Les jardins d'Hélène

Un écrivain, un vrai - Pia Petersen

15 Février 2013, 10:34am

Publié par Laure

 

un-ecrivain-un-vrai.jpgA New York de nos jours, Gary Montaigu est un écrivain reconnu sacralisé par l’International Book Prize.

Mais pour aller plus loin encore et rendre accessible à tous la littérature (qui n’en rêverait pas ?), il accepte de participer à une émission de téléréalité, un écrivain, un vrai, qui montrera en direct son roman en train de s’écrire, et fonctionnera en interaction avec les téléspectateurs qui voteront, et influeront sur le scénario. L’image est devenue reine, le « j’aime, je partage » d’un site bien connu est la seule pensée restante, le storytelling a pris le pas de la création.

Fortement pressé par sa femme Ruth, opportuniste, ambitieuse, attirée par les paillettes, la gloire et la reconnaissance de « femme de », persuadée que sans elle son mari ne serait rien, jusqu’où l’écrivain pourra-t-il aller dans cette compromission ? Il étouffe, ne se reconnaît plus, ne peut plus écrire.

 

Mêlant deux temps différents, le début de l’émission, et la reprise du tournage quelques mois plus tard après un mystérieux accident dont on n'aura les clés que vers la fin, le roman interroge sur la place de la littérature de nos jours, l’omniprésence de l’image, de la facilité et de l’immédiateté, avec un constat assez peu optimiste mais des plus réalistes face à l’indigence télévisuelle qu’on nous sert. Le tout servi avec subtilité.

Ironique, salutaire, à la fois déprimant et réconfortant (où en est-on arrivé et faut-il encore se battre ?), je ne vous dévoile pas la fin, mais combien seront-ils à y croire encore ?

 

p. 22 : « Il avait longuement hésité avant d’accepter le projet mais aujourd’hui il était content d’avoir signé le contrat. Ce n’était plus possible pour la littérature de tourner le dos au monde afin de se préserver face aux nouveaux modes de communication et aux nouveaux supports, le monde changeait à une vitesse vertigineuse, devenait à chaque seconde de plus en plus incompréhensible et insaisissable. Il y avait un sacré boulot pour les écrivains. Miles fit claquer sa langue en signe d’approbation. »

 

p. 47 : « Gary posa ses mains à côté du clavier et attendit mais sa tête était vide. Les caméras tournaient et lui, il ne bougeait pas. Quel échec. Pourtant il trouvait toujours l’idée d’une téléréalité intéressante. Il parlait de livres, de romans, il rendait accessible la capacité des écrivains à transformer leur vision du monde en réflexion, en fiction. La littérature était enfin à la portée de tous et reflétait la société. Mais cette intrusion systématique dans son travail était insupportable. Il ne savait plus où il en était. J’aime, je partage. Apparemment il n’y avait pas eu beaucoup de j’aime la veille. Miles n’était pas content. »

 

p. 59/60 : « Avec son émission de téléréalité il écrivait son roman en direct. Y avait-il des conséquences sur son écriture ? Gary réfléchit un long moment et une fois qu’il eut fini de réfléchir il dit avec beaucoup d’émotion dans la voix qu’il était vigilant quant à son travail de romancier et que bien évidemment cela influait sur son écriture. Il devait prendre en compte tous les avis et son roman se réduisait au fur et à mesure et tout ça pour séduire le télé-lecteur. Il fabriquait désormais de la banalité, en faisait une star, un mythe. Les idées de son roman étaient ordinaires, petites, sans complexité. L’exaltation de la médiocrité. (…) »

 

p. 123 : « Gary retourne sa chaise et contemple la feuille vide devant lui. Il se tâte pour écrire mais à quoi bon ? ça ne sert plus à rien. Le monde sombre dans l’ignorance, dans la déshumanisation, dans le totalitarisme, dans l’obsession de la sécurité, dans le profit, les hommes sont réduits à n’être plus que des vecteurs économiques, il y a trop d’hommes et ils ne comptent plus du tout, l’esprit critique n’est plus possible, remplacé par j’aime, je partage et lui, il se demande si ça sert encore à quelque chose d’écrire. À une époque, il pensait que la littérature contribuait à la construction de la société, qu’elle apportait une vision des choses. Elle était cet intervalle où il était encore possible de penser en continu, avec un fil conducteur. L’image, le mot par l’image, la transparence, la confession, accepter l’idée que l’image l’ait emporté, l’envie de baisser définitivement les bras, ne plus désirer changer le monde. Et maintenant ? »

 

p.135 : « Deux jeunes achetaient un sandwich au stand d’un vendeur ambulant et le regardèrent bizarrement quand il passa à côté d’eux. En ralentissant il leur demanda s’ils lisaient des livres mais ils ne dirent rien, ils l’observèrent juste.

