Les jardins d'Hélène

Les nuits mélangées - Léa Lescure

23 Avril 2013, 09:06am

Publié par Laure

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Etudiante, Manon met le doigt dans l'engrenage de la prostitution pour arrondir ses fins de mois. Des passes sur l'autoroute au club privé, l'argent devenu facile semble être la seule motivation d'une jeune femme qui ne sait pas très bien où elle en est. Prostitution rime avec drogue aussi, bien sûr.

Pas de récit glauque, une plume agréable et élégante, toutefois ça ne suffit pas à faire une histoire, laquelle reste banale et creuse, comme le vide intérieur et la fuite en avant de son personnage.

 

Lu dans le cadre du Club testeurs d'Amazon.

 

Editions Kero , avril 2013, 159 pages, prix : 16,50 €

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Crédit photo couverture : © éditions Kero

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Rideau ! - Ludovic Zékian

22 Avril 2013, 15:51pm

Publié par Laure

 

rideau.jpgLa Tour-du-Pin, petite commune d'Isère. Un jeune homme devenu fonctionnaire au Ministère des Finances raconte le métier de sa mère, commerçante qui baisse définitivement, à 67 ans, le rideau de son magasin. Elle-même déjà était fille de commerçants, elle a commencé naturellement à travailler sur des marchés forains, puis a tenu un commerce de prêt-à-porter. A la fermeture de celui-ci, elle change du tout au tout pour une Maison de la Presse, alliant journaux, magazines et librairies. C'est le sort des commerces de proximité qui est ici évoqué, leurs fermetures successives au profit des grandes surfaces excentrées, le lien social qu'ils représentaient, leur mort programmée. Sans jugement, juste un constat posé. Ce roman autobiographique est aussi un hommage au dévouement maternel, à une femme qui a exercé son métier avec passion et persévérance jusqu'au bout de ses forces.

Hommage à la mère, au courage, à la vie sociale, au livre aussi.

Si j'ai eu un peu de mal à me faire à l'écriture, peut-être un peu froide et distante, cette impression s'est vite estompée. Beaucoup de non-dits peut-être aussi, de pudeur et de retenue, l'auteur ne rue pas dans les brancards, il raconte, sans effets de manche, une vie qui interagit avec la vie d'un centre bourg devenu moribond...

 

 

Phébus, février 2013, 121 pages, prix : 11 €

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Crédit photo couverture : © Marie-Aude Serra et éd. Phébus.

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80 notes de jaune - Vina Jackson

11 Avril 2013, 19:33pm

Publié par Laure

(titre original : Eighty Days Yellow)

Traduit de l’anglais par Angéla Morelli

 

80-notes-jaune.jpgÉcrit à quatre mains sous pseudonyme (et traduit sous pseudonyme également), 80 notes de jaune surfe sur la vague fifty shades, ne serait-ce que par le titre, volontairement référent. Mais la comparaison peut s’arrêter là, car le roman se veut bien plus adulte et plus mature que les nuances de Grey. Ici point de mièvrerie, mais une entrée sans complexe et sans pudibonderie dans les clubs fétichistes et échangistes et les codes du SM.

Summer, jeune néo-zélandaise, vit à Londres et joue du violon dans le métro pour payer son loyer. Sa liaison avec le très coincé Darren la laisse insatisfaite. Lors d’une bagarre dans les couloirs du métro, son violon est détruit. C’est en lisant ce fait-divers dans la presse que Dominik reconnaît la violoniste qui l’avait envouté par son interprétation des quatre saisons de Vivaldi. Son nom dans la presse et une requête sur Facebook vont lui permettre de la contacter. Un nouveau violon en échange de quelques faveurs très particulières.

