Les jardins d'Hélène

Prends garde à toi - Fanny Chiarello

25 Novembre 2013, 19:05pm

Publié par Laure

La classe de 5ème B va monter Carmen, le célèbre opéra de Bizet. Les parents réécriront le livret, et les élèves travailleront leur voix en cours de chant. Pour Louise, élève brillante, fille unique choyée par ses parents, c'est tout vu, elle tiendra le rôle titre, celui de Carmen. Mais une nouvelle élève arrivée en début d'année pourrait bien involontairement lui voler la vedette. Louise en est malade et cherche à embobiner son monde.

Louise est un personnage qui se montre détestable au lecteur : hautaine, prétentieuse, capricieuse, certes cultivée (d'une culture surtout lettrée), son mépris permanent de l'autre ne la rend guère aimable. Manon est tout son contraire : issue d'un milieu défavorisé, en grande précarité, elle est la douceur et la gentillesse même, mais tout aussi aimée par sa famille, elle est curieuse de tout en gardant sa simplicité naturelle. Les professeurs ne seront pas dupes et ne répondront pas aux caprices de Louise, qui va en souffrir et manipuler ses parents, mais chacun trouvera sa place.

Ce roman pose la question de la place de la culture : est-elle est réservée à une élite ? A-t-on les mêmes chances d'y accéder quand on est pauvre, mais pas idiot pour autant ? La culture a-t-elle les capacités de rassembler et de gommer les différences ? N'est-ce pas ici l'école qui y réussit (idéalement) ?

 

Une très bonne description du personnage, avec une expression stylistique qui lui correspond parfaitement et si je m'attendais à un enjeu plus poussé autour des deux jeunes filles, le roman reste malgré tout très centré sur Louise et l'expression de sa jalousie.

 

 

À écouter : Carmen revisité par Stromae (2013)

 

"L'amour est comme l'oiseau de twitter
On est bleu de lui seulement pour 48 heures
D'abord on s'affilie, ensuite on se follow
On en devient fêlé, et on finit solo

Prends garde à toi et à tous ceux qui vous like
Les sourires en plastique sont souvent des coups d'htag
Prends garde à toi! Ah les amis, les potes ou les followers?
Vous faites erreur vous avez juste la cote

[Refrain]
Prends garde à toi si tu t'aimes
Garde à moi si je m'aime
Garde à nous garde à eux
Garde à vous et puis chacun pour soi

Et c'est comme ça qu'on s'aime s'aime...
Comme ça consomme somme..."   (© Stromae)

 

 

L'école des loisirs, coll. Medium, mars 2013, 186 pages, prix : 9,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Gabriel Gay et l'école des loisirs

 

Voir les commentaires

Undercurrent – Tetsuya Toyoda

16 Novembre 2013, 17:11pm

Publié par Laure

Traduit du japonais par Thibaud Desbief

 

Undercurrent, c’est un courant, quelque chose de sous-jacent, de sous-entendu, rappelle une définition du Collins en ouverture du livre. Et toute la finesse de ce manga se révèle en effet dans les non-dits, dans ce que perçoit le lecteur sans jamais avoir la garantie que cela se produira.

 

Kanaé dirige seule les bains publics hérités de son père depuis que son mari est parti sans laisser aucun message ou explication. Est-il parti pour quelqu’un d’autre, a-t-il eu un accident, avait-il des ennuis ? Nul ne le sait.

 

Après quelques mois de fermeture pour se remettre du choc, Kanaé rouvre l’établissement avec l’aide de sa tante et d’un employé envoyé par le Syndicat pour les seconder. S’il y a beaucoup de discrétion et de pudeur dans leurs échanges, ne seraient-ils pas attirés l’un par l’autre ? Mais les ragots vont déjà bon train dans la petite ville, point n’est besoin de les nourrir davantage. Avec l’aide d’une amie, Kanaé embauche un curieux détective privé, plutôt excentrique et hors-norme, pour tenter de retrouver son mari, tant il est difficile de rester dans l’ignorance et l’incertitude. Faut-il espérer son retour ou non ? Ce dernier guide sa réflexion dans ce sens : connaissait-elle vraiment son mari ? Connaît-on jamais celui qui vit au plus près de soi ?