Non ? C’est bien ce que je pensais. Vous pouvez regarder mon roman à la télé. On n’a plus à s’embêter à lire. C’est le début du repos éternel pour le cerveau. Les grandes vacances. »

 

Une résonance particulière avec mon quotidien professionnel encore particulièrement éprouvé ces derniers jours (non les élèves d’une classe de 4ème ne sont plus capables de lire un roman ado contemporain de 300 pages, prévenus 6 semaines avant de la rencontre avec son auteur et moins d’un tiers du groupe l’aura lu au moment d’en débattre avec l’auteur – alors s’ils n’y arrivent pas sur un roman, comment voulez-vous qu’ils y arrivent sur 10 romans d’un prix des lecteurs sur une année scolaire… Et ce n’est pas du Balzac hein, mais de la fiction contemporaine d’auteurs reconnus en littérature jeunesse)…

Résonance réitérée par Philip Roth dans son interview au Monde ce 14 février 2013 dans cette réponse à la question :

 

"On achète toujours des livres, mais les lit-on vraiment ?

 

Un vrai lecteur de romans, c'est un adulte qui lit, disons, deux ou trois heures chaque soir, et cela, trois ou quatre fois dans la semaine. Au bout de deux à trois semaines, il a terminé son livre. Un vrai lecteur n'est pas le genre de personne qui lit de temps en temps, par tranches d'une demi-heure, puis met son livre de côté pour y revenir huit jours plus tard sur la plage. Quand ils lisent, les vrais lecteurs ne se laissent pas distraire par autre chose. Ils mettent les enfants au lit, et ils se mettent à lire. Ils ne tombent pas dans le piège de la télévision, et ils ne s'arrêtent pas toutes les cinq minutes pour faire des achats sur le Net ou parler au téléphone. Mais c'est indiscutable, le nombre de ces gens qui prennent la lecture au sérieux baisse très rapidement. En Amérique, en tous cas, c'est certain.

 

Les causes de cette désaffection ne se limitent pas à la multitude de distractions de la vie d'aujourd'hui. On est obligé de reconnaître l'immense succès des écrans de toutes sortes. La lecture, sérieuse ou frivole, n'a pas l'ombre d'une chance en face des écrans : d'abord l'écran de cinéma, puis l'écran de télévision, et aujourd'hui l'écran d'ordinateur, qui prolifère : un dans la poche, un sur le bureau, un dans la main, et bientôt, on s'en fera greffer un entre les deux yeux. Pourquoi la vraie lecture n'a-t- elle aucune chance ? Parce que la gratification que reçoit l'individu qui regarde un écran est bien plus immédiate, plus palpable et terriblement prenante. Hélas, l'écran ne se contente pas d'être extraordinairement utile, il est aussi très amusant. Et que pourrions-nous trouver de mieux que de nous amuser ? La lecture sérieuse n'a jamais connu d'âge d'or en Amérique, mais personnellement, je ne me souviens pas d'avoir connu d'époque aussi lamentable pour les livres – avec la focalisation et la concentration ininterrompue que la lecture exige. Et demain, ce sera pire, et encore pire après-demain. Je peux vous prédire que dans trente ans, sinon avant, il y aura en Amérique autant de lecteurs de vraie littérature qu'il y a aujourd'hui de lecteurs de poésie en latin. C'est triste, mais le nombre de personnes qui tirent de la lecture plaisir et stimulation intellectuelle ne cesse de diminuer."

  

Propos recueillis par Josyane Savigneau et traduits par Lazare Bitoun, © Le Monde

Interview en français et accès à l’intégralité de l’interview en anglais ici 

  

À lire également sur le roman de Pia Petersen : l’excellent billet d’In cold blog, avec d’autres extraits.

 

Actes Sud, janvier 2013, 214 pages, prix : 20 €

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : © Rodney Smith et éd. Actes Sud

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Mademoiselle Zazie a des gros nénés – Thierry Lenain (ill. de Delphine Durand)

8 Février 2013, 16:38pm

Publié par Laure

mademoiselle-zazie-a-des-gros-nenes.jpgMademoiselle Zazie est de retour ! Et elle est très énervée : elle n’en peut plus de toutes ces femmes en maillot de bain ou posant en lingerie, à moitié nues, sur les publicités des murs de la ville. Max, l’amoureux de Zazie, y jette un tout autre regard et leur donne même des notes ! Avec une préférence pour celles à gros seins qu’il embrasse juste là où il faut ! C’en est trop pour Zazie qui l’invite à un défilé privé, avec un  soutien gorge piqué à sa mère et des escarpins à talons. Sans succès, fou rire garanti, Zazie n’a pas fait illusion avec les pamplemousses qui roulent par terre !