 

Si vous avez trouvé trop crus certains passages de Cinquante nuances, passez votre chemin, 80 notes va bien plus loin. On est cette fois bien plus près de l’érotisme (d’un genre particulier certes) que du romantisme, en dépit du nom de la collection éditoriale. L’histoire d’amour est perceptible, mais discrète, et ne se laisse percevoir réellement que sur la fin, annonçant une suite immédiate : 80 notes de bleu. De là à jouer sur les trilogies à la mode, il n’y a qu’un pas…

 

Un univers de « parties fines » (ce Dominik en rappellerait-il un autre ?) dans un milieu intellectuel : Dominik est prof de fac et s’il n’a pas la fortune d'un chef d’entreprise façon Grey, il ne semble pas à plaindre non plus, il vit entouré de livres et aime la « grande » musique, ses relations sont autant « cérébrales » dans le scénario que physiques…

Plus qualitatif que ce à quoi je pouvais m’attendre, tant en terme d’écriture que d’histoire : si c’est un roman vite oublié, il se place tout de même au-dessus de la trilogie d'E.L James qui bat toujours des records de vente (et de prêts dans les bibliothèques!) ...

 

Ed. Bragelonne / Milady, coll. Romantica, janvier 2013, 450 pages, prix : 15,90 €

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Crédit photo couverture : ©Silver-John et Elisantg / Shutterstock et éd. Milady / Bragelonne


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à l'encre russe - Tatiana de Rosnay

7 Avril 2013, 15:27pm

Publié par Laure

 

Traduit de l'anglais pas Raymond Clarinard

 

a-l-encre-russe.jpgLe problème, quand on commence à bien connaître un auteur, du moins quand on a tout lu d'elle, assisté à plusieurs rencontres avec leur lot traditionnel de questions / réponses et qu'en plus on la suit sur les réseaux sociaux, c'est qu'on a l'impression de voir dans son roman tout ce qu'elle a pu y mettre d'elle.

A l'encre russe met en scène, avec une construction enchâssée à la manière des poupées russes très habile, moult éléments déjà connus tenant du parcours de l'auteur : le renouvellement du passeport où il lui a fallu prouver que ses parents étaient bien français, le succès mondial d' Elle s'appelait Sarah, le film qui en est tiré et dans lequel elle y fait une courte apparition, les conséquences sur le quotidien d'un tel succès, le risque de prendre la grosse tête, la disparition en mer de son oncle Arnaud de Rosnay, son éditrice ici appelée Alice Dor (Héloïse d'Ormesson), la place importante des réseaux sociaux (Tatiana est très présente sur Facebook et Tweeter), les clins d’œil deci-delà : il y a un Patrick Treboc qui rappelle l'écrivain maison Harold Cobert, ses écrits dans le JDD (ici une journaliste littéraire dans un grand hebdo du week-end), Margaux Dansor rappelle la Yansor (Rosnay) qui a existé sur le web, etc.

 

Si j'ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir - je m'imaginais au soleil sur une chaise longue de grand hôtel, comme dans ce décor de rêve du Gallo Nero, loin de la grisaille trop froide de ce printemps de l'ouest de la France – si j'y ai vu un roman parfait pour la détente des vacances, il m'a quand même manqué … une histoire que je ne connaisse pas déjà... (l'épisode revisité du Concordia n'est pas non plus une surprise). A souligner quand même, les savoureux échanges érotiques virtuels entre la mystérieuse Sabina et Nicolas, une nouvelle touche à la palette de l'auteur ! (nouvelle, nouvelle, pas tant que cela si l'on en croit une vieille légende  )

 

C'est donc avec un léger regret que j'ai achevé ce roman, mais je reste attachée à l'auteur, je sais que je lirai toujours ses romans, et je n'oublierai pas non plus qu'elle a été le premier écrivain que j'ai reçu dans le cadre de mon travail, alors que Sarah venait tout juste de sortir, juste avant tout le succès que l'on sait ensuite, et qu'elle ainsi inauguré un rendez-vous devenu régulier depuis avec d'autres auteurs, et qu'elle garde une place particulière dans mon coeur. Elle me fait toujours l'honneur de m'envoyer ses livres, et je l'en remercie !

