêt, avec un duvet, de l’eau, et quelques menues provisions. Son errance, son rejet de cette violence sourde, l’histoire particulière de sa naissance, tout est finement évoqué, quelques phrases courtes en italique parsèment le récit pour dire la violence qui frappe Muette. Ces propos sont ceux de tiers, parents essentiellement mais aussi voisins, connaissances, enseignants, infirmière scolaire, ils éclairent le comportement de la jeune fille.

 

Le récit s’inscrit aussi fortement dans l’expérience du corps et de la nature : comment survivre sans rien ou presque, la chaleur, le froid, les animaux sauvages, tout élément auquel on prête peu d’attention d’ordinaire devient crucial. On se doute que la fugue aura un terme, Muette est sans doute recherchée par la gendarmerie, ses parents ont logiquement signalé sa disparition, le texte tend vers ce moment et l’après.

 

Si j’ai beaucoup aimé ce texte où affluent les émotions par quelques lignes qui font mouche et décuplent la noirceur familiale, j’y ai trouvé parfois quelques longueurs, et surtout une fin qui m’a déçue, même si elle se tient, bien évidemment, j’aurais aimé aller plus loin, mais cela, c’est ma réaction très personnelle. L’auteur a su également m’intriguer par les éléments d’intertextualité qu’il cite en fin d’ouvrage, et m’a donné envie de lire la femme changée en renard, de David Garnett, un classique désormais, allégorie du combat entre l’âme et le corps …

 

p. 161 : « Trop penser à ses parents oblige Muette à les imaginer, face à face, dans la cuisine, bol de thé contre bol de café, pain de la veille grillé. Que se disent-ils ? Parlent-ils d’elle ?

Elle veut notre mort,

ou évitent-ils d’échanger la moindre parole ? Ça ne tenait qu’à son père que Muette ne fugue pas. Ça ne tenait qu’à sa mère qu’elle reste. Ça ne tenait qu’à un peu d’attention, de protection, qu’à un regard qu’il faudrait arrêter de détourner. Muette se force à avaler son thé trop chaud pour que la brûlure éloigne ces pensées et l’empêche de les haïr tout à fait. »

 

p. 17 : « Souvent, Muette parle. Les choses ne réduisent pas à une grossière simplification, il ne faut pas croire. Manier les mots, Muette sait le faire ; ouvrir la bouche, arrondir les lèvres et tordre la langue pour articuler des phrases, elle y parvient si bien que beaucoup se leurrent et ne voient pas qu’au fond d’elle, elle est Muette,

toujours tu nous mens.

Tête de mule.

Arrête tes mensonges et file dans ta chambre.

Sors de ta chambre, et viens nous parler, tu vis enfermée, on dirait que l’on n’existe pas.

Tais-toi.

Dis quelque chose. »

 

Albin Michel, août 2013, 210 pages, prix : 16,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel

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Mon Américain - Jean-Paul Nozière

5 Décembre 2013, 11:40am

Publié par Laure

L’histoire est racontée par Marina, 14 ans, élève en fin d’année de 4ème dans un collège dijonnais. Un nouvel élève arrive dans la classe, Jérémie Crew, vite surnommé « le Ricain » ou « Obama », car il arrive de Los Angeles, son père est consul et sa mère écrivain. Une situation exceptionnelle pour les élèves de ce collège populaire. D’ailleurs, pourquoi Jérémie est-il scolarisé dans cet établissement, et non dans le collège bourgeois voisin à bien meilleure réputation ?

p. 21 : « Un Américain + un lycée à Hollywood + parler trois langues +un père consul ou un truc du même genre + une mère écrivain = un résultat vachement lourd à digérer, d’où une preuve par 9 évidente : nous devons détester ce garçon qui nous en met plein la vue ».

Le verdict est vite tombé pour les élèves de la classe. Pourtant Jérémie jette son dévolu sur Marina, antillaise et noire, que ses camarades surnomment Blanche-Neige. Ils vont sympathiser. Mais Jérémie intrigue de plus en plus Marina : pourquoi est-il habillé comme un SDF certains jours, et comme un nanti couvert de marques les autres jours ? Pourquoi le numéro de sa rue n’existe-t-il pas ? Tout cela est bien mystérieux…

Et c’est tout l’art de Jean-Paul Nozière, bien connu en auteur de polar également, d’intriguer son lecteur pour ne plus le lâcher. Entre trivialité scolaire (le récit est aussi une tranche de vie d’élèves adolescents avec leur franc-parler, leur comportement) et enquête menée par une Marina qui serait bien en train de tomber amoureuse, l’équilibre est bien tenu. C’est court, ça se dévore, et la réalité qui en découle est un pan tout aussi réaliste de notre société. Efficace !