Mais elle n’a pas dit son dernier mot et lui joue un drôle de tour avec ses lunettes pour voir les hommes tout nus dans la rue et les noter elle aussi…

Une jolie dénonciation des apparences, du culte de la beauté, de l’intime et du public, de la « sexytude » et des pubs dénudées pour vous vendre tout et n’importe quoi, motif de la querelle entre Max et son amoureuse. Et attention, on ne touche pas à leurs parents non plus, vengeance garantie !

C’est toujours un plaisir de retrouver ces deux p’tits amoureux. Avec une Zazie en guerre contre les machos et la représentation des femmes, ce nouvel épisode est engagé mais non sans humour !

 

Nathan, coll. Premiers romans, février 2013, 29 pages, prix : 5,60 €

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : © Delphine Durand et éd. Nathan

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Le chat beauté – Florence Hinckel (illustrations de Joëlle Passeron)

7 Février 2013, 07:27am

Publié par Laure

chat-beaute.jpgUn premier tome existe, qui présente le chat nommé Pitre. On peut tout aussi bien lire ce titre sans connaître le précédent.

Pitre est donc un chat de gouttière bien choyé de ses maîtres, et notamment de sa petite maîtresse Sidonie, 8 ans. Sidonie a la grippe, clouée au lit, et c’est son papa qui la garde. Un papa nommé Jérôme, qui profite de ce temps à la maison pour s’occuper de la maison et du jardin. Pitre n’en perd pas une miette, bien lové sur son coussin derrière la fenêtre, surtout quand le snob et racé chat Malo de la voisine se trouve mêlé à l’histoire.

Malo est une bête de concours, apte à remporter tous les trophées. Mais suite à une brouille entre maîtres voisins, il ne sera pas dit qu’il aura toujours le dernier mot. C’est ainsi que Pitre se retrouve bien malgré lui embrigadé par ses maîtres pour participer à ce fameux concours félin de beauté.

Chat beauté, Botté ou Potté, c’est avant tout d’humour dont il est question, car Pitre ne se laisse pas faire et n’a pas sa langue dans sa poche ! Situations truculentes en vue dans les allées du concours, et surprise sur la scène finale !

Roman sympathique pour les 8-10 ans, de lecture facile et enjouée, qui séduira sûrement les jeunes amoureux des chats.

La maison Nathan gagnerait toutefois à revoir un peu la qualité de son papier, qui donne pour cette collection de petits romans une image peu soignée et l’impression d’ouvrage « jetable » (enfin je trouve).

  

L’avis de la féline Fantasia

 Lire le début du roman : ici  

 

Nathan, janvier 2013, 76 pages, prix : 5 €

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Crédit photo couverture : © Joëlle Passeron et éd. Nathan.

 

 

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Zizi, Zézette : mode d'emploi - Michaël Escoffier, Séverine Duchesne (ill.)

6 Février 2013, 10:16am

Publié par Laure

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© toutes photos édition Frimousse / Séverine Duchesne

 

Nul besoin de grand discours (petit billet TGV) : tout y est dans cet album !  l'humour (et l'humour, et encore l'humour), de très chouettes illustrations, et derrière l'humour, des infos plus sérieuses sur le zizi mode d'emploi (l'hygiène, pourquoi il change, ce qu'on peut faire avec, ce qu'on ne doit pas faire, qui a le droit de le voir). Méfiez-vous les parents, vous risquez quand même d'être pas mal mis à contribution  d'autant que le second degré ne sera pas forcément toujours perçu selon l'âge de l'enfant.

 

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© toutes photos édition Frimousse / Séverine Duchesne


Et comme toujours dans cette collection maxi Boum chez Frimousse : un grand format, une couverture costaude, un beau papier épais : bon investissement durable, d'autant plus que les enfants aimeront le relire !
Et pour ceux que le sujet concerne : il y a le tout aussi bon Petit frère, Petite Soeur, mode d'emploi, idéal quand arrive un nouveau bébé dans la famille.