 

Même si ce manga est bien antérieur au roman de Thomas B. Reverdy, les évaporés, paru en août dernier, il m’y a souvent fait penser : le roman de Reverdy évoque en effet le cas de ces Japonais qui disparaissent en toute liberté, sans être nécessairement recherchés, et qui peuvent ainsi changer de vie sans rendre de comptes à personne. On les appelle les évaporés, et c’est bien ce qu’est Satoru, le mari envolé.

 

Le manga est riche d’une intrigue qui évolue entre mystère à résoudre, sentiments latents, drames et souvenirs anciens qui rejaillissent, tout en étant parsemé de quelques notes d’humour, rien n’est triste ni sombre dans l’histoire. Mais ce fait sa beauté et sa réussite, c’est avant tout la timidité des sentiments qui transparaissent, ce « undercurrent » du titre. Les rebondissements sont nombreux et ce jusqu’à la dernière page, ainsi ce n’est pas non plus un récit purement intimiste.

 

Une belle lecture due au hasard d’une rencontre avec sa couverture dans une bibliothèque, et d’autant plus amusante que Véro l’a chroniqué sur son blog alors que je venais de l’emprunter la veille, un manga de 2008, on ne peut pas dire que ce soit une nouveauté ultra médiatisée ;-)

 

Éd. Kana, coll. Made in, 299 pages, septembre 2008, prix : 12,70 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Tetsuya Toyoda et éd. Kana

Voir les commentaires

Une séparation - Véronique Olmi

2 Novembre 2013, 19:14pm

Publié par Laure

J'ai été surprise de découvrir un nouveau livre de Véronique Olmi début octobre alors que venait de sortir à peine quelques semaines auparavant son dernier roman La nuit en vérité. Il s'agit en réalité d'une réédition d'un texte de théâtre à l'occasion de sa sortie sur scène. La pièce se joue en effet au théâtre des Mathurins jusqu'au 22 décembre (plus d'infos ici : www.theatredesmathurins.com), avec Véronique Olmi elle-même dans le rôle de Marie, et Jean-Philippe Puymartin dans le rôle de Paul, acteur qui signe aussi la mise en scène de la pièce.

 

Si le sujet semble banal et rebattu (la séparation d'un couple), les mots de Véronique Olmi lui offrent une grâce particulière. Le texte prend une forme épistolaire, échange de lettres entre la femme qui quitte et l'homme quitté.

P. 11 : « Je te quitte, Paul. Je me suis levée pour te l'écrire. Je commence cette journée par faire ça. » Point d'adultère ou de nouvel amour secret, juste l'érosion habituelle d'une vie commune :

p. 22 : « Tu demandes la raison de cette rupture, je te la donne, elle tient en un mot : l'ennui. Comment avons-nous pu passer si vite de l'émerveillement à la léthargie à la léthargie ? »

Pourquoi et comment quitter quelqu'un qu'on aime encore ? Paul commence par refuser cette rupture, ce n'est pas son choix. Il répond à Marie. Tous deux poursuivent la correspondance. Les mots sont élégants, l'analyse est fine, le texte est beau et tout un chacun peut s'y retrouver quelque part. Mais en s'écrivant ainsi, ne s'aimeraient-ils pas à nouveau ? Les propos se font à nouveau séducteurs et amoureux, en quête d'un nouvel espoir, l'amour pas tout à fait mort se frayant son chemin dans la nostalgie douce. La fin, superbe et mystérieuse, triste peut-être, laisse le lecteur pourtant dans un cocon de douceur : ce texte est beau, tout simplement.

 

(et j'aimerais le voir joué, mais je ne suis pas parisienne!)

 

Albin Michel, octobre 2013, 70 pages, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel

Voir les commentaires

Où sont les fantômes ? - Fiona MacLeod

2 Novembre 2013, 14:33pm

Publié par Laure

Un crocodile au bord du Nil entend parler d’un pays de rêve : l’Écosse. Il rend visite au lion, puis à l’éléphant, pour savoir où c’est. L’éléphant connaît, enfin il n’y est jamais allé mais il sait que c’est au Nord, qu’il y pleut souvent et qu’il y a des fantômes, nourriture favorite des Écossais.