 

Et comme j'en dis peu sur le roman lui-même, je vous conseille le très bon billet de Guy Jacquemelle.

 

(et Tatiana nous avait fait sourire avec une photo sur Facebook montrant l'épuisant travail des relectures des épreuves, sorry ma belle, il reste une seule coquille, une bête inversion de mots page 45 : « Une fois à la maison, bien que rongé par d'en parler l'envie, il n'avait pas ... » Le lecteur rétablira bien sûr de lui-même, mais j'avais été surprise par le délai si court entre les dernières relectures et la mise en vente, ça me semblait mission impossible !)

 

Editions Héloïse d'Ormesson, mars 2013, 347 pages, prix : 22 €

 

Crédit photo couverture : © DR / The bridgeman library / éd. Héloïse d'Ormesson

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Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # 03-2013)

31 Mars 2013, 20:45pm

Publié par Laure

Bilan cosmétique du mois de mars, sur les produits que j'ai terminés : alors je rachète, ou pas ?

 

Produitrs terminés mars 2013

Un peu plus de produits que le mois dernier puisqu'ils sont au nombre de 7 cette fois... (oui il y a un morceau étrange sur la photo, j'y suis allée à la hache pour finir le produit, ou presque)

Alors, alors... eh bien un peu de tout : 1 gel douche, 1 gel nettoyant visage, 1 soin visage, 1 soin contour des yeux, 1 démaquillant yeux, et 2 soins corps. On y va :

 

douche balea goyaveGel douche-crème Balea à la goyave, DM, 65 cents :

toujours un produit allemand de chez DM, à 0,65 € on aurait tort de ne pas les essayer. Je trouve l'appellation douche-crème un peu trompeuse, rien à voir avec les Dove, on reste dans du gel douche normal, c'est juste qu'au lieu d'être complètement fluo (comme celui au kiwi du mois de décembre), il est un peu laiteux, mais à peine. Pas de vrai pouvoir hydratant, un gel douche basique quoi. Donc dans ce parfum-là, non, je ne rachèterai pas.

 

gel visage neutrogena

Gel nettoyant pamplemousse rose Visibly Clear, de Neutrogena, prix : + ou - 6 € selon promos des grandes surfaces.

Aide à réduire les boutons et les points noirs, recommandé pour les peaux mixtes à grasse, plutôt pour les ados, et à vrai dire c'est pour mes filles que je l'avais acheté. (J'ai une peau mixte mais point de boutons, merci.) On en a fait un produit commun à utiliser sous la douche le matin. Parfum frais, flacon pompe pratique (une pression suffit), ne dessèche pas trop la peau, je n'en ferais pas forcément un choix personnel, mais mes filles l'utilisent régulièrement.

 

soin lait corps nuxeTonific nutrition, lait corps multi-hydratant, peaux sèches et très sèches, Nuxe, prix : 20,90 € (acheté 9 € en vente privée Nuxe).

Très nourrissant, mais beaucoup trop épais à étaler, ne sort pas facilement du tube, odeur citronnée assez vivifiante, mais texture vraiment trop riche pour une présentation en tube. Et à réserver pour l'hiver. Je crois que le produit n'existe plus, je ne l'aurais de toute façon pas racheté, il ne correspond pas à ce que j'aime utiliser. (Mais à petit prix, je ne prenais pas un gros risque)

 

lait fermeté corps cosmenceLait hydratant « courbes et fermeté » de Cosmence (Club des créateurs de beauté), acheté à prix promo 5 € (sinon 13,90 € je crois)