 

 

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© toutes photos édition Frimousse / Séverine Duchesne

 

Editions Frimousse, coll. Maxi'Boum, octobre 2012, prix : 15 €

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Crédit photo couverture :   © éditions Frimousse / Séverine Duchesne

 

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Gros dodo - Hélène Vignal (ill. de Claire Franek)

5 Février 2013, 11:21am

Publié par Laure

gros-dodo.jpgLe papa de Louise et Tessa a rapporté à ses deux filles deux magnétophones à cassettes qui allaient être jetés à son travail. Des magnétophones à cassettes, ce n’est plus très moderne, Louise – l’ainée – trouve ça un peu nul comme cadeau, elle aurait préféré un chiot, une console ou un DVD.

Au même moment, un appel téléphonique leur apprend que leur mère a eu un grave accident et qu’elle est dans le coma. Le père file à l’hôpital pendant que les filles enregistrent tous les sons de la maison et du dehors pour leur maman, car qui sait, on dit que les malades dans le coma peuvent entendre. Tessa est trop jeune pour vraiment comprendre la situation, c’est donc pour elle qu’on explique que maman fait un « gros dodo » (le titre du roman), le temps nécessaire pour réparer son corps tout cassé. Louise, elle, aimerait croire que sa mère est en fait un agent secret parti en mission.

Le temps passe et les bruits enregistrés par Louise sont le lien qu’elle maintient avec sa maman.

Les illustrations de Claire Franek représentent beaucoup d’onomatopées écrites, que j’ai parfois trouvées un peu trop nombreuses, envahissantes, mais qui traduisent bien l’importance des sons dans le quotidien qu’on ne perçoit plus sans y être attentif, et qui viennent nourrir le silence de la mère malade.

L’histoire finit bien et peut permettre de dédramatiser le sujet ou d’apporter quelques réponses sur ce que peut avoir de mystérieux le coma pour un enfant. Le langage encore balbutiant de la petite Tessa apporte un peu de légèreté à l’histoire et le père ne faillit pas dans son courage, même dans les moments de découragement de Louise qui troue le temps bien long.

Un petit roman qui n’a rien de sombre, qui peut paraître assez simple mais qui reste avant tout destiné à des enfants de 7 à 10 ans.

 

Rouergue, coll. Zigzag, janvier 2007, 107 pages, prix : 6,60 €

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Crédit photo couverture : © Claire Franek et éd. du Rouergue

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Janvier est passé sans que je le voie (oui avec un e c'est un subjonctif)

2 Février 2013, 21:20pm

Publié par Laure

 

Il y a un blog que j'aime beaucoup, c'est celui de Doc maman (qui parle ici du rhume de Piloui mais vous avez le droit de vous faire l'intégrale d'un coup vous ne le regretterez pas), parce que même si je suis du côté des patients, on est je crois sur la même longueur d'ondes, et l'image que ses articles me renvoient de la médecine générale est celle que me renvoie ma généraliste que je vois peu mais que j'apprécie. Cela fait bien longtemps que je ne consulte plus pour un rhume, la fameuse rhino-pharyngite pour faire plus sérieux (lisez son blog et ses liens vers ses confrères blogueurs), mais parfois, à force de se dire que ce n'est rien ça va passer, on se pourrit le mois de janvier.

ça a donc commencé par un rhume tout bête, le nez qui coule, la gorge qui gratouille et la toux qui s'invite. On se mouche et on se dit qu'on en a vu d'autres. Arrive la fièvre, qui est assez perfide pour monter à 39 la nuit mais se laisser dompter le jour (les shoots au Doliprane ^^). Pas de bol il neige (en moyenne 4 jours par an, fallait que ce soit ceux-là) les routes sont pourries les enfants sont coincés à droite à gauche et pendant 4 jours vous faites des allers-retours à la ville pour les attendre à des trains qui n'arrivent pas, les reconduire à d'autres qui parfois partent, jamais dans le même sens, jamais les trois en même temps, sinon ce serait trop choupi. 4 jours de fièvre à 39 sur la neige à précéder la saleuse (sinon là aussi ce serait trop choupi) à rappeler à vos mômes que bon vous les aimez mais qu'ils pourraient faire comme les autres, rester au lit quand le Conseil Général ne sort pas ses cars et repousser le week-end chez leur père quand même la SNCF déraille. Mais vous êtes une gentille maman dévouée, et cette saleté de fièvre, elle s'incruste le dimanche et le lundi, quand vous ne bossez pas, tant qu'à faire. Histoire de se dire qu'entre deux trajets à cette foutue gare, rester au lit vous guérira (le taupin ne peut pas louper un cours sinon il rate son année et donc son avenir et donc sa vie, vous fait-il comprendre, la miss en 1ère vous dit que ben ouais mais les 35 autres ils sont en cours eux parce qu'ils habitent pas au fin fond de nulle part eux, la Mosquito en 6ème vous rappelle que c'est trop cool les jours de neige on s'amuse au collège y a personne, alors sors de ton lit quoi.) Le mardi, vous reprenez le boulot, un peu chancelante, et sans le courage de faire de toute façon une cinquième fois les 30 km (x 2 avec le retour) qui vous séparent de la ville (là où il y a la fichue gare) et du médecin que vous avez suivie quand elle est partie, parce que les autres du coin, là, ils sont tout sauf médecins, on va pas débattre, c'est pas l'objet du jour.