Les trois amis (le crocodile, le lion et l’éléphant) décident de s’y rendre pour manger des fantômes. Ils écartent de leur chemin la gazelle, la souris et le papillon, car ils ne sont pas assez courageux à leurs yeux pour un tel voyage. Une fois sur place, ils se familiarisent avec les spécialités écossaises (mais ne trouvent pas de fantômes) et effraient surtout la population. Mais dans le château où ils logent… surprise !

 

Un conte bien rythmé, drôle et qui fait le tour des caricatures écossaises : Nessie, les fantômes, la cornemuse, le whisky, la pluie, et toutes sortes de plats typiques en anglais dans le texte (traduit en face rassurez-vous). La mise en avant de certaines phrases ou mots en jouant sur la taille de police de caractère aide grandement à la lecture à voix haute, car même si l’on commence en lecture silencieuse pour soi, l’envie est trop forte de passer à voix haute pour jouer sur les tonalités.

Quand l’Afrique et l’Ecosse se rencontrent, ça fait des étincelles !

 

(Idéal pour les 6-9 ans)

 

Syros éd., coll. Mini Syros Paroles de conteurs, janvier 2013 (rééd.), prix : 3 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Rémi Saillard et éd. Syros

Voir les commentaires

Mira - Caroline Lamarche

2 Novembre 2013, 13:29pm

Publié par Laure

J'avais lu il y a quelques années (en janvier 2008 plus précisément) un texte érotique de Caroline Lamarche, intitulé La Barbière, que j'avais chroniqué ici, et qui s'il ne m'avait pas séduite outre mesure, m'avait quand même laissé la marque d'un univers singulier.

En retrouvant Caroline Lamarche au catalogue des Impressions nouvelles cet automne 2013, j'étais curieuse de découvrir son nouveau roman. Et j'ai été particulièrement déstabilisée, le livre s'ouvrant sur une première partie intitulée ... la Barbière. S'agissait-il d'un recueil de nouvelles avec une réédition du 1er texte ? Pourquoi cela n'était-il pas indiqué ? Impossible de retrouver mon exemplaire de la Barbière de 2008, mais les éléments de l'histoire me semblent familiers. Je ne saurais dire si le texte a été réécrit ou si c'est la version originale, en tout cas, mon résumé de l'époque me laisse croire qu'on en est très proche. Dès lors j'ai eu du mal à adhérer vraiment au livre que j'avais entre les mains, comme si j'avais le sentiment d'avoir été trompée sur le texte à venir (c'est idiot certes). Même s'il s'agit bien d'un roman composé de 3 grandes parties dans lesquelles Mira est le fil conducteur, je n'ai pas su apprécier la suite du parcours de Mira.

L'atmosphère est étrange et toujours aussi singulière, la mort est omniprésente. Le récit est un peu sombre et macabre (pourtant la vie rejaillit à la fin) mais décidément, je peine à entrer réellement dans cet univers. Caroline Lamarche a une plume bien à elle, c'est certain.

 

Lu dans le cadre de l'opération « la voie des Indés » proposée par le site Libfly, qui met en valeur la petite édition indépendante. Merci également à l'éditeur pour l'envoi de ce livre.

 

Les Impressions nouvelles, octobre 2013, 139 pages, prix : 13 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Poisson, de Stéphane Blanquet / éd. Les Impressions nouvelles.