Celui-ci en revanche, je crois que je vais l'adopter ! Flacon pompe hyper pratique (sauf pour l'utiliser jusqu'au bout, je l'ai découpé au cutter, car même en le mettant à l'envers, la texture est trop gélifiée pour descendre, et il reste quand même pas mal de produit que la pompe n'attrape plus – 4 jours d'application sur tout le corps). Parfum indéfinissable (un peu Malabar? Mais pas trop écœurant non plus), gel-crème facile à appliquer qui pénètre vite, et surtout, surtout : une vraie impression de gainage, peau comme liftée et regalbée. Un effet tenseur peut-être artificiel, mais c'est rare que cela soit aussi évident à l'application. (Pas sûre non plus qu'il y ait un effet à long terme, disons que cela participe de l'entretien régulier). Alors je rachète ou pas ? Oui ! (mais uniquement à prix promo, on a facilement – 40 ou – 50 % chez les Créateurs de beauté)

 

fond produit fermeté cosmence

 

demaq yeux cosmenceGelée démaquillante yeux Physio démaq, Cosmence, prix : 9,90 €

Là aussi, il est courant d'avoir des réductions jusqu'à 50 % (je n'achète quasiment jamais rien à prix fort chez eux)

Flacon-pompe ultra pratique (vous avez compris maintenant à quel point j'en suis maniaque de ces conditionnements-là), gelée transparente qui ne coule pas trop du coton et qui n'irrite pas les yeux, je n'en suis pas à mon premier flacon, mais je crois que le produit est supprimé ?

Dommage si c'est le cas, vais pas pouvoir racheter ^^ Je ne trouve plus sur leur site qu'une eau démaquillante visage et yeux dans cette gamme-là (ainsi qu'un lait mais rien de spécifique pour les yeux).

 

contour yeux prodigieux nuxeContour des yeux Prodigieux de Nuxe, 15 ml, prix : 18,45 € (acheté en vente privée Nuxe à 9 €)

On ne change pas une formule qui gagne, je vous l'avais déjà présenté en décembre. Flacon-pompe airless, fluide léger anti-âge anti-poches, parfum bien plus discret que les soins visages de la gamme. Hélas il n'a pas été reproposé aux dernières ventes privées de la marque, mais il est toujours en vente au prix normal.

 

serum caspari diadermineSoin anti-rides concentré, méthode dermo-identique, Dr Caspari pour Diadermine :

acheté 5 € en déstockage, le produit n'est plus commercialisé il me semble. C'est une formule gel très légère, qui ne fait pas briller ma peau 2 heures après, hydratante, et qui la rendait il me semble plus douce et plus lisse. Je l'ai vraiment apprécié ce soin... et en aurais volontiers racheté, mais ça ne semble plus possible. Tant pis, je trouverai autre chose à tester :-) (on le trouve encore sur A*ma*zon, mais je n'ai jamais eu l'idée – ni l'envie - d'acheter des cosmétiques chez eux?!)

 

3 produits sur 7 qui auraient disparu de la circulation, ça fait beaucoup, et en même temps ce n'est pas si surprenant quand on sait que j'achète régulièrement en déstockage ou promos souvent liées à des produits non reconduits ou dont les packagings sont relookés, c'est bien qu'ils sont amenés à disparaître.

Une routine soin qui continue de rouler avec le contour yeux Prodigieux de Nuxe, et 2 produits qu'on verra peut-être revenir dans mes bilans mensuels parmi ceux qui existent toujours : le gel nettoyant visage au pamplemousse rose Neutrogena, et le gel crème fermeté Cosmence :-)

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Un père en colère - Jean-Sébastien Hongre

30 Mars 2013, 10:47am

Publié par Laure

un-pere-en-colere.jpgStéphane, séparé de sa femme, revient dans leur maison suite à un appel de celle-ci : elle n’en peut plus de la violence de leurs enfants, deux grands adolescents qui ont pris le pouvoir dans leur vie, victimes et bourreaux de la drogue, dealers, caïds de banlieue.

À bout, Nathalie décide de partir mais est victime d’un très grave accident de la route. Hasard ou tentative de suicide ? C’en est trop pour Stéphane, qui exprime son impuissance, son désarroi et sa colère dans un blog « un père en colère ».

L’anonymat ne fait pas long feu et la télé-réalité avide de voyeurisme s’empare de ce bon coup médiatique….