On est donc à J + 5 et vous revisitez quand même le pharmacien histoire de refaire le stock de Doliprane, lequel vous dit que quand même là « faudrait consulter vous avez peut-être besoin d'antibiotiques pour pas que ça se surinfecte ». Vous lui dites oui oui vous y penserez et vous repartez bosser. A J + 8, vous en avez ras le bol des quintes de toux qui vous empêchent de dormir et vous pourrissent la vie le jour aussi. Les collègues des autres services commencent à vous faire comprendre sournoisement que les médecins, c'est pas fait pour les chiens. Alors vous prenez rendez-vous chez le médecin choupi de la ville à 30 km. Qui vous dit que vous avez eu la grippe. Vous tempérez en disant que quand même la grippe, vous auriez réellement été clouée au lit et que vous n'auriez pas pu agoniser au volant à essayer de mettre des enfants dans des trains ou de les en sortir. Comme elle a à peu près les mêmes mômes que vous mêmes âges mêmes études, elle vous sourit en vous disant que oui ils abusent nos loulous hein, et elle vous concède une grippette si ça peut vous faire plaisir.

Elle me dit que je suis toute pâle et que j'ai des cernes, zut, je pensais faire illusion. J'avoue qu'à cette étape-là, je prendrais bien deux jours d'arrêt, mais je crois que ma généraliste, les jours d'arrêt maladie, si on n'est pas dans le coma à l'hosto, elle connaît pas. Et en plus j'ose pas demander. J'ai donc droit aux pschitt pschitt pour le nez de Docmaman et les quelques trucs non remboursés qui vont avec, et cerise sur le cupcake, 4 jours de cortisone. (Sur ce coup-là je lui en veux car je n'ai vu aucune différence avant / après)

A J + 11 je commence à émerger de mon brouillard, je sors tousser dans le couloir toutes les demi heures, ma voix déraille un peu moins quand je tente de faire visiter la bibli à un nouveau lecteur et tant mieux parce qu'à J + 12, j'ai 2 stagiaires qui débarquent pour la semaine et je m'occupe bien des stagiaires sinon c'est pas la peine de les recevoir. A J + 13, on a un beau dégât des eaux dans la réserve (les sols en ont marre de la pluie et recrachent tout dans la cave), à J + 18, la mairie s'en fout toujours, les pompiers ont des vies à sauver plutôt que des caves à pomper (en réalité ils pompent les caves des mamies du coin mais pas celles du service public) ce sont donc mes bénévoles qui ont mis les bottes, ont descendu l'escalier en colimaçon, barboté dans les 5 cm et avec eux j'ai brassé des tas de livres trempés qui ont déjà commencé à moisir. (oui les cartons de livres de la future braderie étaient au sol, c'est ballot, et les étagères les plus basses de la vraie réserve ont pris l'eau)

Je suppose que mardi je pourrai apporter le masque et le tuba.

Bref tout cela pour dire qu'en janvier (comment cela, je ne vous ai pas perdu?) j'ai peu lu, trop fatiguée pour en plus venir en faire des commentaires ici. Et je suis toujours un peu flapie.

 

En février, je dors et je lis, promis.

 

Le bilan de janvier :

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Je n'en ai donc pas parlé mais :

- Cinquante nuances plus sombres est d'une niaiserie désolante (j'avais été indulgente avec le premier, là faut pas pousser)

- Plan B pour l'été est très bien, vivant, dynamique et baume au cœur

- Le tome 3 des souvenirs de Mamette est toujours aussi bon

- Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est très bien malgré une petite longueur ou lenteur sur le 1er tiers

- L'amour sans le faire est très bien aussi, sensible, délicat, juste, très beau livre sur les solitudes mais je trouve la fin un peu rapide.

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Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # 01-2013)

31 Janvier 2013, 18:35pm

Publié par Laure

 

Bilan cosmétique du mois de janvier, sur les produits que j'ai terminés : alors je rachète, ou pas ?