Voir les commentaires

Ouessantines – Patrick Weber (scénario), Nicoby (dessin)

26 Octobre 2013, 15:39pm

Publié par Laure

Après une séparation, Soizic veut changer de vie en ouvrant des chambres d’hôtes sur l’île d’Ouessant (justement nommées « le rêve de Soizic »), ce qui n’est pas du goût de sa mère : « contre l’idée d’aller [s]’enterrer sur une île au bout du monde pour faire un métier inintéressant, au service de clients désagréables et entourée de voisins arriérés » (p.4)

Ouessant, ça se mérite, et Soizic peine à se faire accepter des habitants, et surtout des femmes, les « Ouessantines » du titre. Les vieilles du village sont hostiles face à cette étrangère. Seule la vieille Marie sympathise avec elle. Quelques jours après, Marie se suicide. Quel secret cachait-elle et pourquoi a-t-elle confié à Soizic la responsabilité de vider sa maison ? Soizic va enquêter pour découvrir le secret de Marie…

Hélas quelque chose pêche au niveau du scénario, la réponse est assez peu crédible dans sa résolution, et la fin est banale et rapide, ce qui est dommage car l’histoire commençait vraiment bien. Côté dessin, j’ai eu un peu de mal avec les visages des personnages, surtout ceux des vieilles qui ont des traits très masculins.

Un dossier documentaire clôt l’album en expliquant un peu l’histoire et les traditions de l’île.

 

Vents d’Ouest, mai 2013, 126 pages, prix : 18,25 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Nicoby et éd. Vents d’Ouest

Voir les commentaires

C’est l’histoire d’une petite fille, d’un chapeau et de Camille…

10 Octobre 2013, 09:26am

Publié par Laure

Mercredi après-midi à la bibliothèque. Une petite fille furète dans les albums pendant que sa mère la surveille du coin de l’œil un peu plus loin, un magazine à la main. Scène des plus banales s’il en est.

La fillette qui doit avoir 4 ou 5 ans vient vers moi :

- tu peux me prêter le livre de l’école ?

[Elle a dit « prêter », elle a tout compris, c’est assez rare à son âge]. Je lance un œil interrogateur à sa mère, qui me répond de même, aucune idée de ce qu’est « le livre de l’école ». Je m’adresse à la petite fille :

- C’est un livre que la maîtresse a lu en classe ou c’est un livre qu’on a lu ici à la bibliothèque avec la classe ?

- ici à la bibliothèque

[On avance dans la quête]. Ah mais c’était l’année dernière alors [Je n’ai pas encore eu de maternelles cette année, là c’est plutôt divers projets collège]. La fillette me dit « non, non cette année ».

- comment elle s’appelle ta maîtresse ?

- Nathalie

Je m’adresse à la mère : oui Nathalie vient bien avec sa classe, mais elle n’est pas encore venue cette année, ce sera plus tard dans l’année scolaire, c’était donc l’an dernier. (Avait-elle déjà Nathalie l’an dernier ? avec les doubles niveaux c’est possible). La maman me dit de ne pas m’en faire, sans titre ou auteur c’est impossible, elle en est bien consciente. Je sens que la notion de temps, c’est pas ça, je change de tactique. Je demande à la petite fille :

- et tu te souviens de ce qu’il y a dans cette histoire ?

- euh non… si, il cherche son chapeau…

- ah ben oui, je l’ai ton livre !

Je vais le chercher sur mon étagère animation et le lui tends. Son visage s’illumine littéralement.

- oui !!! C’est lui !!! Merci !!!

 

Là je sens le regard aussi surpris qu’admiratif de la mère, qui ne tarde pas à me dire : « alors là, bravo, je vous félicite, je n’aurais pas cru cela possible ». Je lui réponds que sa fille m’a donné le bon indice, que ce livre est génial (je lui dis en quelques mots pourquoi mais qu’elle le découvrira en le lisant), et on commence à discuter de l’intérêt des accueils de classe, de notre démotivation (à les penser souvent vains tant on mesure la baisse affolante du « niveau » et les problématiques sociétales) et que sa petite fille a illuminé ma journée.

La petite est allé poser Je veux mon chapeau de Jon Klassen sur la pile de ce qu’elle avait déjà choisi, et revient me voir :

- tu as des Camille ?

La maman me regarde avec un brin d’excuse et d’interrogation dans le regard… (Y a pas de raison)

J’ai une demi seconde d’hésitation.

- des Camille, oui, j’en ai, je vais regarder sur l’ordinateur s’il y en a ou si d’autres enfants les ont déjà empruntés. Tu as de la chance, j’ai Camille lit une histoire.