Beaucoup de points intéressants dans ce roman, mais beaucoup d’aspects agaçants aussi, maladroits peut-être.

Fred et Léa, les enfants, sont en fait de jeunes adultes, tous deux majeurs, ils ont pris possession de la maison familiale où ils tolèrent la présence cloitrée de leur mère. À aucun moment l’auteur ne donne leur âge (ou alors j’ai raté quelque chose), vers la fin seulement il indique qu’ils sont majeurs, cela m’a gênée dans ma lecture, car j’avais du mal à situer Léa.

Le récit se veut d’un réalisme ultra violent, tant dans les propos que dans les faits, on a l’impression de regarder un énième reportage sur les banlieues à feu et à sang. C’est une réalité, livrée ici brute dans sa kyrielle de clichés, comme un condensé du pire directement plaqué là, pas de demi mesure. Parents dépassés, certes, mais à ce point…

Ce qui m’a semblé le plus intéressant, c’est la description des médias, l’utilisation et la manipulation faite par ces derniers. Réaliste, toujours, mais si peu compris par tous ceux qui se gavent de cette télé-là, y compris au JT de 13h…

L’ensemble est un peu trop manichéen, bien sûr ça finit bien et bien sûr il y a un gentil Kamel, étudiant en prépa maths sup qui travaille comme il peut dans sa chambre de bonne, tout en connaissant sur le bout des doigts toute l’organisation des dealers, les planques, et tout. Il fréquente ce monde-là mais a su rester « clean ». Bon sentiment mais une implication qui reste assez peu crédible dans sa présentation. Trop d’écart entre la violence et les « gentils ».

Un roman de société qui a eu du mal à trouver son chemin entre fiction (mais y est parvenu) et essai documentaire. Une réflexion sur la difficulté d’être parents aujourd’hui, quelques pistes soulevées sur les causes liées à notre société en mutation, abordées mais pas creusées, là encore toute la difficulté entre le débat et le roman.

Je reste donc assez perplexe : peut-être trop de clichés et pensées toutes faites plaquées sur une trame romanesque, un débat esquissé qui ne réussit pas à trouver la bonne place dans le récit, des scènes surréalistes qui côtoient la bienséance sans que personne ne s’en émeuve jamais vraiment, comme un flottement qui cherche à interpeller dans un monde en perdition.

 

(Lu sur épreuves non corrigées non mises en page proposées par Amazon dans le cadre de son club testeurs, mon commentaire porte donc sur cette version, j’ignore si hormis les corrections d’usage (orthographe, etc.) des modifications de fonds ont été apportées ou non.)

 

Max Milo, mars 2013, 250 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : © éd. Max Milo

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10 tableaux et un ballon rouge – Marie Sellier

29 Mars 2013, 18:02pm

Publié par Laure

10-tableaux-et-un-ballon-rouge.jpgJ’avais aimé il y a un an et demi le premier titre de Marie Sellier sur ce principe qui consiste à présenter des grands tableaux de manière ludique aux enfants : Mes 10 premiers tableaux. 

Un nouvel album vient de paraître : 10 tableaux et un ballon rouge. Place à la couleur, au ballon rouge qui rebondit, et aux détails qui apparaissent à travers les ronds découpés. « Un chapeau de soleil en paille jaune, un drôle de monstre vert, et… un ballon rouge ! [ et toujours ce refrain :] Dans quelle peinture, dans quelle histoire ? Mystère, mystère ! Allons voir ! » On tourne la page et on découvre Le Ballon, de Félix Valloton, 1889. Page de gauche, une courte histoire qui décrit le tableau, donne à rêver ou à imaginer.

Le texte imprimé respecte la couleur citée (texte en jaune pour le chapeau de paille jaune, la lune jaune, etc.), le positionnement du texte joue sur les vagues des découpes, entre les rebonds du ballon, c’est toujours aussi ludique, attrayant, et bien conçu.