 

Nathan, coll. « mes années collège », août 2013, 108 pages, prix : 5 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Jérôme Meyer-Bisch et éd. Nathan

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Holden, mon frère - Fanny Chiarello

1 Décembre 2013, 18:55pm

Publié par Laure

Lu juste après Prends garde à toi, publié un an après ce titre, les deux romans se répondent, abordant des thèmes similaires (la place de la culture et son accès selon sa condition sociale), en prenant ici l'exemple inverse. Si Louise était brillante et choyée dans une famille aimante et socialement élevée, c'est tout le contraire pour Kevin, 15 ans, qui préfère se réfugier à la bibliothèque (parce qu'il y fait chaud et qu'on ne lui demande rien) que de rentrer dans sa famille bancale, père qui disparaît pendant des semaines, mère sur les nerfs, frères indifférents. Kevin ne s’est même jamais posé la question de la lecture tant le livre n'a pas sa place dans la maison, jusqu'à ce qu'une mamie énergique croisée à la bibliothèque lui mette en main L'attrape-cœurs de Salinger, puis le guide dans ses lectures, résonances parfaites à son adolescence.

 

décor, p. 8 : « Ma classe compte trois des types les plus populaires du collège. Deux d'entre eux sont Guillaume et Brandon ; ils ne se sont jamais quittés, de la maternité à la troisième. Ils ont redoublé le CP ensemble, pris leur première cuite ensemble au CM2, et passé leur première garde à vue ensemble, cet été, quand ils ont fracturé une voiture pour voler un paquet de cigarettes vide sur le tableau de bord. La troisième gloire de la classe est Loïc Huc. Il est moins extravagant que les deux autres mais tout le monde lui voue une crainte mêlée de fascination. S'il frappe sa mère, rien ne peut l'arrêter. Inégalable. Je dois mon incisive fêlée à son vigoureux coup franc. »

 

Autant dire que dans cette ambiance, le travail scolaire et la lecture ne sont pas des priorités.

 

p. 67 : « Dans notre collège, il est mal vu d'aimer les bouquins, mais ne pas savoir lire est tout aussi infamant. Un subtil dosage. »

 

Kevin va se lier d'amitié avec Laurie, l'intello de la classe qui fréquente aussi la bibliothèque, mais pas pour les mêmes raisons ! Ce roman retrace le parcours d'un jeune garçon pour qui tout n'est pas perdu, quand on place sur sa voie les bonnes personnes, et combien la littérature peut-être une béquille, un moyen d'évasion, une ouverture sur le monde, un lien entre générations. Pourtant, j'ai moins aimé ce roman que « Prends garde à toi », peut-être parce que si pour Louise, le style était parfaitement adapté, je trouve ici que l'expression de l'auteur est un peu trop parfaite encore pour coller au personnage de Kevin (même si le roman tend à le sortir de sa condition sociale), moins réaliste peut-être, un peu répétitif aussi, je l'ai trouvé un peu longuet et me suis ennuyée passés les deux tiers, mais je trouve intéressant de lire ces deux textes de Fanny Chiarello en parallèle.

 

p. 117 : « Drôle d'idée que de lire des romans, quand on y pense bien : on s'attache à des personnages qui n'existent pas, on se sent moins seul alors qu'il suffirait de lever la tête de sa page pour constater qu'on l'est toujours autant dans le vrai monde, et après, tout est fini. Chacun rentre chez soi, Holden et tous les autres dans leur néant, et moi dans ma baignoire auréolée de traces douteuses. »

 

Sélectionné pour le prix des lecteurs 13-16 ans 2014 de la ville du Mans et du département de la Sarthe.

 

L'école des loisirs, collection Medium, avril 2012, 208 pages, prix : 10,70 €

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Crédit photo couverture : © Séverin Millet et éd. L'école des loisirs.

 

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