Je le cherche, le trouve et le lui tends. Son visage s’éclaire à nouveau. Et elle commence à me raconter une autre histoire de Camille que la maîtresse a lu l’école. Sa mère me dit que ce n’est pas possible, je suis une fée magicienne ?

 

 

Euh non, il se trouvait juste que les 4 bons ingrédients étaient réunis :

- une enseignante qui lit de bons albums à ses élèves et les amène à la bibliothèque

- une bibliothécaire qui lit de bons albums aux élèves qu’elle reçoit avec leur classe

- une maman qui lit des histoires à son enfant le soir et qui l’amène à la bibliothèque (et peut-être aussi à la librairie pour en acheter ça je l’ignore mais j’ai envie de le croire)

- une petite fille qui a tout compris au bonheur des livres.

 

Alors que nous passons de plus en plus de temps à gérer des cas pénibles, désagréables et décourageants, cette petite fille nous a réconfortés dans l’idée que notre métier a encore un sens. Merci à elle !

 

(et dans l’histoire comme ce n’est pas moi qui ai fait le prêt mais une de mes bénévoles, je ne sais même pas son prénom)

Voir les commentaires

Billie - Anna Gavalda

10 Octobre 2013, 06:21am

Publié par Laure

La première critique que j’ai lue de ce roman, c’était celle de l’Obs qui titrait « Mauvais, c’est tout » et qui avait tout de convaincant dans son argumentation. La seconde, c’était celle – tout aussi négative – de Joachim, un libraire que je ne connais pas mais dont j’apprécie les critiques sur le net, qui pour moi sont « fiables ». Ça commençait donc mal.

 

Billie, c’est l’histoire de deux paumés de la vie qui vont s’aimer très fort malgré tous les barrages semés sur leur chemin. Franck et Billie, en hommage au Frank et Billy de Laurie Colwin. (Restez en à Laurie Colwin !)

Moi qui aimais tant les premiers écrits de Gavalda, quelle déception ! Une histoire très mince (avec une fin qui rachète un peu l’ensemble en lui donnant enfin un sens, mais quand même…) et surtout, un style absolument insupportable. De l’argot, du vulgaire, du familier, de l’oralité si travaillée qu’elle paraît artificiellement créée, et ça devient vite pénible. J’ai eu envie d’abandonner un peu avant la moitié, et puis je me suis forcée (quand même, c’est Gavalda, celle que j’aimais tant...), je n’aurais pas dû, cela n’a fait qu’accroitre mon agacement.  L’âne de la couverture qui a fait le buzz sur le net avant même la sortie du livre a bien un sens (et une existence) dans la fin du roman, mais faut-il en supporter du vide avant d’y arriver. A croire que l’auteur a cherché à écrire le roman le plus vulgaire de l’année (c’est réussi), en tentant de nous faire croire que tel est bien le langage du quart-monde qu’elle imagine.

Je n’ai qu’un profond soupir sur cet exercice de style forcé, et quand dans la foulée j’ai ouvert le dernier Zeniter, j’ai respiré d’allégresse. À trop s’écarter de sa voie, on tombe. A comprendre dans les deux sens : l’exercice voulu par Gavalda qui a radicalement changé de style, et la déception du lecteur qui se force à lire un trop mauvais livre.

 

p. 50 (en numérique) : « Quand t’en as trop marre de mes histoires, tu m’envoies un kit avec une civière et deux jolis garçons pour ressusciter mon Francky et je te lâche la grappe direct, promis.

(Hé, te fatigue pas… Choure-les chez Abercrombie, comme ça ils seront déjà montés.) »

[je doute qu’Abercrombie soit une référence des sans-le-sou non parisiens]

 

p. 74 : « Notre public nous sembla acquis et ensuite, nous fi… nous fu… merde, attends, je me repermute en v.f., sinon je vais trop misérer, et ensuite nous avons simplement redit ce que nous savions absolument par cœur à force de l’avoir rabâché encore et encore dans la petite salle à manger mortuaire de Claudine »

[oui Musset avec On ne badine pas avec l’amour tient une place importante dans l’histoire, un peu trop collé là pour ajouter du liant]

p. 137 : « Qu’est-ce que j’avais fait, moi, en quatre ans ?