(comment cela je me suis gourée de blog ? Oui, peut-être)

6 produits terminés ce mois-ci, un peu de tout, des démaquillants, des soins visage et corps...

 

produits terminés janvier

 

creme nuit niveaSoin de nuit anti-rides Pure & Natural Nivea visage,  prix indicatif  : 10,95 €.

Sans paraben, sans colorant, sans silicone et sans huile minérale. À l'huile d'argan bio. Produit reçu en cadeau il y a longtemps, en complément du même soin de jour à tester pour un site internet de panel de consommateurs. Mais comme je suis beaucoup plus flemmarde sur la crème de nuit que sur la crème de jour, celle-ci m'a duré loooongtemps !

Est-ce que je rachète ? Non. Je n'aime pas les crèmes de nuit (ou si peu), la plupart sont épaisses et grasses. Celle-ci reste correcte (mais toujours trop épaisse et grasse à mon goût), hydratante, pas trop parfumée, pénètre vite, mais nada sur l'effet anti-rides. Et je n'aime pas spécialement les pots, maniaque que je suis des flacons-pompe.

 

Nivea, Lait corps sous la douche Nourrissant, peaux sèches, prix indicatif : 4,18 €

lait douche niveaAlors là clairement non. Pas sûre d'ailleurs que ce produit vive longtemps en magasins. L'idée pouvait paraître sympa mais le résultat est nul. Il s'agit donc d'un lait hydratant à rincer sous la douche. L'idée est que ce soit facile et rapide : vous vous lavez sous la douche, vous vous rincez, vous appliquez ce lait sur tout le corps vite fait, vous rincez, et votre peau est hydratée comme si vous aviez pris le temps d'appliquer vraiment un lait corporel après la douche.

Il faut penser à laisser le flacon en permanence tête en bas, sinon le produit ne sort pas. La texture est fluide et crémeuse, odeur Nivea caractéristique assez forte, on a une sensation d'huile sur la peau, même après rinçage. Et comme en sortant de la douche on se sèche forcément, j'ai surtout eu l'impression que c'est ma serviette qui profitait du produit. Donc non, je ne suis pas convaincue du tout. Mieux vaut prendre le temps d'appliquer un vrai lait hydratant.

 

lait demaq samparLait démaquillant velours, SAMPAR, rose & géranium, visage & yeux, prix indicatif : 29,50 € le flacon-pompe de 200 ml. (J'avais pour ma part acheté le flacon-pompe de 100 ml sur vente-privée au prix de 4,50 €)

Non, je ne rachèterai pas non plus, surtout au prix de vente ordinaire. Le lait est très épais, moins fluide qu'un lait démaquillant habituel, le parfum de rose est très (trop) présent, il fait le job mais je n'aime ni la texture ni l'intensité du parfum, mauvais rapport qualité / prix. (ça va au prix de déstockage vente-privée, sinon arghhh!)

De plus comme souvent avec ce genre de produit, il en reste plein au fond du flacon que la pompe ne pompe plus …. Il faut ruser pour vraiment le terminer.

 

Eau nettoyante-démaquillante visage & yeux, Mixa bio peaux sensibles, prix indicatif : 4,90 € eau micellaire mixa bio

Non (décidément)

J'aime les eaux micellaires pour me démaquiller les soirs de flemme, c'est facile et rapide, et la Créaline de Bioderma reste l'incontournable. J'ai voulu profiter d'une promo (lot de 2 flacons à prix avantageux) pour tester celle-ci, mal m'en a pris (parce qu'il m'en reste encore un second à utiliser!) : le produit laisse un effet collant sur le visage après utilisation, et le flacon-pompe est une catastrophe : on en met partout, impossible de viser pile le coton, ça sort bien trop loin, etc. Sportif à utiliser, et il faut en utiliser pas mal pour un démaquillage efficace, surtout au niveau des yeux.

Parfum indéfinissable pas trop insupportable, mais packaging et effet collant rédhibitoires.

 

ap sh petit marseillais ch longs  Après-shampooing 1 minute, lin / amande douce (cheveux longs), le petit Marseillais, prix indicatif : 2,90 €

Oui pourquoi pas. Produit familial facile et rapide pour les filles à cheveux longs de la famille, quand on veut démêler sans apporter d'effet soin particulier ni y passer trop de temps. J'ai fini par me rendre compte que j'étais quasi la seule à l'utiliser dans la maison, Mosquito préférant celui pour cheveux blonds et ma grande décrétant n'avoir pas le temps pour des après-shampooings.