 

Les 10 tableaux présentés sont les suivants :

Le Ballon, de Félix Valloton (1899) ; Les joueurs de football, du Douanier Rousseau (1908) ; le cirque bleu, de Marc Chagall (1950) ; Icare, papiers collés, d’Henri Matisse (1946) ; Portrait de femme au chapeau à pompons et corsage imprimé, de Pablo Picasso (1962) ; Femmes et oiseau, la nuit, de Joan Miro (1944) ; Les constructeurs, de Fernand Léger (1950) ; Paysans, de Kasimir Malevitch (1928-1932) ; Sans titre (aquarelle, encre de Chine) de Vassily Kandinsky (1940) et Senecio, de Paul Klee (1922).

 

Pour les enfants dès 5 ans, mais avec plaisir pour leurs parents aussi !

 

Nathan, mars 2013, 45 pages, prix : 14,90 €

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Crédit photo couverture : © Le Douanier Rousseau, Les joueurs de football, 1908 (détail) © Arthotek / La Collection / et éd. Nathan

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Savannah dream – Cécilia Dutter

27 Mars 2013, 16:05pm

Publié par Laure

savannah-dream.jpgJulien est sociologue au CNRS, spécialiste du comportement appliqué à l’environnement. Il est débauché par un chasseur de têtes pour une mission dans la grande firme d’Atlanta, Coca-Cola, où il est chargé de donner une image plus verte à la communication de la marque. Il s’expatrie avec femme et enfants.

Mais dès son arrivée il est abordé par une jolie prof de philo esseulée, expatriée elle aussi : Maud. Julien aime sa femme, ne veut pas la tromper. Mais comment résister à Maud qui semble avoir tout compris de ses faiblesses, de ses failles intérieures et blessures d’enfance non cicatrisées.

Un roman qui démonte avec précision et justesse le mécanisme psychologique de l’adultère, de la culpabilité et de la passion dévorante.

Des éléments troublants vont faire douter Julien : Maud l’aime-t-elle vraiment ? Et si tout n’était que manipulation de sa part ? Et si tel était le cas, pourquoi ? Un parfait engrenage sur la fragilité et la folie des êtres.

Une fin particulièrement réussie qui vient clore une longue partie qui commençait à ronronner un peu trop, dévastatrice mais qui a manqué pour moi d’un peu de souffle central.

 

p. 142 : « Elle avait si bien joué la comédie de la passion que je m’étais abandonné à la confiance. Quelle naïveté ! Comme à son habitude, après avoir donné, elle reprenait ce qui lui apparaissait sans doute comme un trop perçu. Je hurlais de rage contre elle. Contre moi surtout, qui m’étais fait ballotter par cette garce depuis des semaines sans réagir. Maud ébranlait la sécurité affective que j’avais acquise auprès d’Hélène. J’avais grandi, je m’étais construit grâce à ma femme. Elle était mon roc. Un roc poncé par des années de vie commune et sur lequel reposait mon parcours d’homme. Maud ne le parsèmerait que de cristaux tranchants. Qu’avais-je à gagner à m’écorcher à vif ? »

(ce n’est pas un verdict final, des rebondissements s’ensuivent !)

 

Albin Michel, février 2013, 215 pages, prix : 16 €

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Crédit photo couverture : © Sally Waterman / Millennium Images, UK, et éd. Albin Michel

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La décision - Isabelle Pandazopoulos

23 Mars 2013, 15:29pm

Publié par Laure

la-decision.jpg20 octobre 2011 : Louise, élève de Terminale S a un malaise pendant un cours de maths. Un élève l’accompagne aux toilettes, et s’inquiète lorsqu’il voit du sang couler sous la porte. Tentative de suicide, hémorragie subite … ? Non, Louise vient d’accoucher d’un garçon de 3,3 kg. Elle ne savait pas qu’elle était enceinte. Déni de grossesse.

Tout le monde est sous le choc, la vérité n’est pas dite tout de suite aux élèves, Louise est hospitalisée. Rien ne sera plus jamais comme avant, ni pour elle, ni pour ses parents, ni pour ses camarades.