Rien.

Taillé des pipes et trié des patates…

J’étais décalquée de tristesse. »

[Sauf qu’après 137 pages de ce registre, le lecteur est déjà essoré, n’en jetez-plus.]

 

p. 180 : « Entre M. Biendégagé et moi, ça commençait déjà à sentir un peu la merde.

J’aimais pas comment il parlait à sa femme (comme à une conne) et j’aimais pas comment il parlait à ses enfants (comme à des cons). (Dès que je m’énerve, je lourde les négations, vous avez remarqué ?) (Chassez le naturel et, direct, y a les Morilles qui refoulent à mon goulot.) (Direct.) (Hélas.)

Il n’arrêtait pas de flairer Franck parce qu’il commençait à se douter que c’était un homme oh, comme ils disent et ça me mettait dans un état de nerfs pas possible. Cette façon qu’il avait de lui flairer le cul comme si c’était un chien, ça me débectait ».

 

Le Dilettante, octobre 2013, 224 pages, prix : 15 € (4,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Photo de Jean-Louis Klein et Marie-Luce Hubert / Biosphoto et Ed. Le Dilettante

 

Voir les commentaires

Plus tard je serai moi - Martin Page

30 Septembre 2013, 17:27pm

Publié par Laure

Séléna est en pleine adolescence : elle se cherche un look, pour commencer, et n'a pour le moment aucune idée de ce qu'elle veut faire plus tard dans la vie. Elle est amie avec Vérane, qui est handicapée en fauteuil et dont les parents sont assez exigeants sur les résultats scolaires. Les parents de Séléna lui suggèrent un jour que si elle veut être artiste, aucun problème, ils ne l'en dissuaderont pas, ils l'encourageront même, et ils vont commencer dès à présent, en lui offrant de quoi écrire, dessiner, peindre, modeler, photographier, et même, un piano avec des cours chez un professeur. Mais rien de tout cela ne l'intéresse particulièrement. Ses parents vont pousser très loin leur logique : il est bien connu que les artistes ont rarement eu une enfance heureuse, alors il faut conditionner Séléna à la rudesse de la vie : ils coupent le chauffage, ne mangent plus que du riz et des pommes de terre, … jusqu'à l'extrême. Jusqu'à ce que Séléna finisse par réagir et se prononcer …

 

C'est un petit roman très court (72 pages à peine) qui m'a laissée sur ma faim, car j'attendais je crois d'en savoir plus sur les motivations des parents et leur comédie déjantée. Mais non, c'est juste une histoire pour grandir, sur l'affirmation de soi, sa capacité à décider soi-même de sa vie, à affirmer ses choix, une réflexion sur l'éducation donnée par les parents, leur capacité à écouter ou leur ténacité à imposer leur propre volonté.

Sympathique, étonnant (car à contre-courant), mais j'en aurais aimé davantage pour apprécier ce roman à sa juste valeur.

 

Rouergue, coll. DoAdo, mars 2013, 72 pages, prix : 8,70 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Théo Gosselin et éd. du Rouergue.

Voir les commentaires

Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)

30 Septembre 2013, 17:12pm

Publié par Laure

Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)

Bilan cosmétique du mois de septembre, sur les produits que j'ai terminés : alors je rachète, ou pas ?

(comment cela je me suis gourée de blog ? Oui, peut-être)

 

7 produits terminés ce mois-ci : un gel douche, un démaquillant yeux, une eau micellaire, 2 soins buste (dont un au format voyage ^^), un soin corps, et un actif Etat pur …

 

Les basiques de l'hygiène : gels douche et démaquillants …

 

Gel douche Balea « douche relax », à l'huile d'ylang-ylang, prix : autour de 90 cts.... Acheté dans un DM à Berlin cet été, choisi par Mosquito (qui a fait une razzia de gels douche dans ces prix-là ;-) Perso, je n'étais pas fan du parfum mais il a bien fini par se vider. Je n'envisage pas de racheter... (en même temps, pas de DM à tous les coins de rue en France)

 

Cils demasq, lotion fraicheur, démaquillant fraicheur pour les yeux, Gemey Maybelline, prix approximatif : 3 € (acheté en promo en lot de 2) : un démaquillant basique efficace pour les maquillages plutôt légers. Lotion qui ne pique pas, pas grasse du tout, fait le job. Sans passion pour un démaquillant en particulier, je rachèterai peut-être !