Pas de passion particulière pour ce produit, j'apprécie le parfum assez neutre et discret.

 

mousse coiffante volume auchanMousse coiffante spéciale volume, Auchan, prix indicatif : je ne sais plus, c'est un vieux produit, autour de 2 € sans doute.

Le genre de produit qu'on achète en se disant qu'on essaiera de se faire un brushing correctement, etc. et qu'on utilise au final quasi jamais (pas le temps...). Il a donc duré longtemps ! Mais ne colle pas trop ni ne cartonne, pas d'effet spectaculaire mais en même temps je n'utilise pas suffisamment ce genre de produit pour comparer avec d'autres...

 

Voilà, pas de vrai coup de cœur ce mois-ci, rien qui me mènerait sur le chemin de la fidélité et du rachat les yeux fermés, même si je ne l'exclus pas pour l'après-shampooing...

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Les trois lumières - Claire Keegan

23 Janvier 2013, 11:23am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Irlande) par Jacqueline Odin

 

les-trois-lumieres.jpgDans le Wexford, au fin fond de l’Irlande, une petite fille est confiée par ses parents à un autre couple sans enfants, le temps que sa mère accouche d’un nouvel enfant qui vient accroître une famille déjà nombreuse. D’abord intimidée, la petite va découvrir peu à peu l’attention qu’on lui porte, l’amour qu’on peut donner, et une vie bien différente de la sienne.

L’économie de moyens ne fait pas l’aridité du texte : que de choses suggérées en si peu de pages ! Le récit laisse entendre bien plus qu’il ne dit, en laissant planer des zones d’ombre, y compris dans la famille d’accueil, si bien que le lecteur ne peut jamais relâcher son attention : un nouveau drame couve-t-il, quand cela va-t-il basculer ? ou l’apaisement heureux est-il un bonheur simple à savourer tant qu’il est présent ? Le lecteur chemine sur une route inconnue au même rythme que la réflexion de l’enfant. p. 20 : « Pourquoi est-il parti sans même me dire au revoir, sans jamais préciser qu’il reviendrait me chercher ? »

p. 52 « Alors que nous marchons sur la route, il y a dans l’air le goût d’une chose plus sombre, d’une chose qui pourrait arriver et s’abattre et changer la situation »

Jusque dans la fin qui offre tous les possibles, le lecteur ne saura jamais vraiment. A lui de choisir sans doute…

Si j’ai aimé tout particulièrement l’atmosphère de cette nouvelle, la force de ses personnages, la concision des propos qui révèle tant de non-dits, j’en demeure toutefois un peu « frustrée », il en manque trop encore, l’auteur n’en dit vraiment pas assez pour que l’histoire me satisfasse pleinement, mais c’était bien le but sans doute, laisser le lecteur troublé, séduit, mais entre deux eaux. Un très beau texte en tout cas.

  

(Première parution en français chez Sabine Wespieser en 2011)

 

Éd. 10-18, août 2012, 87 pages, prix : 6,10 €

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Crédit photo couverture : © Mélanie Wintersdorff- Photo Ricardo Demurez / Trevillion Images / et éd. 10-18.

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Mouche' – Marie Lebey

21 Janvier 2013, 20:51pm

Publié par Laure

 

mouche.jpgEn commençant ce roman, je voyais déjà la longue liste de clichés qu'on peut y aligner : une fille qui raconte sa mère alors que cette dernière est très âgée, le récit est autobiographique (l'auteur n'hésite pas à se nommer dans le texte) bien que roman soit écrit sur la couverture, le livre est dédicacé à Nathalie Rheims qui publiait le même genre de récit chez le même éditeur il y a moins de six mois, toutes les filles ont quelque chose à régler avec leur mère, alors si toutes les filles doivent sortir un bouquin, on n'est pas rendu, et si en plus celui-ci s'ouvre sur la plongée en fosse de piscine, rappel du liquide amniotique, tout cela, n'en jetez plus ! Ajoutez-y une pincée de culture classique, l'apologie de Proust et la visite guidée du Grand Hôtel déjà mainte fois lue, et la ville de Cabourg a trouvé son nouveau faire-valoir.

 

Et puis, et puis.. C'est vrai qu'il y a quelque chose dans l'écriture, le sens de la formule, un côté vachard et tendre à la fois, Mouche' avec son apostrophe finale en clin d’œil est un personnage haut en couleurs, avec un petit côté burlesque.

p. 25 : « Mes trois garçons s'étaient attachés à cette grand-mère belge un peu braque, qui refusait d'être appelée mamie pour prendre le nom plus énigmatique de mouchka, qui signifie bonne-maman en russe, mais que ses petits-enfants derrière son dos surnommaient « Mouche' ».