Plusieurs voix s’expriment dans ce roman, camarades de lycée, personnels hospitaliers et intervenants sociaux, Louise, ses parents, tous donnent leur vision des choses et le retour en arrière suffisant pour comprendre comment cela a pu se produire.

Car Louise choque et déçoit ses parents lorsqu’elle affirme qu’elle n’a pourtant jamais eu de relations sexuelles. S’agit-il d’un viol dont la jeune fille serait incapable de parler ?

Ce qui est brillamment analysé et raconté, c’est le parcours de Louise de l’accouchement jusqu’à la décision, la première, puis la seconde à la fin du livre, décisions impossibles, difficiles, responsables, qui décrivent combien le lien mère-enfant n’est pas toujours naturel et comme il peut être douloureux.

La multiplicité des voix, l’évolution du récit (qui semble bien documenté, dans l’observation de la vie au foyer et avec les professionnels), les choix, les responsabilités des uns et des autres font de plusieurs faits de société (la grossesse chez les adolescentes, le déni, et ceux que je ne dévoile pas…) un roman très fort, très juste, loin de tout sentimentalisme larmoyant.   

 

Voici une littérature de jeunesse qui ose parler de sujets graves avec intelligence et talent.

(À proposer à partir de 14 ans. )

 

(à noter : la très belle couverture, encore plus riche de sens quand on la réinterprète à la fin de la lecture) 

 

Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, janvier 2013, 245 pages, prix : 9,50 €

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Crédit photo couverture : © Marguerite Courtieu et éd. Gallimard Jeunesse.

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Norlande - Jérôme Leroy

20 Mars 2013, 10:14am

Publié par Laure

norlande.jpgDans un pays scandinave imaginaire nommé Norlande (mais qui ressemble fortement à la Norvège), la jeune Clara Pitiksen est prostrée dans sa chambre d’hôpital depuis huit mois. Quel est donc cet « événement » qui l’a traumatisée à  ce point ? Qui est « l’Autre » qui semble être le personnage impliqué dans le drame ?

Clara tente d’écrire ce qui s’est passé dans un cahier, qu’elle adresse à sa meilleure amie Émilie, correspondante française du même âge, qu’elle a rencontrée de nombreuses fois.

À travers son récit empreint d’une forte tension, c’est la tuerie du 22 juillet 2011 sur l’île d’Utoya, en Norvège, que l’auteur décrit. Mais pourquoi Clara se sent-elle à ce point coupable ? L’avancement de Clara dans sa « guérison », dans sa capacité à s’exprimer enfin nous donnera toutes les clés.

Une mise en fiction intéressante et intelligente d’un événement qui avait ému la communauté européenne et au-delà, et qui démont(r)e de manière très réussie la manipulation, la violence, la montée en puissance du racisme dans des pays qui s’en croyaient encore à l’abri, la folie sans limite de certains partisans de l’extrême droite, et qui donne à voir aussi l’engagement des jeunes, adolescents et jeunes adultes, engagement citoyen, politique, dans la lutte contre la haine et les persécutions.

Le récit au féminin est tout simplement attachant, et si des références sont faites à un roman précédent dans lequel apparaissait déjà la française Emilie (la grande môme, 2007, que l’éditeur réédite pour l’occasion), Norlande peut tout à fait être lu indépendamment.

 

Voilà une littérature jeunesse comme je l’aime, intelligente et engagée, ouvrant à la réflexion tout en restant romanesque. (Et la mère de Clara, ministre des affaires étrangères, on se croirait dans la série Borgen, et l’auberge Sjöwall au pied du mont Wahlöö, amusant clin d’œil aux auteurs suédois Sjöwall et Wahlöo, …)

 

 

Syros, coll. Rat noir, mars 2013, 146 pages, prix : 14 €

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Crédit photo couverture : © Getty / Don Farrall et éd. Syros

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