 

Eau démaquillante nettoyante visage et yeux, Mixa bio, peaux sensibles. Ouf, me voilà enfin débarrassée de ce produit détesté : ça m'apprendra à acheter des lots de 2 en promo quand je ne connais pas déjà le produit : j'ai vraiment eu du mal avec : le flacon-pompe qui gicle partout sauf sur le coton, l'efficacité moyenne, le parfum bof et la peau collante après ! Non, je ne rachèterai pas ! (avis déjà donné en janvier 2013 : )

Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)

Côté corps :

 

Buste up tenseur de Cosmence, flacon pompe 50 ml, prix : 30,90 € Un soin buste qui promet galbe, fermeté et anti-relâchement. Pas de miracle à en attendre, mais un léger effet tenseur un peu plus perceptible qu'avec d'autres produits, un flacon pompe très pratique, une texture qui pénètre vite, et côté prix, il faut en profiter lors des promos régulières à moins 50 ou 40%. Il semblerait que le flacon ait été relooké, d'où mon achat à 15 € il y a quelques mois. Un classique régulier de ma salle de bain.

 

Gel buste super lift Clarins, Galbe & tenue, tube format voyage 15 ml, offert dans un coffret de soin pour le corps de la marque. Sinon, existe en format vente en flacon pompe de verre, 50 ml, au prix de 53,70 €. Parfait également. J'en ferais volontiers mon quotidien s'il n'était pas si cher... Pendant mes grossesses j'ai utilisé régulièrement sa version lait, que je préférais, un poil moins chère à peine (46,70 €). Donc très occasionnellement lors des ventes privées des parfumeries à moins 20 %, mais la raison est uniquement financière.

 

Bodytonic, gel remodelant amincissant anti-cellulite, Garnier, prix approximatif : 10,90 €

Encore un produit acheté en magasin de déstockage à moins de 5 €, et ma foi, celui-ci n'est pas si mal : pas d'effet minceur ou anti-cellilute, mais un côté raffermissant pas trop mal, si si.... Un produit qui évolue régulièrement dans cette marque, mais par ce biais de vente à petits prix, je suis prête à racheter... J'alterne quand même de temps en temps avec des laits corporels hydratants car la formule gel mentholé assèche un peu.

Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)

Côté visage :

 

un actif Etat pur, A04, Acmella [30 mg], flacon 15 ml, prix : 13,80 €

Une marque qui me plaît beaucoup dans son approche du soin, des flacons hyper bien conçus, des prix assez raisonnables, mais une petite déception sur ce sérum qui agit normalement sur les rides d'expression et qui était conseillé pour ma tranche d'âge. Pour avoir utilisé auparavant l'acide hyaluronique A06 (conseillé aux + de 50 ans), je lui préfère ce précédent, que j'avais trouvé plus efficace. Donc je sais au moins vers quoi bifurquer ;-)

 

Et un petit dernier hors sujet car il est normalement à mon ado de fille, mais j'avoue l'avoir utilisé un certain nombre de soirs en démaquillant, et j'ai été bluffée par son efficacité :

l'eau nettoyante Cleanance d'Avène, pour peaux jeunes à problèmes, flacon 400 ml, prix : 11 €. Pas d'avis sur le côté « peau à problèmes » (et ma fainéante de fille ne l'utilise probablement pas assez régulièrement), mais en démaquillant façon eau micellaire, il est vraiment top. A voir dans la marque s'il n'existe pas quelque chose de plus adapté à mon grand âge. :-)

 

  

Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # septembre 2013)

Voir les commentaires