 

Plus personnel : 

p. 65 : « A la mort de ma sœur, je perdis ma mère. Je devins cette adolescente qui passait inaperçue aux yeux de tous. Et comme c'est toujours les meilleurs qui partent en premier, j'en avais pris pour un bail sur cette terre. »

 

p. 89 : « Je n'ai pas le souvenir que Mouche' ait jamais posé sur moi un regard de mère. Je veux parler de cette tendresse qui irradie un enfant, comme un soleil aveuglant. Son regard blessant me donnait des coups. Mes défauts ressortaient comme des bleus. Sous couvert de faire de l'humour, elle se moquait de moi. Si elle m'aimait ? Oui, sûrement, ce qui la rendait plus dangereuse encore. Les rares fois où elle avait eu pour moi un geste affectueux, sa main était glacée. »

 

Rien de très novateur me direz-vous. Il y a quelques passages plus fantasques, un brin cocasses, mais là aussi, j'imagine qu'on a tous quelques originaux dans nos familles. Finalement, ce que j'ai le plus aimé, c'est le regard de l'auteur sur ses trois enfants, sa relation avec eux (ils sont adultes à présent), ses trois mecs qui ont baigné dans le foot, père footballeur célèbre, et le verdict de la mère sur cette ambiance :

p. 103/104 : « Trois fils de footballeur, c'est trois garçons qui pensent sincèrement que taper dans un ballon, c'est un vrai métier, et que l'histoire ou la géographie ne servent à rien. Le foot aura été ma croix. Je l'ai portée sous la pluie deux fois par semaine lors des entraînements et les dimanches à l'heure de la sieste […] Remplir le frigidaire tous les deux jours. Continuer à acheter des livres qu'ils n'ouvrent jamais. Partir faire valider avant 18 heures le bulletin de Cote et Match, en sachant pertinemment que s'ils gagnent au loto, ils ne me paieront pas la piscine de mes rêves, mais un séjour dans la maison de retraite la plus proche. »

 

Conclusion ? Et bien même l'auteur vous la donne : (p. 124) « Avec l'âge, Mouche' rétrécit, se lyophilise un peu plus chaque jour, mais son esprit reste intact. Elle trouve que mes livres n'ont pas grand intérêt, mais que j'ai un petit quelque chose. »

 

CQFD.

 

 L'avis de Livrogne

 

 

Ed. Léo Scheer, janvier 2013, 124 pages, prix : 18 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : éd. Léo Scheer.


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Les mille et une nuits - Gudule et François Roca (ill.)

18 Janvier 2013, 16:07pm

Publié par Laure

mille-et-une-nuits.jpgLe temps d’un bel album grand format, revenir en enfance, par la magie des contes, de l’Orient lointain, des coffres volants, des vizirs et des califes. Ce recueil comprend neuf contes, dont le premier, Shéhérazade, est celui qui sert de cadre à tous les autres. Le sultan Schahriar, découvrant avec horreur que sa femme le trompe, décide de tuer chaque matin la nouvelle femme qu’il aura épousée la veille. C’est la panique dans le royaume endeuillé. Shéhérazade, fille du grand vizir, supplie son père de lui laisser épouser le sultan, car elle envisage un subterfuge pour que cessent ces assassinats.  Chaque soir, elle commence à lui conter une histoire dont elle livrera la fin le lendemain si elle survit, et ces contes enchâssés dureront ainsi mille et une nuits, au bout desquelles le sultan lui laissera la vie sauve.

 

Gudule – connue surtout pour ses romans jeunesse – adapte ici quelques contes sans les dénaturer, certains sont drôles (l’encombrant cadavre, l’homme qui mit sa femme dans un bocal), d’autres plus sombres, tragiques, ou émouvants. Tous offrent évasion et dépaysement, et laissent rêveurs devant les somptueuses illustrations pleine page de François Roca. De même chaque conte est introduit au centre d’une arcade illustrée, avec un fronton reprenant toujours Shéhérazade contant au sultan, et de chaque côté, un personnage ou un animal du conte dont il est question.

Un bel album pour un retour aux contes traditionnels, à faire découvrir aux enfants à partir de 9/10 ans.

 

Nathan, coll. Contes et Légendes, octobre 2012, 57 pages, prix : 17,50 €

Etoiles : stars-4-0. V192553758

Crédit photo couverture : © François Roca et éd. Nathan

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